Une application pour aider lors des disparitions d’enfants


L’an dernier 7 025 enfants ont disparus, mais la majorité était des fugues au Québec. Enfant-Retour a mis en ligne une application pour les mobiles qui permet de mettre des photos récentes et informations et description de l’enfant. En cas de besoin, ces informations peuvent être envoyées par texto ou courriel immédiatement à la police.
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Une application pour aider lors des disparitions d’enfants

 

Capture d'écran de l'application offerte sur le site...

Capture d’écran de l’application offerte sur le site d’App Store d’Apple.

 

STÉPHANIE MARIN
La Presse Canadienne

Pour que les parents d’enfants disparus ne perdent aucune seconde avant de pouvoir les signaler à la police, le Réseau Enfants-Retour a lancé vendredi une application qui permet d’emmagasiner à l’avance photos et description physique dans les téléphones intelligents.

SIGN4L est l’application que les parents espèrent ne jamais utiliser, a fait valoir Pina Arcamone, la directrice générale du Réseau enfants-retour, lors d’une conférence de presse vendredi, organisée dans une école primaire de Montréal.

L’application est disponible dès maintenant.

Elle est gratuite et téléchargeable en français et en anglais. Les parents peuvent y conserver des photos récentes de leurs enfants, ainsi qu’une description physique assez détaillée. En cas de disparition, l’information peut être transmise immédiatement par texto ou courriel à la police.

Des parents qui sont en détresse lorsque leur enfant ne rentre pas à la maison à l’heure prévue ou qui disparaît dans un centre commercial bondé peuvent avoir de la difficulté à le décrire adéquatement. Et n’auront pas forcément de photos récentes sous la main pour remettre aux autorités. Puisque tout le monde ou presque trimbale son téléphone cellulaire en tout temps – même en vacances – l’application peut épargner les précieuses secondes qui comptent lors d’un enlèvement.

Et pour des fins de sécurité, les informations ne sont pas conservées dans une banque de données : seuls les parents et les gardiens y ont accès, précise le Réseau Enfants-Retour.

En 2017, au Québec seulement, 7025 enfants ont été signalés comme disparus, dont la majorité était des fugues.

http://www.lapresse.ca/

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Aider les policiers à comprendre les personnes atteintes de maladies mentales


Il y a des applications mobiles qui peuvent être utiles. À Winnipeg, des policiers sont en formation avec une application pour mieux comprendre les maladies mentales. Ils sont dans une situation qu’ils entendent voix pendant que d’autres policiers donnent des ordres pour se rendre. Cela pourra aider dans la vie réelle à mieux interagir et éviter des morts
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Aider les policiers à comprendre les personnes atteintes de maladies mentales

 

Trois policiers discutent.

Le formateur des services de police de Winnipeg, Julio Berzenji, explique aux policiers Dan Atwell et Rob Thimm l’exercice qu’ils auront à faire à l’aide d’une nouvelle application mobile. Photo : Radio-Canada/Trevor Brine

Difficile d’imaginer les voix qu’entendent dans leur tête les personnes atteintes de maladies mentales. C’est dans le but d’aider les policiers qui interagissent avec des personnes en situation de crise qu’une entreprise de Winnipeg vient de créer une application mobile qui simule des hallucinations auditives.

« C’est révolutionnaire », affirme Julio Berzenji, formateur au service de police de Winnipeg.

Il dit que les policiers peuvent maintenant apprendre rapidement ce qui aurait pris des mois ou des années à apprendre par sur le terrain, au gré des expériences.

« Quand un policier participe à ce type de formation et qu’il entend ces voix, il comprend beaucoup de choses », affirme-t-il.

Une enquête de CBC a révélé que, depuis 2000, 70 % des personnes tuées par la police avaient des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie.

SetCan, une entreprise de Winnipeg qui fabrique des produits de formation inspirés de la vie réelle pour les forces policières et militaires, a créé SimVoice.

Le programme est simple. Un agent porte un casque sans fil connecté à l’application qui fonctionne sur un appareil mobile. Un certain nombre de scénarios sont préprogrammés. La personne qui porte les écouteurs entend des voix et est armée d’un couteau, d’un pistolet ou d’un bâton.

Une application mobile ouverte sur une tablette.

L’interface de l’application SimVoice utilisée pour contrôler les voix entendues dans les écouteurs pendant l’entraînement de policiers. Photo : Radio-Canada/Trevor Brine

Pendant que des policiers tentent de désamorcer la situation, celui qui entend la voix doit se conformer à ce qui est dit.

Le formateur peut rendre les choses plus faciles ou plus difficiles, selon la manière dont les policiers réagissent.

Pour la personne qui porte les écouteurs, c’est troublant.

« C’était très, très difficile parce qu’il y a beaucoup de voix différentes, de tons et de niveaux différents, et qui me disent de faire des choses qui sont contradictoires avec ce que l’agent me disait de faire », affirme Justin Casavant, un policier qui a 15 ans d’expérience.

Pour reproduire la sensation d’hallucinations auditives, Jonathan Wilson, de SetCan a lu des revues médicales et des blogues sur la santé mentale.

« J’ai fait beaucoup de recherche pour comprendre ce que les gens qui souffrent de problèmes de santé mentale entendent et subissent », explique le créateur de l’application.

L’entreprise espère que sa création permettra aux policiers de mieux comprendre ce que vivent les personnes atteintes de maladies mentales afin d’améliorer leurs interventions.

La police de Winnipeg est la première force policière à utiliser cette application, mais une centaine d’autres corps policiers ont manifesté leur intérêt pour l’application.

https://ici.radio-canada.ca/

Recyc-Québec lance une application mobile pour recycler


J’ai testé l’application sur mon téléphone et c’est assez intéressant, en se basant sur ma ville, il indique ce qui peut-être recycler, ou compostage ou poubelle, s’il y a lieu d’aller dans des écocentres avec les endroits sur une carte où on peut aller, et même les endroits indiqués pour déposer des appareils électroniques, des piles etc …Il y a un moteur de recherche qui fonctionne bien. Il y a beaucoup de choses que je ne croyais pas qu’on recyclait ou le contraire
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Recyc-Québec lance une application mobile pour recycler

 

Plus de 800 produits de consommation y sont... (PHOTO DAVID BOILY, archives LA PRESSE)

Plus de 800 produits de consommation y sont recensés, et l’application indique quoi faire avec chacune des matières, des pots de sauce en verre aux bouteilles de plastique en passant par les piles, les pneus et les tissus.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

 

STÉPHANIE MARIN
La Presse Canadienne

Confus devant votre bac de recyclage? Recyc-Québec lance une application mobile appelée «Ça va où?» pour aider les citoyens partout au Québec à bien trier et récupérer.

Cette application peut être téléchargée gratuitement sur les téléphones intelligents. Une version est aussi disponible sur l’internet.

Plus de 800 produits de consommation y sont recensés, et l’application indique quoi faire avec chacune des matières, des pots de sauce en verre aux bouteilles de plastique en passant par les piles, les pneus et les tissus.

Elle permet ensuite d’identifier les endroits où ces matières peuvent être apportées si leur destination n’est pas le bac de recyclage à la maison. Un outil de géolocalisation permet de repérer facilement les dépôts plus spécialisés et les écocentres, avec les heures d’ouverture.

Les informations sont disponibles pour 1300 municipalités et territoires du Québec.

Quelques constatations sont à la base de cette initiative: plus d’un Québécois sur deux choisit de mettre un produit dans le bac même s’il ne sait pas si le produit est recyclable et près de la moitié des citoyens pensent qu’ils récupéreraient plus s’ils connaissaient mieux les façons de recycler.

Selon cette même étude réalisée par la société d’État Recyc-Québec, les habitudes de recyclage sont moins bien ancrées chez les 18-34 ans, qui sont par contre de grands utilisateurs des téléphones intelligents: l’application mobile les vise ainsi doublement.

«Les Québécois veulent bien faire quand ils gèrent leurs matières résiduelles. Toutefois, nous le savons maintenant, ils manquent d’information pour mieux faire», a souligné la ministre de l’Environnement Isabelle Melançon, présente lors du lancement de l’application, lundi à Montréal. Le geste à la source du processus est très important, a-t-elle martelé.

Car si des matières recyclables comportent des contaminants, ils peuvent en contaminer d’autres lors du triage au centre de tri et «là, on vient de faire des pertes», précise-t-elle.

Mais où vont les matières après le tri?

Même si les bouteilles de shampooing et les journaux sont dûment recyclés par le citoyen, il n’y a pas forcément de débouchés et de possibilités de transformation pour toutes les matières récupérées.

La Chine a récemment fermé ses portes à certaines matières recyclables en provenance de l’étranger, dont des papiers et plastiques, ce qui cause des maux de tête aux centres de tri et de récupération, notamment au Québec, qui ne savent plus quoi faire avec certaines matières qui s’accumulent.

Par exemple, le Centre de récupération et de tri de Montréal est actuellement aux prises avec quelque 6000 ballots de papier, entreposés dans une cour, pour lesquels il ne trouve pas encore de débouchés, a récemment rapporté Radio-Canada. Les matières se trouvent à l’extérieur depuis plusieurs mois, au gré des intempéries.

Pour la ministre Melançon, envoyer ces ballots au dépotoir n’est pas une solution, a-t-elle déclaré lundi, après la conférence de presse.

«Il en va de la crédibilité de la démarche et de la confiance du public».

Mais encore aucune solution n’a été trouvée pour ce problème, a indiqué la présidente-directrice générale de Recyc-Québec, Sonia Gagné, qui dit être en discussions intenses avec la ville de Montréal, le centre de tri et son gestionnaire Rebuts Solides Canadiens Inc., une filiale du groupe Tiru.

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À 14 ans, elle développe une application pour les malades d’Alzheimer


Une jeune chinoise vivant aux États-Unis, a fait une application pour mieux discuter avec sa grand-mère atteint de la maladie d’Alzheimer via internet, grâce à la reconnaissance faciale.
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À 14 ans, elle développe une application pour les malades d’Alzheimer

 

Grâce à la reconnaissance faciale, Timeless indique le nom et le lien qu’entretient l’interlocuteur avec le patient atteint d’Alzheimer. © thinkstock.

  Source: Fast Compagny, RTL France

Une adolescente chinoise âgée de 14 ans a développé une application qui permet notamment aux personnes souffrant d’Alzheimer de se rappeler de l’identité de leur interlocuteur.

Après avoir vécu à Hong Kong,  Emma Yang a rejoint les Etats-Unis avec ses parents. Proche de sa grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer, l’adolescente s’entretient régulièrement avec elle par téléphone. Des conversations souvent perturbées par les pertes de mémoire de sa mamie.

Habituée à coder, la jeune fille décide de développer une application destinée à améliorer la qualité de leurs discussions. Grâce à la reconnaissance faciale, Timeless indique le nom et le lien qu’entretient l’interlocuteur avec le patient atteint d’Alzheimer. L’appli compile aussi les événements importants du quotidien et alerte l’utilisateur s’il tente d’appeler plusieurs fois d’affilée une même personne.

« Changer leur vie »

« Il n’y avait d’application sur le marché pour aider réellement les patients atteints de la maladie d’Alzheimer au quotidien », explique Emma Yang au site américain Fast Compagny qui relaie l’initiative. « Les gens pensent souvent que ça ne va pas les aider ou que les personnes âgées ne savent pas utiliser la technologie. Mais je pense que si vous leur présentez de façon pédagogique, ça peut réellement leur changer la vie ».

Des objets connectés sont déjà proposés sur le marché pour faciliter la vie des patients, comme le pilulier connecté qui alerte via des signaux sonores et visuels que le moment de prise des médicaments est venu, rappelle RTL France.

L’application Timeless fait l’objet d’un financement participatif sur la plateforme IndieGo.

     

     

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Cette application va obliger vos enfants à répondre à vos appels


Étant donné que maintenant plusieurs enfants et adolescents se font offert un téléphone, les parents espèrent que leurs enfants n’ignoreront pas leurs appels. Comme ce n’est pas toujours le cas, un papa a décidé d’y aller autrement. Je ne suis pas certaines que les adolescents apprécierons ce logiciel
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Cette application va obliger vos enfants à répondre à vos appels

 

© thinkstock.

Elle a été créée par un papa britannique.

Si vous avez un enfant, vous devez certainement penser que le Smartphone est l’invention du siècle puisqu’il vous permet de pouvoir le contacter en n’importe quelle circonstance.

Enfin, ça, c’est la théorie. Car en pratique, vos petits chérubins ne semblent, en général, pas trop pressés de répondre à vos messages où à vos appels. Et les excuses ne manquent pas. « J’ai pas vu », « Mon téléphone était sur silencieux », « Il était au fond de mon sac », ne sont que des exemples de ce qu’ils peuvent vous dire.

Pour lutter contre cela, Nick Herbert, un papa britannique, a décidé de créer une application pour smartphone d’adolescents. Cette dernière est capable de bloquer le téléphone de votre enfant jusqu’à ce qu’il vous réponde.

Son nom: ReplyASAP (traduisez: Réponds au plus vite). Une fois installée sur le téléphone de votre progéniture, l’application bloque l’écran du téléphone jusqu’à ce qu’une réponse soit envoyée aux numéros pré-enregistrés.

L’enfant pourra lui aussi utiliser cette méthode.

 « Mon fils a également la possibilité de m’envoyer ces messages, de sorte qu’il y a une compréhension mutuelle de l’utilisation de ReplyASAP », a expliqué le concepteur. « Il faut qu’elle soit utilisée uniquement pour des choses importantes et non pas parce qu’il a besoin de nouvelles piles pour sa console Xbox ».

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Cette application vous rappelle cinq fois par jour que vous allez mourir


Sous l’App Store, une application pour inciter les gens à relaxer, prendre le temps de respirer pour atteindre une paix intérieure. Des notifications aléatoire 5 fois par jour pour rappeler que nous allons mourir. Est-ce morbide ? Où alors s’apercevoir que la vie tient à un fil et qu’il est important de prendre le temps
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Cette application vous rappelle cinq fois par jour que vous allez mourir

Crédits : WeCroak

Sur la page de l’App Store, on peut lire que WeCroak permet de « trouver le bonheur en contemplant sa mortalité ». 

Et le fonctionnement de l’application est simple. Chaque jour, l’utilisateur reçoit aléatoirement des « invitations à stopper son activité pour se rappeler qu’il va mourir ». Cette idée s’inspire du folklore bhoutanais, qui veut que pour qu’une personne soit heureuse, elle doit contempler sa mortalité cinq fois par jour. Et selon The Atlantic, ça marche.

Sous forme d’alerte, l’utilisateur reçoit alors cinq fois par jour le même message : « N’oublie pas, tu vas mourir. »

Et il est inutile d’essayer de prévoir le moment où cette notification va apparaître, puisqu’ « elle peut arriver à tout moment, comme la mort », explique le site du développeur.

Ce message n’arrive toutefois pas seul, il est accompagné d’une citation visant à encourager la méditation ainsi que la respiration lente. Car ne l’oublions pas, le but de WeCroak est avant tout d’apporter la paix intérieure. Pas le désespoir.

Sources : WeCroak / The Atlantic

http://www.ulyces.co

Géolocalisation: vous êtes suivis


On s’imagine que le Big Brother comme dans le livre « 1999 », serait des caméras cachés partout. En fait, c’est pire ! Les téléphones intelligents eux peuvent tout savoir de nous. Ou nous allons, les commerces visités, etc .. que ce soit Google, Facebook, Amazon et autres, ainsi que des applications tels que jeux, lampe de poche etc, demande si nous acceptons les conditions, il est plus facile d’accepter que de tout lire. En plus, nos données sont partagées sans que l’on sache ni pourquoi, ni pour qui… Sans oublier bien sûr, tous les appareils connectés dans la maison
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Géolocalisation: vous êtes suivis

 

Votre téléphone en sait plus long sur vous... (Capture d'écran sur iOS 10.3.3)

Votre téléphone en sait plus long sur vous que vous ne le croyez.

CAPTURE D’ÉCRAN SUR IOS 10.3.3

ALEXANDRE VIGNEAULT
La Presse

On n’est jamais vraiment seul quand on utilise son téléphone intelligent. Plusieurs applications ou fonctionnalités de nos appareils récoltent quantité d’information à notre sujet, dont le lieu où on se trouve et là où on est allé. Ces données peuvent être stockées puis revendues, sans qu’on sache à qui ni pourquoi. Faut-il s’en inquiéter ?

BIG BROTHER DANS VOTRE POCHE

Pourquoi et pour qui nos appareils mobiles nous surveillent-ils ?

Snapchat, application populaire auprès des ados et des jeunes adultes, a ajouté une fonctionnalité à son service de messagerie un peu avant l’été : une carte qui montre où se trouvent leurs amis.

« J’ai des amis qui l’utilisent tous les jours : s’ils sont au travail, je le sais ; s’ils sont à l’école, je le sais », raconte Léa Roy-Choquette, 19 ans.

Ses amis qui apparaissent sur la carte ont, en principe, choisi de montrer où ils se trouvent sur la mappemonde. Léa, elle, refuse.

« Je ne trouve pas ça très sécuritaire », ajoute-t-elle.

Sur Snapchat, elle a de vrais amis, mais aussi de simples connaissances.

« Je ne veux pas que tous ces gens suivent mes déplacements », tranche la jeune femme.

Snapmap est loin d’être la seule application à savoir où l’on se trouve. Une étude à laquelle a participé la Commission nationale de l’informatique et des libertés de France a montré que 30 % des applications mobiles récoltent les données de géolocalisation.

« Il y a plein d’applications mobiles qui collectent ces données même si elles n’en ont pas besoin pour fonctionner. » – Sébastien Gambs, spécialiste de la vie privée et professeur à l’UQAM

Que GoogleMaps sache où l’on se trouve tombe sous le sens : c’est un GPS. Qu’une application de lampe de poche emmagasine cette information, c’est autre chose. Surtout sans qu’on en ait connaissance. Et sans qu’on sache vraiment ce que l’entreprise qui l’a conçue fait avec ce renseignement hautement personnel.

UN RISQUE POUR LA VIE PRIVÉE

Sébastien Gambs s’inquiète de tout ce qu’on peut apprendre au sujet d’un individu quand on a accès à ses données de déplacement.

Qu’est-ce qu’on peut déduire des mouvements d’une personne ?

« Où elle habite, où elle travaille, qui sont ses meilleurs amis, si elle fréquente une clinique spécialisée dans telle ou telle maladie, si elle fréquente régulièrement une mosquée ou une église, énumère-t-il. Même le restaurant où l’on va régulièrement peut donner une indication sur notre salaire. »

« On génère des traces qui, souvent, vont rester anodines, mais qui pourraient avoir des conséquences importantes. » – Pierre Trudel, professeur de droit à l’Université de Montréal

L’utilisation des données de géolocalisation peut permettre de retracer une personne disparue, bien sûr. Elle ouvre aussi la porte à des abus, selon lui. En matière de surveillance par les autorités, notamment. Big Brother n’a plus besoin de caméra, il est déjà dans notre poche.

« Ce sont des outils qui facilitent – et de beaucoup – la surveillance, dit encore Pierre Trudel, au sujet des appareils mobiles et des applications conçues pour eux. Quelqu’un qui veut les utiliser bénéficie d’une technologie sans précédent dans l’histoire humaine. »

Nos historiques de navigation, nos recherches sur Google, nos déplacements, nos habitudes d’achat ou encore nos préférences sur Facebook font d’ailleurs l’objet d’un commerce lucratif… dont on sait très peu de choses.

UN MARCHÉ OPAQUE

« Les données sont rapidement en train de devenir le pétrole du XXIe siècle, une ressource essentielle pour l’économie planétaire », a écrit Nick Srnicek.

Ce maître de conférence en économie numérique au King’s College de Londres a publié, le 30 août dernier, un texte dans le quotidien The Guardian où il s’inquiète du pouvoir grandissant des géants comme Google, Facebook et Amazon. Et des masses de données qu’ils récoltent sur leurs utilisateurs.

« L’une des choses qui font que ces données ont beaucoup de valeur, c’est justement l’information de géolocalisation, précise Marc-André Léger, spécialiste en sécurité de l’information et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke. On sait qui vous êtes, où vous êtes, ce que vous faites, ce que vous achetez, ce que vous pensez acheter, ce que vos amis ont acheté. »

« Tout ça, combiné avec les capacités grandissantes de l’intelligence artificielle, fait qu’on est capable de vous connaître mieux que vous-même. » – Marc-André Léger, spécialiste en sécurité de l’information et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke

Qui vend quel type de données ? Qui les achète ? Difficile de le savoir précisément, mais elles servent assurément à faire du marketing ciblé.

Ce commerce est « relativement opaque », dit Sébastien Gambs.

Ce qui ne signifie pas qu’il est illicite. Comme utilisateur, en acceptant les conditions d’utilisation d’un appareil ou d’une application, on donne souvent le feu vert à la transmission ou à la revente de certaines informations personnelles à d’autres entreprises.

CONSENTEMENT FICTIF

On ne mesure toutefois pas forcément la portée de la permission qu’on accorde.

« Ce consentement se confond avec l’usage, dit Pierre Trudel. Si on veut utiliser une app, on doit consentir. »

Le Commissariat à la protection de la vie privée au Canada parle même de consentement « fictif ». Bref, on dit oui à tout parce que c’est rapide et pratique, sans savoir à qui et à quoi on s’expose.

« Si les gouvernements arrêtaient d’avoir peur d’intervenir aussitôt que ça touche à internet, ils pourraient au minimum exiger que, par défaut, les applications ne génèrent pas de données de localisation. Ça devrait être l’individu qui les met en fonction. » – Pierre Trudel, professeur de droit à l’Université de Montréal

Marc-André Léger estime aussi qu’on devrait avoir une « possibilité plus nette de dire : non, je ne veux pas ».

Pierre Trudel ne croit pas qu’il faille tomber dans la technophobie, car ces outils technologiques peuvent être utiles. Or, il juge que les utilisateurs doivent mieux s’informer et que les fabricants d’appareils mobiles et d’outils numériques doivent faire preuve d’une plus grande transparence. 

« Il faut être bien au fait des risques et des enjeux pour soi et les autres », résume-t-il.

Si on s’inquiète aujourd’hui des données transmises par nos téléphones intelligents, il faut aussi songer que les voitures dernier cri peuvent déjà en dire beaucoup sur nos allées et venues et que, sous peu, un large éventail d’appareils connectés pourront en faire autant. Ce qui incite Pierre Trudel à faire cette prédiction : « On n’a encore rien vu. »

DES DONNÉES ANONYMES ?

Google assure que les renseignements qu’il partage avec des tiers ne permettent pas d’identifier « ouvertement » ses utilisateurs. Apple assure que les données de localisation rassemblées ne nous identifient pas « personnellement ».

Bref, ces deux géants se veulent rassurants : on peut dormir tranquille, les données qu’ils se réservent le droit de transmettre seraient anonymes. Cette promesse est, avec plus ou moins de nuance, largement répandue dans le monde numérique.

PROMESSE TENUE ?

Marc-André Léger, spécialiste en sécurité de l’information et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke, estime que cette promesse d’anonymat ne veut pas dire grand-chose. D’abord, on n’est jamais vraiment anonyme sur l’internet, dit-il. Ensuite, les entreprises qui récoltent, classent, échangent ou utilisent des informations personnelles « sont en mesure de construire des images complètes à partir de données incomplètes », selon lui. Ainsi, comme Sébastien Gambs, il croit que des données prétendument anonymes peuvent très bien être « dé-anonymisées » et éventuellement reliées à des individus. 

CHOC EN ALLEMAGNE

En se faisant passer pour une entreprise de marketing, une journaliste d’enquête à l’emploi d’un diffuseur public et un ingénieur informatique allemands ont eu accès à l’historique de navigation détaillé de 3 millions de leurs concitoyens. Gratuitement. Ils sont parvenus à lever l’anonymat de 100 000 d’entre eux à l’aide d’un identifiant lié à leur compte Twitter. Ils ont ensuite retracé plusieurs membres du gouvernement et même eu accès à de l’information d’ordre médical sur l’un d’entre eux. Ils ont aussi mis au jour les préférences d’un juge en matière de pornographie… Valerie Wilms, une politicienne touchée par ce dévoilement, s’est inquiétée du fait que l’accès à ce genre d’information privée puisse rendre les élus vulnérables face au chantage.

GÉOLOCALISATION: QUE FAIRE ?Puisqu’on ne sait pas exactement qui récolte nos données personnelles ni dans quelles mains elles peuvent aboutir, mieux vaut choisir soi-même à qui on dévoile notre emplacement ou pas. Conseils et modes d’emploi.

QUI DEMANDE ACCÈS ? MétéoMédia, GoogleMaps, Communauto, Photos, Aéroplan, Siri, Safari, Twitter, Transit, Tangerine, Facebook et quantité d’autres applications conçues pour les iPhone ou les téléphones Android sont susceptibles de demander l’accès aux données de géolocalisation. Des jeux et des fonctionnalités de nos téléphones (Lieux fréquents sur iPhone) enregistrent aussi cette donnée.

FAITES LE MÉNAGE Avant de revoir tous vos réglages, éliminez les applications dont vous n’avez plus besoin pour ne garder que celles que vous utilisez couramment. Refaites cet exercice de manière périodique.

CONFIGUREZ VOS APPLICATIONS Plusieurs applications demandent explicitement à avoir accès à nos données de géolocalisation. Il n’est toutefois pas nécessaire de leur accorder cette permission sans aucune restriction et elles fonctionneront quand même. Puisqu’il n’y a pas de bouton universel, il faut y aller au cas par cas.

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