Les chemins de la pensée suicidaire dans le cerveau


Quand on pense que le suicide est la 2e cause de décès dans le monde, cela touche des jeunes de 15 à 29 ans, il est important de mieux comprendre le processus. Il semble qu’avec l’aide de l’imagerie cérébrale, les scientifiques ont réussi a identifier deux réseaux cérébraux qui semblent avoir un impact sur les idées suicidaires.
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Les chemins de la pensée suicidaire dans le cerveau

Illustration artistique montrant le cerveau dans la tête d'un jeune homme.

Deux réseaux dans le cerveau ont été associés aux pensées suicidaires et au désir de s’enlever la vie.

PHOTO : ISTOCK

Radio-Canada

Publié à 14 h 58

Des interactions entre certains réseaux neuronaux du cerveau augmentent le risque qu’une personne ait des pensées suicidaires et tente même de se suicider, affirme une équipe internationale de psychiatres et de neuroscientifiques.

Pour arriver à ce constat, la Dre Anne-Laura Van Harmelen de l’université britannique de Cambridge et ses collègues ont analysé la littérature scientifique des deux dernières décennies au sujet du suicide. Cet exercice leur a aussi permis de constater le peu de recherches menées sur le sujet.

Repères

  • Pas moins de 800 000 humains meurent chaque année par suicide;

  • Environ 4000 Canadiens meurent à la suite d’un suicide chaque année;

  • Le suicide est la deuxième cause de décès dans le monde chez les 15-29 ans;

  • Plus d’adolescents meurent par suicide que du cancer, des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, de la pneumonie, de la grippe et des maladies pulmonaires chroniques réunis.

  • Jusqu’à un adolescent sur trois pense à mettre fin à ses jours, et un sur trois d’entre eux fera une tentative de suicide.

Il est difficile d’imaginer que nous ne puissions pas comprendre, encore de nos jours, pourquoi certaines personnes sont plus vulnérables au phénomène qui tue près d’un million de personnes par année, dont un quart avant l’âge de trente ans, explique la Dre Van Harmelen.

Nous en savons très peu sur ce qui se passe dans le cerveau. Pourquoi il y a tant de différences entre les sexes? Qu’est-ce qui rend les jeunes particulièrement vulnérables au suicide? Dre Anne-Laura Van Harmelen

Si vous, ou un de vos proches, êtes en détresse, téléphonez au 1 866 APPELLE (277-3553). (Québec)

Le cerveau suicidaire

L’équipe de recherche s’est particulièrement intéressée aux travaux réalisés à l’aide d’imagerie cérébrale. Au total, elle a analysé 131 études portant sur plus de 12 000 personnes.

L’objectif était de détecter des preuves d’altérations structurelles, fonctionnelles et moléculaires dans le cerveau susceptibles d’accroître le risque de suicide.

C’est donc en combinant les résultats de ces études d’imagerie cérébrale que les chercheurs ont réussi à identifier deux réseaux cérébraux – et les connexions entre eux – qui joueraient un rôle important dans l’apparition de la pensée suicidaire.

Le premier réseau associe des zones situées à l’avant du cerveau dans le cortex préfrontal avec d’autres régions du cerveau impliquées dans les émotions. Les altérations de ce réseau peuvent entraîner des pensées négatives et des difficultés à réguler les émotions, ce qui stimule les pensées suicidaires.

Le deuxième réseau associe d’autres régions du cortex préfrontal avec le gyrus frontal inférieur situé dans le cortex. Des modifications apportées à ce réseau pourraient mener aux tentatives de suicide, en partie en raison de son rôle dans la prise de décisions, dans la recherche de solutions aux problèmes et dans le contrôle du comportement.

Les chercheurs pensent que si ces deux réseaux connaissent des modifications dans leur structure, leur fonction ou leur biochimie, cela peut influencer négativement les pensées d’une personne et la rendre incapable de les contrôler. Cette personne a ainsi plus de risques de présenter des comportements suicidaires.

Notre travail d’analyse des études existantes pourrait mener à l’élaboration de nouvelles stratégies de prévention du suicide plus efficaces. Hilary Blumberg, Université Yale

https://ici.radio-canada.ca/

La phobie des trous enfin expliquée


Il existe toute sortes de phobies, dont beaucoup nous sont inconnu. Le fait d’aller sur le Web et pour trouver d’autres personnes souffrant de la même phobie, a quelque chose probablement de réconfortant et de se sentir moins isolé. Le problème avec Internet, c’est que c’est aussi un moyen de provoquer de  »fausses » phobies.
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La phobie des trous enfin expliquée


La tête de lotus nous évoquerait des maladies comme la variole. | Adam via Flickr CC 

La tête de lotus nous évoquerait des maladies comme la variole. | Adam via Flickr CC


Repéré par Robin Tutenges

Repéré sur The Guardian


La trypophobie serait due à une réaction de dégoût instinctive liée à des maladies.

Julia avait environ 11 ans la première fois qu’elle a senti le dégoût l’envahir à la vue de trous, de fissures et de petites crevasses. Persuadée qu’elle était la seule à ressentir une telle réaction incontrôlée face à des orifices, elle a laissé sa peur dicter son quotidien, jusqu’à atteindre la vingtaine, où, en regardant une vidéo sur internet intitulée «Êtes-vous trypophobe?», elle comprit.

En se laissant guider sur le net, Julia en vint à rejoindre un groupe Facebook pour les trypophobes, au sein duquel chacun·e partage ses difficultés à vivre avec ce dégoût pour les trous, qui s’infiltre dans tous les aspects de la vie: nid d’abeilles, tête du lotus avec ses graines, bulles dans la pâte à gâteau –y compris chocolat soufflé.

La trypophobie n’est à ce jour pas reconnue comme une véritable phobie. À la différence de cette dernière, qui se caractérise par la peur vis-à-vis d’une menace précise, réelle ou non, la trypophobie provoque un dégoût qui se traduit par une réaction émotive face à une large gamme d’images, qui ont comme unique point commun leur configuration.

Que sait-on vraiment au sujet de ce rejet des trous? Une récente étude dirigée par Tom Kupfer, chercheur en émotions à la Vrije Universiteit d’Amsterdam, aide à en comprendre l’origine.

Éviter les maladies

L’équipe de recherche suggère que la réaction de dégoût s’est développée chez l’être humain afin d’éviter certains agents pathogènes, qui peuvent causer des maladies. Kupfer estime que les personnes trypophobes assimileraient les trous à une conséquence de ces agents pathogènes et que cette phobie spécifique serait en fait liée à un instinct qui permettrait d’éviter les parasites.

Le dégoût serait d’autant plus grand quand de telles crevasses se donnent à voir sur la chair, à commencer par la peau du visage. Leurs formes géométriques nous évoqueraient les symptômes de maladies infectieuses ou parasitaires telles que la variole, la rougeole, le typhus, la gale voire un état de décomposition.

Propagation via internet

Internet aurait peut-être son rôle à jouer dans la propagation de ces maux, selon un article du Guardian, qui explique que la trypophobie serait surtout une phobie socialement contagieuse, comme d’autres avant elle.

Prenez la maladie des Morgellons, cette affection cutanée restée longtemps inexpliquée, et qui s’est répandue à partir des États-Unis à compter de 2002. Des dizaines de milliers de personnes dans le monde se sont grattées, auscultées et triturées, pensant avoir attrapé cette maladie, qui s’avéra être en définitive une sorte «d’hallucination collective», un syndrome collectif d’origine psychogène.

À l’instar de la maladie des Morgellons, la trypophobie s’est surtout propagée via les réseaux sociaux. Alors, la phobie des trous est-elle, elle aussi, un produit du monde numérique?

http://www.slate.fr/

Que voyez-vous sur ces images : des objets ou des animaux ?


Intéressant, nous sommes influencés sur notre mode de vie, notre perception des images peut donc refléter notre environnement. Même si j’habite en ville, et ne sors pas vraiment en dehors de la ville, il semble que je sois toujours en contact avec la nature …
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Que voyez-vous sur ces images : des objets ou des animaux ?

Voyez-vous des objets ou des animaux sur ces images ? © Ahamed Miflah Hussain Ismail

Voyez-vous des objets ou des animaux sur ces images ? © Ahamed Miflah Hussain Ismail


Céline Deluzarche
Journaliste

Voyez-vous sur ces images un cheval ou une table ? Un éléphant ou un canapé ? Un crabe ou un trousseau de clés ? Si vous avez répondu la seconde proposition, c’est que vous êtes lourdement influencé par votre mode de vie.

Une étude parue dans la revue Proceedings of the Royal Society B s’est penchée sur l’influence de notre environnement sur notre perception des choses. Les chercheurs ont créé des images hybrides superposant des objets fabriqués (maison, voitures, meubles…) et des êtres naturels (animaux et fleurs). Ils ont ensuite soumis ces images à plusieurs volontaires vivant en ville en faisant varier l’intensité de chaque superposition, afin de détecter le seuil de sensibilité à partir duquel on commence à voir une image plutôt que l’autre.

« Chez la plupart des participants, il y a clairement un biais positif envers les images d’objets, spécialement lorsqu’ils sont gros », rapportent les auteurs.

D’après ces derniers, ce biais provient de l’influence de notre environnement quotidien, qui fait que nous avons tendance à interpréter des images comme des objets qui nous sont familiers, comme les voitures ou les maisons que nous croisons au quotidien. Il est d’ailleurs probable que ce biais se renforce au fur et à mesure que nos sociétés vivent dans des milieux de plus en plus humanisés et de moins en moins au contact de la nature, concluent les chercheurs.

La prochaine fois que vous voyez un tuyau d’arrosage dans le jardin, méfiez-vous : c’est peut-être un serpent.

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Anxiété, chômage et addictions: ce qui attend les victimes de fusillades sur le long terme


Lors des fusillades ont parle beaucoup des tueurs et de ceux qui sont mort. Alors qu’on n’entend pas parler de ceux qui ont survécu. Aux États-Unis, en 2017, près de 40.000 personnes ont été tuées par balle. Probablement, qu’il y aurait encore plus de blessés que de morts, c’est beaucoup pour un pays qui tienne tellement fort à leurs armes supposément pour les protégés. Les survivants même légèrement blessés risque de souffrir pendant des années des séquelles physiques et aussi psychologiques.
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Anxiété, chômage et addictions: ce qui attend les victimes de fusillades sur le long terme


Il est temps de s'intéresser à la souffrance des victimes de blessures par balle ayant survécu. | Hailey Kean via Unsplash

Il est temps de s’intéresser à la souffrance des victimes de blessures par balle ayant survécu. | Hailey Kean via Unsplash

Repéré par Odile Romelot

Repéré sur Washington Post

Longtemps après la guérison de leurs blessures physiques, les victimes de fusillades continuent de souffrir de séquelles mentales.

Des chercheurs américains se sont intéressés à un sujet qui passe souvent inaperçu: les séquelles mentales des fusillades sur les victimes. Chômage, toxicomanie et syndrome de stress post-traumatique sont observés dans une bien plus grande mesure chez les survivant·es d’une fusillade, jusqu’à plusieurs années après les faits.

Les auteurs de l’étude, des chirurgiens traumatologues de l’Université de Rochester, observent qu’«en ce qui concerne les armes à feu, nous, en tant que société et en tant que chercheurs, accordons beaucoup d’attention aux décès. C’est sur cela que se concentre souvent l’indignation du public».

Et cela se fait au détriment des blessé·es, même léger·es, dont la santé mentale fait rarement l’objet d’un suivi médical ou psychologique.

«Nous avons découvert que ces patients ont des problèmes de santé physique et mentale à long terme qui ne disparaissent pas avec le temps», explique Michael Vella, l’un des auteurs.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont chaque année concernées.

Des victimes oubliées

Rien qu’en 2017, près de 40.000 personnes ont été tuées par balle aux États-Unis. Il est difficile d’estimer le nombre de blessé·es, mais il serait largement supérieur à celui des morts. Autant d’individus dont on ne parle pas souvent au niveau politique et rarement dans la sphère médicale ou médiatique.

Les chercheurs ont donc procédé à un examen des dossiers des 3.088 patient·es blessé·es par balle conduit·es au centre de traumatologie de l’université de Philadelphie ces dix dernières années. Parmi les survivant·es, ils sont parvenus à en retrouver 183 qui ont accepté de participer à l’étude en comparant leur vie avant et après le drame.

En analysant les résultats, ils ont constaté que plus de la moitié des patient·es souffraient d’un syndrome de stress post-traumatique. Parmi celles et ceux qui n’avaient subi que des blessures légères, au moins 33% étaient concerné·es par ce syndrome.

«Il s’agit de patients que nous congédions des urgences et que nous renvoyons dehors, souvent sans suivi ni évaluation des blessures mentales à long terme auxquelles ils peuvent être confrontés au cours des mois suivants», déplore Michael Vella.

Deux biais existent dans cette étude, reconnus par leurs auteurs: l’échantillon des victimes est mince et il est possible que les personnes les plus touchées n’aient pas voulu ou pu s’exprimer sur le sujet.

D’où la nécessité de conduire de plus amples recherches dans ce domaine, longtemps laissé de côté par les médecins du fait de son caractère politique et polémique. Regrettant que la littérature scientifique soit principalement centrée sur les personnes décédées par balle, les chercheurs souhaitent que soient examinées les conséquences à long terme sur les survivant·es, afin que «ce genre d’analyse nous aide à comprendre tout le fardeau de la violence armée».

http://www.slate.fr/

La crise de la quarantaine existe-t-elle vraiment ?


Je ne sais pas si la crise de quarantaine existe vraiment, il est vrai que cette période peut être un tournant dans la vie qui n’est pas nécessairement négative. Cependant, on nous parle tellement de cette crise que je me demande si parfois elle n’est pas tout simplement psychologique.
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La crise de la quarantaine existe-t-elle vraiment ?


Sam Wordley/Shutterstock.com

Dans l’imaginaire collectif, le cap de la quarantaine marquerait un basculement voire la survenue d’une crise présentée comme inéluctable… De quoi parle-t-on ? S’agit-il vraiment d’une « crise » ou simplement d’une étape de la vie ?

Tentatives de réponses.

En premier lieu, « l’expression crise de la quarantaine n’est pas bien nommée », à en croire la psychologue Valérie P. « Il serait préférable de parler de crise de milieu de vie », comme l’appellent d’ailleurs les Anglo-Saxons : « midlife crisis ».

Mais encore faut-il qu’il y ait crise ?

« Cet âge est certes le moment d’un bilan personnel comme professionnel car on éprouve la sensation de basculer vers une autre tranche de vie. Et donc de s’interroger : qu’ai-je accompli jusqu’ici ? Et maintenant, quels sont mes objectifs ? Ce questionnement et le changement de cap qui peut l’accompagner ne correspondent pas à une crise s’ils sont mûrement réfléchis ». En revanche, « c’en est une lorsque le changement en question intervient subitement et qu’il est incompréhensible pour l’entourage ».

Davantage d’expérience

Quelques chercheurs ont étudié le phénomène. A l’Université d’Arizona de Tucson, le psychologue David Almeida s’est penché sur les « facteurs de stress multiples », à cette période de la vie ? Peuvent-ils générer une crise ?

« Non, au contraire. Globalement, ils apparaissent mieux gérés avec l’expérience voire considérés comme autant de challenges », souligne-t-il.

Susan Krauss Whitbourne, sa consœur de l’Université du Massachusetts à Amherst a mis en avant les bienfaits d’un changement préalable de travail. Par exemple, vers la trentaine. Il serait en quelque sorte un élément protecteur contre une éventuelle crise de milieu de vie.

« Car les personnes n’ont pas l’impression d’être bloqués dans leur travail, dans leur vie », lance-t-elle.

Dans tous les cas et à l’image Sherry L. Willis, professeur en développement humain à l’Université de l’Etat de de Pennsylvanie, de nombreux scientifiques appellent à la réalisation d’études sur ce « milieu de vie. On s’intéresse beaucoup aux capacités cognitives des bébés et des enfants puis à celle des aînés. Mais bien trop peu à l’entre deux », conclut-elle.

  • Source : American psychological Association, site consulté le 13 novembre 2019 – Interview Valérie P., psychologue,
  • Ecrit par : David Picot – Edité par : Dominique Salomon

https://destinationsante.com/

Les films d’horreur activent notre cerveau primitif


J’aime bien les films d’horreurs en autant que cela ne soit pas des démembrements et du sang pendant presque tout le film. J’aime les films qui peuvent faire sursauter avec un bon suspens. D’abord, parce que l’on sait que cela n’est pas réel, que notre vie n’est pas en danger, on peut bien sentir l’adrénaline, la peur, l’inquiétude le temps d’un film.
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Les films d’horreur activent notre cerveau primitif


(Montréal) Dans la franchise Saw (Décadence), le tueur au Puzzle contraint ses victimes à poser des gestes inimaginables pour tenter de survivre.

JEAN-BENOIT LEGAULT
LA PRESSE CANADIENNE

On ne veut surtout pas entrer dans les détails, mais les scènes d’horreur, de torture et d’automutilation qu’on y présente n’auront rien de divertissantes aux yeux de millions de personnes.

Des millions d’autres, en revanche, en redemandent et la franchise fait courir les foules. Elle compte maintenant huit titres et un neuvième est prévu pour 2020. Leurs recettes mondiales au guichet frisent le milliard de dollars américains depuis que le premier film est apparu sur les écrans en 2004.

Et on ne parle ici que d’une seule franchise. On ne parle même pas des légendaires Jason Voorhees, Freddy Krueger, Chucky et Michael Myers, pour ne nommer que ceux-là, qui ont à leur actif des dizaines de films, d’innombrables victimes… et évidemment, des centaines de millions de dollars en revenus.

Force est donc de conclure que pour certains, peur et plaisir sont intimement reliés.

« Dans un film d’horreur, c’est vraiment rare que les gens vont faire autre chose en même temps, a expliqué la professeure Marie-France Marin, du département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal. On est complètement absorbés par l’action. Jusqu’à un certain point, tu perds un peu la notion de je suis où, quelle heure il est, quel jour nous sommes, et ça ça fait du bien de temps en temps au cerveau. »

Au fil du temps, et surtout de l’évolution, notre cerveau a appris à consacrer toute son attention au danger auquel il fait face s’il veut survivre. À une certaine époque, c’était le tigre aux dents de sabre qui venait d’apparaître à quelques mètres de là ; aujourd’hui, ce sont Jason et sa machette dégoulinante de sang.

« Les émotions comme la peur et les réponses physiologiques comme le stress nous ont toujours servis, a dit Mme Marin. Dans le fond, ça a permis à nos ancêtres de survivre assez longtemps aux menaces pour avoir la chance de passer leurs gènes à la génération suivante. Puisque ces caractéristiques-là ont si bien servi la survie de l’espèce, ça a été conservé de génération en génération. »

Hypervigilance

Il est donc impossible de regarder un film d’horreur de manière distraite, a ajouté Mme Marin. Notre cerveau ne nous laissera pas divaguer, aller ailleurs, réfléchir à cette rencontre avec notre patron demain ou planifier l’épicerie du week-end.

Cet état d’hypervigilance permet à plusieurs de décrocher complètement, d’éviter la rumination des derniers jours ou l’anticipation des prochains, d’où l’intérêt qu’ils y trouvent.

« En étant dans cet état-là, on est 100 % dedans, a dit la chercheure. On est vraiment complètement centrés sur ce qui est en train de se passer. Donc ça peut être bien aussi, les gens qui ont tendance à toujours avoir le hamster qui roule, ben c’est un moment où on donne une pause au cerveau, on est 100 % dans l’émotion, dans le moment. »

Et il y a plus : dans cet état d’hypervigilance, l’adrénaline coule à flots, le cœur bat à tout rompre et tous nos sens sont augmentés pour assurer notre survie. Tout cet « éveil physiologique » peut être très plaisant à explorer en toute sécurité.

« Il y a aussi des endorphines parce qu’une fois que c’est terminé […], on se sent mieux, des endorphines sont libérées et les endorphines on le sait, on les appelle les hormones du plaisir, donc ça peut devenir “addictive”, a expliqué Mme Marin. On peut avoir le goût de retourner et de vivre cette émotion-là. »

Mais ultimement, le cerveau n’est pas dupe. Il sait très bien que le danger n’est pas réel et qu’il peut s’extraire de la situation à tout moment, si cela devient insupportable.

« Le film, jusqu’à un certain point, oui on a peur, mais on sait qu’on peut quitter à n’importe quel moment, donc il y a un contrôle par rapport à ça, a conclu Mme Marin. Dans le fond, on est au courant que l’émotion qui est vécue n’est pas dommageable parce qu’on sait qu’il va y avoir une fin, on sait que c’est contrôlé, on sait que ce n’est pas vrai, on sait que c’est de l’imaginaire, donc le cerveau se permet un peu ce luxe-là. »

https://www.lapresse.ca/

Aux États-Unis, l’hypnose est encore utilisée pour condamner les criminels


L’hypnose n’est peut-être pas la meilleure façon pour régler les enquêtes criminelles, mais elle semble être beaucoup utilisées aux États-Unis, notamment dans les états ou la peine de mort est toujours en place. L’hypnose, ne serait si fiable qu’on le prétend, par la vulnérabilité d’implanter de faux souvenirs ou omettre plus de détails. Enfin bref, cette méthode serait susceptible d’envoyer des innocent en prison ou pire à la mort.
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Aux États-Unis, l’hypnose est encore utilisée pour condamner les criminels

Sur les dix-sept États américains admettant les témoignages induits par hypnose, dix autorisent encore la peine de mort. | Matthew Ansley via Unsplash

Sur les dix-sept États américains admettant les témoignages induits par hypnose, dix autorisent encore la peine de mort. | Matthew Ansley via Unsplash

Repéré par Mathilda Hautbois

Repéré sur The Guardian

Malgré de sérieux doutes sur sa validité scientifique, la méthode sert toujours à envoyer des gens dans le couloir de la mort.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les forces de l’ordre américaines et les services de renseignement ont recours à l’hypnose dans le cadre d’enquêtes criminelles.

En juillet 1976, un article faisait la une du New York Times, annonçant qu’un conducteur d’autobus enterré vivant s’était souvenu sous hypnose du numéro de plaque d’immatriculation de ses ravisseurs en Californie. Cette affaire a popularisé la méthode et a mené les services de police à l’utiliser à travers tout le pays.

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, la police effectuait en moyenne plus de cent séances d’hypnose par an à Los Angeles. Le chef du programme d’hypnose des forces de l’ordre de la ville a affirmé que les trois quarts d’entre elles ont fourni des informations utiles à la résolution des affaires.

Selon les partisan·es de l’hypnose, elle permet aux victimes et aux témoins de se rappeler d’événements traumatisants avec plus de clarté, en les détachant des émotions qui troublent le souvenir.

Aux États-Unis, treize États autorisent encore les témoignages induits par hypnose si celle-ci est réalisée conformément à certaines directives et quatre autres États les admettent sans condition. Sur ces dix-sept États, dix ont également des lois sur la peine capitale, ce qui signifie qu’ils peuvent potentiellement infliger la mort à des personnes innocentes.

Fiabilité contestée

Au cours des dernières décennies, la validité scientifique de l’hypnose a en effet été remise en question par des expert·es étudiant le fonctionnement de la mémoire, en particulier dans les interrogatoires policiers et les salles d’audience.

«L’ampleur de l’erreur scientifique en matière de criminalistique est époustouflante», a assuré l’avocat Ben Wolff au Guardian.

À mesure que l’hypnose s’est répandue dans le domaine judiciaire, ses faiblesses sont devenues plus évidentes et c’est ainsi qu’est apparu «un changement d’attitude» à son égard chez les juristes et les psychologues, note le Dr. Steven Lynn, expert en hypnose.

Une étude menée en 1983 à l’université Concordia de Montréal a révélé que les sujets hypnotisés ont tendance à être particulièrement vulnérables à l’implantation de faux souvenirs.

En 2006, un autre travail de recherche a exploré les souvenirs d’individus après la mort de la princesse Diana et a constaté que les personnes sous hypnose omettaient plus de détails et se souvenaient moins bien que celles qui ne l’étaient pas.

Au cours des deux dernières décennies, des États américains ont bloqué ou restreint l’utilisation de l’hypnose, mais l’interdiction de cette méthode soulève la nécessité d’un réexamen plus large de la manière dont la police et les procureurs peuvent influencer la mémoire des témoins et des suspect·es.

http://www.slate.fr