El Niño en grande partie responsable des phénomènes météo exceptionnels de cette fin d’année


El Nino avec la complicité des changements climatiques a chamboulé la météo divers pays. Tornades, inondations, absence de neige, records de chaleurs. Si au Québec, ne fut que des températures plus clémentes, ailleurs ce fut le désastre
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El Niño en grande partie responsable des phénomènes météo exceptionnels de cette fin d’année

 

Des habitants dans la ville de York inondée, en Angleterre, le 28 décembre 2015. (c) Afp

Des habitants dans la ville de York inondée, en Angleterre, le 28 décembre 2015. (c) Afp

Inondations, tornades, vagues de chaleur… les épisodes météorologiques extrêmes qui ont marqué la fin 2015 sont dus au phénomène El Niño particulièrement puissant cette année qui s’ajoute au réchauffement climatique, selon les scientifiques.

RÉCHAUFFEMENT.

« Il n’y a pas de réponse simple » pour expliquer les phénomènes exceptionnels, parfois meurtriers, observés aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, en Australie et en Amérique latine, souligne Jérôme Lecou, ingénieur prévisionniste à Météo-France.

« On a une conjonction » de facteurs, approuve le climatologue Hervé Le Treut. 

Le phénomène climatique El Niño joue un rôle « évident » dans une partie des phénomènes observés sur la planète, relève M. Le Treut. 

El Niño, qui survient tous les quatre à sept ans en moyenne, est provoqué par un changement de sens des alizés au-dessus du Pacifique équatorial. Les eaux chaudes de surface, qui s’accumulent normalement dans l’est du Pacifique, se déplacent vers l’ouest, entraînant des pluies plus abondantes sur la côte ouest de l’Amérique et davantage de sécheresse en Asie du Sud-est et en Australie. Et cette année, le phénomène est particulièrement intense.

Il « affecte fortement le climat des Etats-Unis actuellement », « il est la cause majeure » de ce qu’il s’y passe, souligne M. Le Treut.

Les tornades meurtrières au Texas, inhabituelles en cette saison, comme la douceur observée dans le nord-est du pays sont partiellement dues à ce phénomène, ajoute-t-il. 

El Niño est un phénomène naturel mais l’épisode de 2015 est « probablement le plus puissant depuis les 100 dernières années », souligne M. Lecou. 

L’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l’ONU, avait averti en novembre 2015 qu’il gagnerait en intensité d’ici à la fin de l’année.

Cet « événement El Niño extrêmement puissant » explique par exemple « les inondations particulièrement intenses du côté du Paraguay et du nord de l’Argentine », indique M. Lecou.

Un mois de décembre historique du côté de l’Europe

Les très fortes chaleurs en Australie correspondent aussi « assez logiquement à des périodes El Niño », ajoute-t-il. 

Par ailleurs, les effets du changement climatique « commencent à se mettre en place« , relève le prévisionniste.

Au niveau mondial, l’année 2015 « sera la plus chaude jamais enregistrée » et les cinq dernières années seront « le quinquennat le plus chaud jamais observé », rappelle-t-il.

 Selon l’OMM, « la température moyenne à la surface du globe franchira sans doute le seuil aussi symbolique que significatif que constitue un réchauffement d’un degré Celsius » par rapport à l’ère préindustrielle. L’accord de Paris conclu le 12 décembre 2015 sur le climat prévoit de limiter « bien en deçà de 2°C » le réchauffement par une limitation des gaz à effet de serre. « De façon plus ponctuelle, on va retrouver ce réchauffement au niveau régional, avec une fin d’année absolument hors normes sur l’hémisphère nord, avec un mois de décembre historique du côté de l’Europe », explique M. Lecou.

« Il y a un réchauffement de fond qui fait que, à application météorologique égale, on a tendance à battre des records un peu partout », explique Hervé Le Treut.

Cette douceur pourrait expliquer notamment les inondations en Angleterre.

« Les hivers doux qu’on vit sont favorables à des précipitations importantes, comme c’est le cas en Angleterre« , estime le climatologue Jean Jouzel.

« Il y a un lien entre le fait d’avoir des inondations et des hivers très doux en Europe de l’Ouest, c’est très clair ».

La puissance d’El Niño est-elle liée au réchauffement de la planète ?

« Pas nécessairement », selon Hervé Le Treut, même si « on peut imaginer qu’elle soit modulée un peu par le réchauffement climatique« .

 Selon le secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud, « ce phénomène naturel qu’est El Niño et le changement climatique provoqué par l’homme peuvent interagir et influer l’un sur l’autre de manière totalement inédite », et « El Niño ne fait qu’accentuer la tendance au réchauffement ».

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Le réchauffement climatique prouvé par les faits


Quand je pense que certains ne croient pas aux changements climatiques, cet été que ce soit en pluie torrentiels, vent violents, inondations, chaleurs extrême nous pouvons dire que cette années nous y avons vraiment gouter et cela s’est fait ressentir depuis quelques années déjà .. Je ne pense pas que nous pouvons renverser ces changements mais surement que nous pouvons la minimiser pour l’avenir
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Le réchauffement climatique prouvé par les faits

 

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Photo :  AFP/David McNew

Le type de vagues de chaleur sans fin qui ont frappé les États-Unis et d’autres parties du monde au cours des dernières années est si exceptionnel qu’il ne peut s’agir que de réchauffement climatique provoqué par l’homme, affirme une nouvelle étude statistique réalisée par l’un des principaux chercheurs du gouvernement américain.

L’étude menée par un homme souvent présenté comme le « père du réchauffement planétaire » affirme que la possibilité que de telles températures surviennent entre les années 1950 et les années 1980 était plus faible qu’une sur 300. Désormais, les probabilités sont plutôt d’une sur 10, selon le rapport du chercheur de la NASA James Hansen. Ce dernier soutient que ce qui arrive n’est pas aléatoire ou normal d’un point de vue statistique, mais que c’est uniquement le résultat des changements climatiques.

Lors d’une entrevue accordée à l’Associated Press, il a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’une théorie scientifique, mais plutôt de l’expérience d’un fait scientifique.

M. Hansen est un scientifique du Goddard Institute for Space Studies de la NASA, à New York, et un professeur à l’Université Columbia. Il est également un activiste qui réclame depuis des années que le gouvernement agisse pour réduire les quantités de gaz à effet de serre. Bien que son étude ait été publiée samedi dans le journal Proceedings of the National Academy of Science, elle ne va probablement pas réussir à faire changer d’avis les derniers « climatosceptiques ».

Les pires effets du réchauffement climatique

En s’éloignant de la majorité des recherches sur le climat, l’étude de M. Hansen – basée sur les statistiques, et non pas sur les modèles climatiques courants – attribue trois récentes vagues de chaleur au réchauffement climatique. Dans cette liste, on retrouve la sécheresse qui a touché le Texas et l’Oklahoma l’an dernier ; les vagues de chaleur frappant la Russie et le Moyen-Orient en 2010, faisant des milliers de morts ; ainsi que la vague de chaleur européenne de 2003 qui a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes, particulièrement des personnes âgées en France.

L’analyse a été écrite avant l’actuelle sécheresse et les températures record qui ont été enregistrées dans la majeure partie des États-Unis cette année, mais M. Hansen croit qu’il s’agit là aussi d’un autre exemple des pires effets du réchauffement climatique.

L’accroissement des probabilités de chaleurs extrêmes, de sécheresses et de très fortes pluies dans certaines régions est à ce point énorme que les chercheurs devraient arrêter de se disputer, affirme M. Hansen.

« Cela se produit assez souvent, dans une région assez importante, pour que les gens constatent d’eux-mêmes que cela survient pour vrai », a-t-il dit.

Les scientifiques ont généralement affirmé qu’il est impossible de déterminer si des événements uniques sont causés par le réchauffement climatique, en raison de l’influence variable de la météo. Cette position a toutefois été modifiée au cours des derniers mois, alors que d’autres études ont également conclu que des changements climatiques se produisent devant nos yeux.

« Nous gaspillons un temps précieux »

M. Hansen espère que sa nouvelle étude poussera les gens préoccupés par les changements climatiques à exiger que leurs gouvernements agissent. Dans une lettre d’opinion publiée vendredi dans la version en ligne du Washington Post, il indique qu’il est encore temps d’agir et d’éviter un climat qui s’aggrave.

 « Mais nous gaspillons un temps précieux », a-t-il écrit.

La science de l’étude de M. Hansen est excellente et « réécrit la question », a déclaré Andrew Weaver, un climatologue de l’Université de Victoria, en Colombie-Britannique, membre de l’équipe internationale de chercheurs sur les changements climatiques couronnés du prix Nobel.

« Plutôt que de dire « Est-ce causé par les changements climatiques? », vous pouvez dire « Quelles sont les probabilités que cela se soit produit en l’absence de réchauffement planétaire? ». C’est si improbable que cela doit être lié au réchauffement climatique », a déclaré M. Weaver.

Depuis des années, les scientifiques utilisent des modèles informatiques complexes faisant appel à des combinaisons de facteurs divers pour constater si un événement météorologique aurait pu se produire sans que le réchauffement climatique en soit la cause. Environ 25 aspects différents des changements climatiques ont été officiellement attribués à des émissions de gaz à effet de serre provoquées par les humaines dans des dizaines d’études précédentes. Ces aspects sont cependant souvent vastes et vagues, comme l’augmentation des vagues de chaleur dans certaines régions et des fortes pluies dans d’autres.

Une autre étude devant être publiée prochainement par Kevin Trenberth, analyste climatique en chef du National Center for Atmospheric Research, relie la vague de chaleur survenue en 2010 en Russie au réchauffement climatique en s’attardant aux conditions météo sous-jacentes qui ont provoqué cette vague de chaleur. Il a qualifié d’important l’article de M. Hensen, puisqu’il aide à faire connaître le problème.

Plus chaud que prévu

Le conseiller scientifique de la Maison-Blanche John Holdren a salué les conclusions du rapport de M. Hensen par voie de communiqué. Il a cependant également indiqué qu’il était vrai que les chercheurs étaient incapables de blâmer le réchauffement climatique dans le cas d’un seul événement :

« Ces travaux, qui ont permis d’établir que les étés extrêmement chauds sont 10 fois plus fréquents qu’ils ne l’étaient, viennent renforcer plusieurs autres preuves démontrant que le réchauffement climatique existe et qu’il est nuisible. »

Dans une étude datant de 1988 et qui a fait école, M. Hansen prédisait que si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivaient, ce qu’elles ont fait, la capitale américaine vivrait environ neuf jours par année sous une température de 32 degrés Celsius ou plus. Jusqu’à maintenant en 2012, avec encore approximativement quatre semaines d’été, la ville a plutôt vécu 23 journées de chaleur accablante.

M. Hansen croit désormais avoir sous-estimé à quel point la situation pourrait empirer. Et bien qu’il espère que sa nouvelle étude poussera des gens à passer à l’action, par exemple en votant une taxe sur la consommation des combustibles fossiles – qui émettent du dioxyde de carbone, l’un des principaux gaz à effet de serre -, d’autres ne sont pas aussi optimistes.

Associated Press

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