L’Homme de Denisova a enfin un visage


On sait que la science peut reconstituer les visages grâce aux crânes, mais maintenant, on peut aussi faire une reconstitution grâce à l’ADN. Imaginer une jeune fille décédée il y a 70 000 ans. Une Denisovienne n’ayant que quelques os et c’est son auriculaire qui a donné son ADN pour une reconstitution du visage. Ce procédé est fiable a 85 %. C’est étonnant !
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L’Homme de Denisova a enfin un visage


Pour la première fois, l’Homme de Denisova a un visage. Cela fait presque dix ans, depuis sa découverte fortuite dans une grotte de Sibérie, que ce cousin de l’Homme moderne reste caché derrière un voile de mystère. Aujourd’hui, des chercheurs lèvent une partie de ce voile en reconstituant l’apparence physique d’une jeune fille dénisovienne qui a vécu voici plus de 70.000 ans.

On sait à quoi ressemblait l’Homme de Néandertal. Mais grâce à l’ADN, des scientifiques israéliens ont réussi à donner corps et visage à un autre de nos anciens cousins, le Dénisovien, disparu il y a 50.000 ans.

Des Hommes de Denisova, dont les premiers restes ont été découverts en 2008, les scientifiques ne connaissaient que peu de choses: des dents, des bouts d’os et une mâchoire inférieure retrouvés. Trop peu pour savoir à quoi ils ressemblaient. Les scientifiques israéliens de l’université hébraïque de Jérusalem, sous la direction du professeur Liran Carmel, ont utilisé les évolutions des blocs de l’ADN retrouvé sur ces fragments afin de deviner quels gènes étaient activés et reconstruire ainsi l’apparence physique de ces lointains cousins. L’étude paraît dans Cell Press.

Le visage d'un Dénisovien a été reconstitué pour la première fois. Il s'agit d'une jeune fille d'environ 13 ans, morte depuis plus de 70.000 ans, dont les restes ont été retrouvés dans la grotte de Denisova dans l'Altaï, en Sibérie. © Maayan Harel

Le visage d’un Dénisovien a été reconstitué pour la première fois. Il s’agit d’une jeune fille d’environ 13 ans, morte depuis plus de 70.000 ans, dont les restes ont été retrouvés dans la grotte de Denisova dans l’Altaï, en Sibérie. © Maayan Harel

La première reconstitution d’un Dénisovien

« Il est très difficile de partir des séquences de l’ADN pour dessiner l’anatomie » de son propriétaire, explique le professeur Carmel, en présentant les résultats de leurs recherches à Jérusalem. « La police, partout dans le monde, rêverait de prélever de l’ADN d’une scène de crime et pouvoir identifier (physiquement) un suspect. »

56 différences entre le Dénisovien et l’Homme moderne.

Les scientifiques ont développé une nouvelle méthode, « fiable à 85 % », ajoute-t-il. Ainsi, ils ont pu reconstituer, pour la première fois et après trois ans de travail, l’aspect général des Dénisoviens, poursuit-il. Ils ont ainsi pu mettre en lumière 56 différences entre le Dénisovien et l’Homme moderne, ainsi qu’avec l’Homme de Néandertal. Le Dénisovien avait par exemple un petit front, contrairement à l’Homme moderne, mais similaire à celui des Néandertaliens.

« Les Dénisoviens sont plus proches de l’Homme de Néandertal que de nous, car ils sont plus proches sur l’échelle de l’évolution », fait remarquer le professeur Carmel.

Le scientifique espère que cette reconstitution permettra d’authentifier des crânes découverts en Chine il y a quelques années et qui semblent, par leur largeur, appartenir aux Dénisoviens.

Le professeur Liran Carmel montre à Jérusalem, le 19 septembre 2019, une sculpture en 3D du visage supposé d'un Homme de Denisova. © Menahem Kahana/AFP

Le professeur Liran Carmel montre à Jérusalem, le 19 septembre 2019, une sculpture en 3D du visage supposé d’un Homme de Denisova. © Menahem Kahana/AFP

    Un nouveau chapitre dans l’évolution humaine

    Ces conclusions ont été possibles grâce à la découverte d’un os de l’auriculaire dans une grotte en Sibérie, près de la Mongolie, a raconté Erella Hovers, professeure d’archéologie préhistorique à l’université hébraïque de Jérusalem. Des chercheurs, majoritairement russes, y mènent des fouilles depuis une quarantaine d’années.

    L’os appartient à « une fille Dénisovienne de 13 ans, qui est morte dans la grotte de Denisova en Sibérie, il y a environ 70.000 ans, et elle nous a laissé son tout petit os rose, commente le professeur Carmel. Cet os de l’auriculaire a ouvert un tout nouveau chapitre dans l’évolution de l’homme », souligne-t-il.


    La reconstitution de l’apparence physique d’une jeune Dénisovienne à partir d’une analyse génomique comparative. © Cell Press

    Les Dénisoviens et les Néandertaliens se sont séparés il y a 400.000/500.000 ans, devenant deux espèces distinctes du genre Homo (les Homo sapiens en formant une autre). En quittant l’Afrique, les Néandertaliens se sont dispersés en Europe et dans l’ouest de l’Asie, tandis que les Dénisoviens se sont dirigés vers l’Asie de l’Est. Les Hommes de Denisova se sont éteints il y a 50.000 ans, mais les scientifiques ignorent pourquoi.

    Ces lointains cousins ont laissé une partie de leur génome à certains Homo sapiens : moins de 1 % chez les populations asiatiques et amérindiennes, et jusqu’à 5 % pour les aborigènes d’Australie ou les Papous de Nouvelle-Guinée. Ils auraient également transmis un gène aux Tibétains qui leur permet de respirer à haute altitude.

    Des Néandertaliens ont émigré dans les régions où se trouvaient des Hommes de Denisova, rappelle Erella Hovers. Les scientifiques ont même trouvé un fragment d’os d’une fille née d’un père dénisovien et d’une femme néandertalienne, dit-elle. 

    « Quelle était leur relation culturelle et comment interagissaient-ils? », s’interroge la professeure, avant de préciser : c’est maintenant aux archéologues de le déterminer.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Des chercheurs présentent pour la première fois un portrait de l’Homme de Denisova, lointain cousin de l’Homme moderne dont on sait encore peu de choses.

  • Il s’agit d’une jeune fille âgée de 13 ans au moment de sa mort, il y a quelque 70.000 ans.

  • Son visage a été reconstitué à partir de l’ADN prélevé sur un de ses os retrouvé dans la grotte de Denisova et d’une comparaison avec les génomes de Néandertal et de Homo sapiens.

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Un vampire du XIXe siècle enfin iden­ti­fié grâce à son ADN


Il fut un temps que la peur des vampires était assez forte. Souvent, les gens étaient atteints de maladies mortelles et très contagieuses et on croyait qu’ils pouvaient venir après leur mort venir contaminer les vivants. Ce qu’on ne pouvait pas expliquer, on leur donnait des sens surnaturelles.
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Un vampire du XIXe siècle enfin iden­ti­fié grâce à son ADN


Crédits : The Washing­ton Post du XIXe siècle enfin iden­ti­fié grâce à son ADN
par  Laura Boudoux

Dans la campagne profonde de Nouvelle-Angle­terre, du début du XIXe siècle, il était consi­déré comme un vampire, capable de hanter ses proches même après sa mort. 200 ans après son trépas, son ADN a été analysé, et le soit-disant buveur de sang a pu retrou­ver son iden­tité, rapporte le Washing­ton Post. Le corps appar­tien­drait ainsi à un fermier du nom de John Barber, proba­ble­ment mort à 55 ans d’une terrible tuber­cu­lose.

Ses os ont été retrou­vés en 1994, dans une tombe où ils avaient été placés d’une manière bien spéci­fique. La famille du défunt, crai­gnant d’être hantée par son fantôme, a d’abord tenté de brûler son cœur, sans y parve­nir, car celui-ci était décom­posé. Ils ont donc placé son crâne, puis ses membres en forme de croix, avant de refer­mer la tombe et de l’en­tou­rer de pierres. Ses proches ont ensuite utilisé des punaises en laiton pour former l’ins­crip­tion « JB 55 », corres­pon­dant à ses initiales et son âge.

À l’époque, la peur des vampires s’était empa­rée des habi­tants de Nouvelle-Angle­terre, qui liaient ces créa­tures surna­tu­relles à la propa­ga­tion de la tuber­cu­lose. Extrê­me­ment conta­gieuse, la mala­die terri­fiait les proches des malades, qui pensaient que les morts pouvaient quit­ter leur tombe pour venir les infec­ter et boire leur sang dans leur sommeil.

Ceux que l’on consi­dé­rait comme des vampires étaient donc tués une deuxième fois, lors d’ « exhu­ma­tions théra­peu­tiques ».

« Les gens faisaient ça par peur, et par amour. Les familles mouraient, n’avaient aucun moyen d’ar­rê­ter la mala­die et se disaient que ces rites pour­raient arrê­ter les morts… Ils étaient déses­pé­rés », analyse Nicho­las F. Bellan­toni, archéo­logue aujourd’­hui retraité qui a travaillé sur l’af­faire JB depuis ses débuts.

Sources : The Washing­ton Post

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Le monstre du Loch Ness: et s’il y avait anguille (géante) sous roche?


Le mystère de Nessie sera t’il un jour résolu ? Il y a encore des chercheurs qui cherchent une réponse plausible. Un scientifique à penché sur l’ADN au profond du lac. Selon lui, il serait plus juste de croire que le montre du Loch Ness serait en fait une anguille géante. Qui dit mieux ?
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Le monstre du Loch Ness: et s’il y avait anguille (géante) sous roche?



Un chercheur a réfléchi à la question en se basant sur l’ADN.


Ce n’est pas un requin, pas davantage un poisson-chat ou un esturgeon géant. Et si l’insaisissable monstre du Loch Ness était… une anguille géante? Après une longue étude, dont les résultats ont été dévoilés jeudi, un scientifique néo-zélandais vient conforter cette hypothèse.

Le généticien Neil Gemmel, de l’université d’Otago à Dunedin (Nouvelle-Zélande), a analysé et séquencé les ADN de 250 échantillons d’eau recueillis jusque dans les profondeurs du lac écossais.

Les résultats ont conduit le scientifique et son équipe à écarter l’hypothèse d’un reptile venu du fin fond du Jurassique.

Le “monstre” – affectueusement surnommé “Nessie” – dont la plus ancienne observation remonte au VIe siècle après JC, n’est pas un plésiosaure, un grand reptile aquatique. L’étude permet également d’écarter d’autres hypothèses de poissons géants ―silure, esturgeon ou même requin du Groenland.

“On retrouve une quantité significative d’ADN d’anguille”, qui foisonnent dans les eaux froides du Loch Ness, selon le Pr Gemmel.

Alors, les eaux froides du Loch Ness seraient-elles peuplées de spécimens géants ?

“Nos données ne révèlent pas leur taille mais la quantité que l’on a retrouvée fait qu’on ne peut pas écarter la possibilité qu’il y ait des anguilles géantes dans le Loch Ness”, a souligné le généticien.

“Des investigations supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ou infirmer cette théorie mais selon nos données, l’hypothèse d’une anguille géante reste plausible”, conclut le professeur Gemmel, qui note que cette piste avait déjà été évoquée en 1933.

Encore bien des théories

Les théories abondent sur la nature du monstre, allant du reptile marin préhistorique en passant par un oiseau aquatique ou… le mouvement des vagues sous l’effet du vent.

Si le mystère n’est pas encore complètement résolu, le professeur néo-zélandais se félicite d’avoir constitué une “excellente base de données” sur ce qui peut se trouver dans ce lac légendaire des Highlands, attraction touristique majeure pour l’Ecosse.

On y a prélevé de l’ADN d’humain, de chien, de mouton ou de bétail, mais aussi de la faune sauvage locale: cerfs, blaireaux, renards, campagnols ainsi que de nombreuses espèces d’oiseaux.

En 2006, après deux ans de recherches, un paléontologue écossais avait conclu que “Nessie” était en fait un éléphant d’un cirque ambulant en train de nager dans les eaux du Loch.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Le parasite le plus ancien trouvé dans des excréments de puma fossilisés


Le Toxascaris leonina est un ver rond qui parasite les chiens et les chats. Les chercheurs croyaient que ce parasite était apparu avec les animaux domestiques, mais voilà cette hypothèse s’avère fausse. L’excrément d’un puma vieux de 17 milles ans en Argentine, démontre en effet que ce parasite était présent bien avant l’apparition de l’homme
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Le parasite le plus ancien trouvé dans des excréments de puma fossilisés

À gauche, le coprolithe de puma (échelle 20 mm) et à droite, un œuf de Toxascaris leonina grossi 400 fois (échelle 20 µm). © CONICET

À gauche, le coprolithe de puma (échelle 20 mm) et à droite, un œuf de Toxascaris leonina grossi 400 fois (échelle 20 µm). © CONICET


Nathalie Mayer
Journaliste

Toxascaris leonina est un ver rond, un parasite courant chez le chien et le chat.

Et des scientifiques du Conseil national de la recherche scientifique et technique d’Argentine (CONICET) viennent d’en isoler l’ADN dans un coprolithe — comprenez un excrément minéralisé ou plus populairement, du caca fossilisé — de puma trouvé dans un abri rocheux dans les montagnes du Nord-Ouest de l’Argentine, à plus de 3.500 mètres d’altitude. Un coprolithe particulièrement bien conservé dans son environnement froid et sec et vieux de quelque 17.000 ans, ce qui en fait la plus ancienne preuve au monde de l’existence de ces vers. Ces vers auraient donc infecté la faune d’Amérique du Sud avant même l’arrivée sur place des premiers humains. Une arrivée qui remonte, selon les estimations, à 11.000 ans seulement.

Les chercheurs pensaient pourtant que Toxascaris leonina — qui vit attaché à la muqueuse intestinale de son hôte — avait infecté les carnivores sauvages locaux par contact avec nos mammifères domestiqués. Ils comptent maintenant comparer les nouvelles séquences ADN à celles d’autres, trouvées sur différents sites archéologiques, dans l’espoir de mieux comprendre l’histoire évolutive des parasites et de leurs hôtes.

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Ces scien­ti­fiques ont créé les premiers lézards mutants géné­tique­ment modi­fiés


Toute acte scientifique comportent des risques. Jouer avec l’ADN avant la naissance pour corriger des gènes défectueux serait une bonne chose, mais quelles seront les conséquences à long termes. Pour le moment, ils peuvent modifiés les gènes sur des animaux, poissons et amphibiens. Maintenant, ils ont réussit chez des reptiles. Ils ont pu non pas corriger mais changer un défaut dans un gène sur des oeufs non fertilisés pour rendre les futurs lézards albinos.

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Ces scien­ti­fiques ont créé les premiers lézards mutants géné­tique­ment modi­fiés

Crédits : Doug Menke

par  Mathilda Caron

Aux États-Unis, des cher­cheurs de l’uni­ver­sité de Géor­gie ont créé les premiers reptiles géné­tique­ment modi­fiés : des lézards albi­nos.

Ils les ont présen­tés dans une étude publiée le 27 août par la revue scien­ti­fique améri­caine Cell Reports. Le quoti­dien britan­nique The Inde­pendent s’en est fait l’écho le même jour.

Ces petits animaux, grands comme un doigt, ont vu le jour grâce à l’ou­til de modi­fi­ca­tion du génome Crispr. Jusqu’à présent, on pensait que cette paire de ciseaux micro­sco­piques ne pouvait pas être utili­sée sur les reptiles, étant donné qu’ils ferti­lisent leurs œufs de façon impré­vi­sible.

Mais ici, les scien­ti­fiques ont modi­fié les gènes d’œufs encore non ferti­li­sés situés dans les ovaires d’une femelle. Et ça a marché : la moitié des lézards présen­taient l’ADN trans­formé.

« Nous avons dû attendre trois mois pour que les lézards naissent », raconte Doug Menke, un des auteurs de l’étude.

Cette méthode est de plus en plus utili­sée pour modi­fier l’ADN de mammi­fères, de pois­sons ou d’am­phi­biens, mais c’est la première fois qu’elle est employée sur des reptiles. Menke et son équipe assurent qu’elle est effi­cace à 80 %.

Sources : The Inde­pendent/Cell Reports

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Choisir le sexe de son enfant : une nouvelle méthode pourrait rendre cela possible


    Des scientifique japonais ont réussi à trier les spermatozoïdes pour mieux ciblé le sexe de l’embryon. On prétend le faire pour les animaux, sauf que certaines personnes voudront sûrement prendre cette méthode pour choisir le sexe du bébé en fécondation in vitro. Heureusement que cela est interdit au Canada tout comme en France, Chine et autres pays. On sait déjà les conséquences des avortements sélectifs, alors cette méthode d’amener un déséquilibre démographique. Franchement, si on veut vraiment un bébé, on souhaite qu’il soit en santé.
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    Choisir le sexe de son enfant : une nouvelle méthode pourrait rendre cela possible

    Les chercheurs ont trouvé une méthode pour ralentir artificiellement les spermatozoïdes porteurs de chromosome X. © rost9, Fotolia

    Les chercheurs ont trouvé une méthode pour ralentir artificiellement les spermatozoïdes porteurs de chromosome X. © rost9, Fotolia


    Céline Deluzarche


    Journaliste

    Des chercheurs de l’université d’Hiroshima au Japon viennent de découvrir une nouvelle méthode ultra simple et apparemment très fiable pour trier les spermatozoïdes X et Y et ainsi choisir le sexe de l’embryon. Une technique qui pourrait pousser à un déséquilibre démographique dans certains pays où le sexe masculin est valorisé.

    Le chromosome X, presque trois fois plus grand que le chromosome Y, possède aussi beaucoup plus de gènes (3.000 contre 700). Néanmoins, ces différences ne semblaient pas jusqu’ici affecter le comportement du sperme et ne permettaient donc pas de différencier les spermatozoïdes sans procéder à une analyse génétique avancée. C’est pourtant ce à quoi sont parvenus Masayuki Shimada et ses collègues. En effectuant un séquençage ADN détaillé de sperme de souris, ils ont découvert 492 gènes actifs dans les spermatozoïdes X qui ne sont pas exprimés sur les spermatozoïdes Y. Les chercheurs ont alors recentré leur intérêt sur 18 d’entre eux codant pour des récepteurs situés à la surface du spermatozoïde, avec comme objectif de pouvoir les manipuler depuis l’extérieur.

    Un taux de réussite compris entre 81 % et 91 %

    Ils se sont aperçus que deux récepteurs, nommés Toll-like receptor 7 et 8 (TLR7/8), pouvaient modifier la production d’énergie du sperme X lorsqu’ils se liaient à une molécule chimique nommée Resiquimod (R848), ce qui ralentit la mobilité du sperme sans affecter ses autres fonctions. Il leur a donc suffi de plonger le sperme de souris dans un bain chimique contenant cette molécule pour « trier » les spermatozoïdes en fonction du chromosome sexuel. En sélectionnant les spermatozoïdes les plus rapides, ils ont obtenu 90 % d’embryons mâles. Les spermatozoïdes ralentis artificiellement donnant eux des embryons femelle à 81 %, d’après les résultats de leur expérience, publiés dans la revue PLOS Biology le 13 août.

    Il existe déjà différentes techniques permettant de trier le sperme. La plus fiable est de passer en revue le code génétique de chaque spermatozoïde. Il est également possible de « colorer » le sperme avec une teinture fluorescente, où les spermatozoïdes Y contenant moins de matériel ADN apparaissent alors moins brillants que les spermatozoïdes X. Ces deux méthodes sont cependant onéreuses et nécessitent du matériel spécialisé. D’autres expériences ont également été tentées comme l’exposition à de fortes températures ou un faible pH, mais avec un risque d’endommager l’ADN du sperme.

    Le diagnostic pré-implantatoire, interdit en France pour les FIV mais autorisé aux États-Unis

    La facilité déconcertante de mise en œuvre de la méthode mise au point par Masayuki Shimada soulève de nombreuses questions éthiques. En France et dans de nombreux pays (Inde, Chine, Australie, Canada…), le diagnostic pré-implantatoire (DPI) permettant de choisir le sexe de son futur enfant est formellement interdit pour les fécondations in vitro (FIV). Mais le principe est tout à fait légal aux États-Unis où les couples fortunés y ont recours. Cette méthode étant très peu coûteuse, on peut craindre qu’elle se répande dans les pays où le sexe masculin est privilégié, comme en Inde ou en Chine, aboutissant à un déséquilibre démographique. Selon un rapport du gouvernement indien publié en 2018, les avortements sélectifs auraient causé un « manque » de 63 millions de filles dans le pays.

    Une myriade de méthodes naturelles pour choisir le sexe de son enfant

    Masayuki Shimada se défend de tels projets et affirme avoir développé sa technique pour le bétail.

    « Nous avons testé le tri sur des embryons de veau et de cochon avec succès, assure le chercheur. L’utilisation chez l’Homme est purement spéculative et on ne sait pas du tout si cela pourrait marcher », explique-t-il, reconnaissant toutefois que cela poserait un problème éthique.

    En attendant, les femmes désireuses de choisir le sexe de leur enfant ont à leur disposition une vaste panoplie de méthodes plus ou moins farfelues. L’application My Bubelly propose ainsi un régime personnalisé en fonction du sexe souhaité. Le site explique notamment qu’un vagin plus acide favorise le passage des spermatozoïdes X tandis qu’un vagin plus alcalin favorise le passage des spermatozoïdes Y. L’appli vend des « box filles » et « box garçons » contenant des compléments alimentaires spéciaux et des tests d’ovulation permettant de cibler le bon créneau pour la conception du bébé. Elle avance un taux de réussite de 90 %, même si aucune étude scientifique ne vient soutenir cette méthode.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Des chercheurs japonais ont réussi à trier les spermatozoïdes en fonction du chromosome sexuel qu’ils portent.

  • Une sélection opérée en ralentissant l’activité des spermatozoïdes X qui portent des gènes spécifiques.

  • Cette méthode pourrait faciliter la sélection sexuelle pour les FIV.

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Le Saviez-Vous ► Des traces de l’esclavage se retrouvent également au Canada


Après avoir parlé de l’esclavage aux États-Unis, il faut aussi admettre qu’il y avait des esclaves au Canada. Quoique moins nombreux et le travail était différents, l’histoire nous souligne qu’ils ont quand même vécu dans la servitude. Il y avait des amérindiens et des noirs. Ils étaient considérés comme des meubles, ils pouvaient être prêtés et vendus. Les personnes noires ne sont pas venues par bateau, mais par le commerce ou des butins de guerre par les colonies anglaises et françaises. Quand ces hommes, femmes et enfants ont été enfin affranchi, ils se sont marié avec des blancs et aujourd’hui, il n’y a de traces dans la population blanche que par l’ADN. Alors avant de dire d’être raciste, il faut d’abord penser que nous avons probablement des ancêtres noirs et qui ont fait ce que nous sommes aujourd’hui.
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Des traces de l’esclavage se retrouvent également au Canada

Paysans et chasseurs s'affrontent.

Gravure intitulée A Real Scene in Montreal, de Henry Alken, parue dans le livre Sporting Anecdotes.

PHOTO : COURTOISIE DE FRANK MACKEY

Il y a bel et bien eu des esclaves au Canada entre le 17e et le 19e siècle. Surtout des Autochtones, mais aussi des Noirs, astreints au commerce de la fourrure ou aux travaux domestiques. Des traces de cet esclavage se trouvent même dans notre ADN, affirme un historien à qui nous avons parlé.

On souligne ce mois-ci les 400 ans de l’arrivée des premiers esclaves aux États-Unis, où le phénomène est connu et documenté. Or, il l’est beaucoup moins au Canada. Pourtant, il y aurait eu environ 4000 esclaves dans notre pays entre le début du 17e siècle et l’adoption de la loi abolitionniste de 1834. Le tiers d’entre eux étaient noirs, et les deux tiers, amérindiens.

On les trouvait principalement à Montréal et à Québec, raconte l’amateur d’histoire Frank Mackey, qui a publié le livre L’esclavage et les Noirs à Montréal, 1760-1840. Mais il y en avait aussi en Ontario et dans les Maritimes.

 À l’Île-du-Prince-Édouard, jusque dans les années 1820. En Nouvelle-Écosse, la dernière vente d’esclaves a eu lieu en 1807. Au Nouveau-Brunswick, le dernier avis d’une vente d’esclaves, c’est en 1816. À Terre-Neuve, il y a un bonhomme qui a affranchi son esclave en 1814. C’était partout.

Des butins de guerre

L’histoire recense un premier esclave noir en 1629. Il s’agit d’un garçon d’une dizaine d’années, originaire de Madagascar ou de la Guinée. L’enfant appartenait aux frères Kirke. Il les accompagnait lorsque ces derniers ont assiégé la ville de Québec. Il a ensuite été vendu, et on lui a donné le nom d’Olivier Le Jeune.

Contrairement aux États-Unis, il n’y a jamais eu ici de navires négriers, explique Arnaud Bessière, professeur d’histoire à l’Université Laurentienne et spécialiste de la Nouvelle-France. Sous le Régime français (1608-1759), les esclaves noirs viennent surtout des colonies anglaises. Ce sont des butins de guerre.

Lorsqu’il y a eu des attaques des Français dans les colonies anglaises, on est revenus parfois avec des esclaves noirs. Il y en a eu également qui venaient de la Louisiane ou des Antilles, parce qu’il y avait des marchands qui transitaient par cette région et qui revenaient avec des Noirs. Et il y a quelques cas, mais très très rares, de Noirs qui venaient directement de Guinée ou d’Afrique.

L’historien précise que la majorité des esclaves noirs vont arriver plus tard, avec les loyalistes, après le Régime français.

Quant à l’esclavage autochtone, il existait déjà bien avant l’arrivée des Français ou des Anglais en terre canadienne, raconte Arnaud Bessière. Les Autochtones avaient coutume d’asservir les prisonniers de guerre. À partir des années 1670, ils donnaient ces prisonniers aux Français lors d’échanges commerciaux ou diplomatiques. La vente et l’achat de ces esclaves sont ensuite devenus monnaie courante. Dans la colonie française, ils étaient dénommés « panis » (terme générique qui désigne n’importe quel esclave amérindien).

Des « biens meubles »

L’esclave est considéré comme un bien meuble. Il appartient à son propriétaire. Il peut être donné, prêté, échangé ou vendu.

Un esclave est considéré comme un objet, littéralement, rappelle Arnaud Bessière.

La photo montre une coupure de journal en français et en anglais.

Annonce d’une vente d’esclaves parue dans « La Gazette de Québec » le 10 mai 1785.

PHOTO : GAZETTE DE QUÉBEC/MUSÉE VIRTUEL DE LA NOUVELLE-FRANCE

Ce sont surtout les riches qui se procurent des esclaves, sous le Régime français, explique Frank Mackey. Des administrateurs coloniaux, des évêques, des gens bien placés.

Sous le Régime britannique, ça se démocratise, raconte l’historien. Parmi les propriétaires d’esclaves, on trouve des artisans, de petits commerçants, des agriculteurs, des taverniers.

Alors, ce ne sont pas des gens qui sont très riches, mais ils achètent des esclaves parce qu’ils servent. C’est comme acheter de la machinerie. Si vous avez un commerce ou une entreprise quelconque, vous achetez de la machinerie qui va servir.

L’historien a notamment trouvé de l’information sur un prêtre, Louis Payette, qui a possédé en tout cinq esclaves à la fin du 18e siècle. À un certain moment, alors qu’il vivait à Saint-Antoine-sur-Richelieu, il avait deux esclaves d’une douzaine d’années, un Noir et un Amérindien, qu’il avait fait baptiser. Son évêque lui a alors reproché d’avoir des esclaves, raconte Frank Mackey. L’historien a mis la main sur la réponse de l’abbé Payette à son évêque, datée du 28 octobre 1794, dans laquelle le curé prend la défense de l’esclavage.

Extrait de la lettre de l’abbé Payette à l’évêque de Québec Jean-François Hubert – 28 octobre 1794

Enfin je vous déplais dans mes serviteurs, parce qu’ils ont le nom d’esclaves. Soyez persuadé, monseigneur, qu’ils n’en portent que le nom, sans en avoir le fardeau. Mais ils vivent sous ma direction comme de bons enfants soumis à un bon père. Mais j’ai la consolation de dire à votre Grandeur que ces serviteurs sont d’un bon naturel jusqu’à ce moment, et qu’ils se comportent en vrais chrétiens. Les vendrai-je, ces pauvres gens-là? À qui? À des tyrans de leur corps et peut-être de leur âme? Non. Dussé-je mendier mon pain, mais selon votre conseil, ils auront leur liberté lorsque la religion et la bienséance le requerront.

C’est une défense de l’esclavage qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la défense qu’on faisait dans le sud des États-Unis dans bien des cas, pour dire que les esclaves sont mieux traités que les ouvriers. ”J’en prends soin, c’est comme mes enfants”. Frank Mackey, historien

Ce qu’il y a de plutôt piquant, ajoute Frank Mackey, c’est que quelques mois plus tard, l’abbé Payette achète une autre esclave, qu’il vend plus tard 500 livres. À quel jeu joue-t-il? Est-ce qu’il se moque de son évêque? Après avoir envoyé sa défense de l’esclavage, il en achète une autre!

Mieux traités ici que sur les plantations?

Arnaud Bessière croit que l’esclavage était moins dur au Canada qu’il ne l’a été dans le sud des États-Unis ou aux Antilles. L’historien explique que le travail exigé ici des esclaves ressemblait à celui des domestiques.

Quoiqu’il y ait toujours une « brutalité sous-jacente » dans le rapport maître-esclave, il y avait aussi « des témoignages d’affection, des témoignages de soutien du maître à l’égard des esclaves, des affranchissements ».

Il faut vraiment essayer de séparer mentalement l’espace antillais esclavagiste violent et l’espace laurentien, où on a des esclaves, mais qui vivent avec les maîtres, contrairement à ce qu’on observe sur les grandes plantations. Arnaud Bessière, historien

L'annonce offre 9 piastres de récompense pour retrouver les esclaves. On y décrit leur apparence et les vêtements qu'ils portaient quand ils ont pris la fuite.

Annonce d’une récompense pour des esclaves noirs en fuite, publiée dans « La Gazette de Québec » le 12 août 1798.

PHOTO : GAZETTE DE QUÉBEC/MUSÉE VIRTUEL DE LA NOUVELLE-FRANCE

Frank Mackey reconnaît aussi qu’ici les esclaves étaient en général traités comme des serviteurs engagés plutôt que comme des bêtes. Par contre, les serviteurs engagés étaient payés, pouvaient disposer d’eux-mêmes, se marier, démissionner, changer d’emploi ou déménager, précise-t-il.

En théorie du moins, ils étaient libres de faire tout ça. Les esclaves, non. Encore là, les esclaves pouvaient être vendus, séparés de leurs enfants. Ce qui n’était certainement pas le cas pour les domestiques libres.

Il faut toujours faire attention avec ça, parce que c’était l’esclavage quand même. Et l’esclavage, c’est l’esclavage. C’est la perte de la liberté et l’abaissement aussi d’une personne.

Le procès de Marie-Josèphe Angélique

Cette esclave noire d’origine portugaise arrive à Montréal en 1729 à l’âge de 24 ans. Elle travaille comme domestique chez la famille Francheville, rue Saint-Paul. Quelques années plus tard, le 11 avril 1734, elle est arrêtée au lendemain d’un incendie qui a détruit 45 maisons de la rue Saint-Paul et l’hôpital Hôtel-Dieu. On l’accuse d’avoir mis le feu. Au terme d’un procès qui a duré six semaines, elle est reconnue coupable, pendue et brûlée sur la place publique.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

Parmi les vestiges de l’esclavage, il y a les annonces de vente ou de fuite d’esclaves dans les journaux de Québec et de Montréal entre 1764 et 1798, explique Frank Mackey. On a aussi trouvé des actes notariés.

Le dernier acte de vente d’un esclave au Québec, ça a été le 14 septembre 1799 […]. C’était une femme, Marguerite Boucher, de Boucherville, qui l’a vendu à un monsieur Joseph Campeau, de Détroit, pour 25 pounds. C’était un garçon de 9 ans qui faisait des travaux domestiques surtout.

Arnaud Bessière mentionne l’ordonnance de l’intendant Jacques Raudot qui a entériné la pratique de l’esclavage au Canada en 1709 : F

Tous les Panis et Nègres qui ont été achetés et qui le seront dans la suite appartiendront en pleine propriété à ceux qui les ont achetés comme étant leurs esclaves; faisons défense auxdits Panis et Nègres de quitter leurs maîtres, et à qui que ce soit de les débaucher sous peine de cinquante livres d’amende.

Le texte atteste que les esclaves appartiennent à ceux qui les ont achetés.

Ordonnance de l’intendant Jacques Raudot sur l’esclavage au Canada, publiée le 13 avril 1709.

PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA

D’autres vestiges de l’esclavage, c’est notre ADN! Il y a des descendants d’esclaves aujourd’hui. Frank Mackey, historien

Ses fouilles dans la généalogie lui ont permis d’en trouver quelques-uns. Le métissage des Blancs avec les Autochtones est bien connu; le chercheur s’est pour sa part intéressé aux descendants d’esclaves noirs.

Il raconte notamment l’histoire de Jean-Baptiste Quéry, qui a été affranchi à Sorel en 1765. Quelques années plus tard, il épouse une femme blanche de Saint-Michel-de-Yamaska, Madeleine Parenteau. Ils ont eu plusieurs enfants et ça a essaimé.

Dans les années 1860, trois descendants de Jean-Baptiste Quéry, des frères, ont travaillé comme photographes au fameux studio Notman, à Montréal. L’un est parti aux États-Unis. Les deux autres ont fini comme photojournalistes, l’un à La Presse, l’autre à La Patrie.

Et ils ont eu des enfants. L’historien s’est rendu jusqu’à la huitième génération après l’ancêtre esclave.

Je me suis arrêté avec les gens de cette génération-là, mais c’est sûr que ça continue. Ils sont très nombreux. Et on sait qu’ils ont eu des enfants aussi.

Et ces descendants d’esclaves noirs sont tous blancs, précise Frank Mackey.

Après l’ancêtre esclave noir, ce sont des mariages avec des Blancs. Il n’y a aucune trace qui reste. C’est pour ça que je dis que les traces de l’esclavage, c’est dans l’ADN.

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