L’art du tissage au Moyen-Âge


Il a bien fallu que l’être humain se protège contre les éléments du temps tel que le soleil, le froid, la pluie… Bien que les peaux d’animaux eurent été probablement les premiers vêtements, nos ancêtres ont compris que d’autres matériaux pouvaient être fort utiles s’ils étaient travaillé tel que le lin et la soie. Ce fut alors un élan pour les vêtements, tapisseries …
Nuage

 

L’art du tissage au Moyen-Âge


(
Source)

Nos musées et centres d’interprétation regorgent d’histoires fascinantes et mettent souvent en lumière le savoir-faire de nos ancêtres dans les arts traditionnels, nous faisant réaliser la quantité de travail nécessaire pour produire plusieurs biens avant l’ère industrielle. Un exemple? Intéressons-nous brièvement à cet art qu’était le tissage au Moyen Âge.

L’importance du travail des textiles:


Cardage et tissage de la laine
Début 15e siècle
(
Source)

Se vêtir a toujours été une nécessité pour l’être humain depuis la fin de la Préhistoire. Les Mésopotamiens et les Égyptiens de l’Antiquité avaient découvert comment travailler la fibre du lin, alors qu’en Europe la laine devint plus facile à travailler et plus adéquate pour le rude climat de plusieurs régions. Produire des vêtements impliquait un long processus partant de la tonte, au nettoyage de la laine, à son cardage, à son filage au rouet puis à son tissage pour produire des étoffes. Ces dernières servaient ensuite pour la confection de vêtements certes, mais aussi de draps!


Tissage vers 1336
Photo:
Saiko

La qualité des tissus ainsi fabriqués variait selon les types de lainage utilisés et surtout leur méthode de tissage qui permettait de produire soit des tissus grossiers à prix abordables comme la serge ou ce qu’on appelait des tiretaines, mais aussi des vêtements pour les aristocraties et les monarchies faites de lin et grâce à un commerce avec l’Orient, de soie. À cet égard, la mythique route de la soie était d’une importance capitale pour permettre aux tisserands européens de fabriquer des vêtements de luxe avec ces tissus légers et très colorés à partir des XIIe-XIIIe siècles.


Caftan de soie de Syrie
IXème siècle
(
Source)

La production de ces étoffes fut au départ très importante en Italie et en Espagne, portes d’entrée du commerce avec l’Orient, mais partout en Europe, les métiers textiles firent partie des activités économiques les plus importantes du Moyen Âge. Plusieurs artisans avaient leur spécialité comme le filage, la teinturerie ou le tissage et formaient des apprentis pour les aider dans leurs commandes. Avec l’augmentation des achats au cours du XIIIe siècle, un véritable système commercial vit le jour. Les marchands fournissaient les matières premières aux artisans qui les transformaient pour que les marchands les revendent ensuite.

De véritables chefs-d’œuvre: les tapisseries:


La Dame à la licorne
XVe-XVIe siècles
(
Source)

Si les rois, reines et seigneurs habitaient souvent des châteaux, ces derniers étaient faits de murs de pierre qui rendaient les pièces très humide peu importe les saisons. Ceux qui en avaient les moyens se faisaient donc confectionner de magnifiques tapisseries pour non seulement décorer les murs et démontrer leur richesse, mais aussi pour réchauffer les pièces principales de leurs demeures. Ces œuvres d’art étaient réalisées par de grands maîtres tisserands et la Belgique, notamment Bruxelles, a eu la réputation de produire les plus belles tapisseries d’Europe au Moyen-Âge.


La tapisserie de Bayeux
(
Source)

Pour réaliser de telles œuvres, un maquettiste réalisait tout d’abord un dessin préparatoire qui était ensuite agrandi par un cartonnier sur un carton de dimensions semblables à celles de la tapisserie désirée. Il fallait par ailleurs inverser l’image pour que, une fois tissé, le dessin puisse être la réplique du modèle à l’endroit. Le maître tisserand ou lissier procédait ensuite au long travail de tissage des fils de couleur pour créer l’œuvre.

Le lin à l’honneur à Deschambault cet été:


Cécile Dachary
Photo:
Denis Baribault

Par ailleurs, si le tissage et le travail du textile vous intéressent, le village de Deschambault dans la région de Portneuf propose cet été un mariage entre l’histoire du lin et du tissage et l’art contemporain dans le cadre de sa 7e Biennale internationale. Une belle occasion de visiter des sites patrimoniaux dans lesquels des artistes exploitent avec le fil conducteur du lin la thématique du passé inaperçu.

En tant que porte-parole de l’événement qui se déroule jusqu’en octobre, je vous invite à faire un petit tour dans notre beau village!

Spécialisée en histoire ancienne, Evelyne Ferron

http://www.historiatv.com

Le Saviez-Vide ► Rome : L’histoire de la fondation de la ville Mythique


La fondation de Rome est difficile à bien la situé, car elle est habitée depuis l’Antiquité. Cependant, certain croit qu’une légende pourrait apporter quelques réponses, mais l’archéologie est quand même un moyen plus sûr pour découvrir le passé cette ville mythique
Nuage

 

Rome : L’histoire de la fondation de la ville Mythique


(
Source)

Le 21 avril 753 av. J.-C. est la date traditionnelle, voire mythique, de la fondation de Rome. Profitons (…) pour nous intéresser brièvement à la légende des origines de celle qu’on surnomme la ville éternelle, ainsi qu’aux données archéologiques liées à cette histoire.

Une légende liée à la guerre de Troie :


Le poète Virgile écrivant l’Énéide
(
Source)

Le mythe de la fondation de Rome a commencé à être écrit et à circuler dans le monde romain au cours du 1er siècle avant notre ère, notamment avec des auteurs comme Virgile et Tite-Live, nous indiquant que cette histoire était déjà en partie connue à cette époque et même avant. Pour valider la puissance de l’Empire romain à cette époque, il était important de lier l’histoire de la ville au monde des dieux et pourquoi pas, à un mythe célèbre en Méditerranée, la guerre de Troie. 


Énée, fresque de Pompéi
(
Source)

C’est donc un personnage de cette guerre, Énée, fils de la déesse Vénus, qui arrive en Italie après la destruction de Troie. La légende nous raconte qu’il y a fondé une ville, nommée Lavinium et que son fils, Ascagne, aurait fondé quant à lui une fille du nom d’Albe-la-Longue. Toujours selon la légende, c’est dans cette ville que seraient nés les célèbres jumeaux Romulus et Rémus.

Romulus, Rémus et la louve :


(
Source)

Ces jumeaux seraient nés à la suite d’un viol d’une Vestale, soit une prêtresse de la déesse Vesta dans l’Empire romain, par le dieu de la guerre, Mars. Comme ces enfants étaient nés d’une union impure, ils auraient été jetés dans le Tibre, fleuve qui traverse aujourd’hui la ville de Rome. Portant le sang du dieu Mars, ils auraient survécu à la noyade et auraient été nourris par une louve, avant d’être adoptés par un couple de paysans, qui les a découverts par hasard.


Romulus et Rémus par Rubens
(
Source)

Adultes, les jumeaux souhaitèrent fonder eux aussi leur propre ville, à l’endroit où ils auraient été secourus par la louve. Hélas, ils ne s’entendirent pas sur le lieu exact de fondation, menant à un conflit. Rémus aurait osé sauter par-dessus le sillon de la future ville tracé par son frère à la charrue et ce que dernier décida ainsi de le tuer, car il aurait offensé les dieux. Voilà comment Romulus fonda sa ville, Rome, devenant ainsi son premier souverain, le 21 avril 753 av. J.-C.

Que nous dit l’archéologie?


Un modèle des premières maisons de Rome
(
Source)

Les découvertes archéologiques à Rome sont compliquées, puisque la ville n’a jamais cessé d’être habitée depuis l’Antiquité. Voilà pourquoi il est difficile de confirmer ou de contester la date de fondation. Depuis les années 1950 néanmoins, des fouilles ont permis de découvrir des vestiges de cette époque, témoignant d’un début d’habitation modeste vers les années 750 av. J.-C. Alors que le mythe nous parle d’une ville, les débuts de Rome ont plutôt été sous la forme d’un petit hameau composé de quelques cabanes et d’un petit muret de protection. C’est plutôt vers le VIème siècle av. J.-C. que Rome s’est développée en cité, avec un centre urbain, des temples et une augmentation significative de sa population. 


Grotte sacrée des jumeaux
(
Source)

Une découverte surprenante est toutefois survenue en 2007, alors que les archéologues fouillaient sur la colline du Palatin, site du palais d’Octave-Auguste, premier empereur de Rome. Ils ont découvert ce que les auteurs antiques appelaient le Lupercale, soit la grotte sacrée de Romulus et Rémus, grâce à une caméra laser passée par un puits de forage. À sept mètres de profondeur, ils ont aperçu un sanctuaire circulaire, dont la voute était décorée de fresques géométriques. Il s’agit donc d’un lieu de culte datant du Ier siècle av. J.-C.

Les fouilles sont lentes à Rome, mais presque tous les mois, elles nous révèlent

Spécialisée en histoire ancienne, Evelyne Ferron

http://www.historiatv.com/

Le Saviez-Vous ► Historique de la Distribution Automatique.


Qui aurait cru que les distributeurs automatiques furent inventés 215 av. J.C pour délivrer de l’eau sacrée. Mais, ce n’est qu’eau 18 ème siècle que les machines distributrices ont pris lentement son essor jusqu’a ce que nous connaissons présentement
Nuage

 

Historique de la Distribution Automatique.

 

Auteur : H.Jacquemin. Projet étudiant tutoré.

vendredi 2 novembre 2007, par Animateurs du site

La première machine connue date de l’Antiquité. Elle fut inventée en 215 avant Jésus-Christ par le mathématicien grec nommé Hero. Ce dispositif était conçu pour délivrer de l’eau sacrificatoire. Il suffisait de placer une pièce de monnaie de 4 drachmes dans une fente pour qu’une balance laisse couler un peu de cette eau sacrée.

(GIF)

Distributeur automatique de Vin

Paris – vers 1892

Il a fallu ensuite attendre le 18ème siècle pour que la première machine brevetée face son apparition au Royaume-Uni. Il s’agissait d’une machine qui distribuait des timbres postes. C’est seulement au 19ème siècle que le concept atteint les Etats-Unis et se développe avec un premier automate distribuant des sucreries.

(GIF)

A paris, est créé vers 1892 un distributeur de vin (Source : ADM).

(GIF)

Distributeur de journaux

Québec – 1921

Le développement de l’industrie de la distribution automatique a vraiment commencé au 20ème siècle. En effet c’est au cours de ce siècle qu’un bon nombre d’industriels de l’agroalimentaire et de fabricants d’automates sont apparus sur le marché. Cependant l’essor de ces nouvelles machines fut interrompu en Europe en raison de la seconde guerre mondiale (cf : Navsa).

(GIF)

Ancien distributeur de boissons

La distribution automatique va toucher des domaines variés : le café, les sodas, les cigarettes, les journaux, …

(GIF)

Source Sélecta

Un autre facteur a largement contribué à l’essor de la distribution automatique : l’apparition de l’électronique. En effet cette nouvelle technologie a révolutionné la fonctionnalité des distributeurs. D’une part en ce qui concerne les systèmes de paiements, mais aussi pour les échanges de données. Aujourd’hui grâce à ces nouvelles techniques les gestionnaires sont au courant en temps réel de l’évolution du niveau de leurs ventes. Cela leur permet donc d’être très réactifs face à une demande qui ne cesse de se développer depuis 10 ans.

C’est cependant avec l’industrie et l’urbanisation que l’on a vu se développer ce type de machines qui répondait à une demande sociale. En effet, le « manger hors-foyers », jusque là perçu en France comme une véritable agression à la tradition française tant sur le plan culinaire que sur le plan social, s’est fortement développé depuis quelques années. Les rythmes de vies, de plus en plus désynchronisés, font que sauter un repas, manger sur le pouce n’est plus marginal. La destruction des temps sociaux actuels, la multiplication des sorties liées aux spectacles ou aux activités sportives font que les consommateurs veulent pouvoir manger à tout moment.

Malgré quelques menaces engendrées par son environnement comme la réduction du temps de travail, le passage à l’euro, le retrait des automates dans les collèges, la distribution automatique a su répondre à ce nouveau mode de vie plutôt « nomadisme » en multipliant la diversité des biens et des services proposés pour se développer encore.

Aujourd’hui les nouvelles générations de machines sont de plus en plus perfectionnées et intelligentes.

(GIF)

Modèle récent de distributeur automatique

Elles sont également présentes dans tous les lieux de vies les plus fréquentés. Désormais ce sont aux produits d’aller vers les consommateurs et non plus aux consommateurs d’aller vers les produits. La tendance est également au light. Les industriels de l’agroalimentaire tentent de développer au sein de la DA des produits diététiques, allégés, bons pour la santé et qui respectent l’environnement. Depuis sa création dans l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, la distribution automatique a parcouru beaucoup de chemin, a subi énormément des transformations, a connu de nombreuses innovations, et n’a pas fini de nous surprendre.

http://www.distripedie.com

Le Saviez-vous ► Palmyre, un site historique unique au monde


Personnellement, je m’inquiète plus des victimes de l’État Islamique qui pour moi, combattent pour de faux prétextes, cependant, je trouve dommage que les vestiges du passé soient détruits pour les leçons d’histoire de la civilisation
Nuage

 

Palmyre, un site historique unique au monde

Photo: OSEPH EID/AFP/Getty

La fiancée du désert:

(Source)

Perle du désert, Fiancée du désert ou Venise des sables, la cité antique de Palmyre, située en marge du désert de Syrie, a eu beaucoup de surnoms au fil du temps. Elle a en effet été construite à un endroit stratégique au nord-est de l’actuelle ville de Damas, où se trouvaient des sources d’eau, propres aux oasis, qui pouvaient alimenter les chameaux venant ou quittant vers l’Asie en passant par le désert syrien. Elle a été une zone d’arrêt pour les caravanes dès le 3ème millénaire avant notre ère et portait jadis le nom de Tadmor, soit la cité des dattes. 

(Source)

Plus le commerce s’est accru en Méditerranée au cours de l’Antiquité, plus des points d’arrêts avant de continuer sur la mythique route de la soie devinrent importants. Le site de Palmyre devint ainsi le carrefour des rencontres commerciales entre l’Orient et l’Occident pour des produits comme la soie, mais aussi les épices.

Un mélange culturel unique:

Bas-relief funéraire
(
Source)

Cette position géographique stratégique finit par intéresser l’Empire romain qui avait établi un commerce de luxe avec l’Orient, échangeant du verre, des métaux et du vin contre les soieries et les précieuses épices. C’est au 1er siècle de notre ère, dans les sources romaines, que l’oasis commença à être connue sous le nom de Palmyre, la cité des palmiers. Elle fut annexée à l’Empire romain sous Tibère en l’an 14 et devint ainsi une alliée économique de l’Empire romain. 

Le majestueux théâtre, tel qu’il était avant décembre
(
Source)

Les fouilles archéologiques à Palmyre sont importantes pour comprendre cet important commerce de l’Empire romain, pour lequel nous manquons d’informations. Par cette alliance avec la puissante Rome, Palmyre devint une cité très riche, qui chargeait des taxes sur les produits qui transitaient sur son territoire en échange d’eau et parfois du gite pour les commerçants voyageurs. Elle développa de ce fait une architecture monumentale et fabuleuse, avec des monuments colorés à l’origine, qui témoignait de sa richesse et de sa puissance. Palmyre est un site historique unique à cet égard car les monuments mélangent un style à la fois oriental (persan-phénicien) et gréco-romain. Temples dédiés à des divinités orientales comme Bel, une longue colonnade de 1.1 kilomètres faite de colonnes massives de plus de 9 mètres, un théâtre romain gigantesque et des tombes témoignant de la richesse des habitants, le site de Palmyre offre une vue inégalée sur un passé luxueux en plein désert.

L’état des destructions:

Photo: AP

Depuis l’occupation du site par l’État islamique en 2015, plusieurs des joyaux de Palmyre ont hélas été détruits et endommagés, incluant le musée. Malgré tout, l’UNESCO estimait au printemps que 80% du site était encore en état. Ce n’est hélas plus le cas. L’organisation a repris le site à la mi-décembre et depuis quelques jours, les images satellites confirment les craintes des spécialistes du site: le théâtre, qui était encore intact, a été sérieusement mutilé, soit par des pioches et/ou des explosifs. 

(Source)

Le tétrapyle, cette structure de 16 colonnes qui servait à marquer un carrefour de rues, semble avoir été détruit en grande partie également. 

L’objectif de l’État islamique est entre autres d’effacer la mémoire d’un passé qui ne correspond pas à leur vision. La meilleure arme dans un tel cas reste de s’intéresser davantage à l’histoire de ces sites marquants du patrimoine de l’humanité, afin que le souvenir des grands bâtisseurs et commerçants de l’Antiquité ne meurt jamais…

Spécialisée en histoire ancienne, Evelyne Ferron

https://getpocket.com/

Un mini Pompéi trouvé sur le chemin du futur métro romain


Quel rapport entre Pompéi et la découverte d’une caserne du IIe siècle ap. JC. qui aurait incendié au IIIe siècles serait aussi bien conserver que Pompéi ? En fait cette découverte est issu de travaux pour un métro souterrain dans la capitale d’Italie.
Nuage

 

Un mini Pompéi trouvé sur le chemin du futur métro romain

 

Capture écran youtube d'un extrait de Fellini Roma de Federico Fellini. Les ouvriers percent un tunnel pour le métro et découvrent des fresques de l'Antiquité qui disparaissent au contact de l'air moderne. «Les archéologues nous feront arrêter le chantier pendant des mois»

Capture écran youtube d’un extrait de Fellini Roma de Federico Fellini. Les ouvriers percent un tunnel pour le métro et découvrent des fresques de l’Antiquité qui disparaissent au contact de l’air moderne. «Les archéologues nous feront arrêter le chantier pendant des mois»

Repéré par Mathilde Dumazet

Repéré sur La Repubblica

«Dès qu’on creuse un peu, on trouve une amphore» est un dicton romain. Mais il y a des amphores plus importantes que d’autres. Après avoir découvert une caserne du IIe siècle fin 2015, les archéologues sont tombés sur des pièces de bois du IIIe siècle aussi bien conservées que les vestiges de Pompéi.

 

Le Grand Paris, 814km2: 220 kilomètres de lignes de métro. Rome, 1.285km2: 60 kilomètres de lignes de métro. Certes, la capitale italienne compense avec un réseau de bus, tram et trains important, mais en matière de transport souterrain, elle est bien en retard sur nombre d’autres villes européennes. Depuis les années 1990, les travaux de la troisième ligne de métro sont retardés, et pour cause: celle-ci doit traverser le centre ville et impossible de creuser un tunnel sans tomber sur des trésors de l’Antiquité.

La dernière trouvaille en date se trouve être un cas particulier. L’incendie qui, au IIIe siècle, a détruit le bâtiment dont on a retrouvé des vestiges, a permis de conserver certains objets dans des conditions optimales. Des conditions similaires à celles de Pompéi, figée dans la lave solidifiée du Vésuve en 79 ap. JC.

Au lieu de se dissoudre en poussière, le bois utilisé pour la menuiserie au IIIe siècle ap. JC a été carbonisé «et pétrifié» par le feu, rapporte l’antenne romaine de la Repubblica. Des éléments de mobilier et des planchers en bon état ont donc émergé au fur et à mesure que les archéologues ont creusé un trou de «quatorze mètres de profondeur».

 

Aux éléments de bois retrouvés s’ajoutent de précieuses mosaïques et le squelette d’un chien qui a dû périr dans l’incendie. Plusieurs hypothèses restent à confirmer: un tremblement de terre a-t-il été à l’origine de l’incendie (ce qui expliquerait l’effondrement du bâtiment et sa possible conservation)? À quoi le bâtiment servait-il? Les archéologues hésitent: une maison aristocratique comme celles qui entouraient le site des fouilles, ou une partie de la caserne retrouvée à quelques centaines de mètres de là en 2015? L’interprétation des fresques permettra peut-être de le déterminer.

Garder les trouvailles à proximité

Le chantier du métro en sera-t-il retardé? Pas forcément. À raison de plusieurs découvertes par an, les fouilles ne s’éternisent plus autant qu’avant. Les vestiges retrouvés seront sûrement transférés dans un musée un peu spécial à quelques mètres de leur lieu d’origine: après la découverte d’une caserne romaine en bon état en 2015, les autorités ont décidé de créer (presque) sur place une attraction.

Comme l’expliquait le surintendant spécial pour les bien archéologiques de Rome au Monde en avril dernier, la logique n’est plus «de déplacer les objets pour les entreposer dans des musées, mais plutôt de créer des pôles d’attraction sur les lieux de la découverte».

Interrogé par Askanews, à propos de la récente découverte d’un mini Pompéi, il a souligné l’importance de ces trouvailles pour comprendre «la vie quotidienne des romains de l’époque».

Et pourquoi ne pas les intégrer à la vie quotidienne des romains d’aujourd’hui? Dans cette vidéo, le superintendant présente une station de métro (San Giovanni) dans laquelle sont exposés des objets de l’Antiquité. Un bon moyen de répondre aux recommandations européennes qui conseillent de trouver un équilibre entre le confort des habitants et la préservation du patrimoine.

http://www.slate.fr

Les aventures du moine dans la statue continuent


C’était toute  une découverte en Chine de ce moine bouddhiste qui a jeûné pour n’avoir que la peau et les os et finir dans une statue. Cependant, la justice néerlandaise doit décider a qui sera rendu cette statut qui vaut plusieurs millions de dollars. Personnellement, je considère que les antiquités devraient revenir au pays dont il a été trouvé
Nuage

 

Les aventures du moine dans la statue continuent

Moine dans la statue

En juillet 2017, la justice néerlandaise tranchera dans l’affaire du « moine dans la statue », et décidera finalement de son attribution.

© PHOTO BY M. ELSEVIER STOKMANS/DRENTS MUSEUM

Bernadette Arnaud

Spécialiste archéologie, anthropologie et histoire au magazine Sciences et Avenir

En juillet 2017, la justice néerlandaise tranchera dans l’affaire du « moine dans la statue », et décidera finalement de son attribution.

Sa découverte avait stupéfait les spécialistes en septembre 2014, lorsqu’un examen scanner réalisé à Rotterdam (Pays-Bas) lors d’une opération de restauration d’une statue bouddhique du XIe-XIIe siècle avait révélé qu’il contenait… les restes d’un moine momifié (Sciences et Avenir, édition n°819). Trois ans plus tard, c’est devant la justice néerlandaise que ce trésor archéologique resurgit, les juges devant trancher pour décider de son attribution le 14 juillet 2017, une communauté chinoise en réclamant la restitution.

Une présence expliquée par la pratique rituelle de l’automomification

La dépouille humaine, retrouvée à l’intérieur de cette statue chinoise Song (960-1127), s’est révélée être celle de Zhang Gong Liuqian, un célèbre maitre bouddhiste comme en attestait un texte retrouvé à l’intérieur de la statue. Sa présence insolite s’explique par la pratique rituelle spectaculaire de l’automomification, suivie dans le plus grand secret essentiellement entre le Ve et le XVe siècle par une poignée de religieux. (Elle consistait en une momification rituelle par des jeûnes alimentaires intenses suivis pendant plusieurs années, pour ne devenir quasiment que peau et os).

Une sombre affaire de momie volée en 1995 qui refait surface 10 ans plus tard

C’est à l’occasion de la présentation de cette statue dans le cadre de l’exposition Mummy World au Musée national d’histoire naturelle de Budapest (Hongrie) en 2015 – où Sciences et Avenir s’était rendu – que les ennuis ont commencé pour son propriétaire, l’architecte designer hollandais Oscar van Overeem. Alertés, les habitants du village de Yangshun, dans la province du Fujian, au sud-est de la Chine, ont en effet cru reconnaitre dans cette statue exposée celle de leur moine adulé, volée en décembre 1995. Ils ont alors confié l’affaire à un groupe de juristes chinois conduits par Liu Yang, un spécialiste des récupérations d’antiquités, comme le rapporte le Financial Review du 2 juin 2017. De fait, le 14 juillet 2017, cet avocat tentera de démontrer devant un tribunal hollandais que la statue disparue du village de Yanchun est bien celle qui s’est retrouvée dans les ateliers néerlandais de Carel Kools, le restaurateur auteur du scanner. Des faits que Benny Rustenburg, l’antiquaire auprès duquel Oscar van Overeem a acheté la statue, dit avoir ignorés.  Selon ce collectionneur basé en Asie, celle-ci aurait été acquise par lui à Hong Kong en 1995.

Un objet dont la valeur atteint plusieurs millions de dollars

L’enjeu de cette affaire étrange autour de la possession de cet  » objet d’art «  – dont la valeur atteint désormais plusieurs millions de dollars – a aussi produit des dégâts collatéraux sur les relations Chine – Pays-Bas. Depuis plusieurs années, Pékin cherche en effet à récupérer ses objets pillés, à l’instar de ceux disparus lors du Sac du Palais d’Eté par les troupes anglo-françaises à Pékin, en 1860, ou ceux vendus à l’étranger suite à l’effondrement des Qing en 1911. Après les innombrables destructions de patrimoine commises par les Gardes Rouges pendant la Révolution culturelle (1966-1976), la protection du patrimoine chinois est devenu une priorité nationale comme l’avait rappelé en 2014 le président XI Jinping. La justice néerlandaise devrait mettre sa décision en délibéré.

https://www.sciencesetavenir.fr

Le Saviez-Vous ► Découverte d’une tombe de scribe de l’Égypte ancienne


En Ancienne Égypte, les scribes avaient un statut particulier, grâce aux découvertes archéologiques, on peut comprendre leur importance chez un peuple en majorité illettré
Nuage

 

Découverte d’une tombe de scribe de l’Égypte ancienne

Une découverte rare et fascinante, soit celle du tombeau d’un scribe royal de l’époque «ramesside», vieille de 3200 ans! Comme les scribes royaux jouaient un rôle important dans l’administration du pays, il s’agit d’une découverte qui pourra être très riche en informations


Photo:
Université de Waseda

La découverte:


Le scribe Khonsu et sa femme
Photo:
Université de Waseda

C’est le département des Antiquités égyptiennes qui a annoncé la découverte précisant que l’équipe d’archéologues menée par Jiro Kondo avait découvert une cavité menant à une tombe en travaillant déjà dans une autre sépulture dans le secteur de El-Khokha près de Louksor.


Des babouins vénèrent le dieu soleil Rê-Atoum
Photo:
Université de Waseda

En lisant les hiéroglyphes sur les parois du tombeau, l’équipe a découvert qu’il s’agissait de la tombe d’un scribe royal de la période des Ramsès (1292-1069 av. J.-C.) et que ce scribe s’appelait Khonsu. En plus de son nom inscrit en hiéroglyphes, le scribe apparaît en peinture dans différentes scènes, notamment avec son épouse, mais aussi avec les divinités Osiris et Isis. Une scène en particulier illustre des babouins adorant le dieu du soleil Rê-Atoum, qui voyage sur sa barque céleste. Pourquoi des babouins accueillent-ils le roi des dieux du panthéon égyptien? Possiblement parce que dans la réalité, ces mammifères crient au lever du soleil et adorent se prélasser sous ses chauds rayons…

Être scribe en Égypte dans l’Antiquité:


((
Source)

La découverte d’une tombe de scribe est importante car elle peut fournir beaucoup d’informations sur la vie à la cour pharaonique à cette époque. Les scribes royaux étaient en effet des personnages haut placés et essentiels au fonctionnement de l’État égyptien. Dans un pays où une grande partie de la population était illettrée, les scribes étaient des piliers de l’administration égyptienne.


(
source)

Ils devaient prendre en notes les messages royaux, les copier pour les «nomarques» qui géraient les différentes régions du pays, tenir les registres des taxes et des impôts et assurer les échanges commerciaux avec d’autres royaumes et territoires en Méditerranée. À travers eux, le pharaon faisait régner la justice, s’assurait du bon fonctionnement de l’économie et de l’état des terres partout dans son royaume et avait conséquemment une bibliothèque d’archives sur papyrus!


M
atériel de scribe
(
Source)

Nous devons ainsi une grande partie de nos connaissances de l’Égypte ancienne à ces hommes (et quelques rares exemples de femmes) qui ont contribué à la conservation de la mémoire de leur pays. Que peut nous apprendre la tombe de Khonsu? À suivre…

Spécialisée en histoire ancienne, Evelyne Ferron

www.historiatv.com