Le Saviez-Vous ► Pourquoi la grippe espagnole a été aussi virulente


Pourquoi la grippe a été appelé la grippe espagnole, alors qu’elle a probablement commencé en Chine. Cette grippe à tuer a elle seule plus de personnes à travers le monde que la Première Guerre mondiale. Elle s’est étendue comme une vrai trainée de poudre pour arriver à ses fins
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Pourquoi la grippe espagnole a été aussi virulente

 

Les soldats d’un camp militaire  du Kansas, aux États-Unis, ont été les premiers touchés par la vague pandémique initiale, au printemps-été 1918.

Les soldats d’un camp militaire du Kansas, aux États-Unis, ont été les premiers touchés par la vague pandémique initiale, au printemps-été 1918.

SCIENCE SOURCE/AKG IMAGES

Par Hugo Jalinière

Le virus avait une rapidité de reproduction dans l’organisme 10.000 fois supérieure à celle d’agents pathogènes de même type. Il a provoqué entre 40 et 100 millions de décès entre 1918 et 1919.

HÉCATOMBE. Entre 1918 et 1919, la grippe dite espagnole a touché un tiers de la population mondiale, alors estimée à 1,9 milliard d’individus, et induit entre 40 et 100 millions de décès selon les estimations ; davantage donc que les 20 millions de morts de la Première Guerre mondiale. Et contrairement aux grippes saisonnières « classiques » dont l’essentiel des victimes se compte parmi les personnes fragiles (enfants de moins de 2 ans, personnes âgées ou immunodéprimées), la mortalité s’est concentrée à 80 % sur de jeunes adultes (20 à 40 ans). Des hommes jeunes et en bonne santé mourraient d’infection pulmonaire en moins d’une semaine. Une particularité restée mystérieuse jusqu’à ce que la séquence génomique complète du virus soit révélée en 2005 à partir de l’ARN viral retrouvé dans les poumons d’un corps conservé dans le sol gelé de l’Alaska.

La grippe espagnole était chinoise

En 2007, des chercheurs reproduisent ainsi l’agent pathogène en laboratoire pour étudier sa dynamique dans l’organisme de macaques… foudroyés en quelques jours. L’expérience révèle que la rapidité de reproduction du virus dans l’organisme (virulence) est 10.000 fois supérieure à celle de virus grippaux du même type (H1N1). En quelques jours, tout l’arbre respiratoire des singes est littéralement submergé, bronches et poumons compris, alors qu’une grippe se cantonne généralement au nez et à la gorge. Reste un mystère, l’origine de cette grippe qui n’avait rien d’ »espagnole » :

« C’est un surnom donné par les journaux britanniques car c’est en Espagne, où le roi a été malade, que la presse en a parlé en premier », explique Patrick Zylberman, professeur émérite d’histoire de la santé à l’École des hautes études en santé publique.

La souche pourrait être née en Chine, à la faveur de contacts étroits entre la population et les oiseaux, réservoirs naturels des virus grippaux. En 2014, à partir d’une analyse phylogénétique du génome reconstitué en 2005, des chercheurs de l’université de l’Arizona (États-Unis) établissent qu’elle serait née d’une recombinaison entre une souche humaine H1N8 circulant entre 1900 et 1917 et les gènes d’un virus aviaire de type N1.

 « Mais cela reste une hypothèse, prévient Patrick Zylberman, car tous les chercheurs travaillent à partir d’échantillons de la seconde vague pandémique (automne 1918-fin de l’hiver 1919). On n’a aucune trace du virus qui a sévi au printemps-été 1918. Il manque donc une pièce importante au puzzle. »

Les chercheurs savent en revanche que cette première vague, moins létale, a touché un camp militaire dans le sud du Kansas, où des soldats du corps expéditionnaire américain se préparaient à rejoindre l’Europe en guerre.

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Le Saviez-Vous ► Microbe, virus, bactérie : quelle différence ?


On connaît les bactéries, les microbes certains sont utiles pour la vie, pour l’humain, mais parmi eux, il y a ceux qui donnent des maladies qu’on peut généralement soigner. Cependant, les virus sont plus dangereux, et les antibiotiques ne peuvent rien contre des maladies comme le Sida, la variole ….
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Microbe, virus, bactérie : quelle différence ?

 

Par Antoine Besse, Futura

 

Derrière les maladies que nous attrapons, se cachent toujours les mêmes coupables : les microbes. Mais tous ne sont pas forcément dangereux. Alors, qu’est-ce réellement qu’un microbe ? Que signifie donc ce terme ? Quelle différence y a-t-il entre un virus et une bactérie ?

Le terme microbe signifie « petite vie ». Il a été inventé par le chirurgien français Charles-Emmanuel Sédillot en 1878 pour désigner tous les êtres vivants qui ne se voient qu’au microscope et qui provoquent des maladies.

On sait maintenant que ce terme commode n’est pas très scientifique. Il mélange en effet des micro-organismes très différents :

Les premières bactéries observées avaient des formes de bâton (bakteria en grec). © Kateryna Kon, Shutterstock

Les premières bactéries observées avaient des formes de bâton (bakteria en grec). © Kateryna Kon, Shutterstock

Les bactéries, des cellules sans noyau

Les bactéries sont des êtres vivants microscopiques, donc des microbes, constitués d’une unique cellule entourée d’une paroi et dépourvue de noyau (elles font partie des organismes procaryotes). Elles mesurent autour de 1 µm (une bactérie est donc cinquante fois plus fine qu’un cheveu) et sont le plus souvent en forme de bille ou de bâtonnet. Les bactéries sont les premières formes de vie apparues sur Terre il y a plus de trois milliards d’années et elles colonisent encore la totalité des milieux terrestres.

Beaucoup d’entre elles ne sont pas nocives, certaines s’avèrent même bénéfiques pour l’Homme (elles nous aident à digérer, par exemple), mais d’autres sont à l’origine de maladies graves comme la peste, le choléra, la tuberculose ou, moins terrible, l’angine. Les antibiotiques empêchent la multiplication des bactéries.

Les virus, des éléments génétiques parasites

Le virus (qui signifie « poison » en latin) représente un agent infectieux réduit à son strict minimum : une capsule en protéines (appelée capside) protégeant un brin de matériel génétique codant pour lui-même et la capsule.

Pour se multiplier, le virus, environ vingt fois plus petit qu’une bactérie, doit rentrer dans la cellule hôte et parasiter ses fonctions de réplication. Les virus sont tous à l’origine de maladies : poliomyélite, grippe, rage, Sida, variole Les antibiotiques n’ont aucun effet contre les virus

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Ces virus qui tombent de l’atmosphère


Il y aurait des millions à des milliards de virus et bactéries tombe à tous les jours par mètre carré. Il voyagent des kilomètres dans l’atmosphère avait de retomber sur Terre, ils peuvent donc venir de d’autres continents.
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Ces virus qui tombent de l’atmosphère

Ces virus qui tombent de l’atmosphère

Marie-Céline Ray

Journaliste

Tous les jours, virus et bactéries tombent du ciel après avoir voyagé dans l’atmosphère. Dans un mètre carré, ils seraient ainsi des milliards de virus à redescendre vers la surface de la Terre ! Certains pourraient avoir parcouru des milliers de kilomètres…

Les virus peuvent s’envoler dans l’atmosphère et redescendre vers le sol, bien plus loin. Mais combien sont-ils à tomber ainsi au-dessus de nos têtes ? C’est ce qu’a voulu savoir une équipe internationale de chercheurs (Canada, Espagne et États-Unis). Ces derniers se sont intéressés à ce qui se passait entre 2.500 et 3.000 mètres d’altitude, juste au-dessus de la couche limite atmosphérique, la zone de la troposphère la plus proche du sol.

Les scientifiques ont trouvé que, chaque jour, un mètre carré de surface reçoit des milliards de virus et des dizaines de millions de bactéries. Plus précisément, leurs résultats, parus dans International Society for Microbial Ecology Journal, indiquent que le nombre de virus variait entre 260 millions et sept milliards par jour et par mètre carré. Le taux de dépôt des virus était 9 à 461 fois plus élevé que celui des bactéries.

Des virus globe-trotteurs qui voyagent dans l’air

Et ces virus viennent parfois de très loin. D’après un communiqué de l’université de la Colombie-Britannique (Canada), les virus pourraient être transportés sur des milliers de kilomètres avant de redescendre sur Terre. Ces résultats pourraient expliquer pourquoi des virus génétiquement identiques se retrouvent à des endroits très différents du globe. D’après le virologue Curtis Suttle, un des auteurs de l’étude, un virus pourrait très bien être transporté d’un continent à l’autre dans l’atmosphère.

Isabel Reche, de l’université de Grenade (Espagne), explique : « Les bactéries et les virus sont généralement déposés sur la Terre par des épisodes pluvieux et des intrusions de poussière saharienne. Cependant, la pluie était moins efficace pour éliminer les virus de l’atmosphère ».

Les virus emmenés dans l’air semblent, pour la plupart, avoir été emportés par les embruns. Ils ont tendance à s’accrocher à des particules organiques plus petites, plus légères, en suspension dans l’air, ce qui leur permet de rester plus longtemps dans l’atmosphère.

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Insolite : le virus de la grippe tué grâce à… une lampe à UV !


Ce serait une innovation très intéressante pour être employé dans les hôpitaux, aéroport et autres endroits publics pour éviter la propagation de virus, bactéries et microbes. Une lumière UVC a faible dose permet par exemple d’éliminer à 95 % le virus de l’influenza et ne serait d’après eux, cette lumière à faible dose ne serait pas dangereux pour l’humain
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Insolite : le virus de la grippe tué grâce à… une lampe à UV !

 

Marie-Céline Ray
Journaliste

 

Une lampe à ultraviolets (UV) spéciale pourrait permettre d’éviter la transmission du virus de la grippe dans des lieux publics.

En effet, d’après des chercheurs de l’université Columbia, aux États-Unis, une lumière dans l’« UVC lointain », à faibles doses, serait sans danger pour l’Homme et apporterait une solution bon marché pour tuer des virus et des bactéries de l’air ambiant.

De nombreux virus (comme celui de la grippe) ou bactéries (comme celle de la tuberculose) se propagent dans l’air. D’où l’intérêt de pouvoir éradiquer de tels microbes présents dans l’atmosphère. On savait déjà que la lumière UVC, dont la longueur d’onde se situe entre 200 et 400 nm, est très efficace pour tuer des bactéries et des virus. Cette lumière ultraviolette (UV) germicide est utilisée pour décontaminer du matériel chirurgical.

Mais, comme l’explique David Brenner dans un communiqué de l’université Columbia de New York (États-Unis), « malheureusement, la lumière UV germicide conventionnelle est également un danger pour la santé humaine et peut conduire au cancer de la peau et à la cataracte, ce qui empêche son utilisation dans l’espace public ».

 Avec d’autres chercheurs, il a donc travaillé sur une lumière ultraviolette spéciale appelée « UVC lointain » pour savoir si elle pourrait tuer des virus influenza dans l’air.

Des virus H1N1, une souche courante de grippe, ont été lâchés dans une chambre de test et exposés à de très faibles doses (2 mJ/m2) de lumière située dans l’UVC lointain, à une longueur d’onde de 222 nm. Cette lumière a inactivé les virus influenza à plus de 95 % avec quasiment la même efficacité qu’une lumière UV conventionnelle germicide. De faibles doses continues de lumière dans l’UVC lointain pourraient donc tuer des virus de l’air.

La lumière ultraviolette est aussi utilisée dans le cabinet du dentiste. © satyrenko, Fotolia

La lumière ultraviolette est aussi utilisée dans le cabinet du dentiste. © satyrenko, Fotolia

    Une lampe à UV pour contrer les épidémies

    D’après David Brenner, cette lumière spéciale pourrait tuer les microbes sans créer de dommages aux tissus humains : 

    « La lumière lointaine UVC a une portée très limitée et ne peut pas pénétrer à travers la couche externe de cellules humaines mortes ou la couche de larme dans l’œil, donc ce n’est pas un danger pour la santé humaine. Mais, parce que les virus et les bactéries sont beaucoup plus petits que les cellules humaines, la lumière ultraviolette peut atteindre leur ADN et les tuer ».

    L’utilisation de la lumière dans l’UVC lointain dans des hôpitaux, des cabinets médicaux, des aéroports et d’autres espaces publics pourrait donc aider à limiter la transmission et la propagation de maladies microbiennes véhiculées par l’air, comme la grippe et la tuberculose. Une telle lampe coûte environ 1.000 dollars (800 euros). Ces lampes dites « à excimère » peuvent émettre entre 207 et 222 nm de longueur d’onde. Ces résultats paraissent dans la revue Scientific Reports.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Des chercheurs de la Columbia University proposent d’utiliser des lampes à ultraviolets (UV) spéciales pour lutter contre des virus et des bactéries présents dans l’air.

  • De telles lampes sont peu coûteuses et pourraient servir dans des lieux publics.

  • D’après les auteurs, cette lumière dans l’« UVC lointain », à faible dose, ne serait pas dangereuse pour l’Homme.

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Le Saviez-Vous ► Cette petite cicatrice sur le bras. Voici sa signification


La plupart des enfants nés avant 1970 ont une cicatrice ronde sur l’épaule gauche. Si mes souvenirs sont bons, cette vaccination était avant de commencer la maternelle. Aujourd’hui, dans beaucoup de pays, cette vaccination n’existe plus
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Cette petite cicatrice sur le bras. Voici sa signification

 

Certaines cicatrices dans notre corps peuvent raconter des histoires du passé et d’autres apparaissent subitement sur notre peau sans que nous connaissons leur histoire.

La petite cicatrice ronde que nous avons presque tous sur notre bras gauche généralement est la cicatrice du vaccin contre la variole.

Avant 1970, ce vaccin était très répandu. On employait le virus vaccinal vivant pour déclencher une réaction immunitaire qui protègerait les personnes vaccinées contre le virus de la variole. Après la vaccination, des gonflements et des irritations se forment sur cette zone et une sorte de couche externe se manifeste sur le bras en quelques semaines lorsque les boursoufflures se dégonflent.

Avez-vous déjà remarqué cette petite cicatrice ?

Pour faire passer le vaccin, une aiguille pénètre la peau et plonge le virus vaccinal vivant dans le bras de la personne à plusieurs reprises.

A chaque fois que l’aiguille passe par la peau, le vaccin se répand et des boursouflures et des gonflements se forment ensuite. C’est pour cette raison que les cicatrices sont étendues.

Juste après l’administration du vaccin, un petit grossissement apparaît sur la zone de la peau qui persiste durant une période de 6 à 8 heures au maximum. Ce gonflement disparaît et cette zone redevient normale deux mois plus tard. Le gonflement qui apparaît ressemble à une piqûre de moustique.

Cette partie commence alors à se dégonfler et forme un bouton qui décharge un certain fluide et forme un ulcère. Ce dernier guérit en formant une cicatrice. La durée de ce processus complet peut prendre entre 2 à 5 semaines,  mais il y a même des périodes où ce processus d’ulcération et de rétablissement se reproduit 2 à 3 fois.

La variole, cette maladie qui a engendré de graves maladies et causé des centaines de milliers de décès, a heureusement disparu dans presque tous les pays du monde occidental après le début des années 70. La vaccination n’est plus nécessaire sauf pour les personnes qui prévoient des voyages dans un pays où le virus est encore présent.

La vaccination contre la variole a été suspendue définitivement dans certains pays du monde.

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La grippe plus transmissible que prévu, selon une étude


La grippe, la vraie grippe qui force au repos, aurait une grande facilité a se transmettre. Elle peut se transmettre plus par la respiration normale que par la toux. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas suivre les conseils d’hygiène, mais plus qu’il y a des gens autour de nous, plus il y a un potentiel de contamination
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La grippe plus transmissible que prévu, selon une étude

 

Dans le cadre d'une étude américaine, quatre patients... (PHOTO REUTERS)

Dans le cadre d’une étude américaine, quatre patients sur dix se sont révélés contagieux seulement avec une respiration normale.

PHOTO REUTERS

 

MATHIEU PERREAULT
La Presse

Le virus de la grippe est presque aussi transmissible par une respiration normale que par une quinte de toux, selon une nouvelle étude américaine. Ces résultats confirment la nécessité d’isoler le plus possible les patients, notamment avec le télétravail.

«Nous avons été surpris de constater combien il y avait de virus infectieux dans les particules fines issues de la respiration normale», explique l’auteur principal de l’étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), Donald Milton de l’Université du Maryland. «Beaucoup de spécialistes pensent que la grippe est surtout transmise par les particules plus grosses, comme celles qui sont émises par la toux. Ça ne semble pas être le cas.»

Les chercheurs du Maryland ont testé 355 patients venus aux urgences pour une infection respiratoire, et ont détecté 142 patients ayant la grippe. Ils ont demandé à ces derniers de respirer pendant 30 minutes dans un cône relié à un réservoir. Ils ont aussi prélevé les sécrétions de leur nez. Quatre patients sur dix se sont révélés contagieux seulement avec une respiration normale.

Autre surprise : les patients qui avaient beaucoup de virus dans leur nez n’étaient pas très contagieux par leur respiration ou leur toux.

«Les particules fines infectieuses proviennent surtout des portions étroites du système respiratoire, près des alvéoles pulmonaires, dit le Dr Milton. Ça nous a rappelé certaines études sur les modèles animaux, les furets, où l’on voit des souches différentes du virus de la grippe dans les voies respiratoires supérieures et inférieures. Nous allons vérifier cela avec des tests génétiques sur les souches de virus dans les différentes parties du corps de patients et des proches et collègues qu’ils ont infectés.»

Autre résultat inattendu, les gens qui avaient été vaccinés contre la grippe l’année précédente étaient plus contagieux.

«Il se peut que ce soit à cause de notre échantillon, qui était composé de gens assez malades pour se rendre aux urgences, dit l’infectiologue du Maryland. Seulement 13 patients avaient été vaccinés. Mais on va continuer à regarder ça, peut-être que ça va nous mener à une meilleure formulation du vaccin. On peut envisager que pour les gens qui ne réagissent pas au vaccin, la gravité des symptômes est plus grande.»

Rester à deux mètres de distance?

Et les éternuements?

«Ils étaient très rares, seulement 11 patients ont éternué durant la demi-heure du test, dit le Dr Milton. La toux était beaucoup plus fréquente. Certains toussaient toutes les minutes.»

Plusieurs médias, en rapportant l’étude, ont souligné qu’il était nécessaire de rester à deux mètres d’une personne infectée.

«C’est un chiffre qui provient d’études modélisant le cheminement dans l’air des particules fines, mais il ne fait pas l’unanimité», dit le Dr Milton.

Le site Medical News, de son côté, a rapporté que lors de la pandémie de grippe espagnole de 1918, la ville de New York avait été l’une des premières à restreindre les rassemblements publics et qu’elle avait été beaucoup moins touchée que le reste du pays.

http://www.lapresse.ca

Cent ans après 1918, la grippe nargue la science


On sait qu’il est difficile de créer un vaccin contre la grippe pour l’hiver suivant, car le virus à la fâcheuse tendance de muter. On ne sait pas l’origine de la grippe, mais celle de 1918, la grippe espagnole est fut la pandémie qui a tuer plus de 50 millions de personnes à travers le monde en seulement 1 an. Sans compter que parmi les pandémies, des virus peuvent être transportés par les oiseaux, les porcs qui possédaient des éléments génétiques du fameux virus de 1918. Il est donc important de trouver LE virus qui pourraient protéger de la grippe tout en reconnaissant les mutations
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Cent ans après 1918, la grippe nargue la science

 

Jim Barber/shutterstock.com

Par Lauran Neergaard
The Associated Press

WASHINGTON — Les descriptions donnent froid dans le dos.

Des victimes en parfaite santé le matin mourraient le même soir. Les visages viraient au bleu pendant que les patients crachaient du sang. Les cadavres étaient plus nombreux que les cercueils.

Cent ans après une des épidémies les plus catastrophiques de l’histoire, les scientifiques réévaluent leurs stratégies pour empêcher une nouvelle super grippe comme celle de 1918 de balayer la planète, faisant des dizaines de millions de morts.

Il est impossible de prédire quelle souche d’un virus passé maître dans l’art de la métamorphose provoquera la prochaine pandémie ou si la médecine moderne sera alors en mesure de limiter les dégâts. Les chercheurs ont toutefois confiance de pouvoir bientôt compter sur des vaccins plus efficaces pour se protéger de la simple grippe hivernale ou d’une éventuelle pandémie.

«Il faut faire mieux et par mieux, on entend un vaccin universel contre la grippe. Un vaccin qui vous protégerait essentiellement contre toutes, ou la plupart, des souches de grippe», a dit le docteur Anthony Fauci, des Instituts nationaux de la santé (NIH).

Les laboratoires américains cherchent ce super vaccin qui remplacerait la vaccination annuelle par une seule injection tous les cinq ou dix ans — ou, possiblement, une vaccination à l’enfance bonne pour le reste de vos jours.

Le docteur Fauci a annoncé que le développement d’un vaccin universel contre la grippe serait la priorité de l’Institut des allergies et des maladies infectieuses, qui dépend des NIH. Il a rassemblé plus de 150 experts l’été dernier pour tracer la voie à suivre. Quelques candidats font l’objet de premiers essais cliniques.

Ça reste un défi de taille. Même après un siècle de recherches scientifiques, la capacité du virus de la grippe à constamment se réinventer lui permet encore et toujours de contourner nos meilleures défenses.

Au nombre des nouvelles stratégies: les chercheurs dissèquent le camouflage qui permet à la grippe d’échapper au système immunitaire, identifiant les rares éléments qui ne changent pas d’année en année, de souche en souche.

«Nous avons réalisé des progrès considérables pour comprendre comment mieux nous protéger. Maintenant il faut que ça porte fruit», a expliqué Ian Wilson, un spécialiste de la grippe à l’Institut de recherche Scripps de La Jolla, en Californie.

Le triste anniversaire du centenaire de la pandémie de 1918 met le tout en lumière.

Aucun vaccin contre la grippe n’existait à ce moment et le premier n’arriverait que des décennies plus tard. La vaccination est la meilleure protection aujourd’hui, mais même dans les meilleurs scénarios, le vaccin saisonnier n’est efficace qu’à 60%. La protection a plongé à 19% il y a quelques années quand l’évolution du virus a déjoué la science.

Quand une souche complètement nouvelle apparaît, il faut des mois avant de disposer d’un vaccin. Les premières doses sont arrivées trop tard quand cela s’est produit pour la dernière fois, en 2009; heureusement, la pandémie a alors été modeste.

À défaut d’une meilleure option, le docteur Fauci dit que les États-Unis s’intéressent maintenant aux souches animales de la grippe qui pourraient éventuellement faire le saut chez l’humain. La menace la plus pressante aujourd’hui est celle d’une grippe aviaire qui a infecté plus de 1500 personnes en Chine depuis 2013. Une mutation survenue l’an dernier a rendu obsolètes des millions de doses d’un vaccin stockées aux États-Unis.

La mère de toutes les pandémies

Le docteur Jeffery Taubenberger, des NIH, estime que la pandémie de 1918 était la mère de toutes les pandémies, et il est bien placé pour le savoir.

Alors pathologiste pour l’armée américaine, il a dirigé l’équipe qui a identifié et reconstitué le virus disparu de 1918 à partir d’éléments génétiques trouvés dans les résultats d’autopsies de soldats de la Première Guerre mondiale et dans une victime enterrée dans le pergélisol de l’Alaska.

Ce qu’on a alors appelé (incorrectement) la grippe espagnole a transformé la planète en «zone d’abattage», selon l’auteur John M. Barry. Les historiens croient que la pandémie a éclaté au Kansas au début de 1918. À l’hiver 1919, le virus avait infecté le tiers de l’humanité et tué au moins 50 millions de personnes. En comparaison, le sida a fait 35 millions de morts en 40 ans.

Trois autres pandémies de grippe ont déferlé depuis cette époque: en 1957, en 1968 et en 2009. Elles se sont répandues largement, mais n’ont pas été aussi mortelles. Les recherches du docteur Taubenberger démontrent que les trois dernières pandémies ont été causées par des virus transportés par les oiseaux ou les porcs, et auxquels se sont greffés des éléments génétiques du virus de 1918.

«Cette ligne du temps sur cent ans montre comment nous nous sommes adaptés au virus et comment il s’est adapté à nous, a dit le docteur Barney Graham, le directeur adjoint du Centre de recherches sur les vaccins dLa quête d’un nouveau vaccines NIH. Ça nous enseigne qu’on ne peut pas continuer à inventer des vaccins en nous inspirant du passé.»

 

Tout commence avec deux protéines, l’hémagglutinine et la neuraminidase, qui recouvrent la surface du virus. Le «H» permet au virus de s’accrocher aux cellules respiratoires et de les infecter; le «N» permet ensuite au virus de se propager.

Ces lettres forment aussi le nom des virus de la grippe de souche A, la famille la plus dangereuse. Avec 18 variétés d’hémagglutinine et 11 de neuraminidase, les combinaisons sont multiples. La pandémie de 1918 a été causée par la souche H1N1, et des variantes plus faibles du H1N1 circulent toujours. Cet hiver, la souche H3N2, une descendante de la pandémie de 1968, est celle qui incommode le plus de gens.

Les chercheurs ont découvert en 2009 que les cellules immunitaires attaquent parfois, et en faible nombre, des portions de l’hémagglutinine qui ne subissent aucune mutation. Ces anticorps étaient aussi capables de bloquer différentes souches de la grippe, a dit le docteur Wilson.

Les scientifiques essaient maintenant de stimuler la production de ces anticorps. Au Centre de recherches sur les vaccins, on essaie d’entraîner le système immunitaire à reconnaître et attaquer ces portions immuables en les jumelant à des nanoparticules qu’il identifie aisément. À New York, les chercheurs de la faculté de médecine Icahn de Mount Sinai modifient l’hémagglutinine pour attirer l’attention du système immunitaire.

L’équipe du docteur Wilson tente aussi de développer une version orale des anticorps antigrippe.

«Si une pandémie éclate et qu’il n’y a pas assez de temps pour développer un vaccin, on voudra bloquer l’infection si c’est possible», explique-t-il.

L’approche du docteur Tautenberger est complètement différente: il combine des éléments provenant de quatre hémagglutinines pour obtenir une réaction immunitaire face aux souches similaires.

Des mystères insolubles

Certains mystères interfèrent toujours avec la recherche.

Les chercheurs pensent maintenant que la réaction d’un individu au vaccin est influencée par son exposition antérieure au virus de la grippe.

«On identifie peut-être le mieux la première grippe à laquelle on est exposé», explique l’immunologiste Adrian McDermott, des NIH.

Une fois exposé à cette première souche de la grippe, le système immunitaire réagirait peut-être moins efficacement en présence des autres souches.

«Dans notre domaine on croit ultimement que le meilleur vaccin universel contre la grippe fonctionnera le mieux si on l’administre à un enfant», a dit le docteur Fauci.

Malgré tout, personne ne connaît l’origine exacte de la grippe qui a terrifié la planète en 1918; on sait seulement qu’une hémagglutinine de type aviaire l’a rendue aussi mortelle.

Ce virus chinois de la grippe aviaire H7N9 «m’inquiète beaucoup», confie le docteur Tautenberger.

«Pour un virus comme celui de la grippe qui est un maître de l’adaptation et de la mutation et de l’évolution face à de nouvelles circonstances, il est d’une importance cruciale de comprendre comment tout ça se produit dans la nature. Comment est-ce qu’un virus aviaire s’adapte à un mammifère?», demande-t-il.

Pendant que les chercheurs pourchassent ces réponses, «il serait ridicule» d’essayer de prédire à quoi ressemblera la prochaine pandémie. «Il faut seulement être prêts», a dit le docteur Fauci.

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