Parkinson lié aux pesticides: les agriculteurs et les riverains à risque


On a souvent parlé des répercussions des pesticides sur les abeilles, et autres insectes pollinisateurs, voilà qu’en France, ils ont fait des études sur les effets des pesticides et les agricultures. Il semble qu’il y ait une augmentation de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs et riverains surtout en viticulture, une exploitation qui utilise le plus de pesticides
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Parkinson lié aux pesticides: les agriculteurs et les riverains à risque

 

Un champ cultivé, en France.... (REMY GABALDA, archives AFP)

Un champ cultivé, en France.

REMY GABALDA, ARCHIVES AFP

 

Agence France-Presse

Le risque de maladie de Parkinson lié aux pesticides ne se limiterait pas aux seuls agriculteurs, mais toucherait aussi la population des régions les plus agricoles, et notamment les plus viticoles, exposées à ces substances, selon une étude publiée mardi.

Une augmentation de la maladie de Parkinson dans la population générale habitant les cantons français les plus agricoles, notamment viticoles, a en effet été relevée dans une étude épidémiologique nationale.

Cette augmentation est observée « y compris après exclusion des agriculteurs », souligne l’éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) dédié à la maladie de Parkinson paru la veille de la journée mondiale consacrée à cette pathologie neurodégénérative.

Une explication possible serait que l’utilisation importante des pesticides s’accompagnerait d’une exposition des riverains à ces substances phytosanitaires. Le terme de pesticides regroupe trois catégories de produits : les insecticides, les fongicides et les herbicides.

« 90 % » des pesticides « sont dédiés à l’usage agricole, avec un risque plus élevé de maladie de Parkinson de l’ordre de 10 % chez les agriculteurs », souligne la neurologue Marie Vidailhet dans l’éditorial de ce numéro du BEH édité par l’agence sanitaire Santé publique France.

Si le rôle de l’exposition non professionnelle aux pesticides était confirmé dans la maladie de Parkinson, « le nombre de cas de Parkinson attribuable aux pesticides pourrait être plus élevé que si seule l’exposition professionnelle était impliquée », selon les auteurs de l’étude.

« L’association la plus forte a été observée pour les cantons avec les proportions de terres agricoles dédiées à la viticulture les plus élevées, avec une incidence de la maladie plus élevée de 10 % par rapport aux cantons sans viticulture », notent-ils d’après des analyses effectuées à partir de 69 000 cas survenus en métropole sur la période 2010-2012.

Cette association est retrouvée chez les hommes et les femmes, alors que « les hommes sont plus impliqués dans l’épandage de pesticides », relèvent Sofiane Kab et Alexis Elbaz (Inserm/Santé publique France) avec leurs collègues coauteurs de l’étude.

L’incidence (nouveaux cas) de la maladie augmentait progressivement avec l’augmentation de la proportion de surfaces agricoles utilisées, selon l’étude.

« Ces résultats justifient la surveillance de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs et la poursuite d’études sur le rôle de l’exposition non professionnelle aux pesticides en population générale », souligne pour sa part la neurologue. « Ils plaident également en faveur de la réduction de l’exposition aux pesticides des agriculteurs et des riverains des cultures, notamment viticoles », ajoute-t-elle.

La viticulture compte parmi les cultures les plus utilisatrices de pesticides. En France, en 2000, la viticulture représentait 3 % de la surface agricole utile (Sau) et consommait 20 % des tonnages des pesticides, essentiellement en raison d’un usage important de fongicides et d’insecticides.

Les agriculteurs représentent environ 5 % de la population.

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Des coquillages vieux de 45 millions d’années sous le vignoble de Champagne


Avoir sur son terrain des coquillages qui date de 45 millions d’années et qui ont réapparu, on ne sait trop pourquoi, est un trésor naturel, surtout que parmi les coquillages minuscules a un peu plus gros, il y en a un qui mesure de 40 à 60 cm de long
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Des coquillages vieux de 45 millions d’années sous le vignoble de Champagne

 

C'est une véritable cave à coquillages que Patrice Legrand... (Photo FRANCOIS NASCIMBENI, AFP)

C’est une véritable cave à coquillages que Patrice Legrand est en train d’établir avec ses découvertes au coeur du vignoble de Champagne.

PHOTO FRANCOIS NASCIMBENI, AFP

 

FANNY LATTACH
Agence France-Presse
FLEURY-LA-RIVIÈRE

Au coeur du vignoble de Champagne, en France, un site fossilifère sous-terrain foisonne de milliers de coquillages ayant peuplé ce territoire voici 45 millions d’années, un héritage naturel exceptionnel qui attire visiteurs et chercheurs.

« C’est mon paradis », confie Patrice Legrand, viticulteur et propriétaire de la Cave aux coquillages, implantée dans le Parc naturel régional de la Montagne de Reims, dans le nord-est du pays.

Sous ce vieux corps de ferme qu’il a acquis en 1997, le long des 250 m du parcours de visite, des milliers coquillages apparaissent, encore emprisonnés dans une épaisse couche de calcaire, intacts depuis leur brusque disparition pour des raisons encore indéterminées.

À côté des céphalopodes et des coquillages minuscules voire microscopiques, qu’il faut tamiser puis trier en laboratoire pour pouvoir les observer, la vedette des lieux est sans conteste le Campanile giganteum, un gastéropode de 40 à 60 cm de long.

« En plein milieu de l’ère tertiaire, au Lutétien, la Champagne était recouverte par une mer chaude et il régnait un climat tropical », retrace le maître des lieux, passionné de paléontologie, dans les méandres des galeries qui s’enfoncent jusqu’à 28 m sous terre.

« Ce ne sont pas des fossiles à proprement dit, car en réalité ils n’ont jamais fossilisé. L’homogénéité de la roche calcaire et la couche d’argile imperméable, au-dessus, ont permis cette conservation », précise Patrice Legrand, en désignant des coquilles qui ont conservé un intérieur lisse et un extérieur aux reflets nacrés.

Selon M. Legrand, qui a répertorié 300 espèces, on trouve de tels coquillages dans un périmètre de 15 km, mais ils n’ont jamais été mis en valeur de la sorte. Une particularité qui attire des chercheurs français et belges.

« Ce site nous a donné un regard sur le passé », affirme Didier Merle, maître de conférence au Muséum d’histoire naturelle de Paris, qui s’est rendu plusieurs fois sur place. « Il est exceptionnel, car on y trouve une grande quantité de Campaniles giganteum. Nous avons ainsi pu mieux comprendre l’évolution des coquillages, les environnements et comment était constituée la biodiversité de l’époque ».

Cet expert souligne qu‘il n’existe « plus beaucoup de sites de cette époque-là à cause de l’urbanisation. Celui-ci est rare du point de vue du patrimoine géologique et il faut le préserver ».

En 2015, cette cave champenoise où les vieux coquillages remplacent les vieux flacons a ainsi attiré 7000 visiteurs.

« La découverte est permanente ici »

À certains endroits, les coquillages sont enchevêtrés et s’amoncellent sur un même bloc, quand ce n’est pas la pointe d’un Campanile giganteum qui ressort du plafond voûté de la cave, narguant l’Homme dont la présence sur Terre ne remonte qu’à 2,8 millions d’années.

« Il faut avoir de la patience quand on commence à trouver un coquillage : on l’extrait dans un bloc, c’est le meilleur moyen de ne pas l’abîmer », indique M. Legrand, qui creuse inlassablement depuis 1997, à l’aide de quelques outils basiques, dont un marteau-piqueur électrique.

À 55 ans, « le Creuseur » comme le surnomment ses voisins, passe ses journées dans ses galeries souterraines à 12 °C, comme « un vrai gamin » émerveillé par cette profusion de coquillages.

« La découverte est permanente ici », dit-il à genoux sur le sol, un pic de géologue dans une main, un bloc recouvert de coquillages dans l’autre. « C’est inépuisable, c’est même affolant ! Je n’aurai pas le temps de tout creuser, j’en laisserai pour les générations futures ».

Outre les visites guidées, des dégustations sont proposées aux touristes pour montrer le lien entre les sédiments marins dans le sous-sol, la vigne et le champagne.

« La coquille a fixé l’iode marine et ne la libère que lorsqu’elle se dissout », résume M. Legrand, qui a mis au point une cuvée très peu dosée en sucre, spécifique à ce terroir.

« Et ça se marie très bien avec les coquillages, comme les huîtres ! », conclut-il dans un sourire.

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