Un unijambiste se risque à rouler à vélo quotidiennement


Alors que pour bien des gens, faire de l’exercice est un fardeau, cet homme tient plus que tout a bouger et faire ce qu’il aime, du vélo. Mais comment réussir a pédaler, garder son équilibre et aller à travers la ville avec seulement une jambe ?
Nuage

 

Montréal

Un unijambiste se risque à rouler à vélo quotidiennement

 

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Photo Simon Dessureault / Agence QMI

Simon Dessureault

Un unijambiste parcourt plus de 200 km à vélo chaque semaine dans les rues de Montréal, et ce, même si l’exercice est risqué, complexe et que les magasins de vélos ne semblent pas offrir de bicyclettes adaptées à sa condition.

Richard Parent, qui demeure à l’angle de la rue Saint-Zotique et du boulevard Pie-XII, a perdu la moitié de sa jambe gauche dans un accident de travail en septembre 2003. Depuis, il a eu trois vélos électriques pour se déplacer à Rivière-des-Prairies où il avait réussi à retourner travailler comme soudeur-assembleur.

«J’ai dû arrêter pour des raisons de santé, a déploré M. Parent. Les vélos électriques ne fonctionnaient pas bien et ils ne me permettaient pas de faire de l’exercice. Arrangé comme je suis, qu’est-ce que tu veux que je fasse d’autres comme exercice?»

Richard Parent a modifié un vieux vélo, donné par l’un de ses voisins, pour qu’il puisse pédaler avec la jambe qui lui reste. Depuis septembre dernier, il roule au moins 30 km par jour.

«Il n’y a pas de magasins qui peuvent m’offrir un vélo adapté à ma condition, a déploré le cycliste. Il faut que je me donne un élan avant de pédaler. J’ai donc reculé mon banc et enlevé la pédale d’un bord.»

Comme autres modifications, Richard Parent a monté ses poignées, installé un «rack» pour mettre sa prothèse ou une béquille, en plus d’installer un coffre et une radio.

Mais en pratique, cela demeure dangereux. Les conducteurs ne pensent pas à se soucier de ma condition, a-t-il dit. Il y a aussi des gens qui me prennent en photos, mais moi je regarde en avant parce que je n’ai pas le droit à l’erreur. Il faut avoir un très bon sens de l’équilibre pour faire ce que je fais. Je ne le recommande pas nécessairement à d’autres unijambistes.»

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