Un bovin trépané par l’homme il y a plus de 5000 ans


Un crâne de vache daté de plus de 5,000 ans, serait probablement le premier acte de vétérinaire que les scientifiques ont pu trouver à ce jour. L’animal aurait subi une trépanation, acte qui était déjà connu chez des crânes humains environs 10,000 ans. L’animal était soit mort ou n’a pas pu survivre de cette opération. Peut-être que c’était comme on fait aujourd’hui, une expérience sur un animal pour le refaire chez l’homme
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Un bovin trépané par l’homme il y a plus de 5000 ans

Une reconstruction du crâne de bovin percé d'un trou,... (Fernando Ramirez Rozzi, CNRS VIA AFP)

 

Une reconstruction du crâne de bovin percé d’un trou, découvert sur un site néolithique français.

FERNANDO RAMIREZ ROZZI, CNRS VIA AFP

 

PASCALE MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
Paris

Voulaient-ils soigner ou s’exercer à la chirurgie ? L’étude d’un crâne de bovin percé d’un trou, découvert sur un site néolithique français, montre que la trépanation sur un animal était pratiquée il y a plus de 5000 ans, assurent des chercheurs.

Cela pourrait en faire le premier cas connu de chirurgie vétérinaire, selon une des hypothèses avancées dans une étude parue jeudi dans Scientific Reports.

On savait déjà que l’homme pratiquait la chirurgie crânienne sur d’autres hommes dès la période mésolithique (qui a démarré environ 10 000 ans avant Jésus-Christ), selon ces scientifiques.

« En Europe, il y a beaucoup de crânes humains datant du néolithique qui montrent des signes de trépanation. Mais on n’avait encore jamais retrouvé de crâne animal trépané », explique à l’AFP Fernando Ramirez Rozzi, paléoanthropologue dans un laboratoire du CNRS (Centre national de la recherche scientifique).

Le crâne de vache provient du site de Champ Durand, situé en Vendée (ouest de la France) et découvert dans les années 1970.

Occupé par l’homme entre 3400 et 3000 avant Jésus-Christ, ce camp fortifié, entouré de fossés, semble avoir été un centre d’échanges important pour les populations qui commercialisaient le bétail.

L’équipe menée par Fernando Ramirez Rozzi et Alain Froment du Musée de l’Homme a d’abord cherché à démontrer que la vache en question n’avait pas eu le crâne percé par un coup de corne asséné par un autre bovin, ou par une pierre reçue sur la tête.

« Si le trou situé sur un lobe frontal avait été provoqué par un coup de corne ou un autre élément, on devrait voir que l’os était enfoncé vers l’intérieur. Or ce n’est pas du tout le cas », argumente Fernando Ramirez Rozzi.

« En revanche, on trouve autour du trou des marques de grattage qui sont similaires à celles que l’on observe sur des crânes humains trépanés » au néolithique.

Images à l’appui, il estime avoir « montré sans ambiguïté que les crânes de la vache et les crânes humains ont subi la même technique ».

Le bovin était-il vivant au moment de la trépanation ?

« On ne sait pas trop ». « Mais l’os ne s’est pas reformé. Ce qui veut dire que soit la vache était déjà morte, soit elle n’a pas survécu à l’opération ».

Les scientifiques ont également vérifié que le trou ne résultait pas de maladies osseuses.

Datations complétées

Mais pourquoi des hommes préhistoriques ont-ils trépané un bovin ? Les scientifiques avancent deux hypothèses.

Cela pouvait être pour soigner la vache.

« Si cette chirurgie crânienne observée sur la vache a été réalisée pour sauver l’animal, Champ Durand fournit la preuve la plus ancienne d’une pratique chirurgicale vétérinaire », souligne l’étude.

Autre piste : ces hommes cherchaient peut-être à s’exercer sur l’animal avant d’opérer des hommes.

« Si la trépanation était utilisée pour s’exercer à des techniques, la vache de Champ Durand fournirait la plus vieille preuve d’une expérimentation sur un animal » dès 4000 avant notre ère, selon l’étude.

Fernando Ramirez Rozzi a tendance à privilégier cette seconde hypothèse.

« Je ne vois pas très bien l’intérêt de vouloir sauver un bovin, qui faisait partie d’un gros troupeau. Sauf peut-être si c’était un reproducteur très important ».

« Je crois que c’était surtout une pratique que l’on testait sur un animal avant de passer à l’homme ».

En revanche, les chercheurs ne croient pas à une trépanation pour des motifs rituels.

« Ce crâne a été jeté dans un fossé comme un déchet ».

L’équipe travaille depuis plusieurs années sur ce crâne. En 2010, elle avait commencé à communiquer sur ses travaux, mais elle avait essuyé des « critiques » concernant la datation des ossements, reconnaît le chercheur.

« Depuis de nouvelles datations des ossements humains et animaux ont été réalisées ». « Nous avons à présent 25 datations. C’est costaud », assure-t-il.

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Des archéologues mettent à jour un temple spectaculaire au milieu du désert égyptien


Quand on parle de découverte en Égypte, ce sont normalement momies, pharaons, etc.. Cette fois-ci, c’est la découverte d’un temple gréco-romain aurait été daté de 200 à 300 avant JC.
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Des archéologues mettent à jour un temple spectaculaire au milieu du désert égyptien

 

 

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Crédits : Egypt Ministry of Antiquities

par Brice Louvet

 

En Égypte, des restes d’un temple gréco-romain, comprenant des parties de sa fondation, l’entrée principale et la cour avant ont été découverts par des archéologues. Il s’agit d’un site localisé dans le désert occidental égyptien à environ 300 kilomètres du site d’Al-Salam, situé au sud de la Méditerranée.

Des poteries, des pièces de monnaie, une sculpture à tête d’homme, des piliers décorés ainsi que deux statues de lions en calcaire ont déjà été répertoriés.

« Ce qui est étonnant, c’est que vous n’entendez pas tous les jours de nouveaux temples trouvés en Égypte », a déclaré au National Geographic l’archéologue Sarah Parcak, qui n’est pas impliquée dans les fouilles. « Cela va donner plus de lumière sur l’histoire de l’oasis de Siwa ».

L’oasis de Siwa est l’une des colonies égyptiennes les plus isolées, que vous retrouverez entre la dépression de Qattara et la grande mer de sable égyptienne, à environ 560 km à l’ouest du Caire.

Les fouilles continuent pour trouver d’autres vestiges.
Crédits : Egypt Ministry of Antiquities

La chronologie historique de l’oasis n’est pas très claire, mais on pense que des gens y ont vécu au moins 10 000 avant notre ère. La nouvelle trouvaille date d’entre l’an 200 avant et l’an 300 avant notre ère. Alors que l’Égypte était à l’époque sous domination hellénistique, puis romaine, son architecture restait très variée et soumise à diverses influences culturelles. Ces dernières sont à la fois traditionnelles et nouvelles, et peuvent être observées dans les bâtiments de l’époque – y compris le temple d’Al-Salam. Malheureusement, il ne reste que très peu de ruines de cette période, ce qui rend la découverte d’autant plus excitante.

Les fouilles se poursuivent actuellement, ainsi nous pouvons nous attendre à la découverte de nouveaux artefacts émergeant des ruines. Ces fouilles pourraient nous en apprendre davantage sur les activités qui ont eu lieu dans l’oasis de Siwa au cours de cette période, ainsi que sur la façon dont les souverains étrangers occupaient la terre. Nous pourrions également estimer le nombre de personnes qui vivaient ici à l’époque. Ces temples étaient autrefois utilisés comme des lieux de commerce et de socialisation, ainsi que pour la célébration d’événements religieux.

Source

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Allemagne : un enfant découvre un trésor d’un célèbre roi danois du Xe siècle


Pour un garçon de 13 ans, c’est une expérience unique. Avec l’aide d’un archéologue amateur, ils ont réussi à trouver un trésor du Xe siècle qui aurait probablement appartenue au roi Danois, le roi Harald à la Dent bleue.
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Allemagne : un enfant découvre un trésor d’un célèbre roi danois du Xe siècle

 

 

Aidé d’un archéologue amateur, un écolier de 13 ans a mis au jour un «trésor unique» composé de centaines de pièces, de perles ou encore d’un marteau de Thor sur l’île allemande de Rügen.

Un enfant de 13 ans et un archéologue amateur ont découvert sur l’île allemande de Rügen un trésor «unique» ayant pu appartenir au roi Harald à la Dent bleue qui a introduit le christianisme au Danemark. Le trésor est composé de centaines de pièces, de perles, d’un marteau de Thor, de broches et d’anneaux brisés, rapporte l’agence allemande Dpa ce lundi, citant l’archéologue amateur René Schön et l’office archéologique régional.

Une pièce datant du Xe siècle.

René Schön et l’écolier, Luca Malaschnitschenko, ont fait la découverte d’une pièce en janvier à l’aide d’un détecteur de métal dans un champ près de la localité de Schaprode sur cette île de Rügen en mer Baltique. Et les autorités locales ont procédé à l’excavation du trésor les 14 et 15 avril. Une centaine de pièces semblent dater du royaume de Harald 1er (910-987), roi unificateur qui a rejeté les croyances viking et lancé la christianisation du Danemark. Des pièces plus anciennes et provenant de contrées très éloignées ont aussi été retrouvées, notamment un Dirham de Damas transformé en bijou et datant de 714.

Les pièces les plus récentes datent des années 980, ce qui laisse croire que ce trésor a pu être caché par l’entourage de Harald Ier qui, après avoir perdu une bataille contre son propre fils en 986, avait fui vers la Poméranie où il est mort un an plus tard, selon la littérature du Xe siècle, explique Dpa.

Une découverte «unique en son genre»

 

«Nous avons ici un cas rare, lorsqu’une découverte a l’air d’être en lien avec des sources historiques», explique l’archéologue en chef de la région allemande du Mecklembourg-Poméranie orientale, Detlef Jantzen, «le trésor de Schaprode est une découverte unique en son genre».

Des bijoux datant de la même époque avaient déjà été découverts non loin de là, sur l’île de Hiddensee à la fin du XIXe siècle. Les historiens de la région considèrent aussi que ces objets précieux ont pu être cachés lors de la fuite du roi.

Harald à la Dent bleue est une figure historique importante dans l’espace nordique. C’est en son honneur que la technologie de communication sans fil Bluetooth a été baptisée. Le symbole du Bluetooth est d’ailleurs un mélange de deux lettres d’alphabets runiques représentant les initiales du roi Harald.

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Ce guerrier médiéval avait remplacé sa main amputée par une lame de couteau


Imaginer l’amputation au temps médiéval sans anesthésie, sans anti-douleur ouf ! Les archéologues, on trouve en Italie un guerrier lombard qui était amputé d’un bras. Ils ne savent pas trop si c’est la suite d’une infection ou un combat, mais il avait une bien drôle de prothèse pour remplacer sa main, un couteau. Très pratique pour un guerrier
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Ce guerrier médiéval avait remplacé sa main amputée par une lame de couteau

 

Crédits : Micarelli et al./Journal of Anthropological Sciences

par  Nicolas Prouillac

Une nécropole lombarde, découverte dans le nord de l’Italie à proximité de la commune de Povegliano Veronese, a réservé aux archéologues une surprise de taille.

Parmi les centaines de squelettes qu’ils y ont retrouvés, l’un d’eux appartenait à un homme qui, amputé de la main droite, s’était fait poser une prothèse terminée par une longue lame de couteau. La chercheuse Ileana Micarelli, de l’université de Rome « La Sapienza », et son équipe révèlent cette trouvaille excitante dans une étude parue dans le Journal of Anthropological Sciences.

L’homme aurait vécu entre le VIe et le VIIIe siècle et serait décédé avant d’avoir soufflé ses 50 bougies. Les observations des chercheurs les ont conduits à conclure qu’il avait perdu sa main suite à un traumatisme contondant.

S’il est impossible de déterminer avec précision la nature du choc, il est possible « que le membre ait été amputé pour des raisons médicales », indique Ileana Micarelli dans l’étude.

Peut-être avait-il souffert d’une grave fracture après une chute ayant rendu la chirurgie inévitable.

« Mais compte tenu de la culture guerrière des Lombards, il n’est pas exclu qu’il l’ait perdu au combat. »

Ce dont on est sûr, c’est que la lame mortelle qui a remplacé sa main ne lui servait pas qu’à couper le beurre. Il la portait vraisemblablement depuis longtemps au moment de sa mort. La prothèse a été retrouvée sur son torse, assortie d’une sangle et de matériau organique décomposé – probablement du cuir. Un examen approfondi des dents et de l’épaule de la dépouille indique que l’homme nouait la prothèse avec les dents, en tirant sur la sangle de cuir assez fort pour finir par s’en abîmer les dents.

Face à une telle découverte, on est tenté d’imaginer les nombreuses aventures et rixes auxquelles ce guerrier médiéval qui devait impressionner ses pairs a pu prendre part. Mais pour les archéologues, sa longévité est surtout le signe d’une communauté très unie. 

« La survie de cet homme lombard témoigne du sens de la communauté, du soutien familial et de la grande valeur [que les Lombards] accordaient à la vie humaine », conclut Micarelli.

Source : Journal of Anthropological Sciences

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Un os de doigt d’Homo sapiens, vieux de 85 000 ans, trouvé en Arabie saoudite


Un doigt trouvé en 1916 vient remettre en question sur l’immigration de l’homme moderne en dehors de l’Afrique serait encore beaucoup plutôt que les scientifiques pensaient. Un simple doigt trouvé en Arabie Saoudite peut changer beaucoup choses
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Un os de doigt d’Homo sapiens, vieux de 85 000 ans, trouvé en Arabie saoudite

Cet os serait le plus vieux fossile d'Homo... (Photo Associated Press)

Cet os serait le plus vieux fossile d’Homo sapiens «directement daté» découvert hors d’Afrique.

Agence France-Presse
Paris

Un os de doigt, mis au jour dans le désert de Nefud en Arabie Saoudite, suggère que les Homo sapiens avaient déjà gagné l’intérieur de la péninsule il y a 85 000 ans, selon une étude publiée lundi dans Nature Ecology & Evolution.

L’Homo sapiens, également appelé l’homme moderne, est apparu en Afrique, il y a plus de 300 000 ans. On a longtemps estimé qu’il n’avait quitté «son berceau» que bien plus tard, il y a environ 60 000 ans.

Mais depuis quelques années, des découvertes, comme celle annoncée lundi, remettent en cause cette théorie.

Selon cette dernière étude, l’os qui «appartenait incontestablement à un homme moderne», aurait au moins 85 000 ans, peut-être même 90 000 ans.

Une découverte qui implique que «notre espèce s’était dispersée hors d’Afrique beaucoup plus tôt qu’on ne le pensait auparavant», déclare Huw Groucutt de l’Université d’Oxford, coauteur de l’étude.

D’une longueur de seulement 3,2 centimètres, le fossile, probablement l’os médian d’un majeur, a été découvert en 2016.

Pour définir son âge, Huw Groucutt et son équipe ont utilisé la datation radiométrique, la mesure de la variation régulière au cours du temps d’éléments radioactifs.

Cet os serait le plus vieux fossile d’Homo sapiens «directement daté» découvert hors d’Afrique, selon l’équipe qui argue que les autres pouvant lui faire concurrence ne l’ont été que via les sédiments les entourant.

«Il y a eu de multiples dispersions d’êtres humains hors d’Afrique, le mouvement migratoire et la colonisation de l’Eurasie ont été beaucoup plus compliqués que ne le disent nos manuels», juge Michael Petraglia, du département d’Évolution humaine à l’Institut Max Planck en Allemagne, également coauteur.

Selon la théorie dominante, les Homo sapiens ont quitté l’Afrique en une vague majeure il y a 60 000 ans, en longeant les côtes de la mer Méditerranée vers l’Est.

Mais ce doigt montre «que les hommes modernes se déplaçaient dans les terres d’Eurasie, pas le long des côtes», déclare Michael Petraglia.

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Ces outils vieux de 90 000 ans n’ont pas été fabriqués par des Homo sapiens


Les homos sapiens fabriquaient des outils que les archéologues ont trouvé dans plusieurs sites. Dernièrement en Espagne, ils ont trouvé des outils en bois qui daterait 90 000 qui ne peuvent pas avoir été faites par les hommes modernes, mais bien par les hommes du Neandertal. Il faut vraiment un terrain soit propice pour conserver aussi longtemps des outils en bois aussi bien conservés
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Ces outils vieux de 90 000 ans n’ont pas été fabriqués par des Homo sapiens

 

Rios-Garaizar et al./PLOS One

par Brice Louvet

Des fouilles archéologiques dans le nord de l’Espagne révélaient il y a quelques semaines deux outils en bois vieux d’environ 90 000 ans. Chose intéressante : ces outils n’ont pas été fabriqués et utilisés par Homo sapiens, mais par nos cousins ​​plus âgés, les Néandertaliens.

Le site d’Aranbaltza, en Espagne, fut occupé par plusieurs générations néandertaliennes au cours des millénaires, selon des chercheurs du Centre espagnol de recherche sur l’évolution humaine (CENIEH). Dans les sédiments étaient retrouvés il y a quelques semaines deux nouveaux outils en bois, datés à environ 90 000 ans (Paléolithique moyen), époque à laquelle les Néandertaliens habitaient l’Europe. Ces outils sont très rares. Le bois est en effet une matière organique qui se décompose, ainsi les outils en bois liés aux débuts de l’histoire humaine sont souvent perdus.

Ces outils ne peuvent se préserver que dans des environnements très spécifiques – tels que les sédiments gorgés d’eau d’Aranbaltza. Un seul des deux outils récupérés a pour l’heure fait l’objet d’une analyse et d’une étude, et il a été pris en charge par une équipe du CENIEH dirigée par l’archéologue Joseba Rios-Garaizar. L’usure de sa pointe produite par des contraintes mécaniques répétées indique qu’elle a été utilisée pour déterrer de la nourriture comme les tubercules et les palourdes, pour creuser à la recherche de pierres ou encore pour faire des fosses pour les incendies, notent les chercheurs.

« Les quelques preuves directes et indirectes disponibles suggèrent que le bois a joué un rôle important dans les adaptations technologiques de Néandertal », peut-on lire dans l’article.

Le bois fournit en effet assez de plasticité pour former une gamme variée d’outils impossibles à obtenir avec la pierre, et très difficiles à créer à partir d’os, qui ont des tailles limitées et qui sont plus difficiles à travailler. D’après les analyses, cet outil aurait été produit à partir d’un tronc d’if coupé en deux de façon longitudinale.

L’une de ces moitiés semble avoir été carbonisée et durcie en utilisant le feu, et raclée avec un outil en pierre pour obtenir la forme pointue de l’outil d’excavation, pense l’équipe. Bien que les instruments en bois utilisés par les Néandertaliens soient rares, ils ne sont pas entièrement inconnus. Des armes en bois datant d’il y a 300 000 ans ont été découvertes en Allemagne en 1995. Un article publié plus tôt cette année suggérait également la présence d’outils en Toscane, en Italie, remontant à 171 000 ans.

S’ils ne sont pas aussi anciens, ces nouveaux outils contribuent néanmoins à la théorie selon laquelle l’utilisation d’outils en bois était répandue dans toute l’Europe paléolithique.

« Le paléolithique moyen précoce et tardif de la région se caractérise par une grande variabilité comportementale », expliquent les chercheurs, notant à titre d’exemples, « le transport sur de longues distances des matières premières lithiques [l’ensemble des objets en pierre transformés intentionnellement par les humains], l’utilisation de technologies de chasse complexes, le contrôle et l’utilisation du feu, l’utilisation d’outils osseux et un certain degré d’exploitation des ressources marines ».

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue PLOS One.

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Une cascade de 1,5 km de haut a rempli la Méditerranée orientale


Grâce aux chercheurs qui ont examiné des dépôt de sédiments d’une falaise sous-marine a dans un escarpement. Ces dépôts on témoigner une inondation énorme, il y a des millions d’années aurait rempli la Méditerranée pour aller rencontrer l’Atlantique
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Une cascade de 1,5 km de haut a rempli la Méditerranée orientale

 

Il y a six millions d’années, la mer Méditerranée s’est retrouvée isolée de l’océan Atlantique et s’est partiellement asséchée : c’est la crise de salinité messinienne. Pour expliquer la fin de la crise, les chercheurs avancent l’hypothèse d’une inondation gigantesque via le détroit de Gibraltar. Elle aurait rempli le bassin ouest, jusqu’à atteindre le seuil de Sicile. Dans un second temps, l’eau se serait déverser dans le bassin oriental en une cascade de 1,5 km de haut. Celle-ci a creusé un immense canyon sur son passage et a entraîné des sédiments, qui se sont déposés en contrebas (tache rouge dans l’animation). © University of Malta, YouTube

Les eaux tranquilles de la Méditerranée couvrent les cicatrices d’un passé tumultueux. Des chercheurs exhument peu à peu des indices gravés dans les fonds marins, qui attestent que cette mer a connu, à une époque lointaine, une des pires inondations de l’histoire de la planète.

Les explications de Marc-André Gutscher, un géologue qui a participé à la découverte de cette catastrophe survenue il y a plus de cinq millions d’années.

La Méditerranée asséchée. De vastes étendues, autrefois sous l’eau, exposées à l’air libre entre des lacs hypersalés similaires à la mer Morte. Aussi difficile à concevoir qu’elle soit, cette vision était pourtant bien réelle si l’on remonte quelque six millions d’années en arrière.

À la toute fin du Miocène, durant le Messénien, Mare Nostrum était en effet le théâtre du bouleversement géologique le plus violent depuis la crise du Crétacé-Tertiaire. L’évènement, appelé crise de salinité messinienne, a provoqué l’évaporation massive de la Méditerranée suite à la fermeture d’un passage au nord du Maroc (l’actuel détroit de Gibraltar), rompant la connexionentre la mer et l’océan Atlantique.

En outre, le seuil entre la Sicile et la Tunisie a émergé, créant un rebord naturel séparant la Méditerranée en deux bassins, ouest et est. 

« Les géologues pensent que le niveau marin a baissé d’au moins quelques centaines de mètres, voire jusqu’à 1.000 m, du côté occidental, et de 2.400 m du côté oriental, » précise à Futura Marc-André Gutscher, directeur du Laboratoire Géosciences Océan (LGO), attaché à l’université de Brest et au CNRS.

La Méditerranée s’est remplie en moins de deux ans.

Comment la Méditerranée a-t-elle retrouvée le visage qu’on lui connaît aujourd’hui ? Une inondation digne d’un film catastrophe, que les Anglophones n’hésitent pas à qualifier de « méga-inondation », aurait mis fin à la crise messinienne voilà 5,2 millions d’années, au tout début du Pliocène.

Le détroit de Gibraltar s’est formé, laissant les eaux de l’océan Atlantique reconquérir la Méditerranée, en commençant par le bassin occidental avant de combler le bassin oriental lorsque le niveau marin a dépassé le seuil de Sicile. L’inondation était d’une telle violence qu’il aurait suffi de deux ans à peine pour remplir entièrement la mer.

    Un canyon sculpté par la force de l’eau

    Pour reconstruire ce scénario, les chercheurs sont en quête d’indices témoignant du passage des flots. Et justement, une équipe internationale, dirigée par Aaron Micallef et Angelo Camerlenghi, de l’université de Malte et de l’Institut national d’océanographie et de géophysique expérimentale de Trieste (Italie), décrivent dans un article, paru dans le journal Scientific Reports, un étrange dépôt de sédiments découvert au large de la Sicile. Il repose contre l’escarpement de Malte, une immense falaise sous-marine.

    Cette découverte est le « premier élément de preuve directe du remplissage du bassin oriental,révèle Marc-André Gutscher, co-auteur de l’étude. Ce qui est frappant, c’est qu’on l’a retrouvé au pied d’un canyon, le canyon de Noto, qui a une forme particulière en J. C’est un canyon monstrueux, d’une vingtaine de kilomètres de long et de 6 km de large, extrêmement profond et en calcaire, une roche dure. Pour l’éroder ainsi jusqu’à des pentes de 70°, il faut énormément de violence ».

    « Ce canyon a été creusé par des chutes, comme les chutes du Niagara, mais en beaucoup plus violent, » poursuit le chercheur.

    Et en beaucoup plus grand également : la cascade responsable de l’inondation du bassin méditerranéen oriental aurait mesuré 1,5 km de hauteur. En passant, les flots auraient raclé les sédiments des fonds marins, qui se sont déposés en aval, de l’autre côté de l’escarpement.

        Le dépôt de sédiments se situe à proximité de la Sicile. La carte (a) est une carte bathymétrique, montrant la profondeur du canal de Sicile et de la mer Ionienne. La carte (b) relève les variations d’épaisseur du dépôt, situé au pied de l’escarpement de Malte en (7) et du canyon de Noto en (8). © Aaron Micallef et al., Scientific Reports, 2018

        Le dépôt de sédiments se situe à proximité de la Sicile. La carte (a) est une carte bathymétrique, montrant la profondeur du canal de Sicile et de la mer Ionienne. La carte (b) relève les variations d’épaisseur du dépôt, situé au pied de l’escarpement de Malte en (7) et du canyon de Noto en (8). © Aaron Micallef et al., Scientific Reports, 2018

        Un dépôt de sédiments immense et chaotique au pied d’une falaise

        Le dépôt de sédiments dépeint par les chercheurs est bordé sur son côté occidental par l’escarpement de Malte. Il couvre une surface comparable à la Crète, avec 160 km de longueur sur 95 km de large. Il mesure entre 400 et 800 m d’épaisseur et celle-ci diminue plus on s’avance vers l’est, c’est-à-dire plus on s’éloigne de la falaise.

        Baptisé unité 2, le dépôt, aujourd’hui enterré sous le sol marin, est pris en sandwich entre deux strates sédimentaires bien identifiées : il se situe au-dessous des sédiments datés du Pliocène-Quaternaire (unité 1), période géologique qui suit le Messinien, et au-dessus d’une importante couche de sels caractéristique de la crise messinienne (unité 3). Effectivement, l’évaporation de la mer Méditerranée s’est accompagnée de la formation de dépôts de sels, appelés évaporites, sur 500 m à 1 km d’épaisseur.

        Le dépôt sédimentaire chaotique, appelé unité 2, se situe au-dessus des sels de la crise messinienne (unité 3) et au-dessous des sédiments marins du Pliocène-Quaternaire (unité 1). Il atteste donc de la remise en eau de la Méditerranée et du retour aux conditions marines normales, après une période d’assèchement d’environ 600.000 ans. © Aaron Micallef et al., Scientific Reports, 2018

        Le dépôt sédimentaire chaotique, appelé unité 2, se situe au-dessus des sels de la crise messinienne (unité 3) et au-dessous des sédiments marins du Pliocène-Quaternaire (unité 1). Il atteste donc de la remise en eau de la Méditerranée et du retour aux conditions marines normales, après une période d’assèchement d’environ 600.000 ans. © Aaron Micallef et al., Scientific Reports, 2018

        Marc-André Gutscher a repéré l’unité 2 lors d’une campagne d’imagerie sismique effectuée en 2013, à bord du Suroît, un navire de recherche océanographique de l’Ifremer.

        « On a pu voir sur de nombreux profils sismiques une couche d’apparence chaotique, d’assez grande taille, relate-t-il, qui a plus l’air d’un gros tas de riz que d’un annuaire téléphonique. »

        « Plutôt que de voir des feuillets [correspondant aux différentes strates sédimentaires qui se déposent normalement l’une au-dessus de l’autre, NDLR], on ne voit pas grand-chose. Il n’y a pas de couche bien horizontale, bien régulière, donc pas de réflexion sismique. C’est par l’étendue et l’épaisseur de cette zone transparente que l’on a créé la figure du dépôt. »

        Dans de précédents travaux, Marc-André Gutscher avait déjà étudié le dépôt, qu’il avait interprété comme étant un remplissage post-messinien, datant du Pliocène. Sur ce profil sismique, on peut observer le dépôt chaotique en vert clair, légendé « chaotic facies » dans le détail en haut à gauche. © Marc-André Gutscher et al., Tectonics, 2016

        Dans de précédents travaux, Marc-André Gutscher avait déjà étudié le dépôt, qu’il avait interprété comme étant un remplissage post-messinien, datant du Pliocène. Sur ce profil sismique, on peut observer le dépôt chaotique en vert clair, légendé « chaotic facies » dans le détail en haut à gauche. © Marc-André Gutscher et al., Tectonics, 2016

        Pour la publication de 2018, ses collègues ont mobilisé « un jeu de données plus grand, soit une vingtaine de profils sismiques, sur lesquels on retrouve la signature chaotique de ce dépôt, » précise Marc-André Gutscher.

        En complément de la campagne de 2013, les chercheurs ont eu recours à d’anciennes données italiennes et ont obtenu d’autres profils lors de campagnes allemande et italienne, réalisées à bord de l’OGS Explora et du Meteor, entre 2011 et 2015.

        Ces travaux n’en resteront certainement pas là.

        « Il est fort probable qu’on essaie de cibler ce dépôt dans les prochains projets de forage », poursuit Marc-André Gutscher, car c’est un témoin clé de l’inondation de la Méditerranée orientale. « On pourrait voir à l’intérieur du dépôt quelles sont les roches, quelle est leur provenance, s’agit-il de morceaux de calcaire comme en Sicile ? »

        D’autres marqueurs de l’inondation, terrestres cette fois, s’observent effectivement en Sicile.

        Ainsi, des conglomérats de roches calcaire « semblent montrer que quelque chose est passé par là, a arraché du calcaire et a formé ces blocs, » explique le chercheur.

        Enfin, si d’aventure des microfossiles étaient enfouis dans le dépôt de sédiments, cela permettrait de mieux dater la période de la remise en eau de la Méditerranée.

        Et que s’est-il passé du côté de la Méditerranée occidentale ? 

        « Un tel dépôt chaotique ne semble pas exister, ou en tout cas pas à proximité, du détroit de Gibraltar, » indique Marc-André Gutscher, qui précise que des études précédentes ont toutefois permis d’identifier un grand canyon dans la zone.

        CE QU’IL FAUT RETENIR

        • Des chercheurs ont ausculté par imagerie sismique un vaste dépôt de sédiments, d’apparence chaotique, situé au pied d’une falaise sous-marine appelée l’escarpement de Malte.

        • Ce dépôt témoigne d’une inondation catastrophique datant du début du Pliocène qui aurait rempli la Méditerranée, alors partiellement asséchée.

        • Les flots de l’Atlantique se sont déversés en premier dans le bassin occidental, avant de submerger le relief au niveau de l’escarpement de Malte et de se jeter en une cascade de 1,5 km de haut dans le bassin oriental, creusant au passage un immense canyon.

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