De nouvelles malédictions apparaissent au fil des découvertes dans le tombeau de Toutânkhamon


L’Égypte est riche en découverte archéologique. Bien des trésors ont pu passer au travers des siècles, mais le pourront-ils encore pour des générations avenir ?
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De nouvelles malédictions apparaissent au fil des découvertes dans le tombeau de Toutânkhamon

Une scène du mur nord de la chambre funéraire de Toutânkhamon montre des taches brunes sur les peintures qui auraient pu apparaître au moment où la tombe, peinte à la hâte, a été scellée, emprisonnant ainsi l’humidité.

PHOTOGRAPHIE DE AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE J. PAUL GETTY TRUST

De Michelle Z. Donahue

Des tâches brunes à la poussière, les archéologues ont résolu certains des mystères qui entouraient le monument funéraire vieux de 3 300 ans… tout en découvrant de nouveaux.

Lorsque Howard Carter découvrit la tombe de Toutânkhamon en 1922, il entreprit une série de découvertes qui captivèrent l’imagination du monde entier et marqua le début d’une histoire d’amour durable entre le public et la célèbre chambre funéraire aux couleurs vives vieille de 3 300 ans, renfermant la dépouille de l’enfant roi, celle de sa mère et une multitude de trésors. Moins d’un siècle plus tard, une équipe de scientifiques a achevé le plus important examen du tombeau : un projet d’une dizaine d’années d’études minutieuses qui a permis de résoudre certains mystères mais qui a également soulevé de nouvelles questions sur le devenir de certains monuments antiques.

Un symposium organisé cette semaine à Louxor détaille les résultats globaux du projet, entrepris conjointement par le ministère égyptien des Antiquités et le Getty Conservation Institute, basé à Los Angeles. Les travaux menés sur le tombeau de 102 m², exécutés par une douzaine de personnes à la fois, ont commencé en 2009 et devaient à l’origine s’achever en 2014. Mais le projet a été retardé par les révolutions du printemps arabe en 2011 et les troubles qui ont suivi en Égypte en 2013.

« Tous ceux qui se rendent dans la Vallée des rois veulent se rendre au tombeau de Toutânkhamon », explique Neville Agnew, scientifique et restaurateur principal du projet Getty, chargé de la planification du projet. Une documentation détaillée, un diagnostic et un pronostic sur l’état du tombeau ont été nécessaires pour penser l’avenir du site : « Que se passera-t-il si nous ne faisons rien ? Nous nous sommes intéressés à tout le spectre des activités, passées, présentes et futures, et à la façon de les aborder de manière globale ».

DE MYSTÉRIEUSES TACHES BRUNES

Les taches brunes sont omniprésentes sur les peintures murales qui agrémentent le tombeau. Présentes lorsque Carter a découvert la chambre funéraire, et documentées de manière exhaustive sur des photographies de l’époque, ces « mystérieuses taches » ont longtemps été sources de curiosité et d’inquiétude. De quoi sont-elles exactement composées ? Et plus important encore, prolifèrent-elles ?

Une étude des taches a révélé de fortes concentrations d’acide malique, un sous-produit métabolique de certains champignons et bactéries, ce qui confirmait que les taches étaient d’origine microbienne. L’analyse ADN d’échantillons prélevés sur les murs du tombeau a révélé l’existence d’organismes modernes, notamment Bacillus et Kocuria, mais l’imagerie au microscope électronique des taches n’a révélé aucun reste des organismes d’origine qui les avait créées. Pour les chercheurs, comme Toutânkhamon est décédé subitement, la préparation de son tombeau a probablement été faite dans l’urgence, et les murs fraîchement enduits et peints auraient été encore suffisamment humides pour que des microbes se développent dans l’atmosphère sombre et chaude du tombeau, une fois celui-ci scellé. Les archéologues peuvent toutefois affirmer avec certitude que les taches ont arrêté de se développer il y a très longtemps – un fait confirmé par la comparaison de photographies prises immédiatement après l’ouverture du tombeau et les photos les plus récentes.

Comme ils sont considérés comme faisant partie intégrante de l’histoire du tombeau, ces mystérieuses taches ne seront ni peintes ni supprimées, explique Agnew. Il n’en n’a pas toujours été ainsi : lors de précédentes études, les taches avaient été échantillonnées et traitées avec des biocides, lorsque l’on pensait qu’elles pouvaient se propager.

UNE POUSSIÈRE OMNIPRÉSENTE

L’un des problèmes les plus épineux dans le tombeau est la présence constante de poussière. Fine et sèche, la poussière du désert déplacée par environ 500 à 1 000 visiteurs quotidiens s’accroche à toutes les surfaces du tombeau et devient encore plus tenace puisqu’elle absorbe l’humidité produite par la respiration humaine.

Les gardes avaient beau nettoyer le sarcophage recouvert de verre qui se trouve maintenant au centre de la chambre funéraire de Toutânkhamon, il n’existait aucun moyen d’enlever sans dommage les fins voiles de poussière qui s’accumulaient sur les peintures fragiles du tombeau.

Ainsi, alors que les restaurateurs réalisaient l’étude minutieuse et le nettoyage des peintures murales, ils ont également élaboré un plan à long terme pour s’attaquer au problème de la poussière en installant un système sophistiqué de filtration de l’air et de ventilation qui non seulement repousse le fléau poussiéreux hors de l’environnement du tombeau, mais empêche également l’accumulation excessive de particules. Le renouvellement d’air régulier a permis de stabiliser la température et le taux d’humidité à l’intérieur du tombeau, qui pouvaient auparavant énormément fluctuer.

C’est quand les conservateurs du tombeau ont entamé les travaux pour installer le système d’aération qu’ils ont découvert de nouveaux sorts placés pour protéger ses occupants. Parmi des tas de peluches et d’extraits de détritus, des bouts de papier demandant la bénédiction de Toutânkhamon ou d’autres au contraire promettant des punitions divines aux importuns.

DE FUTURS DANGERS

Bien que l’inspection la plus approfondie du tombeau de Toutânkhamon de l’histoire moderne soit terminée, son avenir reste encore incertain.

L’impact à long terme de la poussière reste un mystère. Constituée principalement de calcium, de magnésium, d’aluminium et de phosphore, on ignore comment la poussière peut interagir chimiquement avec les minéraux naturels contenus dans les peintures et les pigments des murs du tombeau sur une plus longue période.

Dimanche 26 novembre 1922, était pour Carter, « le jour le plus merveilleux que j'ai jamais …

Les inondations de plus en plus fréquentes liées au changement climatique sont une autre préoccupation et n’ont pas encore été prises en compte, toujours selon M. Agnew. Bien que le tombeau de Toutânkhamon soit à l’abri des inondations directes, il est fait de la même roche poreuse et argileuse que tous ses voisins de la Vallée des rois. Si les tombeaux adjacents sont inondés, de la vapeur d’eau pourrait s’infiltrer et « déchiqueter » les murs en plâtre et les peintures qui les recouvrent, explique Lori Wong, la principale conservatrice des peintures du projet Getty.

Le tourisme reste la plus grande menace immédiate pour le tombeau. Malgré l’existence d’une réplique de haute qualité et ultra détaillée à un kilomètre de distance, on ne sait pas si le gouvernement égyptien limitera finalement l’accès du public à la tombe originale (et réduira donc les revenus garantis). La France a constaté que le fait de limiter le nombre de visiteurs sur les sites d’art rupestre préhistoriques des grottes de Lascaux et Chauvet et de les rediriger vers des répliques n’avait pas altéré l’intérêt du public pour les monuments. Une réplique relativement récente à Lascaux a d’ailleurs attiré environ 260 000 visiteurs en 2017.

« Nous connaissons l’impact humain sur notre patrimoine », explique Pascal Terrasse, président du Grand projet du Pont d’Arc, une réplique de la grotte Chauvet qui attire plus de 2 000 visiteurs par jour. « Lorsque de nouvelles technologies se présentent pour mieux protéger le patrimoine, les gestionnaires des œuvres historiques doivent saisir cette opportunité. Nous avons réalisé la plus grande fausse grotte au monde grâce aux techniques numériques, ce qui nous a permis d’obtenir un rendu très réaliste. »

À tout le moins, Agnew espère que la somme des récents travaux de conservation dans le tombeau de Toutânkhamon permettra de mieux faire comprendre son importance à tous ceux qui le visiteront à l’avenir.

« Il convient de rappeler que la visite d’un tombeau doit être empreinte d’humilité et d’intérêt », conclut Agnew. « [Ce n’est pas] un spectacle ; [c’est] un tombeau royal, et nous devons l’approcher avec révérence. C’est une chose difficile à faire en cette ère de tourisme de masse. »

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Un tombeau de 4.500 ans découvert près des pyramides de Gizeh


La terre d’Égypte dévoile encore une fois un nouveau tombeau datant 4 500 ans. Il aurait en plus été réutilisé plus tard pour d’autres sarcophages.
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Un tombeau de 4.500 ans découvert près des pyramides de Gizeh


Le tombeau datant de 4.500 ans se trouve à proximité des pyramides de Gizeh, dans la partie sud-est du plateau du même nom. La découverte revêt un intérêt particulier car elle jouxte les tombes des bâtisseurs des pyramides, d'après l'égyptologue Zahi Hawass. © Egyptian Ministry of Antiquities

Le tombeau datant de 4.500 ans se trouve à proximité des pyramides de Gizeh, dans la partie sud-est du plateau du même nom. La découverte revêt un intérêt particulier car elle jouxte les tombes des bâtisseurs des pyramides, d’après l’égyptologue Zahi Hawass. © Egyptian Ministry of Antiquities

Floriane Boyer


Rédactrice


Un nouveau tombeau datant de l’Ancien Empire égyptien, soit de 4.500 ans approximativement, a été mis au jour dans la partie sud-est du plateau de Gizeh portant les célèbres pyramides, a annoncé le Ministère des Antiquités égyptiennes dans un communiqué.

Selon les archéologues, menés par Mostafa Waziri, qui ont exhumé ces vestiges, le site comprend plusieurs tombes. La plus ancienne, une tombe faite de calcaire et datant de la Vème Dynastie (- 2.500 à – 2.300 av. J.-C.), est le lieu de repos de deux personnages appelés Benhui-Ka et Nwi.

Tombeau en calcaire datant de la Vème Dynastie, soit d'il y a environ 4.500 ans. Les inscriptions apportent des détails sur les deux personnages qui gisent là : Benhui-Ka et Nwi. © Egyptian Ministry of Antiquities

Tombeau en calcaire datant de la Vème Dynastie, soit d’il y a environ 4.500 ans. Les inscriptions apportent des détails sur les deux personnages qui gisent là : Benhui-Ka et Nwi. © Egyptian Ministry of Antiquities

Le premier des deux occupants de la tombe portait sept titres, dont le Prêtre, le Juge ou encore le Purificateur des pharaons Khafrê (ou Khéphren, qui a fait construire la pyramide à son nom), Ouserkaf (fondateur de la Vème Dynastie) et Niouserrê (sixième souverain de cette dynastie). Le second portait cinq titres, dont ceux de Chef du grand État, de Contremaître des nouvelles installations et de Purificateur du pharaon Khafrê. La tombe contenait de « nombreux artefacts », dont des statues en calcaire d’un des deux hommes enterrés là, de sa femme et de son fils.

Sarcophages des occupants de la tombe en calcaire datant de 4.500 ans : Benhui-Ka et Nwi. © Egyptian Ministry of Antiquities

Sarcophages des occupants de la tombe en calcaire datant de 4.500 ans : Benhui-Ka et Nwi. © Egyptian Ministry of Antiquities

D’après le directeur général du plateau de Gizeh, Ashraf Mohi, le tombeau a été « amplement réutilisé » durant la Basse époque égyptienne, c’est-à-dire à partir du 7ème siècle avant J.-C. D’où la présence de sarcophages en bois peints et sculptés, dont certains portent une ligne d’inscriptions hiéroglyphiques sur le couvercle, ainsi que de masques funéraires en bois et en argile, datant de cette période.

Le tombeau contenait également des sarcophages en bois colorés datant de la Basse époque égyptienne. © Egyptian Ministry of Antiquities

Le tombeau contenait également des sarcophages en bois colorés datant de la Basse époque égyptienne. © Egyptian Ministry of Antiquities

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Un sarcophage en bois peint découvert dans un tombeau datant de l'Ancien Empire situé à proximité des pyramides de Gizeh. © Egyptian Ministry of Antiquities

Un sarcophage en bois peint découvert dans un tombeau datant de l’Ancien Empire situé à proximité des pyramides de Gizeh. © Egyptian Ministry of Antiquities

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Deux momies parfaitement préservées découvertes dans un tombeau vieux de 3500 ans


L’Égypte accentue sur les découvertes en 2018, la Vallée des rois n’est pas en reste. Des sarcophage à l’intérieur des nécropoles contenant des momies bien conservées
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Deux momies parfaitement préservées découvertes dans un tombeau vieux de 3500 ans

 

Crédits : ministère égyptien des Antiquités

par  Laura Boudoux

 

Ces archéologues français ont fait une découverte incroyable dans la Vallée des rois, en Egypte. À l’intérieur de la nécropole d’El-Assasif, à Louxor, deux cercueils en bois en parfait état ont été retrouvés, renfermant toujours leurs momies. 

« L’un des sarcophages est de style rishi, qui remonte à la dix-septième dynastie, tandis que l’autre sarcophage appartient à la dix-huitième dynastie », a déclaré le ministre des Antiquités, Khaled Al Anani.

Le plus ancien des deux pourrait donc dater de 1580 avant J.C. et les scientifiques n’ont pas encore déterminé qui était en son sein, révèle The Guardian.

Crédits : ministère égyptien des Antiquités

Ces découvertes ont été faites par une équipe de Français, le 12 novembre 2018. Douze jours plus tard, les scientifiques ont, pour la première fois de l’histoire, ouvert devant des médias du monde entier un sarcophage qui n’avait jamais été descellé. Ils ont alors pu identifier l’une des momies, qui appartient à une femme nommée Pouyou, a annoncé l’université de Strasbourg.

Crédits : ministère égyptien des Antiquités

Depuis début 2018, l’Egypte a fait des fouilles archéologiques l’une de ses priorités. En association avec des chercheurs du monde entier, le pays a enregistré des dizaines de découvertes, qui permettent non seulement de mieux appréhender cette période de l’histoire, mais aussi d’améliorer son image, pour attirer l’intérêt des touristes. Autrefois très prisée des voyageurs, l’Egypte peine à apparaître comme une destination sûre, depuis le soulèvement politique de 2011.

Sources : The Guardian / Université de Strasbourg

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Cette momie aux tatouages étranges serait une puissante sorcière vieille de 3000 ans


Une momie dont on a enlevé la tête, les mains ainsi que les jambes .. Elle présente des tatouages spéciaux qui laisse a pensée qu’elle était considérée une sorcière, ou une magicienne dans l’Égypte ancienne.
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Cette momie aux tatouages étranges serait une puissante sorcière vieille de 3000 ans

 

par  Laura Boudoux

 

Sur la peau de cette momie se distinguent encore une trentaine de mystérieux tatouages. Retrouvé en 2014 dans un tombeau de Louxor, en Égypte, ce corps a mis du temps à livrer ses secrets.

Mais le 18 octobre 2018, les scientifiques ont annoncé que leurs recherches avaient payé et qu’ils en savaient plus sur cette mystérieuse femme, qui a « probablement vécu entre 1 300 et 1 070 av. J.-C. et qui est morte entre 25 et 34 ans ».

 D’après Mustafa el-Waziri, secrétaire général au conseil suprême des antiquités d’Égypte, les tatouages présents sur ses épaules, son cou, son dos et ses bras montrent que « la momie appartient à une femme qui jouissait d’un statut religieux important tout au long de sa vie ».

Son corps a été délesté de ses mains, de ses jambes, de sa tête ainsi que de son pelvis. Cette étrange inhumation, associée aux tatouages complexes, peuvent être le signe qu’elle a été utilisée pour un rituel divin, ou relevant de la sorcellerie. Sur sa peau, les dessins représentent des taureaux, des moutons, des babouins, des fleurs de lotus et l’œil d’Horus, qui symbolise la victoire du bien sur le mal, la santé et la protection.

« Quel que soit l’angle sous lequel vous regardez cette femme, vous voyez deux yeux divins vous regarder », a révélé l’archéologue Anne Austin, de l’université Stanford, lors d’une conférence tenue en 2016.

Il pourrait ainsi s’agir de la dépouille d’une puissante magicienne.

C’est la première fois qu’un squelette aussi vieux présente des tatouages figuratifs.

« Ceux qui ont été retrouvés jusqu’à présent sur d’autres momies de l’Égypte ancienne présentent de simples dessins, qui se traduisent par des points ou de petites lignes, mais jamais de scènes ou de figures comme celles que nous trouvons ici », a expliqué Mustafa el-Waziri.

Les plus anciens tatouages de l’Égypte antique ont été datés à 5 000 av. J.-C.

Sources : International News

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Une « bande dessinée » datant de l’époque romaine trouvée dans un tombeau en Jordanie


Une découverte hors du commun dans un tombeau d’époque romaine en Jordanie. Sur les murs plus de 200 personnages ainsi que plusieurs bulles comme dans les bandes dessinées pour raconter l’histoire de la fondation d’une cité antique
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Une « bande dessinée » datant de l’époque romaine trouvée dans un tombeau en Jordanie

 

Deux tailleurs de pierre à l’œuvre, accompagnés de petits textes. Ces inscriptions font toute l’originalité de la riche iconographie de ce tombeau car elles semblent jouer le même rôle que les bulles dans les bandes dessinées. © CNRS, Hisoma

Deux tailleurs de pierre à l’œuvre, accompagnés de petits textes. Ces inscriptions font toute l’originalité de la riche iconographie de ce tombeau car elles semblent jouer le même rôle que les bulles dans les bandes dessinées. © CNRS, Hisoma

 

    Dans un tombeau datant de l’Antiquité romaine exhumée en Jordanie, de somptueuses peintures murales content les aventures de centaines de personnages. Elles ressemblent étrangement à une bande dessinée qui, d’après les archéologues, raconterait le mythe de la fondation de l’ancienne cité de Capitolias.

    Dieux et humains, accompagnés d’animaux, se bousculent sur les murs peints d’un antique tombeau exhumé en Jordanie, dans la ville de Bayt Ras. La prudence et le secret entourent ce site exceptionnel, découvert par hasard en 2016 lors de travaux de voirie. Depuis, une équipe internationale d’archéologistes, dont font partie des chercheurs du laboratoire d’Histoire et sources des mondes antiques (Hisoma), a été chargée des fouilles par le Département des antiquités de Jordanie. Ils ont la tâche passionnante d’interpréter les illustrations présentes dans ce tombeau.

    Extrêmement bien préservé, le tombeau de 52 m² abrite deux chambres funéraires et un très grand sarcophage en basalte. Les illustrations, recouvrant les murs et le plafond de la salle principale, abordent toutes sortes de thématiques, allant des scènes champêtres les plus banales – des paysans labourant la terre ou cueillant des fruits – à celles, plus frappantes, représentant des divinités. Elles évoquent des activités de la vie quotidienne et la mythologie de la cité, Capitolias, qui s’élevait là à l’époque.

    Le saviez-vous ?

    Ville grecque dans l’Empire romain d’Orient, Capitolias a été fondée à la fin du Ier siècle de notre ère. Elle faisait partie d’une région appelée Décapole regroupant une dizaine de cités aux alentours. Elle constituait un pôle commercial et culturel important.

    Ainsi, une peinture tout à fait hors du commun dans l’iconographie gréco-romaine fait figurer des bûcherons coupant des arbres avec l’aide des dieux. Dans une autre scène, ces derniers en plein banquet savourent les offrandes apportées par les mortels. La peinture centrale montre un sacrifice en leur honneur. Mentionnons encore une grande illustration consacrée à l’édification d’une muraille, un médaillon présentant les signes du zodiaque et les planètes autour d’un quadrige (un char antique), ainsi que des illustrations du Nil et du monde aquatique.

    Dans un communiqué de presse, les archéologues précisent que l’iconographie du tombeau est extraordinaire en raison, d’une part, de la profusion de personnages : ils sont 260, humains et dieux confondus.

    « Des personnages faisant penser à des architectes ou à des contremaîtres côtoient des ouvriers […], des tailleurs de pierre ou des maçons qui montent des murs », énumère Julien Aliquot, chercheur au laboratoire Hisoma, dans des propos rapportés par le CNRS. « Ce fourmillement de personnages compose un récit qui s’ordonne de part et d’autre du tableau central; ce dernier représentant un sacrifice offert par un officiant aux divinités tutélaires de Capitolias », explique -t-il.

D’autre part, la seconde particularité du tombeau réside dans les inscriptions accompagnant les dessins. Dans la scène montrant l’édification d’une muraille, une soixantaine de textes flottent en effet aux côtés des personnages, expliquant leurs actions de manière parfois amusante. L’un déclare par exemple « Je casse une pierre », tandis qu’un autre s’exclame « Hélas pour moi ! Je suis mort ! ».

Écrits en araméen, la langue locale, tout en utilisant l’alphabet grec, « [ces] inscriptions s’apparentent à des bulles de bande dessinée, parce qu’elles décrivent les actions des personnages, qui parlent en expliquant ce qu’ils sont en train de faire. Ce qui est, là encore, exceptionnel », souligne Jean-Baptiste Yon, chercheur à Hisoma.

Une iconographie rarissime illustrant l’histoire de la cité

D’après les archéologues, les diverses scènes mentionnées précédemment relateraient les différentes étapes du mythe de la fondation de la cité de Capitolias : consultation des dieux lors d’un banquet pour décider de la localisation, défrichage du terrain où sera érigée la cité, construction d’une muraille, et pour finir, remerciements aux dieux après la fondation de la cité. Ce thème, rarissime dans l’iconographie antique, constitue la troisième et dernière particularité de ce tombeau.

Cette vidéo présente la découverte du tombeau. Elle est en anglais. © Usaid Schep, Youtube

Les archéologues estiment même pouvoir répondre à une question qui brûle certainement toutes les lèvres : qui gît dans le sarcophage ? 

« Selon notre interprétation, le personnage enseveli dans le tombeau a toutes les chances d’être […] le fondateur de la cité », déclare dans le communiqué du CNRS, Pierre-Louis Gatier, l’un des chercheurs du laboratoire Hisoma ayant participé aux fouilles. Le site a d’ailleurs été surnommé le « Tombeau du fondateur ».

L’étude de ce tombeau exceptionnel est toujours en cours et permettra peut-être aux archéologues d’identifier avec certitude la personne qui y est enterrée.

« Son nom n’est pas encore connu », précise Pierre-Louis Gatier, « mais il pourrait être gravé sur le linteau de la porte qui reste à dégager ».

Les résultats des fouilles devraient être dévoilés en janvier 2019, à l’occasion du 14eCongrès international d’histoire et d’archéologie de Jordanie.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Une iconographie d’une richesse exceptionnelle a été découverte dans un tombeau d’époque romaine mis au jour en Jordanie.
  • Les peintures murales de ce tombeau sont hors du commun car elles mettent en scène plus de de 200 personnages, dont certains sont accompagnés de petits textes descriptifs, écrits en araméen, similaires à des bulles de bande dessinée. En outre, toutes ces illustrations semblent raconter l’histoire de la fondation d’une cité antique appelée Capitolias.

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Il y a 3 000 ans, un cheval de haut rang était enterré dans la vallée du Nil


Dans la vallée du Nil, un tombeau comprenant 4 chambres ayant des restes humains de plusieurs générations. Ils ont aussi découvert une jugement enterré il y a plus de 3 000 ans. Tout laisse à croire que ce cheval a eu un enterrement digne d’un dignitaire. Elle était probablement un cheval de char, mais vue l’âge, le propriétaire l’a très bien soignée.
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Il y a 3 000 ans, un cheval de haut rang était enterré dans la vallée du Nil

 

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Crédits : Schrader et al./Antiquity Journal, doi.org/10.15184/aqy.2017.239

par Brice Louvet

Il y a plus de 3 000 ans dans la vallée du Nil, un corps était soigneusement préparé pour un enterrement cérémoniel, enveloppé dans un linceul, placé dans une tombe et entouré d’objets importants, signes d’un statut de haut rang. Ce corps, c’était celui d’une jument.

La dépouille fut découverte en 2011 à Tombos, dans la vallée du Nil, dans l’actuel Soudan, considérée peu après 1 500 avant J.-C. comme une importante communauté nubienne, fraîchement retirée de la domination égyptienne. De nombreux artefacts ont été mis à jour à Tombos, dont un complexe de tombes, une chapelle, une pyramide, et un puits menant à plusieurs chambres souterraines — de véritables tombeaux « d’élite », peut-on lire dans une étude publiée dans le Antiquity Journal. Les quatre chambres funéraires contenaient notamment des restes humains d’environ 200 personnes représentant plusieurs générations, ainsi que de la poterie, des outils et des objets décoratifs.

Cependant, le tombeau ne contenait que très peu de restes d’animaux, excepté un cheval, retrouvé enterré à 1,5 mètre de profondeur sous la chapelle.

Une « mise en bière » qui surprit Michelle Buzon, du Département d’Anthropologie de l’Université Purdue, et co-auteure de l’étude : « Il était clair que le cheval fut enterré de manière intentionnelle. C’est fascinant », explique-t-elle.

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La dépouille de la jument découverte en 2011 à Tombos, dans la vallée du Nil

Des morceaux de fourrure marron avec des marques blanches s’accrochaient encore aux pattes postérieures de l’animal. Les chercheurs ont également retrouvé les restes pourris d’un linceul permettant de dater l’enterrement à entre 1 005 et 893 avant J.-C., peut-on lire. Autour du squelette se trouvaient d’autres artefacts, y compris un scarabée sculpté et un morceau de fer — probablement une partie du harnais placé sur la tête du cheval permettant de le diriger.

Après avoir examiné les dents et les os de l’animal, les scientifiques ont déterminé qu’il s’agissait d’une jument morte entre l’âge de 12 et 15 ans. Une analyse plus approfondie du squelette a également montré qu’elle avait mené une vie active, des signes de stress dans ses côtes et sa colonne vertébrale laissant entendre qu’elle tirait probablement un char. Cependant, l’âge de son décès indique que l’animal était soigné et apprécié par son propriétaire, selon les auteurs de l’étude.

Une telle sépulture suggère que l’animal a probablement joué un rôle important dans la maison de son propriétaire et était plus qu’une simple bête de somme, tandis que la bride de fer trouvée dans la tombe — un objet rare et coûteux qui aurait été fabriqué spécifiquement pour le cheval — aide encore à établir son statut élevé, selon l’étude.

Alors que les sépultures formelles pour les chevaux étaient rares à l’époque, elles devinrent plus courantes dans la société nubienne et égyptienne vers 728-657 avant J.-C.. Mais l’attention portée aux détails de cet enterrement suggère que les chevaux étaient déjà à l’époque considérés comme des symboles de richesse et de pouvoir pour le peuple nubien. Ils pourraient avoir joué un rôle plus important dans la culture nubienne que ce qui a été précédemment suspecté.

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