Cancer : les effets néfastes du travail de nuit pour les femmes


Ceux qui travaillent de nuit à leur santé sur plusieurs plans dont le cancer. Le cancer de la peau serait en première ligne, mais il y a aussi des risques pour le cancer du sein, du gastro-intestinale. Cette étude s’est faite dans plusieurs pays
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Cancer : les effets néfastes du travail de nuit pour les femmes

 

Cancer : les effets néfastes du travail de nuit pour les femmes

Le 9 janvier 2018.

Selon l’analyse de plusieurs études publiée lundi 8 décembre dans Cancer Epidemiology, Biomarkers and Prevention, la revue de l’American Association for Cancer Research, les femmes qui travaillent la nuit ont plus de risques de développer un cancer.

Le travail de nuit est mauvais pour la santé

Travailler la nuit n’est pas seulement pénible, c’est également dangereux pour la santé. C’est ce que révèle une équipe de chercheurs dans une étude publiée dans la revue Cancer Epidemiology, Biomarkers and Prevention. Selon ces travaux, le travail de nuit est lié à un risque accru de cancers du sein, de cancers gastro-intestinaux et de cancers de la peau chez les femmes.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont épluché plus de 60 études couvrant près de 115 000 cas de cancer et 4 millions de participants en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Asie. Ils cherchaient à savoir s’il existait un lien entre le travail de nuit et le développement de certains cancers. Ils ont ainsi pu observer que le risque de développer un cancer augmentait de 19 % pour les femmes travaillant de nuit pendant plusieurs années.

Le cancer de la peau en première ligne

Dans le détail, nous apprenons que le risque de développer un cancer de la peau augmente de 41 % chez les femmes qui travaillent la nuit pendant de nombreuses années, de 32 % pour le cancer du sein et de 18 % pour le cancer gastro-intestinal. En revanche, aucun lien n’a été établi entre le cancer du sein et le travail de nuit, en Amérique du Nord et en Europe. En revanche, les infirmières qui travaillaient de nuit augmentaient de 58 % leur risque de développer un cancer du sein.

« Les résultats de cette étude suggèrent la nécessité de programmes de protection de la santé des femmes travaillant de nuit, avec des examens médicaux réguliers », ont noté les auteurs de cette étude.

Selon eux, cette augmentation du risque de cancers s’explique par la plus grande difficulté que l’on a à travailler la nuit plutôt que le jour. L’effort n’est pas le même. Ils ajoutent que le travail de nuit devrait être considéré comme un facteur de risque de cancer.

Marine Rondo

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Obésité, cancers, insomnie… Quand l’horloge biologique se dérègle


Notre horloge biologique synchronise nos cycles d’éveil, de sommeil, notre appétit, le niveau de production de certaines hormones. En ne respectons pas cette horloge de jour et nuit, nous changeons aussi le reste comme les travailleurs de nuit. Ils sont plus enclins a des problèmes de santé que ce soit le cancer, obésité, dépression et autre
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Obésité, cancers, insomnie… Quand l’horloge biologique se dérègle

 

L'«horloge biologique», mise en lumière par le prix Nobel de médecine lundi,... (123RF/Andrey Popov)

123RF/ANDREY POPOV

 

JOSHUA MELVIN, AMÉLIE BAUBEAU
Agence France-Presse
Paris

L’«horloge biologique», mise en lumière par le prix Nobel de médecine lundi, commande de nombreux mécanismes biologiques qui, s’ils se dérèglent, peuvent favoriser obésité, cancers et d’autres problèmes de santé.

Cette tour de contrôle, aussi appelée horloge interne, synchronise nos cycles d’éveil et de sommeil, notre appétit, le niveau de production de certaines hormones et même notre température corporelle.

Les trois chercheurs américains récompensés par le prix Nobel de médecine ont découvert comment fonctionne ce phénomène quand tout se passe bien: ils ont identifié les gènes qui permettent aux cycles de se mettre en place à l’intérieur de nos cellules, et décrit le rôle joué par la lumière pour les synchroniser.

Mais dans la réalité, nous maltraitons souvent cette horloge biologique et les besoins naturels qui en découlent, a expliqué à l’AFP Russell Foster, professeur spécialiste des rythmes circadiens (ceux qui se déroulent sur 24 heures) à l’université d’Oxford.

Nuits blanches, travail de nuit…

«L’horloge ne fonctionne pas bien parce qu’on la malmène beaucoup par le rythme de vie qu’on a actuellement, en faisant un peu n’importe quoi avec nos horaires», abonde Joëlle Adrien, directrice de recherche à l’INSERM et présidente de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV).

De tels écarts ont des conséquences, qui peuvent aller d’altérations du comportement à un risque accru d’obésité et de cancer, comme l’ont montré plusieurs études sur les travailleurs de nuit ou en travail posté, tels que les infirmières ou les ouvriers aux 3×8.

En 2007, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé les modifications du rythme circadien, tel le travail de nuit, comme «probablement cancérigènes».

Ainsi, le corps humain ne s’adapte jamais tout à fait à des horaires décalés par rapport au rythme naturel, gouverné par la lumière du jour.

«Il n’existe aucun médicament dans le monde qui permette de synchroniser l’horloge, de l’avancer ou de la retarder», avertit Claude Gronfier, neurobiologiste à l’INSERM.

Une «étape passionnante»

Lorsqu’on se force à rester éveillé, cela maintient à un niveau élevé la production de l’hormone du stress, le cortisol, qui normalement décline à l’arrivée de la nuit.

Ce mécanisme permet de maintenir notre état de vigilance, mais a des effets délétères sur notre système immunitaire et, à long terme, peut favoriser des maladies comme le cancer.

Ce rythme de vie entraîne aussi souvent la prise de repas hors des horaires normaux, à un moment où le métabolisme tourne au ralenti et où les calories seront plus susceptibles d’être transformées en graisse que brûlées.

«Le rythme cardiaque augmente, la pression artérielle et le niveau d’insuline augmentent» à une heure inhabituelle, et «votre corps n’est pas prêt pour ça», résume pour l’AFP Hugh Piggins, professeur de neurosciences à l’université de Manchester.

Même à court terme, des perturbations des cycles éveil/sommeil comme celles provoquées par le décalage horaire peuvent être néfastes.

Prenez ainsi un vol Paris-Los Angeles: vous remontez de neuf heures dans le temps, vos horaires de repas et de coucher sont bouleversés. Résultat: des interactions plus difficiles, un manque d’empathie, du mal à tenir un raisonnement complexe ou même des difficultés de mémoire.

Dans cet état, les gens peuvent faire «des choses exagérément impulsives, comme griller un feu rouge, et ne pas mesurer les conséquences de leurs actions», explique le Pr Foster.

Des liens ont aussi été trouvés entre les perturbations de l’horloge interne et la dépression, les troubles bipolaires et cognitifs, la mémoire et même certaines maladies neurologiques.

Dans ce champ de recherche, la chronobiologie, les scientifiques étudient également comment l’heure où l’on administre un médicament peut influer sur son efficacité et ses effets secondaires.

«Nous arrivons à l’étape passionnante où nous pouvons commencer à utiliser cette connaissance (de l’horloge biologique, NDLR) pour comprendre ce qui se passe quand ces systèmes fonctionnent mal et, plus important encore, pour développer de nouvelles pistes thérapeutiques», souligné le Pr Foster.

http://www.lapresse.ca

Manger la nuit affecterait la mémoire


Des hypothèses sont émises que manger la nuit et surtout pour les travailleurs de nuit peuvent causer des troubles d’apprentissages et de mémoire qui pourraient être une cause de l’apparition de la maladie d’Alzheimer
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Manger la nuit affecterait la mémoire

 

Manger la nuit perturbe le rythme du sommeil. © DURAND FLORENCE/SIPA

Manger la nuit perturbe le rythme du sommeil. © DURAND FLORENCE/SIPA

Par Lise Loumé

La consommation de nourriture pendant les heures de sommeil habituelles altère les capacités cérébrales, ont observé des chercheurs américains sur des souris.

Satisfaire régulièrement un petit creux pendant la nuit peut être mauvais pour la ligne et avoir un impact sur la santé métabolique, en conduisant par exemple à un état prédiabétique (c’est-à-dire avec un taux sanguin de glucose plus élevé que la normale). Mais ce n’est pas tout : cette mauvaise habitude peut également entraîner des conséquences néfastes sur le fonctionnement cognitif, notamment l’apprentissage et la mémoire, ont mis en évidence pour la première fois des chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles (États-Unis) dans une étude réalisée sur des souris et publiée dans la revue eLife. Un risque qui concerne en priorité les travailleurs de nuit.

La mémoire à long terme est impactée

Dans cette étude, les chercheurs ont constaté que lorsque des souris mangent régulièrement pendant la nuit (durant leurs heures de sommeil), elles ont plus de difficultés à reconnaître un nouvel objet que celles nourries exclusivement le jour. Preuve que la mémoire à long terme est considérablement réduite. En fait, les festins nocturnes altèreraient leurs fonctions cognitives liées à l’hippocampe, cette région du cerveau qui contrôle la mémoire à long terme et permet l’enregistrement et l’organisation de nouveaux souvenirs (c’est cette dernière faculté qui rend possible la reconnaissance de nouveaux objets).

Dans l’hippocampe, c’est la protéine CREB qui est touchée. Chez les souris, manger la nuit réduit l’activité de cette protéine impliquée dans l’apprentissage, la mémoire et l’horloge circadienne (également dénommée « horloge biologique »). Cette diminution conduit à une altération de la mémoire. Un impact qui n’est pas anodin car sur le long terme, la baisse de l’activité de CREB peut favoriser l’apparition de la maladie d’Alzheimer…

Une désynchronisation de l’horloge biologique

Bien que le rôle de l’hippocampe dans le rythme circadien soit impacté par les repas nocturnes, ce n’est pas le cas de l’oscillateur principal de notre horloge biologique, le noyau suprachiasmatique, situé dans l’hypothalamus.Cela conduirait à une désynchronisation de l’horloge selon les auteurs, ce qui a pour conséquence d’altérer encore davantage la mémoire. Et perturbe les habitudes des souris, qui voient leur sommeil davantage fragmenté que celles mangeant la journée.

Dans cette étude, les observations des chercheurs portent uniquement sur des souris et non sur des humains. Toutefois, ils pensent qu’elles pourront bientôt être généralisées à l’homme et surtout aux travailleurs de nuit. Des études précédentes ont établi qu’ils avaient de moins bons résultats aux tests cognitifs que ceux travaillant la journée.

« Nos horaires modernes nous incitent à manger tout au long de la journée et n’importe quand, il est donc important de comprendre comment l’heure des repas affecte nos facultés cognitives », conclut dans un communiqué le professeur Christopher Colwell, co-auteur de l’étude

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