Trump peut-il ordonner seul une frappe nucléaire?


Quand j’étais jeune, on se disait que cela suffit qu’un fou pèse sur le bouton pour que la bombe nucléaire soit lancée. On n’est pas si loin de la vérité. Avec ce qui se passe avec la Corée du Nord, et un président tel que Donald Trump qui souvent attise le feu ne rassure pas sur les possibilités d’une telle action
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Trump peut-il ordonner seul une frappe nucléaire?

 

 

Charlie RiedelCharlie Riedel / The Associated Press

Par Robert BurnsThe Associated Press

WASHINGTON — C’est une question à laquelle on ne s’intéressait pas beaucoup avant que Donald Trump soit élu: est-ce que quelqu’un pourrait empêcher le président des États-Unis d’ordonner une attaque nucléaire anticipée?

La réponse est non.

Le Congrès n’y pourrait rien, le secrétaire d’État n’y pourrait rien et, logiquement, les militaires qui auraient la responsabilité de concrétiser cet ordre n’y pourraient rien non plus.

Comme l’explique Bruce Blair, un expert du commandement de l’arsenal nucléaire,

«le protocole d’utilisation des armes nucléaires confère à tout président un pouvoir capable d’anéantir la civilisation».

M. Trump, a-t-il écrit dans une lettre ouverte au Washington Post l’été dernier, «a le pouvoir non contrôlé d’ordonner une frappe nucléaire anticipée contre n’importe quel pays de son choix avec une simple commande verbale au Pentagone».

Ou, comme l’avait expliqué l’ancien vice-président Dick Cheney en décembre 2008, le président «pourrait lancer une attaque dévastatrice comme le monde n’en a jamais vue. Il n’a pas à consulter qui que ce soit. Il n’a pas à appeler le Congrès. Il n’a pas à consulter les tribunaux».

Et le monde a changé depuis dix ans, avec la menace nucléaire nord-coréenne qui se fait plus épeurante que jamais. Le paysage politique américain a lui aussi changé, et les adversaires de M. Trump — même au sein de son parti — se demandent maintenant s’il exerce un trop grand pouvoir sur l’arsenal nucléaire du pays.

Le sénateur républicain Bob Corker, qui compte parmi les principaux détracteurs du président, dit que plusieurs élus remettent en question les pouvoirs du président et le recours aux armes nucléaires.

L’historien Alex Wellerstein, qui a étudié de près l’autorité nucléaire du président, espère que la discussion «jettera un peu plus de lumière sur l’utilisation présidentielle des armes nucléaires, car je pense que nous avons besoin de savoir et d’en parler».

Il ajoute que l’évolution du système américain est plus tributaire de la tradition et des précédents que des lois.

«La technologie de la bombe en elle-même ne nécessite pas une telle façon de faire, a-t-il dit par courriel. C’est le résultat des circonstances. Je crois que les circonstances qui ont accouché de ce système, et le monde dans lequel nous vivons, sont suffisamment différents que nous pourrions, et même que nous devrions, envisager une révision du système.»

Questionné à brûle-pourpoint à ce sujet lundi, le secrétaire à la Défense Jim Mattis a patiné quand on lui a demandé quel rôle il jouerait dans une éventuelle décision du président d’utiliser des armes nucléaires:

«Je suis le principal conseiller du président concernant le recours à la force», a-t-il dit.

Quand on lui demande s’il est confortable avec le système actuel, il répond «Je le suis», sans s’avancer plus.

Certaines facettes de l’autorité nucléaire présidentielle sont secrètes et donc très mal connues du public. Le système favorise une prise de décision rapide, et non des débats interminables, car la rapidité est essentielle face à un adversaire comme la Russie qui — contrairement à la Corée du Nord — dispose de suffisamment d’armes nucléaires pour incinérer les États-Unis en quelques minutes.

Après une attaque lancée depuis un sous-marin nucléaire russe, le président pourrait avoir moins de dix minutes pour décider de sa réplique, selon un rapport publié en décembre 2016 par une spécialiste des armes nucléaires du Congrès.

Un président qui déciderait de lancer une frappe nucléaire — anticipée ou en riposte à une attaque — consulterait tout d’abord le secrétaire à la Défense, le chef d’état-major de l’armée américaine et d’autres conseillers. Le commandant du Commandement stratégique des États-Unis présenterait des options au président, qui prendrait ensuite sa décision.

Le président s’identifierait au Pentagone à l’aide de codes qui lui sont uniques et qui sont inscrits sur une carte qu’il garde sur lui en tout temps. L’ordre d’attaquer serait alors transmis au Pentagone et au Commandement stratégique.

M. Blair prévient qu’il est ensuite impossible d’annuler l’ordre du président, tout comme il est impossible de détruire les missiles une fois qu’ils ont été lancés.

Même si la bombe nucléaire est entre les mains de l’armée, elle est essentiellement une arme politique en raison de sa puissance destructrice inimaginable. Cela explique pourquoi toutes les décisions concernant son utilisation sont concentrées dans le bureau qui détient le pouvoir politique ultime: celui de la présidence.

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L’enfer des femmes népalaises victimes de traite sexuelle


Au Népal, la pauvreté, le manque d’éducation touche surtout les femmes. En plus, les femmes sont vues des êtres inférieures voir des objets que l’on peut disposer à sa guise. La traite d’être humain est une vraie plaie pour ce pays. Sois qu’elles n’ont pas d’autres choix pour survivre, ou encore des gens leur propose un travail pour aider à leur famille en promettant mer et monde ou pire que des amis ou leurs propres familles les laissent entre les mains de trafiquants pour satisfaire des hommes sans scrupules
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L’enfer des femmes népalaises victimes de traite sexuelle

 

Cabin restaurant, Usha Bar, Kalanki, quartier de Katmandou —mars 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

 

«Au Népal, la traite des êtres humains est massive et plurielle depuis longtemps. L'extrême pauvreté, le manque d'éducation, l'analphabétisme touchent tous les Népalais, mais surtout les filles des territoires reculés. Or, 80% de la population habite dans ces zones. À cela s'ajoute le fait que les femmes sont vues comme des êtres inférieurs, voire comme des biens. Selon une étude du gouvernement népalais, la moitié des femmes sont confrontées à la violence au cours de leur vie. Presque toutes celles que j'ai interviewées disent avoir été violées par leur beau-père, un oncle ou un cousin. Elles se sauvent, errent, et finissent exploitées sexuellement. Sur cette photo, on peut voir Kopila, 18 ans, dans une cabine, un petit espace à l'intérieur d'un restaurant à l'abri des regards, où les hommes peuvent la toucher.»

TF

Cabin restaurant, Usha Bar, Kalanki, quartier de Katmandou —mars 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

Fanny Arlandis

«J’ai passé les quatre cinquièmes de ma vie de photoreporter à travailler sur l’atteinte aux droits humains, et particulièrement à ceux des femmes, dans plusieurs pays, dont la France, raconte la photographe française Lizzie Sadin. Alors quand j’ai vu que le thême du prix Carmignac était la traite des femmes, j’ai postulé», poursuit la lauréate du prix. «J’ai proposé de travailler sur le Népal car le tremblement de terre en 2015, qui a fait 9.000 morts, a aggravé la vulnérabilité des femmes. Elles sont devenues plus que jamais des proies pour les trafiquants, fragilisées par le chômage, la précarité ou la mort de leur mari dans la catastrophe».

 

 

«Au Népal, la traite des êtres humains est massive et plurielle depuis longtemps. L’extrême pauvreté, le manque d’éducation, l’analphabétisme touchent tous les Népalais, mais surtout les filles des territoires reculés. Or, 80% de la population habite dans ces zones. À cela s’ajoute le fait que les femmes sont vues comme des êtres inférieurs, voire comme des biens. Selon une étude du gouvernement népalais, la moitié des femmes sont confrontées à la violence au cours de leur vie. Presque toutes celles que j’ai interviewées disent avoir été violées par leur beau-père, un oncle ou un cousin. Elles se sauvent, errent, et finissent exploitées sexuellement. Sur cette photo, on peut voir Kopila, 18 ans, dans une cabine, un petit espace à l’intérieur d’un restaurant à l’abri des regards, où les hommes peuvent la toucher.»

Usha Bar, Kalanki, quartier de Katmandou - mai 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

 

«La plupart de ces filles sont mineures. Elles travaillent dans des cabin restaurants, des dance bars, des dohoris (bars chantants) ou des “salons de massages”. Elles servent les hommes en boisson et doivent se laisser toucher. On leur promet bien souvent un salaire de 250 ou 300 euros, mais elles n'en gagnent que 50 ou 70 au final. À cela s'ajoutent les pourboires qu'elles obtiennent en fonction du nombre de boissons consommées par les clients, ce qui crée une rivalité entre les filles: celles qui font vendre le plus de boissons ont plus à manger. C'est terrifiant! Elles travaillent sept jours sur sept, sans repos, sans contrat et peuvent être renvoyées à tout moment. Elles ne peuvent pas dire à leur famille qu’elles travaillent là, de peur d'être déshonorées. Je trouve cette image forte car on voit les hommes dans le miroir, la patronne au centre et des filles, dont Nina qui n'a pas 15 ans.»

TF

Usha Bar, Kalanki, quartier de Katmandou – mai 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

«La plupart de ces filles sont mineures. Elles travaillent dans des cabin restaurants, des dance bars, des dohoris (bars chantants) ou des “salons de massages”. Elles servent les hommes en boisson et doivent se laisser toucher. On leur promet bien souvent un salaire de 250 ou 300 euros, mais elles n’en gagnent que 50 ou 70 au final. À cela s’ajoutent les pourboires qu’elles obtiennent en fonction du nombre de boissons consommées par les clients, ce qui crée une rivalité entre les filles: celles qui font vendre le plus de boissons ont plus à manger. C’est terrifiant! Elles travaillent sept jours sur sept, sans repos, sans contrat et peuvent être renvoyées à tout moment. Elles ne peuvent pas dire à leur famille qu’elles travaillent là, de peur d’être déshonorées. Je trouve cette image forte car on voit les hommes dans le miroir, la patronne au centre et des filles, dont Nina qui n’a pas 15 ans.»

Quartier de Nakhu, Katmandou —mars 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

 

«Une jeune femme attend le client dans la cabin restaurant. Le lieu est divisé en petites cabines en bois où les filles sont seules avec leur client. De nombreuses filles sont originaires des zones rurales et sont venues travailler dans la vallée de Katmandou. À la suite du tremblement de terre de 2015, beaucoup de ces filles se sont retrouvées sans toit, leur mari était mort et il y a eu une énorme féminisation des taches ménagères, familiales ou agricoles. Les femmes n’en peuvent plus. Alors quand quelqu'un leur fait miroiter un travail, l'obtention de bijoux et de beaux habits, la possibilité de nourrir leurs enfants, toutes y croient. Des hommes bien habillés arpentent ces territoires reculés et se font passer pour de riches commercants de Katamandou cherchant à se loger dans le village, afin de convaincre les filles. Les parents finissent par les inviter à diner et à dormir; c'est à ce moment-là que les hommes leur parlent de leur fille et leur proposent de l'emmener, pour la faire travailler et pour qu'elle ramène de l'argent. Les parents doivent payer les frais et le voyage. D'autres fois, les filles se font embarquer par des personnes de leur propre famille ou par des “amies” du village.»

TF

Quartier de Nakhu, Katmandou —mars 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

«Une jeune femme attend le client dans la cabin restaurant. Le lieu est divisé en petites cabines en bois où les filles sont seules avec leur client. De nombreuses filles sont originaires des zones rurales et sont venues travailler dans la vallée de Katmandou. À la suite du tremblement de terre de 2015, beaucoup de ces filles se sont retrouvées sans toit, leur mari était mort et il y a eu une énorme féminisation des taches ménagères, familiales ou agricoles. Les femmes n’en peuvent plus. Alors quand quelqu’un leur fait miroiter un travail, l’obtention de bijoux et de beaux habits, la possibilité de nourrir leurs enfants, toutes y croient. Des hommes bien habillés arpentent ces territoires reculés et se font passer pour de riches commercants de Katamandou cherchant à se loger dans le village, afin de convaincre les filles. Les parents finissent par les inviter à diner et à dormir; c’est à ce moment-là que les hommes leur parlent de leur fille et leur proposent de l’emmener, pour la faire travailler et pour qu’elle ramène de l’argent. Les parents doivent payer les frais et le voyage. D’autres fois, les filles se font embarquer par des personnes de leur propre famille ou par des “amies” du village.»

King Road Street, quartier central de Katmandou —avril 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

 

«Ces cabin restaurants ou ces bars dansants servent aussi de lieu de recrutement pour le trafic externe. Les filles sont envoyées en Inde: les Indiens aiment les Népalaises parce qu'elles sont belles et ont la peau claire. Elles sont jetées dans une chambre sans possibilité de s'échapper et ne sont pas nourries quand elles refusent de travailler. Depuis les années 2000, il y a un deuxième trafic vers les pays du Golfe, le Moyen-Orient, la Corée du Sud, la Chine et la Malaisie. Elles partent avec des passeports et de visas falsifiés par les trafiquants, qu'elles doivent ensuite rembourser. Elles sont sous le régime de la “kafala”, une sorte de “parrainage” qui stipule que le père de famille a tous les pouvoirs sur elle durant les deux ans que dure le contrat. Certaines dorment par terre, n'ont pas accès au téléphone, ne sont pas nourries, travaillent 21h par jour et sont parfois violées par leur patron.»

TF

King Road Street, quartier central de Katmandou —avril 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

«Ces cabin restaurants ou ces bars dansants servent aussi de lieu de recrutement pour le trafic externe. Les filles sont envoyées en Inde: les Indiens aiment les Népalaises parce qu’elles sont belles et ont la peau claire. Elles sont jetées dans une chambre sans possibilité de s’échapper et ne sont pas nourries quand elles refusent de travailler. Depuis les années 2000, il y a un deuxième trafic vers les pays du Golfe, le Moyen-Orient, la Corée du Sud, la Chine et la Malaisie. Elles partent avec des passeports et de visas falsifiés par les trafiquants, qu’elles doivent ensuite rembourser. Elles sont sous le régime de la “kafala”, une sorte de “parrainage” qui stipule que le père de famille a tous les pouvoirs sur elle durant les deux ans que dure le contrat. Certaines dorment par terre, n’ont pas accès au téléphone, ne sont pas nourries, travaillent 21h par jour et sont parfois violées par leur patron.»

Thamel, quartier central de Katmandou —mars 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

 

«Les contrats de travail sont la plupart du temps des faux. Même quand ils sont vrais, on ne leur montre qu’à l’aéroport, quand elles sont prêtes à embarquer. Or, comme beaucoup sont analphabètes, rares sont celles qui peuvent vérifier ce qu’on leur dit. Elles pensent aller travailler dans des usines textiles et deviennent des esclaves sexuelles. 300.000 femmes népalaises partent ainsi chaque année. Le trafic interne, lui, concerne 20.000 femmes, dont un tiers sont mineures. Au Népal, le suicide est la cause principale de mortalité des femmes de 15 à 49 ans. Tous les jours, cinq à sept corps reviennent dans des cercueils à l’aéoport de Katmandou: des femmes, mais aussi hommes travaillant dans le bâtiment, par exemple dans le Golfe. Ils sont âgés entre 18 et 35 ans en moyenne, et le gouvernement dit qu'ils sont morts de crise cardiaque. Mais des ONG militent pour réaliser des autopsies, car elles savent grâce aux témoignages qu'ils ont en réalité été victimes de mauvais traitements.»

TF

Thamel, quartier central de Katmandou —mars 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

«Les contrats de travail sont la plupart du temps des faux. Même quand ils sont vrais, on ne leur montre qu’à l’aéroport, quand elles sont prêtes à embarquer. Or, comme beaucoup sont analphabètes, rares sont celles qui peuvent vérifier ce qu’on leur dit. Elles pensent aller travailler dans des usines textiles et deviennent des esclaves sexuelles. 300.000 femmes népalaises partent ainsi chaque année. Le trafic interne, lui, concerne 20.000 femmes, dont un tiers sont mineures. Au Népal, le suicide est la cause principale de mortalité des femmes de 15 à 49 ans. Tous les jours, cinq à sept corps reviennent dans des cercueils à l’aéoport de Katmandou: des femmes, mais aussi hommes travaillant dans le bâtiment, par exemple dans le Golfe. Ils sont âgés entre 18 et 35 ans en moyenne, et le gouvernement dit qu’ils sont morts de crise cardiaque. Mais des ONG militent pour réaliser des autopsies, car elles savent grâce aux témoignages qu’ils ont en réalité été victimes de mauvais traitements.»

King Road Street, quartier central de Katmandou —avril 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

 

«Sur cette image, prise de façon cachée, le propriétaire du dance bar simule une scène de viol devant les clients. Je suis ensuite allée le voir pour lui demander pourquoi il avait fait ça: “pour que les clients aient envie de sexe”, a-t-il répondu. Je n'ai fait aucune photo à Katmandou le premier mois. J'ai arpenté ces bars et ces quartiers. Il a été difficile de gagner la confiance des ONG et des femmes. Au début, les patrons me refusaient l'entrée dans ces lieux fréquentés uniquement par des hommes. Mais j'ai continué à y retourner, à me faire jeter et finalement, on m'a permis de rester cinq minutes. Je ne posais pas de questions frontales qui auraient pu mettre les filles en danger devant leur patron.»

TF

King Road Street, quartier central de Katmandou —avril 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

«Sur cette image, prise de façon cachée, le propriétaire du dance bar simule une scène de viol devant les clients. Je suis ensuite allée le voir pour lui demander pourquoi il avait fait ça: “pour que les clients aient envie de sexe”, a-t-il répondu. Je n’ai fait aucune photo à Katmandou le premier mois. J’ai arpenté ces bars et ces quartiers. Il a été difficile de gagner la confiance des ONG et des femmes. Au début, les patrons me refusaient l’entrée dans ces lieux fréquentés uniquement par des hommes. Mais j’ai continué à y retourner, à me faire jeter et finalement, on m’a permis de rester cinq minutes. Je ne posais pas de questions frontales qui auraient pu mettre les filles en danger devant leur patron.»

Chabahil, quartier nord de Katmandou —avril 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

 

«Rita a 17 ans. C'est une “amie” de son village qui lui a proposé de partir pour l'Inde, avec des promesses d'argent et de bijoux. Arrivée là-bas, l'“amie” a disparu et Rita a été emmenée dans un bordel, sans comprendre ce qui lui arrivait. Elle a d'abord refusé de travailler mais a aussitôt été enfermée pendant une semaine avec juste assez de nourriture pour survivre.  “Maquille-toi et mets ces vêtements... Qui va te donner à manger si tu ne travailles pas?” Elle n'avait aucun moyen de s'échapper et a été obligée de se prostituer. Les clients étaient violents et la battaient. Elle a finalement été libérée par un raid de la police, et l'organisation Shakti Samuha l'a ramèné au Népal.»

TF

Chabahil, quartier nord de Katmandou —avril 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

«Rita a 17 ans. C’est une “amie” de son village qui lui a proposé de partir pour l’Inde, avec des promesses d’argent et de bijoux. Arrivée là-bas, l’“amie” a disparu et Rita a été emmenée dans un bordel, sans comprendre ce qui lui arrivait. Elle a d’abord refusé de travailler mais a aussitôt été enfermée pendant une semaine avec juste assez de nourriture pour survivre.  “Maquille-toi et mets ces vêtements… Qui va te donner à manger si tu ne travailles pas?” Elle n’avait aucun moyen de s’échapper et a été obligée de se prostituer. Les clients étaient violents et la battaient. Elle a finalement été libérée par un raid de la police, et l’organisation Shakti Samuha l’a ramèné au Népal.»

Chabahil, quartier nord de Katmandou —avril 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

 

«Même chose pour Nilan, 21 ans. Lorsqu'elle avait 15 ans, une “amie” est arrivée chez elle avec de très beaux vêtements et des bijoux et lui a dit qu'elle pourrait en avoir autant si elle la suivait à l'étranger: “Je reviens d'Arabie Saoudite, tu verras, ce serait très bien pour toi.” Le voyage passe par Delhi, avec sept autres filles. Enfermées dans une chambre, elles attendent un faux passeport pour s'envoler vers le Kenya. Enfin, c'est ce que les trafiquants lui ont dit. Elle se retrouve en fait à Dubai. Elle devient femme de ménage pour une famille nombreuse, avec huit enfants. Forcée à travailler plus de vingt heures par jour, elle est mal nourrie et devient rapidement victime d'attouchements sexuels de la part des hommes de la famille. Suite à un viol, elle tombe enceinte et se fait renvoyer. On lui procure un emergency ticket, un billet d'avion gratuit pour se débarasser de ces femmes devenues encombrantes... Son patron la laisse à l'aéroport, non sans l'avoir violée une dernière fois. Mais, arrêtée par la police, elle passe trois mois en prison pour détention de faux passeport. Elle est ligotée, pieds et mains liés pendant sa grossesse. Une fois de retour au Népal, elle perd son enfant, mort-né. Elle a ensuite été recueillie dans un foyer. Un procès a eu lieu, mais le trafiquant a menacé sa famille si elle ne retirait pas sa plainte. Cette photo résume à elle seule plein de choses.»

TF

Chabahil, quartier nord de Katmandou —avril 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

«Même chose pour Nilan, 21 ans. Lorsqu’elle avait 15 ans, une “amie” est arrivée chez elle avec de très beaux vêtements et des bijoux et lui a dit qu’elle pourrait en avoir autant si elle la suivait à l’étranger: “Je reviens d’Arabie Saoudite, tu verras, ce serait très bien pour toi.” Le voyage passe par Delhi, avec sept autres filles. Enfermées dans une chambre, elles attendent un faux passeport pour s’envoler vers le Kenya. Enfin, c’est ce que les trafiquants lui ont dit. Elle se retrouve en fait à Dubai. Elle devient femme de ménage pour une famille nombreuse, avec huit enfants. Forcée à travailler plus de vingt heures par jour, elle est mal nourrie et devient rapidement victime d’attouchements sexuels de la part des hommes de la famille. Suite à un viol, elle tombe enceinte et se fait renvoyer. On lui procure un emergency ticket, un billet d’avion gratuit pour se débarasser de ces femmes devenues encombrantes… Son patron la laisse à l’aéroport, non sans l’avoir violée une dernière fois. Mais, arrêtée par la police, elle passe trois mois en prison pour détention de faux passeport. Elle est ligotée, pieds et mains liés pendant sa grossesse. Une fois de retour au Népal, elle perd son enfant, mort-né. Elle a ensuite été recueillie dans un foyer. Un procès a eu lieu, mais le trafiquant a menacé sa famille si elle ne retirait pas sa plainte. Cette photo résume à elle seule plein de choses.»

Bhairahawa, district de Sunauli —mai 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

 

«Leha de Ki Nepal (à gauche) suspecte cette femme qui voyage seule (à droite). Elle est confuse, se contredit, reste muette devant certaines questions. Les numéros de téléphones fournis ne répondent pas. Elle dit qu'elle va rejoindre un ami de l'autre côté de la frontière, mais n'est pas capable de l'appeler. Leha décide de l'emmener au commissariat de police pour pousser l'enquête. Elle pense qu'elle s'apprêtait à rejoindre un trafiquant. La jeune femme continue d'argumenter et tente de convaincre le policier qui surveille la cellule des détenus. L'homme derrière les barreaux, mis en garde à vue, porte un tee-shirt sur lequel il est écrit '“Je ne suis pas EN danger, je suis LE danger”.»

TF

Bhairahawa, district de Sunauli —mai 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

«Leha de Ki Nepal (à gauche) suspecte cette femme qui voyage seule (à droite). Elle est confuse, se contredit, reste muette devant certaines questions. Les numéros de téléphones fournis ne répondent pas. Elle dit qu’elle va rejoindre un ami de l’autre côté de la frontière, mais n’est pas capable de l’appeler. Leha décide de l’emmener au commissariat de police pour pousser l’enquête. Elle pense qu’elle s’apprêtait à rejoindre un trafiquant. La jeune femme continue d’argumenter et tente de convaincre le policier qui surveille la cellule des détenus. L’homme derrière les barreaux, mis en garde à vue, porte un tee-shirt sur lequel il est écrit ‘“Je ne suis pas EN danger, je suis LE danger”.»

Birgunj, district de Parsa —mai 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

 

«Cet homme se trouvait dans une calèche avec une jeune femme. La police l'a interrogé. Il a répondu qu'elle était sa femme et qu'ils retournaient chez eux à Dehli. Elle restait silencieuse. Il se contredit, hésite puis fini par avouer qu'il est déjà marié avec une femme à Dehli et qu'elle est sa seconde femme, avant de prétendre qu'il avait “invité cette jeune femme à danser pour un mariage”. Il a évidemment été mis en garde à vue. Il encourt quinze à vingt ans de prison, jour et nuit. Le système népalais compte en effet les nuits et les jours séparément. Cela réduit la durée de détention de moitié...»

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Birgunj, district de Parsa —mai 2017 | Lizzie Sadin pour le Prix Carmignac du Photojournalisme

«Cet homme se trouvait dans une calèche avec une jeune femme. La police l’a interrogé. Il a répondu qu’elle était sa femme et qu’ils retournaient chez eux à Dehli. Elle restait silencieuse. Il se contredit, hésite puis fini par avouer qu’il est déjà marié avec une femme à Dehli et qu’elle est sa seconde femme, avant de prétendre qu’il avait “invité cette jeune femme à danser pour un mariage”. Il a évidemment été mis en garde à vue. Il encourt quinze à vingt ans de prison, jour et nuit. Le système népalais compte en effet les nuits et les jours séparément. Cela réduit la durée de détention de moitié…»

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Agressions sexuelles: l’art d’enseigner à dire NON


C’est un sujet qui me tient a coeur, car trop de femmes, d’enfants, et même des hommes subissent des abus sexuels et il est important d’en parler très jeunes avec les enfants sans pour autant être alarmiste et faire n’importe comment. Il faut aller selon l’âge et la maturité des enfants
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Agressions sexuelles: l’art d’enseigner à dire NON

 

Le sujet n'a jamais été autant d'actualité. Après Weinstein, puis Salvail et... (PHOTO THINKSTOCK)

PHOTO THINKSTOCK

 

SILVIA GALIPEAU
La Presse

Le sujet n’a jamais été autant d’actualité. Après Weinstein, puis Salvail et Rozon, le mouvement #MeToo est partout. Faut-il en parler avec nos enfants, et surtout, comment?

Il y a des sujets plus délicats que d’autres à aborder avec nos enfants. Pires encore que la sexualité, encore taboues dans certaines familles: les agressions sexuelles. Pourtant, tous les experts le confirment : prévention oblige, il faut absolument aborder la question. Socialement parlant, le sujet semble aussi urgent. Mais attention, pas n’importe comment.

Avec l’actualité des derniers jours, les prétextes pour aborder la question ne manquent pas. Tout particulièrement si votre enfant est sur Facebook (et on sait qu’ils le sont souvent très tôt). Il a probablement vu passer des statuts mystérieux avec les mots-clics #MeToo ou #MoiAussi. Et du coup s’est questionné.

«C’est une belle porte d’entrée pour en parler», souligne Sophie Bousquet, coordonnatrice des services cliniques à la Fondation Marie-Vincent (vouée à la prévention de la violence sexuelle ciblant les enfants), qui ne se dit toutefois pas surprise de l’ampleur du phénomène: 

«Les chiffres sont parlants. Et on sait depuis longtemps que les cas rapportés sont minimes.»

Selon elle, il faut ici d’abord sonder l’enfant: «Toi, qu’est-ce que tu comprends?» Un angle à privilégier pour tout ce qui a trait aux questions délicates en général, et à la sexualité en particulier.

Et si votre enfant vous questionne à son tour, oui, vous vous devez de répondre à ses interrogations. De manière claire et directe, selon son âge et sa maturité. Et surtout sans vous alarmer. C’est quoi, un abus sexuel?

«Un abus sexuel, c’est quand un grand, quelqu’un en situation de pouvoir, un boss, veut te toucher les organes génitaux, illustre la sexologue Jocelyne Robert. C’est ça. C’est clair, net et précis, et l’enfant comprend.»

La sexualité d’abord

Mais dans un monde idéal, avant ici d’aborder la délicate question de l’abus et de ses préventions, vous aurez abordé la sexualité depuis longtemps avec votre enfant. Les experts sont unanimes:

«Avant de parler d’agressions sexuelles, il faut avoir parlé de sexualité saine, reprend Sophie Bousquet. Il faut d’abord comprendre ce qui est sain, avant de commencer par ce qui ne l’est pas.»

Même son de cloche de la part de Jocelyne Robert, LA référence au Québec en matière d’éducation sexuelle.

«La meilleure prévention, c’est l’éducation à la sexualité. Si on sait ce qui est bon, on sait ce qui est moins bon.»

Elle concède que ça n’est pas nécessairement évident pour tout le monde.

«Le nombre d’adultes qui ont vécu des abus ou qui en ont été témoins est inimaginable…»

Concrètement

Alors, comment faire? Non, on ne s’assoit pas à table pour avoir une grande discussion avec nos enfants. On saisit plutôt les petites occasions. Et elles ne manquent pas. Avec un tout petit qu’on surprend à jouer au docteur, par exemple,

Jocelyne Robert suggère de réagir en ces termes: «Oui, c’est normal d’être curieux et excité», et de finir en disant: «Mais attention, jamais avec un grand!»

«Il faut qu’un enfant sache très tôt qu’un adulte n’a pas de droit sur lui!»

Avec un plus vieux, on peut être encore plus explicite:

 «Oui, la sexualité, c’est beau et bon, mais pas avec n’importe qui, et pas n’importe quand. À ton âge, jamais avec un grand.»

Chez les ados, toujours vulnérables (Jocelyne Robert souligne que certains jeunes, plus carencés affectivement, isolés ou en manque de valorisation, le sont plus particulièrement), on suggère des discussions franches et directes. Par exemple: si un adulte, un entraîneur ou un professeur s’intéresse trop à toi, te gâte, fais attention.

«Ça n’est peut-être pas dramatique, mais il y a peut-être lieu de se poser des questions», nuance la sexologue, qui ne veut pas non plus que les parents partent ici en peur, effrayant au passage leurs enfants. «Il ne faut pas en faire un plat, mais utiliser des mots clairs et limpides», insiste-t-elle.

Cohérence

À ce sujet, il est important que les parents soient cohérents. Si un adulte n’a pas de droit sur le corps d’un enfant, si on souhaite que nos enfants l’intègrent, pour qu’ils sachent, le cas échéant, comment dire non, cela a des implications. Cela veut aussi dire qu’ils ont le droit de refuser les bisous des grands-mères à Noël ou des câlins des grands-pères aux anniversaires. Et qu’on se doit de les respecter.

«Parce que sinon, les enfants vont finir par penser qu’ils doivent faire ce que les adultes veulent…»

Il faut aussi être clair: non, amour ne rime pas avec sexualité. Il ne suffit pas de s’aimer pour faire des bébés, illustre la sexologue.

«Si on associe amour et sexualité, les enfants finissent par croire que si ça vient de quelqu’un qu’ils aiment – et c’est ce qui arrive dans 90 % des cas -, c’est correct!»

Parenthèse: la sexologue conseille ici aux parents de vite mettre les choses au clair avec leurs enfants: non, fiston ne se mariera pas avec maman, ni fillette avec papa.

«Ça n’a rien d’effrayant, dit-elle. Ça aide les enfants à grandir.»

Et ça, oui, c’est le boulot des parents. Tout comme aborder tous ces sujets délicats.

Te laisse pas faire ! par Jocelyne Robert... (PHOTO TIRÉE DU WEB) - image 2.0

Te laisse pas faire ! par Jocelyne Robert

PHOTO TIRÉE DU WEB

Deux ressources à lire

Avec les plus jeunes

Te laisse pas faire!, Jocelyne Robert, Éditions de l’Homme 2005

Une référence dans toute la francophonie, ce classique de Jocelyne Robert s’adresse à la fois aux parents et aux enfants. Objectif: informer sans effrayer, et surtout prévenir. Pour ce faire, l’auteure propose une foule de mises en situation, à évaluer en famille, histoire de discuter des risques, des réactions possibles et des solutions. Un outil indispensable pour faire le tour de la question.

Avec les plus vieux

Luna la nuit, Ingrid Chabbert et Clémentine Pochon, Les enfants rouges 2017

Pour aborder le délicat sujet de la pédophilie, les auteures sont passées ici par la bande dessinée. Le texte est simple, les dessins sont à la limite naïfs. Ouvrage à la fois sombre, lourd, quoique pudique, ce n’est finalement qu’à la dernière page que le lecteur devine l’horreur. Une porte d’entrée originale et néanmoins efficace pour amorcer un dialogue avec les plus vieux.

http://www.lapresse.ca/

Vous avez aimé la victoire de Trump? Vous adorerez sa réélection


Après 1 an de présidence aux États-Unis, des analystes politiques sont prudentes les prédictions de 2020. Certains croient que Donald Trump pourrait avoir un 2 ème mandat. Son impopularité peut changer comme nous l’avons vu aux élections présidentielles de l’an dernier. Je souhaite pour les Américains que le prochain président sera tout a l’opposé de Donald Trump
Nuage

 

Vous avez aimé la victoire de Trump? Vous adorerez sa réélection

 

Donald Trump s'apprête à monter dans Air Force One à l'aéroport de Morristown (New Jersey), le 24 septembre 2017.

Donald Trump s’apprête à monter dans Air Force One à l’aéroport de Morristown (New Jersey), le 24 septembre 2017.

Jean-Marie Pottier

La plus grande erreur que puissent faire ses adversaires, c’est de sous-estimer ce président impopulaire, inefficace et englué dans les affaires.

Pour une fois, Michael Moore et Stephen Bannon sont tombés d’accord. Lors de la tournée de promotion de son nouveau spectacle, le cinéaste annonçait fin août que Donald Trump serait réélu en 2020. «Ou plutôt renommé», a-t-il précisé, car il le voit une nouvelle fois perdant du vote national. Fin octobre, le conseiller déchu, qui a quitté la Maison-Blanche peu après l’attentat suprémaciste de Charlottesville, prédisait lui qu’il récoltera plus de 400 grands électeurs, du jamais-vu depuis trente ans.

Pessimisme forcé à gauche pour éviter une nouvelle mauvaise surprise, optimisme excessif à droite? Alors que Trump va fêter le 8 novembre le premier anniversaire de sa stupéfiante victoire, l’échéance de 2020 est déjà dans beaucoup d’esprits.

«On me demande souvent si je pense que Trump sera destitué. J’ai pris l’habitude de répondre que la probabilité qu’il accomplisse deux mandats est plus grande», écrivait récemment le chroniqueur du New York Times Roger Cohen.

Début octobre, Doug Sosnik, un stratège démocrate, a lui aussi nourri le débat en publiant une tribune extrêmement débattue affirmant que Trump était «sur la bonne voie pour être réélu».

«Nous avons eu des dirigeants non qualifiés et incompétents qui ont été réélus»

Une analyse qui peut paraître prématurée

«Ce que nous savons, c’est qu’il est bien trop tôt pour dire si Donald Trump a ou non l’avantage pour 2020, tranche Stuart Rothenberg, analyste pour l’organisation non-partisane Inside Elections. Nous ne savons pas à quoi ressembleront l’économie ni le monde, ni quel sera le bilan de son administration.»

D’autant plus prématurée qu’en l’état actuel, le 45e président des États-Unis se trouve dans une position précaire, à un niveau d’impopularité record à ce stade d’un mandat présidentiel et jugé indigne de servir comme président par plus d’un Américain sur deux. Il est englué dans l’affaire russe, peine à faire passer ses réformes, a déjà épuisé un chef de cabinet et trois directeurs de la communication et menace de devenir toxique pour son parti, avec de mauvais sondages pour les élections de mi-mandat de novembre 2018.

«Nous avons eu des dirigeants non qualifiés et incompétents qui ont été réélus, des dirigeants dont les sondages ont plongé qui ont été réélus, des dirigeants accusés de collusion avec l’étranger qui ont été réélus, des dirigeants avec un tempérament similaire à celui de Trump qui ont réélus, tempère Musa al-Gharbi, sociologue à l’université de Columbia et auteur d’un article très relayé sur les chances de réélection de Trump. Le fait qu’il y ait des précédents dans l’histoire récente pour quasiment tous les problèmes de Trump, et que tous ces gens aient été réélus, doit nous inciter à être prudent dans notre révision à la baisse de ses chances.»

Trump jouera à domicile

Premier, et peut-être principal, atout de Trump: il sera président sortant, soit l’équivalent de disputer une rencontre sportive à domicile. Entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et son arrivée au pouvoir, seuls trois sortants sur douze ont été battus: Gerald Ford en 1976, Jimmy Carter en 1980 et George H. W. Bush en 1992. Mais seul le deuxième l’a été dans une situation comparable à celle de Trump, c’est-à-dire en succédant à un président du camp opposé… Être président sortant dégage normalement la route lors des primaires et permet de bénéficier d’une médiatisation plus forte et d’une image internationale.

L’impopularité de Trump, si elle est réelle, n’est par ailleurs pas encore mortelle. Selon la moyenne des sondages, seulement 38% des Américains lui font confiance. C’est peu, mais c’est autant qu’à la veille de la présidentielle, et les sondages de popularité mesurent l’opinion de tous les Américains en âge de voter, pas des Américains qui votent. Le 8 novembre, son retard de popularité sur Hillary Clinton ne s’était pas totalement retrouvé dans les urnes, même s’il avait terminé environ 2 points derrière l’ancienne secrétaire d’État.

Et rappelons-le, la présidentielle ne se jouera pas au niveau national, mais d’un collège électoral désigné au niveau des États: en 2016, Trump avait réussi à gagner en maximisant son score dans les États de la Rust Belt (Michigan, Pennsylvanie, Wisconsin): des États où sa popularité est en baisse, mais pas forcément de manière alarmante, et où le président s’est signalé par son activisme sur le terrain. Dit autrement, il peut une nouvelle fois espérer l’emporter sans être majoritaire sur le plan national.

La popularité des présidents des États-Unis depuis juin 1945. Trump démarre en-dessous de tous ses prédécesseurs et connaît une baisse d’environ dix points en dix mois. (Source: Gallup)

Trump gouverne comme il fait campagne

L’an dernier, Trump avait gagné à l’issue d’une des campagnes les plus négatives de l’histoire. Il n’y a aucune raison de croire aujourd’hui que l’ambiance sera différente dans trois ans tant il est un président polarisant pour une Amérique polarisée. Une récente étude du Pew Research Center rappelait que depuis vingt ans, les électeurs démocrates et républicains se méprisent de plus en plus, et que l’écart entre eux se creuse sur un grand nombre de questions.

Trump est le symbole de cette Amérique. Il est aujourd’hui déjà aussi impopulaire chez les électeurs de l’opposition que Nixon juste avant sa démission ou Bush Jr. ou Obama au nadir de leur mandat. En revanche, il maintient un fort soutien chez les Républicains (autour de 80%) et certains de ses opposants en interne, comme les sénateurs Rob Corker et Jeff Flake, ont déjà annoncé qu’ils ne seraient pas candidats à leur réélection l’an prochain.

La polarisation de l’électorat américain entre 1994 et 2017, mesurée par l’écart entre l’électeur médian démocrate et l’électeur médian républicain. (Source: Pew Research Center)

Trump gouverne comme il faisait campagne, y compris, voire surtout, dans ses outrances. Et cela peut être un avantage, estime William Crotty, professeur émérite de sciences politiques à la Northeastern University:

«J’attire l’attention sur le fait que Trump a organisé des meetings cohérents pour sa base et l’a tenue informée, dans sa perspective, de ses réalisations au pouvoir. Comme la présidence Trump est une transposition claire de sa campagne, ceci est extraordinairement important.»

Un président impopulaire qui réussit à enflammer sa base électorale quand cela compte vraiment, on l’a d’ailleurs vu en France: ramené à 20% de popularité en mai 2011, Nicolas Sarkozy y recueillait, un an plus tard, plus de 48% des voix au second tour…

«Une présidentielle offre un choix binaire et la question en 2020 sera: Trump ou pas Trump? Il pourrait se retrouver en position précaire en 2019 et 2020, mais si l’alternative est pire, cela pourrait contribuer à réduire son impopularité et à ramener au bercail ceux qui s’étaient éloignés et l’avaient privé de leur soutien», analyse Josh Putnam, professeur de sciences politiques à l’université de Géorgie.

Un parti démocrate qui se caricature

Si on peut penser que Trump sera candidat à sa réélection, le nom de «l’alternative» en face reste une énorme inconnue. Ces dernières semaines, l’autopsie des difficultés d’un parti démocrate descendu à un niveau de faiblesse inédit depuis un siècle est devenue un passage obligé pour la presseaméricaine.

«Le parti démocrate est en chantier, estime William Crotty. Il y a un clivage substantiel entre les progressistes à la base, énervés par les récentes élections et l’agenda de Trump, et les centristes qui contrôlent le parti depuis deux décennies.»

Le parti vient d’ailleurs d’offrir une illustration caricaturale de ses difficultés avec la publication des bonnes feuilles du livre de Donna Brazile, sa présidente par intérim durant les quatre derniers mois avant la présidentielle: cette dernière y révèle un favoritisme supposé pour Clinton durant la primaire et explique qu’elle a songé à l’hypothèse d’un remplacement de la candidate par Joe Biden après son malaise lors de la cérémonie commémorative du 11-Septembre. L’équipe de campagne d’Hillary Clinton s’est insurgée dans une lettre ouverte que le parti démocrate ait semblé «approuvé la propagande nourrie par les Russes» sur la santé de la candidate, tandis que le maire de Chicago et ancien directeur de cabinet d’Obama Rahm Emanuel tempêtait dans le New York Times:

«Vous devez vous ficher de moi. Nous avons un président des États-Unis qui soutient une des réformes sociales les plus régressives de l’histoire, sur le départ pour l’Asie après avoir affaibli le leadership américain et qui a porté atteinte à l’indépendance de notre système judiciaire, et nous parlons des dirigeants du parti démocrate?»

Un an après une défaite traumatisante, le parti est sans leader. Les trois favoris putatifs pour l’investiture en 2020, pour peu qu’ils décident de concourir, sont tous âgés: Bernie Sanders aura 79 ans, Joe Biden 77 ans et Elizabeth Warren 71 ans. Entre les héritiers de Clinton ou d’Obama, les membres de l’establishment du parti et les opposants internes, on compte déjà une bonne trentaine de candidats possibles. Avec la perspective d’une primaire foutoir dont le vainqueur sortirait affaibli face à Trump…

«Si les Démocrates n’ont pas su assembler une coalition cosmopolite pour faire chuter Trump…»

Plus grave, le parti est toujours dans le flou sur son orientation, coincé entre deux tendances, l’identitaire et l’économique. Entre ceux qui pensent que les changements démographiques à l’œuvre (d’ici le milieu du siècle, les minorités raciales devraient être majoritaires aux États-Unis) et la fermeture du parti républicain sur les questions d’identité (racisme, genre, orientation sexuelle…) vont leur rendre la tâche de plus en plus facile et ceux, énergisés par la crise financière de 2008 et le mouvement Occupy Wall Street, qui croient qu’ils doivent développer un discours économique neuf pour reconquérir les classes populaires blanches qui se sentent délaissées.

Les seconds pensent que les premiers étaient trop influents durant la campagne:

«Clinton et sa campagne se sont comportés comme si “tout était écrit dans la démographie” et si une “coalition arc-en-ciel” était destinée à gouverner», écrit dans une analyse au vitriol le sondeur Stanley Greenberg, connu pour ses analyses sur les territoires perdus du parti démocrate dans les années 1980 et pour son travail sur la campagne victorieuse de Bill Clinton en 1992.

http://www.slate.fr/

Des messages alarmants retrouvés dans des vêtements chez Zara


Des marques connues font faire leurs vêtements aux moindres coups. Malheureusement, les conditions de travail et de salaire sont dérisoires pour les employés et quand ces usines fermes, ils peuvent avoir des mois de salaires non payés et sans travail
Nuage

 

Des messages alarmants retrouvés dans des vêtements chez Zara

 

© reuters.

VIDÉO Cette situation fait étrangement penser à celle d’il y a trois ans avec l’enseigne Primark.

« J’ai fabriqué l’article que vous vous apprêtez à acheter mais je n’ai pas été payé pour ».

Voilà la phrase inscrite sur une étiquette glissée dans plusieurs vêtements de la marque Zara à Istanbul (Turquie).

Ce signal de détresse a été déposé par des ouvriers de l’usine de textile Bravo (usine frabriquant les vêtements pour les enseignes Zara, Next et Mango).

 « Nous n’avons reçu ni nos trois derniers mois de salaires, ni nos primes d’ancienneté », expliquent-ils. « L’usine, elle, a été fermée en l’espace d’une nuit. S’il vous plaît, dites à Zara de nous payer ».

Pas le premier cas

Bravo Tekstil a, en effet, fermé ses portes le 25 juillet 2016 laissant ainsi 140 employés sur le carreau. Après un an de négociation pour tenter de récuperer leur salaire, une autre mauvaise nouvelle est malheureusement tombée.

« Les marques ont déclaré qu’elles ne payeraient qu’un peu plus d’un quart de ce que nous réclamions. En d’autres termes, les marques ont accepté leur responsabilité mais elles ont pensé que nous ne méritions pas plus que leurs restes », pouvait-on lire sur une pétition.

Ce n’est pas la première fois que les conditions de travail dans une usine de textile sont pointées du doigt. En 2014, des clients de chez Primark avaient retrouvé une étiquette similaire dans des robes fabriquées en Chine. Sur cette dernière, on pouvait lire la phrase: « Forced to work exhausting hours » (obligé de travailler des heures supplémentaires, ndlr).

http://www.7sur7.be

États-Unis: les parents d’intimidateurs pourraient aller en prison


Est-ce une bonne idée d’envoyer les parents d’enfants intimidateurs, et ce, à la première offense. Faut dire que des fois, il y a des agressions qui sont graves entre jeunes. Il est vrai que des parents ne prennent pas compte des avertissements, cette loi pourrait changer quelque chose, cependant, il y a des parents qui sont vraiment démunis devant leurs enfants, offrir une aide sérieuse pourrait être mieux pour eux.
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États-Unis: les parents d’intimidateurs pourraient aller en prison

 

Archives TC Media

NORTH TONAWANDA, N.Y. — Le garçon de 13 ans a reçu le premier coup, quand un jeune plus âgé lui a asséné un violent coup de poing à l’extérieur d’un magasin à un dollar.

Sa famille a reçu le deuxième coup quand les policiers ont avoué à ses parents être essentiellement impuissants à punir l’agresseur de 15 ans.

«On nous a essentiellement dit qu’ils ne pouvaient rien faire, puisque c’était un mineur, a dit William Crago, dont le fils s’est ensuite promené avec un oeil au beurre noir. On nous l’a dit plusieurs fois: on ne peut rien faire.»

Tout ça vient de changer.

Une petite ville située au nord de Buffalo, dans l’État de New York, a adopté une nouvelle loi qui permet aux autorités d’envoyer les parents d’intimidateurs en prison pour 15 jours et de leur imposer une amende de 250 $ US.

Le conseil municipal de North Tonawanda a voté à l’unanimité, au début du mois d’octobre, l’amendement d’une loi existante pour ajouter l’intimidation, le harcèlement et la consommation d’alcool par des mineurs aux bris de couvre-feu dont les parents peuvent être tenus responsables.

Les élus ont aussi éliminé la possibilité d’un simple avertissement pour une première infraction, ce qui veut dire que les parents pourraient écoper d’une peine de prison ou d’une amende dès le départ.

Une coalition communautaire assemblée par M. Crago et sa femme Victoria après l’agression dont a été victime leur fils, le 8 mai, a réclamé ces changements, avec l’appui de la police et des écoles de cette ville de 31 000 habitants.

Même quand les jeunes sont reconnus coupables par la justice, dit M. Crago, les conséquences réelles sont rares. Le garçon qui a frappé son fils aurait écopé d’une période de probation, et seulement quand les Crago ont exigé qu’il soit reconnu coupable de voies de fait.

«Ça fera une grosse différence pour les groupes de trouble-fêtes incorrigibles», a dit le procureur de la ville, Luke Brown, qui rappelle que la police était impuissante face à un groupe de 10 ou 12 adolescents qui savaient «comment marcher le long de la ligne sans la traverser» et des parents qui n’en faisaient pas assez pour corriger ces comportements.

Habituellement, les policiers reconduisaient chez eux les jeunes voyous ou demandaient à leurs parents de venir les chercher, et parfois les parents dont l’enfant avait violé le couvre-feu recevaient une contravention, a dit la capitaine Thomas Krantz. La nouvelle loi, explique-t-il, ne vise pas les parents qui collaborent avec la police ou essaient de corriger la situation.

«C’est pour les parents (…) qui ne veulent pas faire ce qui doit être fait pour garder leur jeune dans le droit chemin, dit-il. Ceux qui disent, ‘Ce n’est pas mon problème’».

North Tonawanda s’est inspirée d’une loi similaire adoptée il y a quelques années par une poignée de villes du Wisconsin. Le chef de police de l’une d’elles, Dan Ault, reconnaît que ses policiers n’ont émis que quelques avertissements, et aucune amende, depuis l’adoption de la loi en 2015, mais il croit que la simple menace suffit à attirer l’attention des parents.

«Nous avons certainement découragé ces comportements, a-t-il assuré. (Les parents) font un peu plus attention. Pourquoi? Parce que ‘je ne veux pas atterrir en prison pour 15 jours et je ne veux pas payer une amende de 250 $ US’.»

MM. Crago et Ault rapportent avoir essuyé les propos de ceux qui dénoncent une «ingérence du gouvernement» ou qui croient que la loi ne fera qu’ajouter aux problèmes de foyers déjà troublés.

«Nous ne vous disons pas comment élever vos enfants, réplique M. Ault. Mais on vous demande de les élever. Veuillez faire partie de la vie de vos enfants.»

Une experte prévient toutefois que des recherches sont nécessaires pour déterminer si la responsabilisation des parents lutte efficacement contre l’intimidation.

«C’est très attirant de dire qu’on prend l’intimidation au sérieux et que les parents doivent être responsables, explique Amanda Nickerson, de l’Université de Buffalo. Mais si on veut vraiment que les jeunes adoptent un comportement plus positif et plus prosocial, j’ai de la difficulté à croire que punir un parent ou menacer de punir un parent (puisse aider).»

http://journalmetro.com

L’erreur de l’US Air Force qui aurait peut-être pu empêcher le pire au Texas


La tuerie dans une église au Texas aux États-Unis était déjà connue pour violences conjugales par l’armée Américaine. Cependant, l’armée n’avait pas informé le FBI. Pourtant, Devin Patrick Kelley avait été condamné pour plusieurs chefs d’accusation et l’interdiction de posséder une arme. S’il aurait été inscrit au registre du Centre national d’information criminelle, avec la facilité d’avoir des armes aux États-Unis, ce massacre aurait-il pu vraiment être évité
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L’erreur de l’US Air Force qui aurait peut-être pu empêcher le pire au Texas

 

Source: Belga

L’US Air Force n’avait pas informé le FBI de la condamnation pour violences conjugales de Devin Patrick Kelley, ce qui aurait dû empêcher l’homme qui a tué 26 personnes dans une église du Texas dimanche d’acquérir une arme, a reconnu lundi le Pentagone.

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© afp.

« Les informations préliminaires montrent que le délit de violence conjugale de Kelley n’a pas été inscrit au registre du Centre national d’information criminelle (NCIC) », a indiqué Ann Stefanek, une porte-parole de l’armée de l’air américaine, précisant qu’une enquête a été ouverte pour voir si d’autres condamnations avaient pu passer au travers du système d’inscription au registre des criminels.

Une directive du Pentagone ordonne pourtant au personnel du ministère de communiquer au FBI toute condamnation par une cour martiale pour son inclusion dans les registres du NCIC.

L’ex-caporal de l’armée de l’air avait été jugé dans une cour martiale en 2012 pour violences contre son épouse et l’enfant de cette dernière.

Il a été condamné à 12 mois de détention à la prison militaire de Miramar, en Californie, et libéré en 2014. Il avait été chassé des rangs de l’armée pour mauvaise conduite et rétrogradé au rang de simple soldat.

Selon la loi fédérale, il n’avait donc pas le droit d’acheter ou de posséder une arme à feu après cette condamnation, a précisé la porte-parole.

L’US Air Force a également publié un document de janvier 2013 détaillant les motifs de condamnation de Devin Patrick Kelley: il a été jugé coupable d’avoir frappé sa femme à plusieurs reprises entre juin 2011 et avril 2012, lui donnant des gifles, des coups de pied et tentant de l’étrangler.

Il a aussi été jugé coupable d’avoir violemment frappé son beau-fils entre avril et juin 2012, d’une force telle qu’elle aurait pu « causer sa mort ou le blesser gravement ». Il avait plaidé coupable de ces deux accusations.

En revanche, il avait plaidé non coupable d’avoir pointé des armes à feu chargées en direction de sa femme et de l’enfant à deux reprises, en janvier et avril 2012.

Devin Patrick Kelley s’est suicidé après avoir tenté de fuir les lieux du massacre. Il était entièrement habillé de noir et portait un gilet pare-balles quand il a ouvert le feu vers 11H20 (17H20 GMT), avec un fusil semi-automatique sur la First Baptist Church de Sutherland Springs, un hameau rural du Texas de 400 habitants.

Bilan: 26 morts, dont un bébé de 18 mois, et 21 blessés, dont un garçonnet de 5 ans touché à quatre reprises.

http://www.7sur7.be