Première greffe d’organe d’une donneuse séropositive aux États-Unis


Il y a une pénurie des dons d’organes a bien des endroits. Les personnes VIH morts peuvent donner leurs organes a des séropositifs, mais jusqu’à maintenant, les vivants non. Cela viens de changer aux États-Unis. Enfin, progressivement ! Une personne atteint du VIH peut donner un rein de son vivant à une personne qui est aussi atteint du VIH
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Première greffe d’organe d’une donneuse séropositive aux États-Unis

 

Première greffe d’organe d’une donneuse séropositive aux États-Unis

Photo: AFPNina Martinez, entourée de médecins.

Le rein d’une femme porteuse du VIH a été greffé à une autre personne séropositive à Baltimore aux États-Unis cette semaine, une première mondiale selon les médecins, qui pourrait aider à combler la pénurie d’organes.

Nina Martinez, 35 ans, a donné un rein à une personne non identifiée par les médecins de l’hôpital Johns Hopkins de Baltimore. L’opération a eu lieu lundi et l’annonce a été faite jeudi.

«Je me sens bien», a expliqué la jeune femme tout sourire, en apparente bonne forme, lors d’une conférence de presse à l’hôpital. «Cela fait du bien d’avoir des bonnes nouvelles, car il y a beaucoup de problèmes insolubles avec le VIH».

Quant au receveur anonyme, il ou elle «se porte à merveille», selon Christine Durand, professeure à l’Ecole de médecine de Johns Hopkins.

Depuis une loi fédérale promulguée en 2013 par Barack Obama, les organes prélevés sur des personnes séropositives décédées pouvaient être greffées sur des receveurs séropositifs – qui pouvaient bien sûr aussi recevoir des organes de personnes séronégatives, comme n’importe quel autre patient sur la liste d’attente.

Mais les personnes ayant le VIH, en bonne santé, ne pouvaient pas faire don de leurs reins pour un proche ou un anonyme. Les médecins craignaient qu’avec un seul rein, le VIH et les médicaments antirétroviraux n’affaiblissent trop le rein restant du donneur.

Mais une grande étude conduite par les chercheurs les a convaincus que le risque était quasi nul, et l’hôpital a reçu l’autorisation en 2016 de réaliser la première greffe de «vivant à vivant».

Initialement, Nina Martinez, qui vit à Atlanta, voulait donner son rein à un ami, mais après la mort de celui-ci, et inspirée par un épisode de la série Grey’s Anatomy, elle a contacté l’hôpital pour se porter candidate.

«Je savais qu’ils m’attendaient», a expliqué Nina Martinez.

«Les portes sont désormais ouvertes pour que les gens qui vivent avec le VIH deviennent des donneurs de rein», a dit Dorry Segev, le chirurgien qui a prélevé le rein de Nina.

«Il y a 30 ans, la maladie était une sentence de mort. Mais désormais, une personne avec le VIH peut sauver une vie», s’est-il réjoui.

Comme ailleurs, les États-Unis souffrent d’une pénurie de reins, avec 100 000 personnes environ inscrites sur la liste d’attente, selon l’Organ Procurement and Transplantation Network.

La médecin Christine Durand estime qu’environ 10 000 personnes séropositives sont en dialyse, au dernier stade de l’insuffisance rénale.

Ces personnes pourraient donc désormais recevoir des reins de personnes porteurs du VIH, ce qui bénéficiera à l’ensemble des gens sur la liste d’attente.

Les conditions sont d’être en bonne santé, et d’avoir le virus sous contrôle, ont dit les médecins.

Avec les médicaments antirétroviraux actuels, c’est le cas pour de nombreux patients, sans effet secondaire en général.

Nina Martinez se prépare d’ailleurs à courir un marathon cet automne.

«À tous ceux qui envisagent de se lancer, je veux dire que c’est faisable. Je viens de vous montrer comment, et j’ai hâte de voir qui sera le suivant», a dit la coureuse.

Combien de temps faudra-t-il avant que ces greffes se généralisent, dans d’autres hôpitaux et en dehors des États-Unis?

Comme toute innovation médicale, et les greffes en particulier, le développement sera progressif, a dit le chirurgien Dorry Segev.

«Les gens seront très prudents sur la sélection des donneurs, jusqu’à ce qu’un certain nombre de greffes aient eu lieu».

Le docteur a du reste déjà eu des coups de fils de personnes porteuses du VIH candidates à un don de rein.

 

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Naissance du premier bébé grâce à une greffe d’utérus d’une donneuse décédée


C’est un bel exploit ! Même si l’utérus est enlevé en même temps que la césarienne, a cause du traitement d’anti-rejet, c’est un espoir pour certaines femmes infertiles
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Naissance du premier bébé grâce à une greffe d’utérus d’une donneuse décédée

 

C'est la première fois qu'une transplantation d'utérus à... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

C’est la première fois qu’une transplantation d’utérus à partir d’une donneuse décédée aboutit à une naissance, et c’est aussi la première naissance avec greffe d’utérus en Amérique latine.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

MARIE-PIERRE FEREY
Agence France-Presse
Paris

 

Le premier bébé conçu grâce à un utérus transplanté chez une femme infertile à partir d’une donneuse décédée est né il y a un an au Brésil, selon une étude publiée mercredi dans la revue The Lancet.

Sept mois après la naissance, le bébé – une petite fille – allait bien, pesait 7,2 kg et était toujours nourrie au sein par sa maman, également en bonne santé, précise l’étude de l’Hôpital universitaire de São Paulo qui a conduit la greffe en 2016.

C’est la première fois qu’une transplantation d’utérus à partir d’une donneuse décédée aboutit à une naissance, et c’est aussi la première naissance avec greffe d’utérus en Amérique latine.

Depuis la première greffe d’utérus d’une donneuse vivante, en 2013 en Suède, 39 transplantations ont été opérées dans le monde, dont 11 ont conduit à une naissance.

Toutes les greffes d’utérus prélevés post-mortem, soit une dizaine aux États-Unis, en République tchèque et en Turquie, avaient échoué avant cette première mondiale.

« Le recours à des donneurs décédés pourrait élargir considérablement l’accès à ce traitement, nos résultats apportent la preuve que cela peut fonctionner, pour offrir une nouvelle option aux femmes frappées par une infertilité d’origine utérine », a déclaré le Dr Dani Ejzenberg, qui a dirigé l’étude à l’Hôpital universitaire de São Paulo, cité par le Lancet.

« La seule grossesse survenue après une greffe d’utérus prélevé post-mortem date de 2011 en Turquie » et s’était soldée par une fausse couche, observe le Dr Srdjan Saso, du département obstétrique de l’Imperial College de Londres.

« Cette démonstration réussie présente plusieurs avantages par rapport à la greffe à partir de donneur vivant : elle s’appuie sur un réservoir de donneurs potentiel plus vaste, coûte moins cher et évite les risques pour le donneur vivant », ajoute-t-il.

Pour le professeur Andrew Shennan, obstétricien à Kings College London, l’opération réussie « ouvre la voie au don d’utérus post-mortem, comme c’est le cas pour d’autres organes » ce qui « permettrait aux femmes qui ne peuvent concevoir un bébé du fait d’un utérus défaillant de porter leur propre enfant, plutôt que de dépendre de donneurs vivants, ou de recourir à l’adoption ou à une mère porteuse ».

2,5 kg à la naissance

L’opération s’est déroulée en septembre 2016. La maman qui a reçu l’utérus avait 32 ans et était née sans utérus (syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser).

L’utérus greffé provenait d’une femme de 45 ans décédée d’un AVC et donneuse de plusieurs organes (coeur, foie et reins).

L’opération a duré au total 10 h 30 et a été suivie d’un traitement immunosuppresseur pour éviter le rejet du greffon.

Cinq mois après la greffe, la patiente avait des règles normales. La grossesse est survenue après le premier transfert d’embryon unique (obtenu par fécondation in vitro) sept mois après la greffe. 

La grossesse s’est déroulée sans encombre jusqu’à la naissance par césarienne à 36 semaines de gestation, le 15 décembre 2017. Les médecins ont préféré un accouchement légèrement prématuré par césarienne pour plus de sécurité.

Le bébé pesait 2,550 kilos à la naissance et était en parfaite santé. L’utérus greffé a été retiré pendant la césarienne, de façon à arrêter le traitement immunosuppresseur, très lourd, et l’enfant et la maman ont quitté l’hôpital au bout de trois jours.

Les auteurs de l’étude soulignent que la greffe d’utérus post-mortem peut ouvrir de nouvelles possibilités d’autant que beaucoup de pays ont déjà des systèmes de régulation des dons d’organes post-mortem.

En France, sur les 6105 greffes réalisées en 2017, l’essentiel provenait de donneurs post-mortem, et seulement 629 greffes de donneurs vivants (rein et foie). En 2017, 23 828 patients ont été en attente d’un organe.

On estime que l’infertilité affecte 10 à 15 % des couples en âge de procréer dans le monde. Parmi les femmes touchées, on estime qu’une femme sur 500 présente une anomalie de l’utérus. Pour ces femmes, l’adoption et le recours à une mère porteuse sont les seules solutions en l’absence de greffe.

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Une personne séropositive peut-elle transmettre le VIH lors d’un don d’organe?


En Afrique du Sud, un enfant avait besoin d’une greffe de foie, et cela urgeait, mais le manque de don d’organe aurait eu raison de sa mort. Comme le foie est un organe qui se régénère, il est possible que le donneur soit vivant. Sa mère était compatible sauf qu’elle soit séropositive. Après plusieurs questions d’éthiques et l’impossible de sauver l’enfant autrement, la transplantation eut lieu est, ce fut un succès. Reste maintenant à savoir si l’enfant développera le VIH
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Une personne séropositive peut-elle transmettre le VIH lors d’un don d’organe?

 

Pour l'instant, les médecins n'arrivent pas à savoir sil le virus a été transmis. | ypographyimages via Pixabay License by

Pour l’instant, les médecins n’arrivent pas à savoir sil le virus a été transmis. | ypographyimages via Pixabay License by

Harriet Etheredge et Jean Botha et June Fabian

En Afrique du Sud, une mère séropositive a pu donner son foie à son fils gravement malade malgré le risque de transmission du virus.

L’Afrique du Sud fait face à une terrible pénurie de dons d’organes. Les médecins luttent pour trouver des organes appropriés pour les patients et patientes gravement malades, dont la survie dépend d’une greffe. Cette situation les accule parfois à des choix difficiles. Il arrive par exemple qu’ils doivent, pour sauver la vie d’un ou d’une patiente, envisager de lui greffer un organe provenant d’une personne dont le groupe sanguin diffère du sien, même si cela augmente les risques de complications.

Voici environ un an, nous avons nous-mêmes dû faire face à ce genre de choix: nous pouvions sauver la vie d’un enfant en lui implantant un greffon de foie –mais ce faisant, nous risquions de lui transmettre le VIH. La donneuse était en effet sa mère séropositive. La procédure comportait donc un risque de transmission du VIH à l’enfant [le foie pouvant se régénérer, il est possible d’en prélever une partie chez un donneur vivant pour la greffer à un receveur, ndlr].

En Afrique du Sud, la loi n’interdit pas la transplantation d’un organe provenant d’un donneur vivant séropositif à un receveur séronégatif, à condition qu’une solide procédure de consentement soit mise en place. En raison du risque de transmission du virus, cette approche n’est toutefois pas considérée par tous les médecins comme faisant partie des bonnes pratiques.

Le jeune récipiendaire avait passé 181 jours sur la liste d’attente des dons d’organes. Or la durée moyenne de présence sur liste d’attente dans notre programme de greffe est de quarante-neuf jours. Durant ce laps de temps, la mère de l’enfant avait demandé à maintes reprises si elle pouvait donner une partie de son propre foie à son enfant. Nous ne pouvions toutefois pas considérer cette option à l’époque, car elle allait à l’encontre de la politique de notre unité. Mais sans une greffe, l’enfant allait très certainement mourir.

Impossibilité de savoir s’il a été infecté

Après mûre réflexion, et avec l’aval du comité d’éthique médicale de l’université du Witwatersrand à Johannesburg, nous avons décidé de procéder à la greffe. En suivant une planification minutieuse, nous avons fourni à l’enfant un traitement à base de médicaments antirétroviraux avant l’intervention, avec l’espoir de prévenir l’infection par le VIH (prophylaxie pré-exposition, PrEP).

La transplantation, qui a été réalisée au centre médical Donald Gordon de l’université du Witwatersrand, a été un succès. L’enfant est aujourd’hui épanoui, mais à ce stade, nous sommes toujours incapables de déterminer son statut VIH. Durant les premiers mois qui ont suivi la greffe, des anticorps anti-VIH ont été détectés dans son organisme, et l’infection semblait donc avoir eu lieu. Mais ces anticorps ont décliné au fil du temps, et ils sont désormais presque indétectables. Nous n’avons en définitive pas été en mesure d’établir si l’enfant est effectivement infecté par le VIH. Même le recours à des tests ultra-sensibles et très spécialisés n’a pas permis de détecter le VIH lui-même dans le sang ou les cellules de l’enfant.

Il faudra probablement que s’écoule encore un certain temps avant que nous puissions avoir une quelconque certitude. Cependant, l’enfant supporte actuellement très bien le traitement antirétroviral. Les cas de contaminations survenues suite à la transplantation, par inadvertance, d’organes contaminés par le VIH révèlent que les patients devenus séropositifs de cette façon se rétablissent aussi bien que ceux qui reçoivent un greffon VIH négatif.

Cette intervention chirurgicale pourrait changer la donne pour l’Afrique du Sud. Le pays abrite en effet une importante population de personnes séropositives dont la charge virale est indétectable (on parle de charge virale indétectable lorsqu’une personne infectée par le VIH et suivant un traitement antirétroviral voit la quantité de virus dans son sang diminuer au point de devenir indétectable). Or ces personnes séropositives n’ont jamais été considérées comme des donneuses potentielles dans le cadre de la greffe de foie.Avant de procéder à la greffe, nous avons consacré un soin particulier à la mise en place d’une large consultation.

De l’importance de comprendre les risques

Recourir à la transplantation d’organes implique de relever de nombreux défis éthiques et juridiques. Les questions spécifiques et complexes posées par ce cas précis ont été soigneusement examinées. Il s’agit notamment de parler aux membres de l’équipe de transplantation, aux spécialistes de la bioéthique, de la justice, de la médecine du VIH et à celles et ceux du comité d’éthique médicale de l’université Wits. Ce comité a entre autres pour fonction de protéger les patients impliqués dans la recherche médicale, et de s’assurer que les procédures mises en place par les médecins le sont pour les bonnes raisons.

Il était évident que cette greffe allait dans le sens du meilleur intérêt de l’enfant. La principale question éthique consistait à déterminer s’il était juste de priver la mère de la possibilité de sauver la vie de son enfant, en lui refusant l’opportunité de fournir le greffon. Un principe fondamental de l’éthique est de traiter les gens équitablement. Les personnes séropositives devraient de ce fait avoir accès aux mêmes options de soins que les autres. Nous avons donc convenu, avec le comité d’éthique, que tant que les parents de l’enfant comprenaient qu’il existait un risque que celui-ci contractât le VIH, il était acceptable de procéder à la greffe.

Afin de nous assurer que les parents de l’enfant étaient bien informés et pourraient prendre leur décision dans des conditions optimales, nous avons eu recours à un «avocat de donneur vivant». Indépendant, celui-ci n’était pas employé par l’hôpital, son rôle principal était de soutenir les parents en s’assurant qu’ils comprenaient exactement quels étaient les risques pour la mère en tant que donneuse. Il était également en relation avec l’équipe de transplantation, au nom des parents, lorsque nécessaire.

Les parents, qui avaient déjà envisagé le risque que le VIH soit transmis à leur enfant suite à l’opération, se sont avérés déterminés à aller de l’avant. Ils ont été reconnaissants que l’équipe se montre disposée à examiner attentivement cette option, étant donné qu’il n’y avait pas d’alternative disponible et que leur enfant était gravement malade. Nous avons demandé aux deux parents de donner leur consentement à la procédure, car il était de leur responsabilité à tous les deux de prendre soin de leur enfant par la suite.

Une occasion pour observer la transmission du VIH

Cette intervention démontre non seulement que les médecins peuvent réaliser ce type de transplantation, mais aussi que les résultats peuvent être positifs à la fois pour le donneur séropositif et pour le receveur. Elle a également constitué une occasion unique pour les scientifiques de Wits d’étudier la transmission du VIH dans des circonstances très contrôlées.

Pour l’instant, les médecins ne sont pas en mesure de dire aux parents si la greffe a transmis le VIH à leur enfant. Cette incertitude est notamment due au fait que ce cas est unique, ce qui laisse beaucoup de questions sans réponse. Les recherches en cours permettront d’y répondre.

À l’avenir, nous continuerons de veiller à ce que les parents soient pleinement conscients de l’incertitude qu’implique ce genre d’intervention. Toutes les futures greffes de ce type seront incluses dans une étude actuellement en cours, dont l’objet est d’examiner plus en détail la transmission du VIH chez les enfants, ainsi que la façon dont le VIH peut ou non se propager via les greffes d’organes.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

 

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La vague de surdoses dans l’Ouest bénéficie aux dons d’organes


Le malheur des uns, fait le bonheur des autres ! Au Canada, surtout en Colombie-Britannique, une épidémie de surdose de drogue fait beaucoup de victimes. Le fentany est 100 fois plus fort que l’héroïne et seulement la quantité qui équivaut à 4 grains de sel peut tuer un adulte. Ces victimes a permis à une augmentation des dons d’organes .. Si la drogue tue, elle permet dans certains cas sauvés des vies grâce aux dons d’organes. Cependant, il est nécessaire qu’enrayer cette drogue sur le marché
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La vague de surdoses dans l’Ouest bénéficie aux dons d’organes

 

La corrélation entre les surdoses au fentanyl, un... (PHOTO MATHIEU WADDELL, ARCHIVES LA PRESSE)

La corrélation entre les surdoses au fentanyl, un puissant sédatif, et les greffes d’organes est significative depuis la fin 2016.

PHOTO MATHIEU WADDELL, ARCHIVES LA PRESSE

 

MICHEL COMTE
Agence France-Presse
OTTAWA

La vague de décès par surdose qui frappe le Canada bénéficie aux dons d’organes, un développement aussi paradoxal qu’inattendu de la crise du fentanyl qui fait des ravages en Colombie-Britannique.

«Il y a plus d’organes disponibles pour des transplantations et une partie de ces organes provient de victimes de surdose de drogue», explique David Landsberg, directeur des services médicaux de transplantation de la province de la côte pacifique.

Cette corrélation entre les surdoses au fentanyl, un puissant sédatif, et les greffes d’organes est significative depuis la fin 2016.

Entre le début de l’année et le 15 février, 59 organes provenant de 20 donneurs ont été transplantés dans cette province de l’Ouest canadien, selon les données des autorités sanitaires. Le chiffre était de 37 provenant de 10 donneurs pendant la même période en 2016.

Le quart des organes greffés cette année ont été prélevés sur des victimes de surdose au fentanyl, souligne à l’AFP David Landsberg.

La Colombie-Britannique, «la région la plus durement touchée» par la crise des opioïdes, selon Jane Philpott, ministre fédérale de la Santé, a déploré 914 décès par surdose en 2016, 80% de plus qu’en 2015.

Le fentanyl était en cause dans deux tiers de ces décès.

Et la tendance se maintient: pour le seul mois de janvier, 116 décès par surdose ont été enregistrés, selon les statistiques de la province.

Face à cette situation, Mme Philpott a annoncé vendredi de nouvelles mesures pour endiguer cette crise de santé publique, débloquant 75 millions de dollars, dont 10 millions en aide d’urgence à la Colombie-Britannique.

Le fentanyl, 100 fois plus puissant que l’héroïne, crée une forte dépendance, selon la police. À l’état pur, deux milligrammes, soit l’équivalent de quatre grains de sel, suffisent pour tuer un adulte.

«Un mal pour un bien»

À l’hôpital Saint Paul, dans le centre de Vancouver, David Landsberg conjugue à regret et trop souvent, les décès tragiques par surdose et les dons d’organes qui sauvent la vie des autres.

«Cela me laisse ambivalent», dit-il après un temps de réflexion. «C’est un mal pour un bien».

«J’aimerais voir la fin de l’épidémie au fentanyl, mais j’aimerais aussi que les gens sur des listes d’attente pour des dons d’organes reçoivent de l’aide».

Les victimes de surdoses sont traitées de la même façon que les autres donneurs potentiels. Certaines avaient donné de leur vivant leur consentement. Pour les autres, les médecins peuvent avoir l’accord des familles.

Les prélèvements sont opérés une fois la drogue éliminée par les organes de la victime.

Le personnel médical scrute aussi «méticuleusement» les organes des victimes pour s’assurer de ne pas transmettre de maladies infectieuses, compte tenu du risque plus élevé de contracter le virus du VIH ou une hépatite pour les consommateurs de drogues dures.

«Nous discutons de cela en détail avec les patients en attente d’organes et ne faisons la transplantation qu’avec leur approbation», dit-il.

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Des cellules continueraient de vivre dans notre corps après la mort


Chez les animaux, après leurs morts, une transcription des gènes continue pour un certain temps, il semble que cela serait aussi possible chez l’être humain. Comme si ces cellules luttent pour la vie. Cette connaissance pourrait mieux comprendre que certains receveurs d’organe développent des cancers et qu’en médecin légal, l’heure de la mort serait plus précise
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Des cellules continueraient de vivre dans notre corps après la mort

 

Des cellules continueraient de vivre dans notre corps après la mort

Plusieurs jours après la mort, des cellules continuent de vivre.Photo Gentside

La mort est un phénomène inéluctable qui met instantanément fin à toute forme de vie dans l’organisme. C’est du moins ce qu’ont longtemps pensé les scientifiques mais de plus en plus d’études semblent suggérer le contraire. C’est le cas de nouveaux travaux publiés par une équipe internationale dans la revue Royal Society Open Biology.

«Certaines cellules continuent de vivre après la mort d’un organisme», a expliqué au Mail Online, l’un des auteurs de l’étude, Peter Noble de l’Université de Washington. Plus précisément, ce scientifique et ses collègues ont découvert qu’au sein de certaines cellules, la transcription génétique, synonyme de vie, continuerait pendant plusieurs jours après la mort.

De l’activité cellulaire post-mortem avait déjà été mise en évidence par de précédentes recherches mais peu de scientifiques se sont intéressés à la transcription des gènes lorsqu’un animal meurt, ont souligné les auteurs. Pour en savoir plus, ils ont donc mené des observations sur différents spécimens dont des souris et des poissons-zèbres décédés.

DES CELLULES QUI COMBATTENT POUR VIVRE

«La mort est un processus qui dépend du temps. Nous avons encadré notre étude sur la mort en référence au « temps port-mortem » parce qu’il n’y a aucune raison de penser que lorsqu’un animal meurt, la transcription des gènes s’arrête brusquement», a relevé le Dr Noble.

Ce mécanisme correspond à  la «recopie» de l’ADN en ARN messager (acide ribonucléique). Et c’est à partir de cet ARN messager que les protéines sont produites.

Au cours de leur étude, les chercheurs ont donc vérifié l’activité de transcription de l’ARNm pendant 96 heures au sein de cellules situées dans plusieurs parties du corps. S’ils ont constaté que ce mécanisme diminuait bel et bien dans certaines cellules, ils ont en revanche découvert qu’il ne changeait pas voire augmentait dans d’autres même après 24 à 48 heures.

Certaines cellules sembleraient combattre pour rester en vie après la mort de l’organisme.

«Des cellules de types différents ont une longévité, un temps de production et une résistance au stress extrême différents», a commenté le Dr Noble pour Seeker. Il semble ainsi «que certaines cellules restent en vie et tentent de se réparer, en particulier les cellules souches». 

D’après leurs observations, les cellules encore actives post-mortem sont liées à différentes fonctions. Mais ce sont les cellules impliquées dans le développement embryonnaire, dans le système immunitaire et celles associées au développement de cancer qui se montrent les plus actives après la mort.

DES RÉSULTATS SIMILAIRES CHEZ L’HOMME?

Les scientifiques ont constaté que la transcription augmente à différents niveaux dans les différentes cellules. Cela dit, ils ont abouti à un certain degré de similitude entre tous les animaux testés, ce qui suggère que ces augmentations d’activité ne se feraient pas aléatoirement.

Par ailleurs, l’équipe a basé ses recherches sur le poisson-zèbre et la souris, car ces organismes modèles montrent de grandes similitudes avec l’espèce humaine. Ils pensent ainsi que le même phénomène pourrait se produire chez l’Homme. Une hypothèse valable alors que des études antérieures ont montré qu’un coeur humain est capable d’exprimer des gènes après la mort.

À l’heure actuelle, on ignore la raison pour laquelle la transcription des gènes se poursuit plusieurs heures après trépas. Mais les scientifiques suggèrent que ces activités cellulaires en augmentation seraient une réponse au stress extrême et soudain auquel l’organisme entier fait face lors du processus de mort.

DE LA VIE APRÈS LA MORT?

Peut-être mais cela ne veut en aucun cas dire que la résurrection est possible.

«Notre recherche ne fournit pas de preuve que les organismes peuvent être ramenés à  la vie », a souligné le Dr Noble.

En revanche, cette découverte s’avère précieuse pour comprendre pourquoi certains receveurs d’organes sont plus susceptibles de développer des cancers.

«Les gènes impliqués dans le cancer sont généralement exprimés dans des situations impliquant la prévention ou l’amélioration d’une croissance anarchique des cellules. Pourquoi ces transcriptions sont si abondantes après la mort est incertain», a précisé le spécialiste.

Néanmoins, les nombreuses transcriptions pourraient servir de «biomarqueurs» pour évaluer la «santé» de l’organe destiné à  être transplanté.

Une étude plus poussée doit être menée pour comprendre l’activité cellulaire des organes avant une greffe afin d’éliminer les cellules pouvant poser des problèmes au receveur. D’autre part, ces recherches pourraient avoir des applications dans la médecine légale, par exemple pour déterminer depuis combien de temps un patient est mort.

«En connaissant le taux d’activités cellulaires, nous avons été en mesure de déterminer précisément le moment de la mort pour un animal spécifique», a déclaré le Dr Noble. «En théorie, nous avons pris un « selfie génétique » d’un cadavre et nous utilisons cette information pour déterminer depuis combien de temps le cadavre est mort».

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Une greffe totale de visage présentée comme la plus complète jamais réalisée


Une transplantation totale du visage pour un pompier qui avait perdu son visage lors d’un feu. En fait, son visage n’avait plus rien d’humain et aujourd’hui, c’est succès. Il ne restera qu’a peaufiner les yeux et la bouche
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Une greffe totale de visage présentée comme la plus complète jamais réalisée

 

 

Greffe de visage de Patrick Hardison, la plus complète jamais réalisée à ce jour. ©NYU Langone / AFP

Greffe de visage de Patrick Hardison, la plus complète jamais réalisée à ce jour. ©NYU Langone / AFP

Une équipe de chirurgiens new yorkais a annoncé avoir réalisé une greffe totale de visage sur Patrick Hardison, un ancien pompier volontaire dont le visage avait été entièrement brûlé.

CHIRURGIE. Une équipe du centre de recherche médicale NYU Langone de New York a réalisé une greffe totale du visage présentée comme la plus complète à ce jour. En plus de la face, les chirurgiens ont en effet réalisé une greffe du cuir chevelu, des oreilles et des conduits auditifs sur Patrick Hardison, un ancien pompier volontaire de 41 ans. Il ne s’agit pas de la première greffe totale du visage, mais le professeur Eduardo Rodriguez, qui a dirigé l’opération mi-août 2015, a assuré que plusieurs éléments constituaient une avancée sur le plan médical.

Aucune cicatrice ou irrégularité sur le visage

C’est notamment la première fois que le résultat ne présente aucune cicatrice ou irrégularité sur le visage même (les cicatrices sont sur le cou et sur le crâne), a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. Un résultat obtenu grâce à un travail préparatoire qui a consisté à retirer une quantité importante de tissus du greffé avant de lui implanter le nouveau visage, selon M. Rodriguez. Patrick Hardison a reçu le visage d’un jeune homme de 26 ans, qui était en état de mort cérébrale après un accident de vélo à Brooklyn en juillet. L’équipe a également transplanté des fragments osseux et posé des plaques et des vis pour donner à l’ensemble un aspect symétrique et régulier. La greffe des oreilles et des canaux auditifs a aussi été présentée comme une première.

Le chirurgien a souligné que des progrès avaient été faits à cette occasion pour mieux gérer la réaction immunitaire de l’organisme. Patrick Hardison devra néanmoins prendre des médicaments immuno-suppresseurs durant le reste de sa vie. C’est lors d’une intervention dans un bâtiment en feu dans le Mississippi (sud) en septembre 2001 que ce pompier volontaire avait été brûlé au visage, au cou et au torse. Il avait perdu ses oreilles, ses lèvres, l’essentiel de son nez, ses cheveux et ses paupières. Des images de Patrick Hardison prises trois mois après l’intervention réalisée fin août 2015 donnent l’impression d’un visage sans cicatrice apparente, sans marque évidente, seuls les yeux et les paupières présentant un aspect tuméfié. Les images montrent également que ses cheveux et sa barbe poussent désormais de façon normale.

Plus de 150 personnes ont été mobilisées durant plus d’un an pour préparer cette intervention de 36 heures, a indiqué NYU Langone. 

Il est désormais en état de manger « normalement » et son élocution, encore difficile, « va s’améliorer de manière très importante » dans les mois à venir, a affirmé M. Rodriguez. « Il vient de manger un kebab », a-t-il expliqué en souriant au sujet de son patient, qui n’était pas présent lors de la conférence de presse.

Nouvelle opération dans les prochains mois

Patrick Hardison aux côtés du docteur Eduardo Rodriguez.... (PHOTO REUTERS)

Patrick Hardison aux côtés du docteur Eduardo Rodriguez.

Le coût de la greffe, estimé entre 850.000 et un million de dollars, a été pris en charge par une bourse spéciale de NYU Langone, a précisé M. Rodriguez. Le chirurgien avait indiqué à Patrick Hardison et sa famille que l’intervention présentait une probabilité de succès de 50 %, même si l’équipe tablait plutôt sur 90 %, a-t-il expliqué.

Patrick Hardison sera de nouveau opéré en janvier ou février prochain pour ajuster les tissus autour des yeux et de la bouche, a annoncé M. Rodriguez. Le chirurgien a précisé que les techniques de transplantation étaient aujourd’hui suffisamment avancées pour commencer à opérer des blessés de guerre.

La toute première greffe du visage a été réalisée novembre 2005 en France, par l’équipe du professeur Bernard Devauchelle du centre hospitalier français d’Amiens (Somme, nord). Il s’agissait d’une greffe partielle (nez-lèvres-menton), dont avait bénéficié Isabelle Dinoire, 38 ans, défigurée par son chien. La première greffe totale du visage, avec les paupières et tout le système lacrymal, a été réalisée fin juin 2010 en France, à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne) par le professeur Laurent Lantieri. En 2012, Eduardo Rodriguez avait déjà réalisé avec succès à Baltimore une greffe intégrale du visage sur Richard Norris, un Américain de Virginie (sud) victime d’un accident de chasse en 1997.

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Greffer un corps entier sur une tête, c’est possible ?


On dirait de la science-fiction à la Frankenstein ! Est-ce possible que les scientifiques puissent être d’accord avec ce genre de projet ? Et sur le côté éthique ? Je peux comprendre que pour un paraplégique qui pourrait se faire greffer la tête sur un autre corps serait un sentiment de liberté, de quitter son propre corps qui est en somme une prison, mais entre greffer un organe et un corps complet, n’est-ce pas un peu glauque ?
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Greffer un corps entier sur une tête, c’est possible ?

 

Le projet d'une greffe d'un corps entier sur la tête d'un receveur porté par le Dr Sergio Canavero dresse dans l’inconscient des barrières issues des mythes et  fantasmes du monstre de Frankenstein. ©Kobal / The Picture Desk / AFP

Le projet d’une greffe d’un corps entier sur la tête d’un receveur porté par le Dr Sergio Canavero dresse dans l’inconscient des barrières issues des mythes et fantasmes du monstre de Frankenstein. ©Kobal / The Picture Desk / AFP

Par Elena Sender

Ce projet fou porté par le neurochirurgien italien Sergio Canavero pourrait connaître de nouvelles avancées lors du prochain congrès de l’Académie américaine de chirurgie neurologique en juin 2015.

CHIRURGIE. Greffer le corps complet d’un donneur sur la tête d’un patient ? C’est le projet un peu fou mais tout ce qu’il y a de plus sérieux de Sergio Canavero, neurochirurgien à l’université de Turin (Italie). Celui-ci vient de dévoiler un protocole détaillant la technique chirurgicale permettant de « fusionner » la moelle épinière du donneur avec celle du receveur. Un « détail » technique prépondérant pour la crédibilité de l’opération. Surtout, Sergio Canavero est bien décidé à présenter le lancement de son projet à l’occasion du prochain congrès de l’Académie américaine de chirurgie neurologique qui se déroulera en juin 2015 à Annapolis dans le Maryland (Etats-Unis). Et il espère bien convaincre la communauté scientifique de la crédibilité de son protocole.

Nous vous proposons de retrouver ci-dessous l’enquête menée sur cet improbable projet par notre reporter Elena Sender et publiée dans le magazine Sciences et Avenir n°798 en juillet 2013.

« Monstrueux », « impossible », « ridicule », les adjectifs fusent lorsqu’on évoque une « greffe de tête », la transplantation d’une tête humaine (vivante) sur le corps d’un donneur (mort), qui permettrait à des tétraplégiques, par exemple, de recouvrer l’usage d’un corps sain. Pourtant, ce sujet très sensible vient d’être remis sur le devant de la scène par le neurologue italien Sergio Canavero. Ce directeur du groupe Advanced Neuromodulation à Turin (Italie) a en effet publié dans l’obscure revueSurgical Neurology International son projet de première transplantation de ce type, détaillant le déroulé possible de l’intervention. Le chercheur rappelle à cette occasion que cette tentative avait été réussie chez le singe Rhésus par le neurochirurgien américain Robert White, de la Case Western Reserve University (Cleveland, États-Unis), en 1970. Le singe chimérique avait survécu trente-six heures, dont trois éveillé. L’animal disposait de tous ses sens intacts (ouïe, odorat, vision, goût) mais était resté paralysé, la moelle épinière ne s’étant pas reconnectée entre la tête et le reste du corps.

« Aujourd’hui, nous avons les techniques pour accomplir cette reconnexion, assure Sergio Canavero. Des travaux ont montré que des substances chimiques, le polyéthylène glycol (PEG) et le chitosan, induisent la fusion des fibres nerveuses (axones) coupées. Nous pourrions, grâce à cela, reconnecter plus de 50% des axones. Or, d’après la littérature, la connexion de 10% seulement de fibres descendantes (du cerveau vers le corps) de la moelle épinière suffit pour rétablir le contrôle volontaire de la motricité. »

Interrogés, les spécialistes restent prudents sur la faisabilité technique de cette greffe inédite. Zohreh Amoozgar, expert en PEG à l’université Harvard (Cambridge, États-Unis), dont les travaux sont cités dans la publication de Sergio Canavero, nuance :

« Les chitosan et PEG sont certes capables de connecter les nerfs périphériques avec succès sans perte substantielle de fonction. Néanmoins, pour la moelle épinière, il faudrait y associer des sutures chirurgicales. »

Et si le greffon est rejeté ?

Une opération de microchirurgie longue et délicate s’il en est.

« Le problème majeur reste le rejet du greffon, commente pour sa part Ignacio Anegon, directeur de l’unité Inserm-Centre de recherche en transplantation et immunologie de Nantes. Les organes principaux du système immunitaire du corps (moelle osseuse, rate et ganglions) réagiront contre le tissu composite (muscles, peau, cerveau…) qui constitue la tête »

 Résultat dramatique : le corps risque de rejeter la tête ou le cerveau ! La solution passerait par des traitements anti-rejet, bien maîtrisés aujourd’hui.

« Mais les greffes ont une durée de vie limitée, poursuit Ignacio Anegon. Au bout d’un temps, variable, les traitements peuvent ne plus suffire. Or, si l’on peut retirer une main greffée lors d’un rejet, on ne pourra pas retirer la tête ! »

Le directeur de recherche appelle à la mesure : « Il manque des résultats sur une dizaine de singes, avec des traitements immunosuppresseurs, pour voir leur survie à long terme. »

Il faut aussi tenir compte des freins psychologiques.

« La greffe de tête effraie plus que toute autre, ajoute-t-il. Elle dresse dans l’inconscient des barrières issues des mythes, des fantasmes, du monstre de Frankenstein. Pour ma part, je suis cependant partisan de repousser les limites du possible pour aider des gens qui vivent des situations dramatiques. »

L’opération créera une chimère porteuse de l’esprit du receveur mais qui engendrera la descendance du donneur » – Dr Sergio Canavero 

Sergio Canavero met en avant un autre frein éthique : « L’opération créera une chimère porteuse de l’esprit du receveur mais qui engendrera la descendance du donneur. »

Quoi qu’il en soit, le neurologue estime qu’une fois obtenue l’autorisation d’un comité d’éthique et des fonds débloqués, l’opération prendrait à peine deux ans pour être mise sur pied. Où ? Un indice :

« Les Russes m’ont convié cet été à présenter mon hypothèse devant de riches mécènes », lâche-t-il.

Déjà, dans les années 1970, Robert White avait été invité par l’URSS.

« Mon inspirateur est russe d’ailleurs, souligne Sergio Canavero. C’est Constantin Tsiolkovski, le père de l’astronautique. Il disait que l’impossible d’aujourd’hui deviendra le possible de demain. »

Un possible qui, s’il devient finalement réalité, risque de faire tourner bien des têtes…

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