Ces scientifiques vont créer des « mini-cerveaux » d’Homme de Néandertal


Les anthropologues veulent créer des mini-cerveaux de la grosseur d’une lentille. Ces cerveaux n’auraient pas la faculté de pensée, ni ressentir des émotions. Ils espèrent ainsi comprendre mieux l’héritage de l’homme de Néandertal à l’homme moderne.
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Ces scientifiques vont créer des « mini-cerveaux » d’Homme de Néandertal

 

Crédits : CNRS

par  Mehdi Karam 

Le meilleur moyen d’étudier le cerveau de l’Homme de Néandertal, c’est de l’avoir sous la main.

Ça, le Pr Svante Pääbo, directeur du département de la recherche génétique à l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste, l’a bien compris.

Comme il l’explique au Guardian, qui relayait son projet le 11 mai, « les Néandertaliens sont les parents les plus proches des humains de tous les jours, donc si nous devons nous définir comme un groupe ou une espèce, c’est vraiment à eux que nous devrions nous comparer. »

Avec ses équipes, il va alors donner vie à des « mini-cerveaux », pas plus gros qu’une lentille, fabriqués à partir de cellules souches éditées génétiquement afin de recevoir de l’ADN de l’Homme de Néandertal.

Ces organes artificiels seront totalement dénués de la faculté de penser ou de ressentir des émotions, mais ils seront dotés des fonctions basiques de nos cerveaux.

L’idée est de « voir si nous pouvons trouver des différences fondamentales dans le fonctionnement des cellules nerveuses qui peuvent être à la base de la raison pour laquelle les humains semblent être si spéciaux cognitivement. »

Le Pr Pääbo et ses équipes sont à l’origine de la découverte du code génétique de l’Homme de Néandertal, en 2010, sur des échantillons prélevés sur des femmes qui vivaient en Europe il y a des dizaines de milliers d’années.

Ils ont alors réalisé plusieurs expériences, avec une question en tête :

« Existe-t-il une base biologique pour expliquer pourquoi les humains modernes sont devenus des millions et finalement des milliards de personnes, répandues à travers le monde, avec une culture ? »

Autrement dit, pourquoi avons-nous réussi là où l’Homme de Néandertal a échoué ? Les chercheurs ont notamment inséré des gènes néandertaliens liés au développement du crâne et du visage chez des souris ainsi que des gènes de la perception de la douleur dans des œufs de grenouilles.

Plusieurs découvertes ont alors été effectuées. L’Homme de Néandertal serait apparu en Europe du Nord des milliers d’années avant nous, ce qui a permis à leur teint de devenir plus pâle tandis que leur corps luttait pour absorber suffisamment de Soleil. Lors de leur croisement avec les humains modernes, ces gènes liés au teint blafard nous auraient été transmis. Nous leur devons également l’arthrite.

Toutefois, hormis ces dons, des « zones mortes génétiques » persistent. De vastes étendues du génome de l’Homme de Néandertal qui n’étaient pas héréditaires. Les chercheurs pensent que c’est tout bonnement car elles conféraient des désavantages sur la santé, la fertilité, la cognition ou l’apparence physique.

Avec ces mini-cerveaux, ils pourraient bel et bien en avoir le cœur net.

Source : The Guardian

http://www.ulyces.co/

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Cajoler un nourrisson influence son ADN


Voilà l’importance de cajoler les bébés, spécialement les nourrissons jusqu’au sevrage. Cela a des points positif sur l’ADN. Les chercheurs croient que les dépressifs, et la schizophrénie pour être une conséquence de l’environnement dès les premiers mois de vie d’un bébé
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Cajoler un nourrisson influence son ADN

 

Câjoler un nourrisson influence son ADN

Une étude américaine vient de démontrer le lien entre l’attention portée à un nourrisson et les effets sur son ADN et sa santé future. 

L’ADN du nourrisson influencé par le comportement des parents

On savait qu’un bébé câjolé était un enfant heureux ! On sait désormais, grâce à une étude américaine menée par des chercheurs de l’université de San Francisco, que l’attitude et la qualité de la relation des parents envers leur nourrisson influencent concrètement son ADN. De manière plus précise, l’étude explique que ces interactions de la naissance jusqu’au sevrage (autour de six mois) peuvent modifier « la structure même de l’ADN des cellules cérébrales ». 

C’est donc la « répartition et le nombre de gènes sur le brin d’ADN » qui peut changer selon l’environnement du tout-petit. On ne connaît pas encore les conséquences précises sur les bébés privés de ces attentions mais on sait déjà que les câlins et les soins effectués par l’entourage du bébé jouent sur sa santé psychologique et son stress futurs.

Des expériences sur les bébés souris

Les chercheurs estiment également que l’adaptation à l’environnement, la dépression et la schizophrénie pourraient être liées à ces modifications de l’ADN des premiers mois de vie d’un enfant. Ils se sont assurés également que ces changements n’étaient pas héréditaires, et ce, notamment grâce à leurs expériences sur plusieurs souris et leurs petits. Deux groupes de souris ont été étudiés : le premier comportait des mères souris très protectrices et attentionnées.

Dans le second groupe en revanche, les mères souris étaient moins prévenantes envers leurs petits souriceaux. Ils ont aussi échangé les petits d’un groupe à l’autre pour constater les mêmes changements.

Résultats, les nouveau-nés souris les plus choyés comptent moins de « gènes sauteurs », c’est-à-dire des gènes qui se dupliquent, se copient-collent, plusieurs fois sur un brin d’ADN : c’est la rétrotransposition. L’ADN des souriceaux choyés reste stable, mais celui des bébés délaissés se modifie.

Maylis Choné

https://www.passeportsante.net/fr/

La police veut utiliser l’ADN pour retrouver le tueur du Zodiaque


Je ne comprends pas pourquoi la recherche génétique n’a pas été fait avant sur le tueur du Zodiaque. Enfin, c’est comme cela qu’ils ont pu trouver un tueur et violeur en série le tueur du Golden State. Grâce à la génétique, ils ont trouvé un parent éloignés, ils ont monté l’arbre généalogique pour ensuite trouver le vrai suspect. S’ils ont quelque chose dont ils peuvent tirer de l’ADN du Zodiaque, il a une bonne chance qu’en fin ce dossier criminel sera élucidé
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La police veut utiliser l’ADN pour retrouver le tueur du Zodiaque

 

Le «tueur du Zodiaque» a fait des victimes... (Photo Eric Risberg, Associated Press)

Le «tueur du Zodiaque» a fait des victimes vers la fin des années 1960. Il a également nargué les enquêteurs en leur envoyant et en publiant dans la presse des lettres mystérieuses et des cryptogrammes.

PHOTO ERIC RISBERG, ASSOCIATED PRESS

Associated Press
San Francisco

 

La police de la Californie espère que la technologie d’analyse génétique qui lui a permis d’identifier celui qui serait le «tueur du Golden State» lui permettra maintenant de retrouver le «tueur du Zodiaque».

Ce dernier a fait des victimes vers la fin des années 1960. Il a également nargué les enquêteurs en leur envoyant et en publiant dans la presse des lettres mystérieuses et des cryptogrammes.

Deux de ces lettres ont été transmises il y a quelques mois à un laboratoire privé dans l’espoir d’en tirer des éléments génétiques, par exemple à partir de la salive utilisée pour humecter l’envelopper ou apposer le timbre. Des résultats sont attendus sous peu.

L’obtention d’un profil génétique pourrait ensuite permettre à la police d’utiliser les mêmes tactiques d’enquête que celles qui ont mené à l’arrestation, le mois dernier, de Joseph DeAngelo. Cet ancien policier serait le «tueur du Golden State», qui s’est rendu coupable d’au moins 12 meurtres et 50 viols en Californie entre 1976 et 1986.

Les enquêteurs avaient téléversé vers un site web de généalogie de l’ADN retrouvé sur le site d’un des crimes, ce qui les a menés à un parent éloigné de M. DeAngelo. Ils ont ensuite tracé un arbre généalogique de plusieurs générations, avant de finalement cibler le suspect.

Les défenseurs de la vie privée s’inquiètent de dérapages possibles, mais la police espère que la tactique leur permettra de finalement élucider les crimes du «tueur du Zodiaque», un nom qui lui a été attribué puisque certains cryptogrammes incluaient des symboles et des références astrologiques.

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Les génies naissent-ils avec leur don ?


Peut-on naitre avec une grande intelligence. La génétique peut y être pour quelque chose, mais l’environnement dans lequel la personne évolue doit sûrement aider à éveiller ou agrandir les possibilités qui s’offrent devant elle. Je suis a peu près certaines que dans des coins les plus pauvres, il y a des génies, mais faute d’avoir les outils pour évoluer, ils ne peuvent pas s’épanouir.
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Les génies naissent-ils avec leur don ?

 

 

Crédits : Oren Jack Turner, Princeton, N.J. — The Library of Congress

par Yohan Demeure

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S’il est indéniable que les génies possèdent un don, une question se pose : le don est-il à mettre en lien avec la génétique ou avec le milieu dans lequel l’individu évolue ? Autrement dit, les génies reçoivent-ils leur don à la naissance ?

Bach, Curie, Darwin, Renoir et bien d’autres, des noms représentant des familles connues pour avoir compté plusieurs « talents » dans leurs rangs. Cependant, il est peut-être un peu excessif de parler ici de génie lié à un héritage génétique, car les causes de cette transmission ne sont pas connues. Par ailleurs, d’autres talents tels que Michel-Ange, Léonard de Vinci ou encore Einstein n’ont ni parents ni descendance, ce qui laisse penser que le don est également lié à un milieu socioculturel adéquat et propice pour le développement du don en question.

Plusieurs études se sont intéressées à la question génétique, focalisant leurs recherches sur les jumeaux monozygotes n’ayant pas grandi ensemble. Une étude menée en 2011 par l’Université d’Édimbourg (Écosse) avait soumis les jumeaux à un test de QI. Ces derniers avaient alors obtenu des résultats très similaires, ce qui prouve le rôle de l’ADN en ce qui concerne les capacités cognitives. Les chercheurs pensent même que l’ADN peut expliquer 50 % des différences individuelles concernant le QI !

Évoquons également une curieuse histoire : celle du journaliste américain David Plotz qui avait déjà démontré en 2005 que l’ADN ne faisait pas tout. L’intéressé avait analysé les résultats scolaires de 200 enfants nés à partir des semences provenant d’une banque de sperme de Prix Nobel. Selon les résultats de l’époque, l’héritage génétique favorable ne suffit pas pour devenir un génie, sous-entendu sans l’environnement adéquat.

Ainsi, le milieu dans lequel l’enfant évolue pourrait agir sur l’expression de ses gènes, cependant les études dans ce domaine viennent à manquer. En tout cas, cela n’enlève rien au pouvoir de la génétique, mais cette dernière ne serait pas le seul facteur et l’avenir nous dira peut-être si le milieu est une notion aussi importante que le supposent les scientifiques.

Sources : Science & VieWashington Post

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Un tueur en série des années 70 arrêté en Californie


    Un homme a été arrêté après près de 40 ans de recherche pour avoir commis des meurtres et des viols. L’histoire ne dit pas comment ils ont pu relier l’ADN à cet homme, mais une chose de certain, c’est que bien des dossiers vont pouvoir mettre un point final en Californie
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Un tueur en série des années 70 arrêté en Californie

 

Des illustrations censées représenter le suspect ont été... (ARCHIVES AP)

 

Des illustrations censées représenter le suspect ont été montrées aux médias lors d’une conférence de presse sur l’affaire, à Sacramento, en juin 2016.

Agence France-Presse
Los Angeles

Les autorités californiennes ont annoncé mercredi l’arrestation d’un homme suspecté d’être le «tueur du Golden State», auteur de meurtres et viols en série qui ont terrifié la Californie et horrifié le pays dans les années 70 et 80.

«Mardi, un mandat d’arrestation a été déposé» à l’encontre de Joseph James DeAngelo, et des chefs d’accusation de meurtres et viols avec circonstances aggravantes ont été déposés dans plusieurs comté de Californie, l’État le plus peuplé des États-Unis.

DeAngelo, 72 ans, a été identifié après quarante années de recherches grâce à des analyses d’ADN, a expliqué la procureure du district de Sacramento Anne Marie Schubert lors d’une conférence de presse.

«Nous avons trouvé l’aiguille dans la botte de foin. Et elle était ici, dans le district de Sacramento», a-t-elle ajouté.

Joseph James Deangelo... (REUTERS) - image 2.0

Joseph James Deangelo

REUTERS

DeAngelo, également surnommé «le violeur de la zone Est», ou «le tout premier harceleur nocturne», est suspecté d’avoir commis 12 meurtres, environ cinquante viols et 120 cambriolages en Californie entre 1976 et 1986, selon le FBI.

L’âge de ses victimes allait de 14 à 41 ans. La plupart de ses crimes avaient eu lieu aux alentours de Sacramento, mais certains s’étaient déroulés dans la baie de San Francisco, et tout au sud de la côte californienne, jusque dans le comté d’Orange.

Il entrait par effraction la nuit chez ses victimes, les attachait, puis les violait. Les deux premiers meurtres ont eu lieu en février 1978.

«Tout le monde avait peur», explique l’agent du FBI Marcus Knutson sur le site de la police fédérale.

«Il est temps pour toutes les victimes de respirer et (…) de mettre fin à l’anxiété dont ils ont souffert ces quarante dernières années» et «de guérir», a déclaré Bruce Harrington, la voix tremblante, lors de la conférence de presse.

Son frère et sa belle-soeur ont été assassinés en 1980 chez eux, et Joseph James DeAngelo est suspecté d’être leur meurtrier.

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Jusqu’où peut-on manipuler l’ADN des espèces?


Jusqu’où peut-on jouer avec la génétique ? Ils ont réussi avec un gène synthétique créé des femmes qui peuvent détruire le parasite de la malaria. On parle aussi de forçage génétique dans les oeufs pour que volontairement certaines espèces puissent disparaitre. Mais si la disparition des moustiques n’aiderait pas aux parasites de trouver d’autres hôtes ou que l’écosystème soit débalancé a cause d’une disparition de moustique, avons-nous ce droit morale de vouloir changer le cours de la nature ?
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Jusqu’où peut-on manipuler l’ADN des espèces?

 

Il est en train de piquer un humain.

Un moustique Photo : Radio-Canada

Une technologie de modification génétique parmi les plus puissantes jamais créées, le forçavyge génétique, pourrait permettre d’éliminer la malaria, le virus Zika et d’autres fléaux. Mais outre ces possibilités, elle soulève plus que jamais des interrogations sur nos rôles et nos responsabilités à l’égard du monde vivant.

Un texte de Binh An Vu Van, de Découverte

Sur les étagères d’un laboratoire de l’Université de Californie à Irvine, sont entassés des cages à moustiques génétiquement modifiés. Le biologiste Anthony James met au point une technique de modification génétique puissante, le forçage génétique, qui confère à l’humain le pouvoir de façonner des populations entières d’animaux et de végétaux à une vitesse inégalée.

Il s’agirait d’un des meilleurs espoirs pour éradiquer la malaria, une meurtrière qui a encore fait 400 000 morts l’année dernière, et des dizaines de millions de morts au cours des dernières décennies, en majorité des enfants. La Fondation Bill et Melinda Gates, convaincue qu’il s’agit d’un des meilleurs espoirs pour éradiquer la maladie, investit plus de 70 millions de dollars dans cette démarche.

« Si tout se passe comme prévu, nous croyons qu’en une ou deux saisons, nous serions capables d’enrayer la malaria presque entièrement », affirme Anthony James.

La stratégie d’Anthony James est d’altérer le moustique Anopheles stephensi, qui colporte le parasite de victime en victime. Depuis 30 ans, le chercheur décortique son génome, pièce par pièce, avec une patience infinie.

En 2012, en introduisant un gène synthétique, il a réussi à créer des femelles qui produisent un anticorps qui détruit le parasite de la malaria, ce qui prévient la propagation de la maladie.

Nous avons alors démontré qu’il était possible de rendre des moustiques résistants à la malaria. Mais la question suivante était : comment propager ces gènes dans l’environnement?

Le biologiste Anthony James

Ils sont maintenus dans un récipient.

Des moustiques génétiquement modifiés Photo : Radio-Canada/Binh An Vu Van

Relâcher ces moustiques mutants ne suffit pas à éradiquer la maladie.

Si l’un d’eux se reproduit avec un individu sauvage, environ la moitié de ses petits portera le gène protecteur. C’est la loi de l’hérédité. Plusieurs générations plus tard, seulement une fraction de la descendance le possédera.

Pour porter un coup contre la malaria, il faudrait libérer à répétition un nombre phénoménal de moustiques. Une stratégie… peu appréciée.

« Nous avions alors essayé, pendant plus de dix ans, de chercher des moyens de contourner ce problème, sans succès », explique Anthony James.

Le reportage de Binh An Vu Van et d’Yves Lévesque est présenté à l’émission Découverte, dimanche à 18 h 30, à ICI Radio-Canada Télé.

Faire fi de la loi de l’hérédité

 

Anthony James teste à présent une nouvelle technique qui permet de transgresser les lois de l’hérédité.

Le forçage génétique oblige environ 99 % des descendants à hériter d’un trait génétique. Il suffirait alors d’un tout petit nombre d’insectes pour propager très rapidement le gène et remplacer la population sauvage.

« En relâchant 1 % de moustiques modifiés génétiquement, une population peut être entièrement modifiée en seulement dix générations, soit environ une saison de transmission de la malaria », observe Ethan Bier, un biologiste californien qui a mis au point la technique sur des mouches à fruits avant de collaborer avec Anthony James.

L’idée est pratiquer dans des œufs de moustiques une insertion génétique, un segment composé du gène qu’on souhaite forcer, muni de l’outil CRISPR-Cas9. Ce mécanisme cherche les segments génétiques naturels, les coupe et les remplace par une copie de lui-même.

Il recommence ainsi de génération en génération. Presque tous les moustiques descendants portent ainsi deux copies du gène mutant.

La première fois que nous avons réussi à forcer des gènes, c’était comme si j’entrais dans mon bureau et que j’étais capable de marcher au plafond parce que la gravité s’était renversée.

Le biologiste Ethan Bier

L’idée a été proposée il y a plus de quinze ans, mais c’est seulement avec l’avènement de CRISPR, ce nouvel outil de modification génétique ultra précis, qu’on peut la concrétiser.

La technique a été appliquée sur des levures dès 2014, sur des mouches à fruits en 2015 et peu après sur les moustiques dans le laboratoire d’Anthony James, ce qui a donné lieu à la première application potentielle de cette technologie. Plus récemment, en 2017, deux équipes ont reproduit l’expérience sur des souris.

Le forçage génétique à grande échelle

Deux moustiques.

Les yeux rouges des moustiques confirment qu’ils ont reçu une insertion génétique. Photo : Radio-Canada

Le forçage génétique pourrait en principe modifier toute espèce qui se reproduit sexuellement, soit la majorité des espèces vivantes. Certains envisagent sérieusement d’éradiquer des rongeurs nuisibles ou des pestes agricoles.

« Ce qui est spectaculaire et unique du forçage génétique, c’est la rapidité des conséquences de la modification, prévient Vardit Ravitsky, éthicienne à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. En deux ou cinq générations, on peut probablement modifier toute une population et avoir un impact réel sur toute une espèce et son écosystème. C’est sans précédent dans l’histoire de la science. »

« Il faut procéder avec prudence, mais il y a aussi un prix éthique à ne pas appliquer la technologie, ajoute-t-elle. Si on a un moyen qu’on croit efficace – on ne peut pas en être certain – pour éradiquer une maladie mortelle, a-t-on le droit de ne pas l’employer? C’est aussi une question. »

Si le forçage génétique fonctionne aussi bien en nature qu’en laboratoire, il permettra de détourner le cours de l’évolution d’une espèce ou même de mener volontairement certaines espèces à l’extinction, mais une seule erreur pourrait avoir des répercussions catastrophiques.

« En voulant se débarrasser d’un organisme invasif, on court aussi le risque d’éradiquer cette espèce dans son habitat d’origine », cite en exemple Ethan Bier, qui croit que chaque application devra être étudiée avec circonspection.

Prudence et transparence

 

Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer un moratoire sur la technique. D’autres intervenants, du FBI à l’ONU, craignent même qu’elle puisse être détournée comme arme biologique. C’est pour cela qu’Ethan Bier, Anthony James et plusieurs autres travaillent sur des moyens de renverser le forçage génétique, en cas de problème ou de relâchement non désiré, notamment par un autre forçage.

Plusieurs scientifiques exigent que ces essais soient expliqués au grand public et menés de la manière la plus transparente possible.

Tout le monde devrait en discuter. Jusqu’à quel point devrions-nous modifier notre environnement et quelles limites voulons-nous nous imposer? Nous sommes au début d’une nouvelle ère, et il est très important que tous participent à cette conversation. Le biologiste Ethan Bier

Un moustique dans un piège

Des moustiques génétiquement modifiés Photo : Radio-Canada

« Pour savoir si on est prêt, il faut que l’opinion publique et les valeurs sociétales appuient la technologie. Si elle est perçue comme une technique développée pour le bénéfice des industries, elle causera une réaction hostile. On a vu ça avec les OGM », rappelle Vardit Ravitksy.

Pour sa part, Anthony James continue ses essais sur des cages à moustiques de plus en plus grandes en préparation de les relâcher sur le terrain.

« Ce que je crains le plus, c’est que ça ne fonctionne pas, si le parasite s’adaptait à ce nouveau gène par exemple, note Anthony James. Les effets sur l’opinion publique seraient alors indélébiles. »

https://ici.radio-canada.ca/nouve

Nous sommes plus microbe qu’humain, mais ce n’est pas une mauvaise nouvelle


Nous sommes poussière, nous retournerons poussière, mais nous sommes aussi microbes. En fait, il y a plus de micro-organismes que de cellules dans notre corps, qui comprend des bactéries, des virus, des champignons et des archées. Ils sont surtout concentré dans les intestins. Donc nos excréments ont beaucoup d’informations qu’ils peuvent aider les médecins dans un avenir proche à de meilleures analyses et traitements des maladies
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Nous sommes plus microbe qu’humain, mais ce n’est pas une mauvaise nouvelle

 

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Les envahisseurs | Monoar via Pixabay CC0 License by

Repéré sur BBC News

Repéré par Aurélie Rodrigues

Des scientifiques spécialistes du microbiote s’accordent sur le fait que notre corps est composé à 57% de micro-organismes.

Les cellules humaines ne représentent que 43% du nombre total de cellules présentent dans notre corps: le reste est composé de micro-organismes. Ces créatures microscopiques –bactéries, virus, champignons et archées– peuplent chaque recoin de notre corps. La plus grande concentration de ces cellules se trouve dans nos intestins, sous le nom de «microbiote intestinal».

«Vous êtes plus microbe que vous n’êtes humain», explique Rob Knight, professeur à l’université de Californie à San Diego et fondateur du Center for Microbiome Innovation, axé sur la recherche et le développement de méthodes pour manipuler le microbiote.

Essentiels à notre santé

Au niveau génétique, le constat est encore plus flagrant: le génome humain est composé d’environ 20.000 gènes, loin des deux à vingt millions de gènes qui constituent notre microbiote:

«En fait, nous avons deux génomes: notre ADN et celui de nos microbes. C’est ce qui fait de nous des humains», avance Sarkis Mazmanian, microbiologiste à l’Institut de technologie de Californie.

«Nous sommes en train de découvrir la façon dont ces minuscules créatures transforment et affectent notre santé, à des degrés que nous aurions jamais soupçonné», ajoute le professeur Rob Knight.

Comme l’explique Ruth Ley, directrice du département de science du microbiome à l’Institut Max Planck, ces micro-organismes sont «essentiels à notre santé»: ils jouent un rôle important dans la régulation du système immunitaire, dans la protection contre les maladies et dans la production de vitamines essentielles pour notre corps.

La BBC souligne que l’intérêt d’étudier le microbiote est de comprendre des maladies comme celle de Parkinson, l’autisme, la dépression ou encore les maladies intestinales inflammatoires, et de trouver des traitements novateurs pour les soigner.

Trevor Lawley, médecin chercheur à l’Institut Wellcome Trust Sanger explique que réparer la flore intestinale d’un patient «pourrait conduire à une rémission» pour certaines maladies, telle que la rectocolite hémorragique, une maladie inflammatoire chronique intestinale.

Source intarissable d’informations

Par le passé, les scientifiques se sont armés d’antibiotiques et de vaccins pour combattre les poxvirus(dont l’un est responsable de la variole), la bacille de Koch(on lui doit la variole) ou encore le staphylocoque doré (en cause dans plusieurs types d’infections).

Ils ont sauvé un grand nombre de vies et ont réussi à éradiquer des maladies infectieuses, mais cette lutte aurait malheureusement provoqué des «dégâts inestimables» à nos «bonnes» bactéries. «Nous avons constaté une augmentation terrifiante et inquiétante de maladies auto-immunes et d’allergies», remarque Ruth Ley.

Comme l’indique la BBC, les recherches sur le microbiote, notamment intestinal, n’en sont qu’à leurs débuts. Certains chercheurs pensent que l’avenir de la médecine pourrait en dépendre, à l’image du professeur Rob Knight:

«Vos excréments sont une véritable source d’informations. L’équivalent d’une cuillère à café contient plus de renseignements sur l’ADN de vos microbes qu’une tonne de DVD pourrait en stocker.»

http://www.slate.fr/