Un produit antibactérien populaire interférerait avec les antibiotiques


La résistance aux bactéries et aux antibiotiques est de gros problème et des scientifiques viennent de constater que bien des produits ménager en sont une des causes, et aussi d’autres produits tel que parfum, maquillage, des cartes de crédit etc ..
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Un produit antibactérien populaire interférerait avec les antibiotiques

 

Le triclosan fait partie des ingrédients de ce... (Photo Kiichiro Sato, archives AP)

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Le triclosan fait partie des ingrédients de ce savon antibactérien.

PHOTO KIICHIRO SATO, ARCHIVES AP

 

JEAN-BENOIT LEGAULT
La Presse Canadienne
Montréal

Un produit antibactérien que l’on trouve dans une vaste gamme de produits ménagers semble plutôt renforcer la résistance des bactéries aux antibiotiques.

Le triclosan se retrouve dans des produits comme les lotions, les parfums, les désodorisants, les produits de santé naturels, les dentifrices, les rince-bouche, les désinfectants/nettoyants pour les mains, les savons pour la peau, les shampoings et les produits de maquillage pour les yeux et le visage. On en retrouverait même dans les vêtements, les jouets et les cartes de crédit.

On l’utilise comme agent de conservation, pour prévenir les odeurs, pour tuer ou éliminer les bactéries, et pour empêcher la croissance de bactéries, de champignons et de moisissures, peut-on lire sur le site de Santé Canada.

Des chercheurs de l’Université Washington, à Saint-Louis, ont constaté, lors d’expériences chez des souris, qu’une exposition au triclosan permet aux bactéries de résister à des doses d’antibiotiques qui leur seraient autrement mortelles. Qui plus est, cet effet protecteur a été mesuré face à de multiples classes d’antibiotiques.

« Ce n’est pas forcément surprenant, a réagi le docteur Christian Baron, le vice-doyen à la recherche et au développement de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. C’était déjà connu dans la communauté scientifique que des substances comme le triclosan […] qu’on trouve dans des produits comme le savon n’ont pas leur place-là. Il est clair qu’il y a des effets négatifs potentiels. »

Les chercheurs ont traité aux antibiotiques deux groupes de souris souffrant d’une infection urinaire. L’un des deux groupes a aussi reçu de l’eau à laquelle on avait ajouté du triclosan. L’urine de ce groupe contenait cent fois plus de bactéries que l’urine de l’autre, ce qui témoigne d’une efficacité réduite des antibiotiques.

Le triclosan est une substance toxique pour les bactéries. Sa présence provoque chez elles un état d’alarme qui leur confère ensuite une résistance à plusieurs molécules, et notamment aux antibiotiques.

« C’est comme l’alarme de feu d’une maison a illustré le docteur Baron. La bactérie est alertée, et ça augmente sa résistance. »

La puissante Food and Drug Administration des États-Unis s’est positionnée, en 2017, contre l’ajout de triclosan au savon, en évoquant notamment des préoccupations liées à la sécurité et à un manque d’efficacité.

Le triclosan fait actuellement l’objet d’au moins deux autres études : une étude animale qui porte sur le risque de développer un cancer de la peau après une exposition prolongée au triclosan et une autre qui essaie de déterminer si le triclosan se décompose en d’autres produits chimiques, sur la peau humaine, après une exposition aux rayons UV.

« C’est très difficile pour des agences comme Santé Canada de bannir ce genre de produit, mais au moins elles peuvent faire des recommandations, et je pense que les recommandations sont très claires depuis plusieurs années, a dit Christian Baron. Les consommateurs devraient réaliser que ces produits-là ne sont pas meilleurs (que) d’autres produits. Ça ne va pas les protéger, par contre ils vont avoir des effets négatifs. »

Les conclusions de cette étude sont publiées par le journal scientifique Antimicrobial Agents & Chemotherapy.

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Des perturbateurs endocriniens dans des produits de beauté


On utilise tellement de produit pour l’hygiène corporelle dans une seule journée pour se sentir bien et propre qu’on ne peut soupçonner que ces produits peuvent renfermer des substances chimiques qui met en otage la santé et même peut-être la fertilité
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Des perturbateurs endocriniens dans des produits de beauté

 

L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a dénoncé lundi la présence dans... (Photo Reuters)

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Agence France-Presse
PARIS

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a dénoncé lundi la présence dans de nombreux produits de beauté de substances chimiques connues comme perturbateurs endocriniens, parfois en concentrations élevées, ainsi que le manque de fiabilité de certaines étiquettes.

L’UFC-Que Choisir a annoncé dans un communiqué avoir trouvé des perturbateurs endocriniens «sous la forme de conservateurs, d’antibactériens, de filtres solaires et d’émollients ajoutés dans les produits de beauté et d’hygiène corporelle».

«Alors que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) considèrent les perturbateurs endocriniens comme une menace mondiale pour la santé, du fait par exemple de leur impact sur la fertilité ou les troubles neurocomportementaux, les résultats de ce test exclusif douchent tout espoir d’innocuité», assure l’association.

L’UFC publie lundi les résultats de tests réalisés avec trois autres associations sur 66 produits, attirant notamment l’attention sur le dentifrice Colgate Total pour lequel les «mesures ont révélé une teneur en Triclosan susceptible d’effet sur la thyroïde».

UFC précise que la réglementation européenne prend bien «en compte les risques» liés aux perturbateurs endocriniens mais s’alarme de l’effet «cocktail» induit par l’addition de plusieurs produits utilisés l’un après l’autre.

«L’exposition à ces molécules est (…) accrue lorsque l’on utilise différents produits comportant la même molécule et dont les doses s’additionnent pour atteindre un niveau de risque significatif», souligne l’UFC.

C’est le cas en particulier avec le Triclosan pour les teneurs dans les dentifrices et les déodorants pris isolément sont «acceptables» mais qui atteignent un niveau de risque significatif pour une utilisation combinant les deux produits.

Ainsi le dentifrice Colgate Total renferme 2,09 g/kg de Triclosan, une dose jugée par les experts d’UFC comme «trop élevée en particulier combinée à un déodorant contenant également du Triclosan car elle engendre un niveau de risque significatif».

L’UFC attire également l’attention sur un gel douche de la marque allemande Nivea.

«Nous avons relevé dans le gel douche Nivea Water lily & oil, une teneur de 2,68 g/kg de propylparaben» alors que la recommandation du Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs (CSSC) qui est un organe consultatif de l’UE, est de ne pas dépasser 2,48 g/kg.

L’UFC appelle la Commission européenne à «diligenter (…) des recherches indépendantes sur l’impact de ces molécules sur le long terme» et à «renforcer» la réglementation pour prendre en compte «l’effet cocktail» des produits l’un après l’autre.

Les tests ont, en outre, montré que les listes d’ingrédients n’étaient pas toujours fiables avec la présence de substances non indiquées sur les étiquettes (par exemple du phénoxyéthanol dans un savon liquide Dettol et un gel douche Nivea). À l’inverse, l’UFC note que certains cosmétiques affichent la présence de molécules «non détectées par notre laboratoire».

Les perturbateurs endocriniens se définissent comme des substances chimiques (certaines naturelles) qui interfèrent ou bien sont suspectées d’interférer avec le système hormonal humain, parfois même s’ils sont présents à très faibles doses.

Ces perturbateurs endocriniens ou hormonaux sont suspectés d’avoir un impact sur la fertilité et d’être liés à l’augmentation du nombre de cancers dits hormono-dépendants, principalement ceux du sein et de la prostate.

En particulier le Bisphénol A (BPA), substance présente dans de nombreux contenants alimentaires est suspectée d’être un perturbateur endocrinien et a été banni des biberons et de produits destinés aux enfants dans l’UE.

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