Le Saviez-Vous ► La terrible peste noire de 1348


    La peste noire fut un véritable carnage dans l’histoire humaine, et même animale. Des familles entières ont été décimées par cette terrible maladie qui est venue plusieurs fois au cours des années au temps du Moyen-âge. La peste n’avait pas de préférence particulière, elle touchait des pauvres, des clochards, des riches …
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    La terrible peste noire de 1348

     

    • Illustration de la peste noire. Les chroniques de Gilles Li Muisis (1272-1352), abbé de Saint-Martin de Tournai. Bibliothèque royale de Belgique, MS 13076-77, f. 24v.

    • La peste qui avait régulièrement sévi en Europe du VI au IXème siècle avait pratiquement disparue. Apparue en Asie centrale en 1337 elle laissa treize millions de morts après son passage en Chine !

      En 1347 elle détruit l’armée de la Horde d’Or (les mongols) qui assiégeaient les génois dans Caffa en Crimée. De là, l’épidémie se propagea en Sicile pour atteindre en 1348 la France et l’Espagne.

    • En 1349 elle se répand en Allemagne, en Europe centrale, puis en Angleterre ou en une seule année un quart de la population disparaît. Ce chiffre monta à 40 % de la population anglaise dans les années qui suivirent . Sur 3 millions 1/2 d’habitants, il n’en resta plus que deux millions après le passage de ce terrible fléau !

      Après une absence de quatre siècles la planète toute entière va connaître 370 années d’épidémies de peste qui se renouvelleront de 1348 à 1721 avec une cadence plus ou moins constante de 3 à 4 épidémies par siècle écoulé.

      En Allemagne : Magdebourg perd 50 % de ses citoyens, alors qu’on recense… 65% de pertes à Hambourg et même 70% à Brême … et suivront uniquement pour ce même XIVè siècle les grandes vagues d’épidémies de : 1363 à 1374 et de 1383 à 1389 …

      En 1359 elle (re)frappe en Alsace et en Belgique. En 1360 elle arrive en Angleterre, revient en France et resurgit en 1369 en Angleterre

      Les différents types de peste et épidémies mortelles :

      1. la peste noire ou bubonique:

     

    Le 20 juin 1894, Alexandre Yersin, un médecin militaire formé à l’Institut Pasteur, isole à Hong-Kong le bacille de la peste.

    La peste de 1348appelée couramment peste noire ou bubonique (ou bacille de Yersin qui le découvrit en 1894 ) à défaut d’être transmise par contacts directs avec le malade contaminé, était surtout transmise et transportée par les puces des rats qui logeaient dans les cales des navires. C’est pourquoi les villes portuaires furent les premières atteintes par la maladie.

    Ces puces, véritables agents pathogènes, passaient en sautant d’un animal sauvage à des animaux domestiques comme le chat, le chien ou nichaient dans les lainages humains.

    Sans parler des colonies de puces sauteuses existant dans les greniers des vieilles maisons aux planchers lézardés et vermoulus.

    Il ne faut pas oublier qu’en ce temps là les greniers avaient non seulement un rôle de garde-manger : puisqu’on les construisait en pointe avec souvent deux ou trois niveaux pour y entasser les sacs de grains, les aliments déshydratés, le lard salé ou fumé, mais on y mettait aussi le linge à sécher et les provisions devant servir en cas de siège ou d’invasions surprises. Ces greniers étaient ventilés par des petites lucarnes, appelées aussi chiens assis, qu’on incorporait dans la toiture.

    Il faut également incriminer les mauvaises conditions d’hygiène de l’époque, la vétusté des logements, les nombreux champs de batailles où les morts et cadavres de chevaux entremêlés, n’étaient trop souvent même pas enterrés, mais livrés aux rongeurs et charognards de toutes sortes ! Ces endroits maudits que les paysans y contournaient avec de grands signes de croix offraient de véritables festins aux colonies de rats vagabonds qui y proliféraient !

    Autres types de peste intervenues ultérieurement :

    2. la peste pulmonaire ( Pasterela Pestis ) :

    Très proche de la précédente, mais ce bacille capsulé sur les deux extrémités a la propriété par temps sec de se renfermer sur lui-même et de ne se développer que lorsque les conditions lui sont favorables. La contagion se fait par les voies respiratoires.

    3. On peut y ajouter les épidémies de Tuberculose, de variole, de choléra, et de typhus dues à l’absorption d’eaux remplies de bacilles.

    4. L’ergotisme que le peuple associa trop souvent à la peste à cause de l’apparition simultanée de cette maladie dans un grand nombre de foyers qui s’approvisionnaient chez le même meunier ou boulanger.

    Maladie due à la pourriture de l’ergot de seigle qui provoque des contractions et dérèglements nerveux pouvant aller jusqu’à la paralysie des extrémités et des membres.

    Equipement d’un médecin au Moyen-Age pour se protéger contre la peste et les épidémies (des. G. Dagli-Orti)

    Le sinistre tableau de La PESTE noire au Moyen-Age

    Symptômes de la maladie :

    Même si l’on ne connaissait pratiquement sur la vie des bacilles, des microbes et des bactéries, les gens apprirent très vite qu’il fallait éviter de toucher et de s’approcher des malades contaminés, qui souffraient de fièvre et de chaleur insupportable, d’étouffements ressentis, de douleurs insoutenables aux aines et aux aisselles avec apparitions de bubons (cloques purulentes), étourdissements, pouls rapide, vertiges, vomissements, hémorragies cutanées spontanées ou hémorragies internes des viscères. Auxquels s’ajoutaient bien entendu les signes de défaillances psychologiques : affolement, plaintes, pleurs, cris, gémissements, panique mentale et désespoir total.

    Rapidité foudroyante de l’évolution de la maladie, décès en quelques jours, parfois en une demi-journée.

    Jean de Venette témoin de la grande épidémie de peste de 1348 décrivait ainsi ses observations relevées à Paris :

     » les gens n’étaient malades que deux ou trois jours et mourraient rapidement, le corps presque sain. Celui qui aujourd’hui était en bonne santé, était mort demain et porté en terre « 

    Maladie de méfiance : l’ignorance du véritable agent de transmission contagieux engendre la peur, l’isolement, le repliement sur soit. Certains invoquent le ciel d’autres parlent de générations spontanées ! Mais pour tous la douleur est terrible lorsqu’on voit partir impuissants tous ceux que l’on aime sans pouvoir les aider !

    En particulier les jeunes enfants, adolescents et jeunes filles arrachés dans la fleur de l’âge.

    L’ombre de la mort sévit partout et atteint : le riche ou le pauvre, l’enfant ou le vieillard, le noble tout puissant ou le vagabond. Elle traîne avec elle son cortège de vols, de règlements de comptes puisque la justice est inexistante, la tristesse, les larmes, le suicide, la faim, la peur, la misère, la soif et le désespoir.

    Le cauchemar devient réalité permanente ! L’horreur s’installe partout ! Plus il y a de concentration de gens et plus l’épidémie frappe en nombre.

    Tout le monde se méfie des voisins qui sont peut-être déjà porteurs de la terrible maladie, alors on tue tous les animaux et on part à l’aventure le long des routes en traversant de nombreux villages aux volets fermés, aux places désertes et silencieuses, lorsque les maisons et les fermes ne sont pas carrément abandonnées…

    La famille éclate, certains sont orphelins, d’autres sont séparés de leur femme, de leur époux, de leurs frères et soeurs… Rares sont même ceux qui vont assister à l’enterrement de leurs proches.

    Dans les hôpitaux les médecins n’approchent pas les malades, ils s’aspergent de vinaigre, pendant que les prêtres munis de masques à bec pointus donnent la communion ou l’extrême onction avec des cuillères d’argent fixées à de longues spatules…

    On jette dans les rues des monceaux de cadavres que l’on entasse rapidement dans des charrettes précédées de clochettes. Notables ou miséreux, tous se retrouvent côtes à côtes avant de finir entassés dans une fosse commune recouverte de chaud vive et de terre.

    Des familles entières disparaissent ainsi. Et il n’était pas rare de voir de modestes habitants des villes hériter tout d’un coup d’une grande fortune ou d’un château en Loire ou en Bordelais uniquement parce que tous les autres héritiers plus proches ont été tous emportés par la terrible maladie. Et l’on assiste soudain à des scènes insolites : des paysans nouveaux riches, habillés de soie qui s’enivrent avec des vieux millésimes de grands vins à la manière du gros rouge, dans des grands châteaux abandonnés.

    D’ailleurs on raconte que beaucoup de clochards saouls en permanence résistèrent parfaitement bien au bacille (!)…

    Collage of paintings representing battles of the Hundred Years’ War. Clockwise, from top left: La Rochelle, Agincourt, Patay, Orleans.

    Tout cela au milieu d’un affrontement stupide et une guerre qui vient de commencer entre la France et l’Angleterre et qui durera « cent ans » comme si les dieux courroucés voulaient punir la méchanceté des humains !

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      Le Saviez-Vous ► Les pensionnats autochtones, le génocide culturel amérindien


      Un résumé d’une assimilation des Amérindiens (qu’on nomme à tort indien) avec un témoignage d’une amérindienne en vidéo. Quand les européens sont venu en Nouvelle-France, c’est fut le début des ennuis pour les Premières Nations. Quand les colons se sont bien installés, des pensionnats ont été créer pour provoquer un génocide culturel chez les amérindiens. C’est le coté obscur de l’histoire Canadienne qu’il ne faut ne faut pas oublier .. Des enfants ont été séparé de leurs familles, violentés, abusé sexuellement par des missionnaires pour soit disant les civilisés à la culture blanche.
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      Les pensionnats autochtones, le génocide culturel amérindien

      RACONTÉ  PAR MARINE GASC

      Au XIXe siècle, les Canadiens ont créer des pensionnats pour les enfants autochtones (pour les Amérindiens) afin de les civiliser. De fait, pendant plus d’un siècle (le dernier pensionnat a été fermé en1996), les enfants étaient battus, exploités, humiliés… Découvrez les pensionnats pour autochtones ou le génocide culturel au Canada.

      « Acquérir les pratiques des Blancs » dans les pensionnats

      Les pensionnats avaient une mission très simple, retirer les enfants natifs américains à leurs parents afin de limiter l’influence de la culture autochtone, de leur apprendre les pratiques et les coutumes et ainsi en faire de parfaits petits Blancs. Ça fait flipper un peu et pourtant je n’invente rien, ce sont les mots du Premier ministre John A. Macdonald en 1883 :

      «  Les enfants indiens devraient être retirés le plus possible de l’influence de leurs parents, et la seule manière d’y arriver est de les placer dans des écoles industrielles où ils vont acquérir les habitudes et les pratiques des Blancs »

      A l’époque on veut permettre aux enfants amérindiens d’avoir les mêmes chances de réussir leur vie que les Blancs. C’est plutôt cool, mais le faire en voulant gommer les différences culturelles, c’est moche. D’autant que les moyens mis en place ne permettent pas d’offrir des chances de réussite aux enfants, au mieux ils apprennent à lire et écrire, au pire ils sont humiliés du fait de leurs langues, de leurs coutumes ou de leur couleur de peau.

      Entre 1880 et 1996, plus de 150 000 enfants ont été placés dans les pensionnats.

      Qu’est-ce qu’un pensionnat ?

      La politique d’assimilation des Amérindiens par le Canada a été mise officiellement en place en 1880, or, entre 1830 et 1880, il existe déjà des établissements pour éduquer et convertir les natifs américains afin de les intégrer à la société.

      Des missionnaires catholiques en sont à l’origine « aime ton prochain, mais seulement s’il te ressemble! » En Nouvelle-France, ça ne convainc pas vraiment les parents amérindiens qui préfèrent garder leurs enfants auprès d’eux et il n’existe aucune loi et donc aucune institution pouvant les contraindre à mettre les gamins dans ces pensionnats. C’est ce qui va changer en 1876 avec la loi sur les Indiens :

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      « Notre législation indienne repose sur le principe que les autochtones doivent rester dans un statut de tutelle et être traités comme des pupilles ou enfants de l’État […] L’intérêt des autochtones comme celui de l’État requiert que tous les efforts soient faits pour aider l’homme rouge à sortir de sa condition de tutelle et de dépendance et il est clairement de notre savoir et de notre devoir de le préparer, par l’éducation et tout autre moyen, à un plus haut degré de civilisation en l’encourageant à assumer les privilèges et les responsabilités d’une citoyenneté entière. »

      Le gouvernement fédéral décide qu’il faut des dispositions liées à l’éducation des Amérindiens (entre autres…). Et là, ça marque mal car les peuples autochtones sont obligés de laisser les enfants (à partir de 6 ans) dans les pensionnats (non mixtes). Dans un premier temps, les chefs amérindiens ne sont pas contre, ils espèrent donner aux gamins la chance de s’adapter à la nouvelle société mais aussi d’avoir l’opportunité de ne pas se laisser dominer par les étrangers en connaissant leurs codes, leurs coutumes, leurs langues. D’un autre côté, le gouvernement espère rendre les peuples autochtones plus indépendants financièrement en les intégrant dans la société et le commerce car le gouvernement verse des fonds publics aux peuples autochtones, il s’agit d’une protection financière en échange de l’occupation des terres (et j’aime autant vous dire qu’ils ne sont pas gagnants les natifs Américains).

      En 1883, trois pensionnats autochtones (encore appelés écoles industrielles) sont en marche, ils sont gérés par le gouvernement fédéral et l’Église (catholique, anglicane et presbytérienne). Au cours des cinquante années qui suivent, un véritable réseau de pensionnats se met en place (jusqu’à 80 établissements en 1930). Seules deux provinces refusent de mettre en place les pensionnats : le Nouveau-Brunswick et l’Ile-du-Prince-Edouard. En 1945, le gouvernement décide de couper certaines aides financières aux familles autochtones qui refusent de mettre leurs enfants dans les pensionnats… Et les familles sont nombreuses car les conditions de vie y sont terribles.

      La vie dans un pensionnat

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      Plus de 150 000 enfants âgés de plus de 6 ans ont intégré les pensionnats autochtones, plusieurs milliers en sont morts. Environ 3200. Du fait des conditions sanitaires indécentes, les épidémies font des ravages, notamment la tuberculose et la grippe, mais aussi la violence. De fait, le taux de mortalité est cinq fois plus élevé dans les écoles industrielles que dans tout le pays.

      Dès leur arrivée, les enfants sont humiliés. On les déshabille et on les lave devant tout le monde. Déso du point Godwin mais ça se passe pareil dans l’entrée des camps de concentration. Dans certains pensionnats, des enfants sont même frottés au détergeant afin d’éclaircir leur peau. Sauf qu’en fait ça ne marche pas, ils ne sont pas sales, ils sont Amérindiens.

      « Dès que nous sommes entrées dans le pensionnat, les abus ont commencé. Nous avons été déshabillées, amenées dans un dortoir. Nos cheveux ont été vaporisés. […] On nous a dit que nous étions des petites sauvages stupides, et qu’on devait nous éduquer. » – Élaine Durocher

      Les journées sont toutes rythmées de la même façon. Le matin les élèves sont en classe, l’après-midi ils travaillent. Chaque jour, ils sont réveillés par une cloche, doivent se lever seuls et partir au réfectoire pour un déjeuner frugal ensuite les enfants enchaînent trois heures de classe. Les cours sont donnés en français et en anglais. Après le déjeuner ils partent travailler, à aucun moment de la journée les enfants n’ont le droit de parler leur langue sous peine d’être battus.

      « Ils m’ont volé ma langue. Ils l’ont sortie droit de ma bouche. Je ne l’ai plus jamais parlée. Ma mère me demandait : « Pourquoi, pourquoi? Tu peux m’écouter. » Elle disait : « Je pourrais te l’apprendre. » J’ai refusé. Et quand elle m’a demandé pourquoi, j’ai répondu : « J’en ai assez d’avoir des claques sur la bouche. Je suis tannée. Je suis tannée, c’est tout. » » – Rose Dorothy Charlie

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      Le gouvernement justifie le travail (relativement intense) par l’apprentissage pour une meilleure intégration dans le milieu du travail. Ben oui, les petits sauvages doivent apprendre à rester assis pour le travail. En réalité, le boulot des gamins sert à payer les frais liés à l’organisation des pensionnats. Vu que le gouvernement ne veut pas mettre de fric dans les écoles industrielles, il donne du boulot aux missionnaires de l’Église et réduit au maximum le budget alimentaire et matériel. Durant les week-ends et vacances scolaires, les enfants autochtones doivent rester aux pensionnats pour ne pas perdre les bonnes manières. Il n’y a pas de classe mais des activités religieuses Il faut attendre 1960 pour que les enfants puissent rentrer voir leur famille durant les vacances. La séparation avec les parents est très difficile, en plus de ça, les enfants sont victimes de nombreuses violences.

      Des enfants brutalisés et abusés dans les pensionnats

      Un rapport publié en 2015 fait un triste constat (après plus de 7 ans de travail) à propos du traitement réservé aux enfants. Malnutrition, abus sexuels, violences physiques et psychologiques… Les témoignages sont assez horribles. Outre la qualité médiocre des enseignements apportés par des personnes incompétentes (les missionnaires), la qualité de vie est mauvaise, les enfants n’ont pas de vêtements adaptés aux saisons, ils sont malnutris et sont soumis à de nombreuses maladies sans que des soins particuliers leurs soient accordés.

      « J’ai toujours blâmé le pensionnat pour avoir tué mon frère. Il s’appelait Dalton. […] Ils m’ont autorisé à aller le voir une fois avant sa mort, et il ne m’a même pas reconnu. Il n’était qu’un petit garçon allongé dans un lit à l’infirmerie, en train de mourir. » – Ray Silver

      La culture autochtone est complètement humiliée, leur langue maternelle est interdite même lorsqu’ils écrivent à leurs parents… De nombreux enfants ont été battus, parfois à mort. Il existe aussi des cas de violences sexuelles par le personnel des pensionnats autochtones…

      « Puisque je ne pleurais pas après avoir été battue, elles devenaient furieuses, vous savez, les deux religieuses. Elles commençaient tout simplement à nous battre et elles perdaient le contrôle. Elles nous jetaient contre le mur, nous jetaient sur le plancher, nous frappaient à coups de pied, à coups de poing. » – Géraldine Bob

      « J’ai vu la religieuse pousser cette fille en bas de l’escalier. Elle ne s’est jamais relevée, et on nous a éloignés de là, on nous a envoyés en bas. Je ne sais pas ce qui est arrivé, mais elle n’est pas revenue avant des mois. Et, quand elle est revenue, elle était un peu paralysée. » – Margaret Plamondon

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      « Ils me couraient après, m’attrapaient et m’amenaient à ce pédophile pour qu’il puisse m’agresser, profiter de moi comme il le voulait. Et on vivait dans la peur permanente. » – Richard Hall

      « On me sortait chaque soir. Et ça a continué jusqu’à ce que j’aie environ 12 ans. Il y avait plusieurs superviseurs, des hommes et une femme. Et c’était dans le dortoir, c’était dans leur chambre; c’était dans l’abri d’auto; c’était dans son auto à lui; c’était dans le gymnase; à l’arrière du véhicule… » – Frances

      Le rapport pose un constat assez négatif… Depuis 2008, le Canada a présenté plusieurs fois des excuses aux autochtones, reconnaissant sa responsabilité dans le génocide culturel. Aujourd’hui encore, le premier ministre et le gouvernement tentent de réparer autant que possible les erreurs du passé…

      Entrez la légende de la vidéo ici

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      La tuberculose aussi mortelle que le virus du sida


      La tuberculose n’est pas une maladie du passé, elle est toujours présente. Sans diagnostique et de traitement les chances de survie sont très basses
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      La tuberculose aussi mortelle que le virus du sida

       

      Un diagnostic de la tuberculose, une maladie qui affecte généralement les poumons.

      Un diagnostic de la tuberculose, une maladie qui affecte généralement les poumons.   PHOTO : CBC

      L’épidémie de tuberculose est plus grave qu’on ne le croyait, selon le dernier rapport sur le sujet de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publié jeudi. L’organisme souligne notamment le sous-financement de la recherche pour un vaccin ou de nouveaux médicaments.

      L’an dernier, la tuberculose a tué 1,8 million de personnes, soit 300 000 de plus que l’année précédente, et 10,4 millions de personnes ont été infectées, dont 12 % de personnes séropositives.

      La tuberculose figure désormais, au même titre que le VIH (virus de l’immunodéficience humaine), parmi les principales causes de décès dans le monde. Le sida a tué 1,2 million de personnes dans le monde en 2014, selon les estimations.

      Afin de freiner les nouvelles infections, l’OMS préconise de combler les lacunes en matière de détection et de traitement, de combler les déficits de financement et de mettre au point de nouveaux outils. Entre 2000 et 2014, l’OMS estime que 43 millions de vies ont été sauvées grâce au diagnostic et au traitement efficace de la tuberculose.

      Le tiers de la population infecté

      La tuberculose est causée par un agent infectieux unique, le bacille de Koch, qui touche le plus souvent les poumons. Les germes de la maladie se transmettent dans l’air lorsqu’une personne qui en est porteuse tousse, éternue ou crache.

      Près d’un tiers de la population mondiale est contaminée par le bacille de la tuberculose, mais le risque d’avoir la maladie, et donc de la transmettre, n’est que de 10 %, sauf pour les personnes au système immunitaire affaibli, qui courent 20 à 30 fois plus de risques de tomber malades.

      Même si la tuberculose est l’une des maladies les plus meurtrières du monde, elle peut être soignée, mais sans traitement approprié, 45 % des malades en mourront. Chez les séropositifs, ce taux frôle les 100 %.

      Chiffres revus à la hausse

      Malgré tout, le taux de mortalité par tuberculose a chuté de 47 % entre 1990 et 2015. Cela reste toutefois insuffisant pour atteindre les objectifs qu’a fixés la communauté internationale, c’est-à-dire de réduire le nombre de décès par tuberculose de 90 % d’ici à 2030 (par rapport à 2015), et celui de nouveaux cas de 80 %, mais aussi de s’assurer qu’aucune famille ne supporte de coûts catastrophiques liés à la tuberculose.

      Il en coûte entre 130 et 660 $ CA pour traiter un patient sensible aux médicaments et de 6600 à 13 000 $ CA pour les patients traités pour la tuberculose multirésistante, selon l’OMS.

      Près de 43 millions de vies ont été sauvées entre 2000 et 2014 grâce au diagnostic et au traitement de la tuberculose.

      Mettre un terme à l’épidémie de tuberculose d’ici à 2030 figure parmi les cibles pour la santé indiquées dans les objectifs de développement durable récemment adoptés aux Nations unies.

      Cependant, en 2014, le nombre de notifications dans le monde a fait un bon inhabituel de 6 %, qui s’explique par une augmentation de près de 30 % des cas recensés en Inde, qui a instauré en 2012 une politique de notification obligatoire.

      http://ici.radio-canada.ca/

      Utiles, les rats? Ils détectent des mines et dépistent la tuberculose


      Les rats sont intelligents et peuvent être très utile par la capacité de son odorat, sa légèreté et sa vitesse de travail. Bien entrainé, ils peuvent détecter des mines, ce fait est, je crois, connu de plusieurs, mais dépister la tuberculose, est assez extraordinaire, surtout pour des pays manquant d’effectifs et de matériels pour revérifier les échantillons
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      Utiles, les rats? Ils détectent des mines et dépistent la tuberculose

       

      À Morogoro, les rats suivent une formation de...

      À Morogoro, les rats suivent une formation de six à neuf mois pour reconnaître soit le TNT, soit la tuberculose. Lorsqu’un rongeur désigne l’échantillon, en grattant le sol, le formateur émet grâce à un petit instrument un bruit de « click » similaire à celui des castagnettes, signe que l’animal peut venir téter une seringue sans aiguille remplie d’un mélange de banane, beurre de cacahuète et noisettes : sa récompense !

      NICOLAS DELAUNAY
      Agence France-Presse
      MOROGORO

       

      Le soleil se lève à peine au pied du massif de Morogoro, en Tanzanie, mais Jon Stewart et Stephen Hawking agitent déjà frénétiquement leur museau inquisiteur sur le sol humide d’un champ truffé de mines antipersonnel inactives.

      Ces rats géants, des jumeaux nés en juin 2015, participent à la dernière phase de leur entraînement avant d’être envoyés au Mozambique, en Angola ou au Cambodge, pays dans lesquels l’ONG belge Apopo, leur employeur, a déjà neutralisé plus de 83 000 mines antipersonnel après avoir remporté des appels d’offres pour le déminage de ces zones meurtries par la guerre.

      À deux pas de là, dans une cage aux larges fenêtres de verre installée dans un laboratoire du campus de l’université Sokoine, Violet et Oprah s’affairent d’éprouvette en éprouvette à la recherche d’une maladie qui tue 1,5 million de personnes par an : la tuberculose.

      Ces deux rongeurs ne sont, eux, plus à l’entraînement, mais au travail. Ils reniflent à longueur de journée des échantillons de crachats envoyés par 29 hôpitaux de la région et tentent de détecter les cas de tuberculose passés entre les mailles du filet lors de tests par microscopie peu avancée.

      L’utilisation de rats pour ces tâches délicates peut sembler incongrue et n’est dans le cas de la tuberculose pas homologuée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), mais elle a fait ses preuves, assure l’ONG Apopo, selon laquelle ces animaux repèrent les mines à un rythme plus rapide que lorsqu’on recourt aux méthodes traditionnelles et permettent d’augmenter de 40 % le nombre des cas de tuberculose dépistés.

      « En fait, le principal obstacle, c’est la perception négative que les gens ont du rat », concède en souriant Christophe Cox, directeur d’Apopo, créée en 1997 et installée à Morogoro depuis 2000.

      L’ONG dispose actuellement de 222 rats géants, dont 108 participent à des activités de déminage en Angola, au Mozambique et au Cambodge et 42 dépistent la tuberculose en Tanzanie et au Mozambique, les rongeurs restants étant en « formation » ou utilisés pour la reproduction.

      Quadrillage efficace

      Si le chien, autre animal au flair reconnu, peut apprendre des tâches multiples et plus compliquées, le rat « est plus adapté pour des tâches très répétitives », souligne M. Cox. Plus petit, il est en outre plus facile à transporter, à loger et à nourrir.

      À Morogoro, les rats suivent une formation de six à neuf mois pour reconnaître soit le TNT, soit la tuberculose. La méthode d’entraînement est la même.

      Lorsqu’un rongeur désigne l’échantillon, en grattant le sol, le formateur émet grâce à un petit instrument un bruit de « click » similaire à celui des castagnettes, signe que l’animal peut venir téter une seringue sans aiguille remplie d’un mélange de banane, beurre de cacahuète et noisettes : sa récompense !

      Pour le déminage, les rats effectuent des allers-retours le long d’une corde tendue au ras du sol miné et décalée de 50 centimètres à chaque passage pour un quadrillage efficace.

      « Cela va beaucoup plus vite qu’avec les méthodes traditionnelles, car les rats ne détectent que les mines, alors qu’un détecteur de métaux va sonner pour le moindre débris métallique », soutient Jared Mkumba, coordinateur de l’entraînement de ces petits démineurs, par ailleurs « très légers » et qui « ne font pas exploser les mines ».

      Ce rongeur ne remplace pas pour autant les autres moyens utilisés, nuance M. Mkumba, évoquant une « complémentarité ». « Les rats sont plus efficaces sur les vastes terrains où les mines sont éparpillées, mais sur des terrains densément minés, comme les ceintures de mines, ils sont inutiles vu qu’on sait où elles sont ».

      « Suspects »

      Le dépistage de la tuberculose s’effectue, lui, dans deux laboratoires, à Morogoro depuis 2007, et à Maputo, au Mozambique, depuis début 2013, en vertu de contrats passés avec les autorités locales. Les rats y passent en revue des échantillons provenant de centres de santé avoisinants.

      « Par manque de moyens, de qualifications et de temps, les hôpitaux de la région passent à côté de 50 % des cas de tuberculose », assure Christophe Cox. « Grâce aux rats, nous augmentons de 40 % le taux de détection ».

      Sont soumis aux rats un mélange d’échantillons déjà testés positifs et d’échantillons ayant été jugés sains, mais qui ont tous été décontaminés, pour des raisons de sécurité.

      « Le virus est rendu inactif, mais son odeur est toujours bien présente », souligne Haruni Ramadhan, qui supervise la formation des rats pour le dépistage de la tuberculose.

      Lorsqu’un rat désigne un échantillon qui n’avait pas été initialement détecté, celui-ci est soumis à un test de confirmation.

      « Le grand avantage ici, c’est à nouveau la rapidité des rats, ils peuvent passer 100 échantillons en revue en 20 minutes alors qu’un technicien de laboratoire mettra quatre jours », indique Christophe Cox.

      La présence d’échantillons déjà testés positifs peut étonner, mais elle est indispensable au bon fonctionnement des opérations : le rat n’est en effet récompensé que lorsqu’il détecte un échantillon déjà testé positif.

      « On ne peut pas récompenser le rat pour les échantillons non confirmés, car on ne sait pas s’ils sont contaminés et on ne peut pas récompenser le rat si on n’est pas sûr qu’il a raison », explique M. Ramadhan. « Or si le rat n’était jamais récompensé, il arrêterait de chercher. »

      Apopo dit avoir détecté 10 000 cas de tuberculose grâce à ces rats dépisteurs. Et sa boîte à idées regorge de projets, comme la détection du cancer ou des maladies neurodégénératives.

      http://www.lapresse.ca/

      En découvrant le feu, l’humain a-t-il inventé la tuberculose?


      Une hypothèse de l’origine de la tuberculose qui a profité son entrée grâce à la découverte du feu. La fumée, des endroits mal aérés, auraient affecté le système immunitaire pour qu’un banal micro devienne une des pires maladies au monde
      Nuage

       

      En découvrant le feu, l’humain a-t-il inventé la tuberculose?

      Extrait de «La Guerre du feu»

      Extrait de «La Guerre du feu»

      Repéré par Peggy Sastre

      Irritant pour les poumons et vecteur de rapprochement entre les individus, le feu a peut-être transformé un petit microbe de rien du tout en pathogène meurtrier et mondial

      Passer une pointe de flèche dans une flamme la durcit et rend la chasse plus infaillible. Le feu éclaire, réchauffe les corps, éloigne les prédateurs, tempère les aléas climatiques. De même, les aliments cuits, et en particulier la viande, sont à la fois moins toxiques et plus digestibles, ce qui aura permis une meilleure rentabilité énergétique à nos lointains ancêtres, facteur du développement de leurs fonctions cognitives supérieures. En bref, la découverte et la maîtrise du feu font partie des révolutions culturelles qui ont construit notre humanité.

      Mais pour une équipe de quatre chercheurs, notamment affiliés à l’université de Nouvelle-Galles du Sud (Australie), découvrir le feu aurait pu avoir une fâcheuse conséquence: la naissance de la tuberculose, l’une des maladies les plus meurtrières, responsable à l’heure actuelle d’1,5 millions de morts par an dans le monde. Un bilan qui ne cesse de s’alourdir à mesure que l’on remonte l’histoire antérieure à l’invention des antibiotiques.

      L’inhalation de la fumée est nocive

      Comment? En ayant modifié l’environnement de l’ancêtre de la Mycobacterium tuberculosis, qui vivait probablement son inoffensive petite vie dans le sol, avant de muter à la faveur des pressions générées par la généralisation des foyers et d’évoluer pour devenir le pathogène aussi dangereux qu’extrêmement contagieux que nous connaissons aujourd’hui.

      Selon le modèle mathématique conçu par Mark Tanaka et ses collègues, deux facteurs ont été essentiels à cette évolution: l’irritation des poumons causée par la fumée des brasiers, diminuant les défenses immunitaires, et un rapprochement entre humains facilité par leur chaleur, dans des endroits très mal ventilés. En d’autres termes, un redoutable bouillon de culture.

      Pour l’instant, il ne s’agit que d’une hypothèse, mais pour Caitlin Pepperell, spécialiste de l’évolution des maladies à l’université du Wisconsin, citée dans The Atlantic,

      elle est «très intéressante et intellectuellement stimulante. Elle est tout à fait plausible, parce que l’inhalation de fumée est très nocive au système immunitaire inné de nos poumons –notre première ligne de défense contre la tuberculose».

      Ensuite, la bactérie qui avait réussi à la briser n’avait plus qu’à devenir contagieuse, une mutation là encore facilitée, explique Pepperell, par le fait que «l’inhalation de fumée provoque de la toux, qui a pu améliorer la transmissibilité de la tuberculose».

      http://www.slate.fr/

      Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie – Gage de sainteté ou de beauté? Une question d’époques..


      On croit peut-être que l’anorexie est une maladie récente, alors qu’en fait, elle semble venir de bien plus loin dans le temps. L’histoire de l’Impératrice Sissi (qui est complétement différente du film avec Romy Schneider) démontre qu’elle aurait souffert d’anorexie, ainsi que d’autres comme des religieuses qui par soucis mystiques auraient aussi souffert de cette maladie
      Nuage

       

      Il était une fois la maladie – Gage de sainteté ou de beauté? Une question d’époques..

       

      Jacques Beaulieu

      Chroniqueur et communicateur scientifique

      Impératrice d’Autriche, Élisabeth, mieux connue sous le pseudonyme Sissi, ne semble pas avoir connu la vie idyllique que la légende a retenu. Elle semblait très mal s’acclimater à la vie de château et à son rôle social. Avec une belle-mère qui ne l’appréciait pas beaucoup et un époux occupé par les guerres contre Napoléon III, Sissi n’était guère heureuse. Rongée par les remords pour la mort en bas âge de sa fille Sophie, elle dépérissait littéralement. Elle avait à peine 22 ans lorsqu’on lui diagnostiqua une tuberculose dont elle se remettra pourtant.

      Impératrice d’Autriche Élisabeth (Sissi)

      Pour combler un tant soit peu le vide laissé par son mari parti en guerre, elle ouvre un hôpital et y consacre tout son temps. Lorsqu’il n’y a pas assez de travail, elle fait de longues et épuisantes randonnées à cheval. Puis elle se met à fumer, ce qui était extrêmement mal vu pour une femme à cette époque. Mais plusieurs l’imitent, au grand dam des bonnes gens du palais. Une de ses cousines, l’archiduchesse Mathilde, voulant dissimuler sa cigarette lors de l’arrivée impromptue de son père, mit le feu a ses vêtements et mourut brûlée vive.

      Au retour de la guerre qu’il perdit, son mari la délaissa aux profits de nombreuses maîtresses, et Sissi sombra encore une fois et se remit à tousser. Elle retourna en cure et commença une étrange collection de photos de femmes. Elle revint à Vienne, mais n’avait qu’un seul désir : voyager de par le vaste monde, ce qu’elle fit le plus souvent possible, négligeant ses trois enfants, son mari et ses devoirs impériaux.

      C’est qu’Élisabeth cachait un secret : sa peur démesurée de prendre du poids.

      Et en 1860, elle utilisa les mêmes trucs qui sont encore en vogue aujourd’hui : peu de nourriture et un maximum d’activités physiques. Ainsi, elle ne se nourrit que de lait et de bouillon de poulet. Lorsqu’on constata qu’elle manquait de vitamines, elle modifia sa diète et ne mangeait que huit oranges par jour. Elle s’astreignait à deux heures de gymnastique chaque matin et s’adonnait à la marche forcée et à l’équitation quotidiennement aussi.

      Avec un tel régime, son poids ne dépassera jamais les 50 kilogrammes, elle qui mesurait tout de même 1 m 72 (indice de masse corporelle :16,9). C’est pourquoi, a posteriori, bien des gens croient qu’elle a toujours souffert d’anorexie.

      L’histoire d’un miracle devenu maladie

      C’est un illustre médecin iranien du XIème siècle, Avicenne, qui fit la première description de la maladie. Puis le Moyen-Âge vit apparaître ce que les médecins appelèrent anorexia mirabilis. Cette perte «miraculeuse» de l’appétit était l’apanage de jeunes religieuses faisant partie de communautés mystiques. Elles réussissaient ainsi à se couper de tout plaisir de la chair et offraient à Dieu ce sacrifice ultime. Certaines prétendaient même ne se nourrir que d’une hostie par jour lors de leur messe.

      Le destin tragique de Catherine de Sienne

      Catherine de Sienne 

      Au XIVème siècle, naît d’une famille de vingt-deux enfants Catherine qui, suite aux décès de ses trois sœurs préférées, entre en religion dans l’ordre des sœurs de la Pénitence de saint Dominique. Elle mange très peu et jamais de viande, se fait vomir régulièrement, se flagelle et ne dort que quelques heures par jour. Elle en vient à ne pratiquement plus manger du tout et cesse même de boire. Elle meurt à 33 ans et est canonisée en 1461 : sainte Catherine de Sienne.

      On doit au médecin anglais Richard Morton la première description médicale de l’anorexie dans son livre paru en latin en 1689. Le livre portait surtout sur la tuberculose. Mais le Dr Morton avait noté que certaines personnes semblaient arriver à un état de dépérissement semblable à celui provoqué par la tuberculose. Il découvrit que ces personnes, sans causes apparentes, semblaient refuser de s’alimenter. Il nomma la maladie : la consomption ou phtisie nerveuse, dont les symptômes principaux sont le manque flagrant d’appétit, le refus de se nourrir, l’aménorrhée, l’hyperactivité, la constipation et la cachexie

      L’inanition hystérique

      Il faudra attendre près d’un siècle plus tard pour connaître de nouveaux développements. Ceux-ci viendront d’un psychiatre français, Charles Lasèque, qui décrit la maladie comme étant d’origine mentale et lui donne le nom d’inanition hystérique.

      Il considère que cette maladie est une anomalie intellectuelle, un trouble central et héréditaire dû à un refoulement plus ou moins conscient d’un désir.

      W. Gull propose quelques années plus tard le terme «anorexie nerveuse» (anorexia nervosa) qu’il attribue à des troubles du système nerveux central et à l’hérédité.

      Au début des années 1890, le professeur Charles Huchard propose une distinction entre anorexie gastrique et anorexie mentale. Freud, quant à lui, parlera d’une association entre anorexie et mélancolie vers 1895.

      Une thèse avait aussi cour à l’époque à savoir que l’anorexie pouvait être causée par une maladie de l’œsophage ou encore un rétrécissement de l’estomac.

      La jeûneuse de Tutbury

      Ann Moore

      L’histoire de cette femme pieuse a débuté en Angleterre au début du XIXème siècle. D’abord reconnue pour sa très grande piété, cette pécheresse repentie commença en 1807 une anorexie qui allait devenir célèbre jusqu’en Amérique. Mais le fait allait fournir une lutte épique entre les tenants de l’anorexie comme étant une maladie, et ceux qui croyaient qu’elle était d’origine miraculeuse.

      Après une première observation qui laissait chacun bien ancré dans son clan, on finit par découvrir en 1812 qu’Ann Moore se nourrissait en catimini en très petites quantités et laissait croire qu’elle ne prenait ni vivres, ni eau, et que seule l’intervention divine la maintenait en vie.

      L’imposture démasquée fit histoire tout au long de ce siècle.

      Sarah Jacob

      Un autre cas similaire vit le jour au pays de Galles en 1867 avec une jeune fille de 12 ans, Sarah Jacob, dont les parents disaient qu’avec l’aide de Dieu, leur fille ne se nourrissait que d’un minuscule morceau de pomme quotidiennement. Flanqué d’infirmières incorruptibles, on se mit donc à observer la jeune Sarah 24 heures sur 24. Au bout de 6 jours, la jeune fille s’affaiblissait dangereusement et on demanda aux parents l’autorisation de cesser l’expérience et d’alimenter Sarah. Plutôt que de perdre la face, ceux-ci refusèrent. Le 10ième jour, la jeune fille mourut donc et les parents furent condamnés à des peines de prison pour leur comportement. Dès lors, l’origine mystique de l’anorexie perdit toute crédibilité.

      Origines psychologiques ou physiologiques?

      Le début du vingtième siècle sera marqué des descriptions de Gilles de la Tourette et Pierre Janet, qui seront les premiers à souligner l’importance de la perception de l’image corporelle chez les anorexiques. La Tourette précise que les patientes ne souffrent pas d’un manque d’appétit mais plutôt d’un refus d’appétit.

      Les causes d’origines psychologiques semblent bien avoir reçu l’assentiment de toute la communauté médicale, du moins jusqu’en 1914 où un pathologiste allemand, Morris Simmonds, établit une relation entre la glande pituitaire et l’anorexie. Des causes endocriniennes alimentent alors le débat scientifique et il faudra attendre au milieu du siècle avant que la thèse psychologique ne refasse surface et que l’on comprenne que les manifestations physiologiques et endocriniennes sont des conséquences et non des causes de l’anorexie.

      On estime aujourd’hui qu’environ 1 % des femmes de 15 à 35 ans souffrent d’anorexie. Les hommes sont 10 fois moins nombreux à en être atteints. L’hérédité joue un rôle puisque la fréquence de la maladie est dix fois plus élevée chez les parentes au premier degré que dans un groupe témoin.

      http://quebec.huffingtonpost.ca/

      Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: une histoire de vampire


      La phtisiatrie est une spécialité médicale disparue de nos jours. Cette infection mortelle à été aussi comparée au vampirisme à cause de certains symptômes tel que le teint pâle, les yeux rouges, le sang … Au cours des siècles cette maladie a connue d’autres noms et aujourd’hui, on la connaît sous le nom de tuberculose
      Nuage

       

      Il était une fois la maladie: une histoire de vampire

       

      Omniprésente depuis le début de l’histoire humaine, à ce qu’il semble, on croyait l’avoir enfin vaincu définitivement avec l’arrivée des antibiotiques au début des années 1950. Mais à la lueur des nouvelles données statistiques, il semble bien que la tuberculose n’ait effectué qu’un repli stratégique puisqu’elle fait un retour en force, avec des souches multi-résistantes, ayant tué près de 2 millions de personnes dans le monde en 2011 selon l’OMS.

      Il faudra certainement encourager les chercheurs des milieux universitaires et pharmaceutiques à se lancer à la recherche de nouveaux médicaments pour combattre ce fléau qui revient hanter notre société.

      La tuberculose : une proche cousine du vampirisme

      Au Moyen-âge et jusqu’au début de l’ère industrielle, la tuberculose était apparentée au vampirisme. Le teint pâle, la faible température corporelle et les yeux rougis très sensibles à la lumière des personnes atteintes faisaient penser aux représentations des vampires dans le folklore populaire. De plus lorsqu’une personne en mourrait, bien des membres de sa famille se mettaient à dépérir, comme si le mort se nourrissait de leur énergie et les entrainait avec lui dans l’éternité.

      La tuberculose dans l’histoire

      Des restes de bovins datant d’il y a près de vingt mille ans présentaient des lésions typiques de la tuberculose. La bactérie d’alors venait-elle d’un ancêtre commun à l’homme et à l’animal ou avait-elle été transmise de l’un à l’autre ? Le mystère demeure entier.

      Mais on observe que depuis que la fréquence de la maladie a diminué chez l’homme, elle a aussi baissé chez l’animal. Plusieurs médecins anciens en ont fait une excellente description. Ainsi pour Hippocrate, qui avait appelé la maladie : phtisie, terme grec qui signifiait dépérissement, la maladie consistait en un amaigrissement progressif, une langueur envahissante, de la toux et la présence de sang dans les crachats.

      Un autre médecin, Arétée de Cappadoce, en fait une description semblable :

      «il suffit, en effet, et même un homme du peuple ne s’y tromperait pas, de voir une personne pâle et décharnée, poursuivie par une toux continuelle, pour pouvoir prononcer et même sans beaucoup de risque de se tromper, qu’elle est Phtisique.»

      Les divers noms de la tuberculose

      Une maladie aux multiples appellations, tel aurait pu être le titre de cet article. Le terme phtisie vient des grecs anciens et signifiait dépérissement. Cette appellation donna suite à une spécialité médicale disparue de nos jours : la phtisiatrie.

      Au milieu du XVIème siècle, Girolamo Fracastoro, médecin, philosophe et poète italien nomme le germe responsable selon lui de la tuberculose : seminaria contigionis (semence contagieuse). Plus tard apparut le nom de consomption puisque le germe semblait consumer lentement le malade de l’intérieur. On utilisa aussi écrouelles qui désigne spécifiquement une forme d’adénopathie tuberculeuse mais dont le terme popularisé engloba toutes les formes de tuberculose. Le mot vient du latin scrofus qui signifie truie pour exprimer l’aspect dégoutant des symptômes.

      Selon la légende, les rois de France auraient eu le don de guérir par le toucher les écrouelles. Ici, on utilisa aussi le terme poitrinaire parce que le mal venait de la poitrine et que ceux qui en souffraient avaient la poitrine complètement décharnée.

      Et les traitements

      Quant aux traitements, ils étaient souvent fantaisistes et la mort semblait la seule issue sauf pour les rares guérisons spontanées. Né en 23 après Jésus-Christ, Pline l’Ancien propose comme remèdes possibles : le foie de loup pris dans du vin mince, le lard d’une truie qui a été nourrie d’herbe, ou la chair de l’ânesse prise dans le bouillon. (Référence : Pline l’Ancien, Histoire naturelle , Livre XXX, Traitant des autres remèdes fournis par les animaux, chapitre L, Pour la phtisiaris, et remèdes divers)

      Les incantations étaient aussi à la mode. Ainsi en Inde, on suggérait celle-ci :

      «Ô Fièvre, avec ton frère la Consomption, avec ta sœur la Toux, va-t’en frapper les gens d’en-dessous».

       En France au Moyen-âge, on implorait les «Saints Guérisseurs» dont Saint Malo ou Saint Marcoul.

      On attribuait aux rois un pouvoir «de toucher» capable de guérir les maladies. Puis à la Renaissance, le régime lacté était à la mode. Voici ce qu’en dit Charles Coury dans son livre La tuberculose à travers les âges :

      «Le lait de femme était particulièrement recommandé et devait être consommé à la tétée. La nourrice, de préférence jeune et agréable, partageait au besoin le lit du malade, malgré les risques de contagion et les autres inconvénients, aisément imaginables, qui pouvaient en résulter».

      Force est de l’admettre : la pénicilline sera plus efficace.

      De tous temps, le changement d’air a toujours été favorisé. Certains recommandaient des séjours à la campagne, d’autres à la mer et d’autres à la montagne. Dès le milieu du XIXème siècle, les premiers sanatoriums ouvrent leurs portes, d’abord en Allemagne, puis dans les autres pays européens.

      La situation au Québec au début du XXe siècle

      Le premier sanatorium au Canada fut construit à Muskoka en Ontario en 1897. Au Québec, ce fut celui de Ste-Agathe-des-Monts dans les Laurentides. Dans les années 1910, un médecin de l’Hôtel-Dieu de Québec, le Dr Arthur Rousseau, inaugura la Société de patronage de l’Hôpital des tuberculeux de Québec qui déménagea à Ste-Foy et devint un sanatorium sous le nom d’Hôpital Laval.

      Puis en 1926, des cendres de l’ancien Hôpital des incurables à Cartierville, naquit l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal dédié au traitement des tuberculeux. Avec la montée de l’urbanisation dès le début du vingtième siècle, les nouveaux citadins s’entassent dans des logements insalubres, ce qui, bien sûr, constitue des conditions favorables à la contagion par la tuberculose.

      Mais l’arrivée de la grande crise économique retardera la construction de nouveaux sanatoriums. Par ailleurs ces derniers, même s’ils étaient souvent situés dans des sites enchanteurs, avaient bien mauvaise réputation au niveau de la population qui les considérait plutôt comme un lieu duquel on ne revenait pas…

      Plus près de nous

      En 1923, Bernadette Codebecq, âgée d’à peine 40 ans, décède des suites de la tuberculose. L’aîné de sa famille qui comptait huit enfants est alors âgé de 19 ans et décide de se diriger en médecine. Avec toute la fougue et l’idéalisme dont est capable un jeune homme doué de cet âge, il veut participer à la lutte contre cette infection. Et il le fera. Ainsi en 1931, on le retrouvera à Paris auprès des professeurs Calmette, Guérin, Nègre et Ramon. Il sera l’un des premiers en Amérique à démontrer l’efficacité et l’innocuité du vaccin BCG dans la prévention de la tuberculose. Puis il fondera un institut de recherche qui portera son nom. Il s’agit bien entendu du docteur Armand Frappier.

      Histoire moderne de la tuberculose en quelques dates :

      • 1882 : Le médecin allemand Robert Koch découvre le bacille à l’origine de la tuberculose qui, en Europe, est alors responsable d’un décès sur sept.
      • 1886 : Vittorio Cavagnis tente sans succès une première vaccination.
      • 1890 : Kock présente un remède la tuberculine qui s’avéra plutôt utile pour diagnostiquer la maladie.
      • 1894 : Carlo Forlanini, un médecin italien, propose la première technique invasive pour traiter la tuberculose : le pneumothorax artificiel intrapleural.
      • 1895 : Wilhelm Röentgen découvre les rayons X qui deviennent dès lors l’outil de dépistage numéro 1.
      • 1900 – 1920 : Nombreuses tentatives infructueuses de vaccination ou de produits thérapeutiques: le bovovaccin de Behring, le sérum de Marmorek, le sérum de Maragliano, les sérums de Richet et Spahlinger et les essais de Friedmann et de Spahlinger.
      • 1921 : Premier vaccin efficace, celui mis au point par Albert Calmette et Camille Guérin : le BCG
      • 1925 : Début des premières vaccinations à Montréal
      • 1948 : Début de la vaccination systématique des élèves au Québec.
      • 1970 : Les vaccinations obligatoires disparaissent graduellement des divers pays occidentaux.

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