Allergies alimentaires : le compost pose-t-il un risque?


Quand on ne souffre pas d’allergie, ce n’est pas une question qu’on se pose si le compost peut provoquer des réactions allergiques alimentaires. Il semble que grâce à la décomposition les risques sont presque nuls. Cependant manipuler du compost pour son jardin, il est probablement mieux d’agir avec prudence
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Allergies alimentaires : le compost pose-t-il un risque?

 

Un homme tient du compost dans ses mains.

Les plantes n’absorbent pas les allergènes pendant leur croissance. Photo : iStock

Rassurez-vous, les légumes et les fruits qui poussent dans un compost à base de crevettes, d’arachides ou d’œufs ne mettent pas en danger les personnes qui vivent avec des allergies alimentaires. Celles-ci doivent cependant faire preuve de prudence si elles manipulent la matière organique.

Un texte de Daniel Blanchette Pelletier

Les plantes ont besoin d’un sol riche en azote, en phosphore et en potassium pour assurer leur croissance. Combiné à l’engrais, le compost leur procure tous les éléments dont elles ont besoin.

Les matières organiques que l’on retrouve dans le compost sont aussi nombreuses que diversifiées. Elles comprennent parfois des crevettes, des œufs et même des arachides. Le compost de crevettes, par exemple, est riche en azote. Celui à base d’œuf apporte du calcium à la plante et tempère l’acidité du sol.

Ces aliments, potentiellement mortels pour les personnes vivant avec des allergies, présentent toutefois très peu de risque en se retrouvant dans le compost.

« Les risques qu’il y ait des teneurs suffisantes pour déclencher une allergie sont somme toute relativement faibles », souligne la chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki, Louise Hénault-Ethier.

Les réactions allergiques sont causées par une protéine à l’intérieur d’un aliment. Aucune étude scientifique ne porte spécifiquement sur la survie des protéines allergènes à l’intérieur des composts. On sait toutefois que le processus décompose les protéines.

« Le compostage brise les longues chaînes composées de carbone et d’une série d’acides aminés d’une protéine en plus petits morceaux, explique Louise Hénault-Ethier. Ces petites molécules élémentaires, comme le CO2, le H2O et le NH4, sont les différents nutriments de base dont se nourrissent les plantes. »

« Si la décomposition est complète, et on sait que les protéines se dégradent assez rapidement dans le processus de décomposition, il y a très peu de risque qu’une protéine allergène ait persisté, ou à tout le moins sa concentration va être beaucoup moindre », poursuit-elle.

Le compostage, c’est tellement un milieu hostile que très peu de choses y survivent. Louise Hénault-Ethier, biologiste

La biologiste spécialisée en compostage estime que le risque de passage de l’allergène à l’intérieur de l’aliment est d’autant plus faible que les plantes n’ont pas l’habitude d’absorber des protéines, mais plutôt les nutriments une fois décomposés.

À cela s’ajoute le mélange du compost au sol, un « très gros facteur de dilution », estime-t-elle.

Le compost industriel est encore moins risqué que le domestique, ajoute à son tour l’agronome spécialisé en science du sol Maxime Paré.

« La dégradation va être d’autant plus importante dans un compost industriel, fait par les municipalités et les entreprises, parce que dans un processus de maturation industrielle, la température du compost est grandement supérieure à un compost domestique », indique-t-il.

Le risque de la manipulation

 

Manipuler le compost comporte cependant sa part de risque pour les personnes allergiques. Il leur est d’ailleurs suggéré de porter gants et masque en jardinant pour éviter qu’un allergène puisse pénétrer la peau par une plaie ou soit inhalé.

« Le risque, c’est le contact avec le compost qui comporte l’allergène auquel la personne est sensibilisée, mais pas l’aliment en soi. Il est donc recommandé d’utiliser un autre type de compost, sans l’allergène, pour éviter ce risque », estime Catherine Laprise, de la Chaire de recherche du Canada en environnement et génétique des troubles respiratoires et de l’allergie.

Elle rappelle également qu’il faut bien laver les aliments pour s’assurer qu’il ne s’y trouve pas de trace de compost.

« Choisir des légumes ayant une pelure minimise considérablement les risques », résume la chercheure.

Gare aux terrains contaminés!

Les plantes sont connues pour leur capacité à décontaminer les sols en absorbant les polluants qui s’y trouvent.

« Il ne faut pas faire exprès de faire pousser des légumes dans un sol contaminé, mais même avec une faible teneur en contaminants, ce ne sont pas toutes les plantes qui vont nécessairement les absorber », précise Louise Hénault-Ethier.

Certaines plantes hyperaccumulatrices stockent les métaux dans leurs tissus ou leurs graines, comme le tournesol et la moutarde, mais elles demeurent somme toute assez rares, assure la biologiste.

« Le risque de contamination est relativement faible », ajoute-t-elle.

Encore une fois, bien rincer les légumes et les fruits devrait suffire à écarter ce risque.

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Zika: des malformations qui se manifestent après la naissance


Cela fait longtemps qu’on n’a pas parlé du virus Zika. On sait qu’il est responsable des microcéphalie à la naissance du bébé. Il semble que si le virus était présent avant ou pendant la grossesse, l’enfant puisse naître normalement et ce n’est que plus tard, qu’il montre des retards de développement. Il peut aussi avoir des problèmes de vue, d’audition, de déglutition, etc.
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Zika: des malformations qui se manifestent après la naissance

 

À 1 an, 8,5 % des bébés en apparence... (Photo VANDERLEI ALMEIDA, archives Agence France-Presse)

À 1 an, 8,5 % des bébés en apparence indemnes à la naissance malgré une infection au Zika durant la grossesse ont des « anomalies neurodéveloppementales » possiblement liées au virus.

PHOTO VANDERLEI ALMEIDA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

 

MATHIEU PERREAULT
La Presse

Le Zika durant la grossesse ne cause pas seulement des malformations à la naissance, selon une nouvelle étude américaine. Certains bébés infectés semblent normaux quand ils sortent du ventre de la mère, puis souffrent de retards de développement et même de microcéphalie.

Un an plus tard

Quand une femme est infectée par le virus Zika juste avant ou pendant une grossesse, son bébé a 6 % de risque d’avoir une malformation congénitale à la naissance, généralement de la microcéphalie. Mais le danger pourrait être encore plus élevé, selon une nouvelle étude américaine. À 1 an, 8,5 % des bébés en apparence indemnes à la naissance malgré une infection au Zika durant la grossesse ont des « anomalies neurodéveloppementales » possiblement liées au virus qui infeste l’Amérique latine.

« On parle de problèmes de vue ou d’ouïe, de difficultés à bouger les bras et les jambes ou à avaler, de convulsions », explique Margaret Honein, des Centres de contrôle des maladies (CDC) du gouvernement américain, qui est l’auteure principale de l’étude publiée cette semaine dans le Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR) des CDC.

« Il y a même 1 % des bébés qui développent une microcéphalie sans en avoir une à la naissance. »

L’échantillon était formé de 1450 bébés nés de mères possiblement infectées par le Zika immédiatement avant ou durant la grossesse. Au total, 14 % des bébés avaient un problème possiblement lié au Zika à l’âge de 1 an.

L’importance des tests

Cette découverte renforce l’importance de tests réguliers durant la première année de vie d’un bébé dont la mère a eu un diagnostic d’infection, ou un soupçon d’infection, au Zika peu avant ou pendant la grossesse.

« Il faut s’assurer que tous les médecins traitants sont au courant », dit Mme Honein, en entrevue depuis le Maryland. « Tous les bébés doivent être suivis durant la grossesse, puis à la naissance avoir des tests à leur cerveau, soit une tomographie, une résonance magnétique ou un test à ultrasons. Après un mois, il faut un examen de la vue et de l’ouïe, et par la suite des tests réguliers de neurodéveloppement. »

Seulement 36 % des bébés dans l’échantillon de Mme Honein avaient eu un test ophtalmologique, 47 % un test de l’ouïe et 60 % une imagerie du cerveau. Un test biochimique est-il envisageable pour quantifier le risque qu’un bébé souffre de problèmes liés au Zika et effectuer un suivi encore plus serré de certains bébés ?

« Beaucoup de groupes travaillent sur cette question », dit Mme Honein.

Cibler le trimestre

Dans cette nouvelle étude, les épidémiologistes des CDC n’ont pas tenu compte du trimestre de grossesse où est survenue l’infection.

« D’autres études ont observé que le risque de malformation à la naissance était plus élevé si l’infection survenait durant le premier trimestre », explique Mme Honein, qui dirige le Centre national sur les malformations congénitales des CDC. « Mais nous n’avons pas fait cette distinction pour le moment. Il sera important de le faire, c’est l’une des prochaines étapes. »

Se pourrait-il que différents mécanismes soient à l’oeuvre pour les malformations détectables à la naissance ou après quelques mois ?

« Nous ne savons pas grand-chose sur l’action du Zika sur les neurones et le système nerveux, simplement qu’il y a des dommages. Tout est envisageable. »

Des recommandations

Les CDC ont aussi mis à jour leurs recommandations sur la planification des grossesses pour ceux qui voyagent dans un pays touché par le Zika. Le délai nécessaire pour être certain de ne pas transmettre le virus à un foetus ou par voie sexuelle a été abaissé de six mois à trois mois pour les hommes et deux mois pour les femmes.

« Le virus survit plus longtemps dans le sperme », explique Mme Honein.

Cela signifie que si on voyage dans une région touchée, il faut utiliser un préservatif à chaque relation sexuelle. Santé Canada, qui conserve pour le moment le délai de six mois pour le préservatif, n’inclut pas les États-Unis continentaux parmi les régions touchées, mais relaie des recommandations des CDC indiquant que les voyageurs au Texas et dans le sud de la Floride devraient aussi porter un préservatif pendant deux mois pour les femmes et trois mois pour les hommes.

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La Norvège va tester l’héroïne gratuite pour des toxicomanes


Bien que je ne suis pas médecin, je me demande bien en quoi qu’un traitement par héroïne puisse aider les toxicomanes, mais semble t’il que ces personnes ont des améliorations dans leur qualité de vie.
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La Norvège va tester l’héroïne gratuite pour des toxicomanes

 

Agence France-Presse
OSLO

La Norvège, qui compte l’un des taux de surdoses mortelles les plus élevés d’Europe, va tester la prescription d’héroïne gratuite aux toxicomanes les plus marginalisés pour améliorer leurs conditions de vie, a annoncé vendredi le gouvernement.

La Direction norvégienne de la santé et des affaires sanitaires a été chargée de proposer un projet expérimental permettant notamment d’identifier les patients susceptibles de bénéficier du programme, de réfléchir au mode de mise en oeuvre et de chiffrer les coûts.

« Nous espérons que cela apporte une solution qui permette de donner […] une meilleure qualité de vie à certains toxicomanes qui sont aujourd’hui hors de notre portée et que les programmes actuels n’aident pas suffisamment », a expliqué le ministre de la Santé, Bent Høie, sur sa page Facebook.

La Norvège affiche l’un des taux de mortalité par surdose les plus élevés d’Europe avec 81 décès par million en 2015, derrière l’Estonie (132 décès par million) et la Suède (88 décès par million), selon l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies.

Déjà adoptée ou testée en Suisse, aux Pays-Bas et au Danemark, la thérapie par héroïne médicalisée est controversée mais ses partisans font valoir qu’outre une amélioration de la qualité de vie et une baisse de la mortalité, elle permet une réduction de la criminalité et des coûts associés.

Les premiers traitements par injection d’héroïne devraient être expérimentés dans le pays nordique début 2020 au plus tôt, a indiqué le ministère de la Santé dans un communiqué.

Jusqu’à 400 toxicomanes pourraient en bénéficier, selon le quotidien Aftenposten.

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On sait comment la lumière bleue abime les yeux


La lumière bleue, des ordinateurs, tablettes, téléphone affecte nos yeux, elle fait secréter des molécules toxiques qui fait accéléré la dégénérescence maculaire. L’idée de regarder entre autres, nos écrans dans une pièce sombres ou dans le noir,  n’aide pas du tout à nos yeux
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On sait comment la lumière bleue abime les yeux

 

Une femme consultant son ordinateur dans l'obscurité | Victoria Heath via Unsplash CC License by

Une femme consultant son ordinateur dans l’obscurité | Victoria Heath via Unsplash CC License by

Repéré par Victor Métais

Elle déclenche la création d’une molécule toxique pour la rétine.

 

La lumière bleue a la particularité d’avoir une longueur d’onde plus courte, plus d’énergie que d’autres couleurs et d’être susceptible de causer des dommages importants à vos yeux. Des scientifiques de l’université de Tolède affirment avoir décelé le secret des dommages causés par la lumière bleue des écrans. Selon eux, elle accélère la dégénérescence maculaire car elle serait à l’origine de la sécrétion de molécules toxiques pour les cellules oculaire sensibles à la lumière.

Le docteur Ajith Karunarathne, professeur assistant au département chimie et biochimie alerte: «Nous sommes en permanence exposés à la lumière bleue, la cornée de l’œil et la lentille ne peuvent pas la refléter ou la bloquer […] Ce n’est plus un secret pour personne, la lumière bleue nuit à notre vision en dégradant l’état de notre rétine. Nos expériences expliquent comment cela se produit et nous espérons que cela débouchera sur des thérapies qui ralentissent la dégénérescence maculaire grâce à des collyres d’un nouveau genre.»

Une des causes principales de cécité aux États-Unis

Le Guardian nous apprend que la dégénérescence maculaire est courante chez les quinqua et sexagénaires et qu’elle est due à la mort des photorécepteurs de la rétine. Ce phénomène est l’une des causes principales de cécité aux États-Unis. Bien que cela ne cause pas l’aveuglement total, cela rend les activités quotidiennes, telles que la lecture, très compliquées.

Les cellules photoréceptrices ont besoin d’une molécule pour sentir la lumière, déclencher le signal pour le cerveau et nous permettre de voir. Kasun Ratnayake, un étudiant en doctorat de l’université de Tolède impliqué dans l’étude explique:

«Les photorécepteurs ne se régénèrent pas, quand ces cellules meurent elles sont bel et bien mortes»

L’équipe de recherche a aussi trouvé que si on intégrait des cellules rétiniennes à des cellules cancéreuses et qu’on les éclairait avec de la lumière bleue, l’ensemble de ces cellules mourraient. Ces derniers ont aussi découvert une molécule appelée α-tocophérol, un antioxydant naturel, qui permet aux cellules de rester actives mais qui ne permet pas de protéger la population âgée de cette dégénérescence.

Enfin, le docteur Karunarathne conseille de porter des lunettes de soleil qui filtrent les rayons UV et la lumière bleue lorsque nous nous déplaçons à l’extérieur et d’éviter d’utiliser son téléphone lorsque nous sommes dans le noir.

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L’Unicef soigne les enfants grâce à la musicothérapie


Des enfants qui ont besoin de soins, de sécurité, qui sont malades, venant de différent mieux et pris en charge par l’Unicef et ses partenaires opte pour la musicothérapie pour faire sortir les émotions, la nervosité, et tout ce qui est négatif pour apprendre a dialoguer avec ceux qui les aident
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L’Unicef soigne les enfants grâce à la musicothérapie

 

© ap.

Par Morgane Goffin

Dans les camps gérés par l’Unicef, les enfants sont nombreux à avoir besoin d’un accompagnement spécifique. Pris dans des conflits armés ou victimes d’ostracisme dû à une maladie encore incomprise, ils vivent des traumatismes qui nécessitent un soutien psycho social sur le long terme afin d’accéder à une certaine stabilité. Dans certains cas, les facilitateurs de l’Unicef utilisent l’art thérapie et la musicothérapie pour instaurer le dialogue et la confiance avec les enfants.

L’objectif de la musicothérapie est d’offrir un moyen thérapeutique alternatif aux patients pour prendre soin de leur santé mentale, physique mais également émotionnelle. Il ne s’agit pas uniquement d’apprendre un instrument mais surtout de laisser exprimer, à travers lui, les émotions que l’on garde cachées au plus profond de soi.

Cette pratique de soin utilise la créativité et les émotions pour engager et faciliter la (re)connection avec soi et avec les autres. Elle permet, entre autres, d’accompagner les personnes souffrant de troubles psychosociaux, comme c’est le cas pour l’Unicef. Dans la liste non exhaustive de ses bienfaits, on retrouve: la réduction de l’anxiété, le soulagement de la douleur, une amélioration de la qualité du sommeil, une contribution au développement de l’enfant,… Les activités musicales sont organisées en lien étroit avec le vécu des patients et les problématiques à traiter.

En Jordanie, dans le camp d’Azraq qui accueille des réfugiés syriens, l’Unicef a créé Musiqati, une classe de musicothérapie pour les enfants. À travers la découverte d’instruments de musique, ils apprennent à exprimer leurs émotions et à communiquer en groupe au sein d’un espace où ils se sentent en sécurité.

Selon l’Unicef, les facilitateurs et les familles ont déjà noté « un changement positif dans le comportement des enfants et un bien-être émotionnel depuis le début du programme pilote, incluant une meilleure capacité de concentration, une plus grande confiance en soi et une plus grande responsabilité prise pour leurs actions à la maison et à l’école. »

En Thaïlande, l’un des partenaires de l’Unicef, l’ONG « Nous comprenons », travaille l’art thérapie avec des enfants atteint du VIH. En plus du soutien médical et psychologique, des cours d’art et de théâtre permettent notamment de soigner la dépression, la souffrance induite par le rejet, l’isolement ou la perte des parents. Si au départ du projet, les peintures des enfants étaient sombres et exprimaient une détresse profonde, elles sont devenues aujourd’hui bien plus lumineuses.

https://www.7sur7.be/

Charbon végétal activé: un (autre) ingrédient miracle ?


Sur les réseaux, il y a des tas de remèdes et de diètes miracles ou certains trucs que je trouve inquiétant que des gens y croient. Pour le moment, c’est le charbon végétal actif qu’on promet des propriétés étonnantes. Alors qu’en fait, c’est en urgence qu’on emploi avec médecins et infirmières, ou en cuisine pour la déco. Utiliser le charbon pour les dents, pour la digestion, le coeur et autres pourraient être nocifs voir très dangereux
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Charbon végétal activé: un (autre) ingrédient miracle ?

 

Utilisé en poudre, le charbon végétal activé donne... (Photo Thinkstock)

Utilisé en poudre, le charbon végétal activé donne une teinte sombre.

PHOTO THINKSTOCK

 

SAMUEL LAROCHELLE

Collaboration spéciale

La Presse

Lorsque les foodies incorporent du charbon végétal activé à leurs crèmes glacées, sa couleur noire charbon attire invariablement les « J’aime » sur Instagram. Cependant, ses prétendues vertus pour « détoxifier » le corps, blanchir les dents, ralentir le vieillissement et tempérer l’hyperactivité font sourciller les spécialistes.

Qu’est-ce que le charbon végétal activé ?

Du chaume ou du bois (bambou, peuplier, tilleul) ou des coques de noix de coco calcinées à haute température, afin d’obtenir une poudre noire. Par la suite, un deuxième traitement créera du charbon végétal activé poreux.

En cuisine

Depuis environ une décennie, le charbon végétal activé est de plus en plus utilisé par les chefs.

« C’est surtout apprécié pour l’effet visuel et décoratif », explique Jonathan Lapierre, chef exécutif et directeur du restaurant de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec.

Utilisé en poudre, rarement plus d’un quart de gramme par assiette, selon lui, l’ingrédient donne une teinte sombre aux crèmes glacées, aux purées ou aux crèmes sures.

« Son goût est un peu fumé, voire torréfié, précise-t-il. Pour créer une harmonie des saveurs, on peut l’utiliser avec des champignons, des betteraves et tout ce qui a un côté boisé. Par exemple, sur une viande de gibier, on peut ajouter une purée de panais avec de la cendre végétale. »

À l’urgence

Dans un tout autre registre, le charbon végétal activé a de réelles propriétés en cas d’intoxication.

« On insère un tube qui descend dans l’estomac pour infuser le charbon, qui va lier les substances ingérées, afin d’éviter l’absorption des substances toxiques, explique le Dr Alexandre Larocque, urgentologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Dans une solution aqueuse, on incorpore un gramme de charbon activé par kilo du patient, lorsque c’est un enfant. Pour les adultes, on utilise le contenu d’une bouteille prémesurée contenant 50 grammes. »

Grâce au charbon, les substances en question vont ensuite être évacuées dans les selles.

Pas pour faire vomir

L’objectif des urgentologues n’est pas de faire vomir ni de vider l’estomac d’un patient. Si le charbon activé provoque parfois des vomissements, ce n’est toutefois pas l’effet recherché.

« Quand on prend en charge des gens dans un état de conscience altéré et qu’ils vomissent, il y a un risque que ça aille dans leurs poumons, affirme l’urgentologue. On doit donc être prudent. Idéalement, les patients boivent la substance dans un état de conscience normale. »

Dans certains cas, les urgentologues doivent sécuriser les voies respiratoires et intuber un patient pour administrer le charbon.

« Lors d’une tentative de suicide avec des médicaments, le charbon activé peut faire pencher la balance, si on réussit à lier la dose toxique avant son absorption. »

Une question de temps

Qu’il soit question de médicaments, de speed, d’ecstasy ou de cocaïne avalée, le charbon activé s’avère utile seulement si le patient est pris en charge rapidement.

« Pour que ce soit efficace, il faut que la substance soit encore dans l’estomac, idéalement dans les 60 premières minutes, dit le Dr Larocque. Si ça fait des heures, la fenêtre pour décontaminer est très réduite. »

Peu efficace en cas d’intoxication à l’alcool, le charbon activé est carrément inutile avec les drogues consommées par intraveineuse ou par inhalation, puisqu’elles ne se retrouvent pas dans le tube digestif.

Fausses propriétés nutritives

Selon quantité de blogueurs et de personnalités publiques, le charbon végétal activé facilite la digestion, diminue les ballonnements et débarrasse le corps des toxines. Des allégations que rejette la nutritionniste Karine Gravel.

« Aucune donnée scientifique n’appuie ces affirmations, dit-elle. Les gens ont extrapolé l’usage du charbon en cas de désintoxication aux drogues en lui attribuant plusieurs bienfaits associés au fameux grand ménage de son intérieur. » Selon la spécialiste, il s’agit uniquement de marketing pour vendre des produits. « Dire qu’on se débarrasse de toxines, c’est ne pas bien comprendre le métabolisme humain. Le corps est capable de faire le travail tout seul. »

Karine Gravel a consulté une étude sur le charbon végétal activé réalisée auprès de 10 participants. Pour elle, ce serait un non-sens de recommander le produit après une étude si restreinte.

« Avant de faire des recommandations, ça prend plusieurs études importantes qui démontrent une tendance dans la même direction. Pour l’instant, ça n’existe pas. Et les effets à long terme sont inconnus. »

L’urgentologue Alexandre Larocque renchérit en parlant des effets malencontreux de l’usage du charbon activé.

« Quand les gens se font un lavement ou une purge avec le charbon, c’est non nécessaire et potentiellement dommageable. »

Sa collègue nutritionniste poursuit en mettant en garde ceux qui rêvent d’un produit qui guérit tout.

« Certaines personnes attribuent au charbon végétal des propriétés pour la digestion, l’anti-vieillissement, la santé cardiaque et même l’hyperactivité des enfants. Quand c’est trop miraculeux, on devrait lever des drapeaux rouges. »

Blanchir les dents

Le président de l’Ordre des dentistes du Québec, le Dr Barry Bolman, n’est pas un partisan du charbon activé. D’entrée de jeu, il affirme que le produit ne blanchit rien, mais enlève plutôt les taches sur les dents, comme peuvent le faire le dentifrice ou le bicarbonate de soude. Puis, il souligne l’effet dommageable du charbon sur l’émail des dents.

« Le charbon est un abrasif, dit-il. Donc, si on diminue la surface de l’émail, qui protège contre les attaques d’acide et la carie dentaire, on expose la dentine, qui est une autre couche plus jaune et impossible à blanchir. Si les gens utilisent le charbon activé tous les jours, ils vont finir sans dents… »

Il ajoute que l’érosion de la dentine rendra les gens plus sensibles au chaud et au froid, en plus d’augmenter les risques de caries. Le Dr Bolman explique aussi que l’ingestion du charbon végétal activé peut nuire aux effets désirés de certains médicaments, comme ceux qui sont prescrits pour le coeur ou le diabète.

« Ce n’est pas tellement bon pour les personnes qui ont certaines ordonnances, souligne-t-il. Ça peut créer des problèmes sérieux. »

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Penser en savoir plus que son médecin, c’est dangereux


Pour ma part, je ne fais pas confiance aux recettes et remèdes miracle, aux études des anti-vaccins, surtout pas aux conseils des vedettes. Quoique parfois, je fais plus confiance à ma fille qu’au médecin.
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Penser en savoir plus que son médecin, c’est dangereux

 

GETTY IMAGES/ISTOCKPHOTO

Être trop sûr de soi, ça peut nuire aussi.

Plus de 33 % des Américains (ou un sur trois) croient en savoir plus sur la santé que les docteurs. Ce sont aussi ceux qui sont les plus susceptibles d’être anti-vaccins. Incidemment, ce sont peut-être aussi ceux qui sont les plus à risque de croire les conseils médicaux de leur artiste préféré.

Trois chercheurs en santé publique et en politique ont testé en décembre dernier 1300 personnes, à qui ils ont demandé de comparer leur propre niveau de connaissance sur les causes de l’autisme avec le niveau de connaissances des médecins et des scientifiques. Ils ont ensuite posé à ces personnes une série de questions factuelles sur l’autisme, incluant le lien allégué avec les vaccins.

Leurs résultats se retrouvent dans l’édition d’août de la revue Social Science & Medicine. L’interrogation initiale des chercheurs s’enracinait dans un concept connu des psychologues sous le nom d’effet Dunning-Kruger : c’est la tendance qu’a une personne à sous-estimer son ignorance d’un sujet… ou à surestimer son niveau de connaissance ! Le concept a servi à de nombreuses expériences entourant des débats sur des enjeux controversés et, à l’heure des réseaux sociaux, l’effet Dunning-Kruger a souvent été associé à des discussions stériles au cours desquelles les avis des experts étaient rejetés au profit de « mon opinion ».

Le concept trouve du coup une résonance dans l’étude dont il est question ici : 62 % de ceux qui ont répondu incorrectement aux questions sur l’autisme disaient en savoir autant ou plus que les médecins et les scientifiques, contre seulement 15 % de ceux qui avaient obtenu les bonnes réponses

Au-delà du problème de la vaccination, écrivent les chercheurs, « nous soupçonnons que cet excès de confiance a d’importantes conséquences sur les politiques ».

https://quebec.huffingtonpost.ca/