L’accroissement de certaines maladies lié au changement climatique


Les médecins américains essaient de secouer le pays des dangers des changements climatiques. Ils présentent un dossier détaillé des risques pour la santé de l’inaction au Congrès Américains. Serais-ce un coup d’épée dans l’eau avec Trump qui n’y croient pas vraiment aux changements climatiques ?
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L’accroissement de certaines maladies lié au changement climatique

 

Les auteurs citent aussi l'accroissement des infections qui... (123RF.com)

Les auteurs citent aussi l’accroissement des infections qui se propagent par des tiques, comme la maladie de Lyme, et des moustiques vecteurs du virus du Nil occidental, de la dengue et du Zika, dont l’habitat s’élargit de plus en plus vers le nord avec le réchauffement.

Agence France-Presse
Washington

Le réchauffement climatique, en contribuant à un accroissement de la pollution de l’air et à un changement de l’habitat de moustiques vecteurs de maladies infectieuses, fait que davantage de gens sont malades, estime un groupe d’associations médicales américaines dans un rapport publié mercredi.

Ce groupe, la «Medical Society Consortium on Climate and Health», qui représente plus de la moitié du corps médical aux États-Unis, cite une aggravation de l’asthme et une plus grande fréquence des pathologies pulmonaires et cardiaques ainsi que des maladies infectieuses.

Son objectif est de lancer une campagne pour aider les décideurs à comprendre les dangers pour la santé du changement climatique et ce qui doit être fait pour les minimiser.

Les mesures envisagées sont surtout une accélération de la transition vers des sources d’énergie propres et un changement de certaines habitudes des Américains, invités à moins se déplacer en voiture, mais davantage à vélo ou à pied.

«Les médecins partout dans le pays constatent que le changement climatique rend les Américains plus malades», explique la Dr Mona Sarfaty, à la tête de ce nouveau consortium de onze grandes associations médicales professionnelles.

«Le corps médical est en première ligne et voit tous les jours les impacts dans les consultations médicales», ajoute-t-elle, précisant que «les enfants, les personnes âgées, les Américains les plus vulnérables économiquement ou les personnes souffrant de pathologies chroniques ou encore les Noirs sont les plus touchés».

Ce rapport, intitulé «Alerte médicale ! Le changement climatique nuit à notre santé», sera largement distribué parmi les élus du Congrès, à majorité républicains et qui comptent dans leurs rangs de nombreux climats sceptiques.

Le document pointe notamment les dangers pour la santé pulmonaire et cardiaque d’un accroissement du nombre d’incendies de forêt et de la pollution de l’air liée au réchauffement du climat ainsi que les effets néfastes sur l’organisme des vagues de chaleur extrême, qui deviennent plus fréquentes.

Les auteurs citent aussi l’accroissement des infections qui se propagent par des tiques, comme la maladies de Lyme, et des moustiques vecteurs du virus du Nil occidental, de la dengue et du Zika, dont l’habitat s’élargit de plus en plus vers le nord avec le réchauffement.

En raison du changement climatique, les phénomènes météorologiques extrêmes comme les ouragans et les sécheresses risquent de devenir de plus en plus fréquents et aussi plus destructeurs, ce qui peut affecter la santé mentale des populations affectées, estime aussi le rapport.

Selon les auteurs, citant une enquête d’opinion, la plupart des Américains ne sont pas conscients du fait que l’accroissement des attaques d’asthme et des allergies est lié au changement climatique.

«Le message des médecins américains dans ce rapport c’est que le changement climatique ne se produit pas seulement dans l’Arctique, mais ici et maintenant. Cela nous affecte tous, pas seulement les ours polaires», pointe la Dr Sarfaty.

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Le Saviez-vous ► Diabète, insuline et metformine


Le diabète est une maladie qui existait à l’époque des pharaons. Cela a pris plusieurs millénaires pour comprendre cette maladie et trouver des remèdes pour diminuer le taux de sucre dans le sang
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Diabète, insuline et metformine

 

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

    Le diabète est une maladie connue depuis la nuit des temps. Tel que décrit dans le Papyrus Ebers, le diabète fait partie de ce qu’on appelait alors: les anomalies des vases d’eau du corps. Amenhotep III, neuvième pharaon de la dix-huitième dynastie ayant vécu entre 1700 et 1600 ans avant Jésus-Christ, en souffrait. Le père de la médecine occidentale, Hippocrate, lui donna le nom de diabète, car les malades semblaient toujours assoiffés et urinaient rapidement après avoir bu comme si l’eau traversait les voies de leur corps (dia – baina en grec signifie : passer à travers). Le médecin romain Galène parlait de deux maladies : l’une pour décrire le besoin fréquent d’uriner qu’il appelait diarrhoea urinosa et l’autre pour la soif excessive qu’il nommait dipsakos.

    Diabètes et sucre

    L’association entre le diabète et le sucre fut aussi remarquée assez tôt dans l’histoire. Un des textes fondateurs de la médecine ayurvédique cite deux illustres médecins indiens du 5e et 6e siècle après J.-C., Sushruta et Chakura qui constatent que l’urine des patients souffrant de polyurie gouttait comme le miel, était collante au toucher et attirait les fourmis en grand nombre. Les médecins chinois firent le même constat, mais selon eux, ce sont les chiens qui étaient attirés par ces urines. Avicennes, un grand médecin perse décrivit deux complications courantes du diabète : la gangrène et la réduction des fonctions sexuelles. Une dizaine de siècles plus tard, le médecin suisse Von Hohenheim (1494-1541), mieux connu sous le nom de Paracelse, remarqua que l’évaporation de l’urine de diabétique laissait une poudre blanche anormale. Il croyait cependant qu’il s’agissait de sel ce qui, selon lui, expliquait aussi la grande soif des diabétiques. Finalement, ce fut le docteur Thomas Willis (1621-1675), éminent anatomiste et pathologiste britannique, qui ramena les concepts de sucre dans les urines après avoir observé le goût de sucre qui se dégageait des urines de diabétiques.

    De la connaissance de la maladie

    Thomas Willis

    Mis à part cette association, soif, urines fréquentes et sucre, peu était connu sur mécanismes menant à la maladie. Thomas Willis, avait avancé un début d’explication toujours en vogue. Il fut le premier à relier le diabète au mode de vie. Il affirmait que le diabète avait été une maladie rare durant l’Antiquité et le Moyen-âge. Il était devenu plus fréquent à son époque parce que les gens mangeaient avec grand faste et consommaient plus de vin. Thomas Sydenham croyait que la maladie provenait d’un chyle non entièrement digéré. Il avait cependant été le premier à considérer le diabète comme une maladie systémique et non une déficience rénale.

    Vers la fin du XVIIIe siècle, Mathew Dobson (1735-1784) admit un patient à son hôpital du nom de Peter Dickonson. L’homme de 33 ans affichait à l’extrême tous les symptômes du diabète, son volume d’urine quotidien dépassait les 15 litres (chiffre qui sembla quelque peu exagéré…). N’empêche que Peter permit à Dobson de se livrer à une foule d’expérimentation et d’analyse tant de son sang que de ses urines. En 1776, le médecin publia ses observations dans le Medical Observations and Inquiries.

    Certaines de ces observations mettent en lumière qu’il existerait deux formes de diabète, l’un a évolution très rapide (Dobson fait part d’un de ses patients décédés en moins de cinq semaines et un autre à évolution chronique. Il nota aussi que l’urine et le plasma sanguin contenaient un taux de sucre anormalement élevé révélant le concept d’hyperglycémie. Avec les résultats de ce médecin, diverses cures firent leur apparition tentant de modifier la diète et l’apport en eau quotidien.

    Puis, plus de 150 ans plus tard les médicaments

    Frederick Grant Banting

    Héros militaire de la Première Guerre mondiale, Frederick Grant Banting, jeune médecin, commence sa pratique médicale en orthopédie à London en Ontario. Durant la guerre, en France à la bataille de Cambrai, il s’était porté au secours de sa garnison au risque de sa vie et il avait été blessé. Il fut d’ailleurs honoré de la Croix militaire pour héroïsme. De retour au pays, la clientèle se faisant rare, il accepte un poste comme assistant de recherche du professeur Miller, à l’University of Western Ontario.

    En 1920, il est appelé à donner un cours sur le pancréas. C’est en préparant ses cours que l’idée lui traverse l’esprit que le pancréas possède en réalité deux fonctions : l’une exocrine par la sécrétion des sucs gastriques et l’autre, endocrine en produisant une hormone capable d’abaisser la glycémie sanguine. Banting n’a dès lors plus qu’une passion : consacrer toutes ses énergies à découvrir un remède contre le diabète. Il a besoin de locaux et d’animaux pour faire sa recherche. Son patron le présente donc au professeur Macleod de l’université de Toronto, qui décide en mai 1921 de lui fournir un laboratoire, dix chiens et un assistant de recherche, un de ses élèves les plus brillants du nom de Charles Best. En moins de six mois, Banting présente son rapport préliminaire de recherche au Physiological Journal Club of Toronto.

    De la découverte à la commercialisation

    Les premières insulines furent fabriquées artisanalement directement à partir des laboratoires de l’University of Toronto. Très tôt, les compagnies Eli Lilly aux États-Unis et Connaught en Ontario ont commencé la fabrication commerciale du produit. On utilisait alors des pancréas de porc ou de bœuf à partir desquels on extrayait et purifiait l’insuline. En 1976, les méthodes allaient changer radicalement. Une jeune compagnie américaine révolutionne la fabrication de l’insuline par la biotechnologie. En modifiant l’ADN de certains microorganismes et en y greffant les gènes codant pour la fabrication d’insuline chez l’homme, il devenait possible de synthétiser rapidement et efficacement une insuline humaine. Genentech qui, sous simple présentation de son idée, a vu ses parts grimper en bourse plus que toute autre entreprise inaugure une ère nouvelle en fabrication de médicaments.

    La metformine : De la plante à la pilule

    Le lilas français (Galega officinalis) est une plante qui fut utilisée en médecine populaire depuis plusieurs siècles en Europe tant pour ses vertus diurétiques qu’antiparasitaires.

    Dans les années 1920, on avait remarqué que l’ablation de la glande thyroïde provoquait une hypoglycémie. Et l’on attribuait cette conséquence à une production accrue de guanidine, ce qui s’est d’ailleurs révélé faux par la suite. Parallèlement, la galégine, un produit semblable, mais dérivé de la plante Galega officinalis avait été isolé et démontrait une certaine efficacité avec moins de toxicité que la guanidine pour abaisser les taux de sucre sanguin. Mais la galépine était d’une courte durée d’action et les réponses aux traitements pouvaient varier d’un individu à un autre.

    L’arrivée sur le marché de l’insuline allait diminuer de beaucoup l’intérêt pour les recherches sur la metformine qui fut alors considéré comme un petit produit sans grand intérêt.

    À partir d’un dérivé de la guanidine, la N’N’- dimethylguanidine, Emil Werner et James Bell ont été les premiers à parler de la metformine en 1922. Sept ans plus tard, Slotta et Tschesche confirmèrent que leurs expériences avec les lapins démontraient clairement que la metformide pouvait abaisser la glycémie, et ce avec plus d’efficacité que tous les autres dérivés de la guanidine. Mais l’arrivée sur le marché de l’insuline allait diminuer de beaucoup l’intérêt pour les recherches sur la metformine qui fut alors considéré comme un petit produit sans grand intérêt.

    Une mise au rencart de trente ans pour la metformine

    En 1950, un médecin philippin Eusebio Y Garcia testa la metformine chez les humains. Il lui trouva des vertus antibactériennes, antivirales, antipaludéennes, analgésiques et hypoglycémiantes. Toutes ces recommandations ne purent être confirmées par la suite, mais il avait tout de même pu démontrer la non-toxicité du produit chez l’humain et sa capacité de réduire la glycémie sanguine.

    Près d’une dizaine d’années plus tard, Jean Sterne du laboratoire français Aron en banlieue de Paris, démontra l’efficacité de la metformine dans les cas de diabètes peu sensibles à l’insuline et de diabètes instables. Le produit fut commercialisé pour la première fois donc en 1959 sous le nom de glycophage (qui mange le sucre). Aujourd’hui, il se vend pour plus de 3 milliards de dollars de metformine.

    Des recherches récentes tendent à démontrer que la metformine pourrait aussi avoir des effets préventifs sur certains cancers, dont celui du poumon et celui du pancréas. C’est à suivre…

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12 «superbactéries» contre lesquelles il faut développer de nouveaux antibiotiques


Les antibiotiques sont très utiles pour soigner des infections, mais à trop les utiliser, nous sommes confrontés avec des bactéries qui résistent et deviennent des superbactéries.
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12 «superbactéries» contre lesquelles il faut développer de nouveaux antibiotiques

 

AFPQC  |  Par Agence France Presse

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié lundi une liste de 12 familles de bactéries contre lesquelles elle juge urgent de développer de nouveaux antibiotiques, en raison des risques que font peser leurs résistances aux traitements actuels.

« Cette liste a été établie pour essayer d’orienter et de promouvoir la recherche-développement de nouveaux antibiotiques », explique l’institution des Nations unies, qui veut empêcher la résurgence de maladies infectieuses incurables.

Le risque est jugé « critique » pour trois familles de bactéries: les Acinetobacter, les Pseudomonas et les entérobactéries (dont l’E.coli), résistantes y compris aux antibiotiques les plus récents, dits de dernier recours, et à l’origine de la plupart des infections graves en milieu hospitalier.

« La résistance aux antibiotiques augmente et nous épuisons rapidement nos options thérapeutiques. Si on laisse faire le marché, les nouveaux antibiotiques dont nous avons le besoin le plus urgent ne seront pas mis au point à temps », a alerté Marie-Paule Kieny, sous-directrice générale à l’OMS pour les systèmes de santé et l’innovation.

L’OMS classe six familles d’agents pathogènes en « priorité élevée », dont le staphylocoque doré, les salmonelles et l’Helicobacter pylori (la bactérie responsable notamment des ulcères de l’estomac), du fait de leur résistance à plusieurs types d’antibiotiques.

Trois autres familles de bactéries sont elles placées en « priorité moyenne »: le pneumocoque, qui peut conduire à des pneumonies et des méningites, l’Haemophilus influenzae, responsable d’infections comme les otites, et les Shigella spp., cause d’infections intestinales telles que la dysenterie.

En septembre, une étude britannique affirmait que les bactéries résistantes pourraient « tuer jusqu’à 10 millions de personnes par an d’ici 2050, soit autant que le cancer ».

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La maladie du dragon jaune menace les oranges de la Floride


Un insecte d’origine chinoise, c’est installé en Floride pour attaquer les oranges et ils réussissent très bien à rendre malade les orangerais et que la production s’est grandement détériorer. En attendant, les cultivateurs utilisent des insecticides, alors que les scientifiques cherchent des moyens plus efficaces
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La maladie du dragon jaune menace les oranges de la Floride

 

Des oranges touchées par la maladie du dragon jaune

Des oranges touchées par la maladie du dragon jaune Photo : Radio-Canada

Le jus d’orange et les agrumes sont-ils en voie de devenir un produit de luxe? Les vergers de la Floride sont décimés par la maladie du dragon jaune, impossible à éradiquer jusqu’ici. La production d’oranges a chuté de 65 %. Mais les producteurs ne baissent pas les bras et sont déterminés à trouver une solution.

Un texte de France Beaudoin de l’émission La semaine verte

C’est la pire menace que l’industrie des agrumes en Floride ait connue. Michael Rodgers, directeur, Centre de recherche sur les agrumes de la Floride

On m’avait préparée à l’ampleur du drame qui frappe les producteurs d’agrumes de la Floride. Et pourtant, je suis bouche bée devant le désolant spectacle qui défile sous nos yeux alors que nous roulons dans la région de Polk County, au coeur de la production d’oranges.

Partout le long des routes et des autoroutes, des vergers d’agrumes malades, abandonnés ou à vendre. Les quelques rares fruits encore accrochés aux branches sont petits, verts, flétris.

Des vergers d'agrumes décimés par la maladie du dragon jaune

Des vergers d’agrumes décimés par la maladie du dragon jaune Photo : Radio-Canada

L’industrie des agrumes, la deuxième en importance de la Floride après le tourisme, a perdu 20 % de ses vergers en quelques années à peine.

On a déjà eu 800 000 acres en production. Il n’en reste que 500 000. Shannon Shepp, directrice exécutive, département des agrumes de la Floride

Le responsable : un insecte originaire de Chine

Difficile de croire qu’un insecte d’à peine quelques millimètres, le psylle asiatique des agrumes, soit capable d’un tel travail de destruction massive. Cet insecte véhicule une bactérie qui cause la maladie du dragon jaune.

Le psylle asiatique

Le psylle asiatique Photo : Radio-Canada

L’arbre malade est privé de ses nutriments, il produit moins de fruits, ses feuilles jaunissent et le système racinaire se dégrade. L’arbre dépérit et meurt. La maladie peut rester latente pendant cinq ans. Lorsqu’elle se manifeste, il est souvent trop tard.

Détectée pour la première fois en Chine dans les années 40, la maladie du dragon jaune a gagné le comté de Miami-Dade en Floride en 2005. Aujourd’hui, tous les vergers d’agrumes de l’État sont touchés.

Des producteurs tiennent bon

Je file plus au sud, en direction d’Avon Park, pour rencontrer Ned Hancock. Ce producteur d’oranges à jus de cinquième génération a vu sa production chuter de moitié en quelques années.

C’est terrible, c’est dévastateur pour l’industrie et pour les producteurs. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Ned Hancock, producteur d’oranges

Le producteur a dû abattre 30 000 arbres malades cette année. Il fait également des applications d’insecticides beaucoup plus fréquentes dans ses vergers.

« Quand j’ai commencé dans la culture des agrumes, on traitait trois fois l’an, précise Ned Hancock. Maintenant c’est 12 fois par année. »

Production d'oranges en Floride

Production d’oranges en Floride Photo : Radio-Canada

Je constate que la méthode de fertilisation des vergers a changé, elle aussi. Marty McKenna affirme qu’en fertilisant ses vergers plus souvent, mais en plus petite quantité, ses arbres ont meilleure allure et sont plus productifs.

Mais tous ces efforts déployés pour contrer les effets de la maladie représentent d’énormes dépenses. Marty McKenna voit ses coûts de production tripler et ses rendements dégringoler.

Moins de remorques sortent des vergers chaque jour. Et la saison de récolte est écourtée. Ça pénalise tout le monde : cueilleurs, producteurs et transformateurs. Marty McKenna, président sortant, Florida Citrus Commission

Dans les bonnes années, le producteur sortait 30 camions-remorques de ses vergers chaque jour. Le rendement a diminué à un point tel que les cueilleurs peinent aujourd’hui à en remplir une vingtaine.

Une solution à portée de main

Direction Lake Alfred, où les scientifiques du centre de recherche sur les agrumes bossent sans relâche pour venir à bout de l’ennemi numéro un des vergers. Un travail titanesque dans lequel le gouvernement fédéral, l’État de la Floride et les producteurs ont déjà investi plus de 175 millions de dollars.

Plusieurs méthodes de lutte sont à l’essai, dont un surprenant traitement à la vapeur. L’arbre malade est recouvert d’une immense tente. On le traite à la vapeur pendant 30 secondes, le temps que le mercure grimpe à 55 degrés Celsius sous la bâche. Ce traitement tue la bactérie dans la portion supérieure de l’arbre. Mais l’opération est fastidieuse et coûteuse : 6 $ US l’arbre.

Traitement à la vapeur d'orangers malades

Traitement à la vapeur d’orangers malades Photo : Radio-Canada

La bactérie demeure présente dans le système racinaire et va éventuellement revenir dans l’arbre. Mais on gagne quelques années, souligne le directeur du centre, Michael Rodgers.

La culture des agrumes sous les moustiquaires est aussi en cours d’expérimentation. Elle exclut complètement les psylles. Mais la pose de moustiquaires coûte cher et n’est rentable que dans la production de fruits frais, pour lesquels les agriculteurs obtiennent un prix plus élevé que les oranges à jus.

Des moustiquaires protègent les arbres contre l'insecte qui véhicule la bactérie causant la maladie du dragon jaune.

Des moustiquaires protègent les arbres contre l’insecte qui véhicule la bactérie causant la maladie du dragon jaune. Photo : Radio-Canada

Les chercheurs développent également des variétés d’arbres mieux adaptés à la nouvelle réalité. La variété « Sugar Belle » donne des résultats spectaculaires. Bien qu’atteint de la maladie du dragon jaune, l’arbre ne manifeste aucun symptôme et il est gorgé de fruits. C’est le résultat de 20 ans de recherches et de croisements.

L’avenue la plus prometteuse : la biotechnologie

Les scientifiques ont aussi recours à la manipulation génétique. Ils sont parvenus à identifier et à neutraliser les gènes qui déclenchent les symptômes de la maladie.

Ils rendent aussi les agrumes plus résistants en introduisant le gène d’autres végétaux. Un gène de la moutarde se montre particulièrement efficace. Le directeur du centre de recherche sur les agrumes de la Floride pense pouvoir commercialiser ces plants résistants d’ici cinq ans. Mais le temps presse, la maladie du dragon jaune se propage à une vitesse fulgurante.

L'État de la Floride est un des principaux producteurs d'oranges dans le monde.

L’État de la Floride est l’un des principaux producteurs d’oranges dans le monde. Photo : Radio-Canada

Le lendemain, dans l’avion qui me ramène à Québec, j’observe, pensive, l’agent de bord qui verse du jus d’orange dans un gobelet en plastique. Des paroles me traversent l’esprit.

L’industrie ne sera plus jamais la même, c’est certain. Mais on va réussir à combattre cette maladie et on va cultiver encore longtemps des oranges en Floride. Les oranges demeureront toujours LE symbole de la Floride. Marty McKenna, président sortant, Florida Citrus Commission

 

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Le Saviez-Vous ► Poux + bactéries = typhus, une maladie terrible


Le typhus est une maladie qui a beaucoup de morts à son actif. Il s’est fait connaitre dans le passé par les guerres, les camps de réfugiés, les catastrophes naturelles ainsi que dans les prisons surpeuplées. Il a réussi a décimés des peuples, des autochtones. Aujourd’hui, on entend moins parler, mais il est toujours possible de le rencontrer
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Poux + bactéries = typhus, une maladie terrible

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

En 1577 ont eu lieu des procès à Oxford en Angleterre qui reçurent le triste nom d’assises noires et qui entrèrent ainsi dans l’histoire. En réalité, les plaidoiries comme telles n’avaient rien d’extraordinaire si ce n’est le fait que les accusés souffraient de la fièvre des geôles et ont contaminé les magistrats ainsi que le public présent au tribunal. C’est plus de 300 personnes qui furent infectées, dont Sir Robert Bell, chancelier de l’Échiquier (ministre du gouvernement britannique chargé des finances et du trésor ainsi que du trésor de Sa Majesté), le shérif et le sergent assigné à la cause. Qui plus est, l’épidémie qui a suivi provoqua le décès de près de 10% de la population anglaise.

Le typhus était à ce point répandu dans les prisons qu’un emprisonnement jusqu’à la prochaine session du tribunal équivalait bien souvent à une sentence de mort. Cette fièvre mortelle pouvait toucher jusqu’à 25% des prisonniers.

De l’Antiquité jusqu’à nos jours

Plusieurs médecins et historiens ont affirmé que les épidémies en 430 av. J.-C. survenues durant la guerre du Péloponnèse, et celles des pestes parues en 429 av. J.-C. et 427 av. J.-C. étaient en réalité les manifestations du typhus. Périclès et ses deux fils aînés y ont succombé.

Les épidémies suivent le cours des guerres : Première révolution anglaise, guerre de Trente Ans, etc. Durant les guerres napoléoniennes, plus de soldats sont morts du typhus que sous les balles des ennemis.

Portrait de Girolamo Fracastoro

Ce n’est que vers les années 1083 que les premières descriptions furent consignées dans un couvent à proximité de Salerne en Italie. Près de 500 ans plus tard, le célèbre médecin florentin Girolamo Fracastoro en fit une description assez fidèle dans son traité De Contagione et Contagiosis Morbis. Lors du siège espagnol de la ville de Grenade en 1489, une chronique médicale fait mention d’une fièvre accompagnée de taches rouges sur le thorax, les bras et le dos, suivie successivement de délire et de la gangrène. Durant cette guerre, les Espagnols ont perdu 3000 hommes au combat et 17 000 autres qui ont péri du typhus ! On estime que durant la Première Guerre mondiale, le typhus a tué plus de 3 millions de personnes en Russie. La Deuxième Grande Guerre n’a pas non plus été épargnée et les camps de concentration furent des endroits de prédilection pour les poux et pour la transmission du typhus. La célèbre Anne Frank et sa sœur Margot en furent victimes.

Les épidémies suivent le cours des guerres : Première révolution anglaise, guerre de Trente Ans, etc. Durant les guerres napoléoniennes, plus de soldats sont morts du typhus que sous les balles des ennemis.

La fosse de Vilnius

À l’automne 2001, des ouvriers s’affairant à la construction d’un nouveau quartier découvrent à Vilnius en Lituanie, une fosse commune contenant les corps de près d’un millier de soldats. Les Lituaniens croient d’abord qu’il s’agissait des victimes de la répression stalinienne, mais réalisent très vite qu’il s’agit plutôt des soldats de la Grande Armée de Napoléon morts en décembre 1812. Il faut se rappeler que plus de 40 000 membres de cette illustre armée avaient péri lors de la défaite de Napoléon en Russie. Des recherches effectuées conjointement par des équipes françaises du CNRS et des chercheurs lituaniens dans ce charnier ont porté sur l’analyse des sols, les restes des tissus et des dents. Il fut alors démontré scientifiquement que plus de 30% de ces soldats avaient souffert et, pour la majorité, sont morts d’infections transmises par des poux. Celles-ci ont joué un rôle important dans la défaite de l’armée française. Les infections transmises ainsi furent identifiées comme étant la fièvre des poux (Bornelia recurrentis), la fièvre des tranchées (Bartonnella quintana) et le typhus (Rickettsia prowazekii). Cette découverte a pu être effectuée grâce à une nouvelle technique qui permet de déceler dans la pulpe des dents la présence d’ADN de ces microorganismes.

Le typhus au Canada

Le typhus serait apparu pour la première fois au Canada en 1659. En 1685, 20 personnes en moururent sur les 300 atteintes. Il aurait fait partie des neuf épidémies à Québec entre 1740 et 1759. Dans une tentative de reprendre Port-Royal, l’armée française envoya 3 150 soldats. Malheureusement pour elle, 2 400 de ceux-ci décédèrent du typhus. Le typhus tua aussi plus du tiers des Micmacs de cette région et Halifax fut littéralement décimée par le typhus qui emporta alors plus de 80% de sa population.

L’année 1847 marqua au pays de tristes records sur le plan de la mortalité due au typhus. On y recensa 9293 décès d’immigrants durant une traversée de l’Atlantique en provenance des îles britanniques et 10 037 autres répartis à Grosse-Isle, une station de quarantaines dans le Saint-Laurent, ainsi que dans les hôpitaux de Montréal, Québec, Kingston et Toronto. Le gouvernement canadien dut adresser une requête à l’Angleterre afin qu’on n’envoie plus de tels immigrants malades au Canada.

La science à la rescousse

On doit à Charles Nicolle d’avoir découvert dès 1909 que les poux étaient les vecteurs du typhus épidémique ce qui lui valut le prix Nobel de médecine et de physiologie en 1928. Nicolle a aussi pu développer un vaccin, mais qui n’était pas utilisable à grande échelle en raison surtout des difficultés de production. En 1910, un bactériologiste et pathologiste américain, Howard Taylor Ricketts, fut demandé au Mexique pour étudier une épidémie de typhus, appelé là-bas : tabardillo. Quelques jours après avoir identifié la bactérie responsable, Rickets décéda, infecté par le typhus. D’ailleurs un autre bactériologiste, l’Autrichien Stanislaus von Prowazek mourut aussi infecté après avoir découvert que la bactérie était responsable de l’épidémie de typhus en Serbie en 1913.

Un autre chercheur du nom de Henrique da Rocha Lima prouva finalement en 1916 que la bactérie qu’il nomma Rickettsia prawazekii , en l’honneur de Ricketts et Prowazek, était l’agent responsable de la maladie.

Rudolph Weigi


Quant aux vaccins, après celui de Nicolle en 1909 qui fut peu utile, Rudolph Weigl mit au point une méthode pratique et efficace de fabrication du vaccin, à partir du broyat des intestins des poux infectés. Il représentait cependant de nombreux dangers, car il pouvait facilement infecter ceux qui étaient chargés de le préparer. Grand savant, Weigl fut aussi un humaniste fort actif durant la Deuxième Guerre mondiale, cachant des juifs dans son institut de recherche et donnant en catimini des doses de ses vaccins dans des camps de concentration pour sauver des milliers de prisonniers du typhus. En 2003, l’État d’Israël l’honora en lui remettant à titre posthume la médaille du Juste parmi les nations. En 1938, le bactériologiste américain Herald R. Cox élabora une méthode plus sure et efficace de production du vaccin en utilisant des œufs embryonnés.

Un autre angle pour prévenir le typhus était le contrôle des poux. Le chimiste Othmar Zelder fut le premier à produire le DDT, ignorant qu’il s’agissait là d’un puissant insecticide en 1874. Ce n’est qu’en 1939 que Paul Herman Müller, travaillant chez Geigy, découvrit les vertus pesticides du DDT, il en reçut le prix Nobel en 1948. La compagnie fit part de cette découverte aux soldats tant du côté des alliés que chez les Allemands. Ces derniers toutefois demeurèrent plutôt indifférents à cette découverte qui aurait pu sauver des centaines de milliers de vies tant dans les camps de concentration que parmi les militaires.

Le typhus aujourd’hui

La vaccination, les antibiotiques et les pesticides ont diminué grandement la propagation du typhus de nos jours. Mais le typhus constitue toujours une menace et resurgit dès que les conditions le lui permettent : guerres, catastrophes naturelles, prisons surpeuplées, camps de réfugiés, etc. La guerre contre les microorganismes n’est, elle, jamais totalement gagnée.

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Le coût social faramineux des boissons sucrées


Ah que je suis contente de ne plus être addict aux boissons gazeuses. Mais ce qu’il y a pire, c’est des autochtones au Canada n’ont pas accès à l’eau potable et les boissons gazeuses sont abordables. Pire encore, même si les ventes ont baissé, les cafés et thés sucrés en tous genres ont fait leur place ainsi que l’eau aromatisée et cela hypothèque la santé
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Le coût social faramineux des boissons sucrées

 

Les boissons gazeuses contiennent jusqu'à 10 cuillerées à thé de sucre.

Les boissons gazeuses contiennent jusqu’à 10 cuillerées à thé de sucre. Photo : iStock/iStock

Une étude menée à l’Université de Waterloo, en Ontario, signale que la trop forte consommation de boissons sucrées risque d’avoir des conséquences dévastatrices sur la santé des Canadiens.

La Presse canadienne

L’étude, financée par diverses associations canadiennes de promotion de la santé, prévoit que, d’ici 25 ans, ces boissons devraient provoquer des maladies entraînant plus de 63 000 décès et coûter plus de 50 milliards de dollars au système de santé.

« Les boissons sucrées ne présentent quasiment aucun bienfait pour la santé et elles favorisent fortement les maladies chroniques et l’obésité », explique Jan Hux, docteure et directrice des affaires scientifiques à l’Association canadienne du diabète.

La recherche estime que la consommation de boissons sucrées au Canada sera liée à plus de 3 millions de cas d’obésité, à près de 1 million de cas de diabète de type 2, à près de 300 000 cas de cardiopathie ischémique, à plus de 100 000 cas de cancer et à près de 40 000 accidents vasculaires cérébraux (AVC).

« Les boissons sucrées constituent la plus importante source de sucre dans l’alimentation du Canadien moyen. La consommation excessive de sucre est directement liée au surpoids, qui augmente le risque d’au moins 11 différents cancers », précise Robert Nuttall, directeur adjoint des politiques en matière de santé de la Société canadienne du cancer.

L’augmentation incessante du cancer ne doit pas être considérée comme une fatalité, et nous mettons tout en oeuvre pour éliminer le diabète par l’intermédiaire de la sensibilisation et de changements en matière de politiques. Jan Hux, docteure et directrice des affaires scientifiques à l’Association canadienne du diabète

En 2015, les Canadiens ont acheté en moyenne 444 millilitres de boissons sucrées chacun, par jour. Cette consommation était de 578 millilitres chez les jeunes, ce qui représente jusqu’à 16 cuillères à thé de sucre, une quantité qui dépasse largement l’apport maximal quotidien recommandé.
En plus des jeunes, les communautés autochtones sont particulièrement à risque pour ce qui est de la consommation de produits néfastes pour la santé, en raison des difficultés d’approvisionnement en produits sains et frais dans certaines régions reculées.

Dans plusieurs communautés autochtones confrontées à des problèmes d’accès à une eau potable, les boissons sucrées constituent malheureusement la seule option abordable. L’eau et le lait faible en gras devraient être les choix préconisés par les Canadiens lorsqu’il s’agit de s’hydrater, car ils sont les plus bénéfiques pour la santé, mais trop souvent, ces options ne sont pas les plus accessibles. Mary Lewis, vice-présidente à la recherche, à la défense des intérêts et à la promotion de la santé, Fondation des maladies du coeur et de l’AVC

Les chercheurs constatent que les ventes de boissons gazeuses ont diminué au cours des dernières années, mais qu’il y a eu forte augmentation des ventes de produits sucrés tels que les boissons énergisantes, les cafés et les thés sucrés, les eaux aromatisées, les yogourts à boire et les boissons pour sportifs.

Pour contrer leurs effets néfastes sur la santé des Canadiens, les organismes qui ont financé l’étude recommandent d’agir sur plusieurs fronts, notamment en garantissant l’accès gratuit à l’eau potable, en améliorant le contrôle des publicités destinées aux jeunes et aux enfants, en sensibilisant le public et en assurant un meilleur étiquetage des produits alimentaires.

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Une veste «intelligente» pour diagnostiquer la pneumonie


En Ouganda, la pneumonie tue environ 24 000 enfants de moins de cinq ans par an, avec le manque de laboratoire et de médecins (un pour 24 000), il est difficile d’établir un diagnostic fiable et le différencier avec le paludisme ou la tuberculose. Des ingénieurs ougandais ont inventé un prototype (une veste intelligente) qui serait capable de diagnostiquer plus vite qu’un médecin et minimisant les risques d’erreurs humaines.
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Une veste «intelligente» pour diagnostiquer la pneumonie

 

Une veste «intelligente» pour diagnostiquer la pneumonie

Le Mama-Ope peut effectuer un diagnostic plus rapidement qu’un médecin.Photo Isaac Kasamani / AFP

Une équipe d’ingénieurs ougandais a inventé une «veste intelligente» capable de diagnostiquer la pneumonie plus rapidement qu’un médecin et devant permettre de mieux combattre une maladie qui fait plus de victimes infantiles qu’aucune autre au monde.

L’idée est venue à Olivia Koburongo, 26 ans, après que sa grand-mère fut tombée malade. Trimbalée d’hôpital en hôpital, celle-ci est décédée avant même que la pneumonie ne soit diagnostiquée.

«Il était alors trop tard pour la sauver», regrette la jeune ingénieure. «C’était trop difficile de suivre la trace de ses signes vitaux, de comment elle allait. C’est comme ça que j’ai pensé à une manière d’automatiser tout le processus pour suivre l’évolution de sa santé».

Olivia a présenté son concept à son camarade Brian Turyabagye, 24 ans, diplômé comme elle d’une école en ingénierie des télécommunications.

Ensemble et avec une équipe de docteurs, ils ont créé le «Mama-Ope» («mother’s hope», l’espoir de la mère), un équipement utilisé pour les jeunes enfants. Il est composé d’une «veste intelligente» biomédicale et d’une application pour téléphone mobile qui effectue le diagnostic.

Le Mama-Ope est très simple d’utilisation. L’enfant a simplement à enfiler la veste, dont les capteurs permettront de mesurer certains paramètres, comme les bruits émis par les poumons, la température ou le rythme de la respiration.

«Ces informations sont envoyées à l’application mobile qui les compare à des données connues pour estimer la gravité de la maladie», explique Brian.

La pneumonie, une maladie respiratoire, tue environ 24 000 enfants ougandais de moins de cinq ans par an, qui pour la plupart souffrent déjà de paludisme, selon le Fonds de l’ONU pour l’enfance (Unicef).

Le manque d’infrastructures et de laboratoires capables d’effectuer les tests nécessaires dans les communautés pauvres signifie que le personnel de santé ne peut compter que sur un simple examen clinique pour établir son diagnostic.

UN DIAGNOSTIC PRÉCOCE

La veste, qui n’en est encore qu’à l’état de prototype, peut diagnostiquer la pneumonie trois fois plus vite qu’un docteur, tout en réduisant le risque d’erreur humaine, selon une étude produite par ses inventeurs.

Traditionnellement, les médecins utilisent un stéthoscope pour écouter les bruits anormaux venant des poumons. Mais s’ils diagnostiquent le paludisme ou la tuberculose, qui peuvent aussi induire une détresse respiratoire, l’erreur peut se révéler fatale pour le patient.

«Le problème que nous essayons de résoudre est de diagnostiquer la pneumonie à un stade précoce, avant que cela ne devienne sérieux. Et nous essayons aussi de résoudre le problème du manque d’effectifs dans les hôpitaux, parce qu’actuellement le ratio docteur/patient dans le pays est de un pour 24 000», explique Olivia.

Selon Brian, leur matériel devrait bientôt être introduit dans les principaux hôpitaux d’Ouganda, avant d’équiper les centres de soins plus isolés.

«Une fois que l’information obtenue est emmagasinée dans le « cloud » (en ligne), ça signifie qu’un médecin qui n’est même pas dans la zone rurale, qui n’est même pas sur le terrain, peut avoir accès à l’information concernant n’importe quel patient et cela aide à prendre une décision en toute connaissance de cause», ajoute-t-il.

Ils travaillent également à faire breveter leur équipement, qui a été retenu parmi les candidats pour le prix africain 2017 de l’Académie royale britannique d’ingénierie.

«Une fois que ça marchera (en Ouganda), nous espérons que ce sera lancé dans d’autres pays africains et dans d’autres endroits du monde où la pneumonie tue des milliers d’enfants», indique Olivia.

Selon l’Unicef, la plupart des 900 000 décès annuels d’enfants de moins de cinq ans dus à la pneumonie ont lieu en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne.

C’est plus que les principales autres causes de décès infantiles, comme la diarrhée, le paludisme, la méningite ou le sida.

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