Le Saviez-Vous ► Mais pourquoi les sorcières ont-elles toujours un balai


Parfois, les légendes ont pour sources de bien étranges origines. Pourquoi un balai pour les sorcières ? Cela a un rapport avec l’ergot cette drogue pris a petite dose à des effets hallucinogène. Pour profiter de cette drogue, il fallait trouver un moyen d’éviter les effets secondaires… d’où le balai. Enfin, c’est ce que l’on suppose !
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Mais pourquoi les sorcières ont-elles toujours un balai


Dans le monde occidental, la sorcière est associée à son pouvoir de voler sur un balai. Une légende qui trouve son explication dans le pain de seigle… et la drogue.

Avec Atlantico.fr

Quel est le point commun entre Hermione Granger, Mélusine et Mémé Ciredutemps ? Facile, comme toute sorcière qui se respecte, elles se déplacent en balai. Mais pourquoi cet objet est-il devenu, dans l’imaginaire collectif, l’attribut principal de ces jeteuses de sorts ? Vous vous êtes peut-être posés la question le soir d’Halloween.

Réponse : à cause du pain.

En Europe, du Moyen Âge jusqu’à la Renaissance, cet aliment était la plupart du temps fabriqué avec du seigle. Or, le seigle peut contenir de l’ergot, un champignon mortel à haute dose. En petite quantité, l’ergot est aussi un puissant hallucinatoire, explique The Atlantic. Du XIVe au XVIIe siècle, des écrits rapportent les « crises de folie » de personnes dansant dans la rue la bave aux lèvres, jusqu’à tomber d’épuisement. 

De retour à leur état normal, ils décrivaient les visions psychédéliques accompagnant leur délire passager. Bien plus tard, au XXe siècle, le chimiste suisse Albert Hofmann réalisa l’étendue des effets du LSD en étudiant l’ergot.

Petit à petit, le gens ont commencé à utiliser l’ergot, non plus pour faire du pain, mais pour ses propriétés hallucinogènes. Ainsi, au XVIe siècle, Andrés de Laguna, expert médical d’un tribunal espagnol, a raconté avoir confisqué à un couple « un pot rempli d’une pommade verte […] composée d’herbes comme la ciguë, la belladone, la morelle et la mandragore ». Ce couple a ensuite été accusé de sorcellerie, rapporte Forbes.

 

Et les balais dans tout ça ? Pour bien planer, les consommateurs d’ergot ne pouvaient pas simplement ingérer la drogue : par voie orale, ce champignon peut provoquer vomissements et irritations de la peau. Par voie cutanée, en revanche, ces effets indésirables disparaissent. Le plus « commode » restait donc d’absorber le produit par les glandes sudoripares des aisselles… et par les parties génitales.

C’est là que le balai intervient, ou plutôt le manche du balai : pour aider à l’absorption du baume fait à base d’ergot… Bref, vous voyez l’idée.

Reste un point à éclaircir : pourquoi un balai volant ? Dans les rituels païens, cet objet était perçu comme un symbole d’équilibre entre l’homme (le manche, signe de virilité) et la femme (la brosse, le sexe féminin) – ce qui explique pourquoi, pendant très longtemps, cet outil était présent pendant les mariages. L’explication la plus probable est sans doute que les gens utilisaient leur balai, quand ils se droguaient, pour voler, dans le sens de planer.

En 1976, la psychologue Linnda Caporael a émis l’hypothèse selon laquelle le Massachusetts avait été victime d’une « épidémie » d’ergotisme à la toute fin du XVIIe siècle. L’épicentre de cette pandémie ? Salem…

M.S.

https://www.atlantico.fr

Le Saviez-Vous ► Qui étaient les Sorcières de Salem ?


Les femmes dans les années 1400 jusque vers la fin des années 1600, les femmes américaines, et même les enfants pouvaient être victimes d’accusations de sorcelleries.L’ignorance, la peur du diable a fait de ces femmes des victimes qui ont été condamnées et certaines ont été pendues.
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Qui étaient les Sorcières de Salem ?


La salle d’audience, illustration de 1876.

Par William A. Crafts — Vol. I Boston: Samuel Walker & Company, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=263506


Pendant deux siècles, des milliers de femmes accusées de jeter des sorts, de semer la maladie et la mort sont traquées, dénoncées, soumises à la question, torturées avant d’être brûlées vives.

La première vague de répression fut menée par les tribunaux de l’inquisition, de 1480 à 1520. Mais la plus intense folie meurtrière fut orchestrée par les tribunaux civils de 1580 à 1682. Une chasse aux sorcières qui aurait fait, selon des historiens, 100 000 victimes. La procédure se déroulait toujours de la même manière : dénonciation, interrogatoire du suspect, recherche de la « griffe du diable » par les « piqueurs », confrontation des témoins, torture et aveux, sentence et exécution publique. Un supplice dont le but est de purifier la communauté entière des crimes de sa sorcière.

En 1692, Samuel Parris, pasteur de la communauté de Salem village – aujourd’hui Danvers – dans le Massachusetts, aux États-unis, coule des jours heureux avec son épouse, sa fille Betty, 9 ans, sa nièce Abigaïl Williams, 11 ans, et son esclave noire Tituba, ramenée des Indes occidentales. Celle-ci, pour amuser les fillettes, leur raconte chaque soir des récits vaudous et leur prédit l’avenir. Or, à cette époque, les pratiques de divination sont interdites. Comme dans toutes les colonies puritaines, les habitants de Salem sont en lutte permanente contre le malin. Bientôt, les deux filles commencent à présenter des signes étranges de possession. Elles passent leurs journées à marcher en traînant les pieds tout en parlant dans une langue inconnue. Parfois même, elles deviennent invisibles. Aucun médecin ne parvient à identifier l’origine du mal. Les parents s’inquiètent. Alors, on les déclare possédées par le diable. A force de les harceler sur l’identité de leur persécuteur, on obtient trois noms : Tituba, l’esclave noire, Sarah Osborne, une vieille dame malade et Sarah Good, une pauvre mendiante.

Le 1er mars 1692, les trois femmes sont officiellement accusées de sorcellerie et subissent un interrogatoire public devant tout leur village, avant d’être emprisonnées

Très vite, d’autres accusations pleuvent: encore des vieilles femmes de Salem et une fillette de 4 ans ! A la mi-juin, soixante-dix personnes s’entassent dans les geôles. Les procès sont suivis d’une condamnation à mort par pendaison. Deux moyens d’y échapper: être enceinte ou dénoncer. Face à la terreur, certains s’enfuient en abandonnant tout derrière eux. Les champs sont laissés en jachère, les bêtes livrées à elles-mêmes. En moins d’un an, 200 suspectes sont arrêtées. Environ 150 seront jetées en prison et dix-neuf seront pendues. D’autres deviendront folles ou décéderont avant leur condamnation. Au total, l’affaire des sorcières de Salem aura fait 40 morts jusqu’à ce que, le 14 janvier 1693, le gouverneur royal, Sir William Phips, amnistie les derniers accusés et réhabilite les victimes. En 1953, Arthur Miller fit de cette affaire célèbre le sujet de sa pièce de théâtre The Crucible. En y dénonçant la chasse aux communistes lors du Maccarthisme, il fit des sorcières de Salem l’archétype de toutes les répressions aveugles de l’Histoire.


Par Manuela France

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Le Saviez-Vous ► Les piqueurs de sorcières


Au temps de la chasse aux sorcières, c’est surtout des femmes qui ont été accusées de sorcelleries. N’importe qui pouvaient accuser, que ce soit un simple d’esprit, un enfant ou tout autre personne. Quand un mari voulait se débarrasser d’une femme, quand une femme était trop indépendante, c’était facile de l’accuser d’être une sorcière. Sans compter que tous les maux comme la maladie, les épidémies, les morts d’enfants, la sécheresse pouvait être une preuve. Et il y avait la torture pour faire avouer de leur soi-disant crime.
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Les piqueurs de sorcières

 

 

RACONTÉ  PAR MARINE GASC

On le sait, la sorcellerie peut prendre différentes formes, mais le plus souvent la sorcière n’est qu’une femme.

 

Aux XVI et XVIIème siècles, à l’heure de la chasse aux sorcières, une femme qui rit parfois un peu fort, qui refuse le mariage ou qui a une sexualité qualifiée comme hors norme est une sorcière. Une épouse volage ou une maîtresse enceinte peut aussi être qualifiée de sorcière pour s’en débarrasser rapidement et surtout : durablement. Mais alors, comment ça se passe lorsqu’une femme est suspectée de sorcellerie ?

QU’EST-CE QU’UNE SORCIÈRE ?

Sans parler de sortilège, de baguette magique et de philtre d’amour, une sorcière est une femme qui ne répond généralement ni à un mari, ni à un prêtre, ni à la médecine traditionnelle. Elle profite de cette liberté illégitime pour causer du tort aux autres, faute d’avoir des enfants à élever et un mari à nourrir et combler, elles volent, elles « guérissent » et on soupçonne certaines de tuer et dévorer des enfants (les leurs ou non), lors du sabbat. Rare sont les femmes accusées de sorcellerie qui sont mariées, ou alors, ce sont les pires. Elles s’échappent la nuit, à l’insu des époux endormis, à l’aide d’un balais coincé entre les jambes (tu le vois le symbole phallique? Et le rejet des tâches domestiques qui leurs incombent ?) ! Pour quoi faire ? Peu importe, elles ne répondent pas aux normes, elles subsistent sans époux, c’est forcément la volonté du diable et il faut s’en débarrasser au plus vite. (je vous recommande ce livre)

LE SIMULACRE DE PROCÈS

La première femme en France à avoir été condamnée pour sorcellerie est Jeanne de Brigue, une parisienne avec des dons de voyance et de guérison, elle est brulée vive en aout 1391 sur Saint-Honoré.

Pour condamner une femme, il suffit d’affirmer être le témoin de divers dommages causés par la sorcière… Une mauvaise récolte, un enfant mort en bas âge, la maladie… Peu importe. S’il y a plusieurs témoins, c’est encore mieux et les enfants sont nombreux à participer aux procès. C’est d’autant plus facile de leur faire dire ce que les juges souhaitent entendre. Même les fous et les simples d’esprit peuvent témoigner. Ensuite, l’accusée est entendue, elle raconte sa version des faits. Mais difficile de convaincre un auditoire qui vous considère coupable et font tout pour recevoir des aveux…

TORTURE PSYCHOLOGIQUE ET ÉPREUVE DE L’EAU

Entre 1645 et 1647, un chasseur de sorcières mandaté par le Parlement Anglais, nommé Hopkins donne quelques recommandations pour pousser les sorcières à avouer : il les prive de sommeil. Longtemps. Impossible de retrouver une trace de sang ou de contrainte physique. Les femmes deviennent juste folles. Ensuite, il les plonge dans l’eau pour voir si elles coulent (elles sont alors innocentes) ou si elles flottent. Lorsque l’eau rejette les femmes, c’est qu’elles ont renoncé au baptême, ce sont donc d’affreuses sorcières… Par gain de temps et vengeance populaire, les habitants organisent d’eux même, sans avoir recours à la justice, l’épreuve de l’eau pour les accusées de sorcellerie. Après lui avoir attaché les pieds et les mains, paf, dans un baquet d’eau ou une rivière. Si elle coule, elle est innocente mais c’est trop tard, elle est morte. Si elle flotte, on la laisse dans l’eau jusqu’à ce qu’elle finisse par mourir. Les autorités finissent par interdire cette pratique qui échappe au contrôle de la justice…

Pour les accusées encore vivantes, il reste maintenant à trouver le recoin du corps dans lequel le diable s’est faufilé…

LES PIQUEURS DE SORCIÈRE

Un grain de beauté un peu foncé ? Une cicatrice ? Une mèche de cheveux blancs ? Une zone insensible sur le corps ? Il n’y a aucun doute, c’est le chemin qu’à emprunter le diable pour prendre possession du corps de la sorcière, le stigma diaboli ! Il est d’autant plus facile de trouver des zones du corps abîmées sur une vieille dame que sur une jouvencelle et ça tombe bien car il est plus facile de mettre sur le droit chemin du mariage une jeune fille qu’une vieille dame. Si un homme se bonifie avec le temps, les tempes grisonnantes lui vont à ravir, au contraire, une femme devient une vilaine sorcière. En 1460, une sorcière nommée Yolande est brûlée vive. Le piqueur de sorcière, lui ayant rasé la tête, découvre qu’une partie de son crane est dépigmenté, le diable s’y est faufilé !

LES DERNIERS TOURMENTS DES SORCIÈRES

Lorsque les piqueurs parviennent à trouver une marque, par la suite les juges ordonnent généralement la torture, ce qui réussit fréquemment à leur faire avouer n’importe quoi.

Et les juges mettent les moyens… Torture par le feu, classique. Estrapade, un peu plus complexe, le bourreau encorde les bras de la victime et les hissent jusqu’à ce que la malheureuse sorcière soit à plusieurs mètres du sol. Puis on lâche la corde jusqu’à ce que le corps retombe à quelques centimètres du sol, sans jamais toucher terre, et on remonte. Et on recommence. Au bout de plusieurs fois, les épaules se disloquent, provoquant des douleurs insupportables. Lorsque les juges sont zélés, il arrive qu’ils décident d’installer un bûcher au pied de la poulie… Face à ce comportement qualifié « d’excessif », le pouvoir public est intervenu plusieurs fois pour modérer la torture, l’idée ce n’est quand même pas de mourir avant le bûcher final ! Parce que c’est bien ce qu’on attend, la mort par le feu ! En réalité, de nombreuses sorcières étaient étranglées quelques secondes avant le bûcher… On n’est pas des monstres hein…

LE PRIX D’UN PROCÈS

Si les raisons pour incriminer les femmes sont nombreuses, il existe bien un seul moyen de calmer les bourreaux. Le pognon. Lorsqu’on accuse quelqu’un de sorcellerie, il faut payer. Cher. Et le reste de la ville doit aussi payer une contribution financière supplémentaire. Dès le début du procès, les biens de la sorcières sont confisqués pour couvrir les frais du procès mais rares sont les femmes indépendantes qui roulent sur l’or alors ce sont les habitants et le seigneur local qui déboursent… C’est ainsi que de nombreuses femmes ont pu être épargnées… Le mouvement de chasse aux sorcières ralentit vers la fin des années 1680, avec l’avancée des connaissances, les malades meurent moins, les enfants aussi et on  croit de moins en moins aux esprits démoniaques qui propagent le mal autour d’eux. Même l’Eglise prend du recul et le pouvoir central met en place l’obligation de faire appel lorsque la sentence est la peine de mort. Mais en ce qui concerne les procès clandestins, c’est autre chose. Les dernières victimes, accusées de sorcellerie, ont été brûlées au XIXème siècle en France. Notamment à Bournel en 1826 et à Vic en Bigorre en 1856

Aujourd’hui, on a trouvé d’autres sanctions pour punir les femmes…

http://www.racontemoilhistoire.com/

Le Saviez-Vous ► Connaissez-vous la face cachée de ces contes de fées ?


Les contes de fées que nous racontons à nos enfants et petits enfants, les dessins animés de Disney qui ont fait sa renommée. Pourtant, l’origine de ces contes est très différente de ce que nous connaissons aujourd’hui, à vrai dire, ils étaient plutôt glauques.
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Connaissez-vous la face cachée de ces contes de fées ? 

 

 

Inutile de rappeler les phrases qui commencent et concluent les contes les plus célèbres – elles ne sont que trop connues. Ce qui l’est moins en revanche, c’est la véritable version de ces histoires que nous pensons connaître sur le bout des doigts. Récemment, les dessins animés et autres fictions nous ont en effet souvent proposé une version largement édulcorée de ces récits merveilleux. Faisons donc tout de suite le point sur les versions “originales” les plus surprenantes de ces cinq contes !

Raiponce, les frères Grimm

Récemment adaptée par le studio Disney, l’histoire de l’héroïne aux cheveux (très) longs ne figure pas parmi les plus connues de la littérature du genre. Quoi qu’il en soit, l’histoire des frères Grimm la met bien plus à l’épreuve. Déjà, son père accepte avant sa naissance de la donner à une sorcière, en échange du droit de cueillir des raiponces (les fleurs, donc) sur les terres de cette dernière. Il est vrai que la reine se sent très mal et que seules ces fleurs la soulagent. L’enfant du couple royal est donc enlevé à la naissance par la vieille femme.

Des années plus tard, nous retrouvons Raiponce enfermée dans sa grande tour. Elle tombe amoureuse du prince du royaume voisin qui a fait sa connaissance en déjouant l’attention de la sorcière. Mais pas pour longtemps : son stratagème est découvert, et il se retrouve aveugle après avoir chuté du haut de la tour et atterri dans les ronces. Perdu, il erre ainsi seul pendant des années, croyant que Raiponce n’est plus.

De son côté celle-ci est punie pour sa trahison. La sorcière coupe sa chevelure et l’abandonne à un triste sort. Dans sa solitude, elle mettra au monde des jumeaux. Des années plus tard, le prince la retrouvera par hasard, et les larmes de joie de la jeune fille soigneront la cécité de son bien-aimé.

Blanche-Neige, les frères Grimm

Les versions diffèrent parfois quant aux châtiments imposés par la belle-mère de Blanche-Neige. Avant la pomme empoisonnée, les frères Grimm évoquent plusieurs tentatives de la part de la sorcière pour tuer sa belle-fille. D’abord avec un lacet de corset trop serré, puis avec un peigne empoisonné. Dans tous les cas, rien de bien réjouissant puisque la jeune fille finit par mourir – du moins jusqu’à l’arrivée du prince.

En effet, l’histoire se finit bien pour l’héroïne aux cheveux noirs comme l’ébène. En revanche, c’est un tout autre dénouement pour la sorcière rongée par la jalousie. Si elle ne parvient effectivement pas à ses fins, elle finit d’une bien triste manière. Certes, elle est tout à fait diabolique – mais son châtiment ne l’est pas moins.

Elle se retrouve en effet contrainte de danser avec des souliers en fer, sauf que ceux-ci sont brûlants et rougis par le feu. Le tout jusqu’à ce que mort s’ensuive. Pas sûr que cette scène ait sa place dans un film pour enfants…

pomme neige blanche-neige

Crédits : PxHere / Domaine Public

La Belle aux bois dormant, Charles Perrault

C’est l’un des rares contes qui ne s’arrête pas au mariage des héros. En vérité, ils ont ensemble deux enfants : Aurore et Jour. La princesse – devenue reine – part vivre dans le château de son époux avec la mère de ce dernier. Dans les contes de fées, la figure récurrente de la belle-mère est rarement de bon augure. Une fois n’est pas coutume donc, celle de ce conte est une ogresse qui désire faire de ses petits-enfants (et de sa belle-fille) son repas.

Après de multiples ruses pour les accommoder à sa sauce en l’absence du prince (parti à la guerre), elle parvient à ses fins. Enfin, presque. Le valet chargé de tuer les victimes trompe l’ogresse en cachant la reine et ses enfants. À la place, il lui sert de la viande animale. Mais elle découvre la ruse et furieuse, prépare une cuve remplie de crapauds, vipères et autres serpents.

On s’en doute, ce stratagème a pour but de la venger de la tromperie dont elle a été victime. La reine et ses enfants sont donc amenés au-dessus de la cuve pour y être jetés. C’est le moment que le prince choisit pour rentrer in extremis au château et sauver sa famille. Figure royale ou non, l’ogresse finit jetée dans la fosse remplie de serpents.

La petite sirène, Hans Christian Andersen

C’est sûrement l’un des contes les plus repris par le cinéma. En témoignent les versions de Disney avec La petite sirène (1989) et des studios Ghibli avec Ponyo sur la falaise (2008). Mais elles n’ont pas la même fin que l’histoire de l’écrivain danois, bien au contraire. Il s’agit même de l’un des contes les plus tristes qu’il ait pu écrire.

Au début, l’héroïne sauve bel et bien d’un naufrage le prince dont elle est tombée amoureuse. Après l’avoir ramené sur une plage, elle se cache alors qu’il est recueilli par une jeune fille. Pour le retrouver, elle fait un pacte irréversible avec une sorcière pour devenir humaine et le rester – seulement si le prince se marie avec elle. Mais à quel prix ? Sa voix, et la douleur.

Sa transformation s’accompagne de terribles sensations, comme si une épée lui tranchait les jambes pour les séparer. À chaque pas, c’est comme si des lames acérées s’enfonçaient dans la plante de ses pieds. Une fois transformée, elle souffre le martyre mais retrouve son bien-aimé. Or il a beau tomber sous son charme, il ne reconnaît pas en elle celle qui l’a autrefois sauvé.

Un beau matin, les cloches des églises sonnent pour annoncer des noces : celles du prince et de la princesse du royaume voisin, qui n’est autre que la jeune fille qui l’a recueilli sur la plage. Dévorée par le chagrin, la petite sirène refuse cependant le marché de ses sœurs, qui lui proposent de tuer le prince pour retrouver sa vie de sirène. Incapable de faire du mal à celui qu’elle aime, elle préfère finir transformée en écume, et ce pour l’éternité.

Le petit chaperon rouge, Charles Perrault

C’est sans conteste le personnage de conte par excellence, qui n’a cessé d’alimenter l’imaginaire collectif depuis sa création. Inutile ici de rappeler le début de l’histoire, penchons-nous sur la rencontre avec le loup. Notons au passage que cette figure a souvent été associée à celle d’un prédateur sexuel… Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un personnage néfaste avec lequel il ne fait pas bon s’attarder. La jeune fille le sait, mais l’on connaît la suite de l’histoire. Enfin, pas tout à fait.

Dans le récit écrit par Perrault, il n’y a tout simplement pas de chasseur ! Certaines versions plus rassurantes évoquent en effet cette figure providentielle qui vient tuer le loup et sauver la petite fille et sa grand-mère après qu’elles aient été mangées. Mais ce n’est pas le cas chez l’auteur qui nous intéresse. Ici, cette fin abrupte signifie que l’imprudence du petit chaperon rouge lui coûte bel et bien la vie à elle et sa grand-mère… La “leçon idéale” pour éviter aux jeunes filles de l’époque les mauvaises fréquentations, au risque d’y perdre leur vertu et de se compromettre.

Si l’on peut se demander pourquoi les versions récentes des contes de fées sont “allégées” par rapport à celles que nous venons d’évoquer, il ne faut pas perdre de vue que le premier objectif de ces histoires est de divertir et de s’adapter à un public qui change selon les époques. Il existe en effet autant de versions qu’il y a de narrateurs !

Cendrillon

 

Cendrillon est loin d’être la petite fille innocente que nous connaissons chez Disney. Dans la version de Basile apparue en 1634 dans le Pentamerone, Cendrillon s’appelait en fait Zezolla. Elle aurait aimé que son père se marie avec sa gouvernante, qu’elle adore. Malheureusement, le père choisit une horrible femme. La gouvernante, qui n’est pas contre l’idée de monter en grade, élabore un plan avec Zezolla. La petite, téméraire et sans scrupule, demande à sa belle-mère d’attraper un vêtement dans une malle et alors qu’elle plonge la tête au fond de celle-ci, Zezolla referme le couvercle d’un coup sec, lui brisant la nuque : le coup du lapin ne pardonne pas.

Ce que Zezolla n’avait pas prévu est que sa gouvernante et ses six filles sont plus pestes encore que sa défunte belle-mère. Elle devient malgré elle la servante de la maison que l’on surnomme Cat Cendrillon, littéralement « celle qui dort avec les cendres ». Quand le père part en voyage, il demande toujours à ses filles ce qu’elles aimeraient recevoir en souvenir. Zezolla, elle, n’est pas intéressée par les objets de grande valeur, elle supplie que les fées lui envoient quelque chose. Elle finit par recevoir un dattier. Rien d’extraordinaire, pensez-vous, mais un jour, une fée en sort et offre un vœu à Zezolla. La suite, vous la connaissez : elle demande de pouvoir quitter la maison sans que personne ne s’en aperçoive.

Zezolla s’en va donc au bal, où elle rencontre le roi qui tombe fou amoureux d’elle. Le seul moyen qu’il a de la revoir est d’organiser un autre bal et faire essayer la pantoufle que Zezolla a perdue derrière elle. Et c’est là que l’on comprend pourquoi Perrault et même Basile ont choisi d’occulter ce passage sordide : dans des versions anciennes, la belle-mère coupe les orteils et le talon de ses filles afin qu’elles puissent rentrer leur pied dans la pantoufle. Et dans le conte des frères Grimm « Aschenputtel », les demi-sœurs de Zezolla se mutilent elles-mêmes les pieds. C’est alors que de petits moineaux chantent afin d’avertir le roi de la boucherie qui a lieu. Et pour finir, ces mêmes oiseaux (mais n’imaginez pas ceux de Disney) se mettent à attaquer les demi-sœurs, alors en route pour le mariage de Cendrillon, et à leur dévorer les yeux.

La morale de ce conte en reste inchangée : les méchants finissent toujours par payer. Perrault a ajouté toute la dimension féerique au conte : la citrouille magique, la fée marraine, la pantoufle en verre, etc. Effectivement, essayez d’imaginer les pieds mutilés ensanglantés se laissant apercevoir dans la pantoufle transparente. Heureusement que Walt Disney a choisi d’adapter la version de Perrault pour son film !

Peter Pan

 

Peter Pan est à l’origine un personnage du roman pour adulte le Petit Oiseau blanc, de J. M. Barrie, publié en 1902. En raison du succès de ce personnage qui n’apparaissait que dans quelques chapitres seulement, J. M. Barrie en fait le héros d’une pièce qu’il écrivit en 1904 : Peter Pan où le garçon qui ne voulait pas grandir(Barrie l’adapte ensuite dans un autre roman beaucoup plus connu : Peter Pan et Wendy). La pièce introduit pour la première fois les personnages de Capitaine Crochet, Wendy et la fée clochette.

« Le nombre des garçons vivant dans l’Ile peut varier, évidemment, selon qu’il leur arrive d’être tués ou bien d’autres choses. Dès qu’ils semblent avoir grandi – ce qui est contraire au règlement- Peter les supprime».

 Ce que Disney ne dit pas, mais ce qu’il faut pourtant comprendre ici, est que Peter Pan, ni plus ni moins, tue les garçons perdus avant qu’ils ne grandissent.

« Mourir sera une terriblement grande aventure ».

Peter Pan est en fait moins obsédé par le fait de rester jeune que par la mort elle-même. Cela peut trouver son explication dans l’enfance de l’auteur qui perdit son frère très jeune. Les moments les plus tragiques se résument à Wendy passant à côté de la mort à cause d’un tir de flèche, Peter Pan attaqué par le capitaine Crochet se noyant et le capitaine lui-même se faisant manger par un crocodile. La féérie et l’innocence n’atténuent pas moins les atrocités de ce conte.

 

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Cette momie aux tatouages étranges serait une puissante sorcière vieille de 3000 ans


Une momie dont on a enlevé la tête, les mains ainsi que les jambes .. Elle présente des tatouages spéciaux qui laisse a pensée qu’elle était considérée une sorcière, ou une magicienne dans l’Égypte ancienne.
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Cette momie aux tatouages étranges serait une puissante sorcière vieille de 3000 ans

 

par  Laura Boudoux

 

Sur la peau de cette momie se distinguent encore une trentaine de mystérieux tatouages. Retrouvé en 2014 dans un tombeau de Louxor, en Égypte, ce corps a mis du temps à livrer ses secrets.

Mais le 18 octobre 2018, les scientifiques ont annoncé que leurs recherches avaient payé et qu’ils en savaient plus sur cette mystérieuse femme, qui a « probablement vécu entre 1 300 et 1 070 av. J.-C. et qui est morte entre 25 et 34 ans ».

 D’après Mustafa el-Waziri, secrétaire général au conseil suprême des antiquités d’Égypte, les tatouages présents sur ses épaules, son cou, son dos et ses bras montrent que « la momie appartient à une femme qui jouissait d’un statut religieux important tout au long de sa vie ».

Son corps a été délesté de ses mains, de ses jambes, de sa tête ainsi que de son pelvis. Cette étrange inhumation, associée aux tatouages complexes, peuvent être le signe qu’elle a été utilisée pour un rituel divin, ou relevant de la sorcellerie. Sur sa peau, les dessins représentent des taureaux, des moutons, des babouins, des fleurs de lotus et l’œil d’Horus, qui symbolise la victoire du bien sur le mal, la santé et la protection.

« Quel que soit l’angle sous lequel vous regardez cette femme, vous voyez deux yeux divins vous regarder », a révélé l’archéologue Anne Austin, de l’université Stanford, lors d’une conférence tenue en 2016.

Il pourrait ainsi s’agir de la dépouille d’une puissante magicienne.

C’est la première fois qu’un squelette aussi vieux présente des tatouages figuratifs.

« Ceux qui ont été retrouvés jusqu’à présent sur d’autres momies de l’Égypte ancienne présentent de simples dessins, qui se traduisent par des points ou de petites lignes, mais jamais de scènes ou de figures comme celles que nous trouvons ici », a expliqué Mustafa el-Waziri.

Les plus anciens tatouages de l’Égypte antique ont été datés à 5 000 av. J.-C.

Sources : International News

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À New York, des sorcières se réunissent pour jeter des sorts à Donald Trump en direct sur Facebook


Bon, cela ne donnera pas grand chose, seulement montrer la colère de certains contre la nomination Brett Kavanaugh et aussi contre Donald Trump.
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À New York, des sorcières se réunissent pour jeter des sorts à Donald Trump en direct sur Facebook

 

par  Laura Boudoux

L’événement diffusé en live sur Facebook et Instagram se tenait samedi 20 octobre dans une librairie de Brooklyn, raconte The Independent.

Des sorcières s’y sont réunies pour jeter un sort au juge Brett Kavanaugh, siégeant à la Cour suprême des États-Unis depuis le début du mois d’octobre

Un « acte de résistance et de résilience » pour protester contre l’homme de droit, visé par des accusations d’agressions sexuelles. Le sort visait également « tous les violeurs et le patriarcat qui les enhardit, les récompense et les protège », ont précisé les organisatrices de l’événement.

Les sorcières de la librairie Catland ont installé des poupées de chiffons, censées représenter Brett Kavanaugh, mais également Donald Trump, dans un cercle tracé à la craie, contenant aussi trois bougies plantées de clous. Sur Facebook, les sorcières ont donné quelques conseils aux amateurs de magie noire, pour que les internautes puissent reproduire le sort chez eux. De la terre récoltée dans un cimetière, des clous de cercueil, une bougie noire, un miroir brisé, ou encore de l’eau des toilettes sont notamment nécessaires pour sceller la malédiction.

« Le mal que nous voulons infliger à Kavanaugh et Trump, c’est qu’ils soient exposés et montrés au grand jour pour ce qu’ils sont, puis évincés, ou au moins discrédités », a expliqué Dakota Bracciale, la co-propriétaire de Catland Books.

Quand leur sort sera-t-il efficace ? 

« Le plus tôt possible », répondent les sorcières, qui ajoutent tout de même auprès de BBC News qu’il « n’existe pas de calendrier précis pour ces choses-là ».

En 2017, le même groupe avait organisé trois rituels destinés à maudire Donald Trump. Une autre réunion de sorcière devrait être organisée le 3 novembre prochain, pour consolider le sort. 

« D’un point de vue pratique, il y a bien un sort et nous allons les maudire et leur souhaiter de mauvaises choses. Mais le plus important, c’est cette réunion d’individus qui sont d’accord que nous vivons un moment important pour notre pays », expliquent les sorcières libraires.

Les propriétaires de Catland Book ont confirmé que tous les bénéfices dégagés par ces soirées seraient reversés à des associations, notamment le Planning Familial.

Sources : Reuters / BBC News / The Independent

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Le Saviez-Vous ► 8 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur les sorcières


Il y  a eu des hommes et surtout des femmes qui ont été accusés de sorcellerie et condamné à mort grâce aux aveux sous la torture ou une soi-disant preuve d’une marque du démon qui pouvait être un bouton, un abcès, une tache de vin … Aujourd’hui, sorcière est rentré dans une mode de certaines féministes pour dénoncer des injustices.
Nuage

 

8 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur les sorcières

 

Supplice de Anneken Hendriks, brûlée à Amsterdam en 1571 (Cl Roger-Viollet/CC)

On a voulu vous parler de ces femmes et de ces hommes qui ont été persécutés.

 

Par Emilie Brouze, Alice Marunani et Renée Greusard

1 On disait qu’elles embrassaient le cul du diable

Que reprochait-on aux prétendues sorcières ?

« Beaucoup de choses », répond Michel Porret, professeur d’histoire à l’université de Genève et auteur de « l’Ombre du diable » (éd. Georg, 2010). L’argument du sabbatest abondamment cité. Un argument théorique, car « jamais les femmes n’ont été arrêtées en flagrant délit. »

Maxime Gelly – Perbellini, historien spécialiste de la représentation des sorcières au Moyen Age, détaille : « Il y a cette idée que des hommes et des femmes se réunissent la nuit sous l’ordre du diable et du démon afin de l’adorer et de commettre des crimes abominables. On dit qu’elles concoctent des recettes ignobles à base de graisse d’enfants, de cadavres ou qu’elles embrassaient le diable sur son derrière. »

Satan serait adoré dans ces assemblées nocturnes : le sabbat est l’église du mal, l’école de la débauche. La sorcière s’y rendrait de nuit, par voie aérienne, chevauchant parfois un balai, un animal noir voire le diable.

Lors des procès, on impute aux « sorcières » tous les malheurs biologiques : empoisonnements, stérilité, bétail tué, etc.

2 Des mecs aussi ont été accusés

« La sorcellerie n’était pas spécifique au sexe mais elle était liée au sexe », écrit Alison Rowlands, spécialiste de la chasse aux sorcières – qui culminera entre 1560-1570 et 1620-1630.

Durant la première période de cette chasse, à partir de 1420, les sorcières étaient surtout… des sorciers, explique Maxime Gelly – Perbellini.

 « Les procès étaient peu nombreux et touchaient tous les milieux. »

La bascule du genre se fait en 1550. Là, le nombre de procès augmente significativement, les accusations de sorcellerie se démocratisent et surtout, se féminisent.

 L’accusation devient une arme sexiste contre les femmes qui « remettaient en cause la vision patriarcale de la femme idéale », écrit Alison Rowlands.

« Avec un taux plausible de 48% des condamnations à mort sur 110.000 procès recensés en Europe (hors lynchages), les juges laïques font exécuter environ 60.000 à 70.000 sorcières et sorciers – 7 à 8 femmes sur 10 condamnés (Levack, 2001) « , lit-on dans « Présumées coupables » (éd. Iconoclaste, 2017).

Maxime Gelly – Perbellini ajoute :

« La question de la sorcière embrasse celle des stéréotypes que l’on véhicule sur les femmes et plus globalement sur les personnes à la marge. Ces stéréotypes peuvent se rapprocher de ce qu’on dit sur les juifs ou les errants, par exemple. »

3 C’était vraiment hardcore

Contrairement à un voleur ou à un assassin, la sorcière n’a pas d’autre issue que la mort. La plupart des femmes accusées avouent sous la torture.

« Les procès de sorcellerie suivent la procédure inquisitoire validée par le quatrième concile du Latran (1215), qui abolit aussi l’ordalie : écriture, instruction secrète, recherche médico-légale de la marque satanique, torture pour l’aveu, exécution publique », lit-on dans « Présumées coupables ».

La seule preuve qu’on essaie de trouver dans les procès en sorcellerie est la griffe de Satan. Une marque invisible, dont on dit qu’elle a fait mourir l’endroit où la sorcière a été marquée.

« La marque a la particularité de ne pas être naturelle », explique Michel Porret.

On lit ainsi dans les interrogatoires la référence au sperme glacé de Satan, preuve de non-naturalité.

Une fois que le juge est convaincu de la culpabilité de la sorcière, celle-ci est dénudée et « rasée de tout poil ». Le corps de l’accusée subit ensuite une inspection avec une aiguille chirurgicale, à la recherche du point d’insensibilité. Très souvent on la trouve sous la forme d’un abcès, pustule, tache de vin, tumeur ou verrue.

Une fois les sorcières condamnées, la plupart sont brûlées, comme une neutralisation symbolique.

« Brûlée vive ou étranglée au préalable », précise Michel Porret.

4 Mais parfois, ça ne se finit pas si mal

De temps en temps, les femmes accusées de sorcellerie obtiennent une lettre de rémission. Maxime Gelly – Perbellini évoque, par exemple, le cas de l’empoisonneuse de La Rochelle en 1382.

Jehanne Gaigne, âgée de 18 ans, est l’épouse de Guillaume Cusse, charpentier et bourgeois de La Rochelle.

« Sous l’influence d’une autre femme réputée sorcière, appelée Arzene, elle aurait utilisé des envoûtements, des philtres et enfin du poison, du sulfure d’arsenic mêlé de verre pillé, sur son époux, sans pour autant réussir à le faire mourir.

Elle est accusée par le prévôt de La Rochelle pour sorcellerie et est condamnée à la prison, elle demande elle-même sa rémission au roi de France. »

Et l’historien de commenter :

« Derrière les images cocasses, cette lettre doit nous rappeler que le regard de l’historien ne doit pas s’arrêter à une vision stéréotypée d’un phénomène. Toutes les ‘sorcières’ ne sont pas menées au bucher et que, plus que d’autres, cette accusation est au cœur de discours politiques, juridiques, idéologiques en constante tension. Le prévôt condamne pour affirmer sa justice ; la condamnée tente de minimiser sa responsabilité en se faisant elle-même victime du diable ; le roi, engagé à la fin du Moyen Age dans la structuration de l’ordre judiciaire, se montre timide à confirmer une condamnation qui ne repose sur aucun fondement criminel (pas de meurtre, pas de sang versé) et préfère laver Jehanne de ses accusations. »

5 Des figures féministes

« Après l’émergence des sciences humaines, post-soixante huitarde, on assiste à toute une reconstruction de la figure de la sorcière. On en fait une femme révoltée », confirme Michel Porret.

La figure autrefois maudite et crainte devient un symbole d’un rapport de domination et le symbole subversif de la révolte féminine.

En Italie, des féministes scandent :

« Tremblez, tremblez, les sorcières sont de retour » [‘Tremate, tremate, le streghe son tornate’]. »

La revue littéraire « Sorcières », fondée par Xavière Gauthier et à laquelle contribua Marguerite Duras ou Nancy Huston, est l’emblème de cette reconstruction.

La revue féministe, publiée de 1975 à 1981, est née dans le but de donner la parole aux femmes pour qu’elles puissent exprimer leur créativité et ainsi accompagner voire susciter l’émergence d’un mouvement de femmes créatrices. Une femme juchée sur un balai orne la couverture du premier numéro.

Pourquoi « sorcières » ? Dans un éditorial, Xavière Gauthier écrit :

« Parce qu’elles dansent. Elles dansent à la pleine lune. Femmes lunaires, lunatiques, atteintes – disent-ils – de folie périodique. Gonflées de révolte fulgurante, de colère bouillonnante, gonflées de désir, elles dansent sur la lande sauvage des danses sauvages.
Sauvages, comme l’homme blanc le dit des autres ethnies ; sauvages comme l’Etat et le syndicat le disent de certaines grèves, de certaines crèches. Elles dansent, sauvages et irrécupérables, comme le désir. »

6 La dernière sorcière d’Europe

Elle s’appelait Anna Göldi, elle était suisse et fut, en Europe, la dernière femme à être condamnée à mort pour sorcellerie. C’était en 1782. On lui a coupé la tête et puis on a enfoui son corps au pied de l’échafaud. 

Servante dans la famille d’un médecin, Anna a été accusée d’avoir empoisonné la fille de son patron à l’aide d’aiguilles magiques. Un article du « Monde » consacré à Anna Göldi raconte :

« Selon le récit fait plus tard au procès, des aiguilles sont à plusieurs reprises trouvées dans le bol de lait d’Annemiggeli, la seconde fille de la famille, âgée de 8 ans. Anna Göldi, qui fait office de gouvernante, est soupçonnée, puis finalement renvoyée. »

« Quelque temps après, la fillette tombe gravement malade, prise de violentes convulsions, d’une fièvre inexpliquée, d’accès de délire et de toux. La jeune Annemiggeli se met à vomir, presque chaque jour, des aiguilles dans des glaires mêlées de sang. Une centaine en tout. Certaines crises la laissent sourde et muette. »

Sous la torture, la servante finit par avouer ce crime. Pourquoi a-t-elle été accusée ? L’article du « Monde » dit, et cette résonance à l’actualité est troublante :

« Walter Hauser [un journaliste qui a enquêté sur l’affaire, NDLR] a retrouvé la trace – mais non le contenu – d’une plainte pour harcèlement sexuel déposée en décembre 1781 par Anna Göldi contre son employeur. Voilà qui aurait pu ruiner la réputation du bon docteur Tschudi qui, vraisemblablement, s’empressa d’allumer un contre-feu. »

7 La démonologie fut une science à la mode

La démonologie est l’étude des démons et des mauvais esprits. Il en existe dans toutes les religions, notamment dans la religion chrétienne. Le premier traité de démonologie imprimé est daté de la fin du XVe.

 « Il va devenir un best-seller », raconte Michel Porret. « La matrice de toute une série d’autres traités de démonologie. »

Les démonologues sont un peu les théoriciens de la chasse aux sorcières.

8 Les sorcières sont de retour (pour combattre l’ordre établi)

La sorcellerie revient en force dans les milieux féministes et queer, comme le racontent Vice et Cheek Magazine. Quel meilleur symbole de liberté et de danger pour l’ordre établi ? La publication en 2012 du livre d’Anna Colin « Sorcières : pourchassées, assumées, puissantes, queer », signe l’arrivée de cette mode américaine en France.

Un cortège de « sorcières », des féministes anarchistes de l’université Paris-VII s’est ainsi formé dans la manifestation contre la réforme du travail le 12 septembre dernier sous le nom de Witch Bloc, avec des slogans comme « Macron au chaudron ».

Des soirées queer et sorcellerie se lancent de partout, comme les événements Bitchcraft. La dernière Queerweek, grand événement queer parisien, proposait un atelier de confection de sortilèges.

Le mouvement est aussi porté par la mode du développement personnel et des thérapies alternatives. Jack Parker par exemple, blogueuse féministe, a lancé sa newsletter Witch, please ! où elle explique comment pratiquer la sorcellerie au quotidien (par exemple, en accrochant une branche d’eucalyptus dans sa douche ou en tirant le tarot). 

 

Emilie Brouze, Alice Marunani et Renée Greusard

https://www.nouvelobs.com/