« Star wars » chez les Mayas : qu’étaient les guerres des étoiles ?


Les archéologues ont trouvé grâce aux glyphes des liens entre les guerres des Mayas les planètes surtout Vénus, qui était synonyme du Dieu de la guerre. Ils savent qu’ils n’y avait pas de conflits lors de la saison des récoltes, mais il y en avait pendant la période de sécheresse.
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« Star wars » chez les Mayas : qu’étaient les guerres des étoiles ?


guerres etoiles maya

Thomas Boisson

Bien que de l’avis général des historiens, les Mayas étaient un peuple pacifique, les découvertes archéologiques ont révélé qu’ils semblaient se livrer à d’importants conflits meurtriers internes, entre différentes entités politiques, dans le but d’asseoir une nouvelle autorité politique pour la partie gagnante.

Ces conflits sont désignés par les Maya via des glyphes très particulières représentant des étoiles, car corrélés le plus souvent à des phénomènes astronomiques. Ces guerres intestines ont été baptisées « guerres des étoiles » (star wars) par l’archéologue-linguiste américaine Linda Schele.

Durant le premier millénaire apr. J.-C., la civilisation Maya a été le siège de nombreux conflits. Le langage Maya place ces guerres dans quatre catégories et assigne à chacune une glyphe (symbole) spécifique. La plus importante de ces catégories est désignée par une glyphe étoilée et correspond à des conflits internes particulièrement meurtriers impliquant des partis politiques, combattant pour installer une nouvelle dynastie, asseoir sa domination sur un autre parti ou revendiquer son indépendance.

Pour le parti perdant, les conséquences pouvaient être extrêmement désastreuses. Le 29 avril 562 — date de la première guerre des étoiles selon les traces retrouvées — le conflit a opposé les cités politiques de Caracol et Tikal. Pour cette dernière, la perte de la guerre a entraîné une sombre période de 120 ans : déclin de la population, cessation de l’érection de bâtiments et destruction partielle de la Grande Place. De la même manière, la perte de Naranjo face à Calakmul en 631, a entraîné la torture à mort de son souverain, qui a ensuite été mangé.

glyphes etoiles maya

Deux glyphes de la catégorie « guerres des étoiles ». À gauche, une glyphe de la colonnade hiéroglyphique de Naranjo (613 apr. J.-C.). À droite, une glyphe du Monument 6 de Tortuguero (669 apr. J.-C.). Crédits : Robertson, Elizabeth C

Les glyphes représentent une étoile surplombant la Terre et déversant des gouttes dessus, ou bien alors une étoile au-dessus d’une coquille. Ces glyphes correspondent à un verbe, mais sa phonétique et sa signification exacte sont encore inconnues. Pour les astroarchéologues spécialistes de la civilisation Maya, l’étoile est utilisée car les chercheurs ont découvert que la majorité des guerres des étoiles étaient corrélées à des événements astronomiques.

Notamment impliquant la planète Vénus (visible le matin ou le soir). Pour les civilisations Mésoaméricaines, Vénus représente le dieu de la guerre (l’équivalent de Mars pour les romains ou Arès pour les grecs), nommé Chak Ek’, signifiant « Grande Étoile ». Le Codex de Dresde, le codex astronomique des Maya, comporte des tables de calcul pour déterminer la position et la trajectoire de Vénus.

codex dresde venus

Dans le Codex de Dresde, le codex Maya astronomique, la planète Vénus est personnifiée par le dieu de la guerre, tenant deux grandes lances et empalant ses victimes en passant au-dessus de leur tête. Crédits : Saxon State Library

Ainsi, 70% des dates d’apparition des guerres des étoiles correspondent aux phases nocturnes de Vénus, tandis que 84% d’entre elles sont corrélées à la première apparition visible de la planète en soirée. Bien que le lien exact entre les guerres des étoiles et Vénus soit encore flou, les archéologues pensent qu’au regard de la signification guerrière conférée à la planète par les Mayas, l’apparition de celle-ci était vue comme un présage militaire encourageant les guerriers à se lancer au combat.

En outre, les guerres des étoiles semblaient suivre une sorte de planning saisonnier, ayant majoritairement lieu entre novembre et janvier (période de sécheresse), et aucune entre septembre et octobre (période de récolte). Quelques dates (notamment à Tikal) correspondent également à la survenue d’éclipses solaires. Enfin, un nombre non négligeable de conflits semblent corrélés aux périodes rétrogrades de Mars, Jupiter et Saturne, impliquant un lien (encore inconnu) avec d’autres planètes que Vénus.

https://trustmyscience.com/

Quand le monde perdu des mayas surgit de la jungle grâce au LIDAR !


LIDAR est une télédétection par laser, cette technologie permet de voir par exemple dans une jeune des structures cachées par le temps. C’est ainsi que LIDAR a pu révéler de nombreuses fortifications mayas. Cette découverte laisse à penser que les Mayas ont été en guerre pendant de longues périodes.
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Quand le monde perdu des mayas surgit de la jungle grâce au LIDAR !

 

Maya-Opener

À Tikal, au Guatemala, seuls les sommets de monuments s’élèvent au-dessus de la forêt. Mais les analyses au lidar révèlent un paysage complexe sous le feuillage.

En haut: Matthias Kestel / Shutterstock. En bas: Francisco Estrada-Belli / PACUNAM

par Yohan Demeure, rédacteur scientifique

La télédétection par laser (LIDAR) a été l’élément déterminant dans les découvertes faites au Guatemala durant les trois dernières années. De nombreuses anciennes fortifications ont été mises à jour, et celles-ci auraient une importante signification.

Preuves de la guerre

Dans un communiqué publié le 27 septembre 2018, l’archéologue Stephen Houston de la Brown University (États-Unis) a déclaré que les fortifications mayas découvertes au Guatemala traduisaient un « sentiment de peur palpable ». En effet, la télédétection par laser a révélé des tours de guet de 6 mètres de hauteur, de hauts murs, des douves ou encore des monticules de pierres rondes (projectiles).

L’intéressé, qui travaille sur le site depuis 2016, a affirmé que cette forteresse baptisée La Cuernavilla – située entre les villes mayas d’El Zotz et de Tikal – représentait le système défensif le plus impressionnant observé dans la région. Il pourrait peut-être même s’agir ici de la plus imposante forteresse de toute l’Amérique ancienne.

LiDAR supprime numériquement la forêt pour révéler des ruines anciennes, montrant que les villes mayas telles que Tikal étaient beaucoup plus vastes que ne le suggéraient les recherches au sol.

PHOTOGRAPHIE DE WILD BLUE MEDIA/NATIONAL GEOGRAPHIC

Une guerre à grande échelle

Rappelons que la civilisation maya, connue pour avoir dompté la jungle et avoir bâti des villes prospères a décliné avant de disparaître, permettant à la Nature de reprendre ses droits. Stephen Houston estime que les historiens ont peut-être trop romancé la guerre maya, et concentré celle-ci vers la fin de la civilisation.

Or selon l’intéressé, une guerre de grande ampleur a été menée, et ce au fil des siècles. L’archéologue a indiqué que le paysage de cette forteresse inspirait un sentiment de peur, tant les dirigeants mayas semblaient préoccupés par les investissements concernant la défense.

Le LIDAR, technologie déterminante

Ces découvertes ont été faites via la télédétection par laser (LIDAR), technique de mesure à distance basée sur l’analyse des propriétés d’un faisceau de lumière renvoyé vers son émetteur. À la différence du radar qui emploie des ondes radio – ou du sonar qui utilise des ondes acoustiques – le LIDAR utilise de la lumière du spectre visible, infrarouge ou encore ultraviolet. Il s’agit d’une technologie de plus en plus populaire en archéologie ainsi que dans d’autres disciplines.

En février 2018, le LIDAR a permis de retrouver pas moins de 60 000 structures dans le Parc national de Tikal via la Pacunam Lidar Initiative. Cette action avait pris la forme d’un important scan aérien des 2 100 kilomètres carrés de la réserve de biosphère maya du nord du Guatemala.

Sources : National GeographicDiscover Magazine

https://sciencepost.fr/

Découverte inédite d’une sépulture dans la "Pompéi" maya au Salvador


Au Salvador, eux aussi ont un Pompéi, mais pour la civilisation maya. Des sépultures ont été conservé dans la cendre volcanique et donnant aussi des informations sur le mode vie de ces mayas
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Découverte inédite d’une sépulture dans la « Pompéi » maya au Salvador

© DR.

Une sépulture, la première du genre, a été découverte dans la « Pompéi maya » à Joya de Ceren (Salvador), une ville ensevelie par une éruption volcanique il y a plus de 1.400 ans, a annoncé jeudi le ministre salvadorie de la culture.

Des ossements humains, en mauvais état, ont été découverts début novembre, enterrés avec un couteau d’obsidienne, dans ce site archéologique classé au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco et situé à environ 35 km au nord de la capitale San Salvador.

La personne enterrée « habitait sans doute la ville mais n’a pas été tuée par l’éruption » du volcan Loma Caldera, selon l’archéologue Michelle Toledo.

« Nous pensons que cette sépulture date de l’époque classique tardive (600-900 ans ap. JC) car il y a dans la fosse de la TBJ », de la terre blanche jeune, issue de l’éruption de 535 ap. JC, a indiqué l’archéologue.

Cette éruption cataclysmique du volcan Loma Caldera a détruit les localités maya alentour et est à l’origine de la formation du lac d’Ilopango, d’une superficie d’un peu plus de 50 km2.

C’est la première fois, en plus de 40 ans de fouilles, qu’une sépulture est découverte sur le site.

« Les excavations vont être étendues » jusqu’en décembre autour du lieu de la découverte, a indiqué Mme Toledo.

L’ensevelissement de Joya de Ceren par les cendres de l’éruption a permis de conserver les structures de la ville et de connaître le mode de vie dans la localité maya, notamment les rites, l’agriculture, le commerce, l’administration et les habitudes alimentaires. Des caractéristiques qui la font comparer à Pompéi, ensevelie par une nuée ardente du Vésuve en 79 ap. JC.

https://www.7sur7.be/

Les traces de plus de 60 000 structures édifiées par les Mayas révélées


LiDar est un radar qui peut passer à travers la végétation reflétée par le sol et les structures rocheuses. Grâce à cette technologie, il a été possible de trouver des structures de la civilisation Maya. Des découvertes qui auraient pris plusieurs dizaines d’années à trouvées. Cependant, il faut maintenant que les archéologues confirment en temps réel ces découvertes … Imaginez, ils ne sont qu’à 8 % de la surface étudiée.
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Les traces de plus de 60 000 structures édifiées par les Mayas révélées

 

On voit en trois dimensions des traces de constructions (maisons, forts, temples) de différentes formes.

Vestiges de constructions mayas au Guatemala révélés par la technologie LiDAR.  Photo : Francisco Estrada-Belli/PACUNAM

 

Des images sans précédent ont permis à une équipe de chercheurs étrangers de révéler des détails inconnus de l’empire maya. Leurs résultats, récemment publiés, pourraient changer notre façon de voir cette civilisation mystérieuse.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Pendant longtemps, partir à la recherche d’une civilisation perdue impliquait la réunion de spécialistes prêts à s’aventurer au cœur de territoires inconnus pendant de longues périodes. De nos jours, bien que le travail sur le terrain demeure irremplaçable, l’observation radar peut révéler l’étendue d’une civilisation avec une précision et une rapidité jamais obtenues auparavant.

Ce type d’observation a mené à une découverte révolutionnaire au mois de février dernier. Une équipe de chercheurs américains et guatémaltèques a révélé au monde des images préliminaires saisissantes de l’ampleur de la civilisation maya, qui a prospéré pendant 2500 ans à travers la péninsule du Yucatan, qui couvre le sud du Mexique ainsi que plusieurs pays d’Amérique centrale.

Lever le voile sur le passé

Les œuvres et les connaissances du peuple maya ont piqué la curiosité des archéologues et du public pendant des décennies. Malheureusement, tout ce qui nous reste d’eux sont des ruines ensevelies sous la jungle et difficilement accessibles.

Utilisant la technologie du LiDAR (Light Detection And Ranging), dont le principe est similaire à celui du radar, mais qui utilise des rayons laser au lieu d’ondes radio, les scientifiques ont pu voir à travers la végétation qui recouvre une bonne partie du territoire anciennement contrôlé par cet empire. Des mois d’analyses plus tard, le fruit de leurs recherches a été publié dans un article de la revue Science.

Ces impulsions laser ont la propriété de passer à travers la végétation, mais d’être reflétées par le sol et les structures rocheuses.

La façon dont les ondes sont altérées au contact du sol permet de révéler les changements topographiques et les structures artificielles, créant ainsi des images 3D de la surface, comme si la forêt y avait été coupée à blanc.

Animation montrant l’utilisation de la technologie LiDAR sur le site de Tikal, au Guatemala

Un empire complexe et interconnecté

Au total, les chercheurs ont survolé et cartographié plus de 2144 kilomètres carrés de la péninsule, ce qui leur a permis de repérer le chiffre impressionnant de 61 480 structures inconnues à ce jour. Parmi ces dernières, on retrouve des maisons, petites et grandes, des temples et des pyramides, mais aussi des territoires agricoles, des canaux d’irrigation et même des fortifications et autres structures défensives.

Bien que la densité moyenne des bâtiments soit estimée à 29 structures par kilomètre carré, ces derniers n’étaient pas uniformément répartis et étaient divisés en centres urbains de toutes tailles, de la région rurale jusqu’aux grandes villes, le tout entrecoupé de plus petits centres urbains. Plus de 106 kilomètres de routes reliaient entre elles les différentes régions découvertes.

Les chercheurs estiment que si la configuration des structures observées dans leur échantillonnage aérien était représentative des 95 000 kilomètres carrés qui formaient l’empire maya à son zénith, cette civilisation aurait pu abriter 7 à 11 millions de personnes entre les années 650 et 800 de notre ère.

Les relevés effectués ont aussi montré que les Mayas étaient capables de travailler en profondeur leur environnement et la géographie de la région, ce qui leur permettait de produire l’agriculture intensive qui aurait été nécessaire à la survie d’une telle population. Parmi les observations, on a même constaté l’utilisation d’agriculture en terrasses, un mode de culture en paliers permettant d’exploiter les flancs de montagnes.

Ces observations aériennes ont permis aux archéologues de gagner des années de recherches , mais devront quand même être confirmées par une observation directe sur le terrain, ce que les scientifiques ont pu faire jusqu’à maintenant avec 8 % de la surface étudiée.

L’utilisation du LiDAR pourrait permettre d’accélérer les découvertes dans un grand nombre de régions archéologiquement importantes à travers le monde.

https://ici.radio-canada.ca/

Le plus vieux texte d’Amérique


Le plus vieux texte de l’Amérique vient des Mayas. Ce fut un calendrier des mouvements de Vénus qui ne serait qu’une partie d’un document qui aurait probablement contenu 20 pages
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Le plus vieux texte d’Amérique

 

 

Le texte le plus ancien jamais retrouvé en Amérique est exposé dans un musée de Mexico pour la première fois. Il s’agit d’un traité maya d’astronomie a été écrit entre 1021 et 1154. Tout à fait fascinant!

Le masque d’un ancien grand roi maya découvert


Pakal le Grand est le fondateur de la ville de Palenque au Mexique au temps des Incas. C’est un roi a pris le trône à 12 ans jusqu’à sa mort à 80 ans, ce qui devait être très rare de vivre aussi vieux à cette époque. Les archéologues sont quasi certains d’avoir découvert le masque de Pakal, fait intéressant, il aurait été fait quand il était d’un âge avancé.
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Le masque d’un ancien grand roi maya découvert

 

masque roi maya

Crédits : INAH

par Brice Louvet

Une équipe d’archéologues annonce avoir découvert un masque représentant K’inich Janaab’ Pakal – ou Pakal le Grand -, l’un des rois les plus importants de l’ancienne culture maya. ll se trouvait dans les ruines mexicaines de l’ancienne ville de Palenque.

Intronisé à l’âge de 12 ans en 615 av. J.-C., il aura régné jusqu’à sa mort, à l’âge de 80 ans. Son règne est le plus long de l’histoire outre Atlantique. On lui doit également la construction du palais de la ville de Palenque, situé dans l’actuel État du Chiapas, au sud du Mexique. Une équipe de paléontologues de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH) du Mexique explique avoir découvert la relique dans un bâtiment – appelé Maison E – en étudiant la façon dont les Mayas drainaient l’eau. Fait important : ce pourrait être en ces lieux que fut intronisé le souverain.

« Ce n’est pas la représentation d’un dieu. Après avoir regardé certaines images, il est possible que ce soit Pakal le Grand. Nous en sommes à présent tout à fait sûrs », explique l’archéologue Arnoldo González, responsable des fouilles. « Sous la tête [du masque] étaient disposées des figurines, des pièces en céramique, de petites assiettes, beaucoup d’os de poisson, qui donnent un aperçu d’un lien possible avec les sports aquatiques ».

Ce masque, un visage ridé, pourrait également être une représentation du roi Pakal le Grand durant sa vieillesse, suggèrent les chercheurs.

« Il est intéressant de noter que contrairement à d’autres sites mayas où les représentations sont génériques, à Palenque, de nombreuses caractéristiques que nous voyons dans la peinture murale ou la sculpture sur pierre sont des reflets fidèles de caractères spécifiques », explique l’archéologue Benito Venegas Durán, qui a participé aux fouilles.

Les fouilles ainsi que la conservation du bâtiment se poursuivront jusqu’en 2020. Il ne fait aucun doute que la ville abandonnée de Palenque – l’une des destinations touristiques les plus populaires du Mexique – regorge encore de surprises

Source

https://sciencepost.fr/

 

Les Mayas à l’origine d’une catastrophe écologique durable?


L’histoire humaine devrait nous apprendre sur nos erreurs pour éviter de refaire les mêmes et pourtant …. Au Mexique, la déforestation a commencé par les Mayas et même 1000 après, même si les forêts ont repris de terrains, les conséquences continuent à se faire sentir. Imaginez dans 1 000 ans avec toutes ces forêts qui sont décimées.
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Les Mayas à l’origine d’une catastrophe écologique durable?

 

La civilisation maya apparaît à la base de... (Photo fournie par Peter Douglas)

La civilisation maya apparaît à la base de la péninsule du Yucatán 2000 ans avant Jésus-Christ. Moins de 1000 ans plus tard, les forêts sont décimées.

PHOTO FOURNIE PAR PETER DOUGLAS

 

MATHIEU PERREAULT
La Presse

Les Mayas ont appauvri les sols du Mexique en procédant à une vaste déforestation bien avant l’arrivée des Européens, selon une étude montréalaise. Cet impact négatif sur les sols se ferait d’ailleurs toujours sentir près de 1000 ans après la disparition de cette culture précolombienne. C’est une mauvaise nouvelle pour les changements climatiques.

DÉFORESTATION

La civilisation maya apparaît à la base de la péninsule du Yucatán 2000 ans avant Jésus-Christ. Moins de 1000 ans plus tard, les forêts sont décimées.

« Dans les sédiments des lacs, on passe d’une concentration de 90 % de pollen de forêt à 40 % », explique Peter Douglas, biogéochimiste à l’Université McGill et auteur principal de l’étude publiée hier dans la revue Nature Geoscience. « C’est comme passer du nord des Laurentides à la Montérégie, en termes de couverture végétale. La forêt tropicale commençait à l’époque à seulement 100 km au sud de Cancún, et s’étendait sur tout le Guatemala, le territoire des Mayas. »

Les chercheurs ont analysé les sédiments de trois lacs, un au Mexique et deux au Guatemala.

CARBONE

Outre l’absence d’ombre et d’absorption du CO2 de l’atmosphère par les arbres par l’entremise de la photosynthèse, la déforestation a comme conséquence de diminuer la capacité des sols à emmagasiner du carbone.

« Avec la déforestation, il y a une perte de minéraux comme le fer et l’aluminium, qui se lient au carbone et empêchent les microbes de le manger, dit M. Douglas. De plus, le sol devient plus meuble, il n’y a plus de mottes de terre qui protègent aussi le carbone des microbes. Ces microbes, éventuellement, évacuent le carbone dans l’atmosphère sous forme de CO2. Nous avons découvert que 1000 ans après la disparition des Mayas, les terres qu’ils habitaient n’ont toujours pas regagné la capacité d’emmagasiner beaucoup de carbone, même si les forêts sont revenues. C’est une mauvaise nouvelle pour la déforestation qui sévit actuellement en Amazonie et en Asie du Sud-Est, qui aura des impacts à très long terme sur les changements climatiques. »

La quantité de carbone dans les sols est très importante dans l’équilibre du climat, parce que le CO2 est un gaz à effet de serre.

« Les sols contiennent deux fois plus de carbone que l’atmosphère, dit le biogéochimiste montréalais. La déforestation est la deuxième contribution humaine au réchauffement de la planète. C’est beaucoup moins que la combustion de carburants fossiles, qui produit des gaz à effet de serre, mais c’est très important. »

SÉCHERESSE

Peter Douglas a commencé à travailler sur le sujet durant son doctorat à l’Université Yale.

« J’ai travaillé sur l’impact des sécheresses sur les Mayas. Nous nous sommes rendu compte que les molécules qui sont emmagasinées pendant longtemps dans les sols déformaient nos résultats. Je me suis intéressé à ces molécules et j’ai réalisé qu’elles étaient importantes pour le stockage du carbone. »

POPULATION

La prochaine étape des recherches de M. Douglas est l’évolution de la population maya.

« On estimait généralement qu’au maximum, on parlait d’une population de 1 ou 2 millions, de 10 à 20 villes de 100 000 habitants, mais les nouveaux relevés radars permettent de voir les traces d’un nombre beaucoup plus grand de villes, et certains arrivent à 20 millions. Je veux utiliser des techniques géochimiques pour mesurer une molécule produite par les intestins humains, qui se retrouve dans les sédiments des lacs. On voit là aussi une population plus grande qu’avec les techniques classiques de l’archéologie. »

L’étude du stockage de carbone est donc périphérique au principal domaine de recherche de M. Douglas.

« Pour ces recherches, j’ai besoin de technologies assez avancées auxquelles je n’ai pas accès ici », dit-il.

PERGÉLISOL, ANGKOR ET AMAZONIE

L’impact à long terme de la déforestation sur la capacité des sols à stocker du carbone pourrait être étudié au Cambodge avec la civilisation khmère d’Angkor, qui a existé du IXe au XVIe siècle, et en Amazonie, où des relevés radars montrent que des réseaux de villes importantes ont existé à l’époque précolombienne, selon M. Douglas.

« Je fais aussi des recherches sur la capacité du pergélisol à stocker le carbone dans le Grand Nord canadien. »

QUELQUES DATES CLÉS

2600 avant Jésus-Christ

Premières traces de la civilisation maya dans la péninsule du Yucatán

2000 avant Jésus-Christ

Premières villes mayas

800

Début de la disparition des cités mayas

1200

Fin de la civilisation maya, dont les héritiers seront des micro-États et villes souvent en guerre les uns contre les autres

1300

Les Aztèques s’imposent dans le centre du Mexique

1519

Hernán Cortés conquiert l’empire aztèque

Sources : Université McGill, Smithsonian

http://www.lapresse.ca/