Maltraitance en CHSLD: Québec dit oui à la dénonciation obligatoire


Je trouve personnellement aberrant qu’on doit amender une loi pour qu’une dénonciation à la maltraitance des aînés soit obligatoire, alors qu’on ne devrait même pas se poser la question, mais bien réagir pour protéger les plus vulnérables que ce soit dans un CHSLD ou ailleurs
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Maltraitance en CHSLD: Québec dit oui à la dénonciation obligatoire

 

Jeudi, la ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau,... (Archives La Presse)

Jeudi, la ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau, a déposé en Chambre un amendement à son projet de loi 115 « visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité ».

TOMMY CHOUINARD
La Presse

(Québec) Après avoir écarté l’idée dans les derniers mois, Québec accepte finalement d’obliger le personnel des CHSLD à dénoncer les actes de maltraitance dont il est témoin.

La décision survient à la suite de pressions exercées par l’opposition, le Conseil pour la protection des malades et l’ex-ministre libérale Marguerite Blais. Et, dans les derniers jours, La Presse a fait la lumière sur une histoire de maltraitance dans un CHSLD de Beauceville. Le comité des résidants de cet établissement, où une préposée aux bénéficiaires a maltraité des aînés avant d’être poussée à la retraite début mars, a réclamé le signalement obligatoire. Cette employée avait été dénoncée par des collègues de travail en février dernier. Or, la direction avait été alertée de « gestes inadéquats » un an plus tôt, mais elle n’avait pas pris les moyens nécessaires pour empêcher la préposée de récidiver, a révélé un rapport d’enquête de la commissaire aux plaintes.

Jeudi, la ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau, a déposé en Chambre un amendement à son projet de loi 115 « visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité ».

Cet amendement instaure « l’obligation de signaler certains cas de maltraitance ». 

Tout employé « qui a un motif raisonnable de croire qu’une personne est victime d’un geste singulier ou répétitif ou d’un défaut d’action appropriée qui porte atteinte de façon sérieuse à son intégrité physique ou psychologique est tenu de signaler sans délai ce cas pour les personnes majeures suivantes :

  • toute personne hébergée dans une installation maintenue par un établissement qui exploite » un CHSLD ;
  • toute personne en tutelle ou en curatelle ou à l’égard de laquelle un mandat de protection a été homologué ».

Le signalement doit être fait au commissaire local aux plaintes de l’établissement si la victime y reçoit des services ou, dans les autres cas, à la police.

Cette obligation « s’applique même aux personnes liées par le secret professionnel, sauf à l’avocat et au notaire, qui, dans l’exercice de leur profession, reçoivent des informations concernant un tel cas ».

Le gouvernement se donne le droit, par règlement, d’appliquer l’obligation de signalement dans le cas « d’autres personnes recevant des services de santé et des services sociaux ».

L’amendement ne précise pas ce qu’il adviendrait d’un employé qui ferait défaut de signaler un acte de maltraitance. Cela relèverait de la prérogative de l’employeur, comprend-on.

La ministre n’introduit pas de sanctions pénales – des amendes – contre les auteurs de maltraitance.

Réaction de la Coalition avenir Québec « Oui ça avance, mais on n’est pas rendu au fil d’arrivée. Ce que je veux, c’est qu’une personne majeure vulnérable dans une installation autre qu’un CHSLD ait ce même levier de protection […]. Je ne veux pas des aînés vulnérables mieux protégés à un endroit qu’à un autre. Il faut que la ministre précise cet aspect-là. Et aussi, il n’y a pas de sanctions pénales. Je ne comprends pas qu’on ne se donne pas cet outil dissuasif. » Le député caquiste et porte-parole pour les aînés, François Paradis 

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Smartphone en panne : la faute aux rayons cosmiques ?


Un Smartphone bug, un écran d’ordinateur vire au bleu, c’est des compagnies, du système d’exploitation, de notre fournisseur d’internet ? Pas nécessairement, mais par des particules venant de l’espace
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Smartphone en panne : la faute aux rayons cosmiques ?

 

Par Nathalie Mayer, Futura

 

Un smartphone qui plante. Un écran d’ordinateur qui vire au bleu. C’est très agaçant. Mais le fabricant n’est pas toujours à blâmer. C’est en tout cas ce que suggère une étude consacrée aux effets des rayons cosmiques sur nos appareils électroniques. Elle conclut que la miniaturisation et surtout, la multiplication des transistors nécessaires à leur bon fonctionnement, les rendent plus vulnérables aux particules subatomiques venues de l’espace.

Lorsqu’un bug survient, ce n’est jamais le bon moment. Le reboot ou le reset prennent alors toujours un temps que nous n’avions pas. Sans parler des données éventuellement perdues durant l’opération. Il est alors tellement facile d’accuser le fabricant, qu’il s’agisse de Microsoft, d’Apple ou de Samsung. Mais, selon une étude menée par des spécialistes américains des effets des radiations sur les systèmes électroniques de l’université de Vanderbilt, un certain nombre de ces défaillances intempestives pourraient en réalité résulter d’impact de particules électriquement chargées générées par des rayons cosmiques.

Rappelons que la Terre est constamment bombardée de particules en provenance de l’espace. Des rayons dits cosmiques aux origines et aux énergies très diverses. Lorsqu’ils frappent l’atmosphère terrestre, ils génèrent une cascade de particules secondaires : neutronsénergétiques, muons, pions ou encore particules alpha. Chaque seconde, ces particules subatomiques sont des millions à frapper notre corps. Heureusement sans conséquence fâcheuse pour notre santé, dans l’état actuel des connaissances.

En revanche, nos smartphones, et plus généralement tous les appareils électroniques que nous utilisons quotidiennement, semblent plus sensibles à ces bombardements. Car certaines de ces particules subatomiques transportent suffisamment d’énergie pour interférer avec le fonctionnement de leurs circuits microélectroniques. En modifiant, par exemple, les bits individuels de données stockés dans les mémoires. On parle alors de basculement intempestif non récurrent (single-event upset, ou SEU, en anglais).

Sur ce graphique, la tendance générale des taux d’échec (failure rates) dus à des SEU en fonction des générations de transistors (28 nm, 20 nm et 16 nm), en rouge, à celle du circuit (en bleu) et à celle du système électronique (en noir). © Bharat Bhuva, Vanderbilt University

Sur ce graphique, la tendance générale des taux d’échec (failure rates) dus à des SEU en fonction des générations de transistors (28 nm, 20 nm et 16 nm), en rouge, à celle du circuit (en bleu) et à celle du système électronique (en noir). © Bharat Bhuva, Vanderbilt University

Les rayons cosmiques pointés du doigt

La difficulté d’analyse vient ce que les rayons cosmiques ne causent aucun dommage physique aux appareils électroniques. De fait, il est difficile de déterminer la prévalence des SEU. La modification d’un bit individuel peut, en effet, également résulter d’un bug logiciel ou d’un défaut matériel. Cependant, la littérature rapporte quelques exemples inquiétants. Ainsi, en 2008, un SEU a provoqué le désengagement du pilotage automatique d’un avion de ligne volant de Singapour à Perth (Australie). Résultat, l’avion a plongé de 690 pieds en seulement 23 secondes, blessant environ un tiers des passagers assez sérieusement.

Dans une étude menée en 2004 par un fabricant de semi-conducteursaméricain, Cypress Semiconductor, un téléphone portable de l’époque, jouissant de 500 Ko de mémoire, ne devrait potentiellement pas subir plus d’un SEU tous les 28 ans. Pas de quoi s’affoler ! Mais avec la miniaturisation des transistors et la montée en puissance de leurs capacités, le problème pourrait être en passe de franchir un palier. D’autant que notre dépendance à l’électronique se fait de plus en plus prégnante.

Les appareils électroniques grand public resteront longtemps vulnérables

Pour en avoir le cœur net, des chercheurs de l’université de Vanderbilt aux États-Unis ont mené une étude sur des composants plus récents. Ils ont exposé des transistors de 28 nanomètres, 20 nanomètres et des transistors 3D de 16 nanomètres (technologie FinFET) à un faisceau de neutrons pour ensuite mesurer le nombre de SEU qu’ils ont subis. Résultat : plus ils sont petits, moins le nombre de charges électriques nécessaires à la constitution d’un bit est important et plus la probabilité de basculement augmente. Cependant, les transistors les plus petits offrent moins de surface d’impact et sont donc moins sujets à subir des SEU. Un phénomène encore amplifié par l’architecture 3D de la technologie FinFET.

Bonne nouvelle, donc ? Pas tant que cela. Car dans le même temps, le nombre de transistors dans une puce a explosé. Ainsi, si l’on considère une puce électronique, le taux d’échec n’a que très peu diminué avec l’évolution des technologies. Pire encore, à l’échelle du système électronique dans sa globalité, le taux d’échec augmente bel et bien.

Pour protéger nos circuits électroniques des impacts des rayons cosmiques, il faudrait les enfermer derrière d’épais murs de béton. Inenvisageable ! Heureusement, si l’électronique grand public devait encore rester vulnérable pour quelques années, au moins, les systèmes les plus sensibles peuvent déjà bénéficier de quelques parades. Ainsi les processeurs peuvent être doublés — voire triplés — pour assurer une meilleure fiabilité. En effet, la probabilité d’occurrence d’un SEU simultané dans deux circuits distincts est infiniment faible. Alors si deux circuits produisent un résultat identique, on peut le supposer correct

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L’épidémie de viols provoquée par Ebola dont personne ne parle


Je sais qu’en temps de guerre, de conflits, dans un pays désorganisé que les femmes payent cher d’être femme. Elles sont victimes de violences, d’agressions sexuelles et souvent, elles vendent leur corps pour survivre. Mais pour une épidémie comme celle qui a sévi en Afrique de l’Ouest par le virus Ebola, c’est bien entendu le chaos, la désorganisation du pays, mais aussi le confinement. Ces « pauvres » hommes n’ayant plus de vie sociale causé par la quarantaine ont préféré la voie de la violence et du viol. Une fille qui ne peut pas aller a l’école est une fille accessible pour ces hommes.
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L’épidémie de viols provoquée par Ebola dont personne ne parle

 

Affiche d’une campagne de sensibilisation sur le viol à Monrovia le 30 novembre 2009 | GLENNA GORDON/AFP

Affiche d’une campagne de sensibilisation sur le viol à Monrovia le 30 novembre 2009 | GLENNA GORDON/AFP

Seema Yasmin

Traduit par Peggy Sastre

En Afrique de l’Ouest, l’épidémie de fièvre hémorragique aura été accompagnée par une explosion du nombre de grossesses adolescentes.

En septembre 2014, quand l’épidémie d’Ebola atteignait son pic au Liberia, Tina Williams avait 14 ans, de la fièvre et était enceinte. Elle avait été violée et son petit-ami l’avait abandonnée. Tremblante, elle était allongée dans un lit et priait pour souffrir de paludisme, pas d’Ebola.

Plus tard, les tests reviendront négatifs pour Williams et la petite fille qu’elle venait de mettre au monde. Ce qui ne l’empêchait pas d’être une survivante d’Ebola, une survivante d’un autre genre. En Afrique de l’Ouest, la propagation du virus et ses quasi 30.000 personnes infectées se sera accompagnée d’une autre épidémie: des poussées de viols, d’agressions sexuelles et de violences envers des femmes et des jeunes filles.

Si les professionnels de la santé publique ont comptabilisé le nombre de malades d’Ebola, les adolescentes comme Williams, victimes de violences sexuelles, ont été ignorées des registres. Il aura fallu attendre que l’année 2016 soit bien entamée pour apprendre qu’en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, les grossesses adolescentes ont vu leur nombre décupler pendant l’épidémie d’Ebola, à cause d’une multiplication des viols générée par la propagation du virus.

Dans certaines régions de Sierra Leone, les grossesses adolescentes ont augmenté de 65% durant l’épidémie d’Ebola, selon une étude publiée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Reste que les données sont très difficiles à obtenir, notamment parce que les victimes sont rares à déclarer leur agression. Une autre étude, menée conjointement par l’Unicef et les ONG Plan International, Save the Children et World Vision, estime que le nombre de grossesses adolescentes a quasiment doublé dans les régions touchées par Ebola.

Danger du confinement

Une recrudescence qui n’a rien d’une coïncidence. Les épidémies infectieuses augmentent souvent la vulnérabilité des femmes et des jeunes filles face aux violences, qu’elles soient ou non sexuelles –la faute à l’agitation et à l’instabilité civile que les épidémies laissent dans leur sillage.

«Cela ne devrait surprendre personne si on envisageait les épidémies comme n’importe quelle autre catastrophe, explique Monica Onyango, chercheuse en santé mondiale à l’Université de Boston. Les épidémies sont identiques à des situations de conflit. Vous avez une lacune de gouvernance, vous avez du chaos et de l’instabilité. Autant de facteurs qui fragilisent les femmes face à la violence sexo-spécifique.»

Pour autant, la corrélation entre épidémies et violences envers les femmes n’est pas bien documentée.

«Nous savons qu’en temps de guerre les jeunes filles et les femmes sont souvent victimes de violences sexuelles. Le phénomène a été documenté durant la guerre civile au Sierra Leone, au Liberia, après le génocide au Rwanda, lors de la guerre en ex-Yougoslavie, précise Onyango. Il nous faut mieux documenter les viols et les agressions sexuelles qui surviennent pendant ou après une épidémie, car ils existent. Les femmes sont extrêmement vulnérables.»

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest est un cas d’étude. Les quarantaines, les couvre-feux, les fermetures d’écoles –autant de mesures sanitaires destinées à endiguer la propagation de la maladie– ont aussi augmenté le risque, pour les femmes et les jeunes filles, d’être victimes de violences et de viols, affirme Marie Harding, qui travaille au centre médical Star of the Sea installé dans West Point, l’un des plus grands bidonvilles du Liberia et lieu d’une désastreuse quarantaine de vingt-et-un jours durant l’épidémie.

Au plus fort de l’épidémie, les matchs de football ont été annulés et les bars fermés. Les hommes qui, d’habitude, menaient leur vie sociale en extérieur allaient être assignés à résidence, avec femmes et enfants. D’où des poussées de violence et de viols dans les foyers mis en quarantaine. Selon une étude menée au Sierra Leone par l’ONG Save the Children auprès de 617 jeunes filles rapportant des agressions violentes et des viols, la plupart des victimes l’ont été en quarantaine.

À West Point, Marie Harding a été témoin d’une tendance similaire.

«Il y avait tant de stress, tant de tension. Les gens ne savaient pas quoi faire, où trouver à manger, dit-elle.Quand une fille n’est pas à l’école, quand elle est à la maison toute la journée et, quand tout le monde est à la maison toute la journée, elle est en danger.»

Un danger que le confinement sanitaire n’est pas seul à augmenter. Dans une étude menée par l’ONG Plan International au Liberia, des mères déclarent avoir eu peur pour les filles qui ne pouvaient pas aller à l’école et qui devaient subvenir aux besoins de leur famille. Avec la faim, certaines ont échangé du sexe contre de la nourriture. Un phénomène d’autant plus saillant chez les orphelines d’Ebola, qui allaient devoir survivre par leurs propres moyens. Dans l’étude de Save the Children, 10% des enfants interrogés –dont beaucoup ont perdu au moins un parent à cause du virus– déclarent que les filles qui avaient perdu leurs proches à cause d’Ebola ont été obligées de se prostituer pour se nourrir et se loger.

Ce que confirme Marie Harding, zigzagant entre les bancs de la salle d’attente du centre médical. C’est ce qu’elle a vu à West Point.

«Ce sont des enfants, mais elles doivent assurer leur subsistance, dit-elle en désignant des jeunes femmes qui attendent leur tour.Ebola a tué leur maman et leur papa, et elles doivent faire ce qu’il faut pour joindre les deux bouts.»

Quelques jours auparavant, Harding s’était occupée d’une jeune fille de 18 ans, que la malaria allait emporter. Elle avait perdu ses deux parents à cause d’Ebola et vivait avec un homme de 65 ans.

«C’était son petit-ami, soupire Harding. Les jeunes filles ne vont avec des vieux que parce qu’elles n’arrivent pas à se trouver à manger. Elles sont avec eux pour la sécurité et pour l’argent.»

Et celles qui n’ont pas perdu leurs proches ont quand même à souffrir des répercussions économiques d’Ebola. Le commerce s’est arrêté, les marchés ont été fermés et beaucoup ont plongé encore plus bas dans les entrailles de la misère. Même avant l’épidémie d’Ebola, qui allait pousser le gouvernement libérien à fermer les écoles, beaucoup de familles préféraient voir leurs filles travailler qu’étudier. Et à l’extérieur de la salle de classe et de sa sécurité relative, les risques de violence sexuelles sont d’autant plus élevés.

Épidémie de grossesses adolescentes

Aujourd’hui, tandis que la menace d’Ebola s’atténue et que les humanitaires plient bagages, les victimes de cette seconde épidémie sont laissées à elles-mêmes.

«Avant, c’était affreux, mais depuis Ebola, c’est encore pire, commente Marie Harding. Parfois, ce sont des filles de 13 ans qui arrivent et qui sont enceintes. Ebola a rendu les choses vraiment très très difficiles pour les filles.»

L’Afrique de l’Ouest devra gérer pendant des années les effets à long terme de cette épidémie de grossesses adolescentes, si ce n’est pendant des générations. Par exemple, le Liberia interdit aux adolescentes enceintes d’aller à l’école la journée, une mesure qui creuse encore plus les inégalités scolaires et oblige les femmes à travailler pour de très maigres salaires. Au Sierra Leone, les adolescentes enceintes n’ont tout simplement pas le droit d’aller à l’école, de jour comme de nuit.

Au Liberia, l’un des rares établissements à accepter les élèves enceintes s’appelle More Than Me. Niché dans une rue commerçante, entre les marchandes de tongs et de lunettes de soleil, le bâtiment vert et blanc est aujourd’hui vide de ses 150 étudiantes. Ce sont les vacances de Noël et on ne croise que des professeurs et des membres de l’administration dans les couloirs.

«Nous sommes la seule école qui s’occupe des filles de West Point», déclare Iris Martor, responsable des programmes scolaires. Mais même ici, où le personnel s’efforce de former des filles autrement exclues du système éducatif, certaines adolescentes ont été renvoyées chez elles quand leur grossesse est devenue trop visible. «On ne veut pas être fermés pour infraction à la législation nationale», précise Martor.

Des effets à long terme qui ne se limitent pas aux carences éducatives. Les mères adolescentes ont plus de risque de souffrir de complications sanitaires –un accouchement trop long, des fistules obstétricales ou la mort en couches. De même, la mortalité infantile des enfants nés de mères adolescentes est plus élevée. Autant de problèmes ignorés par les acteurs internationaux intervenus lors de la crise Ebola, quasiment aveugles aux potentiels effets secondaires de l’épidémie. 

Au Sierra Leone, le personnel des Rainbo Centres –des établissements médicaux dédiés aux victimes de viols– aura alerté la PNUD sur la recrudescence des viols et des violences sexuelles pendant l’épidémie. Il souligne aussi que les victimes n’ont pas été correctement prises en charge et que les services qui pouvaient exister ont été entravés par l’épidémie et les mesures déployées pour y faire face. 

Un phénomène qui s’explique notamment par la formation des équipes chargées de la lutte contre les épidémies: elles arrivent, œuvrent à stopper la propagation de la maladie et repartent le plus vite possible.

«Nous n’avions tout simplement pas les moyens de voir au-delà de l’épidémie, confirme Kaci Hickox, infirmière de Médecins Sans Frontières (MSF), présente en 2014 au Sierra Leone. Nous n’étions absolument pas formés pour nous occuper des viols et de la violence sexuelle, l’ampleur de l’épidémie était trop importante. Tous les humanitaires ont été plus que débordés.»

Selon Onyango, qui est aussi spécialiste des urgences humanitaires, la faute ne repose pas uniquement sur MSF et consorts.

«C’est très compliqué ce qu’ils ont à faire, dit-elle. Ils doivent se focaliser sur un seul problème en même temps. Il y a aussi le souci des donateurs, qui envoient leur chèque quand il y a urgence et passent à une autre crise quand l’urgence se termine.»

Une perspective qui oublie d’investir dans deux besoins vitaux pour les pays en proie à des épidémies: les services sanitaires locaux et les infrastructures. Sans cela, ces pays ont d’autant plus de risques d’être touchés par une nouvelle épidémie –accompagnée des poussées de violences sexuelles touchant la population féminine.

À l’heure actuelle, ce sont des gens comme Marie Harding qui doivent gérer seuls l’impact invisible d’Ebola. Debout au milieu de la salle d’attente du centre médical Star of the Sea, elle appelle Williams. Son bébé dans les bras, la jeune fille se lève et passe devant une demie douzaine d’adolescentes, pour beaucoup victimes d’agressions sexuelles durant l’épidémie.

«Beaucoup sont venus ici pour aider pendant Ebola, dit Harding. Aujourd’hui, ils disent qu’Ebola est parti, alors ils partent. Mais ces filles qui ont souffert, qui ont eu des bébés? Qui va les aider?»

Seema Yasmin

http://www.slate.fr/

Vulnérabilité


Vous en souvenez quand vous étiez petit et vous imaginant qu’un jour, vous pourriez faire ce que vous voulez, personne ne pourra faire du tort, que vous serez fort etc. Puis, un jour, la vie vous apprend que nous avons tous des forces et des faiblesses
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Vulnérabilité

 

« Lorsqu’on est enfant on pense que quand on grandit on n’est plus vulnérable, mais grandir c’est accepter sa vulnérabilité et être en vie, c’est vulnérable. »

Madeleine L’Engle

Les jeunes sont vulnérables sur Internet


La sexualité est banalisée à tous les niveaux, ce n’est pas juste en pornographie, mais aussi pour des causes. On pose nu pour le cancer, pour la vieillesse, etc. On conteste quelque chose en se présentant nu, ou encore une blague très sexisme caricaturé alors comment les enfants, les adolescents peuvent percevoir sans penser aux conséquences à long terme ? Après, on dit que c’est la faute des parents qui n’ont pas fait leur travail. Bien sûr, que les parents doivent éduquer leurs enfants face à ce fléau, mais je pense qu’on a tous une responsabilité face a cette banalisation
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Les jeunes sont vulnérables sur Internet

 

internet ordinateur

Photo Fotolia

 

Marie-Ève Dumont

 

«Un de mes clients m’a déjà dit que ça ne prenait pas plus de 15 minutes pour qu’une fille lui montre ses seins sur Internet», indique le sexologue clinicien et expert en délinquance sexuelle, Mario Larivée-Côté.

Les jeunes sont particulièrement vulnérables sur Internet. Armés de leur clavier, des gens mal intentionnés peuvent facilement s’en prendre à eux pour obtenir des faveurs.

Avec la multiplication des téléphones intelligents, il est difficile pour les parents de contrôler les allées et venues de leurs enfants sur le web.

La sexualité est aussi de plus en plus banalisée, ce qui en fait un cocktail explosif, selon le spécialiste.

Question d’éducation

«Les jeunes sont bombardés d’images à caractère sexuel. Ils ne pensent pas aux conséquences futures d’envoyer une photo d’eux tout nus sur Internet, c’est presque normal», explique-t-il.

C’est pourquoi il est important pour les parents de discuter avec leurs enfants de leur comportement derrière l’écran.

«Avant, on disait à nos enfants que leur corps était à eux, que c’était leur intimité. On le dit encore, mais on oublie d’y inclure Internet», indique-t-il.

La publication d’articles dans les journaux traitant des échanges de photographies ou de vidéos à caractère sexuel sur le Web est un bon moyen pour aborder le sujet avec eux.

«C’est un prétexte pour questionner nos enfants. “Comment réagirais-tu, si un ami te demandait de lui envoyer une photo de toi tout nu?”» conseille M. Larivée-Côté.

Traces sur internet

L’expert rappelle qu’il est important de faire comprendre aux enfants que les clichés ne disparaîtront jamais du Web, il en restera toujours des traces. Nul ne sait où elles se retrouveront ni dans quelles mains.

«Une cliente m’a déjà dit qu’elle avait retrouvé des photos d’elle 15 ans plus tard», raconte l’expert.

http://www.journaldequebec.com

Le Saviez-vous ►C’est dans le besoin que le paresseux reconnaît ses amis


Un vrai travail d’équipe, assez époustouflant qu’il aurait été difficile de deviner en voyant la lenteur du paresseux. Un travail d’équipe entre larves, papillons, algues et qui en plus lui donnerais une certaine protection au moment qu’il est le plus vulnérable
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C’est dans le besoin que le paresseux reconnaît ses amis

Paresseux

Photo :  © iStockphoto / vilainecrevette

Pourquoi l’aï, paresseux des forêts d’Amérique latine, quitte-t-il son arbre pour faire ses besoins, au péril de sa vie? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre des chercheurs dans une étude publiée mardi dans la revue Proceedings of the Royal Society B.

Environ une fois par semaine, l’animal aux trois doigts griffus quitte le sommet des arbres – où il passe l’essentiel de sa vie à manger et à dormir – pour déféquer. Il creuse un petit trou et y dépose sa crotte avant de retourner à l’abri en hauteur.

L’opération le rend pourtant vulnérable aux prédateurs, en plus de lui coûter environ 8 % de l’énergie qu’il ingurgite en une journée. Pourquoi ne défèque-t-il pas alors en hauteur?

Les chercheurs de l’Université du Wisconsin-Madison estiment que la réponse réside dans les papillons et les algues qui vivent – et s’accouplent dans le cas des papillons – dans la fourrure de l’animal.

Une fois écloses, les larves de papillons consomment la crotte d’aï. En retour, les papillons sur le pelage de l’aï augmentent sa concentration en azote.

C’est là que les algues entrent en jeu. Grâce à la structure unique des poils de l’aï, dont les fentes recueillent une grande quantité d’eau de pluie, les algues peuvent s’y installer et sont ensuite nourries par l’azote qui leur sert d’engrais.

Le paresseux ingère à son tour ces algues quand il lèche sa fourrure pour se nettoyer. Les algues riches en glucides et en lipides digestes viennent compléter son régime alimentaire de feuilles, peu nourrissantes.

Les auteurs de l’étude estiment que ce phénomène jusqu’ici inconnu explique pourquoi les animaux sont si difficiles à nourrir correctement en captivité.

Les paresseux à deux doigts, les unaus, mangent quant à eux un plus large éventail de produits végétaux, descendent des arbres plus régulièrement et défèquent n’importe où. Ils ne semblent pas avoir besoin de nutrition supplémentaire contrairement à leurs cousins, affirment les chercheurs.

http://ici.radio-canada.ca/

Les cas d’ainés maltraités feraient rarement l’objet d’accusations


La maltraitance chez les ainées est une triste réalité. Mais les plaintes, ne va pas juste qu’à des accusations … par peur, peur de briser des liens de la famille, peur d’ètre seul, d’être placé
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Les cas d’aînés maltraités feraient rarement l’objet d’accusations

 

ARCHIVES LA PRESSE

JIM BRONSKILL
La Presse Canadienne
Ottawa

Une étude fédérale montre qu’une faible proportion seulement des cas d’abus sur des personnes âgées investigués par la police résulte en des accusations criminelles, car les victimes souhaitent maintenir les liens familiaux, et craignent de se retrouver dans des établissements de soins de longue durée.

Les enquêteurs du ministère de la Justice, qui ont analysé 453 cas de mauvais traitements sur des aînés dans les dossiers de la police d’Ottawa sur une période de cinq ans, ont montré que des accusations avaient été déposées dans 17 pour cent des cas. Il s’agit d’une proportion relativement faible, car en moyenne, le quart des enquêtes de la police mènent au dépôt d’accusations.

Dans plus de la moitié des cas de mauvais traitements contre des aînés n’ayant pas fait l’objet d’accusations, les preuves étaient insuffisantes ou la victime a refusé de collaborer avec la police.

L’étude évoque comme explications possibles un désir de maintenir les liens familiaux, la crainte à l’égard d’une demande d’admission dans un centre de soins et la perte d’indépendance, de même que des facteurs tels que la dépendance financière, les handicaps ou la maladie.

«Les vulnérabilités qui posent un risque de victimisation des Canadiens plus âgés peuvent aussi créer des obstacles aux enquêtes criminelles et à la réponse du système de justice», affirment les auteurs.

Un policier a affirmé aux enquêteurs que les personnes âgées hésitaient à déposer des plaintes contre leur enfant, et que par conséquent, la police passait beaucoup de temps à faire valoir aux aînés les avantages de procéder, incluant l’aide qui est fournie aux victimes de mauvais traitements.

Selon le recensement de 2011, il y a cinq millions de Canadiens âgés de 65 ans et plus – un segment de la population qui croît rapidement, souligne l’étude.

Légèrement plus de femmes (52 pour cent) que d’hommes (48 pour cent) ont été accusées d’avoir infligé des mauvais traitements dans les dossiers à Ottawa, qui couvraient une période de 2005 à 2010 et dont les renseignements personnels ont été retirés avant d’être remis aux chercheurs par la police.

Néanmoins, les femmes représentent 70 pour cent des victimes – probablement car les femmes sont surreprésentées dans le segment de population des aînés, indique l’étude.

Les hommes accusés avaient davantage tendance à cibler des parents ou amis, tandis que les femmes accusées s’en étaient plus souvent prises à des patientes sous leur garde dans une institution, ont déterminé les chercheurs.

L’infraction la plus courante était d’ordre financière, suivie par des mauvais traitements à caractère psychologique, physique et dans une moindre mesure, sexuel. Dans plusieurs cas impliquant les finances d’un aîné, la victime ignorait initialement faire l’objet de mauvaises pratiques.

En plus de la réticence de certaines victimes à intenter des actions en justice, les données ont souvent montré des obstacles aux enquêtes – le plus courant étant des enjeux de santé mentale, suivi par la peur éprouvée par la victime.

http://www.lapresse.ca