Sans la médecine, notre longévité « naturelle » serait de… 38 ans


Les scientifiques ont trouvé une nouvelle méthode pour savoir la longévité d’un animal vertébré. Il semblerait que beaucoup d’animaux ont vu leur espérance de vie augmenter. Pour l’homme, étrangement, nous n’avons pas vraiment évolué en rapport à la longévité des hommes de Neandertal et Denisovan. Nous avons gagné que quelques mois avec notre 38 ans, Bien sûr, si on regarde la moyenne d’âge des gens, on voit bien que nous pouvons vivre plus vieux, mais ce n’est pas grâce à notre génétique, mais plutôt à la médecine, condition de vie etc ..
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Sans la médecine, notre longévité « naturelle » serait de… 38 ans

Céline Deluzarche


Journaliste

Des chercheurs ont mis au point une nouvelle méthode pour estimer la durée de vie d’une espèce vivante ou disparue à partir de son ADN. Le record appartient ainsi à la baleine boréale dont la longévité atteint 268 ans. Celle de l’Homme n’a, en revanche, pratiquement pas progressé depuis Neandertal. Heureusement, la génétique ne fait pas tout !

Les animaux ayant la plus grande longévité sont la praire d’Islande, un mollusque bivalve dont un spécimen de 507 ans a été retrouvé, et chez les vertébrés le requin du Groenland, avec un individu de 400 ans. Mais estimer la durée de vie d’une espèce est particulièrement compliqué. On se base souvent sur des cas exceptionnels qui ne sont pas représentatifs, et l’on observe des différences considérables au sein d’espèces même relativement proches. Alors qu’une souris vit en moyenne 4 ans, l’écureuil gris, un autre rongeur, vit 24 ans, soit huit fois plus longtemps.

Une horloge biologique cachée dans l’ADN

Une équipe du CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation) a établi une nouvelle méthode pour calculer l’âge maximal théorique de plusieurs animaux. Détaillée dans la revue Scientific Reports, elle se base sur la méthylation de l’ADN, une sorte d’horloge biologique.

« Lorsqu’on vieillit, nous subissons un déclin de nos fonctions biologiques », explique Benjamin Mayne, biologiste au CSIRO et principal auteur de l’étude.

Ce déclin est visible dans la densité d’îlots CpG, des zones de l’ADN non codantes qui sont des promoteurs de la méthylation de l’ADN. Ce processus épigénétique entraîne l’apparition de groupes méthyles dans certains gènes, ce qui conduit à des mutations délétères et la sénescence des cellules.

« Nous avons constaté que nous pouvions estimer la longévité des espèces en nous intéressant aux endroits où la méthylation de l’ADN se produisait sur 42 gènes particuliers », explique Benjamin Mayne dans un article de The Conversation.

La baleine boréale détient le record du monde de longévité animale parmi les vertébrés, avec 268 ans de durée de vie. © Benjamin Mayne, CSIRO

La baleine boréale détient le record du monde de longévité animale parmi les vertébrés, avec 268 ans de durée de vie. © Benjamin Mayne, CSIRO

    Les chercheurs ont ainsi calculé l’âge biologique de 252 espèces de vertébrés à partir de leur génome. Bonne nouvelle : avec cette méthode, la plupart des espèces voient leur durée de vie fortement augmenter. La baleine boréale détient le record mondial de la longévité, avec 268 ans, soit 57 de plus que le plus ancien spécimen connu, âgé de 211 ans. La tortue géante de Galápagos, dont le dernier spécimen est mort en 2012 à l’âge de 112 ans, aurait une longévité biologique de 120 ans. L’étude s’est aussi intéressée à des espèces disparues. Le mammouth laineux aurait ainsi eu une durée de vie de 60 ans, à peine moins que les 65 ans de l’éléphant africain actuel. Le pigeon migrateur, éteint en 1914, avait une longévité de 28 ans, soit la même que l’actuelle tourterelle des bois.

    L’homme moderne, l’exception qui confirme la règle

    Mais le plus étonnant, c’est le cas de l’humain. Les chercheurs ont ainsi établi que les Hommes de Neandertal et de Denisovan avaient une durée de vie biologique de 37,8 ans, soit quasiment la même que celle de l’Homme moderne qui est de 38 ans. Cette longévité paraît ridiculement courte : l’espérance de vie en France est de 85,4 ans pour les femmes et de 79,5 ans pour les hommes, et elle a plus que doublé au cours des 200 dernières années.

    « Mais il s’agit d’une exception liée au progrès de la médecine et des modes de vie », rétorque Benjamin Mayne.

    En d’autres termes, l’Homme a réussi à « forcer » l’horloge biologique de son génome par son intelligence et son adaptation. Songer que l’espèce humaine a une durée de vie inférieure à celle du chimpanzé (39,7 ans) a tout de même de quoi faire réfléchir.

    « Connaître la durée de vie d’une espèce est essentiel pour estimer le risque d’extinction, ou pour établir des quotas de pêche ou de prélèvement », explique Benjamin Mayne.

    La méthode est cependant applicable seulement aux vertébrés. On ne saura donc pas si la praire d’Islande de 507 ans est un cas à part ou pas.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Une nouvelle méthode pour estimer la durée de vie des espèces a permis d’établir un nouveau palmarès de la longévité animale.

  • Elle se base sur la méthylation de l’ADN, un indicateur de l’horloge biologique.

  • La durée de vie de l’Homme moderne est ainsi estimée à 38 ans, soit à peine au-dessus que nos ancêtres de Neandertal.

https://www.futura-sciences.com/

Votre âge chronologique n’est pas votre âge


Bien, ce n’est pas vraiment étonnant ! Combien d’entre-nous, n’ont pas l’impression d’avoir l’âge chronologique ? Il semble que la science l’a prouvé. Qu’est-ce que cela change ? Peut-être certains traitement seront mieux adaptés
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Votre âge chronologique n’est pas votre âge

 

Combien de bougies allez-vous souffler du coup? | Annie Spratt / Unsplash

Combien de bougies allez-vous souffler du coup? | Annie Spratt / Unsplash

Repéré par Jasmine Parvine

Repéré sur CNN

Vous êtes peut-être plus jeune que vous ne le pensez.

Vous êtes peut-être plus jeune que vous ne le pensez… ou peut-être est-ce l’inverse. Morgan Levine, une professeure en médecine de Yale qui étudie les différentes mesures de vieillissement, a mis en évidence que nous avons en réalité deux âges: un chronologique et un biologique. Si le calendrier nous indique notre âge chronologique, la vitesse à laquelle notre corps fonctionne nous fournit notre âge phénotypique, aussi appelé âge biologique.

La scientifique a créé un algorithme qui, couplé aux résultats d’une simple prise de sang, permettrait d’obtenir l’âge que notre corps a vraiment. Chaque être humain vieillit de manières différente suivant ses gènes, son régime alimentaire, sa condition physique et son exposition aux toxines environnementales. De plus, neuf biomarqueurs présents dans notre sang –comme la glycémie, le fonctionnement de nos reins et foie, ou nos mesures inflammatoires et immunitaires– influent sur notre durée de vie.

L’écart peut être influencé

Le but n’est pas de vous donner un coup de blues si votre corps a dix ans de plus que vous. Au contraire, cette découverte pourrait sauver des vies. Si votre âge biologique est inférieur au chronologique, votre taux de mortalité sera plus faible. Mais si c’est l’inverse, vous aurez plus de chance de développer des maladies de la tranche d’âge supérieure.

«Les personnes du même âge chronologique ne courent pas toutes le même risque de développer une maladie cardiovasculaire, un cancer ou même de mourir. Ce que l’âge biologique fait, c’est nous donner une meilleure idée de la position de quelqu’un pour son âge», explique Morgan Levine à CNN.

Le corps médical pourra utiliser ces résultats et prescrire à la patientèle des modifications de mode de vie pour rajeunir l’âge biologique et ainsi éviter une pathologie grave et précoce.

Levine et son équipe envisagent de mettre en accès libre sur internet leur algorithme. Les personnes qui le souhaiteront pourront alors calculer le nombre d’années qu’a leur corps et recevoir des préconisations pour améliorer leur longévité.

http://www.slate.fr/