Archéologie : des tombes de chevaux découvertes dans le Calvados


J’ai comme l’impression que le futur centre pénitentiaire dans le Calvados en France, va attendre longtemps avant d’être construite. Cette région est riche en découverte archéologique. Elle s’étend en plusieurs siècles et même millénaires. Des romains, des gaulois, les celtes ont foulée cette terre et ont laissé leurs traces. Ce qui a le plus surpris, est un char  vieux de 2 500 ans avec les ossements humains et deux chevaux. Les archéologues croient que ces chevaux avaient un statut particulier.

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Archéologie : des tombes de chevaux découvertes dans le Calvados


Archéologie : des tombes de chevaux découvertes dans le Calvados© Chris-Cécile Besnard-Vauterin, Inrap

Par Juliette de Guyenro

A Ifs, dans la périphérie de Caen, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), a mis au jour un site archéologique qualifié « d’exceptionnel » par les chercheurs. Parmi les découvertes, des sépultures d’hommes mais également des tombes de chevaux.

Depuis le début de juillet, une équipe constituée d’une dizaine de chercheurs de l’Inrap a débuté une opération de fouilles préventives sur l’emplacement d’un futur centre pénitentiaire à Ifs, dans la périphérie de Caen (Calvados). Le site, qui s’étend sur une surface de 5,8 hectares, a dévoilé de nombreuses découvertes datant des périodes gauloise, romaine et du haut Moyen-Age. Parmi les découvertes les plus surprenantes : deux sépultures de chevaux.

Trois phases d’occupation

Les chercheurs ont pu découper le site en trois phases différentes d’occupation. La première pourrait remonter au Ve siècle avant Jésus-Christ, et serait caractérisée par un site constitué de plusieurs enclos d’habitation présentant des traces de fondation de bâtiments, quelques silos, des traces de parcelles agricoles mais aussi de nombreuses sépultures. Parmi elles, trois ensembles funéraires, réunissant chacun « une dizaine voire une vingtaine de morts inhumés », d’après le rapport de l’Inrap.

L’un de ces ensembles s’organise autour d’un monument funéraire enfermant une tombe à char. Un vestige exceptionnel qui correspond à un type de sépulture qui serait connu dans le monde celtique, dans lequel est enfoui le défunt avec un char de guerre. Dans celui découvert sur le site d’Ifs, les chercheurs ont mis au jour des cerclages de roues du char sur lequel était déposé le défunt.

Des chevaux au statut privilégié

Mais c’est autour de la tombe à char que la découverte qui a le plus émerveillé les chercheurs se situe : des chevaux enterrés à trois endroits différents à proximité de squelettes humains.

« C’est quelque chose d’exceptionnel », estime Chris-Cécile Besnard-Vauterin, responsable scientifique des fouilles, dans un article de Liberté Caen. « Cette tombe sort du commun. Il n’y a qu’un autre exemple de connu dans l’Ouest, à Orval dans la Manche, mais là, il s’agit d’une tombe datant d’il y a 2 500 ans. »

La présence de ces sépultures et leur proximité avec les humains interroge sur le statut particulier de ces animaux. Selon les chercheurs, ces bêtes auraient pu avoir un statut privilégié à cette époque.

Plusieurs siècles d’histoire

Sur deux autres habitats du site, différentes époques ont été étudiées. Plus au nord, un système plus complexe d’enclos d’habitation se dévoile et daterait des trois derniers siècles avant notre ère, selon les chercheurs. Le site se caractérise alors par des fossés profondément ancrés dans le sol et par une abondance de mobilier, notamment à vocations domestique et agricole. Parmi les vestiges, de nombreux restes de faune d’élevage ont été excavés, mais également des fragments de céramiques et de terre cuite ou encore du mobilier métallique.

D’autres vestiges encore appartiendraient à l’époque de l’Antiquité jusqu’au IIe siècle après Jésus-Christ. Et enfin, la partie orientale du site aurait été occupée entre le VIIIe et le Xe siècle, période correspondant au haut Moyen-Age. Là, on pourrait observer les traces de constructions sur poteaux, ainsi que des aménagements abritant des ateliers artisanaux, dont un métier à tisser. Au total, sur l’entièreté du site et les différentes périodes couvertes, 60 tombes humaines ont été découvertes.

Les archéologues, qui se réjouissent d’une telle découverte, voient en ce site l’opportunité d’étudier une occupation continue sur plusieurs siècles.

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Ce dinosaure perdait ses dents tous les deux mois !


Heureusement qu’on n’avait pas inventé la fée des dents, il y a 70 millions d’années, elle serait ruinée. Un dinosaure carnivore avait de bonnes dents pour déchiqueter un autre animal, mais les os, ca usent vite les dents.
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Ce dinosaure perdait ses dents tous les deux mois !

Les chercheurs ont comparé la dentition de plusieurs espèces de dinosaures, dont l’allosaure (à gauche) et Majungasaurus (à droite), au taux de renouvellement élevé. © Sae Bom Ra

Les chercheurs ont comparé la dentition de plusieurs espèces de dinosaures, dont l’allosaure (à gauche) et Majungasaurus (à droite), au taux de renouvellement élevé. © Sae Bom Ra


Céline Deluzarche
Journaliste

Majungasaurus, un dinosaure carnivore qui vivait à Madagascar il y a 70 millions d’années, renouvelait ses dents tous les deux mois, révèle une étude parue le 27 novembre dans la revue Plos One.

Les chercheurs ont analysé les anneaux de croissance des dents de plusieurs espèces de dinosaures, ainsi qu’une tomographie des mâchoires. Ils ont calculé que les dents de Majungasaurus étaient renouvelées tous les 56 jours en moyenne, un rythme deux à treize fois plus rapide que pour les autres dinosaures carnivores, et semblable à celui des dinosaures herbivores ou des requins actuels.

« Leurs dents devaient probablement s’user plus rapidement, sans doute parce qu’ils rongeaient les os, suggère Michael D’Emic, auteur principal de l’étude et professeur adjoint de biologie à l’université Adelphi à New York. Nous avons trouvé des stries sur les dents correspondant à la taille d’os d’animaux pouvant avoir été leurs proies. » 

Long de 6,5 mètres environ, Majungasaurus était un redoutable prédateur avec des dents pointues, capables de lacérer la chair, et une corne au sommet du museau. Mais ses crocs étaient mal adaptés pour mâcher les os, ce qui nécessitait un remplacement fréquent, estime-t-il.

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Les autres espèces humaines ont-elles été victimes d’Homo sapiens ?


Nous sommes la seule espèce humaine sur terre, cela n’a pas toujours été le cas. Pourtant, il y a 300 000, il y avait environ 9 espèces humaines et leur disparition aurait été causée pour l’homme moderne en prenant les armes, usant de stratégie pour s’emparer des ressources convoitée. Malgré les millénaires, cela n’a pas changé, même si parfois, nous ne prenons pas conscience de l’impact que nous avons sur les autres espèces ethniques,  animales et végétales .
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Les autres espèces humaines ont-elles été victimes d’Homo sapiens ?


Julie Kern
Rédactrice scientifique

Il fut un temps où l’Homme moderne partageait la Terre avec d’autres espèces humaines. Mais notre soif de conquête et notre intelligence les ont fait progressivement disparaître. Ils seraient les premières victimes de la sixième extinction de masse, initiée à la préhistoire et qui ravage encore le monde actuellement.

Actuellement, il n’y a qu’une seule espèce d’Homme sur Terre mais ça n’a pas toujours été le cas. Il y a 300.000 ans, elles étaient au moins neuf à parcourir le monde, comme l’Homo neanderthalensis en Europe ou l’Homo rhodesiensis en Afrique pour ne citer que les plus célèbres. Et puis, jusqu’à il y a 10.000 ans, huit d’entre elles ont disparu sans qu’on ait des preuves d’un quelconque cataclysme écologique. Pour Tim Longrich, paléontologue et spécialiste de l’évolution à l’université de Bath, le coupable serait une rencontre malheureuse avec Homo sapiens.

Homo sapiens est une espèce à la dangerosité sans pareille ! Nos ancêtres sont parvenus à exterminer des espèces comme les mammouths.

Et « nous étions une menace pour les autres populations humaines car nous convoitions les mêmes ressources et les mêmes terres » explique Nick Longrich dans son article publié par The Conversation.

Les études historiques et archéologiques suggèrent que les premières guerres entre humains primitifs étaient généralisées mais aussi sanglantes. Les armes du Néolithique comme les lances, les haches ou les arcs, bien que rudimentaires étaient redoutables. En combinant cela à des stratégies d’attaque comme l’embuscade, l’Homo sapiens était un guerrier accompli. Ses traces de violences sont toujours visibles sur les squelettes qui nous parviennent. Par exemple, celui de l’Homme de Kennewick a été retrouvé avec une pointe de flèche plantée dans le pelvis et ceux d’Homo neanderthalensis présentent des traumatismes crâniens.

 Un crâne de Néandertal présentant des traumas crâniens. © Smithsonian National Museum of Natural History

Un crâne de Néandertal présentant des traumas crâniens. © Smithsonian National Museum of Natural History

L’arme fatale

Malheureusement pour les autres, Homo sapiens possédait sans doute des armes plus sophistiquées qui lui donnaient un avantage certain dans les conflits et dans la quête de nourriture. Et en plus, il était plus malin.

« Au-delà des outils, les peintures rupestres, les sculptures et les instruments de musiques, révèlent une arme bien plus redoutable : une capacité accrue à comprendre des concepts abstraits et à communiquer. La stratégie, la coordination et la coopération ont été nos armes les plus fatales » explique Nick Longrich.

En Europe, les néandertaliens semblent avoir disparu quelques milliers d’années après l’arrivée de Homo sapiens. Auparavant, il a probablement donné du fil à retordre aux Homo sapiens ce qui suppose que lui aussi était capable d’élaborer des stratégies guerrières. Ces anciennes espèces existent encore dans nos gènes. Des restes d’ADN de Néandertal ont persisté chez certains Eurasiens. Ailleurs, les Australiens gardent une petite part de l’Homme de Denisova dans leur génome.

Des pointes de lance vieilles de 13.000 ans retrouvées au Colorado. © Chip Clark, Smithsonian Institution

Des pointes de lance vieilles de 13.000 ans retrouvées au Colorado. © Chip Clark, Smithsonian Institution

Tuer ou être tué

On peut se demander quel était l’intérêt pour nos ancêtres d’éradiquer ainsi leurs rivaux, au point de causer un génocide de masse.

« La réponse est sûrement l’augmentation des populations. Comme toutes les espèces, les humains se reproduisent de façon exponentielle. Sans contrôle, nous doublons notre population tous les 25 ans. Et depuis que l’Homme est devenu un chasseur organisé, nous n’avons plus de prédateurs » précise le paléontologue.

Sans prédation, les petits clans deviennent rapidement des grandes communautés qui s’affrontent pour les ressources disponibles. Homo sapiens n’a probablement pas planifié l’extermination de ses semblables, c’est plutôt la loi du plus fort et du plus intelligent qui aurait eu raison des espèces humaines primitives. 

« Dans la science-fiction, on imagine à quoi pourrait ressembler une rencontre avec une autre espèce intelligente comme nous mais différente. C’est très triste de penser qu’un jour nous l’avons fait et qu’à cause de cette rencontre, ils ont disparu » conclut Nick Longrich.

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Ce petit fragment de pierre pourrait être la plus vieille pièce d’échecs connue au monde


Cela reste à vérifier, mais il se pourrait que cette petite pierre travailler soit la plus ancienne pièce de jeu d’échec trouvé en Jordanie. Même si ce jeu est originaire de l’Asie, il a conquis l’orient pour s’étendre plus tard à travers le monde.
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Ce petit fragment de pierre pourrait être la plus vieille pièce d’échecs connue au monde


Ce petit fragment de pierre pourrait être la plus vieille pièce d'échecs connue au mondeCe petit fragment de grès a été découvert en 1991 sur le site jordanien de Humayma.© John Peter Oleson

Par Emeline Férard

Des archéologues ont étudié un petit fragment de grès découvert en 1991 sur un site archéologique en Jordanie. Ils pensent désormais qu’il s’agit d’une pièce d’échecs – peut-être une tour – vieille de 1.300 ans, ce qui ferait d’elle la plus ancienne jamais identifiée.

Les échecs font partie des jeux les plus anciens au monde. Selon les historiens, le jeu serait né en Asie, peut-être en Inde, il y a environ 1.500 ans. Il aurait ensuite gagné la Perse puis se serait diffusé au Moyen-Orient avant de gagner l’Europe et de s’y développer. Toutefois, le scénario exact reste flou et pour cause, les échecs n’ont pas toujours ressemblé à ce qu’on connait aujourd’hui.

Au fil du temps et des régions, le jeu a emprunté des noms, des règles et une présentation très différentes. En attestent les textes historiques et les pièces vieilles de plusieurs siècles découvertes à travers le monde. Mais c’est un témoignage plus rare que des chercheurs ont mis en évidence lors d’une réunion des American Schools of Oriental Research tenue à San Diego la semaine passée.

Un fragment plus précieux qu’il n’y parait

John Oleson, archéologue de l’Université de Victoria au Canada et ses collègues ont étudié un fragment de grès découvert en 1991 sur un site connu sous le nom de Humayma en Jordanie. Fondé au Ier siècle avant notre ère par les Nabatéens et occupé durant plusieurs siècles, le lieu constituait autrefois un important comptoir d’échange entre l’Asie, le Proche et Moyen-Orient

Or, le fragment daté de 1.300 ans ne serait pas un simple morceau de pierre de quelques centimètres. D’après l’équipe canadienne, il s’agirait en réalité d’une antique pièce d’échecs. Les archéologues ont noté que l’objet présente une forme rectangulaire surmontée de deux « cornes ». Un aspect qui serait très proche de celui de certaines anciennes pièces d’échecs islamiques, notamment des tours.

« Bien que la forme, rectangulaire à la base avec des projections écartées semblables à des cornes au dessus, ressemble à un bétyle (une pierre sacrée, ndlr) nabatéen, un parallèle avec d’anciennes pièces d’échecs islamiques est bien plus convaincant », a expliqué John Oleson, selon qui, les textes islamiques comportent des références au jeu d’échecs remontant aussi loin que le milieu du VIIe siècle.

La plus ancienne pièce d’échecs connue ?

Si le fragment est bel et bien une pièce d’échecs, son âge ferait d’elle le plus ancien exemple identifié à travers le monde. Une découverte précieuse mais pas une totale surprise pour les archéologues au vu du succès que connaissaient les échecs dans le monde islamique à cette époque et de la localisation du site de Humayma.

« Dans la mesure où le jeu a probablement été transporté vers l’ouest depuis l’Inde par les déplacements des marchants et des diplomates, ce n’est pas une surprise qu’une preuve antique soit trouvée [à Humayma] un site localisé sur la Via Nova Traiana », une voie romaine très fréquentée qui reliait la Syrie et la Jordanie, a argumenté l’archéologue canadien.

Néanmoins, l’hypothèse reste encore à vérifier. Bien qu’John Oleson affirme qu’il s’agit de l’explication la plus probable, il pourrait être impossible de confirmer la nature du fragment avec certitude. Des analyses supplémentaires vont être menées pour apporter de nouveaux arguments. Les archéologues comptent également retourner sur le terrain pour découvrir, peut-être, d’autres artéfacts.

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Ce chiot mort en Sibé­rie il y a 18 000 ans a le pelage et la truffe parfai­te­ment conser­vés


Avoir ce chiot avec son poil, son museau, ses cils et moustache on est loin de se douter qu’il a 18 000 d’année à son actif. Il faudrait attendre encore pour savoir si c’est plus un loup ou un chien car même son ADN, ce n’est pas clair.

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Ce chiot mort en Sibé­rie il y a 18 000 ans a le pelage et la truffe parfai­te­ment conser­vés

Crédits : Sergey Fedo­rov

par  Malaurie Chokoualé Datou

Un chiot a été retrouvé durant l’été 2018 dans une partie gelée située près du fleuve Indi­guirka, au nord-est de la ville de Iakoutsk, en Sibé­rie centrale.

 Selon un article du Sibe­rian Times publié le 25 novembre, les scien­ti­fiques qui l’ont étudié ont pu déter­mi­ner que le corps de ce chiot de deux mois, au poil, à la truffe, aux cils et aux mous­taches si bien conser­vés, a été piégé dans le pergé­li­sol pendant 18 000 ans.

La cause de la mort de ce chiot mâle, baptisé Dogor, n’a pas encore été éluci­dée et le Centre suédois de paléo­gé­né­tique (CPG) s’est retrouvé face à un os après avoir débuté le séquençage du génome de l’ani­mal. En effet, les tests ADN effec­tués jusqu’à présent n’ont pas permis de déter­mi­ner s’il s’agit d’un chien ou d’un loup, alors que le Centre dispose de la plus grande banque d’ADN d’Eu­rope.


Crédits : Sergey Fedo­rov

Il pour­rait égale­ment s’agir d’un ancêtre du chien, à mi-chemin entre le loup et le chien.

« C’est intri­guant », s’ex­clame Sergey Fedo­rov de l’Ins­ti­tut d’éco­lo­gie appliquée du Nord, qui fait partie de l’uni­ver­sité fédé­rale du Nord-Est de Iakoutsk. « Nous sommes impa­tients d’ob­te­nir les résul­tats d’autres tests. »

Source : The Sibe­rian Times

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Le fossile d’un serpent vieux de 95 millions d’années éclaire l’évolution des reptiles



Un serpent de 95 millions d’années est un âge très honorable pour un fossile. A l’époque, ils avait des pattes postérieures et ils étaient beaucoup plus massifs.
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Le fossile d’un serpent vieux de 95 millions d’années éclaire l’évolution des reptiles


Le fossile d'un serpent vieux de 95 millions d'années éclaire l'évolution des reptilesReconstitution de l’espèce Najash rionegrina qui vivait il y a 95 millions d’années.© Raúl Gómez

Par Emeline Férard –

En Argentine, des paléontologues ont mis au jour un crâne de serpent appartenant à l’espèce Najash rionegrina. Vieux de 95 millions d’années, l’ossement a livré de précieuses informations pour mieux comprendre l’évolution de ces reptiles.

Les serpents n’ont pas toujours eu le corps longiligne, ni la gueule extensible qu’on leur connait aujourd’hui. L’hypothèse la plus répandue avance que ces créatures partagent des ancêtres communs avec les lézards et qu’au fil de l’évolution, ils ont peu à peu perdu leurs membres et modifié le reste de leur anatomie. Mais quand et comment ces changements se sont-ils produits ?

C’est l’énigme que tente de résoudre les spécialistes depuis longtemps. Le problème est que les fossiles de serpents sont assez rares. Pourtant, c’est bien un fossile vieux de 95 millions d’années qui vient d’apporter une nouvelle pièce au puzzle de l’évolution de ce groupe. L’ossement en question a été découvert en 2013 sur le site paléontologique de La Buitrera en Argentine et il n’appartient pas à n’importe quelle espèce.

Long de quelques centimètres seulement, le fossile est un crâne de Najash rionegrina. Cette espèce nommée en référence au serpent biblique Nahash (en hébreu) a été décrite en 2006 à partir d’ossements mis au jour dans la province de Río Negro en Argentine. Vieux de 95 millions d’années, ce serpent avait la particularité d’évoluer sur le milieu terrestre et surtout d’arborer deux membres postérieurs.

Si la découverte de cette espèce a fourni un éclairage précieux, les ossements se sont malheureusement révélés trop fragmentaires pour dresser un portrait complet de l’animal. Un vide que les paléontologues peuvent aujourd’hui combler grâce à la mise au jour du nouveau crâne apparu bien préservé malgré ses 95 millions d’années passées sous terre.

Une grande bouche et des pommettes

Pour révéler les secrets du fossile, les chercheurs ont utilisé une technique appelée tomographie qui a permis d’observer en haute résolution la structure et l’anatomie du crâne de Najash. Décrite dans la revue Science Advances, cette étude a révélé que le serpent possédait une grande bouche avec des dents acérées et certaines des structures mobiles observées chez les représentants actuels du groupe.

En revanche, N. rionegrina présentait des caractéristiques que l’on pensait jusqu’ici absentes chez les serpents, fossiles comme modernes : des pommettes ou plus exactement des os jugaux.

« L’os situé sous l’orbite de Najash possède la même forme, la même position et les mêmes connexions que l’os jugal de la plupart des lézards », relèvent Michael Caldwell et Alessandro Palci, co-auteurs de l’étude.

Le crâne de Najash rionegrina découvert en 2013 en Argentine. – Fernando Garberoglio

« Ceci démontre que la partie inférieure de l’os jugal a été perdu au fil de l’évolution des serpents, pour ne laisser qu’un os jugal en forme de tige chez les serpents modernes. C’est donc l’os post-orbital qui a disparu, non le jugal », poursuivent-ils dans un article paru sur le site The Conversation.

Et le crâne a également livré des informations précieuses sur l’aspect général des reptiles et donc leur origine.

Il suggère en effet que les ancêtres des serpents modernes présentaient une bouche, une tête et un corps massifs tels que des espèces de lézard actuelles comme le dragon de Komodo.

Une conclusion qui bouscule la théorie selon laquelle les serpents ont évolué à partir « d’ancêtres aveugles, petits affichant une petite bouche et un corps semblable à celui d’un ver ».

« Cette étude révèle également que les anciens serpents ont conservé leurs membres postérieurs pendant une période plus longue avant l’apparition des serpents modernes qui sont, pour la plupart, dépourvus de membres », a expliqué dans un communiqué Fernando Garberoglio, paléontologue de la Fundación Azara de l’Universidad Maimónides de Buenos Aires, et principal auteur de l’étude.

L’avantage d’ingurgiter de grosses proies

Si l’évolution de l’anatomie des serpents intéresse autant les spécialistes, c’est que celle-ci joue un rôle crucial dans leur histoire et leur mode de vie. Leur crâne s’est en effet modifié pour acquérir une flexibilité et une adaptation inédites leur permettant d’ingurgiter de grosses proies. Ce dont sont incapables la plupart de leurs cousins, les lézards.

« Contrairement à la plupart des autres organismes de la planète qui se nourrissent régulièrement de petites quantités, les serpents s’alimentent de façon sporadique mais de plus grosses proies », a confirmé pour IFLScience, Alessandro Palci, soulignant qu’une telle capacité peut devenir un avantage dans un environnement où les proies se font rares.

« Cela pourrait même être la raison pour laquelle les serpents ont survécu à l’extinction de masse qui a éliminé les dinosaures à la fin du Crétacé », a-t-il avancé.

Malgré ces avancées, l’énigme de l’évolution des serpents est toutefois loin d’être résolue. De même que celle des lézards d’ailleurs.

« Pourquoi les autres lézards n’ont-ils pas aussi développé une telle capacité, c’est un mystère pour moi », a conclu le spécialiste.

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143 nouvelles lignes de Nazca découvertes


Grâce aux technologies de plus en plus avancées, des archéologues ont pu retrouver 143 nouveaux géoglyphes de Nazca au Pérou. Bien qu’ils ne savent pas encore leurs significations, ils croient que les grands géoglyphes étaient des lieux de rituels alors que les autres des points de repères.
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143 nouvelles lignes de Nazca découvertes


Nathalie Mayer
Journaliste

Gravées dans le sol du désert péruvien, les lignes de Nazca, bien que découvertes il y a près de 100 ans, continuent d’intriguer les archéologues. Dernièrement, ils ont toutefois mis au jour 143 nouveaux de ces géoglyphes qui pourraient les aider à mieux comprendre leur signification.

Des créatures vivantes, des objets ou de simples figures géométriques… Quelque part sur la plaine côtière aride du sud du Pérou, de surprenantes lignes sont tracées au sol. Pour certaines, il y a plus de 2.500 ans. Des lignes qui forment des figures pour la plupart tellement grandes qu’il faut prendre de l’altitude pour les discerner. Depuis 1994, elles sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Et on les connait désormais sous le nom de lignes ou géoglyphes de Nazca.







Le saviez-vous ?

Les fameuses lignes de Nazca que l’on trouve dans le désert péruvien sont l’œuvre de la tribu amérindienne éponyme. Mais pas que… Et même si plusieurs hypothèses ont été avancées depuis leurs premières observations en 1927, les chercheurs en ignorent encore la signification. Malgré leur aspect spectaculaire, elles ne semblent pas avoir été difficiles à tracer. Simplement en déplaçant des pierres au sol. Les chercheurs estiment ainsi qu’elles ont pu être toutes tracées en moins d’une décennie.


Après quelque 15 années à étudier ses lignes, des archéologues de l’université de Yamagata (Japon) annoncent aujourd’hui avoir mis au jour dans la région pas moins de 143 nouveaux géoglyphes. Ils représentent des animaux, des personnes et d’autres êtres vivants ou objets. La plupart ont été découverts grâce à des analyses de données 3D haute résolution et à des études de terrain. Mais aussi à l’aide d’un modèle d’intelligence artificielle (IA) développé par des chercheurs d’IBM.

Un serpent à deux têtes en train de dévorer des figures humanoïdes. © Université de Yamagata

Un serpent à deux têtes en train de dévorer des figures humanoïdes. © Université de Yamagata

Selon les chercheurs, tous ces géoglyphes ont été dessinés entre 100 av. J.-C. et 300 apr. J.-C. En écartant les pierres noires présentes au sol, exposant ainsi le sable blanc caché dessous. Et révélant des dessins d’oiseaux, de singes, de poissons, de serpents, de renards, de félins et même d’humanoïdes.

Une intelligence artificielle (IBM Watson Machine Learning Community Edition), mise au point par des humains d’aujourd’hui, a permis aux archéologues de l’université de Yamagata (Japon) de mettre au jour un géoglyphe imaginé par des populations anciennes et dont la symbolique reste encore mystérieuse. © Université de Yamagata

Une intelligence artificielle (IBM Watson Machine Learning Community Edition), mise au point par des humains d’aujourd’hui, a permis aux archéologues de l’université de Yamagata (Japon) de mettre au jour un géoglyphe imaginé par des populations anciennes et dont la symbolique reste encore mystérieuse. © Université de Yamagata

Lever le voile du mystère des lignes de Nazca

Les archéologues ont classé ces nouveaux géoglyphes selon deux grandes catégories. Les géoglyphes les plus anciens, de « type B » présentent généralement une longueur inférieure à 50 mètres. Le plus petit d’entre eux n’atteint même pas les 5 mètres. Les plus récents, de « type A », sont plus grands. Le plus long d’entre eux dépasserait même les 100 mètres. Et selon les chercheurs, ces derniers devaient représenter des lieux de rituel. Ils y ont trouvé des vases en poterie cassés. Alors que les plus petits géoglyphes, situés le long de sentiers, devaient servir de point de repère pour orienter les voyageurs.

De forme humanoïde, ce géoglyphe de type B. © Yamagata University

De forme humanoïde, ce géoglyphe de type B. © Yamagata University

Autre différence entre les géoglyphes de type A et ceux de type B : les premiers sont formés de lignes colorées – ou décolorées, selon le point de vue – et les seconds, de surfaces entières de couleur. Pour mieux comprendre ces tracés dans leur ensemble, les chercheurs souhaitent désormais produire une carte de la zone. Et pour cela, s’appuyer un peu plus sur les qualités des IA et notamment, leur capacité à traiter de grandes quantités de données en un temps réduit.

Un poisson. © Université de Yamagata

Un poisson. © Université de Yamagata

Les archéologues espèrent également que la publication de leurs travaux aidera à sensibiliser le public à la nécessité de préserver la région, menacée par l’expansion des zones urbaines.


CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Des chercheurs ont découvert 143 nouvelles lignes de Nazca.

  • L’un de ces géoglyphes a été mis au jour grâce à une intelligence artificielle.

  • Les archéologues espèrent désormais pouvoir mieux comprendre la signification de ces lignes.

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