Le Saviez-vous ► De la mer à la mode


L’origine des rayures sur les gilets des matelots a bord des bateaux poursuivant vagues sur vagues leur route vers l’infiniment grand est une longue histoire qui commence en France et qui aujourd’hui a fait le tour du monde dans le domaine de la mode autant pour les vêtements que les accessoires
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De la mer à la mode

 

Comment les rayures ont-elles franchi le pas du vêtement de matelot à l'univers... (Photo La Presse)

PHOTO LA PRESSE

MÉLANIE ROY
La Presse

Comment les rayures ont-elles franchi le pas du vêtement de matelot à l’univers de la mode? L’histoire fascinante, en accéléré, d’un emblème français.

À en croire les gravures et lithographies de l’époque représentant des pêcheurs près de la Manche ou en Bretagne, les rayures se seraient amarrées à l’univers marin au début du XIXe siècle, vers 1820. Il faut toutefois attendre un arrêté ministériel français de 1858 pour que le tricot rayé, qui deviendra la marinière, s’«uniformise» et soit officiellement assimilé à la silhouette du matelot.

 

« Marine Impériale », un projet original de costume de scène masculin réalisé par Alfred Grévin, vers 1870.

PHOTO ARNAUD FUX, FOURNIE PAR LE MUSÉE NATIONAL DE LA MARINE

Portrait collectif des membres de l’équipage du Louis XV (1870-1871).

PHOTO SÉBASTIEN DONDAIN, FOURNIE PAR LE MUSÉE NATIONAL DE LA MARINE

«Le tricot rayé appartient en propre au monde des matelots, écrit l’historien Michel Pastoureau dans L’étoffe du diable. Une histoire des rayures et des tissus rayés, c’est-à-dire aux simples hommes d’équipage qui participent à la manoeuvre sous la conduite des maîtres et des officiers.»

Eût égard à leur positionnement (bas) dans la hiérarchie, laquelle implique qu’ils occupent les postes les plus dangereux, Pastoureau suggère que le tricot rayé aurait fait office de «vêtement signalétique», reconnaissable en toutes circonstances. La légende veut aussi que les hommes tombés à la mer étaient ainsi plus faciles à repérer.

En 1858, on ne plaisante pas avec les rayures. Le décret qui réglemente les caractéristiques techniques du sac des marins est strict.

Du tricot rayé, il est dit qu’il est fabriqué en jersey, qu’il a un col «bateau» et des manches trois quarts. Il est porté comme linge de corps (sous-vêtement) et il ne possède pas de boutons, pour éviter que le marin reste coincé dans les cordages et les mailles des filets. Mais plus encore, il doit comporter 21 raies blanches larges de 20 mm et 22 raies bleues de 10 mm, et pour les manches, 9 raies blanches et 11 raies bleues.

«Le monde marin a donné naissance à une pléiade de mythologies, remarque Delphine Allannic du Musée national de la Marine de Paris, co-commissaire notamment de l’exposition Les marins font la mode (2009), lors d’un entretien téléphonique avec La Presse. Parmi ces mystères insondables, il y a ce fameux nombre de rayures. On a raconté pendant très longtemps qu’il correspondait aux victoires et défaites napoléoniennes… Mais la réalité est sans doute beaucoup plus logique et pragmatique… »

Du grand large à la plage

Plusieurs facteurs ont permis à la rayure marine de «gagner le rivage». Le plus déterminant est peut-être la découverte par la société européenne fortunée, à la fin du XIXe siècle, des bienfaits de la mer.

«Les grandes villes se dotent d’un système d’eau courante, les appartements de salles de bain. L’eau devient un élément d’hygiène, ce qui n’était pas le cas auparavant», relate Mme Allannic.

«Dans la foulée, on se déplace pour prendre des « bains de mer », respirer l’air marin, fortifier sa santé. Tout un rituel se développe autour des cures, du thermalisme de la mer, du tourisme balnéaire.» Fréquenter les stations balnéaires à la Belle Époque est une activité hygiénique autant que mondaine, relate aussi M. Pastoureau dans L’étoffe du diable.

Sur les plages sont repris les codes de couleur associés à la mer, le bleu ciel et le blanc. Tout l’attirail marin se charge d’une nouvelle connotation, médicale et saine. Les toiles des tentes, les maillots de bain, les peignoirs et les ombrelles sont ornés de rayures. Dans les penderies des femmes, on voit apparaître des cols marins, pendant que les chapeaux se dégarnissent, les styles se délestent. 

Survivance des rayures

«Le glissement du militaire au civil est déjà bien amorcé, poursuit Delphine Allannic. Mais le véritable coup d’envoi est donné par Coco Chanel, qui porte le tricot de marin, l’authentique, ainsi que des pantalons à pont, jusqu’alors considérés comme des vêtements de travail réservés aux hommes, dès son arrivée à Deauville pendant la Grande Guerre.»

Si l’esprit marin teinte fortement les créations de Chanel, c’est Yves Saint Laurent, dans les années 60, qui réinterprète pour la première fois le tricot rayé, version haute couture. Ses robes rayées, rehaussées de paillettes, défilent sur les podiums tandis qu’au sein de l’intelligentsia parisienne, porter la marinière (la vraie, celle de Saint James ou Petit bateau) est depuis un bon moment un geste synonyme d’insouciance et de liberté. Dès 1978, Jean Paul Gaultier fera des rayures bleu marine et blanches sa marque de fabrique, les déclinant sous toutes leurs formes.

Dans les dernières années, ce phénomène au départ «très français» s’est internationalisé, selon Delphine Allannic.

«Beaucoup de créateurs détournent radicalement le vêtement. Avant, on jouait surtout à modifier la couleur de la rayure. Maintenant, on y ajoute des dessins, des broderies, des sequins, même dans la grande distribution, ce qui ne se faisait pas il y a cinq ou six ans.»

Simple concordance des temps?

«Le motif est devenu un classique, chargé de tout son imaginaire. Mais le style marin, son omniprésence en ce moment, s’atténuera. Puis reviendra, dans quelques années… C’est l’éternel retour de la mode, non?» Et on l’attendra patiemment, avec «la vertu des femmes de marins», comme le chantait Barbara.

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Le saviez-vous ► L’histoire du jeans : de son origine à nos jours…


Quand les jeans fut permis a l’école, je me souviens que papa disait qu’on s’habillait pour aller tirer les vaches … Quand on adopte les jeans c’est pour la vie, peut importe la classe sociale, il y en a pour tous les gouts et pourtant ses débuts fut très modestes, il était utilisé pour sa robustesse et sa durabilité
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L’histoire du jeans : de son origine à nos jours…

 

     Objet au pouvoir mythique, le jeans traverse les siècles avec un succès inégalé, ayant su s’adapter et se renouveler. Aurait-on trouvé le tissu qui traverse le temps ? Petit retour dans le temps au pays de naissance d’une pièce maîtresse des garde-robes du 20e et du 21 e siècle.

Un peu d’histoire

     Le jeans tire son nom du bleu de Gênes, dans sa version anglicisée des mots italiens blu di Genova. C’est un vêtement qu’ont porté les esclaves des plantations aux 18e siècle.

On le retrouvaille utilisé comme vêtement de travail porté par les travailleurs américains à la fin du 19e siècle. Longtemps symbole du style de vie américain, il n’intègre pas toutes les classes sociales et tous les pays. Il est avant tout confortable et robuste.

En 1853, alors que l’Amérique connaît encore le phénomène de la ruée vers l’or, ayant appris que les travailleurs ont besoin de pantalons solides pour effectuer leurs travaux, l’entrepreneur Oscar Levi Strauss confectionne une salopette dans de la toile de tentes et de bâches à chariots.

En 1860, il va remplacer la toile de tente par un tissu demin, originellement tissu de coton fabriqué à Nîmes et coloré par de l’indigo car son tissu de base est rêche, lourd à porter et difficile à travailler. Il est possible que le denim soit issu d’une étoffe faite de laine et de déchets de soie employée dans la région depuis le douzième siècle.

Au 19e siècle en tout cas il s’agit d’un tissu de coton solide teint à l’indigo qui porte le nom de denim. A cette époque là les jeans pour homme sont de teinte brune. Il n’existe alors des jeans que pour homme. En 1885, un consommateur doit payer 1,25 dollar pour s’acheter un Levi’s.

     La crise de 1929 secoue l’Amérique et le blue jeans se voit adopté par les paysans et les travailleurs.

Phénomène, en 1933, des salopettes en denim sont distribuées aux plus déshérités dans le cadre du New deal.

En 1935, continuant sa percée dans les strates de la population, le jeans devient le pantalon fétiche des étudiants et des artistes qui voient de suite en lui un vêtement de contestation. On le voit pour la première fois entrer dans les garde robes féminines. Bien après le jeans pour homme Levis crée le premier jeans pour femme baptisé Lady Levi’s.

A la fin des années 1940 une marque américaine concurrente de Levi Strauss et qui sera la future Wrangler, Blue Bell, crée un jeans à taille haute ajustée, zippée et aux hanches rondes, un jeans spécialement fait pour femme. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec les GI’s le jeans arrive en Europe où il est vendu plus cher qu’en Amérique mais où l’on peut l’acheter en noir. Arrivent les années 50 et le jeans, le jeans pour homme et le jeans pour femme, qui se voient associés aux blousons noirs et aux motos. De même le cinéma s’en empare et, après les westerns des acteurs comme James Dean, Elvis Presley et Marlon Brando contribuent à insuffler une image sexy aux jeans, Marylin y contribuera dans les années soixante.

     Le mouvement hippie bat son plein dans les années 70 et la forme des pantalons évolue. On voit apparaître le pantalon patte d’eph. Autre changement pour le jeans, on le personnalise en le peignant, le brodant de strass, de coquillages, de fleurs ou des mots peace and love ainsi que du célèbre sigle des hippies. C’est à cette même époque que les créateurs de mode Gaultier, les couturiers Chanel et Yves Saint Laurent s’approprient le jeans et font monter les jeans pour hommes et les jeans pour femmes sur les podiums. La créativité est à son apogée. Le jeans s’offre une seconde jeunesse.

Le baggy est créé en 1974 par Marithé et François Girbaud mais il est interdit à l’école en 2008.

Il faut attendre l’année 1973 pour qu’à la suite du choc pétrolier, le jeans, le jeans pour homme et le jeans pour femme devienne un vrai bien de grande consommation. Le marché connaîtra un succès croissant jusque dans les années 80.

En 1978, c’est la révolution dans le jeans, le jeans pour homme et le jeans pour femme grâce à l’apparition du stone washed. Il s’agit d’un jeans délavé par des jets de pierres ponces projetées sur le tissu. Ce type de jeans pour homme et pour femme remporte un grand succès.

Dans les années 1980 le jeans pour homme et pour femme perd du terrain au profit de pantalons de toile plus légers et plus habillés.

C’est en 1986 que le jeans devient un vrai produit de mode que chacun veut avoir dans sa garde robe.

En 1990, avec l’emploi du surteint le jeans voit sa vie rallongée et en 1994 le jeans Lycra qui fait son apparition sur le marché connaît un véritable engouement de la part des consommatrices.

Date clé, durant l’année 1996 les fabricants enregistrent autant d’achats de jeans pour homme que d’achats de jeans pour femme. Les créateurs s’emparent des jeans, en créent et en proposent tels que Guess, Calvin Klein ou Giorgio Armani.


Le jeans a été durant de nombreuses années un symbole vestimentaire de la contestation. Dans les années 70, il devient aussi l’un des symboles du mouvement hippie.
     
     A notre époque, avec les différentes formes de jeans proposées sur le marché, les jeunes peuvent donner des images à leur communauté. Le jeans réalise un travail identitaire selon que l’on est adepte du slim, du baggy, du boot cut, du relax ou du regular, sans oublier que les marques font aussi office de signes de ralliement pour un stéréotype social. La mode s’inspire des mouvements musicaux et culturels tels que le grunge, le punk, les rappeurs, et chacun adopte une différente coupe de jeans pour se montrer appartenant.

L’aventure Levi Strauss, un pionnier au pays du jeans

     En 1872, Oscar Levi Strauss prend pour associé Jacob W. Davis, un tailleur de Reno. Celui-ci a eu l’idée de réaliser des pantalons pour les bûcherons portant sur l’arrière des poches à rivets. En 1870, même si tous les jeans Levi Strauss sont bleu indigo, ils ne portent pas encore la garantie grand teint. L’instabilité de la teinture sera une étape de son succès puisque celui qui porte le jeans, un jeans pour homme ou un jeans pour femme, voit son pantalon changer de couleur au fil des lavages, lui donnant ainsi un statut de matière vivante. Il faudra attendre une dizaine d’années pour que les progrès de la chimie autorisent une stabilité de la teinture. A partir de là, les fabricants de jeans essaieront de délaver les jeans pour homme et les jeans pour femme de façon artificielle.

Dans les années 1890 comme la patente juridique et commerciale de la société Lévi Strauss ne protège plus les jeans, d’autres marques de jeans apparaissent sur le marché fortement concurrentiel.

Ainsi, Lee, sur le marché depuis 1911, lance le premier jeans à fermeture Eclair en 1926. C’est une petite révolution dans le jeans.

En 1936, afin d’être plus reconnaissable et d’éviter que le client ne la confonde avec une autre marque, Levi Strauss sort des jeans qui portent désormais une petite étiquette rouge à son nom cousue sur la poche arrière droite de chacun de ses jeans. Ainsi, les clients reconnaîtront un authentique jeans Levi Strauss. Levi Strauss fait œuvre de pionnière encore une fois, puisque les autres marques ne s’affichent pas encore sur un vêtement.

http://www.portail-du-jeans.fr/