Cette start-up controversée effectuait des transfusions de “sang jeune” !


Drôle de coïncidence, justement dan une série télévisée que j’ai regardé cette semaine, il était justement question de transfusion de sang pris chez de jeunes adolescents. En tout cas, il y en a qui cherche la fontaine de jouvence, même si la science n’a pas prouvé le côté bénéfique à ce genre de procédé.
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Cette start-up controversée effectuait des transfusions de “sang jeune” !

 

Crédits : Flickr/ makelessnoise

par Yohan Demeure, rédacteur scientifique

Aux États-Unis, les croyances populaires ont la peau dure ! De prétendus tests effectués sur des souris ont été suffisants pour certaines personnes désirant lutter contre le vieillissement. Celles-ci n’ont pas hésité à se faire transfuser du sang de personnes plus jeunes contre des milliers de dollars !

La FDA a réagi

Depuis 2017, la start-up connue sous le nom d’Ambrosia vend des transfusions de sang d’adolescents pour 8 000 dollars le litre et 12 000 dollars les deux litres. Cette société a attiré en plus de deux ans environ 600 patients, en expliquant à ces derniers qu’il s’agissait d’un essai clinique visant à déterminer si la manipulation entraînait des modifications du sang des receveurs.

Comme Amboisia l’indique sur son site, les activités de transfusion de sang jeune ont été stoppées après la décision prise par la Food and Drug Administration(FDA), comme le relate un communiqué publié le 19 février 2019. L’organisation a même formulé une mise en garde à destination de la population contre cette pratique. Rappelons tout de même que la société Ambosia était active dans cinq grandes villes américaines.

Pourquoi une telle décision ?

La mesure prise par la FDA est totalement compréhensible. En effet, Ambrosia n’a pas de lien avec un quelconque groupe de contrôle, et ne semble pas avoir d’employés ou d’investisseurs, ni même d’adresse ! De plus, la société avait été créée par un certain Jesse Karmazin, diplômé en médecine mais n’ayant jamais acquis le droit de pratiquer et ayant déclaré avoir mené sa propre étude. Le fait est qu’aucun résultat justifiant de ces prétendues recherches n’a jamais été publié.

«Nos préoccupations concernant les traitements plasmatiques chez les jeunes donneurs sont exacerbées par le fait qu’il n’existe aucune preuve clinique convaincante de son efficacité, ni aucune information sur le dosage approprié pour traiter les affections pour lesquelles ce type de produit a été annoncé », pouvait-on lire dans le communiqué de la FDA.

La FDA a donc affirmé qu’aucun effet bénéfique de la transfusion de sang jeune chez l’être humain n’a jamais été cliniquement prouvé par la Science, bien que des tentatives aient déjà eu lieu. Par ailleurs, les tests effectués par Ambrosia n’ont pas été rigoureux. La pratique pourrait même s’avérer dangereuse. En effet, la transfusion d’importants volumes de plasma comporte des risques d’infection, d’allergies ou encore de problèmes respiratoires. De plus, la transfusion de sang jeune ne permet de lutter ni contre le vieillissement, ni contre le cancer ou encore la maladie d’Alzheimer.

Sources : Business InsiderLe MondeSiècle Digital

https://sciencepost.fr/

Le Saviez-Vous ► Don de sang : 35 ans plus tard, les répercussions d’un communiqué


Cela s’est passé au Canada quand le Sida est apparu dans le pays. Bien qu’on ne savait pas grand chose de cette maladie, la Croix-Rouge du Canada a stigmatisé la communauté haïtienne sans raison logique. Tout drogué, ceux atteint de VIH/Sida, les homosexuels ainsi que les Haïtiens ne devaient pas faire des dons de sang. C’est comme dire que les noirs sont porteurs de Sida. Vous imaginez la méfiance des personnes qui voulaient un logement ou n’importe quoi d’autres … ? Alors qu’il y a des maladies génétiques qui ont besoin de transfusion sanguine avec un même bagage génétiques causaient un réel problème dans les banques de sang. Aujourd’hui, encore … Cette stigmatisation a encore des effets négatifs parmi les plus vieux, les uns restant avec leurs préjugés, les autres avec une blessure profonde
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Don de sang : 35 ans plus tard, les répercussions d’un communiqué

 

Communiqué du 10 mars 1983 de la Croix-Rouge canadienne demandant à certaines personnes et communautés de ne pas donner leur sang.

Communiqué du 10 mars 1983 de la Croix-Rouge canadienne demandant à certaines personnes et communautés de ne pas donner leur sang. Photo : Courtoisie: Viviane Namasté

En 1983, la Croix-Rouge canadienne publie un communiqué déconseillant aux homosexuels, aux héroïnomanes et aux Haïtiens de donner leur sang. Trente-cinq ans plus tard, le souvenir de cette époque est toujours douloureux pour des Haïtiens vivant au Canada, l’impact s’est même fait sentir dans le programme du don du sang.

Un texte de Marie-Laure Josselin

Marlène Rateau ne peut oublier ce 10 mars 1983, lorsque les médias parlent de cette mystérieuse maladie pour évoquer le communiqué de la Croix-Rouge canadienne qui fait le lien entre le VIH/sida et la communauté haïtienne à laquelle Marlène appartient.

« De la colère, de la colère, raconte en grinçant les dents celle qui a été infirmière puis enseignante. Je me disais que ce n’est pas possible que je vive dans un pays de droits et que les droits soient bafoués par nul autre qu’un organisme international! »

Marlène Rateau, ancienne infirmière et enseignante

Marlène Rateau, ancienne infirmière et enseignante Photo : Radio-Canada/Marie-Laure Josselin

Le premier cas officiel du sida avait été signalé au Canada en 1982. Un an plus tard, 27 autres cas avaient été répertoriés.

Emboîtant le pas aux États-Unis, la Croix-Rouge canadienne cible alors trois communautés et leur demande de ne pas donner leur sang.

Pour la communauté noire, c’est le choc. Sur la place publique, la visibilité de leur couleur de peau les associait à la maladie.

La stigmatisation était grave aussi pour les autres, mais ils pouvaient se diluer dans la population. Mais nous? 1983, pour les Noirs, c’était : « Il a probablement le sida, je ne m’assoirai pas à côté de lui dans l’autobus, car je ne veux pas attraper ce mal. » C’était épouvantable!

Marlène Rateau

Même dans les hôpitaux, le personnel venait chercher les collègues d’origine haïtienne « pour leur dire : tu devrais t’occuper de ce patient, il a ta maladie. Ça arrivait », raconte Marlène Rateau.

« Plein de gens m’ont dit cela », confirme Viviane Namasté, titulaire de la Chaire de recherche sur le VIH/sida et la santé sexuelle à l’Université Concordia.

Depuis cinq ans, elle s’intéresse à ce sujet. Et elle aussi, elle a entendu plusieurs histoires, notamment celles de locataires potentiels qui demandaient au propriétaire de logement où il y avait eu des Haïtiens de le désinfecter au complet.

Les gens pensaient que le sida était comme une maladie contagieuse, facile à attraper. Et c’est la compréhension de la maladie à ce moment : comme un petit rhume que l’on peut attraper. Pour se protéger, la personne allait s’éloigner physiquement de la personne soupçonnée d’être infectée. Viviane Namasté, titulaire de la Chaire de recherche sur le VIH/Sida et la santé sexuelle à l’université Concordia

Pourtant, à l’époque, on ne sait quasiment rien sur le virus. La Croix-Rouge ne publie qu’en 1984 un dépliant où il est question de sida, mais il ne fait mention ni des signes ni des symptômes. Ce qui ne l’empêche pas de publier deux communiqués dans l’année 1983 demandant à certaines communautés d’éviter de donner leur sang, et ce, même si la communauté haïtienne l’alertait sur cette stigmatisation.

On ne ciblait pas des personnes pour leur comportement ou à cause d’une pratique, mais selon leur nationalité. Le communiqué a été reçu comme une insulte et une blessure qui a marqué les gens.

« Aujourd’hui encore, je ne leur pardonne pas », répète Marlène Rateau.

À l’époque, elle tentait d’organiser des collectes de sang afin de soulager les patients atteints d’anémie falciforme, une maladie du sang qui touche majoritairement la communauté noire.

Pour exprimer la douleur que représente l'anémie falciforme, une maladie du sang, on pourrait prendre l'exemple du piment. Ça brûle, pique, c'est chaud dans tout le corps car la douleur peut débuter à un doigt, un bras, une jambe.

Pour exprimer la douleur que représente l’anémie falciforme, une maladie du sang, on pourrait prendre l’exemple du piment. Ça brûle, pique, c’est chaud dans tout le corps car la douleur peut débuter à un doigt, un bras, une jambe. Photo : Radio-Canada/Marie-Laure Josselin

Selon l’association d’anémie falciforme du Québec, la maladie est plus répandue que toute autre maladie génétique. Une personne de race noire sur 10 en a le gène et un enfant sur 400 de la communauté à risque en est atteint. Les transfusions sanguines sont nécessaires pour soulager les patients, faute de remèdes.

On ne peut pas transfuser uniquement sur la base du groupe sanguin, il faut aller au-delà, sinon la personne peut faire des réactions. C’est plus facile de trouver du sang compatible chez les personnes qui partagent le même bagage génétique, d’où l’importance d’encourager les gens de la communauté noire à donner du sang, car c’est un vrai besoin. C’est crucial! Wilson Sanon, président de l’association d’anémie falciforme du Québec.

Fin des années 70, lors de ces collectes, Marlène Rateau avait déjà du mal à trouver beaucoup de donneurs, « et 1983 est arrivé et a tout bousillé ».

Un an plus tard, le Comité consultatif national sur le sida a aussi distribué 200 000 exemplaires d’un dépliant faisant encore une fois le lien entre le sida et les trois communautés.

On ne parlait pourtant pas dedans de port de préservatif et on pouvait y lire que si vous ne faisiez pas partie de ces groupes, vous ne courriez presque aucun risque de contracter le sida.

Les membres de la communauté haïtienne ont rué dans les brancards pour essayer de comprendre.

« Pourquoi, pourquoi alors qu’il y a encore tant de questionnements, cibler une communauté entière? »

« Les traces de cette blessure existent toujours, assure Viviane Namasté. Les gens m’ont dit qu’ils en avaient parlé à leurs enfants et leurs petits-enfants. C’est sûr qu’il y a eu un transfert générationnel de cette histoire. »

Marlène, comme d’autres, n’a pas encouragé ses enfants à donner leur sang. Le traumatisme est trop grand…

Peut-être, ose-t-elle avancer, que les jeunes peuvent passer par-dessus, mais « pas une vieille comme elle ». Sans ce communiqué, elle l’assure, elle aurait inculqué ce « geste de générosité » à sa famille.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/

Le virus du Nil


La seule arme que nous avons contre le virus du Nil présentement est la prévention. Aucun antibiotique ou vaccin n’est présentement efficace sur les moustiques qui sont vecteurs de ce virus et qui le transmet aux oiseaux et aux humains …
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Le virus du Nil

 

GETTY IMAGES/ISTOCKPHOTO

Pour voyager de l’un à l’autre, le virus du Nil utilise un moyen ingénieux : les insectes qui piquent les oiseaux et les humains.

Comme dans bien des secteurs de la santé, la prévention demeure ici notre meilleure alliée.

En 1978, alors que j’étudiais en biologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières, j’obtins comme emploi d’été le privilège de travailler avec le groupe de recherche en démoustication sous la direction des professeurs Jean-Pierre Bourassa et Antoine Aubin. Une de mes tantes avait alors ironisé en disant qu’il n’était pas nécessaire de faire des études universitaires pour élever des maringouins. Mal lui en prit, car aujourd’hui, il n’aurait été des efforts de ces pionniers, nous serions encore bien plus démunis face au virus du Nil. À ce chapitre, le Québec a adopté une approche novatrice en tentant de diminuer les populations de moustiques à l’aide d’un agent biologique non dommageable pour l’humain : le Bacillus thuringiensis israelensis. Ce microorganisme s’attaque efficacement aux larves des maringouins, c’est ce qui s’appelle tenter de tuer le mal dans l’œuf. Comme le souligne un document rédigé pour le ministère de l’Environnement par le Dr. Jean O. Lacoursière, entomologiste et professeur associé, et le Dr. Jacques Boisvert, microbiologiste et professeur titulaire du département de chimie-biologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières en 2004 ( http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/pesticides/virus-nil/bti/ ) :

« Autorisés au Canada depuis 1982, les produits à base de Bti (Bacillus thuringiensis israelensis) sont couramment utilisés dans le contrôle des populations de moustiques et de mouches noires. Depuis 2002, on les utilise pour contrôler les populations de moustiques vecteurs du virus du Nil occidental au Québec. »

Pas fou, ce virus du Nil. Il ne se contente pas d’infecter les oiseaux, mais trouve aussi preneur chez les humains. Pour voyager de l’un à l’autre, il utilise un moyen ingénieux : les insectes qui piquent les oiseaux et les humains. Nous avons donc ici 4 intervenants : le virus qui cause l’infection, deux victimes (les oiseaux et les humains) et un vecteur, l’insecte piqueur comme le maringouin. Pour garder le niveau d’infection le plus bas possible, nous avons donc 4 possibilités d’intervention.

Plusieurs recherches sont en cours pour mettre sur pied un vaccin, mais aucune n’a encore des résultats concrets.

On pourrait vouloir agir sur le virus même, en l’éliminant avec un médicament quelconque. Mais les antibiotiques sont inefficaces contre les virus. Plusieurs recherches sont en cours pour mettre sur pied un vaccin, mais aucune n’a encore des résultats concrets.

Autre champ possible d’intervention : les moustiques vecteurs. Il serait impossible d’éliminer tous les maringouins, mais si on parvient à diminuer sensiblement le nombre de moustiques dans une région donnée, on réduit de beaucoup le risque de transmission des oiseaux aux humains. C’est ce que l’on tente de faire avec le projet de démoustication.

Héma-Québec a annoncé que toutes ses réserves de sang ainsi que le sang provenant de tous les donneurs seraient examinés et vérifiés.

    Finalement, les scientifiques ont découvert que le virus pouvait se transmettre aussi par des transfusions sanguines et par des dons d’organes. Héma-Québec a annoncé que toutes ses réserves de sang ainsi que le sang provenant de tous les donneurs seraient examinés et vérifiés. Quant aux dons d’organes, le risque est minime par rapport aux avantages souvent essentiels pour la vie du receveur. Le virus pourrait aussi être transmis par le lait maternel si, évidemment, la mère est porteuse.

    En ce qui concerne les symptômes, Santé Canada nous apprend sur son site:

    « Les symptômes peuvent aller de bénins à graves. La plupart des personnes (70 à 80 %) infectées au virus du Nil occidental ne ressentent aucun symptôme.

    Certaines personnes ont des symptômes bénins qui peuvent comprendre :

  • fièvre

  • maux de tête

  • courbatures

  • éruption cutanée légère

  • ganglions lymphatiques enflés

    Les premiers symptômes apparaissent généralement de 2 à 15 jours après l’infection.

    Toute personne infectée risque de développer des symptômes et des effets plus graves pour sa santé. Les adultes de 50 ans ou plus et les personnes ayant une affection sous-jacente ou un système immunitaire affaibli ont toutefois un risque plus élevé.

    Très peu de personnes (moins de 1 % des personnes infectées au virus) développeront des symptômes graves et auront des effets sur leur santé. Dans nombre de ces cas, l’infection peut affecter le système nerveux central, soit les tissus du système nerveux du cerveau et la moelle épinière.

    Les symptômes graves peuvent inclure :

  • apparition rapide de maux de tête importants

  • forte fièvre

  • raideurs au cou

  • nausées ou vomissements (parfois les deux)

  • difficulté à avaler

  • somnolence

  • confusion

    Vous pouvez aussi ressentir des symptômes graves comme :

  • pertes de connaissance

  • manque de coordination

  • faiblesse musculaire

  • paralysie

    En général, le rétablissement peut prendre une semaine dans les cas bénins. Dans des cas graves, la personne peut ressentir divers effets sur sa santé pouvant aller de plusieurs mois à quelques années après l’infection initiale par la maladie. Certains cas graves de la maladie peuvent entraîner la mort. »

    Toujours sur ce même site, on apprend que :

    « Le virus du Nil occidental est une maladie relativement nouvelle en Amérique du Nord. Ses effets à long terme ne sont pas entièrement compris. La plupart des personnes, même celles qui présentent des symptômes et des effets graves sur leur santé, se rétablissement complètement. D’autres connaissent des problèmes de santé permanents.

    Ces problèmes peuvent comprendre :

    • des effets sur la condition physique, notamment :

      • une faiblesse musculaire à long terme et une paralysie

      • fatigue

      • maux de tête

      • effets sur l’état mental, notamment :

        • confusion

        • dépression

        • problèmes de concentration et perte de mémoire

        • effets sur la capacité fonctionnelle, notamment :

          • difficulté à préparer des repas

          • capacité diminuée à faire des activités physiques extérieures

          • difficulté à faire les tâches quotidiennes, p. ex. le magasinage

        Quant aux traitements, ils peuvent varier d’une simple surveillance avec traitement des symptômes lorsqu’il s’agit de conditions bénignes à des hospitalisations dans les cas les plus sévères.

        Comme dans bien des secteurs de la santé, la prévention demeure ici notre meilleure alliée. Les règles de prévention individuelle consistent à éviter les piqures d’insectes en portant surtout le matin et le soir (ou en tout temps si on fréquente des endroits où il y a beaucoup de moustiques) des vêtements qui couvrent tout le corps (ne pas oublier le bas des jambes et les pieds). On peut enduire les parties restantes d’un insecticide. Ne pas oublier de vérifier l’état des moustiquaires de votre maison, chalet ou tente. Il ne faudrait tout de même pas permettre à l’ennemi d’entrer dans la maison et la recommandation vaut aussi bien dans les grandes villes qu’en campagne.

        Rappelons que cette année fut et demeure idéale pour la prolifération des insectes piqueurs, le printemps ayant été pluvieux et frais et les canicules ne s’étant pas vraiment produites. Ces conditions météorologiques font en sorte que les marres d’eau (lieux de prédilection pour la multiplication des insectes) ne se sont pas évaporées et qu’elles continuent donc de fournir à ces insectes des conditions idéales de prolifération, et ce même à la fin du mois d’août.

        http://quebec.huffingtonpost.ca/

        Le don de sang pour chiens et chats


        Ceux qui ont des chiens et des chats, s’ils sont vaccinés, stérilisés et un poids exigé, peuvent devenir des donneurs de sang. Cela permet de sauver d’autres animaux
        Nuage

         

        Le don de sang pour chiens et chats

         

        Charel Traversy

         

        Le don de sang chez les chiens et les chats est de plus en plus répandu. Un tel don peut sauver en moyenne plus de deux vies… animales.

        Le chien Toothless est un habitué. Il en est à son sixième don de sang. Il figure d’ailleurs sur la liste des donneurs réguliers du Centre Vétérinaire Laval. Quatre de ses dons ont déjà servi pour guérir d’autres chiens.

        «On a besoin de sang dans les cas de trauma. On parle d’animaux qui se font frapper, ou des animaux qui ont des cancers ou encore des chiens qui ont des problèmes immunitaires», explique Vicky Houde, technicienne en santé animale certifiée qui s’occupe de la banque de sang au Centre Vétérinaire Laval.

        Le don de Toothless représente une quantité de 450 millilitres. Le sang est par la suite centrifugé, pour séparer les globules rouges et le plasma.

        «On peut encore une fois diviser la quantité de plasma en deux, en trois. Ça va dépendre de la grosseur du chien qui reçoit la transfusion sanguine. On pourra sauver deux, trois, même quatre vies avec le même sac», explique Vicky Houde.

        LE POIDS DE LA BÊTE

        Pour que le prélèvement demeure sécuritaire pour le donneur, le poids est un critère important. Les chiens doivent peser plus de 55 livres, les chats plus de 10 livres. Ils doivent aussi être en bonne santé, âgés de 2 à 8 ans, être vaccinés et stérilisés.

        Le plasma prélevé servira également pour fabriquer du sérum ophtalmique utilisé pour soigner des problèmes oculaires chez les animaux.

        Chez la famille Gravelle, Toothless n’est pas le seul à donner du sang.

        «J’ai trois chiens et un chat qui donnent. Et moi aussi», raconte Shannon Gravelle, propriétaire de Toothless.

        En Mauricie, dans les cliniques vétérinaires, la pratique est plus rare. Parfois, si la demande est urgente, les vétérinaires se tournent vers la SPA qui leur fournit un chat ou un chien qui remplit les exigences.

        «On l’inscrit dans le dossier d’adoption et ils deviennent des petits héros»,

        explique Sarah-Lise Hamel, responsable des communications SPA Mauric

        http://fr.canoe.ca

        Le sang des jeunes et des femmes moins bon pour la transfusion?


        Une constatation assez surprenante que le sang serait meilleur chez les donneurs hommes entre 40 et 50 ans que les jeunes en bas de 20 ans et les femmes. Cependant, cela ne devrait pas décourager les femmes et les jeunes a faire des dons de sang, car d’autres études devront être faites
        Nuage

         

        Le sang des jeunes et des femmes moins bon pour la transfusion?

         

        Don de sang

        Don de sang   PHOTO : ROIBU

        Les patients qui reçoivent des transfusions sanguines de donneurs plus jeunes ou de sexe féminin risquent davantage de mourir, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs associés à l’hôpital d’Ottawa. Des résultats qui étonnent.

        Un reportage de Jean François Bouthillette  de l’émission Les Années lumière

        Cette vaste enquête met en évidence une association claire entre l’âge et le sexe des donneurs, d’une part, et le risque de décès des receveurs de transfusions sanguines au cours des années qui suivent, d’autre part.

        Par exemple, les patients ayant reçu six unités de globules rouges données par des femmes présentent un taux de mortalité de 36 % dans l’année suivant les transfusions, par rapport à un taux de 27 % pour des patients ayant reçu du sang d’hommes uniquement.

        Une baisse de 8 % du taux de survie est aussi enregistrée chez les patients ayant reçu du sang de donneurs de moins de 20 ans, par rapport aux patients ayant reçu du sang de donneurs de 40 à 50 ans.

        Des chiffres qui étonnent

        Les résultats de cette analyse, publiés cette semaine dans la revue JAMA Internal Medecine, surprennent les auteurs eux-mêmes.

        À la lumière de la littérature existante, ils s’attendaient plutôt à ce que le sang « jeune » puisse être plus performant, affirme l’auteur principal de l’étude, le Dr Michaël Chassé, médecin intensiviste au CHU de Québec et associé à l’Institut de recherche de l’hôpital d’Ottawa.

        À ce stade, on ne peut qu’émettre des hypothèses quant aux raisons pour lesquelles ces caractéristiques du donneur pourraient influencer la santé de certains receveurs – si cela s’avérait.

        Les chercheurs pensent qu’un tel effet pourrait s’expliquer par la différence entre les systèmes immunitaires du donneur et du receveur.

        « Les jeunes ont un système immunitaire plus actif, plus agressif contre les invasions », ce qui pourrait entraîner une réaction chez le receveur, explique le Dr Chassé.

        Avec la collaboration de la Société canadienne du sang et de quatre hôpitaux ontariens, le Dr Chassé et ses collègues ont pu analyser les dossiers médicaux anonymisés de 30 503 patients ayant reçu 187 960 transfusions de sang issu de 80 755 donneurs uniques.

        Ils ont pu suivre cette cohorte sur sept ans et comparer la survie des receveurs ayant reçu du sang de donneurs d’âge et de sexe différents.

        Si les résultats sont statistiquement significatifs, il faut souligner que ce genre d’étude ne démontre pas l’existence d’une relation de cause à effet entre l’âge ou le sexe du donneur et la santé du receveur.

        Pas d’inquiétude, mais de l’intérêt

        On ne doit pas changer nos pratiques transfusionnelles sur la base d’une seule étude. C’est la première à montrer ce genre d’observation, et elle doit encore être confirmée. L’auteur principal de l’étude

        D’autres études seront nécessaires pour arriver à ce genre de certitude. Le Dr Chassé s’affaire d’ailleurs à mettre sur pied une étude randomisée d’envergure qui permettrait d’isoler plus précisément l’effet de l’âge ou du sexe du donneur sur le receveur.

        Le sang transfusé au Canada n’a jamais été aussi sécuritaire, insiste d’ailleurs le Dr Chassé, qui prescrit lui-même des transfusions à ses patients, dans sa pratique médicale.

        Les banques de sang à l’affût

        De leur côté, les gestionnaires de banques de sang s’intéressent de près à cette nouvelle piste. À la Société canadienne du sang, qui a contribué à l’étude, on estime que ces données pourraient mener à une meilleure compréhension des effets des caractéristiques du donneur sur la santé du receveur.

        Chez Héma-Québec, on se dit interpellé par l’article.

        « C’est une étude très bien réalisée, il faut prendre ses résultats très au sérieux », affirme le Dr Marc Germain, vice-président aux Affaires médicales.

        Cela dit, il ne faut pas sauter aux conclusions. Avant de catégoriser en fonction de critères aussi larges que l’âge ou le sexe, il faudrait identifier des facteurs plus pointus qui nous permettraient de savoir quels produits sanguins provenant de ces groupes-là sont de moins bonne qualité. Dr Marc Germain, vice-président aux Affaires médicales

        Or, dit-il, si de tels effets se confirmaient, on verrait à adapter les pratiques.

        L’étude publiée cette semaine ouvre peut-être la voie vers des soins plus personnalisés dans le domaine de la médecine transfusionnelle. Si l’on confirmait l’existence d’avantages pour des patients fragiles, par exemple, on pourrait à terme choisir le sang à transfuser en fonction de la compatibilité du donneur et du receveur, notamment en matière d’âge ou de sexe.


        Le Dr Marc Germain, vice-président, affaires médicales chez Héma-Québec, explique que ce genre d’étude a déjà amené les banques de sang et les médecins à adapter leurs lignes directrices et à exclure certains produits sanguins, dans le passé

        http://ici.radio-canada.ca/

        Le Saviez-Vous ► Les 10 pires erreurs médicales


        Il arrive malheureusement, des erreurs médicales, qui ont causé de grands torts aux patients dont certains en sont morts. La plupart sont des négligences faites par les médecins. Reste à espérer de ne jamais être victimes d’erreurs médicales
        Nuage

         

        Les 10 pires erreurs médicales

         

        malgré la compétence des chirurgiens, des erreurs graves peuvent avoir lieu.

        Malgré la compétence des chirurgiens, des erreurs graves peuvent avoir lieu. © gpointstudio – Fotolia

        Amputations par erreur, instruments oubliés dans le ventre d’un patient, transplantation de mauvais organes… Voici la liste des pires ratés de la médecine ces dernières années. Dix expériences qui peuvent a priori prêter à sourire, mais sont en fait de véritables tragédies.

        Mauvais organes transplantés

        les procédures de vérifications sont désormais plus strictes.

        Les procédures de vérifications sont désormais plus strictes. © Sweet Lana – Fotolia

        Jesica Santillan était une jeune mexicaine âgée de 17 ans. Atteinte de cardiomyopathie et de dommages aux poumons, elle avait franchi la frontière américaine pour être soignée dans un hôpital de Caroline du Nord. En février 2003, les chirurgiens lui greffent un cœur et des poumons. A la fin de l’opération, les médecins effectuent des contrôles de routine. Ils s’aperçoivent que le groupe sanguin de Jesica (O+) ne correspond pas à celui du donneur d’organes (A). Moins de quinze jours plus tard, elle décédait, après une seconde greffe.

        Il avait oublié les ciseaux dans son ventre

        le chirurgien esthétique lyonnais a reconnu sa responsabilité.

        Le chirurgien esthétique lyonnais a reconnu sa responsabilité. © HENRY ADAMS – Fotolia

        Elle voulait se faire retendre le ventre après deux grossesses. Une patiente lyonnaise est sortie de l’hôpital fin 2010 après une intervention sans histoire. Mais très vite, elle ressent de violentes douleurs à l’abdomen. Son médecin parle d’œdème et la rassure. Sauf que six mois plus tard, la patiente est prise d’une quinte de toux. La douleur est insupportable et une pièce de métal de quelques centimètres sort de son ventre. Le chirurgien avait tout simplement oublié une pince de Halstead – un instrument proche des ciseaux, utilisé lors des opérations – dans son ventre…

        « Le seul responsable c’est moi, j’assume la responsabilité » assura le chirurgien esthétique lyonnais.

        Elle perd ses jambes après une grossesse extra-utérine

        la patiente marche désormais avec des prothèses.

        La patiente marche désormais avec des prothèses. © nuriagdb – Fotolia

        Elle devait subir une intervention de routine, mais tout ne s’est pas passé comme prévu.

        Stacey Galette, 30 ans, avait développé une grossesse extra-utérine. Soignée dans un hôpital près de New York, elle devait subir une cœlioscopie. Pendant l’opération, le chirurgien perfora son intestin. L’hémorragie fut réparée, mais son sang infecté provoqua une gangrène. Trois semaines plus tard, la jeune femme se réveilla aux soins intensifs avec les deux jambes coupées au niveau du genou. En 2014, elle a obtenu 64 millions de dollars de dommages et intérêts.

        On lui retire le mauvais testicule

        le patient a attaqué l'hôpital responsable en justice.

        Le patient a attaqué l’hôpital responsable en justice. © VILevi – Fotolia

        On avait dit à Benjamin Houghton qu’il pourrait poursuivre une vie normale. A 47 ans, il devait subir une intervention destinée à lui retirer son testicule gauche, qui était potentiellement cancéreux.

        A son réveil, les médecins lui annoncent une mauvaise nouvelle. Ils se sont trompés et ont retiré le testicule droit. La procédure était d’ailleurs mal embarquée depuis le départ, puisque l’hôpital avait fait signer au patient un formulaire autorisant l’opération du testicule droit (sain) et que les médecins n’avaient pas marqué au feutre l’emplacement de l’intervention.

        Le chirurgien part déjeuner

        le chirurgien est accusé de négligence par la famille de la victime.

        Le chirurgien est accusé de négligence par la famille de la victime. © beerkoff – Fotolia

        En 2012, un homme de 72 ans, Silvino Perez, était opéré en raison de troubles cardio-vasculaires dans un hôpital de Fresno, en Californie. Des complications se manifestent à l’issue de l’intervention et le patient est plongé dans un état végétatif.

        Quelques mois plus tard, le gendre du malade reçoit un coup de fil anonyme. La « voix » indique que le chirurgien avait quitté la salle d’opération alors que le cœur du patient était encore ouvert. Il aurait laissé à un assistant le soin de finir le travail pour se rendre à un déjeuner. Une plainte a été déposée.

        L’affaire du sang contaminé

        l'origine du sang utilisé lors des transfusion est désormais mieux contrôlée

        L’origine du sang utilisé lors des transfusion est désormais mieux contrôlée © FedeCandoniPhoto – Fotolia

        C’est une affaire qui avait fait grand bruit. L’hémophilie est une maladie génétique rare, touchant principalement des hommes. La coagulation du sang des patients est perturbée : des transfusions sanguines peuvent être nécessaires.

        Au milieu des années 1980, en France, le Centre national de la transfusion sanguine a distribué des produits sanguins (plasma, sang…) qui pouvaient être porteurs du virus du sida et de l’hépatite C. Si le VIH était encore mal connu, certains tests permettaient déjà d’écarter des produits sanguins.

        Trois cents personnes auraient trouvé la mort en raison de ces transfusions.

        Ce n’était pas le bon sperme

        la fécondation in-vitro a donné naissance a des milliers de 'bébés éprouvette'

        La fécondation in-vitro a donné naissance a des milliers de « bébés éprouvette » © ktsdesign – Fotolia.com

        Thomas et Nancy Andrews voulaient avoir un deuxième enfant. Après des mois d’efforts, ils s’adressent à une clinique new-yorkaise.

         Le médecin procède à une fécondation in-vitro. Le couple est ravi lorsque Nancy est enceinte. A la naissance de la petite Jessica, le père est surpris : l’enfant a la peau très foncée, tandis que lui et sa femme sont de types blancs et latino.

        Un test ADN démontre que Thomas n’est pas le père de l’enfant. Le couple a porté plainte contre la clinique, qui aurait mélangé les échantillons de sperme.

        Un tube de gavage dans les bronches

        le tube de gavage atteint normalement l'estomac.

        Le tube de gavage atteint normalement l’estomac. © sudok1 – Fotolia.com

        Brûlé au 3e degré, Martin Girard fut transporté à l’hôpital de Clermont, au Québec. Les choses tournent mal lorsque l’un des personnels soignants lui pose un tube de gavage, destiné à assurer l’alimentation du patient via l’estomac.

        Malheureusement, l’outil est mal disposé et pénètre dans la bronche gauche de l’homme à la place du tube digestif. Les voies respiratoires sont obstruées et le patient succombe à un arrêt cardiaque. Il décède trois jours plus tard, des suites neurologiques. 

        Elle se réveille pendant qu’on lui retire un œil

        le médecin ne s'est pas adressé à la patiente pour la calmer

        Le médecin ne s’est pas adressé à la patiente pour la calmer © Stephan Morrosch – Fotolia (illustration)

        Carol Weiher devait déjà subir une intervention peu agréable. Après des années de troubles oculaires, un chirurgien devait lui retirer un œil, dans un hôpital de Washington. Elle est endormie par un anesthésiste. Mais elle se réveille au moment où l’opération démarre.

        Au loin, une musique, puis la voix du chirurgien qui procède à l’opération.

        Elle est consciente mais incapable de bouger en raison des substances paralysantes utilisées pour l’anesthésie. Elle parvient à alerter les médecins en bougeant un doigt. Le chirurgien s’en aperçoit. L’anesthésiste renforce la dose. Elle sent les médecins tirer sur son oeil. Carol se réveillera quelques heures plus tard pour devenir l’une des militantes les plus ferventes des droits des patients.

        Il opère le mauvais côté du cerveau

        les deux hémisphère du cerveau ont des fonctions différentes

        Les deux hémisphère du cerveau ont des fonctions différentes © Mikhail Basov – Fotolia

        Le chirurgien était sûr de lui. Lorsque l’infirmière d’un hôpital du Rhode-Island (Etats-Unis) lui demanda s’il était certain d’opérer le bon côté du cerveau d’un homme de 86 ans, le spécialiste lui assura que oui.

        Pourtant, les formulaires nécessaires n’étaient pas remplis et les images de scanner montraient un saignement de l’autre côté de la tête (l’homme était soigné en raison d’un caillot sanguin). Le patient n’a pas survécu. Deux autres personnes furent victimes de graves négligences similaires dans le même hôpital en moins d’un an. Des procédures plus sévères de vérification furent appliquées.

        Erreurs médicales

        Difficile de connaître le nombre d’accidents médicaux de ce type qui se déroulent en France chaque année. En 2009, Philippe Juvin, alors chef des urgences à l’hôpital Beaujon (Clichy, Hauts-de-Seine) estimait à « 10000 morts par an » le bilan de ces erreurs. Selon lui, 300 000 à 500 000 évènements indésirables graves avaient lieu chaque année dans les hôpitaux hexagonaux. Des procédures de vérification après chaque décès suspect pourraient améliorer la situation.

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        Le Saviez-Vous ► Juin 1667 : Le médecin Denis entreprend la première transfusion sanguine avec du sang d’agneau.


        Aujourd’hui, la transfusion sanguine est souvent pratiquée. Des journées qu’on récolte le sang des bénévoles pour mettre aux frais en cas de besoin. Mais, comme toute chose a un début, la transfusion sanguine a commencé par des expérimentations entre l’animal et l’être humain
        Nuage

         

        Juin 1667 : Le médecin Denis entreprend la première transfusion sanguine avec du sang d’agneau

         

        Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos

        Par miracle, le transfusé, un enfant de 15 ans, survit. Mais les tentatives suivantes sont des échecs.

         

        Depuis plusieurs années, les tentatives de transfusion sanguine entre animaux se multiplient. Mais personne n’ose encore passer à l’homme. C’est encore trop tôt, trop risqué, il reste trop de facteurs inconnus. Tenter une transfusion pourrait mettre en péril le receveur. Les Anglais, qui ont les premiers décrit la circulation sanguine quelques années auparavant, hésitent à sauter le pas. La toute nouvelle Académie des sciences française refuse à ses membres de se lancer dans l’aventure. Pourtant, un homme, un Français, ose faire couler le sang le 15 juin, mais celui d’un agneau, pour l’injecter dans les veines d’un garçon d’une quinzaine d’années.

        Cet homme qui se nomme Jean-Baptiste Denis, réside à Paris. À 28 ans, il est surtout connu pour donner des conférences sur les mathématiques, la physique et la médecine à son domicile parisien, quai des Grands-Augustins. Il affirme également être diplômé des facultés de médecine de Montpellier et de Reims. Pourtant, aucune trace de son passage n’a pu être relevée dans les archives de celles-ci. Même chose pour ses prétendus diplômes en mathématiques et en philosophie. On a dit de lui qu’il était le fils du fontainier de Louis XIV, ce qui est parfaitement faux.

        Quoi qu’il en soit, il parvient à acheter une charge de médecin ordinaire du roi et à être coopté par le groupe de scientifiques et de philosophes qui se réunit régulièrement chez Henri Louis Habert de Montmor – un des académiciens de la première heure.

        Impensable

        Cette assemblée savante qui est passionnée d’expérimentations scientifiques commente abondamment les transfusions tentées entre animaux. Est-ce réalisable chez l’homme ? Jean Baptiste Denis est de ceux qui sont convaincus qu’il faut faire un essai, d’autant que les instruments nécessaires à l’opération existent dorénavant. Avec l’approbation des autres, il décide de réaliser la première transfusion humaine assisté du chirurgien Paul Emerez. Il faut un volontaire. On sollicite Ribery, mais le pauvre chou a peur des piqûres… Finalement, l’heureux bénéficiaire de cette première transfusion est un jeune homme d’une quinzaine d’années fiévreux et à moitié abruti qui a déjà subi une vingtaine de saignées sans s’en porter mieux. Peut-être qu’une transfusion avec le sang d’un agneau plein de vigueur le remettra sur pied…

        Le 15 juin 1667, une assistance nombreuse et curieuse se presse dans le grand salon de l’hôtel de Montmor pour voir opérer les deux praticiens. L’agneau, déjà intimidé par une si belle compagnie, est ficelé sans anesthésie. Le jeune garçon, lui, est assis sur un tabouret. Il est trop endormi pour se faire du mauvais sang. Le chirurgien saisit un tube en argent effilé à une extrémité pour l’introduire dans une artère de l’agneau, percée par une lancette et ligaturée en amont et en aval pour arrêter la circulation sanguine. L’agneau se met à bêler bêtement. C’est au tour du jeune garçon d’être préparé. Le chirurgien lui attrape le bras pour pratiquer une saignée ordinaire. Environ un tiers de litre de sang est tiré de la veine pour faire de la place au sang neuf ! Une ligature au bras arrête l’écoulement, puis un deuxième tube en argent est inséré dans la veine. Les deux tubes sont alors reliés par un tuyau.

        L’assistance retient son souffle. Le garrot sur la patte de l’agneau est desserré lentement pour laisser couler le sang. Le garçon ne manifeste aucune réaction. Au contraire même, il semble sortir de sa léthargie. Denis arrête la transfusion après le transfert d’un tiers de litre de sang. L’assistance applaudit. Dans les jours qui suivent, le jeune homme reprend du poil de la bête, à la grande surprise de sa famille ! Aujourd’hui, cette réussite paraît impensable. Du sang d’agneau dans un corps humain ! Probablement que la quantité de sang transfusé n’a pas été suffisante pour déclencher une grosse réaction de rejet.

        Réaction violente

        Quelques jours plus tard, fort de son succès, Denis se livre à une deuxième transfusion avec un homme robuste de 45 ans.

         Deuxième miracle. La situation commence à tourner au vinaigre avec la troisième tentative. Cette fois-ci, le patient n’est plus un homme du peuple, mais un jeune baron suédois qui est tombé malade lors d’un séjour parisien. Ses médecins ont renoncé à tout espoir de le sauver. Alors, en dernier recours, sa famille fait appel à Jean-Baptiste Denis, ayant entendu parler des bons résultats de sa méthode. Celui-ci décide, cette fois, d’injecter le sang d’un veau.

        Après la première transfusion, le jeune baron se sent mieux, il recommence à parler. Mais l’amélioration de son état ne dure que peu de temps. Il meurt durant la deuxième transfusion.

        Les choses commencent vraiment à tourner en eau de boudin avec la quatrième transfusion. Le malade est cette fois-ci un fou violent du nom d’Antoine Mauroy, âgé de 34 ans.

        Denis espère qu’en lui injectant du sang de veau, animal placide, il s’en trouvera apaisé. L’opération a lieu en décembre. Rapidement, le fou se plaint d’une vive chaleur obligeant Denis à arrêter aussitôt la transfusion. Mauroy se calme, fait une sieste de deux heures, puis demande à manger un morceau. Il a faim.

        Deux jours plus tard, Denis pratique une deuxième transfusion. Cette fois, la réaction de Mauroy est violente. Son corps entier devient brûlant, puis il se plaint des reins, ses veines gonflent. Il faut tout arrêter. Denis persiste, puisque, quelques jours plus tard, il se livre à une troisième transfusion. Elle est fatale au malade, qui gigote comme si on lui avait injecté du plomb fondu. La ville de Lille entre en deuil…

        La veuve dépose une plainte contre Denis pour avoir tué son époux. Mais, coup de théâtre, au cours du procès, le médecin est acquitté tandis que Mme Mauroy se retrouve condamnée pour avoir empoisonné son époux.

        Après le procès, Denis abandonne définitivement la médecine, et en 1670, l’Académie des sciences interdit toute nouvelle tentative de transfusion.

        Il faudra attendre la découverte des groupes sanguins en 1902 pour que les transfusions deviennent enfin possibles. Entre êtres humains !

        http://www.lepoint.fr