Conduire sous l’influence du cannabis : qu’en dit la science?


Point de vue de la sécurité routière, les amateurs de cannabis ont-ils les même facultés affaiblis que ceux qui consomment de l’alcool et choisissent de conduire leur auto ? En fait, l’effet sur la conduite de la drogue est différent à celle de l’alcool. Mais les risques sont tout aussi réels. Le problème pour détecter la quantité de THC sur une personne est plus complexe que le taux d’alcoolémie
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Conduire sous l’influence du cannabis : qu’en dit la science?

 

Le reportage de Bouchra Ouatik

La légalisation du cannabis est imminente au Canada, mais les effets de cette drogue au volant ne sont pas toujours bien connus. À quel point le cannabis nuit-il aux facultés de conduite? Quelle devrait être la limite permise? Et surtout, comment débusquer les conducteurs intoxiqués?

Un texte de Bouchra Ouatik, de Découverte

Le cannabis est prisé pour son effet euphorisant et relaxant, mais la molécule responsable de ces sensations – le tétrahydrocannabinol ou THC – affaiblit aussi des facultés cognitives, soit la concentration, l’attention, la mémoire, la coordination et la perception du temps.

Ces facultés sont toutes essentielles à la conduite automobile. Plus la concentration de THC est élevée, plus ces effets seront importants.

Des recherches démontrent que la concentration de THC dans le cannabis a doublé depuis les 30 dernières années. La marijuana, soit les fleurs séchées de cannabis, contient aujourd’hui en moyenne 15 % de THC, tandis que le haschisch — soit la résine provenant des fleurs — en contient environ 30 %. Certains produits plus concentrés peuvent même contenir jusqu’à 90 % de THC.

Par contre, un autre cannabinoïde connu sous le nom de cannabidiol, ou CBD, a la propriété d’atténuer les effets du THC. En raison de ses propriétés anti-inflammatoires, il se retrouve en concentration élevée dans le cannabis médicinal. Mais comme il ne procure pas d’euphorie, on en trouve rarement dans le cannabis récréatif.

Une conduite au ralenti

Les Pays-Bas ont une longue expérience avec le cannabis au volant. La substance n’y est pas officiellement légale, par contre sa consommation est tolérée depuis plus de 40 ans.

À l’Université de Maastricht, le psychopharmacologue Johannes Ramaekers étudie la conduite avec les facultés affaiblies depuis plus de 30 ans.

Johannes Ramaekers, psychopharmacologue à l’Université de Maastricht, aux Pays-Bas

Johannes Ramaekers, psychopharmacologue à l’Université de Maastricht, aux Pays-Bas Photo : Radio-Canada/Nicolas St-Germain

Dans le cadre de ses recherches, les participants consomment du cannabis ou de l’alcool, ou les deux à la fois, avant d’effectuer un test de conduite sur une autoroute, dans des conditions réelles. Un instructeur de conduite, assis du côté passager, est prêt à freiner en cas d’urgence.

Tout au long du test, une caméra installée sur le toit enregistre la position de la voiture par rapport à la ligne blanche au centre de la route.

« Cela nous permet de calculer la déviation de la voiture sur une période de temps donnée, explique Johannes Ramaekers. Ce mouvement est une bonne indication du niveau de contrôle que le conducteur a sur son véhicule pendant un long trajet. »

Le chercheur Johannes Ramaekers utilise une voiture équipée d’une caméra sur le toit.

Le chercheur Johannes Ramaekers utilise une voiture équipée d’une caméra sur le toit. Photo : Radio-Canada/Nicolas St-Germain

Les participants sont également soumis à des tests informatisés en laboratoire pour mesurer certaines facultés cognitives, comme leur attention, leur prise de décision et leur impulsivité.

Le constat de Johannes Ramaekers : l’effet du cannabis sur la conduite automobile est différent de l’effet de l’alcool.

« Les deux substances nuisent à la performance au volant et aux facultés telles que l’attention, le contrôle moteur et la prise de décision. Mais l’alcool augmente aussi la prise de risque. Je crois que c’est pour cela que les gens prennent le volant même lorsqu’ils sont complètement ivres. Ils sont prêts à prendre ce risque. Ils perdent leurs inhibitions. »

Sous l’effet du cannabis, au contraire, les conducteurs sont conscients de leurs limites, ils conduisent plus lentement, et ils tentent d’être plus prudents. Mais cela ne les rend pas moins dangereux, insiste le psychopharmacologue.

Un des plus grands mythes à ce sujet est que les conducteurs sous l’effet du cannabis ne sont pas dangereux sur la route, car ils savent que leurs facultés sont affaiblies et ils s’adaptent. C’est vrai qu’ils sont conscients de leur état et qu’ils essaient de compenser, mais ils échouent. Ils demeurent intoxiqués. Johannes Ramaekers, psychopharmacologue, Université de Maastricht

Les conducteurs qui ont consommé du cannabis réagissent plus lentement en cas d’imprévu et sont moins attentifs à leur environnement. Ils ont aussi plus de difficulté à rouler en ligne droite que les conducteurs qui ont consommé de l’alcool.

Les tests de salive à l’étude

Plusieurs pays européens, dont la Belgique, utilisent des tests de salive pour détecter la présence de THC chez les conducteurs. Le plus populaire d’entre eux est le DrugWipe, de la compagnie allemande Securetec. Il permet aux policiers de recueillir un échantillon de salive, au moyen d’une languette, et au bout de quelques minutes, une ligne rouge apparaît si le résultat est positif.

Un policier belge tient un test de dépistage de drogues dans la salive.

Un policier belge tient un test de dépistage de drogues dans la salive. Photo : Radio-Canada/Nicolas St-Germain

Le médecin Alain Verstraete, chercheur à l’Université de Gand en Belgique, a mené des études sur l’efficacité de ces instruments.

« Le grand avantage de ce dispositif, c’est que la prise d’échantillons se fait très, très rapidement. Et c’est pour ça que la police aime bien utiliser ce dispositif », souligne-t-il.

Le médecin Alain Verstraete, chercheur en toxicologie à l’Université de Gand en Belgique.

Le médecin Alain Verstraete, chercheur en toxicologie à l’Université de Gand en Belgique. Photo : Radio-Canada/Nicolas St-Germain

Le Canada évalue présentement l’efficacité du DrugWipe, ainsi que d’un dispositif de la compagnie Alere, qui fonctionne selon un principe similaire.

Comment connaître le niveau d’intoxication?

Le niveau d’intoxication d’un conducteur dépend de la quantité de drogue ou d’alcool dans son cerveau.

Pour l’alcool, la détection est simple.

« L’alcool est une molécule qui est soluble dans l’eau, explique le Dr Verstraete. Elle va se diffuser dans toute l’eau qu’il y a dans l’organisme, donc ce sera une distribution uniforme dans tout le corps. »

Pour cette raison, en mesurant la concentration d’alcool dans l’haleine à l’aide d’un éthylomètre, on peut en déduire la concentration d’alcool dans le sang, et par le fait même, dans le cerveau.

La détection de THC est beaucoup plus complexe que celle de l’alcool. Les tests de salive indiquent si la substance a été consommée dans les heures précédentes, mais ne permettent pas de connaître la concentration de THC dans le corps. Pour cette raison, les policiers doivent emmener les automobilistes suspects à l’hôpital pour subir des analyses sanguines.

Un autre obstacle se pose alors. Contrairement à l’alcool, le THC s’élimine rapidement du sang et s’accumule plutôt dans les zones du corps riches en graisses, comme le cerveau.

« Les effets maximaux du cannabis, on les voit quand la concentration est déjà [en train de] baisser dans le sang », souligne le médecin.

Quand on fait un contrôle au bord de la route, c’est important de ne pas perdre trop de temps entre le moment où il y a eu l’accident, ou le moment où l’on a arrêté le conducteur, et la prise de sang, parce que chaque heure, la concentration va diminuer de moitié. Dr Alain Verstraete, chercheur en toxicologie à l’Université de Gand

Ainsi, après quelques heures, le THC a presque entièrement disparu du sang, mais il est toujours présent dans le cerveau et le conducteur est toujours sous l’effet de la drogue.

Pour que les analyses sanguines soient fiables, les experts estiment qu’elles doivent être faites moins de deux heures après la consommation.

Fixer une limite

Un policier de Portland, en Oregon, effectue un test de sobriété.

Un policier de Portland, en Oregon, effectue un test de sobriété. Photo : Pond5/night_stringers

Certaines études indiquent qu’une concentration de 5 nanogrammes de THC par millilitre de sang (ng/ml) pose un risque d’accident comparable à une alcoolémie de 0,08 %.

Les premiers États américains à avoir légalisé le cannabis, soit le Colorado et l’État de Washington, ont d’ailleurs fixé leur limite légale de THC à 5 ng/ml. Le Nevada a cependant adopté une limite plus basse, soit 2 ng/ml.

« Même une toute petite quantité de cannabis peut déjà vous amener à cette limite-là, souligne le Dr Verstraete. Il y a par exemple une étude qui a montré que de tirer une fois sur un joint, ça donne une concentration maximale entre 7 et 18 nanogrammes par millilitre. »

D’autres États américains, comme l’Oregon et l’Alaska, ne fixent quant à eux aucune limite légale et évaluent plutôt l’intoxication à partir de signes physiques, comme le mouvement des yeux ou l’équilibre.

Probablement qu’un joint ou même un demi-joint peut déjà doubler les risques d’accident, certainement chez une personne qui n’a pas l’habitude de fumer du cannabis. Dr Alain Verstraete, chercheur en toxicologie à l’Université de Gand

Lorsqu’un joint entier est consommé, il faut donc attendre plusieurs heures avant de prendre la route.

Si l’on inhale le cannabis, par exemple en le fumant, les effets se font sentir dès les premières minutes et ils s’estompent au bout de quatre heures. Mais si on l’ingère, par exemple sous forme de gâteaux, les effets prennent parfois une heure avant de se manifester et ils peuvent durer plus de huit heures.

Des joints de cannabis et des gâteaux à base de cannabis, dans un « coffee shop » d’Amsterdam.

Des joints de cannabis et des gâteaux à base de cannabis, dans un « coffee shop » d’Amsterdam. Photo : Radio-Canada/Nicolas St-Germain

Cependant, pour ceux qui consomment du cannabis de manière quotidienne, l’intoxication dure encore plus longtemps, car le THC s’accumule dans les graisses du corps et continue de se libérer durant les jours suivant la consommation.

« Il y a certaines études qui montrent que des gens qui ont beaucoup consommé et qui arrêtent ont encore des effets après 28 jours », souligne le Dr Alain Verstraete.

Si vous fumez quotidiennement, plusieurs fois par jour, vous êtes dans un état constant d’intoxication au cannabis. Johannes Ramaekers, psychopharmacologue, Université de Maastricht

Comme plusieurs experts, Johannes Ramaekers considère que ceux qui consomment du cannabis quotidiennement ne devraient jamais prendre le volant.

Derrick Bergman, militant pour la légalisation du cannabis aux Pays-Bas

Derrick Bergman, militant pour la légalisation du cannabis aux Pays-Bas Photo : Radio-Canada/Nicolas St-Germain

C’est d’ailleurs la décision qu’a prise le militant pour la légalisation du cannabis Derrick Bergman.

« Personnellement, je n’ai pas de permis de conduire, je fais tout en transport en commun, à vélo, ou bien j’embarque avec d’autres personnes, confie-t-il. Si vous commencez à fumer, ne combinez pas ça à la conduite. Trouvez un autre moyen de transport. »

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Zealandia : un continent caché a-t-il été découvert ?


Les scientifiques croient avoir trouvé un continent perdu qui serait séparé, il y a des millions d’années du supercontinent Gondwana. Longtemps rechercher, il semble lentement émergé de la mer. Peut-être qu’avec les explorations, nous pourrions apprendre plus sur la faune et la flore en ces temps très reculés
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Zealandia : un continent caché a-t-il été découvert ?

 

Par Laurent Sacco, Futura

 

Zealandia, tel est le nom proposé par un groupe de spécialistes de géosciences pour un septième continent qu’ils pensent avoir retrouvé dans l’océan Pacifique. Plus grand que la moitié de l’Australie, il serait cependant sous les flots depuis bien trop longtemps pour être le mythique continent Mu des Mystérieuses Cités d’or.

Quand on entend parler pour la première fois de Zealandia, la première réaction de toute personne un peu versée dans la théorie de la tectonique des plaques est probablement un sentiment d’incrédulité. En effet, les continents sont supposés être constitués majoritairement de roches moins denses que les basaltes de la croûte océanique, et bien sûr du manteau sur lequel ils flottent. En conséquence de quoi, alors que des plaques océaniques peuvent plonger dans le manteau et même sous les continents, si bien qu’elles ne peuvent être plus vieilles de 200 millions d’années environ, les plaques continentales sont, quant à elles, sensées être insubmersibles, si l’on peut dire, et donc quasi indestructibles (pour cette raison, elles constituent une mémoire de l’histoire de la Terre avec des roches qui peuvent être âgées de presque 4 milliards d’années). Certes, ces plaques peuvent se fragmenter, se  coller au rythme du cycle de Wilson et de la dérive des continents, voir s’enfoncer un peu sous le poids d’une calotte polaire, mais une disparition sous les flots…, pas vraiment.

Des chercheurs à l’origine de la découverte de Zealandia s’expriment dans cette vidéo. © euronews

Zealandia, un fragment géant du supercontinent Gondwana

Et pourtant selon un groupe de spécialistes en géosciences néo-zélandais, australiens et français qui vient de publier un article dans GSA Today, c’est ce qui serait arrivé il y a probablement quelques dizaines de millions d’années à une portion du supercontinent Gondwana. Elle aurait commencé à s’en séparer il y a vraisemblablement 100 millions d’années, ou pour le moins, durant le Crétacé supérieur. Mesurant environ 5 millions de km2, ce morceau de continent dont la surface représenterait presque les deux tiers de l’Australie serait sous les flots à 94 %. Ses sommets émergés ne seraient autres que la Nouvelle-Calédonie et la Nouvelle-Zélande. Les chercheurs se doutaient de son existence depuis une vingtaine d’années mais pas de son étendue exacte, révélée par l’étude du champ de gravité de la Terre depuis l’espace. Il est en effet possible de déduire de ce champ, la topographie du fond des océans et ainsi de révéler l’existence de plateau, de chaînes de montagnes, etc.

Des échantillons des fonds sous-marins et des données sismiques montreraient qu’il s’agit bien d’une croûte continentale et non d’une vaste région basaltique qui se serait mise en place un peu à la façon des grands épanchements volcaniques, comme ceux du Deccan, connus sur les continents mais qui peuvent se produire aussi sur le fond des océans (formant ce qu’on appelle des Grandes Provinces Ignées ou Large Igneous Provinces (LIP), en anglais). Ce serait en fait un amincissement de la croûte continentale de Zealandia, en raison des contraintes provoquées par la tectonique des plaques, qui aurait conduit ce continent perdu à être finalement, bien que lentement, submergé par les flots. Les limites du nouveau continent sous la surface de l’océan Pacifique se trouvent entre 2.500 et 4.000 m de profondeur, au-dessus de la plaine abyssale, toutefois.

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Des chercheurs espèrent ressusciter le mammouth d’ici deux ans


Pourquoi vouloir ressusciter un mammouth, (enfin, c’est d’ajouter la génétique d’un mammouth laineux aux embryons d’éléphants actuel) alors qu’il serait vraiment mieux de sauver les espèces existantes … Si les éléphants sont en grand danger face au braconnage, les mammouths pourraient l’être encore plus
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Des chercheurs espèrent ressusciter le mammouth d’ici deux ans

 

Le HuffPost  |  Par Gregory Rozieres

Dans quelques années, « Jurassic Park » sera peut-être devenu réalité, mais peuplé de mammouths et de dodos. Car si la science semble avoir fait une croix sur la possibilité de cloner des dinosaures, l’idée de faire revivre des espèces disparues plus récemment (de-extinction) suit son chemin.

Lors d’une conférence organisée par l’Association américaine pour l’avancement de la science, le chef d’une équipe de scientifiques d’Harvard a affirmé qu’un embryon hybride entre un éléphant d’Asie et un mammouth laineux sera créé dans les deux ans, rapporte le Guardian ce mercredi 16 février.

Le généticien en question, George Church, cherche à faire revivre les mammouths, disparus il y a 4000 ans, depuis 2015. L’année dernière, il espérait arriver à créer un embryon viable d’ici cinq ans, dans une interview au Huffington Post. En 12 mois, il a donc diminué son estimation de deux années.

L’idée ne consiste pas à ressusciter le mammouth au sens propre, mais à créer une nouvelle espèce hybride qui pourrait vivre dans les environnements où évoluaient ces pachydermes. Objectif: repeupler certaines zones, par exemple en Sibérie, afin de stabiliser le milieu et d’endiguer le réchauffement climatique.

George Church précisait au Huffington Post avoir obtenu des résultats positifs sur la température du sol en soumettant des parcelles de terrain  » à un traitement similaire à celui qu’aurait engendré la présence de mammouths ».

Des ciseaux à ADN révolutionnaires

On est encore loin de ce lointain rêve, qui est par ailleurs assez critiqué. Pour l’instant, les chercheurs d’Harvard n’ont travaillé que sur des cellules, pas sur un embryon entier. Ils ont utilisé la technique d’édition génétique révolutionnaire Crispr-Cas9. Grâce à ce « ciseau à ADN » low cost, facile à utiliser et très efficace, ils ont réussi à faire 45 modifications dans une cellule d’éléphant, en y incorporant des gènes du disparu mammouth. Il y a un an, ils n’en étaient qu’à 15 modifications.

Un nouveau matériel génétique qui devrait notamment entraîner chez cet « éléphant OGM » des oreilles plus petites, une graisse plus importante ou encore de plus longs poils, précise George Church. La prochaine étape, en plus de réaliser plus de modifications génétiques pour coller le plus possible aux traits des mammouths, consiste à modifier non pas des cellules isolées, mais un véritable embryon. Un travail qui devrait leur prendre deux ans.

Encore une fois, on est loin de la science fiction. Des chercheurs ont récemment, grâce à ces mêmes ciseaux à ADN, créé des embryons de vaches génétiquement modifiées pour être résistantes à la tuberculose. Elles sont nées et ont vécu trois mois, la durée de l’expérience, sans problème majeur.

Vers un utérus artificiel ?

mammouths

Pour autant, George Church précise que le passage de simple embryon à petit mammouth velu prendra ensuite plusieurs années. Car il y a un petit problème.

« Il ne serait pas raisonnable de mettre une femelle reproductrice d’une espèce menacée dans une situation risquée », a précisé le généticien.

En effet, s’il existe encore des milliers d’éléphants d’Asie, ces animaux sont menacés d’extinction. Du coup, les chercheurs réfléchissent à une solution alternative et radicale: faire grandir ces éléphants-mammouths dans un utérus artificiel.

Si le Guardian précise que d’autres experts estiment que ce genre de technologie ne sera pas au point avant la prochaine décennie, George Church est, comme toujours, optimiste. Dans son laboratoire, son équipe aurait réussi à faire grandir des embryons de souris pendant dix jours dans un utérus artificiel, soit la moitié du temps de gestation normal des rongeurs.

Evidemment, les travaux de George Church posent de nombreuses questions et soulèvent plusieurs critiques.

Interrogé par le Guardian, le professeur de zoologie Matthew Cobb affirme que cette idée d’utérus artificiel « semble ambitieuse à tout le moins, l’animal qui en sortirait aurait été privé de toutes les interactions pré-natales avec sa mère ».

Un projet critiqué et incertain

« Qu’arrivera-t-il une fois que l’hybride éléphant-mammouth sera né? Comment sera-t-il accueilli par les éléphants? », demande également le zoologiste, qui rappelle que les deux espèces sont des animaux très sociaux, où le rapport à l’autre est important.

À la question de l’isolement social de ces animaux OGM, George Church répliquait en 2016 que « la solution, c’est d’en créer tout un troupeau », tout simplement.

Autre problème: et si ces animaux réintroduits dans la nature ne survivaient pas à leur environnement? Après tout, s’ils se sont éteints il n’y a pas si longtemps, les causes de leur extinction sont peut-être encore présentes. Peut-être également que les changements qui ont eu lieu depuis leur disparition font que ces espèces ne seront pas adaptées au monde actuel.

À ce sujet, une étude a été publiée en mai 2016 dans la revue Biological Conservation. En prenant l’exemple de trois espèces d’oiseaux disparues, les chercheurs expliquaient que leur environnement historique ne serait pas à même de les accueillir convenablement.

Il y a aussi des questions d’ordre éthique plus large, concernant l’idée même de modifier des espèces et de créer des hybrides génétiquement modifiés. Mais il faut dire que sur cette thématique, George Church est un habitué. En dehors des mammouths, le généticien est notamment connu pour avoir organisé une réunion polémique traitant de, entièrement fabriqué en laboratoire.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Meurtre d’un mâle alpha chez des chimpanzés


On dit que le singe ressemble à l’homme, il semble qu’eux aussi en certaines occasions ont recours aux meurtres pour se débarrasser d’un singe gênant. Alors la raison, n’est pas tout à fait claire. Une vengeance contre un dominant tyrannique, le manque de femelles à cause du braconnage ?
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Meurtre d’un mâle alpha chez des chimpanzés

 

Photo : iStock

Les humains sont-ils les seuls à destituer violemment leurs dirigeants? La mort d’un chimpanzé, tué par le groupe qu’il tyrannisait 5 ans auparavant, fait planer le doute sur l’origine de notre violence.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

C’est un phénomène rare qui a été observé par des primatologues américains pendant une mission au Sénégal. Un groupe de chimpanzés a assassiné son ancien dirigeant alors qu’il tentait de reprendre le pouvoir. Les chercheurs ont publié leurs résultats dans l’International journal of primatology.

Pour comprendre la portée du geste, il faut d’abord savoir que les cas de chimpanzés tués par leur propre groupe sont extrêmement rares. On n’a répertorié que 9 cas confirmés dans toute la littérature scientifique.

L’intérêt des chercheurs va plus loin que ce simple « fait divers » : un meurtre de chimpanzé pourrait nous donner plus d’informations sur notre propre violence. Est-ce quelque chose que l’on a en nous et qu’on réprime en société, ou est-ce venu avec la vie en société?

Un règne difficile

Dans leur publication, les chercheurs décrivent l’histoire de Foudouko, le mâle alpha du groupe. Au cours de son règne, Foudouko se comportait en tyran et était très agressif avec les membres de la colonie. Il dirigeait le groupe avec l’aide de son bras droit, un mâle bêta que les chercheurs ont baptisé Mamadou. Les colonies de primates sont toujours dirigées par des jeux d’alliances entre mâles avec l’alpha qui trône au sommet.

Un jour, Mamadou a disparu pendant plusieurs semaines et, quand il est revenu, il était blessé et faible. Les autres mâles plus jeunes et inférieurs dans la hiérarchie en ont profité pour chasser Foudouko du groupe. Pendant 5 ans, l’ancien mâle alpha est resté en périphérie, jamais accepté, mais jamais bien loin.

Puis en 2013, Foudouko a réintégré la colonie. Il a rapidement tenté de regrimper les échelons de la hiérarchie, atteignant le rang de mâle bêta, le bras droit du nouveau chef, malgré de fréquentes altercations avec des mâles de rangs inférieurs.

Puis, un matin, les chercheurs sont alertés par des cris provenant de la colonie. Ils ont retrouvé le corps de Foudouko, couvert de blessures et de marques de dents. En étudiant la « scène de crime », les chercheurs en sont venus à la conclusion qu’il a été tué par un groupe de ses congénères.

Coup de tête ou coup d’État?

Ce qui a dérouté les chercheurs, c’est que plusieurs singes continuaient de s’en prendre au cadavre après sa mort. Seul Mamadou, son ancien bras droit, tentait de protéger le corps, mais il a rapidement été expulsé du groupe.

Dans leur analyse de la situation, les chercheurs ont émis l’hypothèse que des tensions dans le groupe étaient survenues à la suite de la baisse du nombre de femelles, victimes de braconnage. Des combats liés à la reproduction pourraient donc être la cause du meurtre.

Toutefois Foudouko n’a pas été vaincu par le mâle dominant, il a été tué par la base… les chercheurs n’excluent donc pas la vengeance pour son attitude lors de son règne et le refus des autres singes de le voir reprendre son rang de mâle alpha.

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Une étude explique enfin pourquoi les baleines sautent hors de l’eau


Les baleines à bosse n’ont pas besoin de téléphone sans fil pour communiquer avec d’autres baleines qui se trouvent à 1 à 4 km de distance. En effet, leurs sauts si impressionnants pour nous est une forme de communication
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Une étude explique enfin pourquoi les baleines sautent hors de l’eau

 

Humpback Whale breaching | Gillfoto via Wikimedia CC License by

Humpback Whale breaching | Gillfoto via Wikimedia CC License by

Repéré par Florian Adam

Repéré sur New York Magazine

Les majestueux sauts des baleines à bosse servent en réalité à communiquer avec d’autres groupes.

«Mais pourquoi donc les baleines sautent-elles hors de l’eau?»

À l’été 2016, la question était laissée en suspens, forcé de constater que «ces sauts impromptus demeurent ainsi l’un des grands mystères de nos océans».

Mais l’énigme vient d’être résolue! Une étude australienne, disponible dans son intégralité, parue dans la revue scientifique Marine Mammal Science brise le mythe.

Les mammifères marins ont développé des systèmes de communication performants, précisent les scientifiques. Contrairement aux ultrasons, les échanges non verbaux des baleines à bosse comme le «breaching», le fait pour les cétacés de sauter hors de l’eau pour ensuite s’écraser à sa surface, restent mal compris.  Il ne s’agirait pas d’un simple jeu pour eux, ou un plaisir pour nous, mais remplirait bien une fonction sociale. Ils ont remarqué que ce comportement avait surtout lieu durant la migration,

«une période où les animaux devraient conserver leur énergie», analysent les chercheurs.

Depuis la côte Est de l’Australie l’équipe a ainsi étudié, entre septembre 2010 et octobre 2011, 76 groupes de baleines, explique Haiki magazine.

D’un an d’observation, ils arrivent à la conclusion que les baleines à bosse, ou Megaptera novaeangliae, s’écrasent à la surface de l’eau pour communiquer, non pas au sein d’un même groupe, mais avec des mammifères éloignés. Ce comportement, précise l’étude, est moins observé dès lors que le groupe le plus proche est à une distance de 1 à 4 kilomètres.

Cité par le New York Times Magazine, la biologiste Ailbhe Kavanagh explique à Haiki magazine qu’«elles utilisent potentiellement se comportement quand les niveaux de bruit de fond sont élevés. Le signal acoustique peut mieux voyager que le signal vocal».

Un secret de moins pour ces géants de la mer.

http://www.slate.fr

Votre chien, miroir de votre personnalité


 L’on considère les chiens comme les meilleurs amis de l’homme. En fait, leur personnalité va de pair avec son maître qu’il soit positif ou négatif
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Votre chien, miroir de votre personnalité

 

Un chien et son maître.

Les chiens vivent aux côtés des humains depuis plus de 33 000 ans. Photo : iStock

Le chien adopte certains traits de personnalité de son meilleur ami humain, confirment les travaux de chercheurs autrichiens.

Un texte d’Alain Labelle


En fait, la Dre Iris Schoberl et ses collègues de l’Université de Vienne expliquent que les chiens peuvent en quelque sorte être le miroir de l’anxiété et de la négativité de leur maître.

D’un côté plus positif, un toutou relax et amical peut également influer sur la personnalité de son maître en l’aidant à gérer son stress.

En 2016, des chercheurs américains avaient montré que le toutou était capable de comprendre des expressions du visage et des intonations de voix, et pouvait ainsi avoir une idée de l’humeur d’une personne.

Dans les présents travaux, plus de 100 chiens et leurs maîtres ont effectué plusieurs tests (par exemple, la réaction à une menace) et mesures (par exemple, la fréquence cardiaque).

Des échantillons de salive ont également permis de mesurer les niveaux de cortisol, une hormone sécrétée par le cerveau et qui est un marqueur établi du stress.

Les propriétaires ont ensuite été évalués pour cinq grandes caractéristiques d’une personnalité :

  • la nervosité
  • l’extraversion
  • l’ouverture à l’expérience
  • l’agréabilité
  • la consciencieusité

La personnalité des chiens était aussi établie à l’aide d’un questionnaire soumis au maître.

Les résultats montrent que les propriétaires et les chiens influencent les mécanismes d’adaptation l’un de l’autre, mais l’humain serait plus influençable que le chien.

Nos résultats laissent à penser que les propriétaires et leurs chiens sont des dyades sociales [un groupe de deux], et qu’ils influencent mutuellement leur adaptation au stress. Dre Iris Schoberl

Cela confirme, selon la chercheuse, que les partenaires canins sont sensibles aux états émotionnels de leurs propriétaires et qu’ils peuvent refléter leurs émotions. Ils peuvent donc recueillir des informations émotionnelles des gens et ajuster leur comportement en conséquence.

Le détail de cette recherche est publié dans la revue PLOS ONE.

Les chiens vivent aux côtés des humains depuis plus de 33 000 ans. En 2013, des chercheurs russes ont découvert une dent dans les montagnes Altaï en Sibérie qui serait celle d’un ancêtre du chien moderne. Selon l’analyse ADN, le fossile serait génétiquement plus près du chien que du loup.

http://ici.radio-canada.ca

Des cellules continueraient de vivre dans notre corps après la mort


Chez les animaux, après leurs morts, une transcription des gènes continue pour un certain temps, il semble que cela serait aussi possible chez l’être humain. Comme si ces cellules luttent pour la vie. Cette connaissance pourrait mieux comprendre que certains receveurs d’organe développent des cancers et qu’en médecin légal, l’heure de la mort serait plus précise
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Des cellules continueraient de vivre dans notre corps après la mort

 

Des cellules continueraient de vivre dans notre corps après la mort

Plusieurs jours après la mort, des cellules continuent de vivre.Photo Gentside

La mort est un phénomène inéluctable qui met instantanément fin à toute forme de vie dans l’organisme. C’est du moins ce qu’ont longtemps pensé les scientifiques mais de plus en plus d’études semblent suggérer le contraire. C’est le cas de nouveaux travaux publiés par une équipe internationale dans la revue Royal Society Open Biology.

«Certaines cellules continuent de vivre après la mort d’un organisme», a expliqué au Mail Online, l’un des auteurs de l’étude, Peter Noble de l’Université de Washington. Plus précisément, ce scientifique et ses collègues ont découvert qu’au sein de certaines cellules, la transcription génétique, synonyme de vie, continuerait pendant plusieurs jours après la mort.

De l’activité cellulaire post-mortem avait déjà été mise en évidence par de précédentes recherches mais peu de scientifiques se sont intéressés à la transcription des gènes lorsqu’un animal meurt, ont souligné les auteurs. Pour en savoir plus, ils ont donc mené des observations sur différents spécimens dont des souris et des poissons-zèbres décédés.

DES CELLULES QUI COMBATTENT POUR VIVRE

«La mort est un processus qui dépend du temps. Nous avons encadré notre étude sur la mort en référence au « temps port-mortem » parce qu’il n’y a aucune raison de penser que lorsqu’un animal meurt, la transcription des gènes s’arrête brusquement», a relevé le Dr Noble.

Ce mécanisme correspond à  la «recopie» de l’ADN en ARN messager (acide ribonucléique). Et c’est à partir de cet ARN messager que les protéines sont produites.

Au cours de leur étude, les chercheurs ont donc vérifié l’activité de transcription de l’ARNm pendant 96 heures au sein de cellules situées dans plusieurs parties du corps. S’ils ont constaté que ce mécanisme diminuait bel et bien dans certaines cellules, ils ont en revanche découvert qu’il ne changeait pas voire augmentait dans d’autres même après 24 à 48 heures.

Certaines cellules sembleraient combattre pour rester en vie après la mort de l’organisme.

«Des cellules de types différents ont une longévité, un temps de production et une résistance au stress extrême différents», a commenté le Dr Noble pour Seeker. Il semble ainsi «que certaines cellules restent en vie et tentent de se réparer, en particulier les cellules souches». 

D’après leurs observations, les cellules encore actives post-mortem sont liées à différentes fonctions. Mais ce sont les cellules impliquées dans le développement embryonnaire, dans le système immunitaire et celles associées au développement de cancer qui se montrent les plus actives après la mort.

DES RÉSULTATS SIMILAIRES CHEZ L’HOMME?

Les scientifiques ont constaté que la transcription augmente à différents niveaux dans les différentes cellules. Cela dit, ils ont abouti à un certain degré de similitude entre tous les animaux testés, ce qui suggère que ces augmentations d’activité ne se feraient pas aléatoirement.

Par ailleurs, l’équipe a basé ses recherches sur le poisson-zèbre et la souris, car ces organismes modèles montrent de grandes similitudes avec l’espèce humaine. Ils pensent ainsi que le même phénomène pourrait se produire chez l’Homme. Une hypothèse valable alors que des études antérieures ont montré qu’un coeur humain est capable d’exprimer des gènes après la mort.

À l’heure actuelle, on ignore la raison pour laquelle la transcription des gènes se poursuit plusieurs heures après trépas. Mais les scientifiques suggèrent que ces activités cellulaires en augmentation seraient une réponse au stress extrême et soudain auquel l’organisme entier fait face lors du processus de mort.

DE LA VIE APRÈS LA MORT?

Peut-être mais cela ne veut en aucun cas dire que la résurrection est possible.

«Notre recherche ne fournit pas de preuve que les organismes peuvent être ramenés à  la vie », a souligné le Dr Noble.

En revanche, cette découverte s’avère précieuse pour comprendre pourquoi certains receveurs d’organes sont plus susceptibles de développer des cancers.

«Les gènes impliqués dans le cancer sont généralement exprimés dans des situations impliquant la prévention ou l’amélioration d’une croissance anarchique des cellules. Pourquoi ces transcriptions sont si abondantes après la mort est incertain», a précisé le spécialiste.

Néanmoins, les nombreuses transcriptions pourraient servir de «biomarqueurs» pour évaluer la «santé» de l’organe destiné à  être transplanté.

Une étude plus poussée doit être menée pour comprendre l’activité cellulaire des organes avant une greffe afin d’éliminer les cellules pouvant poser des problèmes au receveur. D’autre part, ces recherches pourraient avoir des applications dans la médecine légale, par exemple pour déterminer depuis combien de temps un patient est mort.

«En connaissant le taux d’activités cellulaires, nous avons été en mesure de déterminer précisément le moment de la mort pour un animal spécifique», a déclaré le Dr Noble. «En théorie, nous avons pris un « selfie génétique » d’un cadavre et nous utilisons cette information pour déterminer depuis combien de temps le cadavre est mort».

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