Un millier de colons sur la Lune en 2050 ?


Cosmos 1999 ne serait plus de la science-fiction si le projet se réalise, mais avec quelques décennies en retard. Est-ce une bonne idée de peupler la lune et d’avoir une activité industrielle, alors qu’on peine à dépolluer la terre et l’espace ?
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Un millier de colons sur la Lune en 2050 ?

 

Moon Village

Le village lunaire « multi-dôme » imaginé par l’Agence spatiale européenne.

ESA/FOSTER + PARTNERS

Par Franck Daninos

Selon les responsables du projet européen Moon Village, des centaines de personnes pourraient peupler notre satellite dans les décennies à venir… Restent à convaincre les politiques de l’intérêt d’une telle mission.

VILLAGE LUNAIRE. Lancée il y a deux ans par Johann-Dietrich Wörner, directeur général de l’Agence spatiale européenne, l’idée de construire une base permanente sur la Lune commence à prendre forme et était au centre des discussions lors du Congrès européen de science planétaire qui s’est tenu du 17 au 22 septembre à Riga, en Lettonie. Bernard Foing, un des porte-paroles du projet, a notamment précisé qu’une première colonie composée de six à dix pionniers – scientifiques, ingénieurs, techniciens – pourrait être installée d’ici 2030.

Dix ans plus tard, le  » village lunaire  » hébergerait une centaine de personnes… et  » en 2050 il pourrait y en avoir un millier « , prédit ainsi l’astrophysicien !

Elles consommeraient des plantes cultivées sur le sol lunaire, fabriqueraient abris et outils avec du régolithe et des imprimantes 3D, et pratiqueraient des sports  » volants «  grâce à la faible gravité…

« Démontrer qu’une activité industrielle est possible sur la Lune »

Si les scientifiques semblent de plus en plus confiants dans la réalisation d’un tel projet, les politiques demeurent encore peu enthousiastes… «  

C’est très frustrant… Les grands dirigeants n’ont pas encore montré leur intérêt « , a déclaré ainsi à l’AFP le physicien letton Vidvuds Beldavs.

 Pour que les choses changent, il faudrait  » démontrer qu’une activité industrielle est possible sur la Lune… et que des marchés importants pourraient émerger. « 

Une telle activité pourrait reposer sur l’exploitation de l’hélium-3, isotope très rare sur la Terre mais abondant sur notre satellite et qui pourrait être utilisé pour produire de grandes quantités d’énergie. Et les roches volcaniques de type basalte pourraient servir, quant à elles, à construire des satellites déployés à moindre frais depuis la Lune ! 

Pour rejoindre une orbite terrestre, explique Bernard Foing, il est en effet  » 40 fois moins coûteux de partir de la Lune que depuis la Terre  » en raison de la forte gravité qu’exerce notre planète.

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Comment construire un village lunaire avec une imprimante 3D


Cette idée me fait penser à la série  »Cosmos 1999 » et grâce à l’imprimante 3D, il serait possible de faire des modules sur la lune qui protègerait le village des rayons cosmiques, des températures extrêmes … Et cette idée semble vouloir avec une continuité avec Mars
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Comment construire un village lunaire avec une imprimante 3D

 

Un des villages lunaires envisagés par l'ESA.

Vue d’artiste d’une base lunaire multi-dômes envisagée par l’Agence spatiale européenne.

ESA

Franck Daninos

 Spécialiste en sciences fondamentales au magazine Sciences et Avenir

Pour son projet de base lunaire, l’Agence spatiale européenne utiliserait des matériaux disponibles sur place plutôt que de les amener depuis la Terre. Le principe de faisabilité vient d’être démontré en laboratoire…

RESSOURCES LOCALES. L’Agence spatiale européenne (ESA) souhaite construire un  » village lunaire  » international dans les années 2020 – pour des missions scientifiques, l’exploitation minière, le tourisme spatial… Et vient tout juste de montrer que les ressources locales et des technologies automatisées peuvent être mobilisées à cette fin. Les scientifiques du projet Regolight ont prouvé, en effet, que des matériaux très résistants pourraient être fabriqués à partir des poussières très fines présentes à la surface de Lune, le régolithe… assemblées en briques grâce à une sorte d’imprimante 3D !

Un four solaire chauffe et agglomère les poussières lunaires

Pour les besoins de cette démonstration, les chercheurs de l’ESA n’ont pas utilisé de véritables poussières lunaires mais des roches volcaniques terrestres pulvérisées jusqu’à obtenir des particules de 0,1 millimètre imitant la composition et la granulométrie du régolithe. Une table d’impression 3D a permis, ensuite, de déposer automatiquement ces particules dans un moule, couche par couche, puis de les cuire grâce à un four solaire comportant 147 miroirs incurvés. Fabriqué à Cologne au Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique, ce four permet d’atteindre une température d’environ 1000°C et d’agglomérer ainsi ces particules sans utiliser de liants chimiques.

Résultat : des briques de 20 cm de longueur, de 10 cm de largeur et de 3 cm d’épaisseur construites en 5 heures.

 » Ces briques ont la résistance du gypse « , précise un communiqué de l’ESA, et contribueraient à protéger le village lunaire des rayons cosmiques, des pluies de micrométéorites et des températures extrêmes.

Prochaine étape : tester les propriétés mécaniques de ces briques et les fabriquer dans les conditions de températures et de pression régnant sur la Lune.

Fin avril, des ingénieurs américains ont pour leur part démontré que la  » terre «  martienne pourrait servir, elle aussi, mais par une autre méthode, à fabriquer des briquettes de 3 millimètres d’épaisseur pour les futures constructions sur la planète rouge.

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