Les plantes disparaissent à un rythme plus alarmant que les animaux


On parle beaucoup de d’extinction d’animaux, moins des plantes. Pourtant, il y a plus de plantes qui disparaissent dans le monde que d’animaux. C’est dramatique, car les plantes sont liés aux animaux. Il semble que ce soient surtout les plantes vivaces et certains arbres et buissons qui sont le plus touché. La majorité des plantes disparues viennent des régions tropicales et des petite iles. On ne doute pas que ce soit l’activité humaine qui en est la grande cause, que ce soit par l’agriculture, barrage, urbanisation, déforestation ….
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Les plantes disparaissent à un rythme plus alarmant que les animaux


Photo: iStock

Renaud Manuguerra-Gagné

Depuis 1900, trois espèces de plantes disparaissent chaque année. C’est le double des disparitions qu’on remarque chez les animaux et c’est 500 fois plus rapide que ce que l’on observerait si la nature en était la seule responsable.

Selon de nombreux scientifiques, la Terre se trouve actuellement au début d’une sixième extinction de masse. Un récent rapport de l’ONU a d’ailleurs montré que plus d’un million d’espèces risquent de disparaître d’ici le prochain siècle à cause de l’activité humaine.

Jusqu’à maintenant, la majeure partie de l’attention et des efforts de conservation a été dirigée vers les animaux, comme les mammifères ou les oiseaux. Or, une nouvelle étude, parue dans la revue Nature Ecology & Evolution, montre que le nombre de plantes à avoir disparu de la surface de la Terre au cours des 250 dernières années est deux fois plus élevé que ce qu’on a constaté du côté des animaux (Nouvelle fenêtre).

Puisque les plantes sont à la base de nombreux écosystèmes, cette découverte pourrait avoir des conséquences importantes pour plusieurs autres espèces animales qui les utilisent comme source de nourriture ou comme habitation.

Les îles et les régions tropicales particulièrement touchées

Pour obtenir ces résultats, les chercheurs ont ratissé large, passant en revue des études scientifiques, des bases de données d’organismes internationaux ainsi que des archives de musée. De toutes les espèces de plantes cataloguées depuis 1753, environ 571 ont maintenant disparu de la surface de la Terre.

Carte du monde montrant le nombre d’espèces de plantes disparues depuis 1750. Carte du nombre d’espèces de plantes disparues depuis 1753. Photo : Nature Ecology & Evolution

Bien que ce chiffre soit quatre fois plus élevé que ce qu’on retrouve actuellement sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, les chercheurs croient que leur premier bilan sous-estime largement l’ampleur du problème.

Ces derniers soulignent que les données actuelles restent limitées et que de l’information supplémentaire provenant de plusieurs régions à travers le monde permettrait d’avoir un portrait plus global de la situation.

Ces résultats ont quand même montré que les plantes touchées avaient des origines génétiques ou évolutives assez variées, ce qui signifie que ces extinctions ne sont pas nécessairement liées à des caractéristiques biologiques.

Malgré tout, les chercheurs ont relevé que des plantes vivaces comme certains arbres ou buissons étaient les plus touchés par ces disparitions. De plus, leurs données indiquent que certains endroits sont plus concernés que d’autres, et que la majorité des plantes disparues provenait de régions tropicales ou de petites îles.

De toutes les régions étudiées, c’est dans l’archipel d’Hawaï que l’on a retrouvé le plus d’espèces éteintes, avec 79 plantes aujourd’hui disparues. Le triste palmarès concerne aussi l’Afrique du Sud, avec 37 espèces, ainsi que des régions comportant des biodiversités uniques, comme Madagascar, l’Australie, l’Inde et le Brésil.

Dans ces régions, la principale cause d’extinction est attribuable aux activités humaines, comme l’agriculture, l’urbanisation, la déforestation ou la construction de barrages.

Des espèces en fin de vie

Une partie de la difficulté de faire un bilan des espèces disparues vient du fait qu’il faut plusieurs années pour confirmer qu’une variété de plantes s’est éteinte. Pour les chercheurs, parcourir le monde entier à la recherche des derniers survivants d’une espèce est souvent impossible.

À cela, il faut aussi ajouter qu’il existe plusieurs espèces surnommées « mortes-vivantes », c’est-à-dire que leurs derniers représentants n’ont plus aucune chance de reproduction et sont condamnés à disparaître au cours des prochaines années.

De plus, puisque la communauté scientifique découvre plusieurs milliers de nouvelles espèces chaque année, il est probable que plusieurs espèces se seront éteintes avant même qu’on ne les découvre et ne puissent jamais faire partie de ce recensement.

Heureusement, il arrive que des espèces considérées comme éteintes soient redécouvertes par la suite, lorsque des populations inconnues sont répertoriées pour la première fois. Ces espèces ne sont toutefois pas nécessairement hors de danger, et leur faible nombre leur occasionne un risque élevé de disparaître de nouveau.

Pour les chercheurs, ce type de recensement est essentiel pour faciliter le travail de conservation, en déterminant non seulement les espèces les plus à risques, mais aussi les lieux où la biodiversité a été fragilisée par les activités humaines.

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Les chimpanzés ne survivent plus que dans des «ghettos forestiers»


Les animaux qui ont besoin de la forêt pour vivre, sont souvent confinés dans de plus petits territoires à cause de la déforestation, l’urbanisation, l’agriculture et les industries. C’est ce que rencontre une espèce de chimpanzé.
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Les chimpanzés ne survivent plus que dans des «ghettos forestiers»

Comme beaucoup d'autres gros animaux, la principale menace... (PHOTO AP)

Comme beaucoup d’autres gros animaux, la principale menace qui pèse sur les chimpanzés est la perte de leur habitat.

Agence France-Presse
Paris

Sous la pression de l’urbanisation et de la chasse, les chimpanzés ne survivent plus que dans des ilôts de nature de plus en plus petits, se sont alarmés mardi des primatologues spécialistes de ce plus proche parent des humains.

Les quatre sous-espèces du primate africain sont menacées d’extinction et l’une d’entre elles – le chimpanzé verus – a perdu plus de 80% de sa population en trois générations.

Après une réunion en Allemagne, 40 experts du monde entier ont lancé un appel pour sauver cet animal qui partage près de 99% des gènes de l’homme.

«Nous étudions des communautés de chimpanzés depuis des décennies et nous avons tous vu nos groupes d’étude devenir de plus en plus isolés», ont-ils souligné dans un communiqué.

«Les chimpanzés en sont réduits à vivre dans des ghettos forestiers», ont-ils ajouté.

Comme beaucoup d’autres gros animaux, la principale menace qui pèse sur ces singes est la perte de leur habitat, réduit par l’extension des villes qui abritent une population en hausse, les industries minières, la déforestation ou l’agriculture.

Les chimpanzés sont aussi chassés pour leur viande ou abattus par les fermiers qui veulent protéger leurs cultures.

Anne Pusey a travaillé dans le parc national de Gombe, en Tanzanie, pendant 40 ans.

Mais ce parc où la primatologue Jane Goodall a mené les travaux qui l’ont rendue célèbre «est devenu une petite île entourée par des terres agricoles denses, conduisant à la réduction de deux des trois communautés (de chimpanzés) dans le parc et à la disparition d’une communauté à l’extérieur», a-t-elle regretté dans le communiqué de l’Institut Max Planck.

Les primatologues réunis en Allemagne ont toutefois noté que la présence permanente de chercheurs sur le terrain permettait de maintenir un nombre plus élevé de singes en comparaison à d’autres zones.

Ils ont ainsi appelé à ce que ces groupes en meilleure santé bénéficient d’une «protection spéciale intense» de la part des chercheurs et des autorités locales, «avant qu’il ne soit trop tard».

«Plus d’investissements doivent être faits dans la recherche pour que nous puissions comprendre vraiment la diversité de ces populations avant qu’il ne soit trop tard», ont-ils ajouté.

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Arracher l’asphalte pour mieux gérer l’eau


Je trouve que c’est une très bonne idée, de déminéralisation en enlevant de la asphalte pour faire plus d’espaces verts. Cela devrait s’étendre à bien des endroits pour éviter que l’eau s’accumulent dans les égouts. D’ailleurs avec les inondations, les maisons qui ont été détruites et probablement les propriétaires ne pourront reconstruire. Il serait bon de faire des espaces verts avec des arbres et plantes dont celles qui aideraient les abeilles et les papillons monarques. Les stationnements qui sont des ilots de chaleurs devraient être revues pour mieux gérer l’environnement et laisser la terre absorbée naturellement l’eau
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Arracher l’asphalte pour mieux gérer l’eau

Des citoyens ont participé au désasphaltage d'une partie... (PHOTO FOURNIE PAR LE CONSEIL RÉGIONAL DE L'ENVIRONNEMENT DE LA MONTÉRÉGIE)

Des citoyens ont participé au désasphaltage d’une partie du stationnement du Centre Raphaël-Barrette, à Salaberry-de-Valleyfield.

PHOTO FOURNIE PAR LE CONSEIL RÉGIONAL DE L’ENVIRONNEMENT DE LA MONTÉRÉGIE

JEAN-THOMAS LÉVEILLÉ
La Presse

Obstacles à l’absorption de l’eau de pluie, îlots de chaleur, faible esthétisme : les grands espaces asphaltés sont nuisibles à bien des égards. Pourquoi ne pas les transformer en espaces verts ? C’est ce qu’ont fait des citoyens de Salaberry-de-Valleyfield, dans un stationnement, il y a une dizaine de jours.

« Ça va être rafraîchissant ! », s’enthousiasme Elizabeth Gaulin, après avoir arraché de ses propres mains une partie du stationnement asphalté entourant le Centre Raphaël-Barrette.

« C’est un îlot de chaleur, un vrai », dit-elle à propos de ce grand espace sans arbre, qui fut jadis une cour d’école, mais qui retrouvera bientôt un peu de verdure, au pied de son lieu de travail.

Le lieu fait l’objet d’une « déminéralisation » dans le cadre du programme Sous les pavés, du Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM).

Une telle transformation comporte plusieurs « bénéfices », dont la diminution des îlots de chaleur, mais son objectif principal est de « mieux gérer les eaux de pluie », explique Jolène Labbé, chargée de projet au CEUM.

L’urbanisation ayant contribué à « imperméabiliser » les sols, jusqu’à 55 % de la pluie qui tombe en ville ruisselle et finit dans les égouts ou dans les cours d’eau, ce qui est particulièrement problématique quand ceux-ci sont « saturés », comme c’est le cas actuellement dans plusieurs régions du Québec, explique-t-elle.

La déminéralisation est aussi une mesure d’adaptation aux changements climatiques, qui devraient entraîner une augmentation de l’intensité et de la quantité des précipitations au Québec, rappelle le CEUM.

« On ne va pas régler tous les problèmes avec un [seul] petit projet comme ça, mais s’il y a 10 petits projets dans une communauté, [cela peut faire une différence]. » – Jolène Labbé, chargée de projet au CEUM

Sous les pavés prévoit déminéraliser cette année sept autres espaces comme celui de Salaberry-de-Valleyfield, notamment dans Chaudière-Appalaches, l’Outaouais, la Mauricie et l’île de Montréal.

Un premier espace avait été déminéralisé dans le cadre d’un projet-pilote en 2017 dans l’arrondissement d’Anjou, à Montréal, puis un deuxième a suivi l’an dernier à Gatineau, où le retrait de 90 m2 de surface perméable permet d’éviter l’envoi dans les égouts de 122 m3 d’eau et 31 kg de polluants chaque année, calcule le CEUM.

Impliquer les citoyens

Sous les pavés ne se contente pas de rétablir un peu de verdure au milieu du béton et de l’asphalte, il s’agit d’un programme d’« urbanisme participatif », où les citoyens concernés sont impliqués dès le départ.

« On arrive avec une page blanche au départ », explique Benoît Péran, du Conseil régional de l’environnement de la Montérégie, qui porte le projet de Salaberry-de-Valleyfield.


Les habitants du quartier ont été appelés à soumettre leurs idées, en lien avec « les problèmes et les besoins » du lieu concerné, que les responsables du projet ont ensuite « traduites en plan ».

Puis, les citoyens mettent la main à la pâte en procédant eux-mêmes au désasphaltage.

C’est ainsi qu’en moins d’une heure, le 4 mai, 250 m2de bitume autour du Centre Raphaël-Barrette ont été arrachés par une trentaine de bénévoles.

Certains reviendront dans une dizaine de jours pour l’aménagement de l’espace, qui comprendra des arbres, des plantes, un sentier, un banc et un îlot à monarques, papillons grandement menacés.

« Pour une fois, c’est un beau projet dans un quartier défavorisé », se réjouit Louis-Philippe Boucher.

L’homme de 46 ans, natif du quartier et qui travaille au CLSC du coin, apprécie les « vertus écolos, mais esthétiques aussi » du projet.

La déminéralisation de l’espace de Salaberry-de-Valleyfield a nécessité un investissement d’environ 18 000 $, estime Benoît Péran, sans compter la participation de la Ville, qui assume l’excavation, le transport du bitume et la plantation des arbres, qu’elle fournit.

Il souhaite que ce soit « une petite étincelle » qui transformera ce « lieu de passage » inhospitalier en un endroit où les gens du secteur viendront « s’asseoir, faire une marche », et qui donnera naissance à d’autres projets du genre.

Le Centre d’écologie urbaine de Montréal offre d’ailleurs « beaucoup d’outils » sur son site internet pour les entreprises, les organismes, les municipalités ou même les particuliers qui souhaiteraient transformer certaines de leurs surfaces minéralisées en un espace de verdure, explique Jolène Labbé.

L’organisme prévoit aussi publier un guide sur le sujet, en septembre.

Le financement du programme Sous les pavés est assuré jusqu’en janvier 2020.

Consultez la « boîte à outils » de Sous les pavés

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Le volume des déchets dans le monde pourrait augmenter de 70% d’ici à 30 ans !


On s’attendrait qu’avec les années, on feraient moins de déchet, mais selon les pronostics, il semble que nous allions augmenter de plus de la moitié. C’est vraiment incompréhensible.
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Le volume des déchets dans le monde pourrait augmenter de 70% d’ici à 30 ans !

 

dechets

Crédits : pxHere

par Yohan Demeure

Un récent rapport de la Banque mondiale a donné des chiffres vertigineux concernant les déchets produits par l’humanité. Il s’agit là d’une menace de plus pesante sur l’environnement et la santé humaine, déjà mis en danger par le réchauffement climatique.

Dans un communiqué publié le 20 septembre 2018, la Banque mondiale (BM) s’est exprimée au sujet des déchets, dont le volume total pourrait augmenter de 70% dans le monde d’ici à 2050. Cette situation inquiétante résulte de l’urbanisation rapide et de l’augmentation de la population humaine. Dans son communiqué, la BM a diffusé un rapport baptisé What A Waste 2.0 : A Global Snapshot on Solid Waste Management to 2050.

Le volume total de ces déchets était de 2,01 milliards de tonnes en 2016, et pourrait alors atteindre les 3,4 milliards en 2050. La BM indique également que les pays les plus riches représentent seulement 16% de la population mondiale, mais produisent plus d’un tiers des déchets, à savoir 34% ! Quant à la région Pacifique ainsi que l’Asie de l’Est, il est question de 23% – soit près d’un quart du volume total des déchets. Il y a également une donnée ajoutant encore un peu plus d’inquiétude : l’Afrique subsaharienne devrait tripler sa production de déchets dans les trois décennies à venir.

Laura Tuck, vice-présidente chargée du développement durable à la Banque mondiale, a expliqué que «les plus pauvres de la société» sont les plus impactés par «une gestion inadéquate des déchets», et qu’il s’agit là d’un fait «qui s’ajoute au problème du climat».

Silpa Kaza, spécialiste du développement urbain à la Banque mondiale, a évoqué le fait qu’il était plus onéreux de tenter de régler les problèmes des déchets en aval, plutôt que de trouver de vraies solutions concernant la gestion même de ces déchets.

Une mention spécialement mauvaise a été décernée à la gestion du plastique, dont l’impact peut durer durant des siècles, voire des millénaires. En 2016, les déchets plastiques représentaient 242 millions de tonnes, soit 12% du volume total des déchets solides. Par ailleurs, les pays riches recyclent un tiers de leurs déchets, mais dans les pays pauvres environ 4% seulement le sont.

La Banque mondiale préconise des solutions déjà connues depuis des années : gestion publique des déchets, réduction de la consommation de plastique et des volumes de déchets alimentaires par des actions pédagogiques envers la population, etc.

Sources : South China Morning PostSciences et Avenir

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Bangkok coule et pourrait être en partie submergée d’ici à 2030


Bangkok, capital de la Thaïlande avec plus de 10 millions d’habitants, s’enfonce de un à deux cm par année et risque de disparaitre d’ici quelques années à cause de la montée des eaux et de l’érosion. Elle serait l’une des mégapoles la plus menacée en Asie. Des moyens pour diminuer l’impact semble compromise à cause de l’argent est plus important que l’environnement.
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Bangkok coule et pourrait être en partie submergée d’ici à 2030

 

Bangkok Observation TowerLa toute nouvelle tour d’observation de Bangkok sera inaugurée courant 2019.

Montée du niveau de la mer, érosion du rivage, urbanisation galopante: Bangkok, qui accueille du 4 au 9 septembre la réunion préparatoire de la COP-24, la prochaine conférence de l’ONU sur le climat, s’enfonce inexorablement et pourrait être en partie submergée d’ici à 2030.

Construite sur des terres marécageuses à 1,5 mètre au-dessus du niveau de la mer, la mégapole de plus de dix millions d’habitants «s’affaisse aujourd’hui de un à deux centimètres par an et risque de subir des inondations très importantes dans un futur proche», relève Tara Buakamsri, directeur de Greenpeace Thaïlande, dans un entretien à l’AFP.

Lors des grandes inondations de 2011, plus d’un cinquième de la ville avait été submergé. Les zones périphériques avaient été particulièrement touchées, tandis que le quartier des affaires avait été épargné grâce à des digues dressées à la hâte.

Un scénario qui est amené à se reproduire de plus en plus fréquemment: «près de 40%» de la ville pourrait être inondés dès 2030, selon des prévisions de la Banque mondiale, qui classe la mégapole comme l’une des plus menacées d’Asie, avec Jakarta.

Bangkok, «ville obèse sur un squelette d’enfant» selon l’expression du géologue Thanawat Jarupongsakul, est d’abord victime de son développement frénétique: le poids des gratte-ciel, qui ne cessent de grimper dans la cité en perpétuelle transformation, contribue à son engloutissement progressif.

Et «les nombreux canaux qui traversaient la capitale, appelée autrefois la Venise de l’Orient, ont en partie disparu, recouverts par l’important réseau routier. Ils constituaient pourtant un bon système de drainage naturel», relève Suppakorn Chinvanno, expert sur le climat à l’Université Chulalongkorn de Bangkok.

Nappe phréatique menacée

Le problème vient aussi des millions de mètres cube d’eau pompés dans la nappe phréatique pendant des décennies.

L’utilisation des eaux souterraines est désormais réglementée mais certains continuent à les ponctionner en toute illégalité: en janvier, la police thaïlandaise a ainsi inspecté des dizaines de maisons closes, accusées de les siphonner pour offrir des «massages savonneux» à leurs clients.

La ville est aussi victime du changement climatique qui fait grimper les eaux du Golfe de Thaïlande de 4 millimètres par an, plus que la moyenne mondiale.

«Aujourd’hui, elle est déjà en grande partie sous le niveau de la mer», note Tara Buakamsri.

Quant aux kilomètres de littoral qui bordent la capitale, ils subissent une importante érosion. 

«On y a construit de nombreuses fermes de crevettes, ce qui a accentué le phénomène», souligne Suppakorn Chinvanno.

Menacée au sud par la mer, la ville est, au nord, très vulnérable aux crues de mousson, et «les spécialistes anticipent des tempêtes de plus forte intensité dans les années à venir», ajoute-t-il.

Au lendemain des inondations de 2011, le gouvernement avait dévoilé un plan de prévention qui a été abandonné après le coup d’État militaire de mai 2014.

«Nous devons suivre en permanence les facteurs météorologiques et géographiques et nous adapter chaque année», souligne Narong Ruangsri, directeur du département de drainage et d’assainissement de Bangkok.

Aujourd’hui, «nous disposons d’outils importants: un réseau de canaux atteignant 2 600 kilomètres, des stations de pompage et huit tunnels souterrains pour évacuer l’eau. Un autre tunnel gigantesque est en construction et trois autres sont à l’étude», détaille-t-il.

Un parc a également été construit en 2017, spécialement conçu pour drainer plusieurs millions de litres d’eau de pluies et les réorienter afin qu’elles n’inondent pas les quartiers environnants.

Ont aussi été construites des digues supplémentaires le long des voies d’eau, de nouveaux bassins de rétention, et des canaux ont été assainis.

Mais, pour certains experts, ces plans très coûteux pourraient se révéler insuffisants. 

«Il faut une politique claire de gestion des sols dans la ville», souligne Tara Buakamsri.

«Il faut aussi prévoir davantage d’espaces verts destinés à absorber les eaux d’inondation. Mais le prix du terrain très cher à Bangkok fait que les intérêts économiques sont prioritaires», déplore-t-il.

D’autres craignent aussi que les digues ne protègent certaines zones comme le quartier des affaires, aux dépens des quartiers périphériques populaires. 

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Le béton mange les côtes de la Méditerranée


L’argent, toujours l’argent au détriment de l’environnement. Pour plaire aux touristes, quoi de plus beau que de faire des hôtels sur le bord de la mer. Bétonnons encore et encore tant pis pour la Méditerranée pourvu que les touristes peuvent séjourner dans les hôtels.
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Le béton mange les côtes de la Méditerranée

 

Des édifices à Benidorm, commune d'Espagne caractérisée par... (JOSE JORDAN, archives AFP)

Des édifices à Benidorm, commune d’Espagne caractérisée par un urbanisme où domine le béton.

JOSE JORDAN, ARCHIVES AFP

 

ISABELLE WESSELINGH AVEC LES BUREAUX DE AJACCIO, BEYROUTH, MADRID
Agence France-Presse
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Hôtel géant illégalement construit dans un parc naturel espagnol, complexe touristique menaçant des salines historiques au Liban, constructions trop proches du rivage en France : l’urbanisation et l’explosion du tourisme en Méditerranée mettent en danger sites naturels et activités traditionnelles.

Avec ses 46 000 kilomètres de littoral répartis entre 21 pays, la Méditerranée concentre environ un tiers du tourisme mondial. Le nombre de visiteurs internationaux pourrait passer de 58 millions en 1970 à 500 millions en 2030, selon Plan Bleu, un organisme travaillant au sein du Programme de l’ONU pour l’environnement.

« Mais le modèle du tourisme actuel n’est pas vraiment durable et la forte croissance du secteur conduira à une aggravation des pressions environnementales », relève-t-il.

La population côtière ne cesse aussi de croître. Elle a plus que doublé entre 1970 et 2000 sur les rives sud et orientale, de 32 à 75 millions, selon Plan bleu.

Même si le renforcement des lois dans certains pays et la Convention de Barcelone ont amélioré la protection des côtes, des abus demeurent.

Espagne, 21 étages de bétonnage sauvage

Les 8000 kilomètres de côtes de la très touristique Espagne ont été soumis à de multiples pressions depuis le premier boom de la construction des années 1970 jusqu’à l’éclatement de la bulle immobilière en 2008.

Le littoral est déjà bétonné sur une profondeur de 500 mètres à l’intérieur des terres dans plusieurs provinces, notamment « à 81 % dans celle de Malaga (sud) », relevait en 2016 un organisme indépendant, l’Observatoire de la durabilité.

Bâti à Algarrobico, dans un parc naturel protégé d’Andalousie il y a 15 ans, un hôtel, monstre blanc de 21 étages, symbolise la construction anarchique et illégale au début du XXIe siècle.

Voué à la démolition -la Cour suprême ayant définitivement conclu à son illégalité-, « il reste debout parce que de multiples procès sont en cours pour savoir s’il faut indemniser le propriétaire et par manque d’action politique », indique à l’AFP Pilar Marcos, une responsable de Greenpeace Espagne.

Liban, littoral privatisé

Au Liban, quasi impossible d’aller à la mer sans payer.

« Il n’y a plus que 20 % de la côte actuellement en libre d’accès. Le reste a été privatisé » principalement pour des complexes touristiques, indique à l’AFP Jad Tabet, président de l’Ordre des ingénieurs et des architectes.

En 2012, un rapport du ministère des Transports montrait qu’environ cinq millions de mètres carrés du littoral sont construits illégalement.

« Il y a une démission totale de l’État face aux intérêts des privés bien introduits », regrette-t-il.

Un nouveau projet de complexe touristique dans la région d’Anfeh (nord) suscite la crainte des défenseurs de l’environnement et du patrimoine.

Il menace une des plus anciennes salines de Méditerranée située dans une zone riche archéologiquement et ayant « l’eau la plus propre du littoral libanais », selon la biologiste Sammyjoe Lycha.

Hafez Jreij, paludier depuis son enfance et opposant au projet, raconte à l’AFP que le promoteur lui a lancé :

« La production traditionnelle de sel est sans valeur. Laissez-nous cette zone côtière ».

France, protection, mais pressions

Depuis 1986, la France s’est dotée d’une « loi littoral » qui a permis, selon le ministre de l’Environnement, de « préserver de l’urbanisation » les quelque 15 000 kilomètres de côte « malgré la pression foncière ».

Mais récemment, des députés de la majorité ont voulu la remettre en cause. Face au tollé, ils ont reculé. Mais les abus n’ont pas disparu. Dans l’île de Corse, l’association de défense de l’environnement U Levante a obtenu après 20 ans de procédure une décision judiciaire de démolition pour une villa construite par un riche investisseur suisse soutenu par la mairie de Bonifacio, sur le site classé de Paraguan (sud).

Malgré une décision de justice d’expulsion, une paillote occupant illégalement le domaine public maritime à Calvi et réalisant un chiffre d’affaires annuel de 700 000 euros, est toujours là et devra payer une astreinte de 1000 euros par jour à compter du 15 juin en cas de maintien.

Le Conservatoire du littoral, un organisme public, a toutefois réussi à protéger 200 000 hectares en métropole, sur le littoral et autour des grands lacs. Il y encourage tourisme et activités durables. Un modèle envié par beaucoup en Espagne ou à Chypre.

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Ni Dieu ni la nature: nous sommes les seuls coupables


Ce que nous voyons depuis quelques années des catastrophes naturelles, enfin pas si naturelles que cela, tout le chamboulement de l’environnement a une seule cause : l’être humain. Il ne sert a rien de rejeter la faute autre qu’à l’humain,. On a tout changer les règles, on aime mieux protéger l’économie que l’environnement, alors que sans cet environnement, il n’y a pas d’économie d’un pays qui tienne. On peut s’en rendre compte avec les dommages que coûtent les changements climatiques
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Ni Dieu ni la nature: nous sommes les seuls coupables

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RENEAU FRIGON


David Suzuki
 Scientifique et auteur, co-fondateur de la Fondation David Suzuki

Nous devons assumer notre responsabilité et agir de toute urgence, puisque la situation le réclame

Nous qualifions souvent d’« acte de Dieu » ou de « catastrophes naturelles » les événements indépendants de notre volonté. Mais, qu’y a-t-il de « naturel » dans les catastrophes d’origine climatique d’aujourd’hui ? Les scientifiques désignent sous le nom d’Anthropocène l’après-révolution industrielle, une période pendant laquelle notre espèce est devenue à l’échelle géologique le principal facteur d’altération biologique, physique et chimique de notre planète. Poussée par des technologies alimentées aux énergies fossiles, la croissance rapide de la population, l’accélération constante de la consommation et une forte pression sur l’économie mondiale, notre espèce est responsable des conséquences catastrophiques actuelles.

Nous savons que le poids de l’eau retenue par les grands barrages et que l’injection souterraine d’eau pressurisée dans le processus de fractionnement provoquent des tremblements de terre. L’élimination de grandes étendues de forêt, le drainage des terres humides, le pompage excessif de l’eau par l’agriculture industrielle, la pollution des écosystèmes marins et des eaux douces avec du nitrogène, des plastiques et des pesticides des terres agricoles et des villes, l’expansion des zones urbaines et le recours à des modes de pêche non écologiques comme les filets dérivants et le chalutage sont autant de facteurs qui, combinés, contribuent à l’extinction d’espèces à une échelle jamais observée depuis la méga-extinction des dinosaures il y 65 millions d’années.

Pourtant, nous tenons des propos qui nous déresponsabilisent. Il n’y a pas si longtemps, on qualifiait le loup, le phoque et le requin pèlerin de véritables « pestes » ou de « prédateurs », des nuisances dont l’élimination donnait droit à des primes. Les insectes sont les animaux les plus nombreux, variés et importants de nos écosystèmes. Pourtant, tous sont affectés par les insecticides que l’on utilise pour éliminer le petit nombre d’entre eux qui s’attaquent aux cultures commerciales. Parmi les pires classes de pesticides, on retrouve les néonicotinoïdes, des neurotoxines auxquelles sont particulièrement sensibles les abeilles, d’importants pollinisateurs. On qualifie les forêts anciennes de « sauvages » ou de « dégradées », mais de « normales » ces plantations qui les ont remplacées après des coupes à blanc.

La forêt ombrophile tempérée qui s’étend de l’Alaska au nord de la Californie, entre l’océan Pacifique et la chaîne côtière, constitue l’un des écosystèmes les plus rares sur Terre. Or, ses immenses arbres ont été décimés : aux États-Unis, il n’en reste que dix pour cent. Les environnementalistes qui réclamaient la protection de ce qui restait ont été accusés d’être « insatiables ».

Les véritables ennemis, les radicaux et les écoterroristes sont ceux qui détruisent les forêts, les bassins hydrographiques et l’atmosphère sans se soucier des conséquences écologiques.

Glen Clark, l’ancien premier ministre de la Colombie-Britannique, a déjà qualifié des environnementalistes comme moi « d’ennemis de la CB ». Joe Oliver, l’ancien ministre fédéral des Finances nous a collé l’étiquette de « radicaux financés par l’étranger » ; d’autres nous ont appelés « écoterroristes ». Les véritables ennemis, les radicaux et les écoterroristes sont ceux qui détruisent les forêts, les bassins hydrographiques et l’atmosphère sans se soucier des conséquences écologiques.

Christy Clark, la première ministre de la Colombie-Britannique défaite en 2017, a traité de « forces négatives » les opposants aux oléoducs et aux centrales au gaz naturel liquéfié. Comme nous luttons pour protéger ce qu’il nous faut tous pour survivre, on devrait plutôt nous appeler les « forces positives » qui disent « oui » à l’énergie renouvelable dans un monde propre et prospère.

Nous semblons avoir oublié que le mot « économie », comme « écologie », vient du grec « oikos », qui veut dire « domaine » ou « foyer ».

En raison de leur capacité à trouver des moyens d’exploiter ce qui les entoure, les humains ne se sont pas confinés à un seul habitat ou écosystème. Ils ont pu habiter partout, dans les déserts, dans l’Arctique, dans la jungle, les terres humides et les montagnes. Les écologistes recherchent les principes, les règles et les lois qui permettent aux espèces de s’épanouir de façon durable. Les économistes se chargent de « gérer » notre activité au sein de la biosphère, notre domaine.

L’ancien premier ministre Stephen Harper a décrété qu’il était impossible d’agir en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour prévenir les changements climatiques parce que cela mettrait notre économie en péril. Pour des gens de son acabit, l’économie est plus importante que l’air qui conditionne la météo et le climat, et qui nous permet de vivre. En même temps, des « conservateurs fiscaux » s’élèvent contre une mesure financière efficace contre les changements climatiques : la tarification du carbone. Ceux-ci font fi de l’exemple de la Suède qui a imposé une taxe sur le carbone de 35 $ la tonne en 1991. En 2012, le pays avait fait progresser son économie de 60 pour cent, tout en réduisant ses émissions de 25 pour cent. En 2014, cette taxe est passée à plus de 160 $.

Nous savons que les changements climatiques sont causés principalement par notre utilisation des énergies fossiles. Ce faisant, nous influençons la fréquence et l’intensité des catastrophes : feux de forêt immenses (Kelowna, Fort McMurray), inondations (Calgary, Toronto), ouragans (Katrina, Sandy), sécheresses (Californie, Alberta) et fonte des glaciers et de la calotte glaciaire. Il n’y a plus rien de « naturel » dans ces désastres. Nous devons reconnaître l’empreinte humaine. Si nous sommes la cause de ces problèmes, nous devons cesser de pointer du doigt la « nature » ou « Dieu ». Nous devons assumer notre responsabilité et agir de toute urgence, puisque la situation le réclame.

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