La tuberculose aussi mortelle que le virus du sida


La tuberculose n’est pas une maladie du passé, elle est toujours présente. Sans diagnostique et de traitement les chances de survie sont très basses
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La tuberculose aussi mortelle que le virus du sida

 

Un diagnostic de la tuberculose, une maladie qui affecte généralement les poumons.

Un diagnostic de la tuberculose, une maladie qui affecte généralement les poumons.   PHOTO : CBC

L’épidémie de tuberculose est plus grave qu’on ne le croyait, selon le dernier rapport sur le sujet de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publié jeudi. L’organisme souligne notamment le sous-financement de la recherche pour un vaccin ou de nouveaux médicaments.

L’an dernier, la tuberculose a tué 1,8 million de personnes, soit 300 000 de plus que l’année précédente, et 10,4 millions de personnes ont été infectées, dont 12 % de personnes séropositives.

La tuberculose figure désormais, au même titre que le VIH (virus de l’immunodéficience humaine), parmi les principales causes de décès dans le monde. Le sida a tué 1,2 million de personnes dans le monde en 2014, selon les estimations.

Afin de freiner les nouvelles infections, l’OMS préconise de combler les lacunes en matière de détection et de traitement, de combler les déficits de financement et de mettre au point de nouveaux outils. Entre 2000 et 2014, l’OMS estime que 43 millions de vies ont été sauvées grâce au diagnostic et au traitement efficace de la tuberculose.

Le tiers de la population infecté

La tuberculose est causée par un agent infectieux unique, le bacille de Koch, qui touche le plus souvent les poumons. Les germes de la maladie se transmettent dans l’air lorsqu’une personne qui en est porteuse tousse, éternue ou crache.

Près d’un tiers de la population mondiale est contaminée par le bacille de la tuberculose, mais le risque d’avoir la maladie, et donc de la transmettre, n’est que de 10 %, sauf pour les personnes au système immunitaire affaibli, qui courent 20 à 30 fois plus de risques de tomber malades.

Même si la tuberculose est l’une des maladies les plus meurtrières du monde, elle peut être soignée, mais sans traitement approprié, 45 % des malades en mourront. Chez les séropositifs, ce taux frôle les 100 %.

Chiffres revus à la hausse

Malgré tout, le taux de mortalité par tuberculose a chuté de 47 % entre 1990 et 2015. Cela reste toutefois insuffisant pour atteindre les objectifs qu’a fixés la communauté internationale, c’est-à-dire de réduire le nombre de décès par tuberculose de 90 % d’ici à 2030 (par rapport à 2015), et celui de nouveaux cas de 80 %, mais aussi de s’assurer qu’aucune famille ne supporte de coûts catastrophiques liés à la tuberculose.

Il en coûte entre 130 et 660 $ CA pour traiter un patient sensible aux médicaments et de 6600 à 13 000 $ CA pour les patients traités pour la tuberculose multirésistante, selon l’OMS.

Près de 43 millions de vies ont été sauvées entre 2000 et 2014 grâce au diagnostic et au traitement de la tuberculose.

Mettre un terme à l’épidémie de tuberculose d’ici à 2030 figure parmi les cibles pour la santé indiquées dans les objectifs de développement durable récemment adoptés aux Nations unies.

Cependant, en 2014, le nombre de notifications dans le monde a fait un bon inhabituel de 6 %, qui s’explique par une augmentation de près de 30 % des cas recensés en Inde, qui a instauré en 2012 une politique de notification obligatoire.

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Utiles, les rats? Ils détectent des mines et dépistent la tuberculose


Les rats sont intelligents et peuvent être très utile par la capacité de son odorat, sa légèreté et sa vitesse de travail. Bien entrainé, ils peuvent détecter des mines, ce fait est, je crois, connu de plusieurs, mais dépister la tuberculose, est assez extraordinaire, surtout pour des pays manquant d’effectifs et de matériels pour revérifier les échantillons
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Utiles, les rats? Ils détectent des mines et dépistent la tuberculose

 

À Morogoro, les rats suivent une formation de...

À Morogoro, les rats suivent une formation de six à neuf mois pour reconnaître soit le TNT, soit la tuberculose. Lorsqu’un rongeur désigne l’échantillon, en grattant le sol, le formateur émet grâce à un petit instrument un bruit de « click » similaire à celui des castagnettes, signe que l’animal peut venir téter une seringue sans aiguille remplie d’un mélange de banane, beurre de cacahuète et noisettes : sa récompense !

NICOLAS DELAUNAY
Agence France-Presse
MOROGORO

 

Le soleil se lève à peine au pied du massif de Morogoro, en Tanzanie, mais Jon Stewart et Stephen Hawking agitent déjà frénétiquement leur museau inquisiteur sur le sol humide d’un champ truffé de mines antipersonnel inactives.

Ces rats géants, des jumeaux nés en juin 2015, participent à la dernière phase de leur entraînement avant d’être envoyés au Mozambique, en Angola ou au Cambodge, pays dans lesquels l’ONG belge Apopo, leur employeur, a déjà neutralisé plus de 83 000 mines antipersonnel après avoir remporté des appels d’offres pour le déminage de ces zones meurtries par la guerre.

À deux pas de là, dans une cage aux larges fenêtres de verre installée dans un laboratoire du campus de l’université Sokoine, Violet et Oprah s’affairent d’éprouvette en éprouvette à la recherche d’une maladie qui tue 1,5 million de personnes par an : la tuberculose.

Ces deux rongeurs ne sont, eux, plus à l’entraînement, mais au travail. Ils reniflent à longueur de journée des échantillons de crachats envoyés par 29 hôpitaux de la région et tentent de détecter les cas de tuberculose passés entre les mailles du filet lors de tests par microscopie peu avancée.

L’utilisation de rats pour ces tâches délicates peut sembler incongrue et n’est dans le cas de la tuberculose pas homologuée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), mais elle a fait ses preuves, assure l’ONG Apopo, selon laquelle ces animaux repèrent les mines à un rythme plus rapide que lorsqu’on recourt aux méthodes traditionnelles et permettent d’augmenter de 40 % le nombre des cas de tuberculose dépistés.

« En fait, le principal obstacle, c’est la perception négative que les gens ont du rat », concède en souriant Christophe Cox, directeur d’Apopo, créée en 1997 et installée à Morogoro depuis 2000.

L’ONG dispose actuellement de 222 rats géants, dont 108 participent à des activités de déminage en Angola, au Mozambique et au Cambodge et 42 dépistent la tuberculose en Tanzanie et au Mozambique, les rongeurs restants étant en « formation » ou utilisés pour la reproduction.

Quadrillage efficace

Si le chien, autre animal au flair reconnu, peut apprendre des tâches multiples et plus compliquées, le rat « est plus adapté pour des tâches très répétitives », souligne M. Cox. Plus petit, il est en outre plus facile à transporter, à loger et à nourrir.

À Morogoro, les rats suivent une formation de six à neuf mois pour reconnaître soit le TNT, soit la tuberculose. La méthode d’entraînement est la même.

Lorsqu’un rongeur désigne l’échantillon, en grattant le sol, le formateur émet grâce à un petit instrument un bruit de « click » similaire à celui des castagnettes, signe que l’animal peut venir téter une seringue sans aiguille remplie d’un mélange de banane, beurre de cacahuète et noisettes : sa récompense !

Pour le déminage, les rats effectuent des allers-retours le long d’une corde tendue au ras du sol miné et décalée de 50 centimètres à chaque passage pour un quadrillage efficace.

« Cela va beaucoup plus vite qu’avec les méthodes traditionnelles, car les rats ne détectent que les mines, alors qu’un détecteur de métaux va sonner pour le moindre débris métallique », soutient Jared Mkumba, coordinateur de l’entraînement de ces petits démineurs, par ailleurs « très légers » et qui « ne font pas exploser les mines ».

Ce rongeur ne remplace pas pour autant les autres moyens utilisés, nuance M. Mkumba, évoquant une « complémentarité ». « Les rats sont plus efficaces sur les vastes terrains où les mines sont éparpillées, mais sur des terrains densément minés, comme les ceintures de mines, ils sont inutiles vu qu’on sait où elles sont ».

« Suspects »

Le dépistage de la tuberculose s’effectue, lui, dans deux laboratoires, à Morogoro depuis 2007, et à Maputo, au Mozambique, depuis début 2013, en vertu de contrats passés avec les autorités locales. Les rats y passent en revue des échantillons provenant de centres de santé avoisinants.

« Par manque de moyens, de qualifications et de temps, les hôpitaux de la région passent à côté de 50 % des cas de tuberculose », assure Christophe Cox. « Grâce aux rats, nous augmentons de 40 % le taux de détection ».

Sont soumis aux rats un mélange d’échantillons déjà testés positifs et d’échantillons ayant été jugés sains, mais qui ont tous été décontaminés, pour des raisons de sécurité.

« Le virus est rendu inactif, mais son odeur est toujours bien présente », souligne Haruni Ramadhan, qui supervise la formation des rats pour le dépistage de la tuberculose.

Lorsqu’un rat désigne un échantillon qui n’avait pas été initialement détecté, celui-ci est soumis à un test de confirmation.

« Le grand avantage ici, c’est à nouveau la rapidité des rats, ils peuvent passer 100 échantillons en revue en 20 minutes alors qu’un technicien de laboratoire mettra quatre jours », indique Christophe Cox.

La présence d’échantillons déjà testés positifs peut étonner, mais elle est indispensable au bon fonctionnement des opérations : le rat n’est en effet récompensé que lorsqu’il détecte un échantillon déjà testé positif.

« On ne peut pas récompenser le rat pour les échantillons non confirmés, car on ne sait pas s’ils sont contaminés et on ne peut pas récompenser le rat si on n’est pas sûr qu’il a raison », explique M. Ramadhan. « Or si le rat n’était jamais récompensé, il arrêterait de chercher. »

Apopo dit avoir détecté 10 000 cas de tuberculose grâce à ces rats dépisteurs. Et sa boîte à idées regorge de projets, comme la détection du cancer ou des maladies neurodégénératives.

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En découvrant le feu, l’humain a-t-il inventé la tuberculose?


Une hypothèse de l’origine de la tuberculose qui a profité son entrée grâce à la découverte du feu. La fumée, des endroits mal aérés, auraient affecté le système immunitaire pour qu’un banal micro devienne une des pires maladies au monde
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En découvrant le feu, l’humain a-t-il inventé la tuberculose?

Extrait de «La Guerre du feu»

Extrait de «La Guerre du feu»

Repéré par Peggy Sastre

Irritant pour les poumons et vecteur de rapprochement entre les individus, le feu a peut-être transformé un petit microbe de rien du tout en pathogène meurtrier et mondial

Passer une pointe de flèche dans une flamme la durcit et rend la chasse plus infaillible. Le feu éclaire, réchauffe les corps, éloigne les prédateurs, tempère les aléas climatiques. De même, les aliments cuits, et en particulier la viande, sont à la fois moins toxiques et plus digestibles, ce qui aura permis une meilleure rentabilité énergétique à nos lointains ancêtres, facteur du développement de leurs fonctions cognitives supérieures. En bref, la découverte et la maîtrise du feu font partie des révolutions culturelles qui ont construit notre humanité.

Mais pour une équipe de quatre chercheurs, notamment affiliés à l’université de Nouvelle-Galles du Sud (Australie), découvrir le feu aurait pu avoir une fâcheuse conséquence: la naissance de la tuberculose, l’une des maladies les plus meurtrières, responsable à l’heure actuelle d’1,5 millions de morts par an dans le monde. Un bilan qui ne cesse de s’alourdir à mesure que l’on remonte l’histoire antérieure à l’invention des antibiotiques.

L’inhalation de la fumée est nocive

Comment? En ayant modifié l’environnement de l’ancêtre de la Mycobacterium tuberculosis, qui vivait probablement son inoffensive petite vie dans le sol, avant de muter à la faveur des pressions générées par la généralisation des foyers et d’évoluer pour devenir le pathogène aussi dangereux qu’extrêmement contagieux que nous connaissons aujourd’hui.

Selon le modèle mathématique conçu par Mark Tanaka et ses collègues, deux facteurs ont été essentiels à cette évolution: l’irritation des poumons causée par la fumée des brasiers, diminuant les défenses immunitaires, et un rapprochement entre humains facilité par leur chaleur, dans des endroits très mal ventilés. En d’autres termes, un redoutable bouillon de culture.

Pour l’instant, il ne s’agit que d’une hypothèse, mais pour Caitlin Pepperell, spécialiste de l’évolution des maladies à l’université du Wisconsin, citée dans The Atlantic,

elle est «très intéressante et intellectuellement stimulante. Elle est tout à fait plausible, parce que l’inhalation de fumée est très nocive au système immunitaire inné de nos poumons –notre première ligne de défense contre la tuberculose».

Ensuite, la bactérie qui avait réussi à la briser n’avait plus qu’à devenir contagieuse, une mutation là encore facilitée, explique Pepperell, par le fait que «l’inhalation de fumée provoque de la toux, qui a pu améliorer la transmissibilité de la tuberculose».

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Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie – Gage de sainteté ou de beauté? Une question d’époques..


On croit peut-être que l’anorexie est une maladie récente, alors qu’en fait, elle semble venir de bien plus loin dans le temps. L’histoire de l’Impératrice Sissi (qui est complétement différente du film avec Romy Schneider) démontre qu’elle aurait souffert d’anorexie, ainsi que d’autres comme des religieuses qui par soucis mystiques auraient aussi souffert de cette maladie
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Il était une fois la maladie – Gage de sainteté ou de beauté? Une question d’époques..

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

Impératrice d’Autriche, Élisabeth, mieux connue sous le pseudonyme Sissi, ne semble pas avoir connu la vie idyllique que la légende a retenu. Elle semblait très mal s’acclimater à la vie de château et à son rôle social. Avec une belle-mère qui ne l’appréciait pas beaucoup et un époux occupé par les guerres contre Napoléon III, Sissi n’était guère heureuse. Rongée par les remords pour la mort en bas âge de sa fille Sophie, elle dépérissait littéralement. Elle avait à peine 22 ans lorsqu’on lui diagnostiqua une tuberculose dont elle se remettra pourtant.

Impératrice d’Autriche Élisabeth (Sissi)

Pour combler un tant soit peu le vide laissé par son mari parti en guerre, elle ouvre un hôpital et y consacre tout son temps. Lorsqu’il n’y a pas assez de travail, elle fait de longues et épuisantes randonnées à cheval. Puis elle se met à fumer, ce qui était extrêmement mal vu pour une femme à cette époque. Mais plusieurs l’imitent, au grand dam des bonnes gens du palais. Une de ses cousines, l’archiduchesse Mathilde, voulant dissimuler sa cigarette lors de l’arrivée impromptue de son père, mit le feu a ses vêtements et mourut brûlée vive.

Au retour de la guerre qu’il perdit, son mari la délaissa aux profits de nombreuses maîtresses, et Sissi sombra encore une fois et se remit à tousser. Elle retourna en cure et commença une étrange collection de photos de femmes. Elle revint à Vienne, mais n’avait qu’un seul désir : voyager de par le vaste monde, ce qu’elle fit le plus souvent possible, négligeant ses trois enfants, son mari et ses devoirs impériaux.

C’est qu’Élisabeth cachait un secret : sa peur démesurée de prendre du poids.

Et en 1860, elle utilisa les mêmes trucs qui sont encore en vogue aujourd’hui : peu de nourriture et un maximum d’activités physiques. Ainsi, elle ne se nourrit que de lait et de bouillon de poulet. Lorsqu’on constata qu’elle manquait de vitamines, elle modifia sa diète et ne mangeait que huit oranges par jour. Elle s’astreignait à deux heures de gymnastique chaque matin et s’adonnait à la marche forcée et à l’équitation quotidiennement aussi.

Avec un tel régime, son poids ne dépassera jamais les 50 kilogrammes, elle qui mesurait tout de même 1 m 72 (indice de masse corporelle :16,9). C’est pourquoi, a posteriori, bien des gens croient qu’elle a toujours souffert d’anorexie.

L’histoire d’un miracle devenu maladie

C’est un illustre médecin iranien du XIème siècle, Avicenne, qui fit la première description de la maladie. Puis le Moyen-Âge vit apparaître ce que les médecins appelèrent anorexia mirabilis. Cette perte «miraculeuse» de l’appétit était l’apanage de jeunes religieuses faisant partie de communautés mystiques. Elles réussissaient ainsi à se couper de tout plaisir de la chair et offraient à Dieu ce sacrifice ultime. Certaines prétendaient même ne se nourrir que d’une hostie par jour lors de leur messe.

Le destin tragique de Catherine de Sienne

Catherine de Sienne 

Au XIVème siècle, naît d’une famille de vingt-deux enfants Catherine qui, suite aux décès de ses trois sœurs préférées, entre en religion dans l’ordre des sœurs de la Pénitence de saint Dominique. Elle mange très peu et jamais de viande, se fait vomir régulièrement, se flagelle et ne dort que quelques heures par jour. Elle en vient à ne pratiquement plus manger du tout et cesse même de boire. Elle meurt à 33 ans et est canonisée en 1461 : sainte Catherine de Sienne.

On doit au médecin anglais Richard Morton la première description médicale de l’anorexie dans son livre paru en latin en 1689. Le livre portait surtout sur la tuberculose. Mais le Dr Morton avait noté que certaines personnes semblaient arriver à un état de dépérissement semblable à celui provoqué par la tuberculose. Il découvrit que ces personnes, sans causes apparentes, semblaient refuser de s’alimenter. Il nomma la maladie : la consomption ou phtisie nerveuse, dont les symptômes principaux sont le manque flagrant d’appétit, le refus de se nourrir, l’aménorrhée, l’hyperactivité, la constipation et la cachexie

L’inanition hystérique

Il faudra attendre près d’un siècle plus tard pour connaître de nouveaux développements. Ceux-ci viendront d’un psychiatre français, Charles Lasèque, qui décrit la maladie comme étant d’origine mentale et lui donne le nom d’inanition hystérique.

Il considère que cette maladie est une anomalie intellectuelle, un trouble central et héréditaire dû à un refoulement plus ou moins conscient d’un désir.

W. Gull propose quelques années plus tard le terme «anorexie nerveuse» (anorexia nervosa) qu’il attribue à des troubles du système nerveux central et à l’hérédité.

Au début des années 1890, le professeur Charles Huchard propose une distinction entre anorexie gastrique et anorexie mentale. Freud, quant à lui, parlera d’une association entre anorexie et mélancolie vers 1895.

Une thèse avait aussi cour à l’époque à savoir que l’anorexie pouvait être causée par une maladie de l’œsophage ou encore un rétrécissement de l’estomac.

La jeûneuse de Tutbury

Ann Moore

L’histoire de cette femme pieuse a débuté en Angleterre au début du XIXème siècle. D’abord reconnue pour sa très grande piété, cette pécheresse repentie commença en 1807 une anorexie qui allait devenir célèbre jusqu’en Amérique. Mais le fait allait fournir une lutte épique entre les tenants de l’anorexie comme étant une maladie, et ceux qui croyaient qu’elle était d’origine miraculeuse.

Après une première observation qui laissait chacun bien ancré dans son clan, on finit par découvrir en 1812 qu’Ann Moore se nourrissait en catimini en très petites quantités et laissait croire qu’elle ne prenait ni vivres, ni eau, et que seule l’intervention divine la maintenait en vie.

L’imposture démasquée fit histoire tout au long de ce siècle.

Sarah Jacob

Un autre cas similaire vit le jour au pays de Galles en 1867 avec une jeune fille de 12 ans, Sarah Jacob, dont les parents disaient qu’avec l’aide de Dieu, leur fille ne se nourrissait que d’un minuscule morceau de pomme quotidiennement. Flanqué d’infirmières incorruptibles, on se mit donc à observer la jeune Sarah 24 heures sur 24. Au bout de 6 jours, la jeune fille s’affaiblissait dangereusement et on demanda aux parents l’autorisation de cesser l’expérience et d’alimenter Sarah. Plutôt que de perdre la face, ceux-ci refusèrent. Le 10ième jour, la jeune fille mourut donc et les parents furent condamnés à des peines de prison pour leur comportement. Dès lors, l’origine mystique de l’anorexie perdit toute crédibilité.

Origines psychologiques ou physiologiques?

Le début du vingtième siècle sera marqué des descriptions de Gilles de la Tourette et Pierre Janet, qui seront les premiers à souligner l’importance de la perception de l’image corporelle chez les anorexiques. La Tourette précise que les patientes ne souffrent pas d’un manque d’appétit mais plutôt d’un refus d’appétit.

Les causes d’origines psychologiques semblent bien avoir reçu l’assentiment de toute la communauté médicale, du moins jusqu’en 1914 où un pathologiste allemand, Morris Simmonds, établit une relation entre la glande pituitaire et l’anorexie. Des causes endocriniennes alimentent alors le débat scientifique et il faudra attendre au milieu du siècle avant que la thèse psychologique ne refasse surface et que l’on comprenne que les manifestations physiologiques et endocriniennes sont des conséquences et non des causes de l’anorexie.

On estime aujourd’hui qu’environ 1 % des femmes de 15 à 35 ans souffrent d’anorexie. Les hommes sont 10 fois moins nombreux à en être atteints. L’hérédité joue un rôle puisque la fréquence de la maladie est dix fois plus élevée chez les parentes au premier degré que dans un groupe témoin.

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Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: une histoire de vampire


La phtisiatrie est une spécialité médicale disparue de nos jours. Cette infection mortelle à été aussi comparée au vampirisme à cause de certains symptômes tel que le teint pâle, les yeux rouges, le sang … Au cours des siècles cette maladie a connue d’autres noms et aujourd’hui, on la connaît sous le nom de tuberculose
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Il était une fois la maladie: une histoire de vampire

 

Omniprésente depuis le début de l’histoire humaine, à ce qu’il semble, on croyait l’avoir enfin vaincu définitivement avec l’arrivée des antibiotiques au début des années 1950. Mais à la lueur des nouvelles données statistiques, il semble bien que la tuberculose n’ait effectué qu’un repli stratégique puisqu’elle fait un retour en force, avec des souches multi-résistantes, ayant tué près de 2 millions de personnes dans le monde en 2011 selon l’OMS.

Il faudra certainement encourager les chercheurs des milieux universitaires et pharmaceutiques à se lancer à la recherche de nouveaux médicaments pour combattre ce fléau qui revient hanter notre société.

La tuberculose : une proche cousine du vampirisme

Au Moyen-âge et jusqu’au début de l’ère industrielle, la tuberculose était apparentée au vampirisme. Le teint pâle, la faible température corporelle et les yeux rougis très sensibles à la lumière des personnes atteintes faisaient penser aux représentations des vampires dans le folklore populaire. De plus lorsqu’une personne en mourrait, bien des membres de sa famille se mettaient à dépérir, comme si le mort se nourrissait de leur énergie et les entrainait avec lui dans l’éternité.

La tuberculose dans l’histoire

Des restes de bovins datant d’il y a près de vingt mille ans présentaient des lésions typiques de la tuberculose. La bactérie d’alors venait-elle d’un ancêtre commun à l’homme et à l’animal ou avait-elle été transmise de l’un à l’autre ? Le mystère demeure entier.

Mais on observe que depuis que la fréquence de la maladie a diminué chez l’homme, elle a aussi baissé chez l’animal. Plusieurs médecins anciens en ont fait une excellente description. Ainsi pour Hippocrate, qui avait appelé la maladie : phtisie, terme grec qui signifiait dépérissement, la maladie consistait en un amaigrissement progressif, une langueur envahissante, de la toux et la présence de sang dans les crachats.

Un autre médecin, Arétée de Cappadoce, en fait une description semblable :

«il suffit, en effet, et même un homme du peuple ne s’y tromperait pas, de voir une personne pâle et décharnée, poursuivie par une toux continuelle, pour pouvoir prononcer et même sans beaucoup de risque de se tromper, qu’elle est Phtisique.»

Les divers noms de la tuberculose

Une maladie aux multiples appellations, tel aurait pu être le titre de cet article. Le terme phtisie vient des grecs anciens et signifiait dépérissement. Cette appellation donna suite à une spécialité médicale disparue de nos jours : la phtisiatrie.

Au milieu du XVIème siècle, Girolamo Fracastoro, médecin, philosophe et poète italien nomme le germe responsable selon lui de la tuberculose : seminaria contigionis (semence contagieuse). Plus tard apparut le nom de consomption puisque le germe semblait consumer lentement le malade de l’intérieur. On utilisa aussi écrouelles qui désigne spécifiquement une forme d’adénopathie tuberculeuse mais dont le terme popularisé engloba toutes les formes de tuberculose. Le mot vient du latin scrofus qui signifie truie pour exprimer l’aspect dégoutant des symptômes.

Selon la légende, les rois de France auraient eu le don de guérir par le toucher les écrouelles. Ici, on utilisa aussi le terme poitrinaire parce que le mal venait de la poitrine et que ceux qui en souffraient avaient la poitrine complètement décharnée.

Et les traitements

Quant aux traitements, ils étaient souvent fantaisistes et la mort semblait la seule issue sauf pour les rares guérisons spontanées. Né en 23 après Jésus-Christ, Pline l’Ancien propose comme remèdes possibles : le foie de loup pris dans du vin mince, le lard d’une truie qui a été nourrie d’herbe, ou la chair de l’ânesse prise dans le bouillon. (Référence : Pline l’Ancien, Histoire naturelle , Livre XXX, Traitant des autres remèdes fournis par les animaux, chapitre L, Pour la phtisiaris, et remèdes divers)

Les incantations étaient aussi à la mode. Ainsi en Inde, on suggérait celle-ci :

«Ô Fièvre, avec ton frère la Consomption, avec ta sœur la Toux, va-t’en frapper les gens d’en-dessous».

 En France au Moyen-âge, on implorait les «Saints Guérisseurs» dont Saint Malo ou Saint Marcoul.

On attribuait aux rois un pouvoir «de toucher» capable de guérir les maladies. Puis à la Renaissance, le régime lacté était à la mode. Voici ce qu’en dit Charles Coury dans son livre La tuberculose à travers les âges :

«Le lait de femme était particulièrement recommandé et devait être consommé à la tétée. La nourrice, de préférence jeune et agréable, partageait au besoin le lit du malade, malgré les risques de contagion et les autres inconvénients, aisément imaginables, qui pouvaient en résulter».

Force est de l’admettre : la pénicilline sera plus efficace.

De tous temps, le changement d’air a toujours été favorisé. Certains recommandaient des séjours à la campagne, d’autres à la mer et d’autres à la montagne. Dès le milieu du XIXème siècle, les premiers sanatoriums ouvrent leurs portes, d’abord en Allemagne, puis dans les autres pays européens.

La situation au Québec au début du XXe siècle

Le premier sanatorium au Canada fut construit à Muskoka en Ontario en 1897. Au Québec, ce fut celui de Ste-Agathe-des-Monts dans les Laurentides. Dans les années 1910, un médecin de l’Hôtel-Dieu de Québec, le Dr Arthur Rousseau, inaugura la Société de patronage de l’Hôpital des tuberculeux de Québec qui déménagea à Ste-Foy et devint un sanatorium sous le nom d’Hôpital Laval.

Puis en 1926, des cendres de l’ancien Hôpital des incurables à Cartierville, naquit l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal dédié au traitement des tuberculeux. Avec la montée de l’urbanisation dès le début du vingtième siècle, les nouveaux citadins s’entassent dans des logements insalubres, ce qui, bien sûr, constitue des conditions favorables à la contagion par la tuberculose.

Mais l’arrivée de la grande crise économique retardera la construction de nouveaux sanatoriums. Par ailleurs ces derniers, même s’ils étaient souvent situés dans des sites enchanteurs, avaient bien mauvaise réputation au niveau de la population qui les considérait plutôt comme un lieu duquel on ne revenait pas…

Plus près de nous

En 1923, Bernadette Codebecq, âgée d’à peine 40 ans, décède des suites de la tuberculose. L’aîné de sa famille qui comptait huit enfants est alors âgé de 19 ans et décide de se diriger en médecine. Avec toute la fougue et l’idéalisme dont est capable un jeune homme doué de cet âge, il veut participer à la lutte contre cette infection. Et il le fera. Ainsi en 1931, on le retrouvera à Paris auprès des professeurs Calmette, Guérin, Nègre et Ramon. Il sera l’un des premiers en Amérique à démontrer l’efficacité et l’innocuité du vaccin BCG dans la prévention de la tuberculose. Puis il fondera un institut de recherche qui portera son nom. Il s’agit bien entendu du docteur Armand Frappier.

Histoire moderne de la tuberculose en quelques dates :

  • 1882 : Le médecin allemand Robert Koch découvre le bacille à l’origine de la tuberculose qui, en Europe, est alors responsable d’un décès sur sept.
  • 1886 : Vittorio Cavagnis tente sans succès une première vaccination.
  • 1890 : Kock présente un remède la tuberculine qui s’avéra plutôt utile pour diagnostiquer la maladie.
  • 1894 : Carlo Forlanini, un médecin italien, propose la première technique invasive pour traiter la tuberculose : le pneumothorax artificiel intrapleural.
  • 1895 : Wilhelm Röentgen découvre les rayons X qui deviennent dès lors l’outil de dépistage numéro 1.
  • 1900 – 1920 : Nombreuses tentatives infructueuses de vaccination ou de produits thérapeutiques: le bovovaccin de Behring, le sérum de Marmorek, le sérum de Maragliano, les sérums de Richet et Spahlinger et les essais de Friedmann et de Spahlinger.
  • 1921 : Premier vaccin efficace, celui mis au point par Albert Calmette et Camille Guérin : le BCG
  • 1925 : Début des premières vaccinations à Montréal
  • 1948 : Début de la vaccination systématique des élèves au Québec.
  • 1970 : Les vaccinations obligatoires disparaissent graduellement des divers pays occidentaux.

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Mozambique: des rats pour détecter la tuberculose


Des rats gros comme un chaton seraient utilisés pour dépister la tuberculose. Il serait plus fiable que les techniques employées au Mozambique
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Mozambique: des rats pour détecter la tuberculose

 

Après entraînement, les rats détectent 67 % des cas... (PHOTO YASUYOSHI CHIBA, ARCHIVES AFP)

Après entraînement, les rats détectent 67 % des cas de tuberculose, contre 50 % en moyenne pour les méthodes standards employées au Mozambique, selon Apopo.

PHOTO YASUYOSHI CHIBA, ARCHIVES AFP

ADRIEN BARBIER
Agence France-Presse
MAPUTO

Déjà utilisés pour le déminage, les rats géants de l’ONG belge Apopo s’attaquent à un autre fléau au Mozambique: la tuberculose et son diagnostic. Cette méthode iconoclaste pourrait offrir une alternative salutaire en l’absence d’un vrai réseau de laboratoires médicaux.

Elle n’est pas homologuée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais, désireuse de reproduire son programme de recherche mené depuis plus de 10 ans en Tanzanie, dans l’est de l’Afrique, Apopo s’est installé en janvier 2013 à Maputo, la capitale du Mozambique, l’un des pays les plus touchés par la tuberculose, selon l’OMS.

Après entraînement, les rats détectent 67 % des cas de tuberculose, contre 50 % en moyenne pour les méthodes standards employées au Mozambique, selon Apopo.

«En 30 minutes, le rat peut examiner une centaine d’échantillons, au lieu de quatre jours pour un technicien travaillant en laboratoire», assure Emilio Valverde, le directeur du programme tuberculose d’Apopo.

Pays au fort potentiel économique mais à la population majoritairement très pauvre plus de 20 ans après la fin de la guerre civile, le Mozambique a des infrastructures de santé encore minimales, avec seulement six médecins pour 100 000 habitants.

L’utilisation des rats présente donc deux avantages majeurs: c’est à la fois plus rapide et moins cher, selon Apopo.

Dans le cadre champêtre de la faculté vétérinaire de l’université Eduardo Mondlane, neuf rats géants testent quotidiennement des échantillons de crachats, récupérés dans 15 centres de santé à travers la capitale.

Les bestioles utilisées sont de très lointains cousins des rats d’égouts, répondant au nom scientifique de «cricétones des savanes». Ceux-ci ont plus l’allure et la taille d’un chaton, mesurant une trentaine de centimètres [sans la queue] pour un poids d’un kilo à un kilo et demi.

«Ils sont originaires de la sous-région, plus faciles à attraper, à dresser et plus gentils», explique M. Valverde.

Élevés en Tanzanie, les rats sont entraînés pendant six mois à associer l’odeur émise par les bactéries responsables de la tuberculose à une récompense sous forme de nourriture.

Dans une cage en verre, chaque rat passe ensuite d’échantillon en échantillon et s’arrête ou se frotte les pattes pour indiquer ceux des prélèvements qui sont infectés.

À l’aide d’une grande seringue, le laborantin le récompense en le nourrissant chaque fois qu’il parvient à identifier un échantillon de crachat humain infecté par la tuberculose.

Pour les besoins de la recherche, ces échantillons ont déjà été testés en centre de santé par des procédés standards.

Objectif: homologation

Mais il arrive que les rats identifient comme positifs des échantillons qui étaient considérés négatifs. Après vérification au microscope à fluorescence, il s’agit souvent de cas de tuberculose mal diagnostiqués.

«Sur les 35 000 échantillons testés par les rats d’Apopo depuis le début du programme au Mozambique, 1200 cas supplémentaires ont été décelés», affirme M. Valverde.

L’enjeu pour l’ONG est désormais de faire homologuer la technique par l’OMS, un processus qui pourrait prendre cinq ans.

«Il nous faut encore réaliser beaucoup d’études et tester l’utilisation des rats dans d’autres villes du pays», ajoute-t-il.

Le gouvernement mozambicain, qui accompagne Apopo dans ses recherches, reste prudent.

«Cela reste une initiative de recherche privée, nous attendons les résultats», explique à l’AFP Ivan Manhica, directeur du programme national pour la tuberculose au ministère de la Santé.

«Il faudra comparer cette technique aux autres qui sont disponibles et homologuées par l’OMS, comme le test GeneXpert ou le microscope LED», dit-il, citant des techniques de diagnostic efficaces mais chères.

La tuberculose, une maladie curable mais qui tue 1,5 million de personnes dans le monde faute de diagnostic ou de soins, se développe quand les défenses immunitaires sont affaiblies, notamment par le virus du sida.

Environ 10 % des Mozambicains âgés de 15 à 49 ans sont séropositifs.

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Le vinaigre tue efficacement la bactérie de la tuberculose


Le vinaigre est utile en cuisine et dans le ménage de tous les jours. Cependant, sachez que le vinaigre est beaucoup plus puissant qu’il ne parait et se a moindre coût et surtout moins toxique que les désinfectants commerciaux
Nuage

 

Le vinaigre tue efficacement la bactérie de la tuberculose

 

Radiographie d'un patient atteint de la tuberculose (archives)

Radiographie d’un patient atteint de la tuberculose (archives) Photo :  AP/Rajesh Kumar Singh

 

L’ingrédient actif du vinaigre, l’acide acétique, détruit efficacement non seulement les mycobactéries, mais aussi une souche hautement pharmacorésistante de la bactérie responsable de la plupart des cas de tuberculose, rapporte une équipe internationale de chercheurs provenant de la France, des États-Unis et du Venezuela.

L’acide acétique pourrait donc représenter un désinfectant abordable et non toxique pour lutter contre des mycobactéries qui sont autrement difficiles à éradiquer, surtout dans des pays pauvres incapables de s’offrir des désinfectants commerciaux, alors que ces pays sont le théâtre de la majorité des cas de tuberculose.

La chercheuse vénézuélienne Claudia Cortesa a découvert par hasard les propriétés de l’acide acétique, quand elle a voulu tester un médicament qui devait tout d’abord être dissout dans cet acide. Elle a constaté que l’acide avait détruit les mycobactéries qu’elle souhaitait étudier.

Une recherche plus poussée a permis de déterminer qu’une exposition de 30 minutes à une concentration de 6 % d’acide acétique, soit légèrement plus que ce que contient le vinaigre vendu commercialement, permettait de réduire la quantité de mycobactéries d’environ 100 millions à des niveaux indétectables. Même des souches de bactéries qui résistent à pratiquement tous les antibiotiques succombaient.

Un autre chercheur a souligné qu’une solution de 25 % d’acide acétique n’est qu’un irritant mineur pour l’humain, et que 100 $US suffisent à acheter suffisamment d’acide pour détruire 20 litres de cultures de tuberculose ou d’échantillons cliniques.

Les conclusions de cette étude sont publiées dans le journal en ligne mBio

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