Des aînés morts étouffés par leur grilled cheese


Quand on prend de l’âge, il se peut que la déglutition se fasse moins bien. Certains aliments deviennent donc dangereux. Il semble que pour le sandwich au fromage fondu, appelle aussi grilled cheese peut provoquer un étouffement entrainant la mort.
Nuage


Des aînés morts étouffés par leur grilled cheese

Au moins huit résidants de centres d'hébergement se... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

Au moins huit résidants de centres d’hébergement se sont étouffés à mort en mangeant un grilled cheese au cours des dernières années au Québec.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD
La Presse

Fondant, délicieux… et potentiellement dangereux. Au moins huit résidants de centres d’hébergement se sont étouffés à mort en mangeant un grilled cheese au cours des dernières années, poussant un coroner à demander au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) d’enquêter sur ce repas apparemment si inoffensif.

Dans la foulée de son rapport, une quarantaine d’établissements de santé de la Montérégie ont déjà restreint la distribution de ce mets.

Aînés, personnes ayant un handicap physique ou intellectuel : toutes les catégories de résidants sont représentées parmi les victimes. Une façon « épouvantable » de mourir, selon un spécialiste, qui frappe particulièrement les individus les plus vulnérables de la société.

Deux résidantes sont mortes de la même façon à quelques années d’intervalle au Centre d’hébergement Gertrude-Lafrance de Saint-Jean-sur-Richelieu. Le coroner André-H. Dandavino a été dépêché sur place les deux fois. C’est au cours de son enquête sur le plus récent de ces deux cas, dont le rapport a été produit le printemps dernier, qu’il s’est rendu compte qu’il pouvait s’agir d’un problème plus large.

« Le sandwich grillé au fromage semble problématique et à risque pour les personnes âgées. » –  Le coroner André-H. Dandavino

Dans l’espoir de sauver d’autres vies, le médecin a recommandé au ministère de la Santé d’évaluer « le risque associé au sandwich grillé au fromage, dans le contexte d’une réflexion globale sur la réduction des risques d’étouffement par des aliments chez les personnes en hébergement ».

Au ministère de la Santé, on semble vouloir ne pas se focaliser sur le grilled cheese, mais étudier de façon plus globale le problème des étouffements en résidence.

« Bien que le rapport du coroner Dandavino cible le risque associé au sandwich grillé au fromage qui serait en cause dans ce décès, le MSSS dirige davantage sa réflexion sur les mesures à mettre en place pour réduire les risques d’étouffement, de façon générale », a indiqué Marie-Claude Lacasse, porte-parole du Ministère.

« Notre hantise »

« Quand mes enfants et moi, on l’emmenait passer la fin de semaine à la maison, c’était toujours notre hantise qu’il s’étouffe », se rappelle Diane Chorel, de Batiscan.

Son conjoint, Fernand Caron, est mort en 2017 en mangeant un grilled cheese dans la résidence où il habitait. M. Caron, 71 ans, était paraplégique.

« À la longue, il a perdu l’élocution et la déglutition, a dit sa veuve. On aurait dit que sa mâchoire n’était pas assez forte pour croquer comme il faut dans la nourriture. »

Le diététiste Michel Sanscartier est un spécialiste des problèmes de déglutition chez les aînés. Selon lui, les sandwichs sont de façon générale la source de nombreux étouffements chez les patients québécois. Et parmi les sandwichs, le grilled cheese présente un problème particulier.

« Le grilled cheese est plus adhésif. Il va coller à l’intérieur des parois [de la bouche], plus que le sandwich aux oeufs, qui est beaucoup moins adhésif. »   Michel Sanscartier, diététiste

Concrètement, un étouffement se produit habituellement quand des aliments forment une boule dans la bouche qui en vient à bloquer le passage de l’air. Les aliments collants sont plus susceptibles de former une boule.

« Je trouve important qu’on se penche sur cette réalité, a-t-il dit. Mais il ne faudrait pas prendre que le grilled cheese, il faudrait prendre l’ensemble de l’oeuvre. »

Manque de diététistes

Stéphanie Chevalier, professeure associée à l’École de nutrition humaine de l’Université McGill, souligne elle aussi que le grilled cheese présente des risques particuliers parce qu’il est collant. Il le sera d’autant s’il est servi froid, par exemple à cause d’un délai pour le découper en morceaux, a-t-elle dit.

Pour la professeure Chevalier, la solution réside dans une meilleure évaluation de tous les résidants à leur arrivée en établissement, puis à des évaluations régulières à mesure que leur situation évolue.

Mais « il y a un manque flagrant de diététistes dans les résidences », a-t-elle déploré.

Les deux spécialistes s’entendent sur le fait que la solution n’est pas de bannir le grilled cheese dans toutes les résidences qui accueillent des aînés ou des personnes handicapées.

« Si on y va toujours avec le plus bas dénominateur commun et on coupe, [on enlève] un plaisir énorme pour plusieurs personnes âgées. Je trouverais ça dommage, a dit Michel Sanscartier. C’est un aliment qui est très apprécié, comme les frites, les hamburgers ou le pâté chinois. Ça a une connotation culturelle pour les personnes âgées, ils le reconnaissent. »

Accès restreint au grilled cheese

Au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Centre, dont dépend le Centre d’hébergement Gertrude-Lafrance, on a modifié les menus afin de restreindre l’accès aux grilled cheese.

L’organisation a « procédé à l’exclusion du sandwich grillé au fromage du menu de la texture molle », a indiqué Martine Lesage, responsable des communications. « Le sandwich pourra donc être offert selon la condition du résidant. »

Le CISSS a aussi « sensibilisé les nutritionnistes desservant la clientèle en CHSLD, en lien avec les données sur le niveau de risque pour les décès par suffocation que représentent les pains et les sandwichs, dont le sandwich grillé au fromage », a ajouté Mme Lesage.

https://www.lapresse.ca/

Le régime paléo est mauvais pour le cœur


Le régime paléo semble avoir un effet bénéfique sur le poids, cependant comme dans tous régimes qui excluent certains aliments occasionne des manques importants pour le corps. Il semble que pour la santé intestinale suivre un régime paléo amène des mauvaises bactéries et l’absence de certaines bonnes bactéries qui serait donc nuisible pour le coeur et certaines autres maladies chroniques.
Nuage


Le régime paléo est mauvais pour le cœur


Le régime paléo exclut toutes les céréales, légumineuses et produits laitiers qui sont bénéfiques pour la santé intestinale. © Oksana, Fotolia

Le régime paléo exclut toutes les céréales, légumineuses et produits laitiers qui sont bénéfiques pour la santé intestinale. © Oksana, Fotolia

Céline Deluzarche

Journaliste


Le régime paléo, qui s’appuie sur l’alimentation prétendue de l’Homme préhistorique(consommation de viandes, poissons, légumes, fruits et excluant les céréales, légumineuses, produits laitiers, sel, sucres et huiles transformées), connaît un succès croissant.

Plusieurs études ont mis en avant ses bénéfices pour la perte de poids et la réduction des maladies chroniques (diabète, syndrome métabolique, acné…). Mais, revers de la médaille, ce régime serait mauvais pour le cœur, d’après une étude publiée dans l’European Journal of Nutrition. Selon les résultats, les personnes qui suivent un régime paléo ont deux fois plus le biomarqueur sanguin appelé TMAO (triméthylamine-n-oxyde), produit dans l’intestin et étroitement lié aux maladies cardiaques.

« De nombreux partisans de ce régime affirment qu’il est bénéfique pour la santé intestinale mais il pourrait avoir un impact négatif en termes de santé cardiaque, souligne Angela Genoni, l’auteur principale de l’étude. Nous avons également constaté que les populations d’espèces bactériennes bénéfiques étaient plus faibles dans le groupe suivant le régime, en raison de la réduction de l’apport en glucides, ce qui pourrait avoir des conséquences sur d’autres maladies chroniques à long terme ».

La raison pour laquelle le TMAO est si élevé chez les adeptes du régime paléo pourrait être le manque de céréales complètes.

« Les grains entiers sont une source d’amidon résistant [non digéré dans l’intestin grêle, NDLR] et de nombreuses autres fibres fermentables qui sont vitales pour la santé du microbiome intestinal », explique-t-elle.

Ce manque de fibres amènerait au développement de « mauvaises » bactéries intestinales produisant du TMAO.


https://www.futura-sciences.com/

Nestlé invente un chocolat sans sucre avec des déchets de cacao


Un chocolat comme des KitKat fait par Nestlé s’est sucré. Il maintenant possible que ce chocolat soit sans sucre simplement avec la pulpe qui recouvre les fèves de cacao. Cette pulpe était considérée comme un déchet, une fois réduit en poudre, elle est sucrée naturellement, ce qui aidera à se sentir peut-être moins coupable. Pour le moment, c’est au Japon que ce chocolat sera vendu.
Nuage


Nestlé invente un chocolat sans sucre avec des déchets de cacao


Nestlé a mis au point un chocolat sans sucre ajouté à partir de l’enveloppe blanche entourant les fèves de cacao. © volff - Fotolia

Nestlé a mis au point un chocolat sans sucre ajouté à partir de l’enveloppe blanche entourant les fèves de cacao. © volff – Fotolia

Céline Deluzarche
Journaliste

Cet automne, Nestlé va commercialiser une barre KitKat au Japon élaborée à partir d’un tout nouveau chocolat.

Le géant suisse de l’agroalimentaire a en effet mis au point un procédé de fabrication pour du chocolat noir sans sucre ajouté, préparé à partir de la pulpe blanche qui recouvre les fèves de cacao. Habituellement considérée comme un déchet, celle-ci confère au chocolat un goût naturellement sucré une fois réduite en poudre. En utilisant un sous-produit du cacao, l’entreprise répond ainsi au double défi de l’environnement et de la santé.

Les nouvelles barres KitKat, fabriquées avec 70 % de ce chocolat noir, contiendront ainsi 40 % de sucre en moins que les barres classiques, qui en comptabilisent aujourd’hui 9,6 grammes (pour deux barres). Paradoxalement, ce produit sera vendu plus cher, car le sucre est un ingrédient tellement bon marché qu’il est plus rentable d’en acheter que de récupérer la pulpe de fève de cacao. Nestlé compte cependant utiliser ce nouvel édulcorant dans d’autres produits comme le chocolat blanc ou le lait. Ce chocolat nouvelle version devrait bénéficier aux différentes marques de confiserie du groupe et seront vendues dès l’an prochain dans de nouveaux pays.

https://www.futura-sciences.com/

Des substituts végétaux de poisson et de fruits de mer font leur apparition


J’aimerais bien essayer, car manger quelque chose qui ressemble un produit qui remplace la viande hachée, (comme le sans-viande), me va très bien. Par contre le poisson et fruits de mer, le goût n’est probablement pas au rendez-vous, je doute qu’ils puissent avoir beaucoup d’adeptes, en tout cas, pas pour ceux qui apprécient particulièrement ces aliments …
Nuage


Des substituts végétaux de poisson et de fruits de mer font leur apparition


Des «faux» sushis ahimis, une création d’Ocean Hugger Foods, une entreprise...

LA PRESSE CANADIENNEDes «faux» sushis ahimis, une création d’Ocean Hugger Foods, une entreprise établie à New York.

Après le Beyond Meat, au tour du «faux» sushi de faire sa place sur la marché.

  • Cassandra Szklarski

  • La Presse Canadienne

TORONTO — L’arrivée de similiviandes à base végétale dans des chaînes telles que Tim Hortons et A&W ne représente qu’un premier pas vers une alimentation plus durable, selon l’homme d’affaires Blair Bullus.

Le flexitarien de Vancouver a les yeux rivés sur ce qui constitue à son avis la prochaine étape: des substituts de poisson et de fruits de mer qui, comme les produits fabriqués par Beyond Meat et Impossible Foods, en reproduisent l’aspect et le goût pour les consommateurs qui ne sont pas tout à fait prêts à renoncer au sashimi.

Le mouvement en est encore à ses débuts, mais M. Bullus relève que des expérimentations se sont multipliées au cours des dernières années, passant du «thon» à base de pois chiche au «saumon» imité par une carotte fumée.

Prioriser l’apport nutritionnel avant le goût

Son entreprise, Top Tier Foods, vend du quinoa, dont une variété particulièrement collante conçue pour remplacer le riz dans les sushis végétaliens qui seraient sinon dépourvus des protéines et des acides gras oméga-3 du poisson.

Le quinoa de Top Tier Foods est disponible chez Yuzu Sushi, une chaîne de la ville de Québec, où les clients peuvent le commander avec une imitation de thon ahi préparée à partir de tomates. L’«ahimi» est pour sa part une création d’Ocean Hugger Foods, une entreprise établie à New York.

M. Bullus ne s’attend pas à pouvoir berner les amateurs de sushis avec cette combinaison, mais il espère pouvoir à tout le moins répondre aux préoccupations nutritionnelles et environnementales de ceux qui tournent le dos au poisson.

«Il est de plus en plus facile de prendre ces décisions sans devoir nécessairement renoncer aux sushis ou aux roulades au saumon et à l’avocat», souligne M. Bullus.

Le «faux» boeuf au centre des recherches

Les efforts pour produire des substituts plus ressemblants sont toutefois minés par la concentration de la recherche, du financement et du marketing derrière le similibœuf conçu en laboratoire, soutient Bruce Friedrich, le cofondateur et directeur du Good Food Institute.

Les «faux» poissons et fruits de mer n’en sont pas moins nécessaires, ajoute-t-il, en décrivant l’impact de la pêche commerciale sur l’environnement comme «au moins aussi grave que l’élevage de bétail».

«S’il s’agissait de pratiques agricoles terrestres, les gens seraient horrifiés», fait valoir M. Friedrich, qui critique également l’utilisation d’antibiotiques en aquaculture.

Le chef Ricardo Larrivée prévient toutefois que le fait de désigner quelque chose comme du thon quand il n’en s’agit pas vraiment pourrait s’avérer contre-productif.

«Si on prépare du faux poisson et que ce n’est pas très bon, alors ont peut obtenir la réaction contraire: ″Je l’ai essayé, je n’ai pas aimé ça, je vais continuer à manger du poisson”», fait-il valoir.

L’attachement aux fruits de mer est en partie psychologique, estime-t-il, et la clé du succès réside selon lui dans la texture des substituts.

«Dans la cuisine occidentale, s’il n’y a pas de viande ou de poisson, on a toujours l’impression qu’on a seulement des accompagnements», souligne le chef et homme d’affaires montréalais.

«C’est dans notre tête, c’est notre manière de penser.»

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Un fast-food lance une carotte à base de viande pour trol­ler les végans


Bah, si cela peut amuser la clientèle pourquoi pas. De toute manière dans les fast-food, que la nourriture soit à base de viande ou de plante, ce n’est pas le meilleur endroit pour avoir une alimentation saine.
Nuage


Un fast-food lance une carotte à base de viande pour trol­ler les végans

Crédits : Arby’s / Youtube

par  Suzanne Jovet

Agacée par les « steaks » de plante déve­lop­pés par des entre­prises comme Impos­sible Foods et Beyond Meat, la chaîne de restau­ra­tion rapide améri­caine Arby’s a présenté le 26 juin une carotte faite entiè­re­ment à base de viande de dinde, rapporte Vice. Une réponse d’un goût pour le moins douteux.

Alors que les alter­na­tives végé­ta­riennes ou végé­ta­liennes gagnent du terrain dans la restau­ra­tion rapide, Alby’s a décidé d’al­ler à l’en­contre de cette nouvelle forme de burgers pour lesquels aucun animal n’est mort. La chaîne de sand­wichs a conçu la « Marrot », une saucisse de dinde en forme de carotte.

« S’ils peuvent fabriquer de la viande à base de légumes, nous pouvons fabriquer des légumes à base de viande », annonce la marque dans son spot publi­ci­taire.


Alby’s est une chaîne de fast-food fondée en 1964 dans l’Ohio. L’en­seigne est notam­ment connue pour ses sand­wichs où s’en­tassent d’in­nom­brables couches de viandes.

« Les chances pour que nous servions des plats à base de plantes dans nos restau­rants, main­te­nant ou à l’ave­nir, sont abso­lu­ment nulles », a déclaré le direc­teur de l’en­seigne.

La marque prétend que la Marrot présente la même valeur nutri­tion­nelle qu’une véri­table carotte.

En France, depuis le mois de mai 2018, les alter­na­tives végé­ta­liennes à la viande n’ont plus le droit de s’ap­pe­ler « steak » ou « saucisse », des mots quali­fiants les produits à base de viande animale.

Pour autant, Goliath n’a pas eu chez nous l’iné­lé­gance de trol­ler David. Car si les alter­na­tives à base de plantes sont en plein essor, l’in­dus­trie de la viande animale et ses abat­toirs ont encore de beaux jours devant eux.

Source : Vice

https://www.ulyces.co/

Les aliments ultra transformés sont dangereux pour la santé


Ce n’est pas très surprenante qu’une alimentation ultra-transformée soit si nuisible à la santé. Quand nous achetons un aliment qui contient une liste d’ingrédients qui n’en fini plus, c’est mieux ne pas en consommer. Il faudrait revenir à une alimentation plus saine, on se portera bien mieux.
Nuage


Les aliments ultra transformés sont dangereux pour la santé

Les aliments ultra transformés sont dangereux pour la santé

Le 3 juin 2019.

La santé passe dans nos assiettes. C’est ce que confirme une étude sur les aliments ultra transformés. Selon les chercheurs, ils augmenteraient le risque de maladies cardio-vasculaires.

Les aliments ultra transformés augmentent le risque de maladies cardio-vasculaires

Quel est le point commun entre un soda, de la soupe en sachet, du jambon vendu en barquette et des « steaks » végétaux ? Ce sont tous des aliments « ultra transformés ». Mais il ne s’agit pas de leur seul point en commun. Ils sont aussi tous mauvais pour la santé. En cause, la très longues liste d’aliments qu’ils contiennent (additifs en tous genres, sirop de glucose-fructose, graisses végétales hydrogénées, nitrites, édulcorants intenses, etc.)

Selon deux études publiées le jeudi 30 mai dans la revue médicale British Medical Journal (BMJ), les aliments « ultra transformés » augmenteraient tout particulièrement le risque cardio-vasculaire mais aussi d’obésité, de cancer et de décès. Ces études ont été menées par 20.000 chercheurs qui ont fait appel à la participation de plus de 120.000 personnes. Les scientifiques ont observé l’alimentation des participants, soit près de 3.300 aliments et boissons.

Le risque augmente en fonction de la quantité d’aliments ultra transformés que nous mangeons

Les chercheurs ont alors constaté que la consommation d’aliments transformés avait un lien étroit avec divers problèmes de santé. Elle est associée à un risque plus élevé de maladies coronariennes et cérébro-vasculaires. Ainsi, avoir une alimentation comprenant 10% et plus d’aliments ultra transformés augmente de 12% le risque de maladies cardio-vasculaires.

Cette étude permet donc de confirmer que notre santé est liée à ce que nous mangeons. L’heure est donc venue de retrouver une alimentation plus saine, riche en fruits et en légumes notamment. Faisons place dans nos assiettes aux produits « bruts » et remettons-nous à cuisiner ! Pour cela, il faudra peut-être aussi changer notre manière de faire les courses en privilégiant les marchés et les producteurs locaux.

Perrine Deurot-Bien

https://www.passeportsante.net/

Cette vidéo virale sur les aliments « artificiels » contient plusieurs faussetés


    J’ai vu cette vidéo de First Media sur Facebook, mais comme je doutais de certains points, je l’ai vue qu’en partie. En fait, la majorité des points énoncés sont faux ou douteux du moins au Canada. First Media n’est pas à sa première vidéo douteuse, ce qui compte pour cette compagnie, c’est d’avoir beaucoup d’abonnées et faire des vidéos virales qu’elles soient vraies ou fausses. Dans le cas, ici, la plupart des aliments, font référence à des scandales alimentaires en Chine ou en Inde. De plus, bien que la vidéo soit produite aux États-Unis, les sources viennent surtout de l’Asie.
    Nuage


    Cette vidéo virale sur les aliments « artificiels » contient plusieurs faussetés


    C'est une capture d'écran d'une vidéo sur Facebook.

    Cette vidéo fait 16 affirmations sur la nourriture. La plupart sont fausses ou douteuses. Photo: Capture d’écran – Facebook

    Bouchra Ouatik

    Jeff Yates

    Une vidéo partagée près de 3 millions de fois sur Facebook montre 16 façons de vérifier la qualité des aliments que l’on mange. Cependant, la plupart de ces démonstrations sont trompeuses et ne s’appliquent pas à la nourriture vendue au Canada.

    La vidéo intitulée «  Is your food fake or real?  » (« Est-ce que votre nourriture est artificielle ou naturelle? ») est produite par la compagnie de contenu viral First Media. On y voit une femme effectuer diverses expériences sur des aliments. Le texte affiché dans la vidéo explique que ces expériences permettraient de savoir si nos aliments contiennent des produits dangereux pour la santé ou encore s’ils sont modifiés pour nous berner.

    Cette vidéo est trompeuse. La majorité des éléments présentés font référence à des scandales alimentaires survenus en Inde ou en Chine. D’autres éléments sont réels, mais ne sont pas dangereux pour la santé. Finalement, certaines affirmations sont carrément erronées.

    1. Le fromage qui ne brûle pas est-il « chimique »?

    Nous voyons une tranche de fromage en tranches au-dessus d'une flamme. Le fromage brûle.Selon la vidéo, le fait que le fromage en tranches brûle nous indique qu’il est artificiel. En réalité, beaucoup d’autres fromages brûlent aussi. Photo : Capture d’écran – Facebook

    Non, le fait que le fromage en tranches brûle n’indique pas qu’il est artificiel.

    Le premier segment de la vidéo montre une femme qui tente de faire fondre deux tranches de fromages avec un briquet. Le fromage jaune « artificiel » brûle, alors que le fromage « naturel » fond, selon les auteurs de la vidéo.

    Cette idée a été souvent démentie depuis plusieurs années. Il est vrai que le fromage jaune en tranches ne fond pas lorsqu’on l’expose à une flamme nue, en raison de la présence d’émulsifiants qui servent à lui donner une texture homogène. Cette démonstration est devenue tellement virale que l’entreprise Kraft a elle-même produit une vidéo (en anglais)(Nouvelle fenêtre) pour expliquer pourquoi son fromage en tranches ne fond pas au contact de la chaleur directe.

    D’ailleurs, comme cette vidéo le démontre (Nouvelle fenêtre), la plupart des fromages ne fondent pas au contact d’une flamme nue. Cela n’indique aucunement s’ils sont « naturels » ou non.

    2. Le riz contient-il des particules de plastique?

    Il y a du riz dans une poêle. Certains grains semblent fondre comme du plastique. La vidéo affirme qu’il y a du plastique dans le riz, alors que cette histoire ne tient pas la route. Photo : Capture d’écran – Facebook

    Non, le plastique coûte beaucoup plus cher que le riz.

    La vidéo affirme que le riz contient parfois des particules de plastique « pour augmenter les profits des producteurs ». On y voit une personne faire chauffer du riz dans une poêle. Certains grains deviennent alors transparents, alors que d’autres restent opaques. On sous-entend que les grains transparents sont en fait du plastique.

    C’est une autre rumeur qui fait régulièrement les manchettes en Asie et en Afrique. Le site de vérifications de rumeurs Snopes a analysé tous ces cas (Nouvelle fenêtre) et en a conclu qu’aucun n’est fondé.

    Il n’y a jamais eu de signalement de riz contenant du plastique au Canada.

    De plus, l’idée qu’on ajouterait du plastique au riz pour augmenter les profits « n’a aucun sens », selon le chimiste Joe Schwarcz, directeur de l’Organisation pour la science et la société à l’Université McGill, qui précise que le plastique est plus cher que le riz.

Ce serait plus logique de trafiquer le plastique en y ajoutant du riz! Joe Schwarcz, chimiste et directeur de l’Organisation pour la science et la société à l’Université McGill

En effet, en avril 2019, le prix du riz se fixait à 413 $ US la tonne métrique(Nouvelle fenêtre). Le plastique se vendait entre 0,46 $ US et 0,61 $ US la livre(Nouvelle fenêtre), soit entre 1014,12 $ US et 1344,81 $ US la tonne métrique, au cours du même mois, donc deux à trois fois plus cher que le riz.

3. Y a-t-il des morceaux de roches dans la purée pour bébés?

Une femme fait passer un aimant sur de la nourriture pour enfants.La vidéo affirme qu’il y a des roches dans la nourriture pour enfants. Il s’agit de fer, un nutriment essentiel. Photo : Capture d’écran – Facebook

Non, il s’agit de fer, un nutriment essentiel pour la santé.

La vidéo montre ensuite une personne glisser un aimant sur un sac en plastique transparent rempli de purée pour bébés. L’aimant attire des granules noires qui, selon la vidéo, seraient de la poussière de roches présentée par le fabricant comme étant du calcium.

Selon Joe Schwarcz, le carbonate de calcium est un supplément alimentaire courant et sans danger et il est invisible dans les aliments. En fait, la substance noire attirée par l’aimant – et présentée comme étant des morceaux de roche – serait plutôt du fer.

Le fer est très souvent ajouté aux aliments, car 2 milliards de personnes sur la planète souffrent d’anémie due à une carence en fer. Joe Schwarcz, chimiste et directeur de l’Organisation pour la science et la société à l’Université McGill

Le chimiste ajoute qu’il n’y a rien d’anormal à pouvoir isoler le fer dans les aliments avec un aimant.

« C’est une démonstration courante faite dans les cours de chimie à travers le monde », dit-il.

Le magazine Scientific American(Nouvelle fenêtre) propose justement cette expérience à réaliser à la maison avec un aimant et des céréales enrichies en fer.

Questionnée à ce sujet par Radio-Canada, l’entreprise qui a diffusé ce vidéo confond d’ailleurs le fer et le calcium en répondant par courriel :

« L’industrie alimentaire ajoute du calcium pour fortifier certains aliments en ajoutant des particules de fer comme supplément dans certains aliments pour bébés. »

4. Est-ce que les suppléments alimentaires synthétiques fondent, mais pas les suppléments naturels?

Il y a des pilules sur un plateau dans un four. Certaines ont fondu alors que d'autres sont intactes.La vidéo affirme que des suppléments naturels ne brûlent pas, alors que les suppléments artificiels brûlent. Photo : Capture d’écran – Facebook

Non, les vitamines synthétiques et naturelles ont la même structure moléculaire

Dans la vidéo, une personne place une dizaine de comprimés au four. Certains fondent et brûlent, alors que d’autres restent intacts. On explique que les suppléments artificiels brûlent, alors que les suppléments naturels ne brûlent pas.

On ignore la composition des comprimés utilisés dans la vidéo, mais on constate que les gélules fondent en premier tandis que les comprimés à base de poudre fondent plus lentement.

La porte-parole de l’entreprise First Media, Maria Gonima, nous a renvoyés à des sites de santé holistique pour appuyer l’affirmation voulant que les suppléments « naturels » soient supérieurs aux suppléments « synthétiques ». Le chimiste Joe Schwarcz rejette cette affirmation puisque chaque supplément, dit-il, a la même structure moléculaire qu’il soit d’origine naturelle ou synthétique.

La présomption que les vitamines naturelles se comportent différemment des vitamines synthétiques est ridicule. De la vitamine C, c’est de la vitamine C, qu’elle soit créée dans une orange ou qu’elle soit créée en laboratoire. Joe Schwarcz, chimiste et directeur de l’Organisation pour la science et la société à l’Université McGill

5. Est-ce que la viande contient de la colle?

Il y a un steak tranché dans lequel il y a ce qui semble être un filament de gras. La vidéo affirme que les filaments dans ce steak sont en fait de la colle. C’est très peu probable. Photo : Capture d’écran – Facebook

C’est possible, mais c’est une substance sans danger.

La vidéo montre une femme qui tranche un morceau de viande encore saignant. On voit à l’intérieur des filaments blancs qui, selon l’image, ne seraient pas du gras, mais plutôt de la colle, qui servirait à relier des restants de viande.

Comme l’explique le chimiste Joe Schwarcz sur son site Internet(Nouvelle fenêtre), la viande transformée peut contenir une forme de colle d’origine naturelle. Celle-ci est composée d’enzymes qui portent le nom de transglutaminase, et elle est couramment utilisée pour améliorer la texture d’aliments d’origine animale, tels que des saucisses ou des bâtonnets de goberge.

La transglutaminase se retrouve naturellement dans le corps humain et elle aide à la coagulation du sang.

Toutefois, cette enzyme rend la texture de la viande homogène et ne fait pas apparaître de filaments blancs. Ce que l’on voit dans la vidéo pourrait donc simplement être du gras, des tendons ou des ligaments, naturellement présents dans la viande.

6. La crème glacée contient-elle du détergent à lessive?

C'est une boule de crème glacée où on voit des bulles.La vidéo affirme que la crème glacée contient du détergent à lessive, et qu’on peut le détecter en l’arrosant de jus de citron. Photo : Capture d’écran – Facebook

Non, mais cette situation pourrait s’être produite en Inde.

La vidéo montre une femme qui verse du jus de citron sur deux bols de crème glacée. Dans un cas, des bulles se forment sur la crème glacée, et dans l’autre cas, la crème glacée fond simplement.

La vidéo prétend que les bulles se forment, car la crème glacée contiendrait du détergent à lessive utilisé pour « éclaircir » la crème glacée et la rendre « plus brillante ». En 2018, un article du site India Today(Nouvelle fenêtre) rapportait que du détergent pouvait se retrouver dans la crème glacée en Inde, mais rien n’indique que cela se soit déjà produit ici. En réponse aux questions de Radio-Canada, l’entreprise First Media nous a également renvoyés à des sites Internet en Inde.

Selon Joe Schwarcz, il est possible que les auteurs de la vidéo se soient inspirés d’une expérience souvent réalisée dans les cours de chimie au secondaire : utiliser du carbonate de sodium, qui se retrouve dans les détergents, pour produire cet effet. Cette substance basique produit une réaction chimique avec l’acide du jus de citron.

7. Le lait est-il dilué avec de l’eau de riz?

Il y a deux verres de lait, un bleu et un blanc. On affirme que le bleu contient de l'eau de riz.La vidéo affirme qu’on peut savoir si son lait contient de l’eau de riz en y ajoutant des algues. Photo : Capture d’écran – Facebook

Probablement pas. La vidéo ne fournit pas suffisamment d’informations à ce sujet.

La vidéo montre une femme qui remue deux verres de lait remplis d’algues. Le texte explique que si le lait est dilué avec de l’eau de riz, il devient bleu au contact des algues.

Le chimiste Joe Schwarcz indique qu’il est difficile de vérifier cette affirmation, car on ignore quel type d’algues sont utilisées.

« Je ne vois aucune explication chimique qui pourrait expliquer cela », dit-il.

Cependant, il ajoute que le lait de vache n’est pas censé être dilué avec quoi que ce soit, mais que l’eau de riz n’est aucunement dangereuse à la consommation.

8. Les patates douces sont-elles recouvertes de colorant rouge?

Une femme frotte la patate douce avec une boule de coton trempée dans de l'huile. On voit un résidu sur le coton.La vidéo affirme que du colorant est utilisé sur les patates douces. Photo : Capture d’écran – Facebook

C’est possible, mais c’est rare et sans danger.

Selon la vidéo, des patates douces flétries seraient teintes avec du colorant rouge pour leur donner meilleure apparence. La vidéo montre comment enlever le colorant en frottant un coton imbibé d’eau et d’huile sur la pelure.

Joe Schwarcz indique qu’il est possible que du colorant alimentaire — une substance comestible — puisse être utilisé sur des patates douces, mais selon lui, cela est rare.

Le Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (Food and Drug Administration) autorise(Nouvelle fenêtre)en effet l’utilisation de colorant rouge sur les patates douces dont la pelure est naturellement rouge, à condition que le colorant soit comestible, qu’il ne serve pas à camoufler une mauvaise qualité du légume, et que cela soit indiqué sur l’emballage.

Le fait que ces éléments soient possibles ne signifie pas que c’est un problème. C’est ça le problème avec ces démonstrations. Joe Schwarcz, chimiste et directeur de l’Organisation pour la science et la société à l’Université McGill

9. Le café qui flotte contient-il des impuretés?

Il y a deux verres de café, un où le café flotte et l'autre non.La vidéo affirme que si le café ne flotte pas, c’est qu’il contient des impuretés. Photo : Capture d’écran – Facebook

Probablement pas. Il flotte ou non selon la taille de la mouture et son taux d’humidité.

La vidéo montre une femme qui dilue du café moulu dans deux verres d’eau. Dans un cas, le café flotte, dans l’autre, il se met à couler au fond du verre.

Joe Schwarcz explique que bien des facteurs peuvent expliquer cela.

« Certains cafés flottent et d’autres coulent, et cela dépend de leur teneur en eau, dit-il. Quand vous moulez le café, la taille des particules va déterminer si ça flotte ou non. »

Cette question est aussi régulièrement soulevée dans les forums de discussion (Nouvelle fenêtre) d’amateurs de café, qui mentionnent d’autres facteurs tels que l’intensité de la torréfaction ou encore si le café est fraîchement moulu ou non.

L’entreprise First Media affirme que les allégations d’impuretés dans le café sont tirées du livre Real Food, Fake Food, de l’auteur Larry Olmsted, qui mentionne que certaines recherches ont démontré la présence d’impuretés dans le café. Des chercheurs brésiliens(Nouvelle fenêtre) ont effectivement trouvé que le café moulu pouvait contenir des fragments de brindilles ou des produits céréaliers, mais les conclusions de cette étude s’appliquent uniquement au café vendu au Brésil.

10. Le sel de table contient-il de la craie?

Il y a deux verres d'eau salée. L'eau dans le verre de gauche est trouble.La vidéo affirme à tort que le sel de table contient de la craie. Photo : Capture d’écran – Facebook

Non, il contient du silicate de calcium, une substance comestible qui sert à le protéger de l’humidité.

Selon la vidéo, si on tente de dissoudre du sel dans l’eau et que celle-ci devient trouble, cela signifie que le sel contiendrait de la craie. En réponse à Radio-Canada, l’entreprise nous renvoie vers des sites indiens qui expliquent comment vérifier la présence de craie dans le sel.

Il s’agirait plutôt de silicate de calcium, selon Joe Schwarcz. Cette substance, sans risques pour la santé, est habituellement ajoutée au sel de table pour empêcher que les cristaux de sel ne s’agglutinent à cause de l’humidité.

« Les silicates ne sont pas très solubles dans l’eau », indique Joe Schwarcz.

[Le silicate de calcium] est un additif légal et sécuritaire et plusieurs sels en contiennent. Joe Schwarcz, chimiste et directeur de l’Organisation pour la science et la société à l’Université McGill

D’autres types de sel, comme le sel de mer, ne contiennent généralement pas de silicates de calcium.

Par ailleurs, en Chine en 2015 (Nouvelle fenêtre), du sel industriel avait été vendu comme du sel de table, mais aucun cas semblable n’a été répertorié au Canada.

11. Les pois cassés sont-ils recouverts de colorant?

Il s'agit d'un bol d'eau bouillante contenant des pois cassés. La vidéo affirme que les pois cassés sont enduits de colorant. Photo : Capture d’écran – Facebook

Probablement pas. Une situation similaire s’est déjà produite en Chine, mais avec une autre variété de pois que celle dans la vidéo.

Selon la vidéo, il suffit de faire bouillir les pois cassés pour voir s’ils ont été enduits de colorant. On affirme que les vieux pois sont souvent teints pour qu’ils aient l’air plus frais.

Cette histoire semble avoir une parcelle de vérité, mais pas au Canada. En mars 2010, le China Daily (Nouvelle fenêtre) faisait état d’une fraude alimentaire du genre dans la province chinoise du Hunan. Les autorités avaient découvert une usine de pois verts trafiqués. On réhydratait de vieux pois verts et des fèves de soja, puis on y ajoutait un colorant vert et un agent de conservation, le métabisulfite de sodium. Toujours selon le China Daily, cette usine produisait 1000 kg de ces pois trafiqués par jour.

Il y a par contre une confusion dans cette vidéo. Les pois cassés sont en fait des pois verts déshydratés, alors que la fraude dont fait état le China Daily met en cause des pois réhydratés. Dans ce cas, on tentait de faire passer des pois déshydratés pour des pois frais.

Questionnée par Radio-Canada, l’entreprise First Media nous renvoie notamment à un reportage d’une chaîne de télévision régionale en Inde, NTV Telugu, qui explique comment des pois cassés peuvent être teints pour leur donner l’apparence de pois verts frais.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) n’a jamais émis d’avertissement pour des fraudes semblables.

12. Les épices qui ne brûlent pas contiennent-elles des impuretés?

Il y a deux cuillères d'épices, une en feu et l'autre non.La vidéo affirme que les épices pures brûlent, alors que les épices qui contiennent des impuretés ne brûlent pas. Photo : Capture d’écran – Facebook

Non, toutes les épices brûlent sauf si elles sont humides.

La vidéo montre une femme qui fait brûler deux cuillères d’épices avec une flamme. Celles qui sont identifiées comme étant des épices « pures » semblent brûler plus rapidement que les autres.

Le chimiste Joe Schwarcz indique que certains facteurs, comme la taille des particules et le taux d’humidité, peuvent expliquer pourquoi certaines épices brûlent ou pas. Il ajoute que n’importe quelle matière organique réduite en poudre brûle facilement.

13. Le miel est-il dilué avec de l’eau?

Il y a deux bougies, une éteinte, l'autre allumée.La vidéo affirme à tort que le miel contient de l’eau, et qu’on peut le vérifier à l’aide d’une bougie. Photo : Capture d’écran – Facebook

Non, il se peut que le miel contienne des impuretés, mais il est peu probable qu’il y ait de l’eau.

Selon la vidéo, on peut déterminer si son miel a été dilué avec de l’eau à l’aide d’une chandelle. On enduit celle-ci de miel et, s’il est dilué, la flamme s’éteindra. S’il est pur, la chandelle continuera de brûler.

Il existe en effet de la fraude alimentaire dans le monde du miel. Radio-Canada rapportait en janvier 2019 que 23 % des produits du miel importés et testés par l’ACIA contenaient des additifs.

Selon l’ancien vice-président de la Fédération des apiculteurs du Québec, Steve Martineau, du miel dilué avec de l’eau éteindrait probablement une chandelle. Par contre, il ne voit pas pourquoi quelqu’un mettrait de l’eau dans son miel.

« Il est plutôt invraisemblable de retrouver de l’eau dans du miel puisque cela provoquerait une fermentation du produit », indique-t-il.

Plus probable, selon lui, est l’ajout de sirop ou d’eau sucrée pour allonger le produit. Dans ce cas, le test ne fonctionnerait pas, puisque le sucre est combustible.

« Si l’eau sucrée est ajoutée pour augmenter le volume de miel, ce test ne permettra pas de le déterminer, puisque le sirop utilisé pour simuler le miel n’éteint pas la flamme, même à une concentration de 100 % », explique-t-il.

14. Le thé pur tache moins que le thé impur?

Il s'agit de thé dans un filtre à café.La vidéo affirme à tort que le thé pur tache moins que le thé impur. Photo : Capture d’écran – Facebook

Non, tous les thés tachent.

On voit une femme placer le contenu de deux sachets de thé dans des filtres à café, puis asperger le tout d’eau froide. Dans un cas, le thé tache instantanément le filtre, mais dans l’autre cas, le filtre reste blanc. Selon la vidéo, le thé qui tache serait impur.

C’est une des affirmations les plus absurdes de la vidéo, selon Joe Schwarcz.

Tous les thés tachent! Si vous regardez une tasse de thé, vous y verrez des taches. Joe Schwarcz, chimiste et directeur de l’Organisation pour la science et la société à l’Université McGill

S’il est vrai que certains thés peuvent tacher plus que d’autres, c’est en raison de leur concentration en tanins, qui varient d’une variété à l’autre. Les tanins se retrouvent naturellement dans le thé, mais aussi dans le vin, à qui ils donnent sa couleur.

15. Le beurre contient-il de l’huile?

On voit que le beurre s'est séparé en deux substances.La vidéo affirme qu’on peut savoir si son beurre contient de l’huile en y ajoutant du sucre. Photo : Capture d’écran – Facebook

C’est possible, mais cela est survenu en Inde.

La vidéo montre que si l’on mélange du sucre avec du beurre fondu et que le mélange devient rose, c’est qu’il contient de l’huile.

La compagnie First Media a indiqué à Radio-Canada que ce segment de la vidéo fait référence à la présence de margarine, qui est à base d’huile végétale, dans le ghee, un beurre clarifié très utilisé en Inde. L’entreprise cite en référence un article du Times of India(Nouvelle fenêtre) qui explique comment vérifier la présence d’huile végétale dans le ghee, en utilisant du sucre.

16. Les légumes sont-ils recouverts de cire?

C'est un poivron trempé dans de l'eau.La vidéo explique que certains aliments peuvent être enduits de cire. Photo : Capture d’écran – Facebook

Oui, mais cette cire est comestible.

La vidéo montre comment retirer la cire qui recouvre des poivrons en trempant ceux-ci dans l’eau chaude.

Les fruits et légumes peuvent effectivement être recouverts de cire pour les protéger durant le transport et l’entreposage, mais l’usage de cette substance est approuvé par les autorités, et la cire est souvent d’origine végétale.

« Ce n’est pas une situation inhabituelle. Les pommes, les oranges et les citrons sont souvent recouverts de cire et c’est pour empêcher l’eau de s’évaporer », mentionne Joe Schwarcz.

On peut effectivement retirer la cire en plongeant l’aliment dans l’eau chaude, mais le chimiste croit qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter.

On sous-entend qu’il y a un problème avec cette cire et que ce serait toxique. Cela n’est tout simplement pas vrai. Joe Schwarcz, chimiste et directeur de l’Organisation pour la science et la société à l’Université McGill

L’ACIA exige que les producteurs(Nouvelle fenêtre) indiquent la composition de l’enduit de cire sur les fruits et légumes si ces enduits contiennent des substances allergènes.

Du contenu de « divertissement », répond la compagnie

La compagnie First Media répond que sa vidéo « ne prétend pas que tous les produits alimentaires » sont concernés par ces allégations ni que cela s’applique à tous les manufacturiers du secteur alimentaire.

Une porte-parole de la compagnie souligne aussi que, bien que la vidéo ait été produite à Los Angeles, leurs sources d’informations proviennent principalement du sud de l’Asie.

La porte-parole de la compagnie ajoute que la vidéo ne fait aucune recommandation en matière de santé ou de nutrition, et que ce contenu est produit à des fins « d’information et de divertissement ».

Qui est First Media?

L’entreprise First Media gère plusieurs pages Facebook et une chaîne télévisée liées à la santé, à l’alimentation, à la famille et aux conseils de beauté. Elle affirme avoir plus de 100 millions d’abonnés sur les réseaux sociaux et générer chaque mois 1,5 milliard de visionnements sur ses vidéos. Sa vidéo la plus populaire a été vue plus de 446 millions de fois.

First Media n’en est pas à son premier contenu douteux. En 2017, l’entreprise a publié une vidéo sur Facebook qui affirmait que l’on peut réparer une assiette en porcelaine cassée en la trempant dans du lait. La vidéo a cumulé 330 millions de visionnements.

Une autre, publiée en 2018, affirme qu’en recouvrant une briquette de charbon de beurre d’arachide, puis en la congelant, on peut la transformer en cristal. Celle-ci a été vue 441 millions de fois.

Faut-il avoir peur de ce que l’on mange?

En conclusion, le chimiste Joe Schwarcz considère que ces vidéos sont créées dans le but de devenir virales et qu’elles suscitent inutilement de la peur.

Ils essaient d’horrifier le public avec cela. Joe Schwarcz, chimiste et directeur de l’Organisation pour la science et la société à l’Université McGill

Le scientifique souligne toutefois que cette vidéo peut aider à prendre conscience que l’on mange beaucoup d’aliments transformés. Même si ceux-ci sont propres à la consommation, Joe Schwarcz croit que l’on a tout avantage à privilégier les aliments frais.

https://ici.radio-canada.ca