Guerre de vêtements usagés : Boîtes frauduleuses, organismes déficitaires


Si vous apportez des vêtements usagés dans des boites de récupération, assurez-vous que ce soit pour un organisme de charité et non des entreprises qui eux veulent faire du profit
Nuage

Guerre de vêtements usagés  : Boîtes frauduleuses, organismes déficitaires

Partout au Québec, plusieurs citoyens font don de leurs vieux vêtements en les déposant dans d’immenses boîtes de récupération. Or, la plupart du temps, ces pantalons et autres chemises, destinés à des organismes de charité, servent plutôt à gonfler les profits d’entreprises privées.

La valeur de chaque sac de vêtements recueillis dans ces bacs de recyclage est déterminée par son poids qui, en moyenne, équivaut à une douzaine de dollars. Flairant la bonne affaire, plusieurs entrepreneurs privés sans scrupules ont installé de telles boîtes de dons à plusieurs endroits.

L’organisme Le Support, dont la mission est de venir en aide aux personnes vivant avec une déficience intellectuelle, a l’habitude d’amasser des fonds à l’aide de ces boîtes de récupérations de vêtements usagés. Or, vu le nombre élevé de faux bacs, la fondation perd chaque année de précieuses sommes.

«Les aides financières qu’on a accordées en 2012 se situaient à 1,6 million $. L’an dernier, c’était 400 000 $. Cette année, on va se retrouver dans une situation déficitaire», explique le directeur général du Support, Philippe Sieber.

L’organisme vend sa cueillette aux magasins Village des Valeurs et retourne ses gains à la Fondation pour la déficience intellectuelle. M. Sieber dénonce ces entreprises privées à la recherche de profits.

Règlements

Dans l’arrondissement Saint-Léonard à Montréal, des règlements limitent pourtant l’installation de ces bacs depuis 2013. Le Support s’y est donc conformé, mais pas ses concurrents qui s’installent où bon leur semble.

«On a répertorié à peu près 35 boîtes de récupération qui ne sont pas conformes, justement, aux règlements, mais qui continuent à duper la population», relève M.Sieber.

Avant cette concurrence, la cueillette de 200 boîtes rapportait au Support deux à trois fois plus de sacs qu’aujourd’hui.

«On est tous un peu victimes de ce qui se passe présentement, avec cette prolifération de boîtes de récupération», estime le directeur général du Support.

Le numéro de l’organisme propriétaire à l’Agence du revenu du Canada doit être visible sur toutes les boîtes qui doivent également se trouver sur le mur d’un bâtiment de plus de 2000 mètres carrés. Si ces règles ne sont pas respectées, il s’agit alors d’une boîte qui appartient probablement à un entrepreneur privé. Et les vêtements déposés serviront à gonfler ses profits

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