Identifier un suspect avec 1 cm de cheveu et sans ADN, c’est possible !


Dans les affaires criminelles, on a souvent recours à l’ADN pour résoudre un crime. Même si l’ADN est une technique renommée, elle n’est pas infaillible à cause des possibilités de contamination dans le processus. Mais une nouvelle technique serait assez prometteuse avec un seul centimètre de cheveu même s’il est impossible d’y retirer de l’ADN.
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Identifier un suspect avec 1 cm de cheveu et sans ADN, c’est possible !




Céline Deluzarche
Journaliste


Cela pourrait fournir de nouveaux scénarios exaltants aux Experts : une nouvelle méthode d’identification permet désormais de confondre un coupable avec un simple cheveu sans aucun ADN et avec un très haut niveau de fiabilité.

En matière de police scientifique, l’ADN fait aujourd’hui figure de preuve reine. Cette méthode n’est pourtant pas infaillible, l’ADN pouvant être lui-même contaminé par simple contact ou faire l’objet d’une présence fortuite. Surtout, on ne dispose pas toujours de suffisamment d’ADN pour établir une probabilité suffisante de correspondance. Ces dernières années, les experts scientifiques ont donc investigué une autre méthode, basée sur le cheveu.

Tout ce que le cheveu révèle de vous

Le cheveu est dépourvu d’ADN dès lors que le follicule pileux n’y est pas rattaché. En revanche, il est constitué de kératine, une famille de protéines dont les séquences d’acides aminés dépendent du type de cheveu et sont spécifiques à chaque personne. En comparant ces séquences d’acides aminés avec des bases de données existantes, comme les bibliothèques génétiques, on peut en déduire le sexe, l’âge, l’origine, ou la masse corporelle d’un suspect. Cette technique d’identification souffre cependant d’un gros problème : pour extraire les acides aminés, il faut chauffer et broyer le cheveu plusieurs fois, ce qui dénature une grande partie des protéines. Du coup, il ne reste pas toujours suffisamment de matière pour détecter un nombre de variations permettant d’établir l’identification.

  • Le saviez-vous ?
  • Le cheveu est un indice particulièrement intéressant pour les enquêteurs. D’abord, il est très fréquent d’en trouver sur une scène de crime : chaque humain perd en moyenne 50 à 150 cheveux chaque jour. D’autre part, les protéines se conservent bien plus longtemps que l’ADN, qui se dégrade rapidement en présence de chaleur ou d’humidité. Enfin, l’analyse du cheveu permet de confirmer une preuve ADN lorsqu’on ne dispose pas de suffisamment de matière pour un test fiable.


Un nouveau « code peptidique » du cheveu

Une équipe de chercheurs affirme aujourd’hui avoir résolu ce problème, grâce à une méthode décrite dans le Journal of Forensic Sciences. Cette technique d’extraction consistant à chauffer les cheveux dans une solution détergente ne nécessite qu’une seule étape et supprime le broyage. On peut ainsi isoler une quantité suffisante de protéines à partir d’un morceau de cheveu d’un centimètre à peine, avec une sensibilité huit fois supérieure à celles des techniques utilisées habituellement.

Les séquences d’acides aminés de la kératine des cheveux sont spécifiques à chaque individu. © Kateryna_Kon, Adobe Stock

Les séquences d’acides aminés de la kératine des cheveux sont spécifiques à chaque individu. © Kateryna_Kon, Adobe Stock

Les chercheurs ont également découvert de nouveaux éléments constitutifs des protéines, appelés « peptides à variantes génétiques » (GVP) et qui diffèrent selon les individus car elles sont construites en fonction du code génétique de chacun.

« Plus vous avez de GVP, plus vous pouvez distinguer les gens les uns des autres, explique au site Science Zheng Zhang, principal auteur de l’étude. C’est l’équivalent d’avoir des allèles supplémentaires dans un profil ADN ».

Ces marqueurs pourraient venir s’ajouter à ceux de la base de données peptidique du NIST (National Institute of Standards and Technology) et être utilisés dans les affaires criminelles.

 « Une recherche dans la base de données actuelle permet d’identifier seulement 11 % des peptides, alors qu’une recherche hybride incluant les GVP en trouve 75 % », assurent les auteurs.

Mais on est encore loin des prétoires : cette nouvelle méthode d’extraction prend du temps (plus d’une journée) et nécessite une technique et une expertise sophistiquées. On ignore aussi dans quelle mesure ces marqueurs capillaires peuvent changer selon l’âge ou être altérés par des modifications chimiques (coloration pour cheveux, par exemple).

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Une nouvelle méthode permet d’identifier une personne à partir d’un centimètre de cheveu et avec une sensibilité huit fois supérieure à celle des techniques existantes.

  • Les chercheurs ont notamment découvert de nouveaux peptides dans le cheveu très caractéristiques à chaque personne.

  • Cette méthode pourrait être utilisée dans les enquêtes criminelles quand on ne dispose pas de suffisamment d’ADN ou pour renforcer des preuves existantes.

https://www.futura-sciences.com

Les six secrets de la comète Tchouri


C’est une belle aventure spatiale que nous pouvons suivre tout au long de son périple vers le soleil. Grâce à Philae, nous avons pu apprendre un peu plus sur ce gros caillou. J’espère que Philae va se réveiller à temps s’il est toujours fonctionnel pour nous donner les derniers moments de Tchouri
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Les six secrets de la comète Tchouri

Carte des régions de la comète 67P Tchuriomov Gerassimenko ESA

Carte des régions de la comète 67P Tchuriomov Gerassimenko ESA

Cet article est extrait de Sciences et Avenir n°817, disponible via l’encadré en bas d’article.

Par Audrey Boehly

C’est un surprenant portrait de l’astre glacé Tchourioumov-Guérassimenko que dévoile la sonde Rosetta, six mois après sa mise en orbite autour de la comète.

1 Des plaines et des falaises

Révélée par les images de la caméra Osiris, la diversité des paysages de Tchourioumov-Guérassimenko, alias Tchouri, a surpris les astronomes : vastes plaines, falaises abruptes, failles, puits mystérieux d’où s’échappent des nuages de gaz… et même des dunes, quand bien même il n’y a pas d’atmosphère et donc pas de vent sur la comète. Certaines de ces structures résultent de l’érosion de l’astre, dont la surface est remodelée à chaque passage près du Soleil (sous l’effet de la chaleur, la glace se sublime perdant plusieurs mètres d’épaisseur). D’autres datent probablement de sa formation il y a 4,5 milliards d’années, lors de la naissance du système solaire.

2 L’eau diffère de celle de la Terre

L’analyse des gaz éjectés par la comète par le spectromètre Rosina révèle que la teneur en deutérium des molécules d’eau y est trois fois plus importante que celle de nos océans. Conséquence : contrairement à ce que l’on pensait, les comètes ne seraient peut-être pas la source principale de l’eau terrestre.

LIRE L’eau de Tchouri est différente de celle de la Terre

Pour trouver l’origine de celle-ci, les chercheurs se tournent désormais vers les astéroïdes, dont l’eau présente un rapport deutérium/hydrogène similaire à celui de notre planète.

3 Une surface plus noire que du charbon

Les comètes sont majoritairement composées de glace, et pourtant… cette dernière est presque inexistante à la surface de Tchouri ! Elle se cache probablement sous sa croûte, plus noire que du charbon (elle ne reflète que 6 % de la lumière du Soleil) et riche en matière organique si l’on en croit les données du spectromètre infrarouge Virtis. Mieux, l’instrument a aussi recueilli des indices indiquant la présence possible d’acides aminés, ces petites briques indispensables à la vie.

4 Aussi légère que du liège

D’une densité comparable à celle du liège (470 kg/m3), Tchouri pourrait… flotter ! Aussi étonnant que cela paraisse, le phénomène s’expliquerait par la structure interne du noyau cométaire. Lors de son atterrissage, en novembre, le robot Philae a traversé une couche molle de quelques dizaines de centimètres (certainement de la poussière) avant de heurter un matériau très dur ressemblant à de la glace. En dessous, les chercheurs estiment que le cœur de la comète est constitué d’un mélange des deux, présentant une porosité de 70 % à 80 %.

5 Un  bouclier magnétique protecteur

Contrairement à la Terre, les comètes ne possèdent pas de magnétosphère – ce rempart qui nous protège des particules du vent solaire – mais en développent une lorsqu’elles approchent de notre étoile. Un phénomène spectaculaire observé par l’analyseur de composition ionique RPC-ICA. Sous l’effet de la chaleur du Soleil, des éléments volatils du noyau (de l’eau principalement) passent de l’état solide à l’état gazeux, formant un nuage en expansion, la coma, aussi appelée « chevelure ».

LIRE UN véritable bouclier magnétique naît sur la comète Tchouri

Exposées aux rayons ultraviolets, ces molécules gazeuses sont dissociées et ionisées, produisant des ions et des électrons. Progressivement, la coma devient si dense et si chargée électriquement qu’elle forme un écran qui dévie les particules solaires.

6 Il y a des saisons sur la comète

En raison de son angle de rotation incliné par rapport au Soleil, Tchouri connaît une alternance saisonnière. L’hiver règne actuellement dans son hémisphère sud – là où s’est posé l’explorateur Philae. Mais dès le mois de mai, cette région entamera une période estivale qui durera 10 mois, coïncidant avec le passage de la comète au plus près du Soleil. Sous l’effet du rayonnement intense, les chercheurs estiment que la zone pourrait perdre jusqu’à 20 mètres d’épaisseur.

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Développement du cerveau : un nutriment essentiel dans la viande


Il semble que l’absorption d’un acide animé serait indispensable au développement du cerveau, mais elle se trouve dans la viande.
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Développement du cerveau : un nutriment essentiel dans la viande

 

De la viande de boeuf 

Photo :  iStockphoto

Un acide aminé présent dans la viande est indispensable au développement normal du cerveau, ont découvert des chercheurs québécois de l’Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine.

Jusqu’à aujourd’hui, l’asparagine contenue aussi dans les œufs et les produits laitiers était considérée comme non essentielle puisqu’elle est produite naturellement par le corps.

C’était avant les travaux du Pr Jacques Michaud et ses collègues.

« Les cellules du corps peuvent s’en passer, car elles utilisent l’asparagine fournie par l’alimentation. L’asparagine n’est toutefois pas bien transportée par la barrière hémato-encéphalique dans le cerveau. »— Pr Jacques Michaud

Ainsi, les cellules cérébrales dépendent de la synthèse locale de l’asparagine pour leur fonctionnement.

Ces images illustrent le cerveau d'un enfant touché par l'anomalie qui décédera par la suite.Ces images illustrent le cerveau d’un enfant touché par l’anomalie qui mourra par la suite. Photo :  Université de Montréal

Une maladie génétique rare

En 2009, une famille québécoise a perdu un troisième enfant en raison de la même maladie qui cause microcéphalie congénitale, déficience intellectuelle, atrophie cérébrale et convulsions réfractaires.

L’étude de ces cas a permis aux chercheurs de découvrir l’anomalie génétique responsable de ce désordre du développement.

Concrètement, leurs travaux ont révélé qu’un certain gène touché par des mutations code pour l’asparagine synthétase, l’enzyme responsable de la synthèse d’un acide aminé nommé « asparagine ».

Cette recherche est la première à associer une variante génétique spécifique du déficit de cette enzyme.

« Chez les sujets en santé, il semble que le niveau d’asparagine synthétase dans le cerveau est suffisant pour alimenter les neurones. Chez les individus qui en manquent, l’enzyme n’est pas produite en quantité suffisante et ce déficit en asparagine altère la prolifération et la survie des cellules durant le développement du cerveau. » Pr Jacques Michaud

Vers un traitement

Les nouvelles connaissances sur les mutations du gène pourront mener à la création de traitements. Cette meilleure compréhension des mécanismes moléculaires impliqués dans le développement du cerveau est un pas important pour la mise au point de médicaments, affirment les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Neuron.

Ainsi, un supplément d’asparagine pourrait être donné aux nourrissons chez qui on a décelé la maladie afin d’assurer un développement normal du cerveau.

Toutefois, comme les enfants naissent déjà avec des anomalies neurologiques, il n’est pas certain que cette supplémentation corrigerait les déficits neurologiques.

http://www.radio-canada.ca