Je meurs ou bien je nais


Qu’on soit d’Occident ou d’Orient, avec nos croyances, nos peurs, nos rêves le mal d’aimé se consume de la même façon,mais s’exprime avec des mots propre à une culture, Ce que j’aimais écrire avec une personne ayant un bagage de vie différent du mien .. m’inspirant de ses idées, ses bouts de phrases souvent trop longues, ses expressions a permis d’écrire un mélange des deux mondes pour un mal universel
Nuage

 

Je meurs ou bien je nais

 

Je meurs ou bien je nais
Après un long silence
D’oubli et sans attrait
Inhumant l’existence

Mais le temps me confine
Et laisse rejaillir
Des douleurs qui chagrinent
A mon dernier soupir

L’âme tout au fond
En feu, serpente
Fait sont lit profond
En écume ardente

Et la chaleur remonte
Abreuvée d’amertume
Par la flamme insolente
Mon rêve se consume

J’ai envie de voir
Larme qui ruissèle
Du matin au soir
Sur l’œil s’amoncèle

D’un écoulement rustique
Sculpte ma mélancolie
Par des idées utopiques
Aux confins de la folie

L’arbre du mal épineux
Aux abimes s’enracine
Pique mon esprit furieux
Et embrase ma poitrine

Dois-je blâmer les séraphins
Puiser de la malédiction
En abdiquant de mon destin
Et tout en frôlant l’extinction

Mais, tant que les pas du pervers
Cherchent à instiguer mon cœur
Louvoyer au seuil de l’enfer
Est l’emblème de mes malheurs

Et pourtant j’ai prié
Avec larmes brûlantes
La douleur amplifiée
De mes lésions béantes

Malgré cela, j’ai égrené
Assidument le chapelet
Que ses grains se sont échinés
De mon esprit obnubilé

La nuit vient et va le jour
A ton rêve, je m’obstine
Envoûtée par cet amour
Qui me plaît et me lancine

Nul songe ne donne trêve
A mes sens crûment meurtris
Tu restes l’éternel rêve
Qu’inhiberait les houris

Après être ressuscitée
J’endurerais donc ma tristesse
De mon âme déchiquetée
D’être très loin de ma duchesse

Pour que les élus aient pitié
Et se prosternent au Dieu du ciel
Par le soutien des crucifiés
Comme un voeu sempiternel

Je dédaigne la terre en or
Aussi, je renonce aux couronnes
Seul tes yeux restent mon trésor
Qui électrisent mes neurones

Ah mon Dieu, ta miséricorde
Je n’ai nulle envie de pécher
En pendulant à une corde
Que mon corps risque de sécher

À cause de tant d’hormones
Tu as ancré ma faiblesse
Que tu me fasses l’aumône
De soulager ma détresse

Ma feuille essore sa sève
Sur mon visage pale
Mépris de la douce Eve
A atteint l’encéphale 

Car toi seul qui devine
La bonté des intentions
Si c’est un bien, illumine
Et couronne mes passions

Rachel Hubert (Nuage) Saïd
29 Mai 2004