En Chine, une appli­ca­tion créée par le gouver­ne­ment espionne plus de 100 millions de citoyens


Big Brother est en Chine ! Le gouvernement espionne ses citoyens via une application sur la ligne de pensée du président chinois devient un aspirateur de données des citoyens.En plus, il peut modifier des fichiers, télécharger d’autres application, prendre une photo, ouvrir le micro et autres sur des téléphones Android

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En Chine, une appli­ca­tion créée par le gouver­ne­ment espionne plus de 100 millions de citoyens


par  Adrien Gingold

Des cybers­pé­cia­listes alle­mands ont décou­vert une back­door (ou « porte déro­bée ») dans une appli­ca­tion chinoise dédiée au président Xi Jinping, rela­tait samedi 12 octobre le Washing­ton Post.

L’ap­pli­ca­tion Xuexi Qiang­guo a été lancée en janvier par le pouvoir chinois. Selon une société alle­mande de cyber­sé­cu­rité, Cure53, elle a surtout été conçue pour espion­ner en profon­deur les smart­phones des citoyens qui la télé­chargent.

Offi­ciel­le­ment, l’ap­pli­ca­tion Xuexi Qiang­guo compile articles, livres et vidéos sur la vie et la pensée du président chinois Xi Jinping. Lancée en janvier 2019, elle comp­tait déjà plus de 100 millions d’uti­li­sa­teurs en avril dernier. Les jour­na­listes ont vive­ment été inci­tés à la télé­char­ger pour prou­ver leur loyauté au Parti. 

Aujourd’­hui, Cure53 présente l’ap­pli­ca­tion comme un aspi­ra­teur de données géant, ayant accès aux photos, messages, contacts ou histo­riques de navi­ga­tion de ses utili­sa­teurs. Plus effrayant encore, l’ap­pli­ca­tion permet de modi­fier des fichiers, télé­char­ger des appli­ca­tions, compo­ser des numé­ros, déclen­cher le flash de l’ap­pa­reil photo ou ouvrir le micro des 100 millions de télé­phones Android sur lesquels elle a été instal­lée. 

Source : The Washing­ton Post

https://www.ulyces.co

Joker, un nouveau logiciel malveillant, s’attaque à Android


Encore ! Un logiciel malveillant sur 24 applications identifiées sur Google play qui risque de débiter votre carte de crédit. Si vous aviez un de ces applications, il est fortement conseillé de les désinstaller
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Joker, un nouveau logiciel malveillant, s’attaque à Android

Deux cartes à jouer qui se révèlent être des jokers.

24 applications d’Android sont touchées par le logiciel malveillant Joker.


Radio-Canada

Publié hier à 21 h 00

Utilisateurs et utilisatrices d’Android, prenez garde et, surtout, surveillez vos relevés de carte de crédit. Un nouveau logiciel malveillant se cache dans 24 applications, téléchargées 472 000 fois sur Google Play.

Baptisé Joker, ce logiciel peut, une fois déployé, abonner les utilisateurs et utilisatrices à des services payants à leur insu. Il a été détecté par un analyste du groupe de sécurité CSIS, au Danemark.

« Le logiciel stimule l’interaction avec les sites de publicité, en plus de voler les messages textes de la victime, sa liste de contacts et l’information de son appareil », prévient Aleksejs Kuprins.

Ce n’est pas tout : l’interaction automatique avec les sites de publicité inclut la simulation de clics et l’entrée de codes d’autorisation pour des services d’abonnement payants.

Les 24 applications touchées ont été retirées de Google Play. Les gens qui utilisent l’une d’elles sur leur téléphone devraient la désinstaller.

Les 24 applications touchées

  • Advocate Wallpaper

  • Age Face, Altar Message

  • Antivirus Security

  • Security Scan, Beach Camera

  • Board picture editing, Certain Wallpaper

  • Climate SMS

  • Collate Face Scanner

  • Cute Camera

  • Dazzle Wallpaper

  • Declare Message

  • Display Camera

  • Great VPN

  • Humour Camera

  • Ignite Clea

  • Leaf Face Scanner

  • Mini Camera

  • Print Plant scan

  • Rapid Face Scanner

  • Reward Clean

  • Ruddy SMS

  • Soby Camera

  • Spark Wallpaper

Avec les informations de Mashable

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Des applications nature pour identifier les espèces de votre jardin


iNaturalist est une application qui permet d’avoir des informations sur une plante, insecte ou un animal. En téléversant une photo du sujet qui nous intrigue, un algorithme vous dira ce que ce pourrait être et une communauté d’iNaturalist est mise à profit pour confirmer de quelle espèce il s’agit. Tout cela comme le jeu de Pokémon Go … sauf que c’est plus instructif.
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Des applications nature pour identifier les espèces de votre jardin


Une tordeuse à barre oblique (Graphocephala coccinea) sur une feuille.

Des applications comme iNaturalist sont conçues pour vous aider à identifier des espèces comme cette tordeuse à barre oblique (Graphocephala coccinea).

PHOTO : EMILY CHUNG/CBC

Radio-Canada

Vous êtes-vous déjà demandé le nom d’une plante ou d’un insecte de votre jardin ou de votre quartier? Des applications pour téléphone intelligent à la Pokémon Go permettent d’identifier des créatures, mais dans la vie réelle.

L’une des plus populaires est iNaturalist, qui compte 640 000 utilisateurs et utilisatrices dans le monde. Elle permet de garder les yeux ouverts sur l’incroyable variété d’espèces qui nous entourent grâce à l’intelligence artificielle.

Téléversez une photo de la plante ou de l’animal qui vous intrigue, et un algorithme vous dira ce que ce pourrait être. De plus, la communauté d’iNaturalist est mise à profit pour confirmer de quelle espèce il s’agit et préciser l’algorithme. L’application comprend aussi une carte des espèces que vous avez aperçues et des « missions » pour identifier celles que vous ne connaissez pas, mais qui sont néanmoins présentes dans les alentours.

« C’est un peu comme Pokémon Go. Combien pourrez-vous en trouver? », explique Carrie Seltzer, qui travaille pour l’application.

 Elle explique que même une pelouse en apparence banale, voire une craque de trottoir, peut receler une grande variété d’espèces.

« Quand je marche en ville, c’est un peu comme une chasse au trésor », dit celle qui vit à Washington.

Plus qu’un jeu

Mais contrairement à Pokémon Go, iNaturalist n’est pas qu’un jeu. L’application, qui s’appuie sur le concept de « science citoyenne », collecte des données qui peuvent être utiles à des biologistes et des organismes de conservation des espèces et des populations animales. La Fédération canadienne de la faune et de la flore et le programme pour la biodiversité du Musée royal de l’Ontario soutiennent la version canadienne de l’application.

L’application iNaturalist, qui recense 23 millions d’observations dans le monde, n’est pas unique en son genre. Certaines sont restreintes à des lieux précis tandis que d’autres s’attardent à des espèces en particulier. C’est le cas d’eBird, une application d’ornithologie qui compte plus de 590 millions d’observations.

Le site Internet IPapillon, de son côté, se spécialise dans les papillons. Lancé en 2011 par Jeremy Kerr, un biologiste de l’Université d’Ottawa, il est aussi soutenu par Espace pour la vie, à Montréal.

Dans un article publié l’an dernier dans le journal Global Change Biology, Jeremy Kerr et deux de ses collègues de l’Université d’Ottawa expliquent comment les utilisateurs et utilisatrices de l’application ont contribué à mieux comprendre la distribution de plus de 80 espèces, identifiées en moyenne 35 jours avant les échantillons faits par les scientifiques. L’application a aussi permis d’identifier trois espèces qui ne figuraient auparavant pas dans l’échantillonnage de certaines régions.

D’après un reportage d’Emily Chung, de CBC News

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Une application pour tuer des diabétiques créée… pour mieux les protéger


Des chercheurs en sécurité informatique ont forcé la main de Medtronic à prendre au sérieux des risques de la pompe à insuline MiniMed 508 à une attaque pour changer la dose d’insuline nécessaire ou ne pas en donner du tout. Ils ont même rendu public l’application qui peut tuer un diabétique.Medtronic a été lent à avouer la vulnérabilité de ses pompes, mais il a fini par agir.Il a fallu des moyens drastiques pour changer les choses. J’avoue ne pas trop aimer ce genre de procédé qui permet de rester en vie que ce soient les pompes insulines ou autres outils, alors qu’il y a toujours une personne qui pourrait pirater le programme.
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Une application pour tuer des diabétiques créée… pour mieux les protéger


Une personne dont on ne peut voir que la taille vérifie l'écran de sa pompe à insuline.

Deux chercheurs ont voulu démontrer le potentiel meurtrier des vulnérabilités informatiques des pompes à insuline MiniMed 508 de Medtronic.

PHOTO : GETTY IMAGES / MARKHATFIELD

Radio-Canada

Des chercheurs en sécurité informatique ont mis au point une application pouvant se connecter à des pompes à insuline et administrer des doses fatales d’insuline aux personnes diabétiques. Dans une entrevue avec Wired, ces chercheurs disent avoir conçu l’application pour forcer le fabricant à réagir aux vulnérabilités de ses appareils.

Il y a deux ans, les chercheurs de la firme QED Billy Rios et Jonathan Butts faisaient une découverte troublante en étudiant le fonctionnement des pompes à insuline MiniMed 508 de Medtronic. Avec un peu de savoir-faire, une personne mal intentionnée pouvait aisément copier les radiofréquences de la télécommande de ces appareils pour lui envoyer des instructions à distance. Résultat : il était possible d’administrer de multiples doses d’insuline ou encore d’en bloquer l’injection à une personne diabétique.

Rapidement après leur découverte, les deux hommes contactent Medtronic pour la prévenir du danger et tentent de négocier avec l’entreprise pour mettre en place un système de protection ou un plan de remplacement des appareils.

Exaspérés par la résistance de Medtronic, les deux chercheurs rendent leur découverte publique dans l’espoir de faire bouger les choses. Leur présentation au congrès de cybersécurité Black Hat de Las Vegas, en août 2018, attire l’attention des médias du monde entier, et la Food and Drug Administration (FDA), l’équivalent de Santé Canada aux États-Unis, émet un avertissement public (Nouvelle fenêtre) sur son site web.

Mais ni Medtronic ni la FDAFood and Drug Administration n’agissent concrètement pour régler le problème et protéger les diabétiques utilisant une pompe MiniMed 508. Medtronic ne reconnaît d’ailleurs pas publiquement l’existence des vulnérabilités avant la publication sur son site web d’un bulletin de sécurité (Nouvelle fenêtre) en mars 2019.

L’application qui tue

À ce moment-là, Billy Rios et Jonathan Butts sont à bout de patience. Selon eux, un nouveau coup d’éclat est nécessaire pour forcer Medtronic à réagir. Cette fois, au lieu d’expliquer les risques théoriques liés à leur découverte, ils démontrent le véritable potentiel meurtrier des vulnérabilités des MiniMed 508.

Ces pompes à insuline sont généralement contrôlées directement par la personne diabétique, mais elles sont livrées avec une télécommande permettant au personnel médical de l’activer dans un rayon de quelques mètres.

Les communications entre la télécommande et la pompe ne sont toutefois pas chiffrées, ont découvert Billy Rios et Jonathan Butts, avec l’aide des chercheurs Jesse Young et Carl Schuett. Cela fait en sorte qu’il est relativement facile d’imiter le signal de la télécommande et de contourner les défenses rudimentaires en place à l’aide d’une télécommande fabriquée de toute pièce.

Une fois le contact entre la télécommande frauduleuse et la pompe établi, une personne mal intentionnée peut contrôler l’appareil à partir de son téléphone cellulaire.

Rappel volontaire

Le pari des chercheurs a porté fruit. Le 27 juin dernier, la FDAFood and Drug Administration a émis un avis de rappel volontaire (Nouvelle fenêtre) pour les pompes MiniMed 508 et pour 10 autres modèles de MiniMed. Selon Medtronic et la FDAFood and Drug Administration, il n’existe aucun moyen de mettre à jour les pompes à insuline pour les prémunir contre ce genre d’attaque.

Medtronic offre des appareils de remplacement équipés de « capacités de sécurité améliorées ». L’entreprise exhorte par ailleurs les diabétiques à consulter leur médecin pour savoir s’ils et elles devraient changer de pompe.

Avec les informations de Wired et CNBC

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Le téléphone en voie de remplacer le passeport


        Je suis septique ! Bien que je ne doute pas du tout des avantages que le téléphone pourrait remplacer un passeport en papier, je suis toujours inquiète sur la sécurité des données. Un passeport, c’est quand même un document plus qu’important.

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        Le téléphone en voie de remplacer le passeport

        Une femme en train d'utiliser son téléphone intelligent.

        Le téléphone intelligent pourra aussi servir de passeport.

        PHOTO : ISTOCK

        Radio-Canada

        Et si le téléphone intelligent remplaçait le passeport? C’est ce qui semble se dessiner avec le test effectué mercredi par le Canada et les Pays-Bas.

        Ils ont lancé un projet pilote qui permet de voyager entre les deux pays sur simple présentation d’un téléphone muni d’une nouvelle application contenant l’ensemble des données personnelles d’un voyageur.

        Baptisé « Identité numérique connue du voyageur » ou en anglais KTDI (Known Traveller Digital Identity), ce projet, dirigé par le Forum économique mondial (FEM), a été conçu pour anticiper l’augmentation exponentielle des voyages par avion dans un avenir proche.

        « D’ici 2030, quelque 1,8 milliard de personnes effectueront des vols vers l’étranger, en hausse de 50 % par rapport à 2016. Les systèmes actuels ne permettent pas aux aéroports de prendre en charge autant de monde. Ce projet propose une solution », a déclaré par communiqué le directeur de la mobilité au FEMForum économique mondial, Christoph Wolf.

        Les personnes voyageant entre Montréal ou Toronto et Amsterdam peuvent enregistrer sur leurs téléphones les informations personnelles contenues sur leur passeport, grâce à une application encryptée par la technologie « chaîne de blocs » [blockchain en anglais].

        Leur identité sera confirmée par reconnaissance faciale à leur arrivée dans chaque aéroport, ce qui les dispensera du passage à la police des frontières.

        Ce projet pilote « va améliorer l’expérience des voyageurs tout en s’assurant que la sécurité aux frontières est maintenue », a indiqué le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau.

        La chaîne de blocs est un registre décentralisé, public et infalsifiable, qui permet de garantir la fiabilité des informations sans faire appel à un tiers de confiance.

        Accueil mitigé

        Si des voyageurs rencontrés à l’aéroport Montréal-Trudeau voient en cette nouvelle application une façon de gagner du temps, d’autres craignent un vol de leurs données personnelles et préfèrent utiliser le passeport traditionnel.

        Les développeurs se montrent rassurants en soulignant que c’est le voyageur qui donne l’autorisation à l’Agence des services frontaliers ou à la compagnie aérienne d’accéder à ses informations personnelles.

        Selon Pierre Dupont, un des développeurs de l’application, cette nouvelle application réduit le risque de vol de données parce que les informations contenues dans le téléphone ne seront transmises que par un lien sécurisé activé par le voyageur lui-même. Il précise également que les données sont cryptées.

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      Google Maps vous prévient si un taximan tente de vous arnaquer


      Tout le monde ou presque connait Google maps qui peut donner l’itinéraire d’un point A à B à temps réel et peut même détourner si des routes sont en travaux. Présentement Google maps teste en Inde une application qui permet de savoir si un chauffeur de taxi est en train de prendre des détours pour que la course soit plus payante.
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      Google Maps vous prévient si un taximan tente de vous arnaquer

      Grâce à Google Maps, plus question de se faire berner par des taximens peu scrupuleux.


      Grâce à Google Maps, plus question de se faire berner par des taximens peu scrupuleux. © Photo News


      La célèbre application de cartographie teste actuellement une nouvelle fonction permettant d’envoyer des notifications aux utilisateurs lorsque l’itinéraire n’est pas respecté. 

    • C’est une technique bien connue utilisée par des chauffeurs de taxi ou de VTC peu scrupuleux: faire un détour pour gonfler le prix de la course. Elle fonctionne particulièrement bien si le client ne connait pas ou peu la ville dans laquelle il souhaite se déplacer.

      “Rester en sécurité”

      Grâce à Google Maps, ces mauvaises surprises en taxi,  ce sera bientôt de l’histoire ancienne. En effet, la firme de Mountain View a ajouté une nouvelle fonctionnalité à son application GPS. Désormais, Google Maps permet aux utilisateurs de “rester en sécurité” lorsqu’ils prennent un taxi, rapporte le site XDA-Developers.

      Concrètement,  l’application alerte l’utilisateur chaque fois que son taxi s’éloigne de plus de 500 mètres du trajet “logique” pour arriver à destination. Pour l’activer, il suffit d’appuyer sur le bouton “rester en sécurité” au moment de choisir son itinéraire. Vous serez donc prévenus si votre chauffeur s’éloigne délibérément de l’itinéraire prévu pour vous arnaquer, ou pire, vous enlever.

      Cette nouvelle fonctionnalité est pour l’instant testée en Inde. La date de son déploiement à l’échelle mondiale n’est pas encore connue.

      https://www.7sur7.be/

      Espionner son ou sa partenaire avec une application devrait être puni, disent des chercheurs


      Il existe des applications d’espionnage qui sont offertes pour surveiller les employés et les enfants. Sauf qu’il semble facile d’installer sur n’importe quel téléphone. Ce qui veut dire qu’on peut espionner son conjoint, conjointe. Le problème, c’est que cela amène donc des harceleurs, et même des violences conjugales. Espionner une personne vient à l’encontre du droit à la vie privée et à la protection des données. De toute manière, espionner une personne conjoint ou pas, ou encore les employés. Tant qu’au contrôle parental si c’est pour espionner son enfant, mieux vaut ne pas offert un téléphone. Enfin bref, il serait temps que le système judiciaire soit plus au courant de cette forme d’harcèlement.
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      Espionner son ou sa partenaire avec une application devrait être puni, disent des chercheurs


      Une jeune femme préoccupée fixe son téléphone cellulaire.

      Les personnes qui soupçonnent leur partenaire ou ex-partenaire d’avoir installé un logiciel espion sur leur appareil sont souvent sans ressource. Photo: Getty Images / Antonio Guillem

      Radio-Canada

      Il suffit de deux minutes et d’un mot de passe pour qu’un harceleur installe une application de surveillance sur le téléphone de son conjoint ou sa conjointe à son insu. Cette situation devrait préoccuper davantage les législateurs, selon un important groupe de recherche canadien.

      Un texte d’Anita Elash et Talia Ricci, de CBC

      Dans son dernier rapport, le Citizen Lab, un centre de recherche de l’Université de Toronto, décrit comment les partenaires malveillants peuvent facilement acheter des logiciels-espions sous forme d’applications et les télécharger sur le téléphone de leur victime à son insu. Ces logiciels sont surnommés « stalkerware » par le Citizen Lab, une contraction de « stalker » (harceleur) et « software » (logiciel).

      Une fois l’application installée, le harceleur peut surveiller à distance les moindres faits et gestes de sa victime, notamment ses appels téléphoniques, ses messages texte, ses courriels, ses activités en ligne, sa liste de contacts, son agenda électronique et sa position géographique. Dans certains cas, il peut également allumer le microphone du téléphone ou prendre des photos.

      Le rapport conclut que quiconque utilise un tel logiciel-espion enfreint potentiellement toute une variété de lois – et cela s’applique également aux entreprises qui vendent ces applications dans le but de surveiller des personnes. Mais jusqu’ici, souligne le rapport, les policiers et les procureurs ferment les yeux sur cette situation.

      « Des conjoints malveillants ciblent et surveillent des personnes d’une façon inappropriée et injuste », a affirmé Christopher Parsons, un chercheur associé au Citizen Lab et l’un des principaux auteurs du rapport. « Nous devons faire mieux en tant que société. »

      « Le parfait outil pour surprendre un époux qui vous trompe »

      Le rapport est le premier examen exhaustif de l’utilisation des logiciels-espions de type stalkerware au Canada. Les chercheurs ont analysé en profondeur les huit logiciels-espions pour appareils Android offerts au Canada les plus populaires.

      Ces applications sont principalement présentées comme des outils destinés aux parents leur permettant de surveiller leurs enfants ou aux employeurs pour leur permettre de surveiller leurs employés. Mais les chercheurs ont découvert que plusieurs concepteurs présentent ouvertement leur application comme un bon moyen de surveiller un partenaire intime.

      Le rapport indique que le site web de l’une de ces entreprises, Highster Mobile, décrit son application comme « le parfait outil pour surprendre un époux qui vous trompe ».

      « L’utilisateur ne saura jamais que l’application est installée et qu’elle amasse des données », pouvait-on lire sur le site de l’entreprise.

      « Un scénario d’espionnage »

      Un billet de blogue d’une autre application, FlexiSPY, expliquait comment sa fonction Spoof SMS (faux texto) pouvait servir dans un « scénario d’espionnage ».

      « Nous avons des raisons de croire que Margaret (notre téléphone cible) fréquente à nouveau Bill – avec qui elle a supposément mis fin à une relation extraconjugale il y a deux mois, pouvait-on lire dans le billet de blogue. Nous avons surveillé le registre d’appels, les conversations par messages texte et messages instantanés, alors on sait qu’ils sont à nouveau en contact. »

      CBC a demandé à Highster Mobile et FlexiSPY de commenter, mais n’a pas reçu de réponse de leur part. Les pages principales de leurs sites stipulent que leurs applications sont conçues pour effectuer un contrôle parental et surveiller des employés.

      Le chercheur Christopher Parsons a affirmé qu’une telle application peut être installée « en quelques minutes » si l’utilisateur peut mettre la main sur l’appareil mobile de l’autre personne et connaît son mot de passe. L’application est cachée, alors la personne ciblée pourrait ne jamais s’apercevoir qu’elle est installée.

      De nombreuses femmes inquiètes

      On ignore si l’utilisation de tels logiciels-espions est répandue dans les cas de violence domestique. Toutefois, dans un sondage de 2015 mené auprès des centres canadiens d’hébergement pour femmes, 93 % des travailleuses de première ligne ont indiqué qu’elles avaient soutenu une femme ayant été intimidée ou menacée par quelqu’un utilisant ce type de technologie.

      Diana Galeano, une spécialiste de l’accompagnement au refuge pour femmes Nellie’s de Toronto, a expliqué qu’elle a rencontré de nombreuses clientes convaincues que leur conjoint abusif utilisait leur téléphone pour les harceler.

      Dans un cas, le harceleur s’est présenté à la maison de son ex-petite amie et l’a poignardée à la poitrine. Il a par la suite été emprisonné pour voies de fait. Diana Galeano a expliqué que la femme avait gardé son adresse secrète, mais qu’elle utilisait toujours le même téléphone au moment des faits. Elle croit que son ex-partenaire avait installé un logiciel-espion sur le téléphone pour suivre ses déplacements.

      Diana Galeano affirme que même les femmes qui n’ont pas été attaquées physiquement sont profondément traumatisées par la surveillance numérique. Mais lorsque ses clientes ont porté plainte aux policiers, ceux-ci n’ont pas enquêté, d’après elle.

      Les policiers ont qualifié ces femmes de « paranoïaques », dit-elle.

      « Malheureusement, elles ne reçoivent aucune aide et aucun soutien. »

      Les législateurs « n’ont plus d’excuse »

      Le rapport du Citizen Lab conclut que les utilisateurs d’applications-espions de type stalkerware enfreignent probablement une panoplie de lois criminelles et civiles, incluant les lois au sujet du harcèlement criminel et de la vie privée. Les concepteurs qui vendent sciemment des applications dans le but de faciliter un comportement illégal pourraient également être accusés, explique le rapport.

      Christopher Parsons croit que les policiers et les législateurs n’ont pas agi jusqu’ici parce qu’ils ne sont pas familiers avec les utilisations illicites de ces applications. Mais il appelle le ministre fédéral de la Justice, David Lammetti, et le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, à prendre ce problème au sérieux. Il invite les procureurs et les policiers à poursuivre les harceleurs.

      « Ils n’ont plus d’excuse, désormais, affirme M. Parsons. Ils ont un rapport de 200 pages. »

      Il a également indiqué que les concepteurs devraient être forcés de revoir le fonctionnement de leurs applications pour que les utilisateurs de téléphones soient alertés lorsque ces applications tentent d’accéder à leurs informations.

      Quelques trucs pour vous protéger

      • Un harceleur a besoin d’avoir physiquement accès à votre appareil mobile et doit connaître son mot de passe pour installer une application. Changez le mot de passe régulièrement et gardez-le secret.

      • Les experts affirment que si vous soupçonnez qu’un logiciel-espion a été installé sur votre téléphone, l’effacer ou tenter de l’éteindre pourrait attiser la colère de votre harceleur et vous mettre en danger. Diana Galeano, du refuge pour femmes Nellie’s de Toronto, conseille à ses clientes de faire inspecter leur téléphone par leur fournisseur d’accès afin qu’il vérifie si des applications suspectes s’y trouvent et de changer de téléphone au besoin.

      • Le Citizen Lab a découvert que les logiciels-espions ne peuvent pas être installés sur des appareils iOS récemment mis à jour.

      https://ici.radio-canada.ca/