Séisme de Mexico : plongée sous le continent


Le Mexique est sur une plaque océanique qui forme un plancher océanique qui s’enfonce quelques mm/ans. Sa plongée reste bloqués quelques années et puis la rupture forme le séisme.
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Séisme de Mexico : plongée sous le continent

 

Sous le Mexique

Sous cette partie du continent nord-américain la plaque Cocos plonge avec un angle très faible presque à l’horizontale. Puis au bout de 250 km environ, presque sous Mexico, la plongée se fait de manière abrupte.

© Perez-Campos et al., GRL 2008

Par Azar Khalatbari

Les enregistrements du séisme du 19 septembre d’une magnitude 7,1 survenu près de la ville de Mexico confortent un modèle du sous sol déjà proposé en 2008.

Mardi 19 septembre 2017, 32 ans jour pour jour après le séisme de 1985 qui avait fait plus 10 000 morts, la Terre a de nouveau tremblé au Mexique, faisant plus de 200 morts. Tout comme le 8 septembre dernier, où les secousses d’une magnitude 8,2 étaient survenues dans la région sud du pays. La magnitude du séisme du 19 septembre a été estimée à 7,1 – là où les plus grands séismes atteignent 9– et l’épicentre est situé dans l’Etat de Puebla, près de la capitale Mexico. La rupture sismique a eu lieu à 51 km de profondeur.

Le contexte tectonique du Mexique est bien connu des géophysiciens : Mexico est à l’aplomb d’une zone de subduction, une de ces régions du globe où une plaque océanique plonge sous le continent, dans le manteau de la Terre. Il s’agit de la plaque Cocos qui forme le plancher océanique de cette région du Pacifique qui s’enfonce à une vitesse de 61 mm/an (soit 6,1 cm/an) sous cette partie du continent nord américain. Ce mouvement n’est pas continu : il se fait par à coup. Ainsi, lors de sa plongée, la plaque reste bloquée pendant des années. Les tensions s’accumulent jusqu’au point de rupture et la survenue du séisme.

Un réseau à l’écoute 

Dans ce contexte général, le séisme de Mexico présente cependant quelques bizarreries géologiques : habituellement dans les zones de subduction, comme au Japon, au cours des siècles, la rupture sismique peut survenir tout le long de la plaque plongeante jusqu’à une profondeur de 600 km. Or, l’histoire sismique du Mexique ne montre pas d’évènements si profonds. Cette particularité a intrigué les géophysiciens de l’USGS – l’agence géologique américaine– qui ont truffé la région de sismomètres. Depuis 2005, une centaine d’appareils –distants de 5 km les uns des autres– formant le réseau MASE (MesoAmerican Subduction Experiment).

Une plongée presque à l’horizontale 

Les données ont permis de dresser l’image tomographique du sous-sol. Et là surprise : la plaque Cocos pénètre dans le manteau avec un angle très faible, quasiment à l’horizontale sous la croûte continentale, sur  250 kilomètres environ… et ainsi jusqu’à quelques dizaines de kilomètres sous la ville de Mexico. Ce n’est qu’à cet endroit où elle plongerait brutalement dans le manteau, faisant un angle presque de 45°. C’est à cet endroit où les contraintes se sont accumulées dans un « coude » que la rupture aurait eu lieu. Ce modèle avait été proposé en 2008 déjà par Xyoli Perez-Campos de l’Institut de Géophysique de l’Université Nationale Autonome du Mexique à Mexico et ses collaborateurs de l’Institut de Technologie de Californie (Caltech, Etats-Unis) et semble expliquer les caractéristiques de ce séisme.

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Ig Nobel 2017 : un chat et du fromage qui pue


A chaque année le Ig Nobel attire les scientifiques avec leurs expériences et conclusions qui peuvent être assez étranges, car le IgNobel a pour objectif de  récompenser les réalisations qui font d’abord rire les gens, puis les font réfléchir. Les prix sont également utilisés pour souligner que même les recherches paraissant absurdes peuvent apporter des connaissances utiles.
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Ig Nobel 2017 : un chat et du fromage qui pue

 

Nathalie Mayer

Journaliste

 

Deux des dix prix Ig Nobel 2017, qui récompensent la science insolite, sont attribués à des chercheurs français. Il s’agit du prix Ig Nobel de physique, pour une étude sur les chats, et du prix Ig Nobel de médecine, pour des travaux portant sur l’aversion pour les fromages qui puent.

Les chats sont-ils solides ou liquides ? C’est la question qui a valu à un physicien de l’ENS de Lyon le dernier prix Ig Nobel de physique, remis le 14 septembre au Harvard’s Sanders Theatre (États-Unis). Car il a remarqué que, comme les liquides, les chats semblent parfois ne plus avoir de forme propre et être capables d’adopter celle du récipient qui les contient.

D’ailleurs, les principes de la dynamique des fluides que ce chercheur a mis en œuvre ne lui ont pas permis de répondre de manière définitive !

Le physicien assure tout de même que son travail permet d’éclairer « certaines des questions réelles que se pose la rhéologie [l’étude de la déformation et de l’écoulement de la matière sous l’effet d’une contrainte appliquée, NDLR] ».

Des chercheurs français se sont vu attribuer l’Ig Nobel de médecine pour leurs travaux sur l’aversion au fromage. © Philipimage, Fotolia

Des chercheurs français se sont vu attribuer l’Ig Nobel de médecine pour leurs travaux sur l’aversion au fromage. © Philipimage, Fotolia

    Le dégoût du fromage et les Français

    Des neuroscientifiques du Centre de recherche en neuroscience de Lyon et du Laboratoire de neuroscience Paris Seine ont, quant à eux, été récompensés pour leurs travaux sur le fromage qui pue. Un sujet bien français, diront les mauvaises langues, mais peu importe, puisqu’il leur aura valu un Ig Nobel de médecine.

    Car l’aversion au fromage est un phénomène très répandu. Et l’aversion constitue l’un des éléments clés de notre défense vis-à-vis d’un objet d’agression, d’où l’intérêt de l’étudier. Leur conclusion : sur le plan neurofonctionnel, le dégoût du fromage serait à associer à une modification de l’activité du circuit de la récompense.

    Parmi les autres sujets récompensés :

  • une étude portant sur la taille des oreilles des hommes âgés ;

  • une autre portant sur le lien entre un contact avec un crocodile vivant et l’envie de miser gros ;

  • une autre encore portant sur la pratique d’un instrument à vent pour lutter contre le ronflement

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POUR EN SAVOIR PLUS

Ig Nobel 2013 : des Français médaillés pour une découverte sur l’ébriété

Article de Jean-Luc Goudet paru le 13/09/2013

On se croit attirant quand on est soûl, selon une étude grenobloise. Il est difficile de savoir quand une vache va se relever. Les airs d’opéra ont un effet positif sur les souris cardiaques, et il est possible d’évacuer des pirates de l’air en plein vol. Le cru 2013 des prix « anti-Nobel » est assez croustillant.

Le comité réuni par l’honorable association Improbable Research, chargé de récompenser les – véritables – études scientifiques « qui font rire puis réfléchir », a rendu jeudi 12 septembre au soir son verdict tant attendu. La cérémonie de remise des Ig Nobel 2013, qui s’est tenue pour la 23e fois depuis 1991 dans le théâtre Sanders, sur le campus de l’université Harvard (Cambridge, États-Unis), n’a pas déçu.

La science française s’enorgueillit de figurer au palmarès avec un très bel Ig Nobel de psychologiepour un travail sur l’autosatisfaction ressentie en état d’ébriété. Terminée en 2012 et publiée en 2013 dans le British Journal of Psychology, l’étude de l’équipe menée par Laurent Bègue(université Pierre Mendès-France, Grenoble) était intitulée « Beauty is in the eye of the beer holder : People who think they are drunk also think they are attractive ». Il faut être anglophone pour comprendre le jeu de mots, facétie assez rare dans la littérature scientifique. L’adage « beauty is in the eye of the beholder », soit « la beauté est chez celui qui regarde », veut signifier que la notion de beauté est subjective. Ici, il s’agit des buveurs de bière (beer) et la suite du titre clarifie la pensée des auteurs : « les gens qui pensent qu’ils sont soûls pensent aussi qu’ils sont attirants ». La conclusion de l’étude, donc sur des personnes pensant qu’elles ont trop bu, était que ce phénomène s’explique par un effet placebo (et qu’il n’affecte que la personne concernée, son entourage y restant insensible).

Laurent Bègue, du Laboratoire interuniversitaire de psychologie, personnalité, cognition, changement social (LIP-PCS, UPMF de Grenoble) a fait le voyage à Cambridge (Massachusetts) pour assister à la cérémonie de remise des prix Ig Nobel et recevoir celui décerné à son équipe. © DR

Laurent Bègue, du Laboratoire interuniversitaire de psychologie, personnalité, cognition, changement social (LIP-PCS, UPMF de Grenoble) a fait le voyage à Cambridge (Massachusetts) pour assister à la cérémonie de remise des prix Ig Nobel et recevoir celui décerné à son équipe. © DR

Cru 2013 des Ig Nobel : la boussole du bousier et des maths assez vaches

Le reste de la sélection vaut le détour. Dans l’improbable catégorie Biologie et astronomie, la récompense est accordée à un travail international qui avait déjà eu les honneurs de notre rubrique Science décalée. L’étude démontre que le bousier s’oriente la nuit en s’aidant de la Voie lactée. Un argument de plus pour s’inquiéter de la pollution lumineuse du ciel…

L’Ig Nobel de physique revient à une étrange recherche sur l’effet de la faible gravité qui permettrait à certains de courir sur une surface d’eau à condition qu’elle soit sur la Lune. Peut-être une expérience intéressante à réaliser dans l’Airbus Zéro G de Novespace, organisant des vols paraboliques simulant une gravité nulle, lunaire ou martienne.

Le prix de la Probabilité (car l’Ig Nobel, contrairement au Nobel, s’intéresse aussi aux mathématiques) revient à une équipe qui s’est focalisée sur les mouvements verticaux des ruminants, découvrant deux résultats importants en matière de statistiques. Premièrement, plus une vache est restée longtemps couchée, plus est grande la probabilité de la voir se relever l’instant suivant. Deuxièmement, considérant une vache debout, il est très difficile de savoir quand elle va se coucher.

Le dispositif anti-pirates de l'air, brevet du Bureau américain des brevets et des marques de commerce numéro 3.811.643, 21 mai 1974. © DR

Le dispositif anti-pirates de l’air, brevet du Bureau américain des brevets et des marques de commerce numéro 3.811.643, 21 mai 1974. © DR

L’opéra a du cœur mais pourra-t-on applaudir ?

En médecine, il faut sans doute souligner l’importance de cette étude japonaise selon laquelle écouter des airs d’opéra augmente les chances de survie après une transplantation cardiaque, du moins chez la souris. L’Ig Nobel de chimie quant à lui ne va pas à une découverte, mais à une constatation : on ignore pourquoi les oignons font pleurer et mais on sait désormais que la réponse est complexe.

Dans le domaine de la sécurité, le jury a déterré une demande de brevet datant de 1974 décrivant un système d’encapsulation automatique de pirates de l’air (voir illustration). Piégés par un système composé d’une trappe invisible et d’un filet, les détourneurs d’avion peuvent ensuite être évacués sous parachute sur une zone où la police les attend.

Enfin, signalons le très mérité Ig Nobel de la paix décerné à Alexandre Lukashenko, président de la république de Biélorussie, pour avoir interdit les applaudissements en public. Cet intéressant progrès de la démocratie avait fait le buzz durant l’été 2011 quand, au nom de cette prohibition, une amende avait été infligée à un manchot.

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Pour "voter", les lycaons… éternuent


Un moyen de communication assez inusité chez le lycaon. Une forme de démocratie, quoique pas tout fait au point. Pour aller à la chasse, il faut voter en éternuant. Sauf qu’il y a des inégalités si on est dominant ou novice
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Pour « voter », les lycaons… éternuent

 

Lycaons

Les lycaons sont des animaux sociaux qui prennent certaines décisions en groupe.

© GERARD LACZ / REX FEATU/REX/SIPA

Par Anne-Sophie Tassart

Des chercheurs ont découvert que les lycaons ont une méthode très originale pour décider ou non du départ de la meute.

« L’un des exemples les plus flagrants de coordination de groupe chez les animaux sociaux est la décision de quitter un lieu de repos », indique une équipe de chercheurs dans une étude parue le 6 septembre 2017 dans la revue Proceedings of the Royal Society B.

Ces scientifiques ont étudié 5 meutes de lycaons (Lycaon pictus) au Botswana. Et ils ont découvert que ces canidés ont une méthode plutôt inattendue pour décider s’ils doivent oui ou non partir à la chasse : pour voter, ils éternuent !

Eternuer pour donner son avis

Chez cette espèce, certains animaux ont une influence bien plus importantes que tous les autres membres du groupe. Mais cela n’empêche pas que des décisions collectives peuvent être prises comme, par exemple, pour un départ. Avant que la meute ne se déplace, tous les membres se rassemblent afin de « voter ». Ainsi, chaque rassemblement ne donne pas forcément lieu à un départ.

Selon cette étude, la probabilité du « succès » d’un regroupement est corrélée au nombre minimum d’éternuements audibles qui est de toutes façons anormalement élevé à ce moment là. Pour les chercheurs, les lycaons se servent donc de ces brusques expirations d’air comme d’un moyen de communication qui leur permet de donner leur avis.

Des votants inégaux

Après avoir observé 68 rassemblements, les scientifiques ont découvert que le nombre d’éternuements intervient comme un quorum : un nombre seuil d’ébrouements doit être atteint pour que la demande de départ soit validée. Mais des différences existent entre les initiateurs. En effet, si l’animal qui souhaite le mouvement du groupe est l’un des dominants, très peu d’éternuements -3 en moyenne- seront nécessaires pour amorcer le départ. Si la demande est initiée par un lycaon de faible rang, celui-ci devra « recevoir » 10 éternuements minimum pour voir sa requête validée.

Les chercheurs ont déterminé qu’il fallait environ 7,8 éternuements pour que le rassemblement soit un succès (c’est-à-dire qu’il mène au départ). Selon eux, lorsque l’éloignement du lieu de repos est demandé par un dominant, celui-ci n’essuie jamais de refus mais son accord n’est pas un prérequis pour le mouvement de la meute : si le nombre d’éternuements est suffisant, la requête est validée. Il existe donc un semblant de démocratie chez ces canidés mais mieux vaut ne pas avoir les cavités nasales encombrées lors d’un vote : le résultat du suffrage pourrait en être faussé !

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La moitié des espèces canadiennes menacées


C’est beaucoup que la moitié des espèces canadiennes sont menacées causé par la perte d’habitat, les changements climatiques, espèces envahissantes, pourtant il y a eu des lois pour protéger des animaux et ils perdent quand même des membres. La solution serait beaucoup complexe si on veut un changement positif
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La moitié des espèces canadiennes menacées

 

Des épaulards nagent au large de Victoria.

L’épaulard du Pacifique Nord-Ouest fait partie des espèces en voie de disparition au Canada.   Photo : Eagle Wing Tours and Shorelines Photography/Valerie Shore

La population de la moitié de 903 espèces canadiennes d’oiseaux, de poissons, de mammifères, de reptiles et d’amphibiens s’est effondrée au cours des 40 dernières années, prévient une nouvelle étude.

La Presse canadienne

Ces espèces ont perdu 83 % de leurs individus entre 1970 et 2014, selon le rapport dévoilé jeudi par le Fonds mondial pour la nature (WWF). Le déclin des espèces protégées par une loi fédérale a été comparable à celui des espèces non protégées.

Le président du WWF, David Miller, a dit que, règle générale, la Loi canadienne sur les espèces en péril ne semble avoir eu aucun effet, et qu’il est maintenant « incroyablement urgent » de renverser le déclin.

L’Indice Planète Vivante (IPV) calculé par le WWF pourrait être le reflet le plus fidèle de la santé de la faune canadienne.

L’organisation environnementale a étudié 3689 populations différentes de 386 espèces d’oiseaux, 365 espèces de poissons, 106 espèces de mammifères et 46 espèces de reptiles et amphibiens. Elle a utilisé une méthode développée par la Société zoologique de Londres pour regrouper plus de 400 ensembles de données compilées par le gouvernement fédéral.

Au total, les 903 espèces étudiées ont vu leur population fondre de 8 % pendant les 44 années étudiées. Quarante-cinq espèces étaient stables et 407 se sont améliorées, notamment en raison de mesures de protection.

Les populations de gibiers d’eau, dont les marais sont protégés, ont augmenté de 54 %. Les oiseaux de proie, comme les faucons, ne sont plus menacés par le DDT, et leur population a explosé de 88 %. Sont également en hausse les populations d’animaux qui cohabitent bien avec les humains, comme les cerfs et les oies.

Gros plan sur le visage d'une grenouille léopard.

La grenouille léopard est une espèce menacée en Alberta, mais sa réintroduction dans la région des Lacs-Waterton semble prometteuse. Photo : CBC/Aquarium de Vancouver

L’étude explique que les déclins de population sont causés par des facteurs qui commencent à être bien connus : la perte d’habitat, les changements climatiques, les espèces envahissantes et la pollution.

M. Miller s’est dit surpris de constater que des lois comme la Loi canadienne sur les espèces en péril, qui a été adoptée en 2014, n’ont en rien ralenti le déclin.

La science nous démontre que cela n’a fait aucune différence concrète pour les espèces.

David Miller, président du Fonds mondial pour la nature (WWF)

Les populations des espèces mentionnées par la loi ont dégringolé de 63 % pendant la durée de l’étude. Le rapport laisse même entendre que le déclin s’est potentiellement accéléré depuis son adoption. Ce constat découle possiblement du temps qu’il faut pour agir. M. Miller rappelle par exemple qu’on savait que le béluga du Saint-Laurent était menacé bien avant l’adoption de la loi, mais que les premières protections n’ont été mises en place qu’en 2015.

« Il y a eu des délais incroyables pour adopter les mesures prescrites par la loi », a-t-il dit.

Les cerfs de Virginie ne se formalisent pas de la présence humaine sur Anticosti.

Les cerfs de Virginie ne se formalisent pas de la présence humaine sur Anticosti. Photo : Radio-Canada/Marc-Antoine Mageau

Nouvelle approche nécessaire

La loi n’est peut-être plus le meilleur outil pour protéger la faune, poursuit M. Miller, puisque les espèces en déclin sont trop nombreuses pour qu’on puisse les protéger individuellement.

« Nous avons probablement besoin d’une nouvelle approche, a-t-il lancé. Les problèmes sont très complexes, et il y a de multiples causes. On ne peut pas se fier uniquement à un plan pour les espèces. Il faut examiner tout l’écosystème. »

Par exemple, dit-il, on ne pourra pas faire grand-chose pour freiner la disparition des épaulards du Pacifique tant que les scientifiques ne comprendront pas pourquoi les populations de saumon chinook – leur principale source de nourriture – sont en déclin.

M. Miller croit que nous aurons besoin de nouveaux réseaux de zones protégées pour renverser la tendance. Il souligne que l’étude a constaté qu’une approche collective, comme celle adoptée pour protéger les gibiers d’eau, peut être efficace.

Mais l’ampleur et la rapidité du déclin exigent une intervention rapide.

Même pour nous, ces résultats sont stupéfiants. Il s’agit de déclins exceptionnellement sérieux. Il faut intervenir de toute urgence.

David Miller, président du Fonds mondial pour la nature (WWF)

En bref :

  • Les populations de mammifères ont reculé de 43 %
  • Les populations de poisson ont fondu de 20 %
  • Les populations de reptiles et amphibiens ont reculé de 16 %
  • Les populations d’oiseaux ont grimpé de 7 %, surtout grâce à l’amélioration touchant les gibiers d’eau et les oiseaux de proie. En revanche, les populations d’oiseaux des prairies se sont effondrées de 69 %, celles des insectivores de 51 % et celles des oiseaux de rivage de 43 %.

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Il y a 140 millions d’années, la toute première fleur ressemblait à un magnolia


Comment faire pour imaginer la première fleur qui serait apparue sur terre quand il n’y a aucun fossile de fleur qui remonte à 14o millions d’années. Ils ont décortiquer les différences entre diverses plantes à fleur ayant un lien de parenté ainsi trouver la mère de toutes les fleurs
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Il y a 140 millions d’années, la toute première fleur ressemblait à un magnolia

Cette fleur est l'ancêtre du magnolia… mais aussi du chêne, de l'herbe, de la tomate, de la jonquille, et de bien d'autres encore I Hervé Sauquet et Jürg Schönenberger

Cette fleur est l’ancêtre du magnolia… mais aussi du chêne, de l’herbe, de la tomate, de la jonquille, et de bien d’autres encore I Hervé Sauquet et Jürg Schönenberger

Mario Vallejo-Marin

Il n’en existe pas de fossiles mais des chercheurs ont planché sur sa reconstruction.

La majorité des plantes qui peuplent la Terre disposent de fleurs. Mais l’histoire de leur origine reste largement mystérieuse. Les fleurs constituent aujourd’hui les organes sexuels de plus de 360.000 espèces de plantes vivantes, toutes issues d’un unique ancêtre commun.

Cette plante ancestrale –qui a existé à une époque comprise entre 250 et 140 millions d’années dans le passé– a produit les premières fleurs à une période où notre planète était plus chaude et plus riche en oxygène et en gaz à effet de serre qu’aujourd’hui. Une époque où prospéraient les dinosaures.

Ces derniers n’existent plus depuis 65 millions d’années. Et pourtant, nous en savons davantage sur l’apparence d’un iguanodon que sur celle de la fleur ancestrale!

Cette plante aquatique trouvée en Espagne, vieille de 130 millions d’années, est le plus ancien fossile de fleur connu à ce jour. Gomez et al/PNAS

Ce manque de connaissances est en partie dû au fait que ces premières fleurs n’ont pas laissé de traces. Il faut un concours de circonstances très particulier pour que les fleurs, qui sont des structures fragiles, puissent se fossiliser. Et puisqu’aucun fossile de fleur ne remonte à 140 millions d’années ou davantage, les scientifiques n’avaient qu’une idée limitée de ce à quoi pouvait ressembler l’ancêtre ultime… jusqu’à maintenant.

Remonter l’arbre généalogique des plantes à fleurs

Une nouvelle étude majeure, menée par une équipe internationale de botanistes, est parvenue à établir la meilleure reconstruction, à ce jour, de cette fleur ancestrale. Pour cela, elle s’est concentrée moins sur les fossiles que sur l’étude des caractéristiques de 800 descendants, encore vivants aujourd’hui, de cette première fleur.

En énumérant les points communs et les différences entre diverses plantes à fleurs présentant un lien de parenté, on peut en effet déduire les caractéristiques de leurs ancêtres proches. Par exemple, sur toutes les espèces d’orchidées, les fleurs ont un effet miroir: les deux moitiés de chaque fleur sont symétriques (on parle de symétrie bilatérale). On peut donc supposer que l’ancêtre des orchidées présentait cette caractéristique. De fil en aiguille, on peut ensuite comparer ces ancêtres entre eux et remonter un cran plus loin, et ainsi de suite, jusqu’à atteindre, éventuellement, la base de l’arbre généalogique des plantes à fleurs.

Les fleurs des orchidées sont symétriques. Joanna Dineva

La fleur originelle ressemble, sous certains aspects, au magnolia moderne, avec ses multiples «pétales» (appelés techniquement des tépales, techniquement) indifférenciés et disposés en cercles concentriques. On trouve, en son centre, plusieurs rangées d’organes sexuels, dont des étamines et des ovaires. Difficile de ne pas imaginer les anciennes espèces de pollinisateurs s’aventurer dans cette fleur, y collecter des grains de pollen et aider ainsi, sans le savoir, la plante à produire des graines.

Une vie sexuelle controversée

Cette nouvelle étude permet de trancher la question de savoir si les fleurs primitives avaient chacune un sexe, ou si, au contraire, les organes reproductifs mâle et femelle étaient réunis dans la même fleur. Les recherches menées jusqu’ici divergeaient sur ce point. D’un côté, l’un des plus anciens lignages de plantes à fleurs –qui ne survit aujourd’hui que sous la forme d’Amborella, un arbuste rare de Nouvelle-Calédonie– présente des fleurs qui sont soit mâles, soit femelles. De l’autre, dans la plupart des espèces modernes, les deux sexes sont présents dans la même fleur.

Toutes les espèces de fleurs qui existent de nos jours proviennent, à l’origine, d’une ancêtre unique, datant d’il y a environ 140 millions d’années. Hervé Sauquet et Jürg Schönenberger

Les auteurs de l’étude viennent de trancher le débat en montrant que la fleur ancestrale était hermaphrodite. Ce qui signifie que les plantes à fleurs primitives pouvaient se reproduire en prenant soit le rôle du mâle, soit celui de la femelle. Une telle combinaison des sexes dans une même fleur peut constituer un avantage lorsqu’une plante s’installe dans un nouvel environnement: chaque individu unique peut ainsi être son propre partenaire. Et en effet, beaucoup d’espèces de plantes ayant colonisé des îles lointaines se sont révélées hermaphrodites. Peut-être cela a-t-il pu aider ces premières plantes à fleurs à s’imposer sur d’autres plantes.

Le diable est dans les détails

Malgré son apparente ressemblance avec certaines des fleurs que nous connaissons, l’ancêtre ultime nous réserve quelques surprises. Les botanistes ont longtemps pensé, par exemple, que les premières fleurs disposaient, en leur centre, de pétales disposés en spirale, comme on le voit sur des espèces modernes comme l’anis étoilé.

Mais les dernières découvertes suggèrent fortement que les organes des premières fleurs étaient disposés, non pas en spirale, mais en séries de cercles concentriques (ou verticilles), comme sur les plantes modernes. Ces verticilles étaient toutefois plus nombreux sur la fleur primitive, ce qui suppose que les fleurs se sont simplifiées au fil du temps.

Paradoxalement, cette simplification de l’architecture des fleurs pourrait avoir doté les plantes modernes d’une base plus stable pour évoluer, mais aussi pour accomplir des tâches complexes. Parmi celles-ci, la possibilité d’une meilleure interaction avec certains insectes, comme c’est le cas pour les orchidées, ou la production de capitules, ces dizaines ou centaines de petites fleurs que l’on voit notamment dans la famille des tournesols.

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Des traces de vie sous les glaciers de l’Antarctique


Il fait très froid en Antarctique, mais dans une région volcanique, la température des grottes peuvent atteindre 25 C. Les chercheurs on trouver de l’ADN appartenant à des algues, mousses, et même des petits animaux, alors d’autres, demande un peu plus de recherche pour savoir a qui ou a quoi appartiennent l’ADN
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Des traces de vie sous les glaciers de l’Antarctique

 

Il existe un important réseau de grottes près du mont Erubus.

Il existe un important réseau de grottes près du mont Erubus.   Photo : UNAVCO

Des animaux et des plantes, dont certaines espèces inconnues, pourraient vivre dans des grottes creusées par l’activité volcanique sous les glaciers de l’Antarctique. On y trouve des traces d’ADN provenant de plusieurs espèces.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

La chercheuse Ceridwen Fraser et ses collègues de l’Université nationale australienne ont étudié le secteur du mont Erebus, le volcan actif le plus austral du monde, situé sur l’île de Ross. Ils y ont détecté un important réseau de grottes.

Un écosystème distinct?

L’équipe australienne estiment que ces grottes creusées par la chaleur libérée par les volcans sont éclairées par la lumière du jour filtrée à travers la glace en surplomb.

La température y atteint 25 degrés en dépit des températures glaciales de l’Antarctique en surface. C’est la chaleur dégagée par la vapeur émanant du volcan qui pourrait rendre les grottes propices à la vie.

L’analyse d’échantillons de sol prélevés dans les grottes révèle des traces intrigantes d’ADN provenant d’algues, de mousses et de petits animaux.

La biologiste Ceridwen Fraser explique que la plupart des séquences ADN analysées correspondent à celles d’organismes vivants connus. Certaines de ces séquences, toutefois, n’ont pas pu être identifiées.

Les résultats de cette étude nous donnent des perspectives alléchantes quant à ce qui pourrait vivre sous la glace de l’Antarctique. Il se pourrait même qu’il y ait de nouvelles espèces d’animaux et de plantes. Ceridwen Fraser

Ces traces d’ADN pourraient aussi dater de l’époque où la zone n’était pas recouverte de glace.

La prochaine étape serait d’aller constater sur place la présence de ces espèces, ce qui est difficile à réaliser en raison de l’emplacement.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Polar Biology.

http://ici.radio-canada.ca/

L’humain continue d’évoluer


L’espèce humaine à bien changer depuis son apparition, à chaque génération des mutations génétiques s’avance vers une sélection naturelle et avec les changements de l’environnement s’ajoute encore des mutations qu’il est plus difficile a prévoir, mais continu de générations en générations
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L’humain continue d’évoluer

 

La révolution génomique en cours permet aux scientifiques de voir le processus de sélection naturelle en action. Photo : iStock

L’analyse du génome de plus de 210 000 personnes aux États-Unis et au Royaume-Uni montre que des mutations génétiques associées à la maladie d’Alzheimer et au tabagisme sont moins fréquentes chez les personnes ayant une grande longévité.

Un texte d’Alain Labelle

Selon le généticien Joseph Pickrell et ses collègues de l’Université Columbia aux États-Unis, cette constatation laisse à penser que la sélection naturelle a éliminé ces deux variantes néfastes dans ces deux populations.

C’est un signal subtil, mais nous avons trouvé des preuves génétiques que la sélection naturelle est bel et bien en cours dans les populations humaines modernes. Joseph Pickrell, généticien de l’évolution

Les chercheurs ont aussi remarqué que des séries de mutations génétiques qui prédisposent aux maladies cardiaques, à l’hypercholestérolémie, à l’obésité et à l’asthme apparaissent moins souvent chez les personnes qui vivent plus vieilles et dont les gènes sont donc plus susceptibles d’être transmis et de se retrouver dans la population.

Pour la survie de l’espèce

De nouveaux traits favorables évoluent lorsque des mutations génétiques apparaissent et améliorent la capacité de survie d’une espèce.

Alors que les survivants de chaque génération transmettent ces mutations bénéfiques, les mutations et leurs traits adaptatifs deviennent plus fréquents dans la population générale.

Un trait complexe, comme le fait de se tenir sur nos deux jambes, peut prendre quelques millions d’années pour évoluer, mais l’évolution elle-même se produit avec chaque génération, car les mutations adaptatives deviennent plus fréquentes dans la population.

Un processus en action

La révolution génomique en cours permet aux scientifiques de voir le processus de sélection naturelle en action en permettant de comparer le génome de centaines de milliers de personnes.

En observant l’augmentation où la baisse de la présence de mutations spécifiques entre des générations de personnes, les chercheurs peuvent ainsi déduire quels traits se propagent ou diminuent.

Mais difficile de prévoir le futur de l’espèce humaine. Comme l’environnement est en constant changement, un trait associé à une grande longévité d’une population aujourd’hui peut devenir moribond dans quelques générations ou même dans une autre population actuelle.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue PLOS Biology.

 

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