Des images infrarouges révèlent des tatouages vieux de 3000 ans sur des momies égyptiennes


Le plus vieux tatouage connu est celui d’Ötzi, mais en Égypte grâce à la technologie infrarouge, ils ont découvert des tatouages sur le corps de plusieurs momies qui étaient dans un village d’ouvriers et d’artisan datant de 3 000 ans.
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Des images infrarouges révèlent des tatouages vieux de 3000 ans sur des momies égyptiennes

Des images infrarouges révèlent des tatouages vieux de 3000 ans sur des momies égyptiennesDes images infrarouges ont permis de révéler des tatouages invisibles à l’oeil nu sur des momies du site égyptien de Deir al-Medina.© Anne Austin


Par Emeline Férard –

Des chercheurs ont utilisé la technologie infrarouge pour scanner des momies vieilles d’au moins 3.000 ans découvertes sur le site de Deir al-Medina en Egypte. Les images ont révélé la présence de nombreux tatouages de formes variées sur la peau des défunts.

Plus de 3.000 ans après leur mort, des momies égyptiennes ont révélé un secret bien caché Des archéologues ont annoncé avoir découvert sur leur peau des tatouages restés jusqu’ici insoupçonnés. Les momies en question ont été mises au jour sur le site de Deir al-Medina niché au creux d’un vallon désertique au sud du Caire.

Ce lieu est connu pour abriter les vestiges d’un village antique et d’une nécropole attribués à une communauté d’ouvriers et d’artisans ayant œuvré à la réalisation des tombes des pharaons du Nouvel Empire (d’environ -1500 à -1000) et de leur famille. De nombreuses momies d’hommes et de femmes ont ainsi été révélées sur le site mais on sait relativement peu de choses sur les défunts.

C’est en utilisant une technologie infrarouge pour observer en détails treize momies – douze femmes et un homme – que les archéologues ont révélé la présence de tatouages invisibles à l’œil nu. Une découverte inattendue. En plus d’un siècle de recherches, la pratique n’avait jusqu’ici été mise en évidence que sur six momies de Deir al-Medina.

« ‘C’est assez magique de travailler sur une tombe antique et d’observer soudainement des tatouages sur un individu momifié en utilisant la photographie infrarouge », a expliqué à Science News, Anne Austin, archéologue de l’université de Saint-Louis dans le Missouri qui a présenté ses recherches en novembre dernier lors de la réunion annuelle des American Schools of Oriental Research.

Des tatouages très variés

La découverte montre que la pratique était bien plus répandue qu’on ne pensait dans cette communauté mais pas seulement. Elle donne également des indices quant à la symbolique associée aux tatouages. Les dessins mis en évidence ont montré une grande variété de formes et d’emplacement. Sur une momie de femme, les images infrarouges ont révélé pas moins de 30 tatouages sur différentes parties du corps.

Ceux figurant sur ses bras présentaient des motifs de croix observés sur aucune des autres momies, selon Anne Austin qui a mené les recherches entre 2016 et 2019 alors qu’elle travaillait pour l’Institut français d’archéologie orientale du Caire. Plusieurs autres de ses tatouages ressemblaient eux, à des hiéroglyphes utilisés dans l’écriture égyptienne antique.

L’étendue et la nature des dessins présents sur la peau de la femme suggère un lien étroit avec des rituels religieux.

Il s’agissait peut-être « d’une pratiquante religieuse importante pour la communauté de Deir al-Medina », a suggéré l’archéologue.

Néanmoins, ce n’est pas le cas de tous les exemples mis en évidence sur les momies du site antique.

Sur une autre femme, les images ont mis en lumière au niveau du cou un tatouage représentant un oeil humain – un ancien symbole égyptien associé à la protection – ainsi que des dessins de babouin assis.

« Je ne vois aucun modèle apparent dans les tatouages que nous avons trouvés jusqu’ici », a précisé la spécialiste.

Le cou de cette femme présente plusieurs tatouages dont ceux d’un oeil humain et de deux babouins assis. – Anne Austin

Ces exemples semblent en revanche contredire la théorie selon laquelle les tatouages des femmes étaient associés à la fertilité ou la sexualité durant l’Egypte antique. Pour les archéologues, cette découverte représente ainsi un nouvel aperçu précieux sur cette pratique et la façon dont elle était utilisée il y a plusieurs millénaires.

Les plus anciens tatouages connus à ce jour

« Tous les aspects de cette découverte de nouveaux tatouages sont surprenants parce que nous en savons tellement peu sur cette pratique de l’ancienne Egypte », a commenté pour Science News, Ketty Muhlestein, égyptologue de l’université Brigham Young dans l’Utah.

Si ces dessins sont âgés d’au moins 3.000 ans, ils sont toutefois loin d’être les plus anciens révélés à ce jour.

En utilisant la technologie infrarouge de la même façon, une autre équipe a trouvé des tatouages d’animaux vieux de plus de 5.000 ans sur les momies d’un homme et d’une femme contenues dans la collection du British Museum de Londres. Selon le musée, il s’agirait des plus anciens tatouages figuratifs identifiés à ce jour et des plus anciens révélés sur une momie de femme.

Le record des tatouages les plus vieux connus est en effet détenu par la célèbre momie d’Ötzi, l’homme de 5.250 ans découvert dans un glacier des Alpes italiennes dans les années 1990. De nature géométrique – en forme de lignes parallèles ou de croix -, les siens ne seraient pas non plus de simples dessins ornementaux. Les études menées jusqu’ici suggèrent plutôt une fonction thérapeutique.

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Il y a 2000 ans, les Egyptiens chassaient des crocodiles sauvages pour en faire des momies


Les Égyptiens momifiaient des humains, mais aussi des chats, chiens, chèvres, oiseaux, chevaux, et même des crocodiles. Ils avaient des élevages d’animaux prévus pour la momification. Des chercheurs français ont pu analyser pour la première fois, un crocodile momifié, il y a 2 000 ans. La surprise est que cet animal était sauvage, et il a été attaqué par des hommes qui l’ont momifié rapidement après son décès.
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Il y a 2000 ans, les Egyptiens chassaient des crocodiles sauvages pour en faire des momies

Il y a 2000 ans, les Egyptiens chassaient des crocodiles sauvages pour en faire des momiesDes chercheurs ont mené une étude inédite sur une momie de crocodile vieille de plus de 2000 ans découverte en Egypte.© Porcier et al/ESRF, programme MAHES

Par Emeline Férard

Des chercheurs français ont passé au scanner une momie égyptienne de crocodile vieille de plus de 2.000 ans. Les observations suggèrent que l’animal aurait été chassé à l’état sauvage avant d’être momifié.

En Egypte antique, la momification n’était pas réservée qu’aux humains. Chiens, chats, chèvres, oiseaux, chevaux ou encore crocodiles, on sait aujourd’hui que des millions d’animaux ont subi le même sort au temps des pharaons. En attestent les très nombreuses momies animales mises au jour notamment dans des sépultures antiques. Mais l’une d’elle a récemment livré des secrets inattendus.

La momie en question fait partie de la vaste collection du musée des Confluences de Lyon et appartient à un crocodile mort il y a plus de 2.000 ans en Egypte. Elle a été découverte sur les rives du Nil, dans l’ancienne cité de Kôm Ombo, connue pour abriter un magnifique temple dédié au culte de Sobek, un dieu à tête de crocodile.

La dépouille du reptile avait déjà fait l’objet d’analyses par le passé. Mais c’est une étude inédite que des chercheurs français ont menée. Ils ont utilisé une technologie de pointe appelée synchrotron afin de voir à travers les bandelettes sans prendre le risque d’abîmer la momie et son contenu. Des observations qui ont permis d’en savoir plus sur l’animal.

Mort d’un violent coup sur la tête

Selon les résultats publiés dans la revue Journal of Archaeological Science, le crocodile était un jeune mâle âgé de trois à quatre ans au moment de sa mort. Les analyses n’ont pas permis de déterminer de quelle espèce il s’agissait. Elles ont néanmoins indiqué que la momie était encore dans un bon état de conservation et ne montrait pas de trace de décomposition.

Comme pour la plupart des animaux momifiés, les organes du reptile n’ont pas été retirés, ce qui a aidé à déterminer son dernier repas. Son estomac contenait encore les restes d’un rongeur, d’insectes, de poissons et d’oeufs. Selon les chercheurs, ceci indique que le processus de momification a démarré très rapidement après son décès. Et celui-ci n’a rien eu de naturel.

L’examen des os du crâne a révélé la présence de plusieurs fractures, suggérant que le crocodile a reçu un violent coup à la tête.

« La cause la plus probable est une grave fracture à l’extrémité du crâne qui a directement provoqué un traumatisme au cerveau », écrivent dans leur étude les auteurs qui pensent que le « coup unique » a été asséné « avec un bâton en bois de deux centimètres d’épaisseur ».


« C’est une histoire incroyable », a confié Stephanie Porcier, principal auteur du rapport et coordinatrice du programme MAHES (Momies animales et humaines égyptiennes) au Los Angeles Times. « Nous ne nous attendions pas à trouver le crâne de la momie fracturé quand nous avons démarré les analyses ».

Si l’observation réjouit tant les spécialistes, c’est qu’elle en dit long.

Un cas inédit

Elle suggère que le reptile se reposait au sol quand l’attaque a eu lieu et surtout qu’il s’agissait d’un spécimen sauvage. On savait déjà que les Egyptiens avaient recours à des élevages d’animaux et collectaient des carcasses dans le seul but de les momifier. Mais c’est la première fois qu’un tel cas est documenté par les scientifiques, affirment les chercheurs.

« Seuls quelques égyptologues ont suggéré la chasse comme une méthode pour obtenir des animaux pour la momification, parce qu’il y avait trop peu de preuves pour soutenir cette hypothèse », précisent-ils dans leur étude.

Cette nécropsie virtuelle « est la première preuve concrète«  que la chasse était bien utilisée dans cet objectif.

A partir de ce seul crocodile, impossible de dire si cette pratique était répandue, stimulée par la demande en momies, ou s’il s’agit d’une exception. Cette découverte ouvre cependant de nouvelles perspectives sur la momification des animaux en Égypte ancienne qui serait bien plus diversifiée que ce que pensaient les spécialistes jusqu’à présent.

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Pérou : découverte du plus grand site sacrificiel d’enfants du 15e siècle


Pauvres enfants ! À l’époque, pré-Incas au Pérou, les enfants étaient comme aujourd’hui, des biens les plus précieux. Ils ont été choisis pour des sacrifices pour calmer les dieux, afin qu’ils arrêtent la pluie, alors qu’en fait, c’était El Niño qui faisait des siennes. Aujourd’hui, ils sont là, des enfants de 4 à 14 ans, momifiés pour témoigner d’une histoire basé sur des croyances. Leurs morts ont été en somme inutiles.
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Pérou : découverte du plus grand site sacrificiel d’enfants du 15e siècle


Pérou : découverte du plus grand site sacrificiel d'enfants du 15e sièclePlus de 200 squelettes d’animaux, principalement des lamas, accompagnent les corps des jeunes sacrifiés.© Gabriel Prieto

Par Gaétan Lebrun –

Une équipe d’archéologues a découvert plus de 227 squelettes d’enfants dans le Nord du Pérou. Il s’agit du plus grand site sacrificiel du pays.

227 squelettes ont été découverts par des archéologues à Huanchaco, au nord du Pérou, lors de fouilles menées depuis 2018. Pampa la Cruz est le plus grand site sacrificiel d’enfants issu de la culture précolombienne Chimu, civilisation pré-Incas, au Pérou.

Âgés de 4 à 14 ans, ces jeunes Chimús ont été enterrés de façon inhabituelle, allongés sur le dos ou recourbés sur le côté et sans ornements. Leurs corps sont disposés les uns à côté des autres, tournés vers l’océan, dans des linceuls en coton afin d’être offerts aux dieux. Certains ont encore de la peau et des cheveux. Plus de 200 squelettes d’animaux, principalement des lamas, accompagnent également les corps des jeunes sacrifiés. Le climat sec et aride de cette région a permis la momification naturelle des corps avec des cheveux, de la peau ainsi que la fourrure des animaux.

Gabriel Prieto

Un sacrifice de masse pour faire arrêter la pluie

Une étude publiée récemment dans la revue scientifique Plos One décrit les circonstances mystérieuses de ce rite sacrificiel datant du début du XVe siècle. Les analyses en radiocarbone montrent que les enfants et les animaux ont été délibérément tués de la même façon avec une taille horizontale au niveau de la cage thoracique, suivie d’une extraction du cœur. L’absence de marque d’hésitation montre une régularité dans les gestes. Les archéologues émettent ainsi l’hypothèse d’un sacrifice pour faire arrêter la pluie. Au XVe siècle, la région est traversée par un fort épisode du phénomène climatique El Niño qui frappe périodiquement le pays et qui se traduit par une hausse des températures et des pluies torrentielles.

PHOTO PROGRAMA ARQUEOLOGICO HUANCHACO, AFP

Des prêtres ainsi que les chefs Chimús ont ordonné au peuple de faire des sacrifices de masse afin de persuader les dieux de faire cesser le déluge et le chaos. Les enfants étaient l’offrande la plus précieuse qu’ils pouvaient adresser aux dieux face à l’urgence de faire cesser la pluie. Ces derniers auraient reçu de la chicha, bière de maïs, afin de les rendre dociles durant le rituel.

PHOTO LUIS PUELL, AFP

PHOTO LUIS PUELL, AFP

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La momie d’une petite "princesse" inca vieille de 500 ans retourne en Bolivie


Ñusta est une momie inca très bien conservée pour ses d 500. En 1890, elle est sortie illégalement son pays d’origine, la Bolivie, pour rejoindre les États-Unis. Maintenant, elle rentre chez elle après avoir été minutieusement étudiée. En Bolivie, on cherchera qui était cette petite fille de 8 ans. Peut-être qu’elle faisait partie de l’élite ou au contraire elle aurait été offerte en sacrifice. Donc son histoire est à suivre.
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La momie d’une petite « princesse » inca vieille de 500 ans retourne en Bolivie


La momie d'une petite "princesse" inca vieille de 500 ans retourne en BolivieLa momie de Ñusta a été découverte au sud de la ville bolivienne de La Paz et appartient à une fillette d’environ huit ans.© Michigan State University

Par Emeline Férard

La Bolivie vient de retrouver une momie inca qui avait été donnée il y a près de 130 ans à un musée américain. Surnommée Ñusta, la dépouille de cette fillette avait suscité un grand intérêt en raison de son excellent état de conservation malgré ses 500 ans.

Avec ses cheveux noirs sagement nattés, ses mains délicatement posées et sa robe quasiment intacte, on pourrait croire que cette momie inca vient à peine d’être découverte. Pourtant, c’est un vrai périple que Ñusta a vécu. Un périple qui l’a amenée jusqu’aux Etats-Unis avant qu’elle ne retrouve enfin son pays d’origine, la Bolivie, il y a deux semaines à peine.

Les restes momifiées de Ñusta ont été découverts au XIXe siècle au sud de la ville bolivienne de La Paz. Ils se trouvaient dans une tombe en pierre aux côtés de nombreux artéfacts parmi lesquels des sacs, une petite jarre en argile, des sandales, des plumes ainsi que différents types de plantes dont du maïs, des haricots, du kapok ou encore de la coca.

Une datation au radiocarbone a révélé que la sépulture inca remontait à la seconde moitié du XVe siècle, indiquant qu’elle avait probablement précédé l’arrivée de Christophe Colomb et la conquête espagnole de l’Amérique. Malgré ses quelque 500 ans, la momie est toutefois apparue dans un excellent état de conservation, ce qui n’a pas manqué de susciter l’intérêt des spécialistes.

De la Bolivie au Michigan

En 1890, Ñusta a rejoint les collections du Michigan State University Museum qui l’a exposée jusqu’au début des années 1970.

« C’était une exposition très populaire à l’époque« , a expliqué au Landing State Journal, William Lovis, conservateur du musée qui a participé aux efforts pour faire rentrer la momie chez elle.

Cette dernière a même figuré sur une carte postale de l’établissement.

Mais les critiques croissantes autour de la présentation de restes humains ont mis un terme à l’exposition et la momie a été placée à l’abri des regards dans des zones sécurisées du musée où elle est restée pendant 40 ans. Sans faire l’objet d’aucune recherche. Jusqu’à ce que William Lovis ne soulève la question de son avenir et de la possibilité de la retourner à son pays d’origine.

« Il y a trois ans, je suis arrivé à la conclusion que, si personne ne menait d’étude ni sur les artéfacts, ni sur les restes humains et si nous ne comptions plus les exposer, il était préférable de les renvoyer en Bolivie », a-t-il raconté.

La décision a finalement été prise à l’unanimité en octobre dernier et le musée a passé plusieurs mois à préparer le transfert de la petite Inca, à l’aide de l’ambassade américaine de La Paz.

Ces dernières années, le gouvernement bolivien s’est appliqué à rapatrier plusieurs biens archéologiques qui avaient quitté le pays illégalement. Mais c’est la première fois qu’un corps, et notamment une momie de cette période, fait l’objet d’une telle opération, a souligné la ministre de la Culture Wilma Alanoca à Associated Press.

Ñusta, un mystère bientôt résolu ?

Ce retour ne va pas seulement aider à remettre en lumière Ñusta, il va peut-être aussi permettre de résoudre une partie du mystère qui entoure son histoire. Les analyses ont en effet révélé que la momie est celle d’une fillette d’environ huit ans, mais son identité reste floue. Les spécialistes pensent qu’elle appartenait à un groupe de l’ethnie Aymara connu sous le nom de Pacajes qui évoluait dans les Andes.

Bien que les chercheurs l’aient surnommé Ñusta (« princesse » en language quechua), on ignore si la petite fille vêtue d’une robe de laine de lama ou d’alpaga était d’ascendance royale. Mais plusieurs indices suggèrent qu’elle n’était pas n’importe qui. Elle était en effet inhumée dans un type de tombe appelé « chullpa » habituellement réservé aux membres de l’élite.

« Il est possible que la fillette était une personne importante et que les objets placés avec elle revêtaient une importance d’autant plus sacrée qu’ils avaient une utilité », a avancé à l’AP William Lovis. « Une autre possibilité est que sa mort constituaitun sacrifice destiné à apaiser les dieux incas ou à leur faire une offrande ».

Autant de doutes que les spécialistes pourraient bientôt arriver à lever.

Avant son transfert en Bolivie, une équipe s’est appliquée à mener une étude approfondie de la momie. En utilisant les technologies les moins invasives possible, elle a mené des analyses sur ses cheveux, ses dents ainsi que sur ses tissus afin d’en savoir plus son état de santé, son alimentation et la présence d’éventuels traumatismes pouvant indiquer les causes de la mort.

Les résultats n’ont pas encore été dévoilés et seront prochainement rejoints par une nouvelle étude de Ñusta qui devrait être menée d’ici novembre en Bolivie. La momie, pour le moment conservée dans une chambre froide du National Archaeology Museum de La Paz, sera ensuite exposée au public, aux côtés d’objets funéraires, pour el Día de los muertos, une célébration donnée en hommage aux morts.

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Une momie d’Équateur, clé pour savoir comment une maladie a atteint l’Europe


La momie de Guano, n’a rien de conventionnelle. Elle a été retrouvée dans les murs d’un couvent franciscain. Il ne portait pas l’habit d’un moine franciscain et il est très bien conservé. Cette momie pourrait raconter l’histoire d’une maladie originaire d’Amérique et elle est maintenant partout dans le monde, la polyarthrite rhumatoïde.
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Une momie d’Équateur, clé pour savoir comment une maladie a atteint l’Europe

 

 

PAOLA LOPEZ
Agence France-Presse
Quito

Le docteur Philippe Charlier pointe la fistule au menton qui aurait provoqué la mort de la personne.

PHOTO RODRIGO BUENDIA, AFP

Sa peau ressemble à du carton, ses mains sont percées de trous. Ce corps momifié datant du XVIe siècle, découvert en Équateur, serait la clé pour retracer l’histoire d’une douloureuse maladie des articulations, qui s’est répandue depuis l’Amérique en Europe.

« C’est une momie extrêmement importante pour l’histoire des maladies », a précisé à l’AFP le médecin légiste, anthropologue et paléontologiste Philippe Charlier, directeur du département de la recherche et de l’enseignement du musée du Quai Branly à Paris.

L’expert français s’est rendu à Quito pour analyser les restes de ce « patient », au laboratoire de l’Institut national du patrimoine culturel. Le corps momifié présente des marques permettant de tracer l’origine de la polyarthrite rhumatoïde, et sa traversée jusqu’en Europe.

Selon l’INPC, il s’agirait d’un moine d’origine espagnole. Mais des études en cours pour déterminer son identité pourraient donner un autre résultat.

La sépulture de la momie, identifiée par l’institut comme celle du frère Lazaro de la Cruz de Santofimia, était inhabituelle : elle a été découverte entre les murs du couvent de l’Assomption à Guano, dans la province de Chimborazo (centre andin).

Une tombe atypique

A la différence d’autres corps enterrés dans des églises, en position horizontale dans des cercueils, la momie de Guano était dressée, sans autre protection que les murs de pierre, avec auprès d’elle un rat naturellement momifié aussi.

Conservé dans une atmosphère froide et sèche, le corps n’a pas été altéré par les mouches et les larves, ce qui a permis la préservation des tissus portant les marques de la polyarthrite rhumatoïde.

Cette maladie inflammatoire des articulations, propre au continent américain, intéresse le Dr Charlier, qui a par ailleurs étudié les restes de Hitler, Descartes, Robespierre et du premier homme de Cro-Magnon.

« C’est une maladie fréquente maintenant, mais son foyer d’origine est en Amérique, avant l’arrivée de Christophe Colomb », a expliqué mercredi cet expert, ajoutant que « la momie de Guano, c’est peut-être le chaînon manquant […] qui va nous permettre de comprendre comment cette maladie, qui était américaine à l’origine, est devenue ensuite une maladie mondiale par hybridation, par la confrontation entre deux mondes ».

Un moine franciscain ?

Un tremblement de terre, survenu dans le centre andin de l’Équateur en 1949, avait mis à jour l’étrange sépulture du présumé moine franciscain et gardien du couvent de 1560 à 1565, selon l’Université San Francisco de Quito, qui participe aux recherches.

« La momie de Guano rentre dans ce cadre des momies atypiques et des morts atypiques, et des sépultures atypiques » du fait de la position dans laquelle elle a été découverte et du fait de l’absence d’éléments chrétiens tel qu’un chapelet, et d’un cercueil, selon le Dr Charlier.

Les recherches n’ont pas encore permis de définir la date de la mort, mais ont déterminé sa cause la plus probable : une fistule au menton qui a dégénéré en abcès, puis en septicémie ou en encéphalite.

Il reste aussi à confirmer l’identité de la momie par l’étude des registres de l’ordre franciscain.

Les textiles recouvrant le corps pourraient fournir une piste.

« Ce qu’il a sur lui, n’est pas du tout le vêtement d’un frère franciscain. Un frère franciscain a une robe de bure, généralement de couleur brun foncé, et pas des vêtements de qualité comme on peut en voir sur ce monsieur là », a précisé l’expert français.

Philippe Charlier a pu étudier la momie durant deux jours. Pour son transfert depuis Guano, les techniciens de l’INPC avaient fabriqué sur mesure un cercueil en éponge, dont le corps n’a été retiré que sous le regard attentif du médecin légiste, arrivé mardi à Quito. 

Il a prélevé des échantillons d’os et de tissus secs afin de procéder à des analyses génétiques et au carbone 14.

« Les morts sont aussi vivants que nous. Nous, on est des futurs morts. Donc pour moi, c’est une chaîne, une chaîne continue. Et il n’y a aucun caractère morbide : je ne travaille pas sur les morts parce que la mort m’intéresse, je travaille sur les morts parce qu’ils ont beaucoup de choses à nous raconter », a-t-il souligné.

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Des momies de plus de 2000 ans dévoilées en Égypte


Des momies, oui encore des momies en Égypte. Donc, des momies qui ont plus de 2 000 ans avant que le pays soit sous l’emprise romaine. Il semble que ce soit une famille bourgeoise qui ont laissé leur empreinte dans l’histoire égyptienne.
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Des momies de plus de 2000 ans dévoilées en Égypte

 

MOHAMED EL-SHAHED VIA GETTY IMAGES

Pour les contempler, il faut emprunter une fine échelle et descendre un tunnel en pierre étroit de neuf mètres.

Elles ont plus de 2000 ans mais sont « en bon état »: plus de 40 momies datant de la dynastie ptolémaïque d’origine grecque (323 à 30 avant J.-C.) ont été dévoilées en grande pompe dans des catacombes en Égypte par le ministère des Antiquités.

Pour les contempler, il faut emprunter une fine échelle et descendre un tunnel en pierre étroit de neuf mètres. Sous le sol sableux du site archéologique de Touna el-Gebel à Minya, en Moyenne-Egypte (centre), une vaste pièce donne accès à plusieurs chambres minuscules.

À l’intérieur, des momies brunâtres sont posées à même le sol ou placées dans des cercueils ouverts en argile blanche. De sexes et de tailles différents, elles sont enveloppées de lin ou décorées d’écritures démotiques, une langue égyptienne antique. Certaines portent encore des fragments de carton coloré, un matériau utilisé pour la fabrication de masques funéraires.

Selon le ministère égyptien des Antiquités, ces hommes et ces femmes, ces enfants et mêmes ces animaux de compagnie ont été découverts dans un tombeau familial appartenant à « la petite bourgeoisie » de l’époque ptolémaïque, du nom de la dernière dynastie pharaonique régnante, d’origine grecque, avant que l’Egypte ne passe sous domination romaine. La reine Cléopâtre en fut la dernière souveraine.

« Tous sont en bon état de conservation », assure le ministère.

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Deux momies parfaitement préservées découvertes dans un tombeau vieux de 3500 ans


L’Égypte accentue sur les découvertes en 2018, la Vallée des rois n’est pas en reste. Des sarcophage à l’intérieur des nécropoles contenant des momies bien conservées
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Deux momies parfaitement préservées découvertes dans un tombeau vieux de 3500 ans

 

Crédits : ministère égyptien des Antiquités

par  Laura Boudoux

 

Ces archéologues français ont fait une découverte incroyable dans la Vallée des rois, en Egypte. À l’intérieur de la nécropole d’El-Assasif, à Louxor, deux cercueils en bois en parfait état ont été retrouvés, renfermant toujours leurs momies. 

« L’un des sarcophages est de style rishi, qui remonte à la dix-septième dynastie, tandis que l’autre sarcophage appartient à la dix-huitième dynastie », a déclaré le ministre des Antiquités, Khaled Al Anani.

Le plus ancien des deux pourrait donc dater de 1580 avant J.C. et les scientifiques n’ont pas encore déterminé qui était en son sein, révèle The Guardian.

Crédits : ministère égyptien des Antiquités

Ces découvertes ont été faites par une équipe de Français, le 12 novembre 2018. Douze jours plus tard, les scientifiques ont, pour la première fois de l’histoire, ouvert devant des médias du monde entier un sarcophage qui n’avait jamais été descellé. Ils ont alors pu identifier l’une des momies, qui appartient à une femme nommée Pouyou, a annoncé l’université de Strasbourg.

Crédits : ministère égyptien des Antiquités

Depuis début 2018, l’Egypte a fait des fouilles archéologiques l’une de ses priorités. En association avec des chercheurs du monde entier, le pays a enregistré des dizaines de découvertes, qui permettent non seulement de mieux appréhender cette période de l’histoire, mais aussi d’améliorer son image, pour attirer l’intérêt des touristes. Autrefois très prisée des voyageurs, l’Egypte peine à apparaître comme une destination sûre, depuis le soulèvement politique de 2011.

Sources : The Guardian / Université de Strasbourg

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