Les punaises de lit relâchent de l’histamine dans la maison


Les punaises de lits ne donneraient pas de maladie en temps que tel, sauf qu’un endroit infesté laisse beaucoup plus d’histamine. C’est une molécule qui en trop grande concentration pourrait être la cause des allergies et urticaires. Le problème quand il y a un traitement par la chaleur, l’histamine ne baisse pas beaucoup. Il faudrait quelque chose de plus agressif.
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Les punaises de lit relâchent de l’histamine dans la maison

 

Marie-Céline Ray
Journaliste

 

Si elles ne semblent pas transmettre de maladie, les punaises de lit laissent de l’histamine dans les logements qu’elles infestent. La molécule impliquée dans les réactions allergiques reste même des mois après la disparition des punaises…

Les punaises de lit Cimex lectularius causent bien du souci aux habitants qui en font la fâcheuse expérience, car il n’est pas si simple de s’en débarrasser : les traitements professionnels sont coûteux, l’utilisation d’insecticides dans des logements, et a fortiori dans des lits, pose problème et, en plus, les punaises de lit ont développé des résistances aux insecticides.

Du point de vue sanitaire, la piqûre des punaises de lit ne semble pas transmettre de maladie. En laboratoire, elle peut propager l’agent de la maladie de Chagas (Trypanosoma cruzi) mais il n’y a pas de preuve qu’une telle transmission existe dans la vie réelle. Et si le risque pour la santé était tout autre, et lié à une molécule laissée par les punaises dans votre maison ?

Les punaises de lit libèrent naturellement de l’histamine dans leurs excréments. Elles s’en servent même pour marquer un bon emplacement pour venir s’y agréger. Lorsque des punaises de lit arrivent dans un logement, elles ont tendance à se concentrer dans les chambres où dorment les humains, leur source de nourriture. Chez l’Homme, l’histamine est naturellement libérée lors d’une réponse immunitaire. Elle favorise l’inflammation et la lutte contre les pathogènes. Mais elle peut aussi avoir un effet nocif, causant des rougeurs par contact avec la peau et des problèmes respiratoires par inhalation.

Le saviez-vous ?

L’histamine est une molécule libérée par les mastocytes. Elle joue un rôle dans les symptômes de l’allergie. C’est pourquoi les antihistaminiques sont prescrits en cas de rhume des foins ou contre les démangeaisons de l’urticaire.

Des chercheurs de l’université d’État de Caroline du Nord (États-Unis) ont étudié un complexe d’appartements de la ville de Raleigh où certains logements avaient été infestés par des punaises de lit et d’autres non. Les chercheurs y ont récupéré de la poussière.

Les punaises de lit se concentrent au niveau des chambres à coucher, là où dorment les humains qu’elles piquent. © jes2uphoto, Fotolia

Les punaises de lit se concentrent au niveau des chambres à coucher, là où dorment les humains qu’elles piquent. © jes2uphoto, Fotolia

    Davantage d’histamine dans les logements infestés par les punaises de lit

    Les appartements infestés avaient beaucoup plus d’histamine dans leur poussière que les logements non infestés du même complexe ou que d’autres appartements situés à plus de 8 km. Les niveaux d’histamine dans les logements infestés étaient au moins 20 fois plus élevés : 54,6 µg pour 100 mg de poussière, contre moins de 2,5 µg pour 100 mg de poussière dans les logements non infestés.

     

    Les chercheurs ont aussi mesuré l’histamine après que le logement a été traité à la chaleur contre les punaises de lit. Pendant les trois mois qui suivaient le traitement, les niveaux d’histamine ne diminuaient pas beaucoup : malgré la chaleur, la molécule persistait dans le logement. Pour plus d’efficacité, il faudrait peut-être associer le traitement thermique à un nettoyage rigoureux de l’appartement.

    Comme les humains dorment à proximité des punaises de lit, la concentration élevée d’histamine pourrait représenter un risque pour leur santé. D’autres travaux doivent être menés pour connaître les effets d’une exposition chronique à de faibles niveaux d’histamine dans son logement. Cette étude paraît dans la revue Plos One.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Les punaises de lit libèrent de l’histamine avec leurs excréments.

  • L’histamine favorise les réactions allergiques dans le corps humain.

  • La poussière des logements infestés contient vingt fois plus d’histamine que les autres.

https://www.futura-sciences.com

La peau, miroir du stress ?


La peau, le plus grand organe du corps nous protège contre beaucoup d’agression, mais elle n’est pas infaillible, elle peut réagir bien sûr a des allergies, avoir des problèmes génétiques ou inflammatoires, ce pendant le stress peut faire apparaitre l’urticaire, le psoriasis, et même le zona
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La peau, miroir du stress ?

 

Africa Studio/shutterstock.com

Organe à part entière, la peau protège des agressions de l’extérieur. Mais accumule aussi les toxines et autres substances sécrétées en cas d’émotions. Ainsi l’épiderme serait capable de révéler un sentiment de honte ou de tristesse. Et le stress se traduirait par certaines inflammations typiques de la peau.

« Organe tactile – excréteur, la peau est un véritable magasin de stockage : sa riche vascularisation en fait une usine subtile intervenant dans de multiples transformations », décrit Alain Libes dans son ouvrage « Les clés du corps ».

L’expression du cortisol, hormone du stress, est connue pour accélérer le processus de vieillissement cutané, en faisant apparaître ridules et rides. Mais qu’en est-il du risque de maladies ?

Urticaire, zona… = stress ?

Multifactoriel, l’urticaire peut se déclencher sous l’effet d’une allergie. Comme  il s’agit d’un syndrome, il peut aussi être provoqué par d’autres causes dans les cas de l’urticaire de contact, de l’urticaire solaire, de l’urticaire alimentaire ou de l’urticaire médicamenteux. Mais ces plaques rouges irritantes peuvent aussi se déclencher sous l’effet d’un stress. Dans ce cas, la situation peut durer car cette anxiété altère la capacité à supporter ces sensations urticantes.

Maladie infectieuse provoquée par le même virus que celui de la varicelle, le zona peut se déclencher sous l’effet d’un stress, d’épisodes de fatigue et d’affaiblissement du système immunitaire. Il se traduit par l’apparition de plaques rouges sur lesquelles se forment des vésicules blanches. Ces plaques se transforment ensuite en croûte pour se dessécher dans les 5 à 10 jours.++

Lutter contre les clichés

Contrairement aux idées reçues, le vitiligo ne s’explique pas par un stress ou une fragilité psychologique. Caractérisée par une dépigmentation cutanée, cette atteinte est classée parmi les maladies auto-immunes.

Le psoriasis peut provoquer du stress, et se déclencher sous l’effet d’un traumatisme. En effet ces ressentis stimulent la sécrétion de neuromédiateurs par le système nerveux, à l’origine de l’inflammation. Mais le psoriasis ne provient pas spécifiquement d’une anxiété accrue. D’origine inflammatoire ou génétique, le psoriasis correspond en fait à un renouvelle très accéléré de la peau, 4 à 5 jours contre 3 à 4 semaines dans le  cas normal. Ce phénomène provoque la formation de squames (petits morceaux de peau) sous forme de taches blanches, notamment au niveau des genoux et des coudes.

  • Source : Les clés du corps, Alain Libes Editions Michel Grancher, 22 euros. SOS peau au naturel, pour une peau saine et apaisée, Julien Kaibeck et Annie Casamayou, Editions quotidien malin, 15 euros. http://www.dermato.net, site consulte le 23 janvier 2018
  • Ecrit par : Laura Bourgault – Edité par : Dominique Salomon

https://destinationsante.com

Le Saviez-vous ► Quinze allergies bizarres


On connaît à peu près tous une personne qui a une ou des allergies comme aux arachides, sésames, pollen, etc. Il y a des allergies qui ne sont pas très connues et franchement étonnantes. Comme des allergies à l’eau, vous imaginez que simplement se laver peut être ardu et douloureux, ou selon moi une des pires voir la pire, est l’allergie à tous les aliments et boissons. Comment peut-on survivre à ne boire que de l’eau ou manger des glaçons ?
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Quinze allergies bizarres

 

L’eau

La réaction typique est l’urticaire, et cette allergie touche une personne sur 230 millions. Si vous avez la malchance de tomber dans ces statistiques, prendre un bain ou se laver les mains relève du défi

Le sexe

L’allergie n’est pas à l’acte lui-même mais au sperme de l’homme. Cette condition peut affecter les hommes et les femmes et les symptômes sont de la fièvre, de la fatigue et les yeux qui brûlent. Le traitement ? Utiliser un préservatif ou, pour ceux allergiques également au latex ne plus avoir de relations sexuelles.

Le toucher

Le dermographisme est une réaction au toucher de quelqu’un d’autre. La peau peut devenir rouge, ou même gratter. Cela serait causé par la trop grande faiblesse des membranes des cellules de la peau. Heureusement, un traitement à base d’antihistaminiques suffit en général.

Les sous-vêtements

Culotte ou caleçon ? Rien, pour certains ! Certains tissus (nylon et sphandex sont montrés du doigt) ou teintures peuvent causer de érythèmes. Attention donc à bien regarder les étiquettes si vous êtes sujet à cela

Les aliments crus

Les melons, les ananas peuvent causer des irritations, voire la mort pour certaines personnes allergiques. Il s’agirait pas d’une allergie alimentaire, mais une réaction aux traces de pollen trouvé sur le fruit lui-même.

Le chocolat

C’est cruel, mais véridique. La cause : le cacao, les additifs ou même certaines parties des insectes qui se retrouvent parfois dans le chocolat. Les symptômes varient, mais se limitent généralement à de l’eczéma ou à une crise d’urticaire.

L’alcool

Hé oui, les allergie à l’alcool, ça existe. On ne parle pas de la « gueule de bois »mais d’une réaction du type congestion nasale ou peau rouge

La chaleur/ la sueur causée par l’exercice

L’urticaire est la réaction typique, elle n’est pas causée par l’exercice en soit mais la soudaine hausse de température du corps. Qui peut être aussi causée par la nourriture épicée, un plongeon dans un bain trop chaud ou une piqûre de moustique

Les déodorants

Dur, dur d’être allergique à quelque chose qui peut vous empêcher de sentir mauvais. Heureusement pour ceux à qui cela arrive, ils peuvent éviter de se gratter en utilisant en alternative du talc, comme de la poudre pour bébé

Les adhésifs

Il s’agir d’une dermatite de contact. Certains produits chimiques, comme la colle ou la résine, produisent des réactions. Ainsi certaines personnes sont allergiques aux extensions, aux chaussures …

Le soleil

Les lucite estivale, ou urticaire due à la lumière du soleil, peuvent en guetter plus d’un. C’est une allergie aux ultra-violet. La peau exposée quelques minutes au soleil, réagit en grattant et en formant de petits boutons rouges. Heureusement l’arrête de l’exposition aide au retour à la normale.

Le nickel

Une allergie connue aussi sous le nom d’allergie au iPod ou cellulaire ! Le nickel est le métal allergène responsable, Attention également à la monnaie et à certains bijoux

Les champs électromagnétiques

Ceux qui souffrent de cette allergie ne peuvent pas utiliser de micro-ondes, d’ordinateurs ou de cellulaires sous peine d’avoir de douloureux érythèmes et de gonflements de la peau

La grossesse

L’herpès gestationnel touche une grossesse sur 50 000 et peut laisser la mère avec des cloques et des marques sur le ventre. Cela arrive au cours du deuxième ou troisième trimestre, ou même pendant l’accouchement. Le traitement : des stéroïdes appliqués localement

Tout nourriture et boisson sauf de l’eau

 

Il s’agit d’une réaction allergique tellement rare qu’aucun terme médical n’a encore été trouvé. Mais elle existe bel et bien. Voyez la vidéo de ce garçon australien de 5 ans qui à le malheur d’en être atteint. (en anglais) Kaleb Bussenschutt ne manque des glaçons et ne peut avaler qu’un certain type de limonade, Tout le reste lui cause des douloureux ulcères d’estomac

http://quebec.huffingtonpost.ca

L’allergie au soleil, ça existe


Nous sommes contents quand la venue de l’été nous donne plus de liberté pour sortir plus légèrement, par contre il ne faut pas oublier de se protéger la peau. Il y a des gens qui ont besoin encore plus de protection, car ils sont allergiques à cette boule de feu et ont des éruptions cutanées. Ce sont surtout des jeunes femmes qui ont la peau claire qui est les plus susceptibles d’avoir cette allergie
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L’allergie au soleil, ça existe

 

muratart/shutterstock.com

Vieillissement cutané prématuré, développement de cancers, atteintes oculaires… Les dangers à long terme du soleil sans protection adaptée sont de mieux en mieux connus. Mais saviez-vous qu’une exposition même raisonnable pouvait se solder instantanément par des rougeurs et des démangeaisons sur les peaux prédisposées ?

C’est un phénomène peu connu des vacanciers et pourtant, 10 à 20% de la population souffrirait de lucite estivale, dont une très grande majorité de jeunes femmes ayant la peau claire. Cette allergie au soleil se traduit par une éruption de petits boutons rouges au niveau du décolleté, des épaules, des bras, des jambes et du dessus des pieds. Cet urticaire peut provoquer de fortes démangeaisons. Si dans la plupart des cas les symptômes régressent spontanément en 5 à 15 jours, à condition bien sûr de supprimer toute exposition solaire, les récidives sont inévitables. La prescription d’antihistaminiques et/ou de cortisone est parfois nécessaire pour soulager la poussée.

Protection SPF 50+ obligatoire

Pour tenter d’échapper à la lucite estivale, une seule solution : s’exposer très progressivement (pas plus de 20 minutes le premier jour) et utiliser, même par temps nuageux, des crèmes solaires indices 50 spécifiques peaux intolérantes. Si cela ne suffit pas, le dermatologue peut prescrire un traitement préventif à base d’antioxydants ou d’antipaludéens de synthèse, voire des séances de photothérapie. Attention, ces expositions aux UV dans un but thérapeutique n’ont rien à voir avec des séances d’UV en cabine de bronzage. Ces dernières ne préparent en rien la peau au soleil. Pire, elles lui font courir de gros risques.

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Le froid qui pique


Vous avez eu froid ? Les températures ont baissé et il faut mieux s’habiller pour sortir dehors … On se plaint du vent, du  froid, de la neige, mais au  moins notre corps réagit bien .. alors que certains sont malheureusement allergique au froid ..c’est rare mais il y en a quelques personnes et étrangement il y en a plus dans les pays ou il fait froid comme nos hivers au Québec … mais il y a pire comme celle qui ne distingue ni le froid, ni le chaud .. certains dirons qu’elle est chanceuse mais pourtant, il faut éviter les complications
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Le froid qui pique

 

Dans notre pays d'hiver, l'allergie au froid est... (Photo: archives La Presse)

Dans notre pays d’hiver, l’allergie au froid est étonnamment méconnue, mais bel et bien réelle.

PHOTO: ARCHIVES LA PRESSE

SOPHIE ALLARD

La Presse

Environ le quart des Québécois ont une allergie non alimentaire. On ne s’étonne pas d’une allergie au pollen, à l’herbe à poux ou au chat. Plus rare, l’allergie au froid donne néanmoins du fil à retordre à quelques milliers de Québécois. En plus de souffrir de symptômes parfois sévères, ils doivent composer avec les commentaires des pairs plutôt sceptiques. Dans notre pays d’hiver, l’allergie au froid est étonnamment méconnue, mais bel et bien réelle.

Lorsqu’elle avait 5 ans, Florence Phaneuf a vécu un hiver particulier, tout à fait désagréable. Dès qu’elle était exposée au froid, elle avait une poussée d’urticaire. Des plaques rouges, qui démangeaient, apparaissaient instantanément aux endroits exposés. Surtout aux mains et aux pieds.

«Si elle jouait trop longtemps dehors, l’urticaire revenait. Nous étions toujours aux aguets. Au moindre signe, on lui disait de rentrer. Ça a duré comme ça au moins un hiver, puis les symptômes ont disparu comme ils sont arrivés», raconte sa mère, Julie.

Même l’air frais pouvait provoquer une crise d’urticaire, qui se résorbait habituellement en quelques heures ou quelques jours.

«Son enseignante était au courant. Quand Florence était en classe et sentait ses mains froides, l’enseignante l’envoyait les réchauffer avec de l’eau tiède au lavabo.»

Une simple séance de jeu dans une pièce peu chauffée suffisait à provoquer une crise d’urticaire. Un antihistaminique arrivait à atténuer les symptômes, sans les éliminer complètement.

L’urticaire au froid, aussi appelé allergie au froid, est une condition plutôt rare. Environ 5 personnes sur 10 000 en souffrent, surtout dans les pays froids.

«C’est une allergie en ce sens que les mécanismes qui sont impliqués pour expliquer les lésions sont comparables à ceux qui sont appliqués dans la réaction allergique à proprement parler, explique le docteur Guy Delespesse, chef du service allergie et immunologie du CHUM. Il y a activation de certaines cellules, les basophiles et les mastocytes. Ce sont ces mêmes cellules qui sont activées dans le cadre d’une réponse allergique au pollen ou au chat par exemple. Certains hésitent néanmoins à parler d’allergie parce que le froid n’est pas un allergène.

«Les mécanismes sont très similaires, voire identiques, sauf qu’il n’y a pas d’allergie officiellement.»

L’allergologue voit deux ou trois cas par an à la clinique du CHUM.

«Le diagnostic formel consiste à déposer sur la peau du patient un glaçon dans un sac plastique pendant quelques minutes. Il faut faire attention de ne pas brûler le patient. Typiquement, il apparaît une réaction allergique, soit une grosse plaque rouge avec le centre blanc, qui est prurigineuse, qui ressemble à une piqûre de moustique. Ça confirme alors la réaction allergique.»

Les personnes déjà allergiques à autre chose sont plus susceptibles d’avoir une allergie au froid.

«Elle peut se manifester subitement à tout âge et disparaître en quelques années», dit le Dr Delespesse.

Une allergie potentiellement mortelle

Principal symptôme de l’allergie au froid, l’urticaire peut durer de 10 minutes à quelques heures et apparaît principalement aux endroits exposés au froid.

«Lorsque la réaction est plus sévère, une crise d’asthme peut accompagner l’urticaire.»

Dans les formes graves – et extrêmement rares -, l’allergie peut être mortelle. Si quelqu’un plonge dans un lac glacé en plein été, le changement de température peut créer un choc. D’autres qui boiront une boisson froide pourront avoir un gonflement, un oedème de la bouche et de la gorge, qui peut causer un inconfort et peut menacer la respiration.»

Bryan Marshall, 38 ans, souffre d’une sévère allergie au froid. Il a toujours sur lui son adrénaline auto-injectable (Epipen).

«Dans ma jeunesse, je faisais de l’urticaire, mais on ne savait pas ce qui le déclenchait. À 18 ans, je suivais un cours de planche à voile et j’ai sauté sans hésiter dans le lac Memphrémagog. C’était froid. Après 10 minutes, ça a commencé à tourner. Je n’entendais plus bien l’instructeur et, soudainement, je ne le voyais plus. Je me suis réveillé sur la plage, entouré de gens, au son de l’ambulance.»

Dès qu’il prévoit aller dehors par temps froid, Bryan prend des antihistaminiques.

«Si j’attends trop longtemps l’autobus, je sens mes jambes enfler dans mon pantalon. Un simple vent de soirée l’été et l’air climatisé peuvent me donner de l’urticaire. Si je mange un Popsicle, mes lèvres deviennent gonflées, comme injectées de collagène.»

Il en rit, mais il est bien conscient des risques liés à sa condition. Il a appris à vivre avec elle.

«Je peux me baigner, à condition que je m’immerge très progressivement», dit-il.

Il pratique le ski alpin, jamais sans avoir d’abord pris des antihistaminiques et toujours bien couvert de la tête aux pieds.

«Je peux prévenir les réactions, mais j’ai tout de même des démangeaisons désagréables. Je n’y échappe pas.»

Plus désagréable encore, il doit constamment expliquer son état aux gens sceptiques.

«Quand je dis que je suis allergique au froid, les gens ne me croient pas, ils blaguent. S’ils savaient…»

Il porte un bracelet médical, sur lequel est inscrite sa condition.

Les chercheurs ne savent comment expliquer l’allergie au froid.

«Est-ce qu’un virus peut déclencher une poussée d’urticaire? Oui, c’est admis. Ce n’est pas démontré, mais les observations cliniques vont dans ce sens», dit le Dr Delespesse.

Il existe aussi une forme héréditaire qu’on se transmet de parents à enfants, plus rare celle-là. Au-delà de ces hypothèses, les chercheurs restent dans le flou.

Avoir ni chaud ni froid

Martine, 18 ans, ne ressent pas le froid ni la chaleur, à moins d’un changement soudain de température. Qu’elle se trouve dans un sauna suffocant ou qu’elle se promène dehors l’hiver sans manteau, ça ne lui fait ni chaud ni froid. Littéralement. Son cas est plutôt inhabituel, intrigant.

L’hiver, la jeune femme doit être particulièrement vigilante. Lorsqu’elle est exposée au froid, elle se sait à risque d’engelures, voire d’hypothermie.

«S’il fait froid, je ne le sens pas, à moins de conditions extrêmes. Je dois absolument me fier au thermomètre et regarder autour de moi comment les gens s’habillent, sinon je n’ai aucune idée de la température. Je ne veux pas m’exposer à des risques inutiles, alors quand je vois mes doigts changer de couleur, je sais que je dois les couvrir ou rentrer à l’intérieur me réchauffer», confie-t-elle.

Martine perçoit momentanément les écarts importants de température, mais son corps semble s’habituer tellement vite qu’il oublie rapidement la température ambiante.

«Si je touche un objet très froid, je vais le sentir au départ. Puis, la sensation disparaît et je ne peux plus dire si cet objet est chaud, tiède ou froid.»

Même la fraîcheur d’un cornet de crème glacée, sur les lèvres, lui échappe en partie.

«Je peux dire que la crème glacée est froide, surtout une fois ingérée, mais la sensation est beaucoup moins marquée l’hiver que par grande chaleur l’été.» C’est comme ça depuis quatre ans. «Avant, j’étais plutôt frileuse.»

«Il est possible pour une personne d’être moins sensible au froid, moins vulnérable, par comparaison à autrui, note Michel Cabanac de Lafregeyre, professeur de physiologie à la faculté de médecine de l’Université Laval. Sa thermorégulation est peut-être meilleure, son corps s’adapte mieux aux variations de température. Il existe un syndrome congénital rare – l’indifférence congénitale à la douleur – où cette indifférence s’accompagne d’une absence d’inconfort thermique. Mais en principe, il s’agit d’un syndrome masculin.»

La condition de Martine pourrait relever d’une dysfonction de ses thermorécepteurs qui seraient anormalement sous-activés. Mystère.

Ressentez-vous ce froid?

On perçoit le froid grâce à des thermorécepteurs situés sur les terminaisons nerveuses libres. Ceux-ci peuvent percevoir des écarts de température de la peau d’à peine 0,01 ºC! La plupart des thermorécepteurs se trouvent d’ailleurs dans la peau, ceux qui détectent le froid sont plus denses et plus nombreux à la surface de la peau. Pourquoi? Parce que l’organisme se refroidit essentiellement par la peau, par l’extérieur, alors qu’il peut se réchauffer de l’intérieur, par exemple en bougeant.

La perception consciente du froid et du chaud (la thermosensation) dépend de plusieurs facteurs, dont la température cutanée initiale, l’importance et la vitesse du changement de température et la surface du corps exposée.

«Plus la surface de la peau exposée est grande, plus notre sensation sera grande. Plus le froid est intense et plus la baisse de température est rapide, plus on aura une réponse accentuée, Marie-Andrée Imbeault, doctorante en sciences de l’activité physique à l’Université d’Ottawa. La thermosensation contribue à la thermorégulation corporelle, soit le maintien de la température interne, par l’intermédiaire des comportements qu’elle entraîne tels que s’habiller, chercher refuge, s’activer… L’une ne va pas sans l’autre.»

La perception de la température, comme celle de la douleur, est individuelle et dépend de facteurs personnels: l’âge, le poids, la génétique, la médication et certaines conditions de santé, telles la fibromyalgie ou l’hypothyroïdie. Le moment de la journée influence notre perception: puisque la température du corps est plus élevée en fin de journée, on va davantage frissonner. Chez la femme, le cycle menstruel modifie également la perception de froid, qui est ressenti davantage en période postovulatoire. Même les saisons peuvent influencer notre réponse. Le corps s’acclimate à la température ambiante, il s’habitue. Par exemple, on tolère sans inconfort ou douleur des baisses de température plus importantes à la fin de l’hiver qu’à l’automne.

http://www.lapresse.ca