Une application mobile pour mieux traiter la dépression


D’ici l’été, on prévoit mettre une application pour ceux qui sont en dépression. Il sera utilisé avec le médecin traitant. En fait, d’après ce que je comprends, ce sera comme un journal et sera un outil pour mieux suivre un patient. Cette application pourra être personnalisée selon les besoins.
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Une application mobile pour mieux traiter la dépression

 

Une personne d'apparence déprimée est assise sur un banc à l'orée d'un tunnel.

L’application permet d’enregistrer comment le patient se sent, de jour en jour, et de semaine en semaine. Photo: iStock

La Presse canadienne

Un groupe de cliniciens, d’ingénieurs et de récents diplômés et d’étudiants de l’Université McGill a développé une application pour téléphone intelligent destinée à mieux soigner les personnes qui combattent la dépression, en se servant notamment du pouvoir de l’intelligence artificielle.

Visant à construire un pont entre la médecine et la technologie, l’application Aifred Health est en lice pour le premier prix du prestigieux concours AI XPRIZE, d’une valeur de trois millions de dollars.

Une personne sur neuf dans le monde va devoir affronter une dépression majeure dans sa vie, souligne David Benrimoh, directeur scientifique d’Aifred Health. La plupart d’entre elles ne vont pas recevoir le meilleur traitement du premier coup. De nombreuses personnes devront faire quatre ou cinq essais avant de trouver le bon traitement, déplore en entrevue le médecin, qui s’est spécialisé en psychiatrie après une maîtrise en neurosciences.

L’idée de cet « outil d’aide à la prise de décision clinique » vient de Kelly Perlman, cofondatrice d’Aifred Health, souligne M. Benrimoh.

Il est lui-même membre fondateur avec Sonia Israel, Marc Miresco et Robert Fratila.

Il s’agit aussi d’une « application tandem », qui devrait être utilisée avec un suivi médical ou de psychothérapie, ajoute-t-il.

Évaluer et traiter

L’application, également accessible par ordinateur, permet d’enregistrer comment le patient se sent, de jour en jour et de semaine en semaine. Cela permet de surveiller les symptômes des patients et de voir la progression du traitement. « Juste ça, ça va beaucoup aider », dit-il.

L’application d’Aifred a aussi intégré un algorithme qui offre aux médecins des possibilités de traitements, basés sur les meilleures pratiques, afin de structurer le traitement de la dépression.

 « Ça rassemble toutes les connaissances que l’on a déjà, et ça les simplifie de façon très claire. »

Puis, l’intelligence artificielle (IA) aide à déterminer le meilleur traitement pour chacun des patients, selon les différentes options qui s’offrent : types de médicaments, dosage, psychothérapie, neuro-modulation, exercice et méditation.

Notre système fournira un rapport expliquant les caractéristiques importantes qui ont conduit à une prédiction de traitement.

Extrait du site Internet d’Aifred Health

Une application encore en test

Qu’est-ce qu’une application peut changer dans la vie d’une personne souffrant de dépression? D’abord, elle va redonner aux patients du pouvoir sur leur vie, leur permettre de comprendre leur situation et de constater leur progression. Elle va aussi aider à trouver le meilleur traitement, plus rapidement. Ce qui raccourcit d’autant le temps qui va s’écouler avant de voir des résultats, selon le médecin-psychiatre.

Cela fait presque deux ans que l’équipe planche sur l’application. Ils sont encore à l’étape des tests, dont certains ont été effectués auprès de médecins de l’Hôpital général juif de Montréal. L’équipe a aussi reçu de bons retours de la part de psychiatres qui ont testé l’algorithme de traitement. Et si tout va bien, l’application sera disponible pour les patients cet été.

Mais cette application sera-t-elle efficace pour les personnes qui souffrent de dépression sévère, peinant à sortir de leur lit et n’ayant probablement pas l’énergie pour entrer des informations dans leur téléphone intelligent? Pour ces patients-là, M. Benrimoh convient que c’est très difficile. Mais il indique avoir conçu le design de l’application pour qu’elle soit simple et rapide à utiliser. « Quelques minutes par semaine [suffisent]. »

Les questions portent sur l’humeur, le niveau d’énergie, l’appétit et le sommeil. Certaines questions seront personnalisées : si le patient est très irritable ou a de la difficulté à faire une activité spécifique, un suivi sera fait à ce sujet. Au début de l’utilisation, des questions portant sur l’historique médical et sur les médicaments déjà pris seront posées.

« C’est pour que l’IA puisse bien travailler », fait-il valoir.

D’ailleurs, le recours à l’intelligence artificielle est nécessaire selon lui.

Ce n’est pas juste un truc que l’on met là-dedans parce que c’est cool, parce que c’est sexy. C’est parce que c’était un problème que nous n’étions pas capables de résoudre sans IA, qui fait des prédictions [en ce qui concerne] l’individu.

David Benrimoh, directeur scientifique d’Aifred Health.

Décrocher un prix

S’étalant sur quatre ans, la compétition AI XPRIZE offre des prix en argent pour encourager le développement de technologies qui peuvent bénéficier à l’humanité.

Alors que l’équipe d’Aifred Health entre dans la dernière année du concours, elle se situe en première place parmi 30 équipes restantes. Au départ, 143 équipes étaient en lice.

« J’ai vraiment confiance en mon équipe, et on a la chance de représenter notre ville, Montréal », dit David Benrimoh.

« On était un peu l’équipe « underdog » avant », ajoute-t-il, indiquant être en compétition avec de grandes entreprises.

David Benrimoh dit avoir eu le soutien de District 3, à l’Université Concordia, et des accélérateurs Centech et Start up en résidence de Desjardins Lab.

« On a eu beaucoup de soutien de la communauté entrepreneuriale de Montréal. »

L’équipe de Aifred Health devra toutefois attendre 2020 avant de savoir si elle rapportera le prix dans la métropole.

https://ici.radio-canada.ca/

L’accumulation compulsive: bien plus qu’une simple «collection»


Le trouble d’accumulation compulsive est une vraie prison pour ceux qui en souffre. Il est possible de les soigner, mais cela demande du temps et de la patience ..
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L’accumulation compulsive: bien plus qu’une simple «collection»

 

Au Québec, entre 165 000 et 420 000 individus pourraient être touchés par cette problématique.

CARLOS CIUDAD PHOTOGRAPHY VIA GETTY IMAGES

L’accumulation commence avec un doute, une idée intrusive liée à une potentielle utilisation de l’objet dans le futur, qui amène généralement le besoin de le conserver.

François Bilodeau
Psychologue clinicien

Au Québec, entre 165 000 et 420 000 individus pourraient être touchés par cette problématique.

«J’en aurai peut-être besoin un jour, on ne sait jamais!», «Cela pourrait être utile à quelqu’un d’autre!», «Il pourrait y avoir un objet de valeur que je n’ai pas remarqué!», «Il me semble irresponsable de jeter cet objet!», «Peut-être qu’il y a de l’information utile! Mes biens sont une partie de moi!»

Le trouble d’accumulation compulsive, aussi connu par son nom anglais «hoarding», entraine l’encombrement de l’espace de vie d’un individu à un point tel que la qualité de vie et l’environnement de celui-ci en est affecté.

Ce trouble touche autant les hommes que les femmes. La prévalence dans la population varie entre 2% et 5%.

Au Québec, entre 165 000 et 420 000 individus pourraient être touchés par cette problématique.

Des émotions négatives sont souvent générées par l’accumulation et le désencombrement. L’accumulateur est également dans l’incapacité de se débarrasser d’objets, indépendamment de leur valeur réelle. L’accumulation entraine une souffrance importante et se répercute habituellement sur le fonctionnement social, professionnel et relationnel.

Plusieurs types d’objets peuvent être cumulés: journaux, livres, nourriture, vêtements, contenants vides, meubles, appareils électroniques, factures, sacs, animaux. Certaines personnes accumulent seulement des biens de même nature, d’autres n’ont pas de préférence et accumulent tout ce qui leur tombe sous la main.

Les objets forment souvent des piles désorganisées disposées de manière aléatoire. Dans bien des cas, ces piles d’objets sont à la vue de tous et sont rarement rangées dans des espaces prévus à cette fin. Lorsque les espaces sont désencombrés, c’est souvent en raison d’interventions de tiers (ex.: membres de la famille, nettoyeurs, autorités).

MUSLIANSHAH MASRIE / EYEEM VIA GETTY IMAGESLes objets forment souvent des piles désorganisées disposées de manière aléatoire.

    Accumuler, ce n’est pas collectionner!

    Il est important de différencier l’accumulation de la collection. L’accumulateur compulsif n’est pas un collectionneur. L’accumulateur vit dans l’embarras et la honte face à ses possessions, s’isole, tente de cacher le plus que possible les pièces encombrées, oublie les objets ou ceux-ci demeurent introuvables.

    À l’opposé, le collectionneur est fier de ses possessions qui sont une réalisation positive amenant un sentiment de fierté. Les collectionneurs cherchent également à partager leur passion avec les autres et les objets collectionnés sont souvent organisés et en nombre limités.

    Le doute, l’élément central à l’accumulation

    L’accumulation commence avec un doute. Une idée intrusive liée à l’utilisation potentielle de l’objet dans le futur amène généralement le besoin de le conserver. La prise de décision de l’accumulateur, face à un objet à acquérir ou à jeter, se trouve souvent affectée par cette intolérance au doute (ex.: j’en aurai peut-être besoin un jour, on ne sait jamais!).

    Cette intolérance au doute contribue ensuite au développement d’un motif d’accumulation:

  • Vouloir sauver les objets brisés,

  • Accumuler pour aider les autres ou donner à une noble cause

  • Vouloir être écologique (ex.: accumuler les objets pour leur donner une deuxième vie),

  • Vouloir se garder informé en accumulant (ex.: les journaux),

  • Avoir peur de jeter quelque chose par inadvertance,

  • Vouloir maintenir un souvenir d’enfance vivant,

  • Combler un besoin de sécurité.

JIÉ CHÉNG ZHEN WU / EYEEM VIA GETTY IMAGESL’accumulateur vit dans l’embarras et la honte face à ses possessions.

Un aperçu des stratégies d’intervention

À ce jour, les écrits scientifiques montrent que la thérapie cognitive et comportementale est celle qui réussit le mieux à traiter le trouble d’accumulation compulsive. Il s’agit d’une approche proactive et axée sur les solutions concrètes.

Lors de la thérapie, le psychologue visera à identifier le cycle lié à l’accumulation et aidera la personne à modifier ses croyances liées au besoin d’accumuler et au désencombrement.

    La gestion des émotions est également au centre de la thérapie: l’accumulateur doit parvenir à développer une meilleure tolérance au doute afin de se départir de ses biens, mais également pour réduire l’accumulation. Le désencombrement se fait graduellement: l’individu doit se départir de ses biens en ordre croissant de difficultés.

    Quand devrais-je consulter?

    N’attendez surtout pas que votre fonctionnement global se détériore ou que des pièces de votre logement ne soient plus accessibles.

    Plusieurs manifestations peuvent indiquer le besoin de consulter en psychothérapie:

  1. Ne plus oser ou refuser de recevoir des gens à la maison en raison d’un fort sentiment de honte lié à l’état du logement,

  2. Présence d’un sentiment de culpabilité lié à l’accumulation,

  3. Présence de compulsions de rituels de tri ou d’évitement menant à l’incapacité de se départir d’objets,

  4. Difficultés à contrôler son envie d’acquérir ou d’accumuler des objets,

  5. Présence d’un doute persistant lié à l’utilisation potentielle d’un objet,

  6. Acheter plusieurs fois le même item,

  7. Ne pas déballer ou utiliser les objets achetés,

  8. Présence d’un attachement émotionnel irrationnel aux objets.

Conseil aux proches

Évitez surtout de vous débarrasser des objets de l’individu en son absence. Cela pourrait être hautement déstabilisant pour la personne accumulatrice. Évitez également de tenir des propos menaçants ou contraignants visant à inciter la personne à jeter ses objets. Cela pourrait contribuer à renforcer le sentiment de honte et d’échec auprès de la personne. Optez plutôt pour un soutien actif et aidez la personne à trouver des ressources psychologiques ou communautaires.

Si vous voulez en apprendre plus sur la question, une lecture incontournable au sujet du trouble d’accumulation compulsive est le manuel de traitement Entre monts et merveilles: comment reconnaitre et surmonter l’accumulation compulsive. Par ailleurs, un groupe de soutien pour les personnes accumulatrices se tient une fois par mois et est organisé par le Groupe de parole sur l’accumulation compulsive au CLSC de Verdun.


Références:

– O’Connor, K., Delorme, M.E., Koszegi, N. (2013). Entre monts et merveilles: comment reconnaître et surmonter l’accumulation compulsive. Éditions Multimondes inc.
– Tolin, D., Frost, R. O., & Steketee, G. (2013). Buried in treasures: Help for compulsive acquiring, saving, and hoarding. Oxford University Press.
– Tolin, D. F., Frost, R. O., Steketee, G., & Muroff, J. (2015). Cognitive behavioral therapy for hoarding disorder: A meta‐analysis. «Depression and Anxiety», 32(3), 158-166.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Comment Hitler continue d’influencer l’éducation des enfants aujourd’hui


Peut-on transmettre le non-attachement à ses enfants envers eux ? On a relaté des femmes allemande étant incapable d’aimer leurs enfants. Il semble que l’enseignement du temps qu’Adolf Hitler, on préconisait de laisser les bébés seuls saufs pour les nourrir et les laver. C’est une femme médecin pneumologue du temps qui avait donner ces conseils. Malheureusement, des parents et enfants d’aujourd’hui, peuvent être en manque émotionnel à cause de cette éducation.
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Comment Hitler continue d’influencer l’éducation des enfants aujourd’hui

 

Les directives nazies sévères sur la parentalité peuvent toujours affecter les enfants allemands d'aujourd'hui

Une famille allemande pose pour un portrait, 1937. Crédit: Getty Images

par Brice Louvet, rédacteur scientifique

Les enseignements de Johanna Haarer – dont les livres ont été écrits pendant la période nazie dans le but d’élever des enfants pour servir Hitler – semblent encore avoir des répercussions aujourd’hui. Mais ce détachement envers ses enfants peut-il réellement se transmettre à travers les générations ?

Il y a quelques jours, Scientific American relatait l’histoire de Renate Flens, une mère allemande d’une soixantaine d’années qui, encore aujourd’hui, peine à aimer ses enfants. Elle voudrait, mais n’y arrive pas. Comment l’expliquer ? Après de multiples rendez-vous chez plusieurs thérapeutes, il est ressorti que Renate Flens, même si elle est née après la Seconde Guerre mondiale, pouvait en réalité être victime – encore aujourd’hui – de la politique éducative menée à l’époque par Adolf Hitler.

La mère allemande et son premier enfant

En 1934, la médecin Johanna Haarer publia en effet pour son compte La mère allemande et son premier enfant, un recueil illustré visant à guider l’éducation des enfants allemands, que le Troisième Reich voulait durs et sans empathie. Des millions de ménages – dont les parents de Renate Flens – possédaient à l’époque ce livre, également présent sur les étagères des bibliothèques et dans les garderies. Ces “conseils”, contre-intuitifs, semblaient attirer particulièrement les parents qui s’identifiaient fortement au régime nazi, et les jeunes femmes qui venaient elles-mêmes de familles émotionnellement affectées.

L’histoire de cette mère “sans attaches” pour ses enfants n’est pas la première. En Allemagne, de nombreux experts en santé mentale s’intéressent d’ailleurs de près au sujet, se posant la question suivante : les idées de Haarer peuvent-elles encore nuire aujourd’hui à la santé émotionnelle des enfants allemands ? Une génération élevée pour éviter de créer des liens peut-elle transmettre cet “enseignement” aux générations suivantes ?

enfants Allemagne guerre

Enfants jouant dans les ruines de Berlin (1948). Crédits : Wikipédia

« Ne le bercez pas, ne le caressez pas »

Haarer n’avait à l’époque aucune formation en pédiatrie (elle était pneumologue), mais restait présentée comme une experte en éducation des enfants par les nazis. Si nous savons aujourd’hui que les nourrissons ont besoin de contacts physiques et émotionnels avec leur mère, le recueil de Johanna Haarer recommandait dans les années 30 complètement l’inverse. Les bébés étaient ici considérés comme des nuisances dont il ne fallait satisfaire que les besoins les plus primaires.

« L’enfant doit être nourri, lavé et séché ; à part ça, il faut le laisser complètement seul », pouvait-on notamment lire.

Les mères, autre exemple, étaient vivement encouragées à parler à leur enfant dans un allemand raisonnable, plutôt que d’employer un « langage enfantin déformé et insipide ».

Quant aux pleurs des enfants, il était demandé de les ignorer.

« Ne retirez pas l’enfant de son lit (…), ne le bercez pas, ne le caressez pas, ne le retenez pas sur vos genoux et ne le soignez même pas. Sinon l’enfant comprendra vite qu’il ne lui reste plus qu’à pleurer afin d’attirer une âme sympathique et devenir un objet de sollicitude. Dans peu de temps, pouvait-on encore lire, il demandera ce service comme un droit, ne vous laissera pas tranquille jusqu’à ce qu’il soit transporté, bercé ou caressé ».

Traumatisme transmissible ?

Si ce livre n’est évidemment plus présent dans les librairies, certains chercheurs pensent aujourd’hui que l’influence de Haarer continue de se faire ressentir, affectant encore aujourd’hui la santé émotionnelle, ou encore le taux de natalité (faible) enregistré en Allemagne. De nombreuses autres raisons pourraient également expliquer ces constats, mais la piste de la transmission de ce “non-attachement” reste encore à considérer.

La façon exacte dont ces expériences éducatives se transmettent reste donc encore un sujet à débat. La véritable question sera de savoir si oui ou non des processus biologiques pourraient être impliqués. Quant à Johanna Haarer, elle fut emprisonnée après 1945, et n’eut plus jamais le droit de pratiquer la médecine. Selon deux de ses filles (elle en a eu cinq), elle conserva néanmoins ses convictions nazies tout au long de sa vie. Elle est morte en 1988.

Source

https://sciencepost.fr/

S’ennuyer, c’est bon pour l’esprit


Ça vous arrive encore de vous ennuyer ? L’ennui avant les tablettes, les téléphones portables, était probablement plus fréquent. Pourtant, l’ennui aurait certains avantages qui sont positifs sur la productivité et la créativité.
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S’ennuyer, c’est bon pour l’esprit

 

Quand l'ennuyeux devient innovant.| Niklas Hamann via Unsplash CC License by

Quand l’ennuyeux devient innovant.| Niklas Hamann via Unsplash CC License by

Repéré par Jasmine Parvine

Vous ne verrez peut-être plus vos moments de paresse de la même manière.

— Repéré sur Time

La prochaine fois que vous trouverez le temps long dans le train ou la salle d’attente de votre médecin, dites-vous que ces longues minutes d’ennui vous font du bien.D’après une étude, publiée dans le magazine Academy of Management Discoveries, l’ennui pourrait stimuler votre productivité et votre créativité. Ce sont les résultats d’une étude pour laquelle des scientifiques ont constitué deux groupes de personnes: le premier devait effectuer une tâche ennuyeuse, comme trier des haricots par couleurs, le deuxième une activité artisanale intéressante et stimulante. Ils ont ensuite été soumis à un test: trouver des réponses à des questions du genre «Quelles excuses utiliser lorsque vous êtes en retard, sans passer pour une mauvaise personne?». Résultats: celles et ceux qui se sont ennuyés ont triomphé en termes de quantité et de qualité d’idées.

«L’ennui repose sur la recherche d’une simulation neuronale qui n’est pas satisfaite», a déclaré au Time Sandi Mann, maître de conférence en psychologie à l’Université de Central Lancashire au Royaume-Uni et autrice de The Upside of Downtime: Why Boredom Is Good.

Elle explique que si nous ne trouvons pas de stimulus, notre esprit en créera un. Cette créativité spontanée, en laissant vagabonder son esprit, permettrait également de trouver des solutions à nos problèmes. Les moments aptes à la rêverie peuvent être difficiles à trouver dans notre quotidien: écrans, travail et autres facteurs de stress nous empêcheraient de nous ennuyer vraiment. Il faudrait s’éloigner suffisamment longtemps de la vie moderne pour que ça marche, souligne Mann. Prendre une pause pourrait donc être une occasion précieuse de se ressourcer.

S’ennuyer de la bonne manière

Attention à ne pas confondre relaxation et ennui. Une activité délibérément tranquille, telle que le yoga ou la méditation, ne correspondrait pas à la définition de «ne pas trouver de stimulation». Marcher, nager, ou être assis les yeux fermés, sans rien pour nous guider, permettrait en revanche de profiter de ce spleen créatif. Pour que ça marche, il est crucial de se déconnecter. Sandi Mann explique que nos smartphones détruisent notre capacité à nous ennuyer et empêchent un vrai divertissement:

«Nous essayons de balayer et de faire défiler l’ennui, mais en faisant cela, nous nous rendons plus enclins à l’ennui, car chaque fois que nous sortons notre téléphone, nous ne laissons pas notre esprit vagabonder et résoudre notre problème».

Ne reste peut-être plus qu’à créer une appli pour s’ennuyer…

http://www.slate.fr/

Besoin de vous souvenir de quelque chose ? Dessinez-le !


Je trouve que cette méthode de virtualisation d’information à ne pas oublier très intéressante. Le dessin serait même efficace chez les jeunes, mais aussi chez les personnes âgées qui ont des troubles de mémoires liés à l’âge, à la maladie comme la démence, l’Alzheimer.
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Besoin de vous souvenir de quelque chose ? Dessinez-le !

 

image de l'article principal

par Brice Louvet, rédacteur scientifique

Si vous avez besoin de vous souvenir de quelque chose, dessinez-le. C’est du moins la conclusion d’une étude menée auprès de personnes âgées. Les techniques de visualisation impliqueraient en effet davantage de régions cérébrales en lien avec la mémoire.

L’étude ciblait ici les personnes âgées (plus de 80 ans), mais des moins de 20 ans étaient également impliqués. Le résultat est le même : pour se souvenir de quelque chose, il est préférable de le dessiner plutôt que de l’écrire. Une étude qui pourrait permettre de faciliter un peu la vie des personnes souffrant de troubles de la mémoire inhérents à la vieillesse, de la maladie d’Alzheimer ou de démence. Et que ceux qui ne savent pas dessiner se rassurent, pas besoin d’être un artiste pour mettre votre cerveau “de votre côté”. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Current Directions in Psychological Science.

Dessiner pour se souvenir

Dans le cadre de cette étude, des chercheurs de l’Université de Waterloo, au Canada, on fait passer différents tests de mémoire à 48 participants. La moitié était âgée d’environ 20 ans et l’autre moitié d’environ 80 ans. Placé devant une série de mots, chaque participant devait soit les écrire, soit dessiner ce qu’ils représentaient.

La seconde partie du test visait à évaluer le nombre de mots retenus par chaque participant. Entre les deux tests, les volontaires ont été invités à écouter différents sons. L’idée consistait à perturber le processus de mémorisation. Au final, il en est alors ressorti que les mots les plus “retenus” étaient ceux dont les représentations avaient été dessinées. Et ce quel que soit le groupe de participants (jeunes ou plus âgés). Les plus jeunes ont eu tout de même plus de facilités à retenir les mots qui avaient été écrits. Mais pour les plus âgés, c’est clairement le dessin qui fonctionne.

Un moyen d’aider les personnes atteintes de démence

« Dessiner des images est vraiment une tâche simple, et qui peut facilement être mise en œuvre dans la vie quotidienne pour améliorer la mémoire, explique Melissa Meade, principale auteure de l’étude. Par exemple, dessiner une image de certains produits d’épicerie que vous devez acheter plus tard. Ou bien dessiner le repas que vous prévoyez de préparer. Dessiner fera en sorte que ces informations seront mémorisées beaucoup plus longtemps que si elles avaient été écrites. Nous sommes vraiment encouragés par ces résultats, poursuit-elle, et cherchons des moyens de les utiliser pour aider les personnes atteintes de démence, confrontées à un déclin rapide de la mémoire et de la fonction du langage ».

Pourquoi le dessin paraît-il plus efficace ? Pour les chercheurs, le simple fait de dessiner implique plusieurs manières de se représenter une même information : visuelle, spatiale, ou encore verbale. Davantage de régions cérébrales actives dans le stockage de la mémoire seraient donc impliquées, favorisant ainsi nos capacités à nous rappeler de telle ou telle information.

Source

https://sciencepost.fr/

Événement traumatique: quand les mots des proches font tout aussi mal


Avez-vous remarqué quand une personne subit un évènement traumatique, les gens ont tendance a essayer de trouver une responsabilité de cette personne. Des commentaires du genre Je te l’avait dit, tu aurais dût m’écouter etc … Malheureusement, ce genre de commentaire est plutôt nuisible envers la victime, qu’elle pourra finir par croire que c’est de sa faute. Nous devrions faire des efforts pour réfléchir aux mots que l’ont dit.
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Événement traumatique: quand les mots des proches font tout aussi mal

 

Plus de 70% des individus seront exposés à un événement traumatique au cours de leur vie.

AARON NETT / EYEEM VIA GETTY IMAGES

Plus de 70% des individus seront exposés à un événement traumatique au cours de leur vie.

François Bilodeau Psychologue clinicien

Insidieux et dévastateurs, les commentaires peuvent profondément bouleverser une victime et contribuer à aggraver les symptômes.

«Voir que tu as décidé de te baigner là, c’est évident que c’était dangereux!»; «Moi, je me serais défendu!»; «T’avais qu’à lui remettre l’argent et ça aurait évité bien des problèmes!»; «Évidemment, quand tu sors à cette heure de la nuit, tout peut arriver!»; «Il ne veut pas s’en sortir, il n’essaie même pas de retourner travailler!»; «Me semble que j’aurais essayé de crier plus fort!» ou même «Quand on est imprudent, c’est ça qui arrive!»…

Un événement est considéré comme traumatique lorsqu’il implique une menace de mort, une menace grave à son intégrité physique ou encore lorsqu’il s’agit de violences sexuelles. Le potentiel traumatique peut émerger lorsque l’individu est la victime principale ou le témoin direct de l’événement traumatique ou bien lorsqu’il apprend que cela est arrivé à un proche.

Plusieurs événements peuvent être catégorisés comme étant traumatique: les actes de violence interpersonnels (exemples: les agressions physiques, les agressions sexuelles, les vols à main armée, les séquestrations, les guerres), les accidents (quasi noyade, les incendies, les accidents de voiture, les accidents de travail ou de sport, les explosions) ou les catastrophes naturelles (les ouragans, les inondations, les tempêtes, les tremblements de terre, les feux de forêt, les tornades).

La probabilité d’être exposé un jour à un événement traumatique est relativement élevée. Une récente enquête canadienne révèle que près de 76% des individus feront l’expérience d’au moins un événement traumatique au cours de sa vie. De ces personnes, entre 25% et 35% développeront un état de stress post-traumatique.

Il existe plusieurs facteurs de risque lié au développement d’une problématique anxieuse après avoir été exposé à un événement traumatique. Parmi ceux-ci se trouvent les réactions indésirables de l’entourage (et celle de la société) face à la victime. Insidieux et dévastateurs, les commentaires peuvent profondément bouleverser une victime et contribuer à aggraver les symptômes. Il s’agit des blessures secondaires.

Les réactions et le soutien de l’entourage

Le soutien de l’entourage est souvent crucial dans la convalescence après avoir été exposé à un événement traumatique. La victime peut se sentir fragile, démunie et confuse. Malheureusement, il arrive parfois que les réactions de l’entourage exacerbent les symptômes post-traumatiques de la victime.

Les réactions négatives de l’entourage peuvent être multiples telles que le fait de ne pas croire ou de minimiser l’expérience de la victime: «Tu exagères! Ce n’est pas possible!»

Il est également probable que les proches portent des commentaires visant à blâmer la personne traumatisée: «C’est ce qui arrive quand on sort tard le soir!» Des commentaires peuvent aussi être portés dû à un manque de compréhension concernant les conséquences liées à un trauma: «Bien voyons, pourquoi ne veux-tu pas te baigner, tu es bien peureux.»

Ce manque de soutien et ces réactions de la part de l’entourage peuvent mener la victime à vivre un sentiment de peine, de honte, de culpabilité, de colère ou un sentiment d’injustice.

C’est normal de réagir ainsi.

Pourquoi mon entourage réagit-il ainsi?

D’abord, ce n’est pas de votre faute. Vous n’êtes pas responsable de ce qui vous arrive et vous n’êtes surtout pas responsable des comportements de vos proches. Les gens qui n’ont jamais vécu un événement traumatique peuvent avoir de la difficulté à comprendre la réalité d’une victime. Parfois, il est plus facile pour l’entourage de nier la réalité que d’accepter de faire face à la détresse que cela a pu causer. Pourquoi? Comment expliquer que les autres me blâment ou minimisent ce que j’ai vécu?

Blâmer la victime a une fonction souvent protectrice pour les autres: cela permet de garder intactes ses croyances fondamentales en un monde sécuritaire.

En ce sens, affirmer que ce sont les comportements de la victime qui sont responsables du traumatisme, permet de préserver l’illusion qu’une telle chose ne peut pas nous arriver.

Pour la société, il est aussi malheureusement plus sécurisant de croire que la victime a fait quelque chose qui a provoqué l’événement, afin de garder intacte la croyance en un monde juste et bon au sein duquel les événements positifs sont plus fréquents que les événements négatifs.

NOEL HENDRICKSON VIA GETTY IMAGESUn manque de soutien de l’entourage ou des comportements négatifs à l’égard de la victime aggravent les symptômes post-traumatiques.

Conseils aux victimes et aux proches

À la suite d’un événement traumatique, il est essentiel que la victime soit soutenue, comprise et entendue. Pour les proches, offrez un soutien émotionnel: écouter la personne, essayer de la comprendre, donner de lui de l’affection et de la tendresse. Plus encore, offrez également un soutien technique: donnez des conseils, rendez service, préparez un repas ou aidez financièrement la personne.

Pour les victimes, n’hésitez pas à communiquer vos besoins à votre entourage et de vous affirmer lorsqu’un commentaire négatif vous est porté.

Il est également important de bien saisir les processus psychologiques associés à un trauma. À cet égard, une lecture incontournable pour mieux comprendre les blessures secondaires et les symptômes post-traumatiques est le livre intitulé: Se relever d’un traumatisme: réapprendre à vivre et à faire confiance.


RÉFÉRENCES

– Brewin, C. R., Andrews, B., & Valentine, J. D. (2000). «Meta-analysis of risk factors for posttraumatic stress disorder in trauma-exposed adults». Journal of consulting and clinical psychology, 68(5), 748.
– Brillon, P. (2013). «Comment aider les victimes souffrant de stress post-traumatique: guide à l’intention des thérapeutes». Les Éditions Québec-Livres.
– Van Ameringen, M., Mancini, C., Patterson, B., & Boyle, M. H. (2008). «Post‐traumatic stress disorder in Canada». CNS neuroscience & therapeutics, 14(3), 171-181.

https://quebec.huffingtonpost.ca

Aînés : les signes de troubles mentaux sous-estimés


Des suicides chez les personnes âgées sont des risques réels. J’ai eu connaissance une fois d’un homme âgé qui s’est suicidé quand il a su que la famille le placerait sa femme et lui dans une maison pour aînés. Des évènements comme la perte d’autonomie, la mort d’un conjoint, perte du permis de conduire peut amener ces personnes à un isolement, une dépression, pire à en finir avec la vie. Il y a des signes qu’il faut être attentif.
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Aînés : les signes de troubles mentaux sous-estimés

 

Les deux personnes auraient décidé d'avaler une forte... (PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

Les deux personnes auraient décidé d’avaler une forte quantité de médicaments.

PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

 

La Presse Canadienne
Montréal

Les indices de troubles de santé mentale chez les aînés ont tendance à être sous-estimés, souligne l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), dans la foulée de la tentative de suicide de deux personnes âgées au Saguenay.

Deux aînés qui seraient en couple depuis plus de 60 ans ont tenté de se suicider en fin de semaine dernière dans une résidence pour personnes âgées de l’arrondissement Chicoutimi, à Saguenay.

L’homme et la femme, âgés respectivement de 85 et de 81 ans, auraient décidé d’avaler une grande quantité de médicaments. Ils se seraient évanouis.

L’homme aurait repris connaissance plus tard et il semble qu’il ait lui-même appelé les secours, tout en admettant qu’il s’agissait d’un pacte de suicide. Sa conjointe et lui ont été transportés à l’hôpital où ils se portaient mieux mardi matin, semble-t-il.

Le Service de police de Saguenay a ouvert une enquête sur cette triste affaire, notamment pour savoir si des gestes criminels ont été posés. Les enquêteurs attendent que les deux aînés se rétablissent pour les questionner.

Reconnaître les signes

En entrevue, le directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide, Jérôme Gaudreault, a fait valoir qu’il y avait souvent «sous-diagnostic ou sous-interprétation des troubles de santé mentale» chez les aînés.

«On a tendance à penser qu’il est plus normal d’être déprimé, par exemple, quand on est une personne aînée, alors que non, dans les faits, les personnes aînées ont aussi droit à leur bien-être physique et mental, et la dépression va se traiter aussi bien si on est une personne aînée que si on est une personne plus jeune. Ce qui est très important, c’est d’être attentif aux signes de détresse particuliers aux personnes aînées, et de leur apporter l’aide et le soutien dont elles ont besoin», a-t-il affirmé.

M. Gaudreault a évoqué comme facteurs de risque l’isolement, les conflits familiaux, la perte du permis de conduire et la perte du conjoint.

«Il faut reconnaître les signes, qu’ils soient directs on indirects, par exemple lorsque la personne va en parler, va utiliser des phrases comme « Bientôt, vous n’aurez plus à vous préoccuper de moi », ou « Je ne serai plus un fardeau »». Des comportements aussi, si la personne a tendance à s’isoler, à abuser de l’alcool ou de médicaments. Et des émotions; si la personne vit de la tristesse, du découragement, de l’agressivité», a-t-il souligné.

Dans ces cas, M. Gaudreault suggère de s’adresser aux ressources compétentes, plus particulièrement au Centre de prévention du suicide (1-866-APPELLE), «qui offre un service à la fois auprès des personnes suicidaires, mais aussi auprès des proches, qui accompagnent une personne qui va moins bien».

M. Gaudreault indique tout de même qu’au Québec, avec environ 12 décès par suicide chez les aînés par tranche de 100 000 habitants, les taux de suicide sont «particulièrement bas» si on se compare aux autres provinces.

Concernant le drame récent au Saguenay, le porte-parole du Service de police de Saguenay, Bruno Cormier, a affirmé qu’une enquête avait été ouverte.

«À la suite de certains propos que l’homme impliqué dans l’événement a tenus, on a ouvert une enquête pour connaître les circonstances», a indiqué M. Cormier.

«On va leur laisser le temps de se rétablir, et on va s’asseoir avec ces gens-là pour tenter de voir exactement ce qui s’est passé», a-t-il ajouté.

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