Le virus Ebola continue de sévir


Le Virus Ebola revient encore cette année en Afrique Centrale au Congo. Ce virus se transmet non pas par voie aérienne, mais par fluide : sang, sécrétions, déjections … L’OMS ne croit pas qu’un jour ce virus puisse disparaitre, mais il pense qu’il est possible de le contenir.
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Le virus Ebola continue de sévir

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Repéré par Aurélie Rodrigues

L’OMS se «prépare au pire des scénarios» face à une nouvelle épidémie en République démocratique du Congo.

Repéré sur BBC News

En juillet 2017, les autorités congolaises annonçaient la fin de l’épidémie d’Ebola dans le pays. Un an plus tard, le virus inquiète une nouvelle fois: depuis le 4 avril 2018, trente cas –potentiels ou avérés– ont été décelés, faisant dix-huit morts. Ces nouveaux événements marquent la septième percée du virus en République démocratique du Congo (Afrique centrale).

Ce vendredi 9 mai, Peter Salama, directeur exécutif du programme de gestion des situations d’urgence sanitaire à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait se «préparer au pire des scénarios» concernant cette nouvelle crise en République démocratique du Congo.

«Le nombre de cas probables ou confirmés est très important. Nous sommes très inquiets. On se prépare à tous les scénarios possibles, y compris au pire», a-t-il déclaré pendant une réunion d’information à l’office des Nations unies à Genève.

Un virus difficile à appréhender

Comme l’explique la BBC, Ebola est un virus qui se transmet par un contact direct avec les fluides biologiques –sang, sécrétions ou déjections– d’une personne infectée. Même s’il ne se transmet pas par voie aérienne comme les autres virus, il reste toutefois redoutable. En cause, son taux de létalité: selon l’OMS, il tue en moyenne 70% des personnes atteintes.

Les zones de vie et d’échange sont préoccupantes pour les autorités sanitaires. Ces endroits sont propices aux contacts interhumains et donc à la propagation du virus. Le recensement des premiers cas à Bikoro, une ville marchande reliée aux réseaux de rivières et proche de la frontière nationale est d’autant plus inquiétant.

En 2014, l’épidémie en Afrique de l’Ouest avait commencé en Guinée dans un petit village frontalier pour ensuite devenir incontrôlable au contact des grands centres urbains. Personne ne pouvait alors prédire que le virus Ebola allait emporter 11.300 personnes sur 29.000 cas recensés (99% des cas en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone).

Impossible à éradiquer mais pas impossible à contenir

«C’est peu probable que nous puissions un jour éradiquer cette maladie ou arriver à prédire quand ou à quel endroit elle sévira. Cependant, il est possible d’identifier les zones à risque afin de mieux contrôler la propagation», écrit la BBC.

Les chimpanzés, gorilles, antilopes, porc-épics et les chauve-souris, en particulier, sont porteurs de la maladie. Tant que les humaines resteront en contact avec ces potentiels transmetteurs, il y aura toujours un risque que la maladie réapparaisse –l’éradication de ces animaux n’est évidemment pas une option.

En 2014, si le virus avait été détecté et maîtrisé dès les premières déclarations, sa propagation aurait été ralentie et les conséquences auraient sans doute été moins désastreuses.

Malgré tout, les autorités sanitaires ont montré qu’il était possible de contenir le virus avant qu’il en arrive au stade épidémique. En 2017, le virus avait été contenu à la province de Bas-Uele, au nord de la République démocratique du Congo, limitant les pertes à quatre morts en l’espace de deux mois.

«Une réaction rapide et bien coordonnée peut garantir le confinement de la maladie, et ensuite sauver des vies. Maintenant, la priorité est d’identifier la souche du virus et de localiser les zones à risque pour limiter sa transmission», conclut la BBC.

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De nouveaux virus datant de millions d’années ont été identifiés


Les chercheurs on trouver des nouveaux virus chez les reptiles, des vertébré et des amphibien et donne plus d’information sur les virus ARN qui sont daté depuis des millions années. Ils pourront peut-être prédire comment les humains sont affectés par ses virus. Heureusement ce ne sont pas tous ces virus qui sont dangereux pour l’humain, mais certains ont fait de gros dégâts comme le Sida, l’Ebola, et même la grippe qui sont tous des virus ARN
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De nouveaux virus datant de millions d’années ont été identifiés

 

Crédits : Pixabay / geraldsimon00

par Brice Louvet

Une équipe de chercheurs a fait la découverte de plus de 200 virus chez les poissons, grenouilles et autres reptiles, dont certains sont vecteurs de maladies telles que la grippe et les fièvres hémorragiques. Les chercheurs ont également retracé l’origine de ces virus à ARN qui ont donc été datés à il y a des centaines de millions d’années, lorsque la plupart des animaux modernes ont commencé à apparaître.

Mya Breitbart, virologiste à l’Université de South Florida à St Petersburg (États-Unis) et principale auteure de l’étude, met en lumière les virus à ARN et leur évolution au fil des ans. Cela peut également prédire comment ces virus peuvent infecter les humains à l’avenir. Jusqu’à présent, les chercheurs se penchaient sur les virus qui infectaient les humains, les mammifères et les oiseaux. C’est ici la première fois qu’ils se tournent également vers d’autres vertébrés tels que les amphibiens, les reptiles et les poissons, pour comprendre comment ces virus ont évolué au cours des millénaires.

Edward Holmes, virologiste évolutionniste de l’Université de Sydney en Australie – et co-auteur de l’étude – note que l’émergence des virus est en fait beaucoup plus abondante et répandue qu’on ne le pensait auparavant. Des études antérieures ont trouvé des virus à ARN chez les tritons et les salamandres. Mais les chercheurs se sont ici penchés sur près de 190 autres créatures, des poissons sans mâchoires comme des lamproies par exemple, qui ont peu évolué par rapport à leurs ancêtres évolutionnaires, aux reptiles tels que les tortues. En analysant l’ARN extrait des intestins, du foie, des poumons ou des branchies des animaux, l’équipe a ainsi découvert 214 virus à ARN qui n’avaient jamais été répertoriés auparavant.

La plupart de ces virus appartiennent à des familles de virus connues pour infecter les oiseaux et les mammifères. Par exemple, certains poissons hébergent des virus qui sont liés à Ebola, qui affecte les humains et autres primates.

« C’est surprenant », dit Holmes, mais cela ne signifie pas que ces virus constituent une menace pour la santé humaine.

En remontant l’arbre évolutif de ces nouveaux virus à ARN, et en les comparant à celui de leurs hôtes vertébrés, les deux histoires se sont également reflétées : les vertébrés ont migré de la mer vers la terre, tout comme leurs auto-stoppeurs microscopiques.

Les virus à ARN infectant les humains aujourd’hui ont donc probablement évolué à partir de virus qui ont infecté nos ancêtres vertébrés il y a 500 millions d’années, notent les chercheurs. Une information à prendre en compte pour le diagnostic précis et le traitement de ces virus. Rappelons que de nombreuses maladies humaines graves comme le SIDA, le virus Ebola, le SRAS et la grippe sont causées par des virus à ARN.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Nature.

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La Maladie X, le prochain fléau mondial?


L’Organisation Mondiale de la Santé vient de mettre une nouvelle maladie potentiellement désastreuse pour aller jusqu’à une pandémie. Cette nouvelle maladie n’existe pas encore, c’est pourquoi l’OMS l’appelle la « Maladie X » Cela parait curieux voir loufoque, pourtant avec l’expérience du virus Ebola, les autorités de la santé n’étaient pas près à cette épidémie qui a fait des milliers de morts. C’est ce qu’ils veulent éviter pour appréhender dès qu’un signe d’une maladie inconnue
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La Maladie X, le prochain fléau mondial?

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient d’ajouter la mystérieuse «Maladie X» –«Disease X en anglais»– à son plan d’action prioritaire de recherche et développement contre les maladies.

Une nouvelle menace appelée « maladie X » a été ajoutée à la liste des maladies de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Elle pourrait causer une épidémie planétaire, même si elle n’existe pas encore.

«L’histoire démontre que la prochaine grande pandémie sera quelque chose qu’on n’a jamais vu avant», alerte John-Arme Rottingen, directeur général du Conseil norvégien de la recherche et conseiller scientifique à l’OMS dans une interview au Telegraph.

Chaque année, l’OMS tient une réunion de scientifiques chevronnés afin d’établir une liste des maladies qui pourraient potentiellement causer un danger international. Lors de ce rassemblement, la Maladie X a été ajoutée à cette liste.

Il s’agit d’un pathogène encore inconnu qui pourrait, potentiellement, provoquer la prochaine grande pandémie mondiale. L’OMS a placé cette maladie dans son plan d’action prioritaire de recherche et développement. D’autres maladies –tristement connues– comme le virus Ebola ou Zika figurent dans ce plan d’action.

Les chercheurs à l’OMS ne savent pas encore comment ni quand pourrait se déclarer cette mystérieuse Maladie X, ni quels en seront les effets. Alors pourquoi se soucier d’une maladie qui n’existe pas encore? Pour être mieux préparé à toute éventualité. Le but des recherches prévues par l’OMS est de créer un nouveau système qui détectera et contrôlera toutes maladies ou pathogènes inconnus.

Ainsi, Forbes explique que la Maladie X englobe le fait de savoir qu’un prochain danger épidémique pourrait avoir lieu dans le futur. Les anciens plans d’action de l’OMS visaient à traiter et contrôler des maladies spécifiques. Problème: les solutions trouvées restaient et restent limitées à cette même maladie et ne peuvent pas être appliquées à d’autres pathogènes, surtout pas à des pathogènes inconnus.

Mieux vaut prévenir que guérir

«Nous voulons être sûrs d’être prêt à toute éventualité. Nous voulons créer des systèmes “prêts à l’emploi” qui s’adapteraient à n’importe quels types de maladies et qui nous permettraient de créer des contre-mesures le plus rapidement possible», a confié John-Arme Rottingen.

En 2014, personne ne pouvait prédire que le virus Ebola allait emporter 11.000 personnes en Afrique de l’Ouest. Cette épidémie a échappé à tout contrôle à cause d’un système de santé défaillant. Si le virus avait été détecté et maîtrisé dès les premières déclarations, sa propagation aurait été ralentie et les conséquences auraient sans doute été moins désastreuses. Le proverbe «mieux vaut prévenir que guérir» n’a jamais semblé aussi approprié.

http://www.slate.fr

Pourquoi les chauves-souris résistent-elles aux virus les plus dangereux ?


 

On sait que les chauves-souris sont vectrices de plusieurs virus et malheureusement transmissible à l’humain, mais eux-même s’ils sont porteurs ne semble pas en souffrir. Les chercheurs chinois croient que c’est dû à un gène spécifique qui les protègerait
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Pourquoi les chauves-souris résistent-elles aux virus les plus dangereux ?

© thinkstock.

Jeanne Poma.

Source: BBC

Des scientifiques chinois ont découvert que les chauves-souris ont la chance de posséder un gène, appelé Sting, qui une fois muté leur permet de résister aux pires des virus comme Ebola. Ce gène atténuerait la production d’interférons, les protéines du système immunitaire qui alertent le corps en cas d’infection virale.

Les chauves-souris peuvent être porteuses de nombreux virus mortels, comme Nipah, Marburg, Sars ou encore Ebola. Elles ne souffrent pourtant d’aucun de leurs effets. Habituellement, le système immunitaire défend le corps grâce à des anticorps et un ensemble de lymphocytes T appelés lymphocytes T tueurs. Ceux-ci reconnaissent et détruisent les virus. Ils sont capables de réagir grâce à des infections passées ou grâce à un vaccin. Certains organismes peuvent rejeter un virus, sans avoir jamais été infectés. On parle alors d’immunité innée. 

Le danger de la détection du virus

Lorsqu’il infecte une cellule, un virus laisse des traces, qui seront ensuite identifiées par des protéines de détection, en cas de récidive. Celles-ci vont alors produire des interférons. Ceux-ci déclenchent les effets d’alarme que nous connaissons, comme la fièvre, les douleurs et la fatigue. L’interféron provoque aussi la création de molécules avec un effet antiviral immédiat. 

Mais si le corps produit trop d’interférons, cela peut être néfaste pour lui. C’est ce qui arrive face à des virus comme Ebola et Sars. Ce dernier avait infecté plus de 8400 personnes en 2003. 

« Au début, nous pensions que la chauve-souris pouvait avoir un système immunitaire inné super fort, ce qui signifiait que son interféron pouvait tuer tout le virus. Mais nous nous sommes rendus compte que ces animaux pouvaient vivre avec le virus, comme dans une situation d’équilibre », a expliqué le professeur Peng Zhou, de l’Institut de virologie de Wuhan

Le rôle de l’ADN

Les scientifiques ont découvert que les chauves-souris ont une répartition toute particulière de leur ADN. La présence du gène Sting ferait toute la différence. Cette composition différente de leur corps fait que le virus qui s’attaque à l’ADN réduit la production d’interférons. Les effets ne sont pas les mêmes chez les humains. 

Encore de nombreuses études en perspectives

Cette découverte est soumise à débat par les scientifiques américains, qui doutent encore de la responsabilité de ce gène Sting. 

Le professeur Alexander Bukreyev, basé à la branche médicale de l’Université du Texas, déclare :

« De toute évidence, plus d’études sont nécessaires pour mieux comprendre la capacité des chauves-souris à héberger des agents pathogènes viraux. »

http://www.7sur7.be/7

Le sperme peut abriter au moins 27 virus


Le sperme peut véhiculer des virus comme la varicelle, oreillons, Zika, etc. Pour le moment, on ne croit pas que les relations sexuelles soient des facteurs de transmission. Il reste quand même des études pour savoir quels sont les virus les plus susceptibles d’être transmis sexuellement
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Le sperme peut abriter au moins 27 virus

 

Un échantillon de sperme Photo : iStock

Pas moins de 27 virus peuvent être véhiculés dans le sperme, y compris le Zika, l’Ebola, le Marburg, le chikungunya, les oreillons et la varicelle, montre une méta-analyse de la littérature médicale.

Un texte d’Alain Labelle

Ce travail de compilation des résultats de 3800 articles scientifiques réalisé par des chercheurs américains et britanniques fournit de nouvelles preuves que le sperme humain peut être une cachette et un terrain de reproduction pour des virus dangereux.

« Leur détection est la preuve que du matériel génétique viral se trouve dans le sperme », explique Alex Salam, chercheur-clinicien spécialiste des maladies infectieuses.

Les médecins et les chercheurs doivent envisager la possibilité que les virus traditionnellement non transmissibles sexuellement puissent persister dans le sperme, ce qui soulève aussi la possibilité de transmission sexuelle. Alex Salam, de l’Université d’Oxford

Une dangerosité à établir

Cependant, la présence de virus dans le sperme ne signifie pas nécessairement qu’ils peuvent se répliquer, ni que tous les virus peuvent être transmis sexuellement, notent les chercheurs.

Pour réussir à prouver ces capacités, les virus doivent être isolés et cultivés dans des cellules ou des animaux. Pour beaucoup d’entre eux, ces tests n’ont pas été réalisés. Il est donc impossible de savoir s’ils sont viables ou non.

En outre, les relations sexuelles pourraient ne pas être le meilleur moyen de transmission pour ces virus. Selon le Dr Pritish Tosh, un expert en maladies infectieuses de la clinique Mayo à Rochester, aux États-Unis, les données semblent montrer que le virus Zika se transmet plus facilement par les piqûres d’insectes que par les relations sexuelles.

Les gens semblent aussi plus susceptibles d’attraper le virus d’Epstein-Barr, responsable de la mononucléose, par des éternuements sans protection ou par la toux d’une personne infectée que par le biais des relations sexuelles, affirme également le Dr Tosh.

D’autres recherches doivent donc être réalisées afin d’établir le potentiel de transmission de ces virus par voie sexuelle. Elles devront établir quels virus peuvent vivre dans le sperme, combien de temps et dans quelles concentrations.

Il sera essentiel de comprendre lesquels de ces virus comportent des risques de transmission sexuelle afin de mieux cerner les facteurs de risques épidémiologiques. Dr Amesh Adalja, de l’Université Johns Hopkins

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Emerging Infectious Diseases.

http://ici.radio-canada.ca/

L’épidémie de viols provoquée par Ebola dont personne ne parle


Je sais qu’en temps de guerre, de conflits, dans un pays désorganisé que les femmes payent cher d’être femme. Elles sont victimes de violences, d’agressions sexuelles et souvent, elles vendent leur corps pour survivre. Mais pour une épidémie comme celle qui a sévi en Afrique de l’Ouest par le virus Ebola, c’est bien entendu le chaos, la désorganisation du pays, mais aussi le confinement. Ces « pauvres » hommes n’ayant plus de vie sociale causé par la quarantaine ont préféré la voie de la violence et du viol. Une fille qui ne peut pas aller a l’école est une fille accessible pour ces hommes.
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L’épidémie de viols provoquée par Ebola dont personne ne parle

 

Affiche d’une campagne de sensibilisation sur le viol à Monrovia le 30 novembre 2009 | GLENNA GORDON/AFP

Affiche d’une campagne de sensibilisation sur le viol à Monrovia le 30 novembre 2009 | GLENNA GORDON/AFP

Seema Yasmin

Traduit par Peggy Sastre

En Afrique de l’Ouest, l’épidémie de fièvre hémorragique aura été accompagnée par une explosion du nombre de grossesses adolescentes.

En septembre 2014, quand l’épidémie d’Ebola atteignait son pic au Liberia, Tina Williams avait 14 ans, de la fièvre et était enceinte. Elle avait été violée et son petit-ami l’avait abandonnée. Tremblante, elle était allongée dans un lit et priait pour souffrir de paludisme, pas d’Ebola.

Plus tard, les tests reviendront négatifs pour Williams et la petite fille qu’elle venait de mettre au monde. Ce qui ne l’empêchait pas d’être une survivante d’Ebola, une survivante d’un autre genre. En Afrique de l’Ouest, la propagation du virus et ses quasi 30.000 personnes infectées se sera accompagnée d’une autre épidémie: des poussées de viols, d’agressions sexuelles et de violences envers des femmes et des jeunes filles.

Si les professionnels de la santé publique ont comptabilisé le nombre de malades d’Ebola, les adolescentes comme Williams, victimes de violences sexuelles, ont été ignorées des registres. Il aura fallu attendre que l’année 2016 soit bien entamée pour apprendre qu’en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, les grossesses adolescentes ont vu leur nombre décupler pendant l’épidémie d’Ebola, à cause d’une multiplication des viols générée par la propagation du virus.

Dans certaines régions de Sierra Leone, les grossesses adolescentes ont augmenté de 65% durant l’épidémie d’Ebola, selon une étude publiée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Reste que les données sont très difficiles à obtenir, notamment parce que les victimes sont rares à déclarer leur agression. Une autre étude, menée conjointement par l’Unicef et les ONG Plan International, Save the Children et World Vision, estime que le nombre de grossesses adolescentes a quasiment doublé dans les régions touchées par Ebola.

Danger du confinement

Une recrudescence qui n’a rien d’une coïncidence. Les épidémies infectieuses augmentent souvent la vulnérabilité des femmes et des jeunes filles face aux violences, qu’elles soient ou non sexuelles –la faute à l’agitation et à l’instabilité civile que les épidémies laissent dans leur sillage.

«Cela ne devrait surprendre personne si on envisageait les épidémies comme n’importe quelle autre catastrophe, explique Monica Onyango, chercheuse en santé mondiale à l’Université de Boston. Les épidémies sont identiques à des situations de conflit. Vous avez une lacune de gouvernance, vous avez du chaos et de l’instabilité. Autant de facteurs qui fragilisent les femmes face à la violence sexo-spécifique.»

Pour autant, la corrélation entre épidémies et violences envers les femmes n’est pas bien documentée.

«Nous savons qu’en temps de guerre les jeunes filles et les femmes sont souvent victimes de violences sexuelles. Le phénomène a été documenté durant la guerre civile au Sierra Leone, au Liberia, après le génocide au Rwanda, lors de la guerre en ex-Yougoslavie, précise Onyango. Il nous faut mieux documenter les viols et les agressions sexuelles qui surviennent pendant ou après une épidémie, car ils existent. Les femmes sont extrêmement vulnérables.»

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest est un cas d’étude. Les quarantaines, les couvre-feux, les fermetures d’écoles –autant de mesures sanitaires destinées à endiguer la propagation de la maladie– ont aussi augmenté le risque, pour les femmes et les jeunes filles, d’être victimes de violences et de viols, affirme Marie Harding, qui travaille au centre médical Star of the Sea installé dans West Point, l’un des plus grands bidonvilles du Liberia et lieu d’une désastreuse quarantaine de vingt-et-un jours durant l’épidémie.

Au plus fort de l’épidémie, les matchs de football ont été annulés et les bars fermés. Les hommes qui, d’habitude, menaient leur vie sociale en extérieur allaient être assignés à résidence, avec femmes et enfants. D’où des poussées de violence et de viols dans les foyers mis en quarantaine. Selon une étude menée au Sierra Leone par l’ONG Save the Children auprès de 617 jeunes filles rapportant des agressions violentes et des viols, la plupart des victimes l’ont été en quarantaine.

À West Point, Marie Harding a été témoin d’une tendance similaire.

«Il y avait tant de stress, tant de tension. Les gens ne savaient pas quoi faire, où trouver à manger, dit-elle.Quand une fille n’est pas à l’école, quand elle est à la maison toute la journée et, quand tout le monde est à la maison toute la journée, elle est en danger.»

Un danger que le confinement sanitaire n’est pas seul à augmenter. Dans une étude menée par l’ONG Plan International au Liberia, des mères déclarent avoir eu peur pour les filles qui ne pouvaient pas aller à l’école et qui devaient subvenir aux besoins de leur famille. Avec la faim, certaines ont échangé du sexe contre de la nourriture. Un phénomène d’autant plus saillant chez les orphelines d’Ebola, qui allaient devoir survivre par leurs propres moyens. Dans l’étude de Save the Children, 10% des enfants interrogés –dont beaucoup ont perdu au moins un parent à cause du virus– déclarent que les filles qui avaient perdu leurs proches à cause d’Ebola ont été obligées de se prostituer pour se nourrir et se loger.

Ce que confirme Marie Harding, zigzagant entre les bancs de la salle d’attente du centre médical. C’est ce qu’elle a vu à West Point.

«Ce sont des enfants, mais elles doivent assurer leur subsistance, dit-elle en désignant des jeunes femmes qui attendent leur tour.Ebola a tué leur maman et leur papa, et elles doivent faire ce qu’il faut pour joindre les deux bouts.»

Quelques jours auparavant, Harding s’était occupée d’une jeune fille de 18 ans, que la malaria allait emporter. Elle avait perdu ses deux parents à cause d’Ebola et vivait avec un homme de 65 ans.

«C’était son petit-ami, soupire Harding. Les jeunes filles ne vont avec des vieux que parce qu’elles n’arrivent pas à se trouver à manger. Elles sont avec eux pour la sécurité et pour l’argent.»

Et celles qui n’ont pas perdu leurs proches ont quand même à souffrir des répercussions économiques d’Ebola. Le commerce s’est arrêté, les marchés ont été fermés et beaucoup ont plongé encore plus bas dans les entrailles de la misère. Même avant l’épidémie d’Ebola, qui allait pousser le gouvernement libérien à fermer les écoles, beaucoup de familles préféraient voir leurs filles travailler qu’étudier. Et à l’extérieur de la salle de classe et de sa sécurité relative, les risques de violence sexuelles sont d’autant plus élevés.

Épidémie de grossesses adolescentes

Aujourd’hui, tandis que la menace d’Ebola s’atténue et que les humanitaires plient bagages, les victimes de cette seconde épidémie sont laissées à elles-mêmes.

«Avant, c’était affreux, mais depuis Ebola, c’est encore pire, commente Marie Harding. Parfois, ce sont des filles de 13 ans qui arrivent et qui sont enceintes. Ebola a rendu les choses vraiment très très difficiles pour les filles.»

L’Afrique de l’Ouest devra gérer pendant des années les effets à long terme de cette épidémie de grossesses adolescentes, si ce n’est pendant des générations. Par exemple, le Liberia interdit aux adolescentes enceintes d’aller à l’école la journée, une mesure qui creuse encore plus les inégalités scolaires et oblige les femmes à travailler pour de très maigres salaires. Au Sierra Leone, les adolescentes enceintes n’ont tout simplement pas le droit d’aller à l’école, de jour comme de nuit.

Au Liberia, l’un des rares établissements à accepter les élèves enceintes s’appelle More Than Me. Niché dans une rue commerçante, entre les marchandes de tongs et de lunettes de soleil, le bâtiment vert et blanc est aujourd’hui vide de ses 150 étudiantes. Ce sont les vacances de Noël et on ne croise que des professeurs et des membres de l’administration dans les couloirs.

«Nous sommes la seule école qui s’occupe des filles de West Point», déclare Iris Martor, responsable des programmes scolaires. Mais même ici, où le personnel s’efforce de former des filles autrement exclues du système éducatif, certaines adolescentes ont été renvoyées chez elles quand leur grossesse est devenue trop visible. «On ne veut pas être fermés pour infraction à la législation nationale», précise Martor.

Des effets à long terme qui ne se limitent pas aux carences éducatives. Les mères adolescentes ont plus de risque de souffrir de complications sanitaires –un accouchement trop long, des fistules obstétricales ou la mort en couches. De même, la mortalité infantile des enfants nés de mères adolescentes est plus élevée. Autant de problèmes ignorés par les acteurs internationaux intervenus lors de la crise Ebola, quasiment aveugles aux potentiels effets secondaires de l’épidémie. 

Au Sierra Leone, le personnel des Rainbo Centres –des établissements médicaux dédiés aux victimes de viols– aura alerté la PNUD sur la recrudescence des viols et des violences sexuelles pendant l’épidémie. Il souligne aussi que les victimes n’ont pas été correctement prises en charge et que les services qui pouvaient exister ont été entravés par l’épidémie et les mesures déployées pour y faire face. 

Un phénomène qui s’explique notamment par la formation des équipes chargées de la lutte contre les épidémies: elles arrivent, œuvrent à stopper la propagation de la maladie et repartent le plus vite possible.

«Nous n’avions tout simplement pas les moyens de voir au-delà de l’épidémie, confirme Kaci Hickox, infirmière de Médecins Sans Frontières (MSF), présente en 2014 au Sierra Leone. Nous n’étions absolument pas formés pour nous occuper des viols et de la violence sexuelle, l’ampleur de l’épidémie était trop importante. Tous les humanitaires ont été plus que débordés.»

Selon Onyango, qui est aussi spécialiste des urgences humanitaires, la faute ne repose pas uniquement sur MSF et consorts.

«C’est très compliqué ce qu’ils ont à faire, dit-elle. Ils doivent se focaliser sur un seul problème en même temps. Il y a aussi le souci des donateurs, qui envoient leur chèque quand il y a urgence et passent à une autre crise quand l’urgence se termine.»

Une perspective qui oublie d’investir dans deux besoins vitaux pour les pays en proie à des épidémies: les services sanitaires locaux et les infrastructures. Sans cela, ces pays ont d’autant plus de risques d’être touchés par une nouvelle épidémie –accompagnée des poussées de violences sexuelles touchant la population féminine.

À l’heure actuelle, ce sont des gens comme Marie Harding qui doivent gérer seuls l’impact invisible d’Ebola. Debout au milieu de la salle d’attente du centre médical Star of the Sea, elle appelle Williams. Son bébé dans les bras, la jeune fille se lève et passe devant une demie douzaine d’adolescentes, pour beaucoup victimes d’agressions sexuelles durant l’épidémie.

«Beaucoup sont venus ici pour aider pendant Ebola, dit Harding. Aujourd’hui, ils disent qu’Ebola est parti, alors ils partent. Mais ces filles qui ont souffert, qui ont eu des bébés? Qui va les aider?»

Seema Yasmin

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Virus Ebola: le profit avant le vaccin


La recherche pour les vaccins coûte extrêmement cher et s’il n’est pas rentable pour ceux qui la finance, la suite est mise en veilleuse alors quand il arrive une épidémie comme l’Ebola, c’est la catastrophe. Il est certain qu’il faut trouver une autre façon de procéder
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Virus Ebola: le profit avant le vaccin

 

Un texte de Chantal Lavigne

En juillet dernier, la nouvelle fait le tour du monde : un vaccin canadien se révèle efficace contre le virus Ebola. Mais l’épidémie est déjà presque terminée et a déjà fait des milliers de victimes en Afrique de l’Ouest. Pourtant, ce vaccin avait été découvert il y a dix ans. Le parcours du vaccin VSV-Ebov démontre que lorsqu’il n’y a pas de profits à faire, des traitements prometteurs peinent à arriver sur le marché.

Le virus Ebola a été découvert en 1976, mais la recherche de médicaments et de vaccins contre la maladie ne commence vraiment qu’après les attentats du 11 septembre 2001, lorsque la crainte du bioterrorisme s’empare des gouvernements occidentaux. La Défense canadienne verse 7 millions de dollars au fil des ans pour la recherche autour du virus Ebola.

En 2005, les chercheurs du Laboratoire national de microbiologie du Canada annoncent avec fierté qu’un vaccin contre Ebola est efficace dans des essais sur des primates.

Mais pour la suite des choses, les tests sur les humains et la commercialisation du vaccin, il faut trouver une entreprise privée. « La fonction primaire d’une agence gouvernementale n’est pas de mettre en marché des produits », explique le Dr Pascal Michel, porte-parole de l’Agence de la santé publique du Canada, dont relève le laboratoire.

Une industrie pharmaceutique peu intéressée

Il faudra cinq ans pour trouver un partenaire commercial. Il s’agit d’une petite compagnie de biotechnologie basée en Iowa, NewLink Genetics. L’entreprise a entendu parler du vaccin par un ancien chercheur du laboratoire de Winnipeg, Ramon Flick, qu’elle vient d’embaucher. En 2010, sa filiale BioProtection Systems verse 205 000 $ au Canada pour la licence de son vaccin.

Au sommet de l’épidémie, elle empochera 50 millions de dollars dans le cadre d’un accord avec le géant pharmaceutique Merck.

Le contrat signé entre le Canada et NewLink stipule que la compagnie doit déployer « des efforts commercialement raisonnables » pour faire avancer le vaccin.

Quel était le plan d’affaires, quel suivi a été fait auprès de la compagnie? Toutes nos demandes d’accès à l’information auprès de l’agence sont demeurées sans réponse.

Selon Ramon Flick, qui a été chef des vaccins de Biodéfense chez NewLink jusqu’en 2013, « avant l’épidémie, le vaccin était plutôt en veilleuse, en raison de son faible potentiel de profits ».

Biren Amin, analyste pour la firme d’investissement Jefferies à New York, confirme que le vaccin contre Ebola n’était pas la priorité de la compagnie, spécialisée dans les traitements contre le cancer.

« Les investisseurs recherchent des marchés attrayants. »— Biren Amin, analyste pour la firme d’investissement Jefferies à New York

Dans un courriel, NewLink Genetics affirme avoir fait un travail considérable sur le vaccin en collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada. Elle ajoute qu’elle avait amorcé des démarches auprès du gouvernement américain, et qu’elle était « presque prête » à faire des essais cliniques lorsque l’épidémie est survenue.

Mais selon l’ex-employé Ramon Flick, la compagnie peinait à obtenir des subventions du gouvernement américain.

Chose certaine, il ne semblait pas y avoir de sentiment d’urgence. Lorsque l’épidémie éclate, aucun essai sur les humains n’avait été réalisé. De précieux mois sont perdus.

La vallée de la mort pharmaceutique

Sans l’épidémie, le vaccin se serait-il rendu sur le marché? Le Dr Ahmed Mahmoud, qui a dirigé l’unité des vaccins chez Merck de 1998 à 2006, en doute. Selon lui, seules quelques grandes pharmaceutiques ont la capacité de développer un vaccin, un parcours qui coûte jusqu’à 1 milliard de dollars. Mais il le dit franchement, un vaccin contre Ebola n’est pas assez rentable. Le marché pour ce produit ne permettait pas de couvrir les dépenses.

Le cas du vaccin canadien est loin d’être un cas unique. Le SRAS, MERS, les fièvres Marburg et Lhassa, le chikungunya, le virus du Nil : ce sont toutes des maladies pour lesquelles il existe des traitements prometteurs, mais pas assez lucratifs. Des médicaments qui languissent dans ce qu’on appelle la vallée de la mort pharmaceutique, cette étape coûteuse entre la découverte et la commercialisation.

Course contre la montre

Au moment où l’épidémie d’Ebola survient, aucun des traitements et vaccins identifiés par l’Organisation mondiale de la santé n’a dépassé le stade des tests sur les animaux. En septembre 2014, la communauté internationale se mobilise pour accélérer les essais cliniques et tenter de freiner l’épidémie.

Mais la plupart des essais cliniques n’ont démarré qu’en 2015, alors que l’épidémie commençait à décliner. Les résultats sont peu concluants pour plusieurs traitements.

Le vaccin canadien VSV-Ebov est le seul dont on a pu prouver l’efficacité, selon des résultats provisoires.

Pour Joanne Liu, la présidente internationale de Médecins sans frontières (MSF), c’est un succès doux-amer.

« Si on avait fait notre boulot en amont, on aurait peut-être prévenu des milliers de décès », dit-elle.

La dernière épidémie d’Ebola a fait plus de 11 000 victimes, dont quelque 500 dans le personnel soignant.

« Pour nous, MSF, la crise d’Ebola aura été l’une des crises les plus difficiles à vivre humainement et l’une des crises où l’on a perdu le plus de personnel. » — Joanne Liu, présidente internationale de Médecins sans frontières

Besoin d’un fonds mondial pour la recherche?

L’épidémie d’Ebola a été un électrochoc. L’un des constats : on ne peut plus continuer à se fier au marché pharmaceutique pour développer des médicaments qui ne sont pas rentables. C’est la responsabilité de la santé publique.

Plusieurs experts suggèrent de créer un fonds international de recherche et développement. Il permettrait de financer les premières phases des essais cliniques de traitements ou de vaccins, de façon à ce qu’on puisse les déployer rapidement sur le terrain en cas de crise.

L’électrochoc aura-t-il été suffisant pour que la communauté internationale passe à l’action?

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