Le poids de nos commentaires sur les réseaux sociaux


J’adhère 100 %. Cela doit nous faire réfléchir sur ce que nous écrivons comme commentaire sur les réseaux sociaux. Quand une personne met une photo peut importe le sujet souvent les gens vont écrire les mêmes mots, tu es belle, tu es magnifique etc .. Nous sommes encore pris par l’aspect physique et non sur les capacités d’une personne. C’est un moyen d’enrichir notre vocabulaire
Nuage


Le poids de nos commentaires sur les réseaux sociaux



ÉQUILIBRE

Marie-Soleil Dion est porte-parole de l’organisme ÉquiLibre, qui est derrière la semaine «Le poids? Sans commentaire!».

Par Camille Laurin-Desjardins

Se décrivant elle-même comme «un peu bouboule» quand elle était jeune, Marie-Soleil Dion avoue avoir souffert de cette tyrannie de la perfection – amplifiée aujourd’hui par les réseaux sociaux.

«T’es donc ben belle!», «magnifique», «vraiment jolie». Voilà les commentaires qui accompagnent le plus souvent une photo sur les réseaux sociaux. Et même si elles peuvent sembler gentilles ou inoffensives, ce genre de remarques répétées crée une pression de la beauté, de la perfection. Alors qu’en fait, il pourrait y avoir tant d’autres choses à dire à propos d’une photo.

 C’est ce qui a inspiré le thème – «Une photo vaut 1000 mots» – de la huitième Semaine «Le poids? Sans commentaire», qui s’ouvre aujourd’hui.

«On invite les gens à faire un effort conscient pour commenter autre chose, parce que c’est vraiment un automatisme», affirme Andrée-Ann Bouchard, cheffe de projets et nutritionniste chez ÉquiLibre, l’organisme derrière cette semaine thématique.


«On le fait par intention bienveillante, bien souvent, c’est un premier réflexe, ajoute-t-elle. On veut changer le réflexe, inviter les gens à se creuser la tête pour commenter d’une autre façon, parce qu’il y a 1000 autres choses qu’on peut dire. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut plus se dire qu’on est beau ou belle… c’est juste d’essayer de diversifier.»

«Est-ce qu’on pourrait se dire: «tu es drôle», «tu es intelligente», «tu es persévérante», plutôt que de se dire «tu es belle», tout le temps?» MARIE-SOLEIL DION, AMBASSADRICE DE LA CAMPAGNE

Elle donne en exemple l’histoire qu’a racontée à l’organisme une adolescente, récemment.

«Son amie avait publié sa photo de finissante sur Facebook, et 95% des commentaires portaient sur le fait qu’elle était belle… alors qu’elle venait de finir son secondaire!» souligne Andrée-Ann Bouchard.

«Est-ce qu’on pourrait se dire: ″tu es drôle″, ″tu es intelligente″, ″tu es persévérante″, plutôt que de se dire ″tu es belle″, tout le temps?» se demande Marie-Soleil Dion, porte-parole d’ÉquiLibre depuis deux ans.

Cette histoire a même inspiré une des capsules de la campagne, qui seront diffusées sur les réseaux sociaux tout au long de la semaine.

Les réseaux sociaux, des amplificateurs

C’est déjà la huitième année de la Semaine «Le poids? Sans commentaire!». Mais seulement la deuxième dont le thème central porte sur les réseaux sociaux. Parce que ces plateformes ont pris encore plus d’importance dans nos vies, et ont amplifié le phénomène qui consiste à commenter l’apparence physique des autres, croit la cheffe de projets d’ÉquiLibre.

«Quand j’étais jeune, j’étais un peu ″bouboule″, raconte-t-elle. Je n’étais pas à l’image d’Alicia Silverstone dans Clueless, mettons. Mais j’essayais de lui ressembler, de mettre des gilets bedaine… et ça ne marchait pas! Je n’avais pas de modèle qui pouvait me ressembler. Et à l’époque, c’était juste dans les revues et les films!»

Maintenant, les jeunes sont bombardés d’images, à tout moment de la journée, sur leur téléphone, souligne-t-elle.

«Moi, ça me fait de la peine de savoir ça. Parce que même à 35 ans, avec un chum qui me dit que je suis belle tous les jours, ça me fait mal, des fois, quand je vais sur Instagram et que je vois la perfection. Ça me met de la pression.»

Le but de cette semaine est de faire réaliser, dans un premier temps, que l’anonymat ou le fait de se trouver derrière un clavier ne blesse pas moins les personnes qu’on attaque sur leur poids ou leur apparence physique. Mais aussi de sensibiliser les jeunes et les moins jeunes au fait que, parfois, un compliment peut aussi faire mal.

«Si j’ai mis un filtre, si la photo est retouchée, si j’ai pris du poids depuis cette photo-là… Ça met de la pression, j’ai l’impression que je ne pourrai pas atteindre cette image-là», fait remarquer Marie-Soleil Dion.

Insatisfaction corporelle

Une enquête de l’Institut de la statistique du Québec révélait récemment que plus de la moitié des adolescents sont insatisfaits de leur image corporelle, rappelle Andrée-Ann Bouchard.

Et l’insatisfaction peut avoir plusieurs conséquences importantes sur la santé et le bien-être d’un adolescent.

«Ça peut engendrer des comportements malsains pour la santé, comme essayer de contrôler son poids en sautant des repas ou s’entraîner de façon intensive, explique Andrée-Ann Bouchard. Ça peut même avoir des impacts sur la réussite scolaire. Quand l’apparence prend trop de place, c’est tout ça que ça peut donner.»

Et même si on a l’impression que cette obsession pour l’apparence corporelle touche surtout les filles, les garçons ont eu aussi de plus en plus de modèles inaccessibles sous les yeux, précise la nutritionniste, qui invite tous les internautes à partager une photo d’eux, cette semaine, avec le mot-clic #lepoidssanscommentaire.

La Semaine «Le poids? Sans commentaire!» est en cours jusqu’au 29 novembre.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Une coalition contre les applications d’espionnage de partenaire voit le jour


Le stalkerware a l’origine était à l’origine de surveiller les enfants ou les employeurs, ce que je ne suis pas d’accord .. Il semble être utilisé aussi pour espionner les moindres faits et gestes d’une personne. Un organisme travaille pour des victimes de violence conjugale, de harcèlement, d’abus et de fraude. Le but est d’informer les gens des possibilités d’être espionné avec leur téléphone, mais il y a des moyens de prévention. Ce que je ne comprends pas, pourquoi Google, Apple et autres autorisent que ces applications soit offertes a tous.
Nuage


Une coalition contre les applications d’espionnage de partenaire voit le jour

Une jeune femme préoccupée fixe son téléphone cellulaire.

Les personnes qui soupçonnent leur partenaire ou ex-partenaire d’avoir installé un logiciel espion sur leur appareil sont souvent sans ressource.

PHOTO : GETTY IMAGES / ANTONIO GUILLEM

Radio-Canada

    Des entreprises de cybersécurité, des organismes venant en aide aux victimes de violence conjugale et des activistes numériques ont formé cette semaine une coalition visant à freiner la propagation de « stalkerware », ces applications de surveillance de téléphone qui permettent d’espionner son conjoint ou sa conjointe à son insu, et à venir en aide aux victimes. 

    Stalkerware est une contraction de stalker (harceleur) et software (logiciel). Ces applications peuvent être téléchargées sur le téléphone d’une victime à son insu et permettent de surveiller à distance ses faits et gestes.

    Avec elles, on peut notamment être au fait des appels téléphoniques, des messages texte, des courriels, des activités en ligne, de la liste de contacts, de l’agenda électronique et de la position géographique de sa victime. Dans certains cas, il est même possible d’allumer le microphone de son téléphone ou de prendre des photos.

    Lorsqu’il est conçu pour fonctionner de manière furtive, sans notification, le stalkerware peut être un outil robuste pour le harcèlement, la surveillance, la fraude et l’abus. Ce genre d’abus peut être terrifiant et traumatisant, et soulève des préoccupations en matière de sécurité et vie privée, a expliqué la directrice du Réseau national de centres sur la violence domestique, Erica Olsen, par voie de communiqué.

    Son organisme figure parmi les dix qui forment la Coalition Against Stalkerware (coalition contre le stalkerware). Des entreprises d’antivirus comme Kapersky et la firme de cybersécurité Malwarebytes figurent aussi parmi les organisations membres.

    La coalition a lancé mardi le site web StopStalkerware.org (Nouvelle fenêtre), qui offre des ressources pour les victimes de ces applications. Le but est de sensibiliser le public quant à leur existence et de rediriger les victimes vers les organismes. Il est pour l’instant seulement disponible en anglais.

    D’après les informations sur le site web, 70 % des femmes victimes de cyberharcèlement ont aussi vécu de la violence domestique ou sexuelle. Il s’agit, selon la coalition, d’un phénomène genré.

    Stopper le stalkerware

    Ces applications sont souvent présentées comme des outils destinés aux parents qui veulent surveiller leurs enfants ou aux employeurs pour leur permettre de surveiller leur personnel alors qu’elles sont principalement utilisées pour espionner des partenaires.

    C’est entre autres pour cette raison que les différents logiciels d’antivirus pour téléphones cellulaires ne les détectent pas toujours comme étant des logiciels malveillants. La coalition espère donc établir des normes sur le stalkerware pour toute l’industrie de la cybersécurité et permettre aux victimes de détecter si ces applications se trouvent sur leur téléphone à leur insu.

    À terme, le but serait carrément de rayer le stalkerware de la carte numérique.

    Nous voulons que ces applications soient désactivées, que le développement d’applications de la sorte soit interrompu et que les personnes qui se servent de stalkerware soient emprisonnées pour avoir collecté des informations numériques hautement personnelles, a expliqué Eva Galperin, directrice de la cybersécurité de l’Electronic Frontier Foundation, une organisation de protection des libertés sur Internet membre de la coalition.

    Des trucs pour vous protéger

  • Un harceleur a besoin d’avoir physiquement accès à votre appareil mobile et doit connaître son mot de passe pour installer une application. Changez le mot de passe régulièrement et gardez-le secret.

  • Des spécialistes affirment que si vous soupçonnez qu’un logiciel-espion a été installé sur votre téléphone, l’effacer ou tenter de l’éteindre pourrait attiser la colère de votre harceleur et vous mettre en danger. Diana Galeano, du refuge pour femmes Nellie’s de Toronto, conseille à ses clientes de faire inspecter leur téléphone par leur fournisseur d’accès afin qu’il vérifie si des applications suspectes s’y trouvent et de changer de téléphone au besoin.

https://ici.radio-canada.ca/

Strangulation, automutilation : un compte Instagram suscite l’inquiétude dans les écoles


Les jeunes qui vont dans les réseaux sociaux peuvent être influencés par des personnes douteuses. Ce qui montre que les parents doivent être vigilants avec leurs enfants qui vont dans les réseaux sociaux. Dans ce cas-ci, ont voit que tout est mit en branle pour protéger les enfants.
Nuage

Strangulation, automutilation : un compte Instagram suscite l’inquiétude dans les écoles

Un téléphone mobile avec les applications Facebook et Instagram, entre autres.

Un utilisateur d’Instagram invitait des jeunes à relever des défis dangereux, à les filmer et à en publier la vidéo.

PHOTO : GETTY IMAGES

Radio-Canada

Strangulation, automutilation, se jeter devant un véhicule en mouvement : un compte Instagram qui incitait les jeunes à relever des défis dangereux et à se filmer a provoqué des inquiétudes dans des écoles de la Mauricie.

Le compte privé, qui a été supprimé au cours des dernières heures, était suivi par 1200 personnes, dont quelques dizaines d’élèves des écoles de la Commission scolaire de l’Énergie. Selon la Sûreté du Québec (SQ), son propriétaire résiderait dans la région de Shawinigan.

Ce sont des mères de l’école Val-Mauricie qui ont pris connaissance de ce compte et qui ont alerté la direction de l’établissement scolaire.

Dans le groupe, il y avait des élèves de l’école, et des élèves d’autres écoles aussi, mentionne la directrice, Carolyn Rouillard.

Même si les jeunes ne relevaient pas nécessairement les défis sur le terrain de l’établissement, l’école Val-Mauricie a envoyé une lettre aux parents, les invitant à discuter du phénomène avec leurs enfants. Les parents des élèves concernés ont également été convoqués par le personnel de certaines écoles.

Pour nous, c’était important d’avoir une prévention et d’avertir les parents concernés et également d’intervenir auprès des élèves, indique le directeur général de la Commission scolaire de l’Énergie, Denis Lemaire, en entrevue à l’émission Facteur matinal.

La Sûreté du Québec indique pour sa part qu’une enquête est en cours.

S’il est déterminé que des actions criminelles ont été commises, le dossier sera soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales, indique la porte-parole régionale de la SQ, la sergente Éloïse Cossette. C’est une situation où on se retrouve avec des adolescents qui compromettent leur sécurité, donc c’est préoccupant.

Elle précise qu’un policier affecté aux interventions en milieu scolaire se chargera au cours des prochaines semaines de discuter de ce cas précis avec les élèves de la région de Shawinigan. La direction de l’école Val-Mauricie dit surveiller la situation et se prépare à intervenir à nouveau si un autre compte du genre émergeait sur les réseaux sociaux.

https://ici.radio-canada.ca/

Faux artistes, vraies arnaques


Je ne comprends pas comment des personnes se font prendre de la sorte. Bon peut-être que je ne suis aucune vedette dans les réseaux sociaux, même si je peux aimer certains artistes, je ne suis pas une fan au point de vouloir tout savoir. Ce qui m’interpelle, des fraudeurs qui se font passer pour des artistes québécois est bien les mots qu’on n’utilise pas au Québec et les fautes a profusion (donc plus que moi)  De plus, sitôt qu’on parle d’argent pour réclamer un prix ou pour faire un don dans une conversation privée, devraient allumer les lumières de la méfiance.
Nuage


Faux artistes, vraies arnaques

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Marc Hervieux

Marie-Mai, Marc Dupré, Marc Hervieux… des arnaqueurs, souvent africains, utilisent le nom et les photos d’artistes québécois pour frauder des fans. Notre journaliste s’est créé un compte Instagram et s’est rapidement fait contacter par des imposteurs.

ÉMILIE BILODEAU
LA PRESSE

Des fans pris pour cible

Les faux comptes d’artistes créés pour escroquer pullulent sur Facebook et Instagram

L’entourage de Marie-Mai dépense énormément d’énergie à faire fermer les faux comptes qui utilisent le nom de la chanteuse sur les réseaux sociaux.

« Il en pleut des faux comptes, commente Marie-Mai. Presque tous les jours, on doit en fermer. Tous les jours, on doit effectuer un contrôle. »

L’artiste ne se pose pas en victime. Elle est attristée que des fans se fassent piéger par des escrocs au point d’en perdre de l’argent.

« C’est très frustrant. Ça me fait de la peine pour les fans qui pensent vraiment qu’ils ont un accès à moi. Ils [les fraudeurs] profitent de la naïveté de certaines personnes. Ça m’enrage ! Ça me choque ! »

Marie-Mai se retrouve aussi dans des situations embêtantes à cause des arnaqueurs. À la fin d’une séance de signature d’autographes, une fan s’est présentée à la chanteuse.

« Elle était convaincue que j’avais eu la discussion avec elle, sur le web, que j’étais lesbienne », cite l’artiste en exemple.

La chanteuse n’est pas la seule artiste ciblée par les malfaiteurs. Au cours des dernières années, des extorqueurs ont utilisé l’identité d’au moins une vingtaine de personnalités québécoises, dont celle de Marc Hervieux. Chaque fois, le ténor a dénoncé l’arnaque sur sa page Facebook et le compte du faussaire a rapidement été supprimé. Le chanteur ignore toutefois si des victimes se sont fait prendre au point d’envoyer de l’argent aux fraudeurs.


« C’est effrayant ! Les gens ont l’impression que tout à coup, ils ont un contact avec des gens qu’ils aiment beaucoup. Ils sont heureux de communiquer avec un artiste qu’ils aiment tant. Mais ce n’est pas nous », se désole Marc Hervieux.

Au moins une personne a aussi utilisé le nom de Dan Bigras pour solliciter des dons, il y a un an et demi. Le fraudeur prétendait que l’argent serait versé au Refuge des jeunes, un organisme que Dan Bigras parraine depuis près de 30 ans.

Le manège a cessé, mais il a repris, sous une nouvelle forme, dans les derniers mois.

« Ils [les faussaires] avaient l’air de faire des compliments aux personnes qu’ils approchaient, de vouloir les rencontrer, puis à un moment, ils leur demandaient un don », raconte l’artiste qui a été prévenu par des internautes vigilants.


« Bien voyons donc !, s’exclame-t-il. Je ne demande jamais de don sur les réseaux sociaux. Je ne fais jamais de demande en mariage. Je ne sollicite rien sur Facebook », déclare Dan Bigras.

Un iPhone en prix

L’animatrice Annie-Soleil Proteau s’est aussi mise à recevoir des messages étranges, sur Instagram, au cours de l’année.

« On m’écrivait : “J’ai participé à ton concours et j’ai gagné. Merci de me faire gagner un iPhone. Quand est-ce que je vais le recevoir ?” »

Sur le coup, la chroniqueuse culturelle à l’émission Salut Bonjour ne comprenait pas pourquoi on lui envoyait ces messages. Jamais elle n’avait organisé de concours ni fait tirer d’iPhone. Quelques semaines se sont écoulées et un internaute lui a appris qu’un individu utilisait son nom et ses photos sur Instagram. Puis, au mois d’août dernier, certaines personnes lui ont annoncé qu’elles s’étaient fait frauder de quelques centaines de dollars à quelques milliers de dollars.

« Je me suis mise à capoter. J’ai compris que quelqu’un utilisait mon nom et ma face pour arnaquer des gens », souligne l’animatrice, en colère.

Elle a d’ailleurs consulté un expert en cyberfraude qui soupçonne que l’imposteur serait établi au Congo.

La plupart des gens finissaient par comprendre que ce n’était pas moi, que je n’avais rien à voir là-dedans, que c’était une fraude et qu’ils s’étaient fait avoir. Mais il y en a qui ont vraiment pensé que c’était moi qui les arnaquais. Annie-Soleil Proteau

Annie-Soleil Proteau a eu beaucoup de difficulté à faire fermer le compte qui s’appelait « anniesoleil.proteauoff » ; le sien s’appelle « anniesoleil.proteau ». D’abord, le fraudeur a bloqué la vraie Annie-Soleil Proteau de sorte qu’elle ne puisse rien voir du compte utilisant ses photos. Puis, malgré les centaines de personnes qui lui écrivaient pour lui dire qu’ils avaient dénoncé le compte à Instagram, rien ne bougeait.

La situation est devenue plus sérieuse vers la fin d’août. Un dimanche après-midi, elle a passé quatre heures à répondre à des messages de fans, dont certains avaient été victimes de l’arnaque. Ceux-ci avaient composé un numéro de téléphone payant qui leur avait été fourni pour réclamer un iPhone 10. Les victimes se sont retrouvées avec une facture de téléphone salée et ce sont les fraudeurs qui se sont enrichis.

Elle a décidé de publier une photo et un message pour prévenir ses fans et, surtout, pour critiquer l’inertie d’Instagram. Quelques heures plus tard, le compte a finalement disparu de la plateforme sociale.

Douze faux comptes « officiels »

Nathalie Ménard est une fan d’Éric Lapointe. Elle n’approuve pas les gestes présumés de violence que le chanteur a commis contre une femme, mais elle ne renie pas l’entrevue qu’elle a accordée à La Presse bien avant que des accusations ne soit portées contre l’artiste.

Chaque année, Nathalie Ménard assiste à trois ou quatre spectacles de son chanteur préféré. Elle publie aussi des photos du rockeur sur les réseaux sociaux. Des « éric68 », « éric188 » ou « éric232323 » la contactent parfois sur la messagerie privée d’Instagram en prétendant qu’ils sont LE Éric Lapointe.

« L’autre jour, il y en a un qui me faisait croire que c’était vraiment Éric et qu’il sortait de studio. Eille, le cave ! Voir qu’en sortant de ton studio, tu m’écris. Come on, je n’ai pas 16 ans », s’exclame-t-elle.

Nathalie Ménard défie parfois les falsificateurs en leur posant des questions pointues, notamment sur ses nombreux tatouages. Il faut dire que Nathalie Ménard et Éric Lapointe portent le même dessin sur le bras gauche, le serpent de la pochette de l’album Ma peau.

D’habitude, Nathalie Ménard coupe court aux discussions avec les faux Éric Lapointe, car elle est convaincue que les charlatans n’habitent même pas le Québec. Ils utilisent des termes comme « manager », au lieu de gérant, ou « sponsors », au lieu de commanditaires. Leurs messages sont aussi bourrés de fautes d’orthographe et de syntaxe.

Pour La Presse, elle a toutefois entretenu une conversation plus longue avec un certain « eric_lapointre_officiel ». Le vrai compte d’Éric Lapointe s’appelle « eric.lapointe_officiel », sans coquille dans le nom de famille.

Celui-ci a demandé à la Joliettaine son lieu de résidence, son âge, si elle avait des enfants, si elle était mariée et si elle croyait en l’amour sur le web. Il lui a mentionné qu’il la trouvait belle. Après avoir échangé quelques dizaines de messages, Éric Lapointre (sic) lui a offert d’avoir accès en exclusivité aux dates de ses prochains spectacles et à des gros lots.

Tout ce qu’elle devait faire, c’est de remplir « une recharge » Neosurf de 150 $ dans un « bureau à tabac », un dépanneur en québécois.

Nathalie Ménard n’a pas pu se retenir. Elle lui a écrit : « va arnaquer quelqu’un d’autre ».

Le faussaire lui a répondu : « ta mère ».

Le vrai du faux

La Presse a fait parvenir des captures d’écran de huit faux Éric Lapointe « officiel » au porte-parole de Facebook. En moins de 24 heures, les comptes ont été fermés. Le hic, c’est que Facebook n’a pas été en mesure de distinguer le vrai compte du chanteur parmi les faux. L’authentique a aussi été supprimé.

« Il [le gestionnaire des réseaux sociaux d’Éric Lapointe] essaie de se brancher avec les codes et ça ne fonctionne pas. Instagram ne reconnaît même plus le courriel et le nom d’utilisateur qu’il a utilisés pour ouvrir le compte », a indiqué une personne de l’entourage du chanteur.

Notons que ce dernier a été accusé de voies de fait contre une femme le 25 octobre dernier.

Facebook demande à ses abonnés de dénoncer les faux comptes à l’aide du bouton « signaler » affiché sur la page de chaque utilisateur.

« Nous ne tolérons pas les fausses déclarations sur nos plateformes et nous travaillons rapidement pour éliminer les comptes frauduleux », a répondu la société américaine, par écrit.

Pour éviter de tomber dans le piège de fraudeurs, Facebook recommande à ses utilisateurs de ne suivre que les comptes qui possèdent un badge bleu. Ceux-ci ont été authentifiés. Facebook affirme également que toute arnaque doit être dénoncée, tant à l’entreprise qu’aux policiers.

— Avec Maryse Tessier, La Presse

« Tu es le vrai Marc Dupré ? »

Dix heures. C’est le temps qui s’est écoulé entre l’instant où notre journaliste a publié une photo du chanteur Marc Dupré et le premier message qu’elle a reçu d’un hameçonneur sur Instagram. Marcdupre_off_compre_prive lui a tout bonnement lancé un « salut », en message privé.

Notre journaliste s’est empressée de vérifier l’identité du chanteur en lui demandant s’il était le vrai Marc Dupré. Sa réponse nous a laissés perplexes :

« Je comprends parfaitement ta réaction, mais je ne suis pas un Dieu ni ce genre d’homme qui use de sa célébrité pour dénigrer les autres. »*

Marc Dupré (le faux !) nous a souvent fait languir plusieurs heures avant de répondre à nos questions. Somme toute, après quatre messages, il a commencé à nous aguicher :

« Tu es vraiment une fan et cela mérite une récompense. »

Il a ensuite proposé à notre reporter, qui s’appelle groupiemtl sur Instagram dans le cadre de ce reportage, de lui consacrer du temps libre pour passer un moment avec elle. Il faut dire que la journaliste a prétendu avoir assisté à 22 spectacles du chanteur !

Trois jours après le début de la conversation entre la vraie journaliste et le faux chanteur, celui-ci nous a écrit :

« Pour la rencontre, tu seras vraiment priée de faire quelque chose, car j’aide vraiment les personnes démunies vivant dans les pays pauvres, tu sais. »

Le faux Marc Dupré nous a alors demandé de verser 500 euros, le jour même, « dans le but de secourir les orphelins et les démunis dans les pays pauvres notamment en Afrique ».

Notre journaliste a voulu savoir comment lui faire parvenir l’argent. Le faux chanteur nous a demandé de nous rendre dans un « bureau de tabac » pour y acheter des coupons Neosurf, des cartes prépayées pour faire des achats sur l’internet, ou de faire parvenir l’argent par Western Union à son « représentant qui se trouve présentement dans un pays appelé le Mali ».

Notons qu’il est impossible de suivre le parcours de l’argent envoyé par l’entremise de Western Union.

Éric Lapointe (ericlapointe232323) a aussi engagé la discussion avec notre journaliste en lui envoyant des bisous. Lorsque nous lui avons demandé s’il était le vrai Éric Lapointe, il a répondu : « oui, bien sûr fan ! ». « C’est ici que je parle à mes fans », a-t-il enchaîné.

Le prétendu Éric Lapointe nous a rapidement offert sa « carte fan », qui permet d’avoir accès à tous ses spectacles en loge VIP pour l’année 2019, avec six amis, des dédicaces et, surtout, un voyage pour deux personnes vers la destination de notre choix.

Tous ces cadeaux seraient offerts en échange de 500 $ à lui faire parvenir en coupons Neosurf.

À la fin des deux discussions, nous avons révélé notre véritable identité aux fraudeurs et nous leur avons demandé une entrevue.

Marc Dupré a dit ne pas comprendre pourquoi l’on doutait de lui. Il a réitéré qu’il était le vrai Marc Dupré. Puis, le lendemain de notre demande d’entrevue, le compte marcdupre_off_compre_prive a mystérieusement disparu d’Instagram.

Le faux Éric Lapointe, lui, a simplement cessé d’utiliser le compte ericlapointe232323.

Des fraudeurs organisés

Des euros, un bureau de tabac, le Mali… Mais qui tombe dans le piège de ces fraudeurs avec des signaux aussi évidents ?

Assurément quelques personnes, croit Éric Lessard. L’expert en fraude sur les réseaux sociaux affirme que les escrocs qui utilisent l’identité de personnalités québécoises s’y prennent de la même manière que dans les stratagèmes amoureux. Ils complimentent, charment et envoûtent leurs victimes potentielles. Ils leur proposent ensuite une rencontre privée ou des billets dans une loge, quelque chose que les admirateurs ont toujours cru inaccessible, quelque chose dont ils rêvent.

« C’est toujours le même stratagème, souligne M. Lessard. Ils veulent te faire vivre quelque chose d’unique, mais quelque part dans la chaîne, tu vas devoir payer. »

Selon lui, les fraudeurs viennent souvent de pays de l’Afrique de l’Ouest et ils ne travaillent pas dans l’obscurité de leur sous-sol, mais bien de manière organisée.

Ce sont des business. Ils sont installés dans de grands bureaux et commettent toutes sortes de fraudes. Ils sont payés à la commission. On les assoit derrière un écran, ils se font passer pour une dame super sexy ou pour un artiste, et ils vont à la pêche sur le web. Éric Lessard, expert en fraude sur les réseaux sociaux

Le Centre antifraude du Canada, géré par la Gendarmerie royale du Canada, ne possède aucune statistique concernant les fraudeurs qui se font passer pour des artistes canadiens.

Sue Labine, superviseure des opérations du centre d’appel, confirme toutefois que dans ce genre de situation, les « criminels sont principalement localisés à l’étranger ».

Même si les montants des fraudes ne sont pas toujours élevés, Mme Labine indique que les victimes devraient toujours porter plainte à leur service de police locale ainsi qu’au Centre antifraude du Canada.

Elle affirme aussi que les internautes devraient se méfier de toute personne qui demande un transfert d’argent par Western Union sur les réseaux sociaux.

« Si vous envoyez de l’argent à un fraudeur, il est très rare que la transaction puisse être retracée. On encourage aussi toutes les victimes à communiquer avec Western Union. »

La Sûreté du Québec n’a pas enregistré de plaintes concernant des fans qui se seraient fait duper par de faux artistes, mais cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de cas, affirme Hugo Fontaine, lieutenant aux communications de l’organisation.

Certaines victimes ne veulent pas dénoncer la fraude, car ils ont honte de s’être fait prendre, dit-il.

« Il y a des gens qui ne sont pas conscients de s’être fait avoir. Il y a aussi des personnes qui ne voient pas la pertinence, pour un petit montant, de rapporter la fraude », explique le lieutenant.

M. Fontaine ne s’en cache pas : certains pays d’Afrique collaborent mieux que d’autres pour enrayer les fraudes. Pour donner du poids aux enquêtes et éradiquer les arnaqueurs, il insiste sur le fait que les victimes doivent porter plainte.

*Les nombreuses fautes d’orthographe ont été corrigées dans les messages pour améliorer la lecture du texte.

« C’est désolant »

Deux artistes témoignent de leur lutte contre les faux comptes

Marc-André Fortin : « Ils demandaient 300 $ à mes fans »

Le chanteur Marc-André Fortin a fait face à des fraudeurs infatigables, l’été dernier. Au mois de juillet, une première fan lui a signalé qu’un individu utilisait son nom et ses images sur Facebook. Le gagnant de Star Académie 2005 a réussi à faire fermer le compte sans trop de problèmes.

Quelques semaines plus tard, de faux comptes avec son nom sont apparus quotidiennement sur les réseaux sociaux. Dans tous les cas, les escrocs tentaient de charmer leurs victimes, puis ils leur demandaient de l’argent.

« Ce qui est plus grave, c’est qu’ils demandaient 300 $ à mes fans en échange d’une carte de membre VIP. Franchement, il faut le faire ! », s’exclame l’artiste.

Marc-André Fortin ignore si certaines personnes ont envoyé de l’argent aux fraudeurs.

« Je trouve ça bien désolant. Ç’a été de l’ouvrage de signaler tous ces comptes, mais c’est surtout désolant pour les gens qui sont plus vulnérables. »

Daniel Boucher : « L’envie de leur sacrer un bon coup… »

Au printemps dernier, une femme a contacté le chanteur Daniel Boucher pour le prévenir que quelqu’un utilisait son identité sur Instagram.

« J’ai reçu un message qui me disait : “Il veut nous voir, tes fans, sur vidéo avec peu de vêtements. Je voulais juste te le faire savoir.” »

Le faux compte a été signalé et fermé.

Mais les fraudeurs ont continué à utiliser le nom du chanteur. Ils tentent de soutirer de l’argent à leurs victimes ou leur demandent des données personnelles sur Facebook et Instagram.

Le vrai Daniel Boucher ne peut jamais voir les comptes frauduleux parce que les escrocs lui bloquent l’accès.

« Ça me donne envie de mettre mes bottes capées et de leur sacrer un bon coup dans le cul », dit-il au sujet des fraudeurs.

https://www.lapresse.ca/

170.000 textos de la Saint-Valentin ont été reçus avec neuf mois de retard aux USA



Il a dû avoir des malentendus, des surprises surprenantes pour tous ceux qui ont reçu des sms 9 mois après que l’auteur l’a envoyé.
Nuage


170.000 textos de la Saint-Valentin ont été reçus avec neuf mois de retard aux USA


Une bonne excuse pour ne pas répondre | Alex Ware via Unsplash 

Une bonne excuse pour ne pas répondre | Alex Ware via Unsplash

Repéré par Nina Pareja

Repéré sur NBC News

Ce n’est pas une histoire de fantômes.

La flèche de cupidon a été retenue pendant neuf mois avant de dégainer des textos en pleine nuit à des milliers de personnes aux États-Unis. Sur les réseaux sociaux, le phénomène a rapidement été qualifié de ghost texts, «textos fantômes». Certain.es ont reçu des messages de leur ancien crush à qui ils ou elles n’adressent plus la parole, d’autres de leurs parents, une jeune femme a reçu un texto de son père décédé des mois plus tôt.

Utilisant des opérateurs mobiles différents, beaucoup ont d’abord cru à un gigantesque hack ou à un vol de numéros. Finalement, il s’agit simplement d’un bug à retardement dû à un fournisseur de réseau tiers, Syniverse, l’un des nombreux intermédiaires du complexe réseau américain de téléphonie mobile chargés d’assurer la transmission dans les zones où la couverture réseau est défaillante.

Dans la nuit du 14 février 2019, l’un des serveurs utilisés par Syniverse s’est éteint et a gelé l’envoi de 168.000 messages. Quand le serveur a été réactivé dans la nuit du 6 novembre 2019, les anciens textos ont été envoyés automatiquement.

L’entreprise Syniverse est employée par des opérateurs équivalents à Orange ou Bouygues en France pour organiser et faciliter l’envoi des 18 milliards de SMS échangés quotidiennement aux États-Unis. Elle fonctionne donc avec un système de stockage des données mais, en principe, les messages ne sont pas conservés plus de 72 heures.

Ce bug de la Saint-Valentin est en fait un parfait révélateur de la complexité des réseaux de téléphonie dans le monde.

http://www.slate.fr/

Non, cette photo ne montre pas les résultats de la tempête du 1er novembre à Blainville


Je l’ai vue cette photo qui a été partager sur Facebook. Il est vrai qu’il y a eu pas mal de dégâts dans quelques coins du Québec lors de la dernière tempête automnale,  mais il y a toujours quelqu’un qui aime glisser des fausses informations. Cette photo est vraie, mais elle a été prise en décembre 2012 aux États-Unis.
Nuage


Non, cette photo ne montre pas les résultats de la tempête du 1er novembre à Blainville


On voit une pelouse complètement arrachée par le vent.

L’image n’a pas été prise à Blainville, mais à 3400 km de là, dans l’État de Washington.

PHOTO : CAPTURE D’ÉCRAN – FACEBOOK

On y voit plutôt des dégâts causés par le vent dans l’État de Washington, aux États-Unis, en 2012.

Jeff Yates


Une photo semble montrer d’importants dégâts causés par les vents forts qui ont déferlé sur le Québec le 1er novembre. Or, elle a été prise dans l’État de Washington, aux États-Unis, en 2012.

Malade!!, a écrit un internaute en publiant la photo en question sur Facebook. Il a ajouté que l’image avait été prise à Blainville, dans les Basses-Laurentides.

Nous voyons une pelouse arrachée par le vent.

La publication a été supprimée en début d’après-midi lundi.

PHOTO : CAPTURE D’ÉCRAN – FACEBOOK

L’image, partagée près de 3000 fois, montre de la pelouse arrachée par le vent devant une maison. Le Québec a été frappé par des vents violents vendredi dernier, ce qui a causé des pannes d’électricité dans près d’un million de foyers dans la province. La publication a été supprimée en début d’après-midi, lundi, après la publication de cet article.

Or, la photo en question circule sur le web depuis bien plus longtemps. Par exemple, ce blogue français l’a publiée en 2015(Nouvelle fenêtre) Elle figure aussi dans plusieurs palmarès de photos insolites un peu partout sur Internet. Impossible, donc, qu’elle montre les résultats de la tempête de vendredi dernier.

En fait, le cliché a été publié pour la première fois sur le site Reddit le 18 décembre 2012 (Nouvelle fenêtre). Des vents forts dans l’État de Washington, affirme l’internaute, avant d’ajouter dans les commentaires :Ce n’est pas ma maison, c’est juste une maison que j’ai vue dans le coin ici et je voulais vous la montrer. Un autre utilisateur confirme que la demeure est située dans la ville de West Richland.

Il y avait en effet eu une importante tempête à Washington le 17 décembre 2012. Des vents allant jusqu’à 160 km/h avaient déferlé sur l’État. Une maison avait d’ailleurs été ensevelie sous des débris végétaux(Nouvelle fenêtre).

https://ici.radio-canada.ca/

Ces fausses nouvelles « zombies » qui refusent de mourir


La désinformation a toujours existé. Avant, c’était du commérage de quartier, mais aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, certaines fausses nouvelles prennent de l’ampleur et dure des années. Même les sites fiables se font prendre quelques fois, mais ils corrigent par la suite, sauf que d’autres vont continuer a partager sans se soucier que ce soit vrai ou faux. Comme les commères d’autrefois.
Nuage


Ces fausses nouvelles « zombies » qui refusent de mourir

Un main de zombie tient un téléphone intelligent.

Certaines fausses nouvelles meurent de leur belle mort, mais d’autres semblent avoir une longévité infinie. Rien n’y fait : elles sont difficiles à contrer.

PHOTO : ISTOCK

Alexis De Lancer

Comment expliquer qu’elles résistent autant aux assauts des journalistes qui en démontrent la fausseté?

La mission première de l’équipe des Décrypteurs est de débusquer la désinformation. Mais on doit parfois s’avouer vaincus. Quoi qu’on fasse, certaines fausses nouvelles sont plus coriaces que d’autres. Immortelles?  Peut-être.

Les fausses nouvelles zombies sont bien installées dans le paysage médiatique et l’avènement des médias sociaux n’a fait qu’amplifier le phénomène. Des exemples? On a l’embarras du choix.

Parmi les classiques : les photomontages.

Ce photomontage circule sur Twitter depuis 2011.

Les passages d’ouragans sont un terreau fertile pour ce type d’images trompeuses. Que ce soit un requin nageant paisiblement dans une autoroute submergée ou un alligator égaré devant une maison, les partages de ces photomontages se comptent par milliers.

Ouragan après ouragan, malgré toutes les preuves présentées pour en démontrer la fausseté, rien n’y fait. Même la célèbre journaliste américaine Katie Couric s’est fait prendre au piège.

La journaliste Katie Couric a partagé ce photomontage après l’ouragan Harvey.

Mais certaines fausses nouvelles zombies peuvent être plus problématiques. Une des plus partagées au Canada laisse entendre que les réfugiés reçoivent davantage d’aide financière d’Ottawa que les personnes aînées.

Mon collègue Jeff Yates a décrypté cette fausse nouvelle à plusieurs reprises depuis 2015. La source de cette information fallacieuse est un article publié par le Toronto Star en 2004. Le quotidien a d’ailleurs reconnu avoir commis une erreur en publiant cet article, dont certains passages portaient à confusion.

Même le gouvernement fédéral a tenu à rectifier les faits (Nouvelle fenêtre) pour contrer la circulation de ce qui est devenu une légende urbaine. Pourtant, cette fausse nouvelle court toujours

Le secret de la longévité

Ce qui garde en vie ce type de désinformation est le fait qu’elle découle d’une forme de folklore moderne.

Selon les folkloristes consultés par Jeff Yates, les fausses nouvelles zombies servent entre autres à exprimer ou à canaliser les peurs qui subsistent au sein de la société.

Par le fait même, ces légendes urbaines permettent aussi de tout simplement exprimer une opinion… et c’est précisément ce qui permet la longévité déconcertante de cette catégorie de fausses nouvelles.

Ça devient extrêmement difficile de contrer ces histoires-là, parce que ce ne sont pas nécessairement les faits qui intéressent ces personnes-là, mais plutôt la morale de l’histoire. C’est ça la vérité pour eux.  Jeff Yates, journaliste, Décrypteurs

La fausse nouvelle la plus populaire du Québec

Une illustration montrant différents messages adressés à Dorval.

La Ville de Dorval a reçu des messages de partout dans le monde.

PHOTO : RADIO-CANADA

La palme de la fausse nouvelle zombie au Québec revient sans contredit à la rumeur voulant que le maire de Dorval a tenu tête aux parents d’élèves musulmans qui lui demandaient de retirer le porc des cantines scolaires.

Radio-Canada et d’autres médias ont déboulonné cette histoire qui circule depuis 2015.

Peine perdue, quatre ans après avoir formellement elle-même démenti la nouvelle, la Ville de Dorval continue de recevoir des courriels à ce sujet.

Le maire, c’est un « héros » à travers le monde, raconte le chargé des communications, Sébastien Gauthier. On reçoit des messages d’outre-mer, des États-Unis, de l’Ouest canadien.

Des gens nous disent : « Bravo au maire, il se tient debout ». Il n’y a pas une semaine qui passe sans que j’en voie passer. Sébastien Gauthier, chargé des communications, Ville de Dorval

Sébastien Gauthier était au coeur de la tempête quand cette fausse nouvelle s’est mise à circuler abondamment sur le web.

À l’époque, la Ville de Dorval n’avait qu’un site web et aucune présence sur Facebook et Twitter. Le simple communiqué publié sur leur page web n’a évidemment pas été suffisant pour contrer la vague.

On a peut-être été un peu naïfs dans le sens où on a cru que la nouvelle mourrait d’elle-même […] On a peut-être sous-estimé le pouvoir du web et des médias sociaux. On s’est dit : « comme toute nouvelle, ça va s’estomper ». Sébastien Gauthier, chargé des communications, Ville de Dorval

À elles seules, deux des versions de cette fausse nouvelle qui circulent sur Facebook ont cumulé près de 10 000 partages au cours des cinq derniers mois et plus de 300 000 partages depuis 2015.

Si la tendance se maintient, cette courbe de croissance ne s’estompera pas de sitôt… au grand dam de la Ville de Dorval.

https://ici.radio-canada.ca/