Partagez une limonade par Internet


Transmettre le goût d’une boisson via Internet, semble maintenant possible. Cependant, c’est le cerveau qui capte le goût quand il boit son eau dans une tasse spéciale recevoir l’information de la saveur via Bluetooth
Nuage

 

Partagez une limonade par Internet

Des scientifiques ont trouvé le moyen de partager le goût d’une limonade par Internet.

(CCM) — Décidément, le futur c’était mieux avant. Nous n’avons toujours pas de voitures volantes et la téléportation est encore du domaine de la science-fiction. Enfin sauf pour la limonade, car des chercheurs japonais et singapouriens du CUTE Center Lab ont trouvé un moyen de transmettre le goût de la limonade par Internet. D’accord, ce n’est pas vraiment de la téléportation mais on s’en contentera.

Concrètement, on trouve d’un côté un émetteur équipé d’un senseur que l’on plonge dans l’eau. Ce senseur analyse le PH et la couleur de la limonade. L’émetteur transmet via Internet une version digitale du goût du liquide au récepteur, une sorte de tasse transparente connectée en Bluetooth. La tasse, remplie d’eau plate, utilise des LEDs pour simuler la couleur et c’est une stimulation électrique qui va donner l’impression de changement de goût. La vidéo ci-dessous (en anglais) détaille le concept.

Entrez la légende de la vidéo ici

Bien entendu, la tasse ne transformera pas l’eau en limonade, mais votre cerveau le croira, en raison des stimulis électriques. C’est vrai, cela tient plus du tour de passe-passe mais il faut avouer que cette technologie est vraiment très étonnante. Et qui sait, demain on parviendra peut-être à lui trouver une utilisation intéressante ?

Photo : © Wiktory – Shutterstock.com

http://www.commentcamarche.net

À quoi ressembleraient les cris de dinosaures et de monstres des films dans la réalité?


Quoique les paléontologistes ne savent pas vraiment quelques sortes de cris faisaient les dinosaures quand ils chassaient, les films comme Jurassic Park ont pour but de montrer les dinosaures comme sanguinaires, les cris faits avec des bruitages sont pour donner le sentiment de peur, d’urgence de fuir
Nuage

 

À quoi ressembleraient les cris de dinosaures et de monstres des films dans la réalité?

Entrez la légende de la vidéo ici

Repéré par Vincent Manilève

Repéré sur YouTube

Les films ne sont pas scientifiquement pertinents, ils privilégient la peur à véhiculer aux téléspectateurs.

Lorsque l’on a grandi avec les films Jurassic Park, certains sons provoquent immédiatement en nous une sensation de terreur. Difficile ainsi d’oublier les cris de vélociraptors, annonciateurs d’un danger imminent pour les héros de la quadrilogie. Mais ces cris sont-ils authentiques, les dinosaures du  émettaient-ils vraiment ce genre de sons terrifiants? Pas vraiment, si l’on en croit une vidéo du site The Verge, qui a enquêté sur la véracité des sons émis par les dinosaures et autres monstres imaginaires (comme King Kong) dans les films. Alessandra Potenza apporte une réponse en deux-temps.

Tout d’abord, il faut savoir que les cinéastes ne cherchent pas à être scientifiquement parfaits quand ils tournent un film.

«Nous savons que nous ne faisons pas un documentaire», explique le docteur Stuart Sumida, paléontologiste qui a travaillé sur le film Kong: Skull Island.

En fait, ce qui compte, c’est que le monstre en entier s’intègre dans le monde créé autour de lui. Dans le cas de Kong, les reptiles géants ont des cris terrifiants parce qu’ils représentent le mal, la violence.

Entrez la légende de la vidéo ici

Le cas des dinosaures de Jurassic Park est légèrement différent puis que ces animaux ont existé (mais pas toujours sous la forme que l’on croit, comme les vélociraptors), même si des choses irréalistes subsistent: aucun prédateur ne crie lorsqu’il chasse, ce que l’on voit pourtant avec le T-Rex et ses petits camarades. Il est important de se rappeler que les paléontologistes n’ont aucune trace d’organes vocaux des dinosaures, et donc qu’il est très difficile de cerner les bruits qu’ils produisaient.

«Pour trouver des indices, les scientifiques ont cherché du côté des animaux vivants les plus proches des dinosaures, les oiseaux et la famille des crocodiles», explique la journaliste.

Les autruches font des sons dans une fréquence basse, tout comme les crocodiles, ce qui est différent en soi des sons beaucoup plus stridents et aigus que l’on entend dans Jurassic Park. Bien sûr, tous les dinosaures sont différents, mais la prochaine fois qu’un film de monstres vous effraie, n’oubliez pas qu’il ne s’agit que d’une histoire de bruitages. 

http://www.slate.fr

Le cuir d’ananas, l’invention végane qui sauve la peau des animaux


Des accessoires en cuir de feuilles d’ananas est possible. Cela ressemble à s’y méprendre au cuir animal et serait moins dommageable par sa fabrication pour l’environnement et les personnes qui y travaillent
Nuage

 

Le cuir d’ananas, l’invention végane qui sauve la peau des animaux

 

Le cuir d'ananas est produit par l'entreprise Pinatex

Le cuir d’ananas est produit par l’entreprise Pinatex — Screenshot Youtube.com

NATURE La jeune entreprise Piñatex, aux Philippines, fabrique du cuir à partir de feuilles d’ananas pour le prêt-à-porter. Une solution salvatrice pour les bovins et l’environnement…

Une bonne nouvelle pour les végétariens… et pour les bovins. Il faut le reconnaître aux véganes, bien que leur mode de vie sans viande, lait, œufs, cuir et laine soit stricte, ils fourmillent d’idées pour remplacer ce qui aurait pu leur manquer. Ainsi, la créatrice de Piñatex Carmen Hijosa, qui a pourtant travaillé longtemps dans l’industrie du cuir animal, fabrique à présent du cuir issu des feuilles de l’ananas.​

 

Bien que l’entreprise Piñatex, qui se trouve aux Philippines, soit la première connue à ce jour pour vendre du cuir d’ananas, la technique ne date pas d’hier. Dans l’archipel océanique, on utilisait déjà la verdure de ce fuit pour fabriquer des accessoires féminins au 16e. C’est de cet artisanat que Carmen Hijosa s’est inspirée : elle extrait les fibres des feuilles d’ananas pour en faire un tissu robuste dont les nervures ressemblent à s’y méprendre à du cuir animal. 480 feuilles (soit environ 16 ananas) sont nécessaires pour fabriquer un mètre carré de textile qui pourra un jour servir à fabriquer des sacs à main, vestes et chaussures.

Fibre d'ananas issue des feuilles et qui forme le cuir

Fibre d’ananas issue des feuilles et qui forme le cuir – Screenshot Youtube.com

Bénéfique aux animaux, le cuir d’ananas est également bon pour l’environnement.

Car « les processus de tannage [des animaux] et de production ont des effets néfastes sur l’environnement, ainsi que sur le bien-être des animaux et des personnes impliquées », explique la créatrice à PlayGround Magazine.

Plus de raisons de faire la peau aux animaux.

http://www.20minutes.fr/

Nouveau système d’alertes cellulaires pour prévenir les Canadiens en danger


C’est une bonne nouvelle, mais ce n’est pas tous les téléphones qui recevront cette alerte d’urgence pour le moment et c’est bien dommage quand on pense que cela pourrait aider, et même sauver des vies
Nuage

 

Nouveau système d’alertes cellulaires pour prévenir les Canadiens en danger

 

En septembre dernier, une alerte ciblée a été envoyée à des New-Yorkais pour les avertir de la présence d’un colis suspect. Un système d’alertes similaire sera implanté au Canada, a annoncé le CRTC.

PHOTO MARIA SANMINIATELLI, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

TRISTAN PÉLOQUIN
La Presse

Les services d’urgence canadiens pourront d’ici un an diffuser des alertes ciblées sur les téléphones cellulaires des personnes qui se trouvent dans une zone où leur vie est en danger, a annoncé hier le CRTC.

 

En cas de danger imminent, les autorités fédérales et provinciales pourront diffuser une alerte sonore qui retentira simultanément sur les téléphones de toutes les personnes qui se trouvent dans un secteur choisi. La tonalité d’alerte sera identique à celle qui est diffusée à la télé ou à la radio lorsqu’une alerte AMBER est déclenchée, par exemple. Une bannière bilingue avec un message court apparaîtra alors sur l’écran de l’appareil, et une vibration au rythme particulier sera déclenchée.

Une technologie semblable existe depuis 2012 aux États-Unis, où elle est largement utilisée par le National Weather Service pour avertir lorsqu’une tornade frappe un secteur. Au lendemain de la tempête lors de laquelle 300 voitures sont restées coincées sur l’autoroute 13, en mars dernier, le premier ministre Philippe Couillard avait indiqué qu’il aurait été souhaitable d’utiliser ce genre de technologie pour informer les personnes de l’évolution de la situation.

«Ça diminue l’anxiété et l’angoisse des gens », avait-il dit.

UNE « BONNE NOUVELLE »

Le CRTC menait déjà depuis plusieurs mois une étude sur les différentes technologies disponibles. Celle qui a été choisie, testée par la division de recherche de la Défense nationale et par Bell Mobilité, n’est pas compatible avec tous les téléphones cellulaires activés. Il faut avoir un appareil LTE récent pour qu’elle fonctionne.

« C’est dommage, parce qu’il faudra attendre plusieurs années avant qu’elle rejoigne tous les Canadiens », se désole Dan McArthur, responsable d’une centrale nucléaire ontarienne qui militait en faveur d’une technologie utilisant de simples messages textes.

Cette solution permettait aussi de cibler avec précision des personnes se trouvant dans un périmètre très précis.

« L’annonce du CRTC demeure une très bonne nouvelle en termes de sécurité », ajoute M. McArthur.

http://www.lapresse.ca

Une technique pour rendre potable l’eau de mer


Une technologie qui pourrait venir en aide à des millions de personnes qui n’ont d’eau potable. Une technique qui dessalerait l’eau de mer en eau potable … Cela sauverait beaucoup de vie
Nuage

 

Une technique pour rendre potable l’eau de mer

 

Photo : iStock

Des membranes d’oxyde de graphène permettent de filtrer le sel de l’eau de mer, et la rendre ainsi potable et propre à la consommation humaine, affirment des chercheurs britanniques.

Un texte d’Alain Labelle

Cette percée pourrait conduire à la mise au point d’une technologie de dessalement abordable et fournir de l’eau potable à des millions de personnes qui n’y ont pas accès.

Les membranes ont été développées au National Graphene Institute de l’Université de Manchester, au Royaume-Uni. Auparavant, les membranes d’oxyde de graphène avaient montré de bonnes capacités pour la séparation des gaz et la filtration de l’eau, entre autres pour filtrer les petites nanoparticules, les molécules organiques et même le gros sel dans l’eau. Jusque-là cependant, elles ne pouvaient pas être utilisées pour filtrer le sel de l’eau de mer, une opération qui nécessite de plus petits tamis.

Représentation d’une membrane de graphène   Photo : Université de Manchester

Le groupe de recherche britannique a développé une technologie qui permet d’éviter le gonflement des membranes lorsqu’elles sont exposées à l’eau

Ainsi, la taille des pores de ces membranes peut être contrôlée avec précision, ce qui permet de tamiser les sels communs à partir d’eau salée.

D’autres travaux menés par la même équipe avaient révélé que, lorsqu’elles sont immergées dans l’eau, les membranes d’oxyde de graphène se gonflent légèrement et laissent passer de plus petits sels, mais bloquent les plus gros.

La création de membranes évolutives avec une taille de pore uniforme jusqu’à l’échelle atomique est une percée importante qui ouvre de nouvelles possibilités pour améliorer l’efficacité des technologies de dessalement.

Pr Rahul Nair, Université de Manchester

D’ici 2025, l’ONU s’attend à ce que 14 % de la population mondiale manque d’eau potable. Cette technologie pourrait donc révolutionner la filtration de l’eau dans le monde, en particulier dans les pays qui ne peuvent pas se permettre des installations de dessalement à grande échelle.

Le détail de cette découverte est publié dans la revue Nature Nanotechnology

http://ici.radio-canada.ca

Des experts se questionnent sur les droits et limites de l’utilisation des robots


On se croirait dans le film Robot, quelles sont les lois que l’on doit accorder au robot. Peuvent-ils prendre des décisions d’ordre moral ? Doit-on laisser l’intelligence artificielle agir où s’en remettre seulement à l’être humain ?
Nuage

 

Des experts se questionnent sur les droits et limites de l’utilisation des robots

 

L'humain est de plus en plus transformé par les technologies.

L’humain est de plus en plus transformé par les technologies. Photo : iStock

Quels droits les robots doivent-ils avoir? Qui est responsable des actions d’une machine autonome : son fabricant ou son propriétaire? Des experts se penchent sur ces questions, rendues pressantes par les récents développements technologiques.

Un texte de David Savoie aux Années lumière

Des participants du monde entier, dont des roboticiens, des philosophes et des ingénieurs, étaient réunis à l’Université Laval à Québec, cette semaine, pour discuter des robots et de tout ce que représente leur présence dans notre société.

Ici, pas question de robots tueurs, ceux qui pourraient soumettre l’humanité à l’esclavage ou l’annihiler, comme dans le cas des films hollywoodiens. Mais plutôt de considérations assez terre à terre : voitures autonomes, intelligence artificielle et robots utilisés dans des maisons de retraite comme compagnons pour aînés.

Les intervenants ne manquent pas d’exemples pour démontrer l’urgence de se doter de règles pour encadrer les robots, leur conception et leur statut.

Par exemple, le cas de véhicules autonomes, développés en ce moment par des compagnies comme Google et Uber. Que doivent faire les véhicules devant la possibilité d’un accident? Comment la machine peut-elle trancher lorsque des vies doivent être préservées? Cette décision devrait-elle reposer sur des humains plutôt que sur un automate?

Des machines au statut moral?

« Il y a une pression à trouver une solution face à ces problèmes », soutient Tomislav Bracanovic, professeur de philosophie des sciences et de l’éthique de l’Université de Zagreb, en Croatie.

Il n’y a pas d’encadrement comme c’est le cas dans d’autres disciplines académiques ou scientifiques, comme la médecine. Pourtant, la robotique pourrait avoir des impacts sérieux sur les êtres humains.

Tomislav Bracanovic, professeur de philosophie des sciences et de l’éthique à l’Université de Zagreb

Pour le philosophe, la robotique, particulièrement la biorobotique, est si avancée qu’elle porte la promesse de créer des êtres qui seront similaires à l’humain à plusieurs égards, ou même supérieurs à l’homme.

« C’est important : comment allons-nous traiter ces êtres et doivent-ils avoir un statut moral ou des droits pour éviter les abus? »

D’autres aspects ont aussi été évoqués durant les discussions, entre autres la question juridique. Charles-Étienne Daniel, doctorant en droit à l’Université de Sherbrooke, s’intéresse à la question de la robotique, un domaine où les lois canadiennes paraissent peu adaptées.

« Sur le plan du droit réglementaire, est-ce qu’on doit élaborer des catégories spécifiques à la robotique? Est-ce qu’on doit prévoir les différents risques qui peuvent se poser, comment ces cadres-là vont se mettre en place? » se demande-t-il.

Ces échanges entre des roboticiens, des ingénieurs et des philosophes constituent les débuts d’un dialogue entre les disciplines, selon Alexandre Pitti, qui est roboticien et maître de conférence à l’Université Cergy-Pontoise, en France.

Une voiture autonome est testée à Pittsburgh.

Une voiture autonome est testée à Pittsburgh. Photo : La Presse canadienne/Jared Wickerham

Une première mondiale

Un robot doit-il être soumis aux trois lois de la robotique, ces règles inventées par l’auteur de science-fiction Isaac Asimov, dans les années 40?

« Ce sont de vraies questions, parce que les robots, on est en train de les programmer, donc sur un plan pratique, il est important de penser les normes d’actions sociales et les régulations sociales », estime Marie-Hélène Parizeau, professeure de philosophie à l’Université Laval et organisatrice du colloque.

Elle est également la présidente de la Commission mondiale de l’éthique des connaissances scientifiques et des technologies (COMEST) de l’UNESCO. À l’issue de ces discussions, le comité va déposer un rapport en septembre au sujet de l’éthique des robots, qui sera remis aux États membres de l’UNESCO.

Une éthique pour les machines?

C’est une des questions qui est revenue régulièrement dans les discussions : comment établir la responsabilité juridique des machines, et comment un robot peut prendre une décision aux conséquences morales?

Plutôt que de s’attaquer de front à cette épineuse question, la professeure en ingénierie électrique de l’Université de Tel-Aviv Hagit Messer-Yaron propose de contourner le problème avec une charte qui vise à restreindre les décisions que pourraient prendre des machines. Une solution imparfaite, concède-t-elle, mais une approche pragmatique qui pourrait être mise en place rapidement.

La charte qu’elle propose couvrirait l’ensemble des situations : certains moments où la machine suit les algorithmes déterministes qui font partie de son programme, alors que dans d’autres circonstances – par exemple lorsqu’il est question de vie ou de mort – la machine ne prendrait pas de décisions, un être humain serait en charge de le faire. Et enfin, le robot décidera d’éléments avec peu ou moins d’impacts sur l’homme, comme le chemin le plus court à prendre, par exemple.

Selon elle, cela éviterait de devoir tenter de programmer les machines en fonction de critères moraux.

« Les décisions reposeraient sur des codes moraux qui existent déjà pour les hommes. Cette solution pourrait servir de cadre aux débats actuels à ce sujet », fait-elle valoir. « Je suis une ingénieure, je cherche une solution pratique », dit-elle en riant.

http://ici.radio-canada.ca/

L’emballage alimentaire de demain


Un nouvel emballage alimentaire qui a tout pour être intéressant développé par des étudiantes à l’École Polytechnique de Montréal. Il est biodégradable, conserve les aliments plus longtemps et serait antibactérien contre des bactéries telles que E. coli, salmonella, listeria, staphylocoque. De plus, grâce à cet emballage, il y aura sans doute moins de gaspillage
Nuage

 

L’emballage alimentaire de demain

 

Le bioplastique produit dans un laboratoire de Polytechnique

Le bioplastique produit dans un laboratoire de Polytechnique Photo : Radio-Canada/Charles Contant

Des emballages moins polluants et capables de conserver les aliments plus longtemps. Voilà la petite révolution écologique que fomentent, dans leur laboratoire, deux ingénieures en génie chimique de Montréal.

Un texte de Jean François Bouthillette, des Années lumière

À première vue, cette pellicule transparente n’a rien de spécial. Souple, mince, elle fait le même son qu’un sac de plastique ordinaire quand on la manipule.

Mais ce bioplastique à base de chitosan, un produit tiré des carapaces de crustacés, est plein de promesses. Beaucoup moins polluant à produire et biodégradable, il est aussi capable de tuer les bactéries dangereuses et de prolonger la durée de vie des aliments.

En laboratoire, les chercheuses ont pu démontrer que la viande emballée dans leur film de chitosan pouvait être conservée une semaine de plus que dans un emballage ordinaire.

Ce qui empêche le produit de se conserver longtemps, c’est le développement de bactéries. Donc si on arrive à éliminer les bactéries, on augmente la durée de conservation. C’est exactement ce que fait ce bioplastique. Mounia Arkoun, finissante au doctorat en génie chimique à l’École polytechnique de Montréal

Mounia Arkoun, finissante au doctorat en génie chimique à l’École polytechnique de Montréal

Mounia Arkoun, finissante au doctorat en génie chimique à l’École polytechnique de Montréal Photo : Radio-Canada/Charles Contant

Cet emballage du futur est le fruit du travail de deux étudiantes au doctorat en génie chimique de l’École polytechnique de Montréal, Nury Ardila et Mounia Arkoun. Leurs recherches se poursuivent. Elles s’apprêtent à mesurer l’effet de leur ChitoPack – c’est le nom qu’elles lui ont donné – sur d’autres aliments comme le lait, les fruits et le fromage. Elles tentent aussi d’améliorer certaines propriétés mécaniques du bioplastique, comme sa résistance.

L’industrie alimentaire est très intéressée, évidemment. Mais au-delà des profits liés à une meilleure conservation, le ChitoPack présente aussi un grand intérêt pour la santé et l’environnement.

Avec notre emballage, on peut éviter des maladies, en tuant les bactéries comme la salmonella ou l’E. coli. Et aider à diminuer la pollution par les plastiques qui ne sont pas biodégradables. Nury Ardila, finissante au doctorat en génie chimique à l’École polytechnique de Montréal

La pellicule de chitosan est « active » : sa composition chimique lui permet d’éliminer les bactéries qui se développent à la surface des aliments. La viande emballée peut ainsi être conservée une semaine de plus.

La pellicule de chitosan est « active » : sa composition chimique lui permet d’éliminer les bactéries qui se développent à la surface des aliments. La viande emballée peut ainsi être conservée une semaine de plus. Photo : Radio-Canada/Charles Contant

C’est la composition chimique du chitosan qui lui confère ses propriétés antibactériennes. Il s’est montré très efficace pour éliminer des pathogènes parfois présents dans les aliments : E. coli, salmonella, listeria, staphylocoque… Des emballages actifs à base de chitosan pourraient ainsi réduire le nombre de cas d’infection et d’intoxication dus aux aliments contaminés, qui se chiffrent par milliers annuellement au Canada.

Doit-on s’inquiéter d’avaler de ce produit qui interagit avec nos aliments? Non, répondent les chercheuses, qui soulignent que l’innocuité du chitosan est établie depuis longtemps. Si des tests restent à faire, le chitosan ne semble d’ailleurs modifier ni le goût, ni la couleur, ni la texture des aliments.

À base de… carapaces de crevette

Les emballages de plastique ordinaire sont polluants à produire et persistent longtemps dans l’environnement. Le ChitoPack, lui, est beaucoup plus vert. Essentiellement composé de déchets organiques, il a aussi l’avantage d’être biodégradable.

Le chitosan est fait de carapaces de crustacés comme la crevette, réduites en poudre puis traitées pour en éliminer pigments, minéraux et protéines allergènes.

Le chitosan est fait de carapaces de crustacés comme la crevette, réduites en poudre puis traitées pour en éliminer pigments, minéraux et protéines allergènes. Photo : iStock

D’abord, des carapaces de crustacés sont réduites en une poudre : la chitine. C’est le matériau de structure de l’exosquelette de tous les arthropodes.

Des traitements éliminent ensuite pigments, minéraux et protéines responsables des allergies aux fruits de mer, puis rendent cette poudre soluble dans l’acide acétique – du vinaigre. On confectionne alors une solution de chitosan, visqueuse, qui se transforme en pellicule de bioplastique quand on fait s’évaporer l’acide.

Nury Ardila, finissante au doctorat en génie chimique à l’École polytechnique de Montréal

Nury Ardila, finissante au doctorat en génie chimique à l’École polytechnique de Montréal Photo : Radio-Canada/Charles Contant

Lutte contre le gaspillage

C’est là un autre intérêt du ChitoPack qui tient à coeur aux deux chercheuses. Elles soulignent que si le gaspillage alimentaire est un problème à l’échelle mondiale, il est particulièrement présent chez nous, au Canada.

À l’échelle mondiale, environ le tiers des aliments destinés à la consommation humaine sont gaspillés. En prolongeant la durée de conservation des aliments, l’emballage actif pourrait contribuer à régler le problème.

À l’échelle mondiale, environ le tiers des aliments destinés à la consommation humaine sont gaspillés. En prolongeant la durée de conservation des aliments, l’emballage actif pourrait contribuer à régler le problème. Photo : iStock

À l’échelle mondiale, environ le tiers des aliments destinés à la consommation humaine sont gaspillés. C’est 1,3 milliard de tonnes d’aliments perdus par année, dont 20 % de la viande, 30 % des céréales et près de la moitié des fruits et légumes.

Dans les pays industrialisés, le gaspillage alimentaire par les consommateurs équivaut à lui seul à plus de 220 millions de tonnes par année – soit l’équivalent de toute la production alimentaire nette de l’Afrique subsaharienne.

En améliorant la durée de conservation des aliments, des emballages actifs pourraient contribuer à régler le problème.

http://ici.radio-canada.ca