Comment notre cerveau change-t-il au cours de notre vie ?


 

Le cerveau entre homme et femme est différent. À partir d’environs 80 ans, c’est le cerveau des hommes qui s’atrophie plus vite. Dans les études avenir, les chercheur vont essayer de trouver à quel moment que des sains viennent à se détériorer vers des maladies comme l’Alzheimer
Nuage

 

Comment notre cerveau change-t-il au cours de notre vie ?

 

Comment notre cerveau change-t-il au cours de notre vie ?

IRM du cerveau

© VOLBRAIN

Par Lise Loumé

Une équipe française a réalisé une étude pour déterminer comment le cerveau change au cours de notre vie. Le résultat est à découvrir en vidéo

Comment le cerveau change-t-il tout au long de notre vie ? Existe-t-il des différences dans le développement et le vieillissement du cerveau entre les hommes et les femmes ? Pour le savoir, des chercheurs du CNRS, de l’Université de Bordeaux et de l’Université Polytechnique de Valence (en Espagne) ont analysé près de 3.000 IRM pour tous les âges de la vie, allant du bébé de quelques mois à la personne âgée de plus de 90 ans. Ils ont suivi l’évolution de plusieurs structures cérébrales par exemple : l’hippocampe et des tissus composant le cerveau (comme la matières grise). C’est la première fois qu’un tel nombre d’IRM couvrant une si large période de vie est utilisé.

Le cerveau des hommes s’atrophie plus vite après 80 ans

Pour mener à bien cette étude, les chercheurs ont utilisé la plate-forme volBrain qu’ils ont constitué en 2015, un outil qui a permis l’analyse de plus de 53.000 IRM du cerveau pour plus de 1.500 utilisateurs à travers le monde depuis 2015. Les résultats de cette étude ont permis d’obtenir les valeurs normales de chaque structure cérébrale pour un âge et un sexe donnés (voir vidéo ci-dessous).

 « Ce travail offre donc un outil précieux pour l’aide au diagnostic de pathologies neurologiques,expliquent les chercheurs dans un communiqué. En effet, en fournissant un cadre de référence, cette étude permet de vérifier si les volumes des structures cérébrales d’un nouveau patient sont dans la normale ou non ».

Par exemple, un volume plus faible que prévu de l’hippocampe peut indiquer un cas possible d’Alzheimer.

De plus, cette étude a également montré qu’il existe des différences dans l’évolution du cerveau des hommes et des femmes. Entre autres résultats, il apparait que le cerveau féminin atteint son pic de maturité avant celui des hommes et que la vitesse à laquelle le cerveau s’atrophie est plus grande chez les hommes que chez les femmes après 80 ans. On peut aussi remarquer la diminution de la matière grise corticale (tissu périphérique apparaissant en gris dans la vidéo) entre 1 et 10 ainsi que l’élargissement des ventricules (en rouge et en vert) contenant du liquide cérébro-spinal entre 60 et 90 ans. Dans les mois à venir, cette équipe va poursuivre son travail sur l’étude du cerveau mais cette fois dans le cadre de la maladie d’Alzheimer. Ils vont essayer de découvrir à quel moment l’évolution des cerveaux sains et des cerveaux pathologiques diverge.

https://www.sciencesetavenir.fr

Publicités

Les bonobos préfèrent les tyrans


Les bonobos sont pacifiques, sauf qu’il semblerait qu’ils se rallient plus facilement à celui qui est agressif, même si cela veut dire qu’il soit injuste, ce qui logiquement serait le dominant
Nuage

 

Les bonobos préfèrent les tyrans

 

Photo : iStock/guenterguni

Alors que les humains préfèrent généralement un leadership consensuel, les singes bonobos (Pan paniscus) – nos cousins les plus proches sur le plan génétique dans règne animal avec les chimpanzés –, sont plus attirés par les chefs dominateurs.

Un texte d’Alain Labelle

Les primatologues américains Christopher Krupenye et Brian Hare de l’Université Duke ont été surpris par leurs observations en raison du caractère habituellement pacifique des bonobos, et ce, particulièrement lorsque leurs comportements sont comparés à ceux des chimpanzés.

En outre, les bonobos sont aussi considérés comme des animaux très sociaux, disposés à la coopération.

Selon les auteurs, ces observations permettent donc de penser que l’humain est la seule espèce qui évite le leadership d’individus oppresseurs.

Le saviez-vous?

Un enfant humain montre une capacité à distinguer les personnes gentilles des méchantes dès l’âge de trois mois. Il préfère aussi interagir avec des individus disposés à aider les autres.

La réalité du bonobo

L’équipe américaine de chercheurs a effectué une série de tests avec des bonobos adultes du sanctuaire Lola Ya en République démocratique du Congo afin de déterminer si ces grands singes partagent cette caractéristique sociale avec les humains.

Dans leurs expériences, les scientifiques ont notamment montré à 24 bonobos un dessin animé dans lequel un personnage tente avec difficulté de gravir une colline. Arrivent ensuite deux autres personnages : l’un cherche à l’aider et l’autre le pousse pour le faire reculer. MM. Krupenye et Hare ont ensuite placé un morceau de pomme sous une représentation imprimée de chacun des deux protagonistes, pour voir vers lequel les bonobos se dirigeraient en premier.

Ils ont aussi montré une vidéo d’un humain jetant une peluche trop loin pour pouvoir la récupérer. Une deuxième personne intervient pour lui rendre le jouet, mais un troisième individu s’en empare et l’emporte avec lui.

Un autre choix s’offrait aux singes : accepter le morceau de pomme du voleur ou celui du bon samaritain.

Les observations montrent que, contrairement aux humains, ces primates se dirigent toujours vers les sujets agressifs et asociaux.

Un rapport avec le statut social?

Les primatologues avancent que les bonobos pourraient voir dans la rudesse un signe de statut social élevé et chercheraient tout simplement à se ranger du côté des individus dominants.

En outre, le fait de se ranger du côté des individus dominants pourrait aussi signifier un meilleur accès à la nourriture ou aux compagnons, ou d’autres avantages, comme un risque moins élevé d’être intimidés.

Chez les humains, la mise à l’écart de ceux qui brutalisent les autres contribue à la cohésion sociale et permet d’éviter les mauvais partenaires. Elle permet aussi aux humains de travailler ensemble en grand nombre, et ce, même avec des étrangers, d’une manière différente de celle des autres espèces.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Current Biology.

http://ici.radio-canada.ca

Science décalée : Star Wars peut vous éviter un cancer du côlon


Si jamais vous avec une coloscopie à passer, suggérer au gastro-entérologue de mettre une musique de Star Wars, il semble que cela serait beaucoup plus efficace
Nuage

 

Science décalée : Star Wars peut vous éviter un cancer du côlon

 

Marie-Céline Ray

Journaliste

 

La Force donnerait des pouvoirs au diagnostic médical : une étude de 2017 comparant des coloscopies réalisées dans deux environnements musicaux différents a montré que la bande-son de Star Wars permettait de détecter plus d’adénomes et de polypes. De bonnes raisons pour voir et revoir toute la saga.

La gastro-entérologie n’échappe pas à la mode Star Wars, dans cette étude rédigée avec beaucoup d’humour qui paraît dans Medical Journal of Australia. Les auteurs sont pourtant partis du constat très sérieux que la musique a des vertus en médecine, y compris en salle d’opération. Elle aide par exemple le patient à réduire son anxiété, et favoriserait les performances des médecins.

Mais aucune étude jusque-là ne s’était penchée sur les bénéfices de la musique pour la coloscopie ; il n’y aurait pas non plus de données sur le style de musique le plus « efficace » pour réussir une endoscopie. Pourtant, les médecins sont amenés à travailler dans un environnement relativement stressant pour réussir ces opérations.

Différents styles de musique ont été proposés en salles d’opération, mais d’après les auteurs — qui avouent être des fans de Star Wars — les musiques issues de films épiques n’en faisaient pas partie. Or les bandes-son de ces films contiennent des mélodies associées à la gloire, le succès, la victoire, qui pourraient avoir un effet positif sur un médecin ! C’est pourquoi les auteurs ont voulu tester l’effet de la musique de Star Wars en salle de coloscopie et la comparer à celui de la musique pop.

Ces expériences ont été réalisées entre juin et août 2015 à Melbourne. L’étude a reçu l’approbation du comité d’éthique local. 103 coloscopies ont été analysées : 58 réalisées avec de la musique de Star Wars et 45 avec de la musique pop. Le choix de la musique a été tiré au sort avant chaque opération. La bande-son Star Wars utilisée contenait la musique de l’épisode III avec Battle of the Heroes composée par John Williams. Cinq personnes ont pratiqué les endoscopies, dont une ayant dix ans d’expérience (surnommée « Maître Jedi ») et quatre avec une à deux années d’expérience (« les padawans »).

La coloscopie est un outil de prévention du cancer colorectal. Comme le rappellent les auteurs, les baby-boomers, dont beaucoup étaient des fans de la trilogie Star Wars, approchent de l’âge auquel un examen peut être conseillé. © Ano Lobb, Flickr, CC by 2.0

La coloscopie est un outil de prévention du cancer colorectal. Comme le rappellent les auteurs, les baby-boomers, dont beaucoup étaient des fans de la trilogie Star Wars, approchent de l’âge auquel un examen peut être conseillé. © Ano Lobb, Flickr, CC by 2.0

Plus de polypes détectés et supprimés grâce à la Force

Pour mesurer l’efficacité de la coloscopie, les chercheurs ont utilisé le taux de détection des adénomes (nombre de coloscopies avec au moins un adénome retiré, divisé par le nombre de coloscopies) et le taux de détection des polypes (nombre de coloscopies avec au moins un polype retiré, divisé par le nombre de coloscopies).

La durée de l’opération était similaire dans les deux groupes (20 et 22 minutes). La préparation colique a été jugée comme bonne ou excellente à 57 % dans le groupe avec Star Wars et à 69 % dans l’autre groupe : la qualité de la préparation des patients était donc moins bonne dans le groupe opéré avec la Guerre des Étoiles. Malgré ces difficultés qui auraient pu compliquer le diagnostic, l’efficacité de la coloscopie était meilleure avec la musique de la saga intergalactique, puisque l’équipe médicale a trouvé plus de polypes et d’adénomes avec elle : 60 % de taux de détection de polypes avec la musique de Star Wars et 35 % avec de la musique pop. De même, le taux de détection des adénomes était de 48 % avec Star Wars et de 35 % avec de la musique pop.

Ceci suggère que les praticiens montraient de meilleures qualités d’observation dans l’environnement musical de Star Wars. Les auteurs conseillent donc l’utilisation de cette musique en fond musical pour les coloscopies. Ils se demandent également si d’autres musiques de films épiques (comme le Seigneur des Anneaux) pourraient donner des résultats comparable

https://www.futura-sciences.com

Êtes-vous capable de repérer une personne malade ?


En regardant une personne, voir les traits du visage, nous serions capables de constater si une personne est malade ou non deux heures seulement après qu’une personne a été contaminée
Nuage

 

Êtes-vous capable de repérer une personne malade ?

 

Par Futura avec l’AFP-Relaxnews

 

La capacité à distinguer, sur le visage d’une personne, des signes de maladie, même subtils, constituerait une aptitude essentielle à la survie. Pour la première fois, une étude semble démontrer cette disposition naturelle.

Les êtres humains sont-ils capables de repérer une personne malade sur une simple photo ? Probablement, répondaient les scientifiques. Maintenant, ils sont plus affirmatifs. En effet, une étude parue dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society B montre, pour la première fois, que les humains sont capables de détecter une personne malade, deux heures seulement après que celle-ci a été infectée.

 

« Cette capacité à détecter les malades permettrait aux gens d’éviter d’être proches des malades, et donc de minimiser le risque de tomber malade si la personne est porteuse d’une maladie contagieuse », a ainsi déclaré à l’AFP John Axelsson, chercheur à l’université de Stockholm (Suède) et coauteur de l’étude.

L’équipe de recherche a conduit son expérimentation avec 16 volontaires sains, tous blancs, et un groupe de personnes qui devaient déterminer qui était sain ou malade parmi eux. Chacun des 16 volontaires a reçu une dose de lipopolysaccharides (LPS), des molécules prélevées sur des bactéries. Ces molécules stériles entraînent une forte réaction immunitaire et des symptômes pseudo-grippaux durant quelques heures. De quoi imiter quelqu’un atteint d’une maladie aiguë dont l’organisme lutte contre l’infection.

D’autres études devront compléter celle menée à l’université de Stockholm (Suède) afin, notamment, de déterminer si les niveaux de détection des infections sont similaires pour différentes maladies et différents groupes ethniques. © Kurhan, Fotolia

D’autres études devront compléter celle menée à l’université de Stockholm (Suède) afin, notamment, de déterminer si les niveaux de détection des infections sont similaires pour différentes maladies et différents groupes ethniques. © Kurhan, Fotolia

Les malades trahis par leur visage

Cette méthode est couramment utilisée sur des humains à des fins d’expérimentations dans le domaine des maladies infectieuses. Chaque participant a également reçu une injection factice (placebo).

Après l’injection de LPS, certains « se sentaient très malades et d’autres pas malades du tout » quand leur photo a été prise, a expliqué John Axelsson.

Les volontaires ont pris leur photo environ deux heures après chaque injection, une fois en bonne santé après le placebo et une fois « malades ». Des recherches antérieures avaient utilisé des photos de gens « manifestement malades », mais, dans cette nouvelle étude, les sujets ont été photographiés avec des expressions neutres et très peu de temps après l’infection.

Les deux images des participants, sains et malades, ont été montrées à un groupe d’évaluateurs. Ceux-ci se sont basés sur des signes comme des lèvres et une peau plus pâles, un visage plus enflé, des paupières plus flasques, des yeux plus rouges et une peau plus terne pour considérer que la personne sur la photo était malade. Et, selon les chercheurs suédois, ces évaluateurs ont pu correctement repérer la grande majorité des sujets malades, soit 13 sur 16. Un taux de bonnes réponses qui dépasse celui du simple hasard.

https://www.futura-sciences.com

L’araignée-paon à l’origine du plus petit arc-en-ciel du monde


Pour séduire à sa belle, une araignée-paon mâle fait tout pour paraître le plus magnifique possible dans une sorte danse. De cette danse, il montre des couleurs magnifiques qu’on qualifie du plus petit arc-en-ciel
Nuage

 

L’araignée-paon à l’origine du plus petit arc-en-ciel du monde

Nathalie Mayer

Journaliste

L’araignée-paon est connue pour ses parades nuptiales d’une incroyable beauté. Dans une récente étude, des chercheurs nous dévoilent les secrets de l’une d’entre elles, à l’origine du plus petit arc-en-ciel du monde.

Dans la famille araignée-paon, les chercheurs se sont cette fois intéressés à l’araignée-paon arc-en-ciel, ou Maratus robinsoni. Car les mâles de cette espèce sont, jusqu’à preuve du contraire, les seuls au monde à utiliser un arc-en-ciel de couleurs tout entier pour séduire les femelles. Un arc-en-ciel qui se révèle sur le minuscule corps (moins de 5 millimètres !) de ces étranges araignées.

Pour comprendre comment l’araignée-paon arc-en-ciel produit de telles merveilles de couleurs, l’équipe internationale et pluridisciplinaire de chercheurs a fait appel à une batterie de techniques (imagerie hyperspectrale, scatterométrie, modélisation, etc.). Puis, elle a eu recours à la nano-impression 3D afin de produire des prototypes mimant la stratégie de l’araignée.

La taille de cette araignée-paon ne dépasse pas les 5 millimètres. Pourtant, l'animal porte sur son corps, des arcs-en-ciel tout entiers. © Jurgen Otto

La taille de cette araignée-paon ne dépasse pas les 5 millimètres. Pourtant, l’animal porte sur son corps, des arcs-en-ciel tout entiers. © Jurgen Otto

Un réseau d’écailles particulièrement complexe

Conclusion : cette intense iridescence résulte de l’interaction entre un réseau de nanodiffraction présent sur les écailles qui recouvrent le corps de l’araignée et les courbures microscopiques de ces dernières, qui permettent d’isoler les différentes longueurs d’onde de la lumière incidente. Et ce, de manière incroyablement fine et précise.

Entrez la légende de la vidéo ici

https://www.futura-sciences.com

Antidouleurs pour humains: quand chiens et chats jouent aux cobayes


Les animaux de compagnie vivent plus longtemps, les maladies apparaissent avec les années. Ils peuvent souffrir des maladies similaires aux humains, mais on ne peut pas soigner les animaux avec les mêmes traitements que nous. Alors, il faut faire des recherches. Je crois que la médecine vétérinaire est plus « humain » dans ce genre de quête. Ce n’est aussi sauvage que ceux qu’on longtemps fait pour les cosmétiques par exemple
Nuage

 

Antidouleurs pour humains: quand chiens et chats jouent aux cobayes

 

Le professeur de médecine vétérinaire Éric Troncy a... (Photo fournie par Éric Troncy)

Le professeur de médecine vétérinaire Éric Troncy a créé une colonie regroupant quelques dizaines de félins, pour qu’ils connaissent le personnel et collaborent mieux lors des tests.

PHOTO FOURNIE PAR ÉRIC TRONCY

MARIE-CLAUDE MALBOEUF
La Presse

Depuis bientôt 10 ans, le professeur de médecine vétérinaire Éric Troncy constate à quel point la douleur chronique est un phénomène universel, qui n’épargne ni l’homme, ni la femme, ni leurs animaux de compagnie, et se manifeste chez eux de façons assez semblables.

Zones cérébrales atteintes, signes de la maladie, réponse aux analgésiques… Les ressemblances sont telles qu’enrôler des chiens ou des chats dans des essais cliniques accélérerait sans doute la mise au point d’antidouleurs plus efficaces, plaide le chercheur de l’Université de Montréal.

L’utilisation de chiens naturellement atteints de tumeurs est déjà en train de faire ses preuves pour mettre au point de nouveaux traitements contre le cancer.

« L’expérimentation animale se fait traditionnellement sur des rats et des souris, alors qu’ils nous ressemblent très peu », affirme le Dr Troncy.

« Prenez l’exemple des douleurs chroniques, elles affectent très majoritairement des femmes après la ménopause, alors que les chercheurs font leurs expérimentations sur de jeunes rats mâles en santé. Ça n’a sans doute pas grande logique. » – Le Dr Éric Troncy

Les molécules efficaces chez les rongeurs le sont donc très rarement chez les humains, dit-il, ce qui rend exceptionnelle la mise en marché de nouveaux médicaments. Le taux de succès est d’à peine 10 % en ce qui concerne les analgésiques.

Les rongeurs sont souvent génétiquement modifiés, reproduits dans le seul but d’aboutir en laboratoire et gardés en captivité pour l’entièreté de leur courte vie.

PLUS DIVERSIFIÉ

Les chiens et les chats ont un bagage génétique beaucoup plus diversifié. Ils partagent le même environnement complexe et changeant que leurs propriétaires. Et sont comme eux naturellement frappés par certaines maladies avec l’âge, explique un article du Dr Troncy publié en septembre dans la revue scientifique Pain.

Les chiens et les chats représentent donc de bien meilleurs modèles que les rongeurs, dit-il, surtout en ce qui concerne les maux complexes comme la douleur, le cancer ou la maladie d’Alzheimer.

« À partir du moment où une molécule fonctionne chez le chien, ce n’est pas dans 10 % des cas, mais dans 85 % des cas qu’elle fonctionne bien chez nous. »

À la fin du mois de novembre, le professeur de l’UdeM s’est joint à une douzaine de scientifiques invités à présenter leurs travaux aux représentants de l’industrie pharmaceutique et aux autorités réglementaires américaines – qui les ont encouragés à publier le tout et leur ont donné à nouveau rendez-vous dans deux ans.

« Ils ont pu voir combien l’évaluation de la douleur sur les animaux avait progressé ces dernières années. Aujourd’hui, on se rapproche beaucoup de ce qui se fait en médecine humaine, c’est beaucoup plus transposable. »

LES CHIENS SUIVIS AVEC UNE PUCE

L’équipe du chercheur a conçu des tests, validés sur plus de 400 chiens et chats atteints d’arthrose ou de cancers douloureux.

Les chiens étudiés sont recrutés dans les journaux et les cliniques vétérinaires et continuent de vivre à la maison. Pour les suivre à distance et enregistrer leur niveau d’activité, les chercheurs installent une puce dans leur collier.

« Quand le traitement fonctionne, l’animal fait de 40 à 50 minutes d’activité de plus par jour, étant plus confortable », rapporte le Dr Troncy.

Lors de visites à la Faculté de médecine vétérinaire, les bêtes passent sur des plaques conçues pour mesurer leurs progrès. Car en guérissant, le chien parvient à mettre graduellement plus de poids sur sa patte, ce qui génère de plus en plus de force.

PLUS DIFFICILE AVEC LES CHATS

Tester des chats s’est révélé plus complexe.

« Les chats étant moins sociables que les chiens, on n’était pas capables d’extraire des réponses pouvant indiquer si leur niveau de douleur était diminué, ils demeuraient très méfiants. »

Le chercheur a donc créé une colonie regroupant quelques dizaines de félins, confiés par des refuges.

« On les garde plusieurs années, alors ils connaissent le personnel et il y a beaucoup moins d’interférences. »

Les chats marchent parfois sur des tapis roulants miniatures. Pendant l’exercice, les chercheurs observent leur façon de bouger et mesurent l’ouverture de leurs articulations sur des photos prises aux rayons X.

« Quand une des hanches du chat est atteinte, tout le cycle de la marche change. »

Ce genre de tests permet de mesurer de façon objective l’amélioration apportée par les traitements.

Les chercheurs ne prélèvent aucun organe sur les chiens ou les chats étudiés et soignent leurs autres maladies, assure le Dr Troncy. La majorité des félins de la colonie sont adoptés par des étudiants de la Faculté de médecine vétérinaire après avoir participé à l’étude.

LUTTE CONTRE LE CANCER

Aux États-Unis, des vétérinaires et des médecins recrutent des chiens depuis déjà 10 ans dans le cadre d’études multicentriques à vaste échelle visant à valider l’utilité de différents composés anticancer. Ils sont regroupés au sein du Canine Comparative Oncology Trials Consortium, financé par les National Institutes of Health (NIH).

En prouvant qu’une nouvelle forme d’immunothérapie prolongeait la vie de chiens atteints d’ostéosarcome, ils ont convaincu la Food and Drug Administration américaine de mettre la mise au point de ce composé sur la voie rapide.

« Elle leur a permis de débuter tout de suite des essais chez l’humain, au lieu de passer trois ou quatre ans de plus à tester la toxicité du composé, puisqu’on a déjà regardé son innocuité lors des essais vétérinaires », précise le Dr Troncy.

Le professeur a bon espoir que la formule soit reprise dans son domaine de recherche. Les NIH ont récemment exprimé le désir de réduire de moitié le temps requis pour mettre au point de nouveaux antidouleurs, entre autres en raison de la vague de surdoses causées par les opiacés.

http://www.lapresse.ca/

Un surprenant « poulet sans tête » découvert dans les abysses


Je ne trouve pas que cet animal marin ressemble à un poulet sans tête. Cependant, quand il nage, il est très gracieux
Nuage

 

Un surprenant « poulet sans tête » découvert dans les abysses

 

Jean-Luc Goudet
Journaliste

Un engin robotique explorant les abysses du golfe du Mexique a filmé un animal étonnant et gracieux, sorte de « poulet sans tête » aquatique. Celui-ci fait partie d’une faune qui ne vit qu’à quelques kilomètres des humains.

 

Un sous-marin télécommandé de la NOAA (un « ROV », pour Remotely Operated Vehicle, en anglais) a fait une belle rencontre au fond du golfe du Mexique, au large de la Louisiane, durant le mois de décembre 2017. Il a vu un étrange animal baptisé Headless Chicken Monster, soit « monstrueux poulet sans tête ». Pourtant, ce dernier est assez gracieux dans ses évolutions, gouvernées par des mouvements du corps et de quelques nageoires. Il est d’ailleurs aussi appelé « Danseur espagnol ».

Ce n’est pas un inconnu. Sans ambiguïté, l’espèce à laquelle appartient ce nageur a été déterminée. Enypniastes eximia, décrite en 1882, n’est pas un mollusque, comme pourraient le laisser penser son allure et sa nage. C’est un échinoderme, plus précisément une holothurie, comme les concombres de mer, ces paisibles brouteurs de sable qui rampent sur le fond.

 

Sans tête, il est vrai, mais pas si monstrueuse, l'holothurie Enypniastes eximia vit sur le fond mais ne dédaigne pas nager un peu au-dessus pour aller voir plus loin si le sédiment ne serait pas plus nourricier. Son corps translucide laisse voir son tube digestif mais aussi la rareté des organes. En haut à droite, la collerette et les cônes servant à la nage ; en bas à gauche, des replis tégumentaires formant des nageoires. © NOAA, expl5475, CC by-nc-sa 2.0

Sans tête, il est vrai, mais pas si monstrueuse, l’holothurie Enypniastes eximia vit sur le fond mais ne dédaigne pas nager un peu au-dessus pour aller voir plus loin si le sédiment ne serait pas plus nourricier. Son corps translucide laisse voir son tube digestif mais aussi la rareté des organes. En haut à droite, la collerette et les cônes servant à la nage ; en bas à gauche, des replis tégumentaires formant des nageoires. © NOAA, expl5475, CC by-nc-sa 2.0

Des holothuries benthiques mais nageuses

L’espèce est si différente que les zoologistes lui ont confectionné un genre dont elle est le seul représentant connu : les énypiastes, dans la famille des pélagothuridés. Ces concombres abyssauxse rencontrent à grandes profondeurs (la NOAA ne précise pas celle à laquelle ce spécimen a été vu). Par rapport aux autres holothuries, les pélagothuridés ont la particularité de nager. Dans cette famille, on connaît même une espèce vraiment pélagique, qui vit donc sans jamais rencontrer ni la surface ni aucun obstacle solide.

Toutes les autres vivent sur le fond (elles sont « benthiques ») et montent un peu au-dessus grâce à une collerette qui entoure la bouche (laquelle sert aussi d’anus) et des nageoires rudimentaires de l’autre côté. Mais leur densité étant supérieure à celle de l’eau de mer, quand elles arrêtent de nager, elles redescendent doucement jusqu’au sol, tel un ballon un peu dégonflé.

Les océanographes de la NOAA, en revanche, soulignent que cette faune benthique est aujourd’hui menacée par toutes les activités humaines autour du golfe du Mexique. On se souvient de l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon qui avait provoqué onze morts et une énorme fuite de pétrole.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Une holothurie nageuse a été filmée dans le golfe du Mexique.
  • Cet échinoderme abyssal a été baptisé Headless Chicken Monster, soit « monstrueux poulet sans tête ».
  • Il fait partie d’une faune fragile potentiellement menacée par les activités humaines.

https://www.futura-sciences.com/