«Une petite bouchée pour l’homme»: de la viande imprimée dans l’ISS


De la viande créer avec l’imprimante 3D a la Station spatiale internationale grâce à un projet russe. Pour alimenter en viande une équipe, il faudra bien sur une imprimante plus complexe

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«Une petite bouchée pour l’homme»: de la viande imprimée dans l’ISS


«Une petite bouchée pour l’homme»: de la viande imprimée dans l’ISSPhoto: Getty Images/iStockphotoLa Station Spatiale Internationale

La perspective de cosmonautes savourant un rôti dans l’espace est devenue un peu moins théorique après la création de viande à bord de la Station spatiale internationale (ISS) à l’aide d’une imprimante 3D.

L’imprimante utilisée a permis de produire artificiellement des tissus de boeuf, de lapin et de poisson en utilisant des champs magnétiques en microgravité, a expliqué mercredi une entreprise russe de technologies médicales partie prenante à l’expérience.

Les test ont été menés en septembre par le cosmonaute Oleg Skripotchka au sein du segment russe de l’ISS.

L’imprimante 3D utilisée est de fabrication russe, tandis que les cellules biologiques ont été fournies par des compagnies américaines et israéliennes.

Selon les meneurs du projet, il s’agit de la première fois qu’une petite quantité de viande artificielle est créée en conditions d’apesanteur.

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Le cosmonaute Oleg Skripochka conduisant l’expérience visant à “cultiver un steak de bœuf”, à bord de la Station spatiale internationale, le 26 septembre 2019. Crédits : Rocosmos

«C’est une petite bouchée pour l’homme, mais une grosse bouchée pour l’humanité», a déclaré lors d’une conférence de presse Ioussef Khessouani du laboratoire moscovite 3D Bioprinting Solutions, détournant la célèbre phrase de Neil Armstrong sur la Lune.

«C’est pour nous une première expérience de collaboration scientifique internationale dans l’espace», a-t-il ajouté.

Ce laboratoire a été fondé par Invitro, une entreprise pharmaceutique russe. Le projet a été en partie financé par l’agence spatiale russe Roskosmos.

«Il s’agit véritablement d’une percée à la fois pour Roskosmos et pour la Russie dans son ensemble», a affirmé Nikolaï Bourdeïny, un haut responsable du secteur spatial.

Les occupants de l’ISS consomment de la viande à bord mais celle-ci a d’abord été emballée sous vide ou séchée sur Terre. Cette nouvelle technologie pourrait à terme servir aux voyages dans l’espace lointain, selon le cosmonaute russe Oleg Kononenko.

«Si nous nous envolons vers d’autres planètes du système solaire, on ne peut pas emporter une grande quantité de nourriture avec nous», a-t-il relevé auprès de l’AFP. «Dans tous les cas, il faudra cultiver et produire la nourriture à bord du vaisseau».

La création de quantités plus larges de viande à bord de l’ISS nécessitera toutefois un équipement plus complexe que l’imprimante actuelle, a expliqué M. Khessouani.

D’autres agences spatiales mènent aussi des expériences sur la production artificielle de tissus car leur fabrication est plus facile dans l’espace que dans des conditions de gravité.

Une imprimante 3D américaine a été transportée vers la Station spatiale internationale en juillet pour produire des tissus humains. Elle est également utilisée par l’agence spatiale européenne.

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Un steak artificiel dans nos assiettes


C’est certain que si nous pouvions manger de la viande sans tuer les animaux, bien des défenseurs seraient probablement satisfait. Mais la viande artificielle, peut-elle vraiment être présentable et sans risque ? Mais surement que nous devrions prendre conscience du gaspillage et de la surconsommation serait un bon pas
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Un steak artificiel dans nos assiettes

 

Des échantillons de bœuf sont cultivés dans un laboratoire de l'Université de Maastricht. © HO / MAASTRICHT UNIVERSITY / AFP

Des échantillons de bœuf sont cultivés dans un laboratoire de l’Université de Maastricht. © HO / MAASTRICHT UNIVERSITY / AFP

Par Marie-Noëlle Delaby

Créée en laboratoire par des chercheurs néerlandais à partir de cellules souches de vache, cette viande, dont on peut voir les étapes de fabrication en vidéo à l’exposition universelle de Milan, peut-elle être commercialisée dans un avenir proche ?

 

ALTERNATIVE. L’exposition universelle qui se tient à Milan (Italie) jusqu’au 31 octobre a pour thème « Nourrir la planète, énergie pour la vie ». Plus de 130 pays apportent leur contribution pour répondre à la demande croissante de la population mondiale dont le nombre devrait atteindre 9,1 milliards en 2050. La plupart des nations semblent opter pour des alternatives végétales, conscientes des limites actuelles d’un élevage trop gourmand en eau, terre et fourrage pour nourrir la planète. Seuls les Pays-Bas osent une alternative différente avec une solution pour fabriquer de la viande de toutes pièces : le steak artificiel.

Dans le pavillon néerlandais, aux allures sympathiques de grand bric-à-brac, un département est ainsi entièrement dédié aux nouvelles sources alimentaires. Des vidéos didactiques et colorées y présentent le projet« cultured beef » (bœuf en culture) mené par l’équipe du professeur de chimie Mark Post de l’université de Maastricht, soutenu par Google. Ici, pas de bœuf aux allures de Frankenstein mais des cellules élevées en éprouvette auquel un livre de recettes est d’ores et déjà consacré (1).

 

CULTURE. Le principe : prélever dans du muscle bovin des cellules souches ayant la capacité de se multiplier jusqu’à 1018 fois avant de se différencier en cellules musculaires. Une technique déjà utilisée en médecine dans la réparation des tissus lésés. Soumises à un milieu de culture adéquat composé, entre autres, de facteurs de croissance, de nutriments, d’acides aminés et d’antibiotiques, ces cellules vont donner en quelques semaines des cellules musculaires. Celles-ci qui, assemblées en des milliers de couches successives, constituent une chair semblable à du bœuf haché.

250 000 dollars, le coût de production d’un seul petit steak haché

 

À l’instar des États-Unis et d’Israël qui possèdent leurs propres programmes de viande in vitro, les scientifiques néerlandais y voient de nombreux avantages : un impact environnemental inférieur à l’élevage, une adaptabilité nutritionnelle — on pourrait sélectionner les acides gras et acides aminés de cette viande “sur mesure” — et enfin le respect du bien-être animal. Mais cette prouesse technique a pour l’heure un prix prohibitif : 250.000 dollars (229.000 euros) pour produire un petit steak haché. Un coût qui pourrait, certes, considérablement baisser une fois la production lancée à grande échelle grâce au développement d’incubateurs géants, mais d’autres limites demeurent, notamment en termes de texture. La viande “naturelle” possède en effet une trame conjonctive faite de vaisseaux et de collagène qui lui confère sa tenue, les os servant également de “tuteurs”. Rien de tout cela pour l’heure dans la viande artificielle qui, loin de ressembler à une côte de bœuf, imite seulement la viande hachée.

RÉPULSION. Dernier obstacle, de taille : le peu de réceptivité des consommateurs potentiels.

Pour Jean François Hoquette, directeur de recherche sur les herbivores à l’Inra de Clermont-Ferrand, d’après des études d’acceptabilité que nous avons mené en France, en partenariat avec la Belgique et l’Australie (2), la réaction des consommateurs vis-à-vis de ce type de produit est pour l’heure majoritairement de l’ordre de la répulsion en raison de son artificialité. Il faudra donc probablement plusieurs générations pour que la viande artificielle s’impose réellement sur le marché”.

(1) The In Vitro Meat Cookbook, de Hendrik-Jan Grievink et Koert van Mensvoort, BIS Publishers, 2014 (en anglais).

(2) Educated consumers don’t believe artificial meat is the solution to the problems with the meat industry, Journal of Integrative Agriculture 2015.

http://www.sciencesetavenir.fr/