Pour Trump, les souffrances de la guerre sont une bonne chose


Aux nouvelles, dans les médias, j’ai lu et entendu plusieurs des répliques de Donald Trump, mais mit bout à bout, c’est encore plus inquiétant de voir ce bonhomme gouverner un pays comme les États-Unis et se mêler des affaires étrangères.. Selon lui, son succès est grâce à la violence, et le sang versé. Que l’Europe mériterait que les prisonniers de l’El pourraient faire chez eux. Je ne sais pas, si c’est parce qu’il est riche (je ne juge pas les riches en général, mais un certain type de riche.) ou bien, il a vraiment des problèmes de comportement, mais son insensibilité est frappante et il n’est même pas à la moitié de son mandat, En tout cas, si les démocrates réussissent à le destituer, il va connaître une certaine forme de souffrance, quoique cela ne sera une douleur physique.
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Pour Trump, les souffrances de la guerre sont une bonne chose

Donald Trump à Chicago, le 28 octobre 2019. | Brendan Smialowski / AFP

Donald Trump à Chicago, le 28 octobre 2019. | Brendan Smialowski / AFP

William Saletan— Traduit par Bérengère Viennot

Aux yeux du président américain, les tourments connus par les Kurdes après la trahison de l’Amérique étaient utiles et nécessaires.

Le président Donald Trump est connu pour le peu de cas qu’il fait de la vie humaine. Il approuve les violences contre les journalistes, les exécutions en cas de délits qui n’entraînent pas la mort, le recours aux gaz toxiques et le ciblage délibéré de membres de la famille de personnes soupçonnées de terrorisme.

Voici que désormais, Trump propose une nouvelle justification de ces atrocités: la mort et la souffrance en temps de guerre sont bonnes pour la paix.

«Parfois, faut les laisser se battre»

Le dimanche 6 octobre, après une conversation téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan, Donald Trump a annoncé qu’il retirait les troupes américaines de la frontière syrienne avec la Turquie. Cette initiative laissait le champ libre à une invasion turque de territoires jusqu’ici occupés par les Kurdes –qui, jusqu’à la trahison de Trump, étaient des alliés de l’Amérique en Syrie.

Selon l’Observatoire syrien des droits humains, cette invasion a tué des dizaines de civil·es et des centaines de combattant·es. Elle a généré une vague d’incendies, de pillages, de kidnappings et d’exécutions sommaires au bord des routes, et poussé 300.000 personnes à quitter leur foyer.

Trump admet qu’il aurait pu éviter ce carnage. Pourtant, il s’en félicite.

Le 17 octobre, les États-Unis ont annoncé un accord visant à arrêter l’invasion et qui, essentiellement, entérine le contrôle par la Turquie du territoire dont elle s’est emparée. Mais selon le président américain, cet accord –davantage une reddition qu’autre chose– n’aurait pas pu voir le jour sans toute la violence qu’il a autorisée.

«Sans ces coups de feu dans tous les sens, sans ces roquettes qui partaient dans les deux directions, sans les autres pays qui intervenaient et potentiellement intervenaient et provoquaient virtuellement une guerre mondiale [sic] –sans tout ça, on n’aurait jamais pu avoir cet accord», a-t-il déclaré.

Donald Trump attribue le mérite de son faux progrès non seulement à la violence, mais aussi aux effusions de sang que celle-ci a engendrées.

«S’ils n’étaient pas passés par deux jours et demi d’enfer, je ne pense pas qu’ils l’auraient fait», a-t-il avancé à propos des Kurdes et de la Turquie.

Mercredi 23 octobre, il a fanfaronné:

 «C’est directement grâce à la douleur et aux souffrances des trois jours de combats qui se sont déroulés que nous avons pu organiser un accord avec la Turquie et les Kurdes qui n’aurait jamais pu se faire sans cette courte crise.»

Le président américain revendique que ces souffrances s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie géniale.

«C’était pas très conventionnel, ce que j’ai fait», a-t-il confié lors d’un meeting politique à Dallas, le 17 octobre.

Il a indiqué qu’avant l’invasion, «[il a] dit: “Ils vont devoir se battre un petit moment.” Parfois, faut les laisser se battre. […] Comme deux gosses dans un parking, faut les laisser se battre, et ensuite vous les séparez».

Quatre jours plus tard, au cours d’une interview accordée à Fox News et menée par Sean Hannity, Trump a réutilisé cette métaphore. Par trois fois, il a qualifié sa politique «d’amour vache».

«Nous voulons garder le pétrole»

Il n’a pas été utile de faire un gros travail de persuasion pour convaincre la Turquie d’accepter un accord qui lui octroyait le contrôle du territoire kurde. En revanche, il en a fallu pour décider les Kurdes à fuir, et c’est précisément ce qu’a fait Trump en ouvrant la voie à Erdoğan.

«Les Kurdes ont tendance à partir, et c’est une bonne chose», a assuré Trump le 12 octobre.

Lundi 21 octobre, il a crâné et affirmé que si «les tirs n’avaient pas commencé, je ne crois pas que les Kurdes auraient bougé».

Le jeudi suivant, il a twitté qu’ils feraient bien de continuer à courir:

«Peut-être que le temps est venu pour les Kurdes de commencer à partir dans la Région du Pétrole!»

Les soutiens des Kurdes opposent qu’ils se sont courageusement battus avec les États-Unis contre l’organisation État islamique, qu’ils les ont aidés en surveillant des combattants de Daech capturés et que Trump récompense leur loyauté en invitant la Turquie à les tuer.

«Ils ont plein de sable, là-bas. Y a plein de sable pour qu’ils s’amusent.»

Donald Trump, le 16 octobre 2019

Mais Trump affirme que les Kurdes méritent ce qui leur arrive. À cinq reprises depuis le début de l’invasion, il a gloussé que ce n’était «pas des anges». Il les a accusés de relâcher des prisonniers de l’EI «juste pour frimer», afin de mettre les États-Unis dans l’embarras et leur faire peur. La Turquie avait parfaitement le droit d’envahir les territoires kurdes jouxtant leur frontière, a décrété Trump:

«Il fallait qu’ils fassent le ménage.»

Et tous ces gens chassés de chez eux? «C’est plein de sable, a rétorqué le président américain avec désinvolture, en parlant de la Syrie et des pays qui se battaient pour ses territoires. Ils ont plein de sable, là-bas. Y a plein de sable pour qu’ils s’amusent.»

La seule chose qui l’intéresse, c’est ce qu’il y a dans le sous-sol: du pétrole. Lundi 21 octobre, il a rappelé que pendant la guerre en Irak,

«[il a] toujours dit: “Si vous y allez, gardez le pétrole.” C’est pareil ici: gardez le pétrole. Nous voulons garder le pétrole».

Il a proposé un accord «en cash» entre les Kurdes et un conglomérat pétrolier qu’il choisirait

«Nous allons trouver un truc à faire avec les Kurdes pour qu’ils puissent avoir un peu d’argent, a-t-il expliqué. Peut-être qu’on va y envoyer une de nos grandes compagnies pétrolières pour faire les choses bien.»

Vendredi 25 octobre, il a menti:

«Nous venons de faire un truc formidable en Syrie… Nous avons pris le pétrole. Plein de trucs géniaux sont en train de se passer.»

«Ils vont s’évader en Europe»

Tout en célébrant les souffrances des Kurdes et en proposant de les exploiter financièrement, Trump a suggéré que les pays européens méritaient les actes de terrorisme que les prisonniers de l’EI libérés par l’invasion seraient susceptibles de leur infliger.

Il a déclaré avoir donné à la France, à l’Allemagne et à d’autres pays de multiples chances d’accepter ces prisonniers. Lors du Values Voter Summit du 12 octobre, le président a raconté sur le ton de la plaisanterie avoir menacé de lâcher des terroristes de Daech sur l’Europe. Il a soutenu avoir dit aux dirigeants européens lors de conversations téléphoniques:

«Il faut que vous les repreniez, sinon je les laisse partir tout droit sur vos foutues frontières.»

Le public, une assemblée de moralistes, a ri. L’indifférence de Trump n’était pourtant pas une plaisanterie. Face à des journalistes qui s’alarmaient du risque terroriste posé par les fugitifs de Deach, il a maintenu que ce n’était pas son problème.

«Ils vont s’évader en Europe, a-t-il répondu. C’est là qu’ils veulent aller.»

Trump n’est pas le premier président américain à retirer des troupes face à une menace. Il n’est pas le premier non plus à justifier des morts de civils, à tolérer des épurations ethniques ou à rester les bras croisés pendant qu’un pays en passe un autre à tabac. Mais c’est le seul président de l’histoire moderne à affirmer que les tourments et les souffrances de la guerre sont une bonne chose.

À ses yeux, le vol, le meurtre, le terrorisme et l’épuration ethnique ne sont pas seulement des conséquences tragiques, mais aussi des instruments de politique étrangère. Le danger, pour l’Amérique de Trump, ce n’est pas que les méchants n’aient plus peur d’elle: c’est qu’elle devienne la méchante.

http://www.slate.fr

Le Saviez-Vous ► Qui était l’homme au masque de fer ?


Le masque de fer à déjà exister, mais avait-il tout le temps le masque et est-il en fer ? Des légendes ont été véhiculées par Molière, Fouquet et Voltaire. D’ailleurs dans les 4 mousquetaires, on parle du frère jumeau du roi Louis XIV. La réalité est tout autre, on croit savoir qui était ce prisonnier, si particulier.
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Qui était l’homme au masque de fer ?

 

masque fer

Personnage à la fois fascinant et mystérieux de la France de l’Ancien Régime, l’homme au masque de fer a fait l’objet de nombreuses théories passionnées depuis des siècles. Même si sa destinée peut sembler légendaire, l’individu a bel et bien existé. Son histoire, par contre, ne concorde pas tout à fait avec la version romanesque que conte la chronique.

Bien que teinté d’une aura presque mystique, l’homme au masque de fer a réellement existé. Le registre d’écrou du lieutenant du roi à la Bastille (aujourd’hui consultable à la Bibliothèque nationale de France) confirme en effet le séjour de ce détenu anonyme, dont l’incarcération s’est effectuée de 1698 à 1703, année de son décès. Première précision, néanmoins, son masque semble avoir été fait de velours et n’était porté que durant les phases de transfert entre bâtiments, afin de préserver son anonymat.

Comme souvent, c’est à des écrivains que nous devons les parts de romance qui font la renommée d’une histoire. Voltaire, en l’occurrence, a longuement décrit l’apparence du détenu, popularisant ainsi des éléments pourtant erronés. C’est également lui qui a émis l’hypothèse la plus fascinante concernant l’identité du prisonnier : sa gémellité avec le roi. Selon Voltaire, Louis XIV aurait ainsi emprisonné son frère jumeau, afin d’éviter toute rivalité sur le trône. Toutefois, les accouchements de la reine étant effectués en public, une telle hypothèse semble farfelue.

D’autres personnages célèbres ont été imaginés sous le masque de fer. Molière (critiqué par les Jésuites pour Tartuffe) et Fouquet (disgracié par le roi) sont les plus connus, mais ni l’un ni l’autre ne semblent crédibles dans cette posture, tous deux étant morts bien avant le déroulement des faits.

Aujourd’hui, une piste bien plus concrète semble faire l’unanimité. Selon Jean-Christian Petitfils (auteur [du] Masque de fer – Entre histoire et légende, publié en 2004), le détenu serait très probablement le valet de la cour Eustache Danger.

Très proche du roi, celui-ci aurait eu accès à des secrets d’État, parmi lesquels des conversations confidentielles entre Louis XIV et Charles II, alors roi d’Angleterre.

Afin d’éviter tout risque de trahison, le souverain français aurait alors fait enfermer son valet dans les geôles de la Bastille.

Une aubaine pour les adversaires du roi, lesquels se sont empressés de propager des rumeurs farfelues quant à l’identité du détenu, donnant ainsi naissance à la légende que tout le monde connaît.

https://www.chosesasavoir.com/et

Climat: le monde appelé à ne «pas trahir» les générations futures


Ceux qui sont conscients de l’urgence d’agir perdent l’espoir de diminuer l’impact des changements climatiques. Ces dernières années, nous sommes témoins des conséquences. C’est cela qu’on veut laisser à nos enfants et petits enfants ? Vraiment ?
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Climat: le monde appelé à ne «pas trahir» les générations futures

 

AFP

Face au sombre constat d’un monde loin d’être sur les bons rails pour freiner le réchauffement climatique, des pays particulièrement menacés par ses impacts dévastateurs ont appelé lundi les plus riches à faire plus, pour ne «pas trahir» les générations futures.

Malgré les preuves irréfutables, le monde «ne va pas du tout dans la bonne direction» pour freiner le changement climatique, a mis en garde le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres lors d’un sommet organisé au 2e jour de la 24e Conférence de l’ONU sur le climat à Katowice, en Pologne.

Pour «beaucoup de gens, de régions et même de pays, c’est déjà une question de vie ou de mort», alors «il est difficile de comprendre pourquoi nous, collectivement, avançons toujours si lentement, et même dans la mauvaise direction», a-t-il ajouté devant un parterre clairsemé de chefs d’État et de gouvernements.

Mais pour les pays en développement déjà particulièrement touchés par la multiplication des sécheresses, des tempêtes ou l’élévation du niveau des océans, ce sont les pays riches qui doivent faire plus, pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et pour aider le Sud à se préparer aux catastrophes.

«Nous avons le sentiment d’avoir été punis pour des erreurs que nous n’avons pas commises. La communauté internationale doit faire en sorte que justice soit faite», a déclaré la présidente du Népal Bidhya Devi Bhandari, évoquant la fonte des glaciers himalayens.

«À ceux qui traînent les pieds, je dis simplement: faites-le», a renchéri le premier ministre fidjien Frank Bainimarama, président de la COP23, appelant «sans équivoque» à relever les ambitions. «Que Dieu nous pardonne, si nous ignorons les preuves irréfutables, nous deviendrons la génération qui a trahi l’humanité».

L’Accord de Paris de 2015, dont les règles d’application doivent être finalisées pendant les deux semaines de cette COP, vise à limiter le réchauffement de la planète à +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle et idéalement à +1,5°C.

Un récent rapport des scientifiques du GIEC, tout en évoquant les nettes différences en termes d’impacts attendus entre ces deux objectifs, a aussi souligné qu’il faudrait, pour rester sous +1,5°C, réduire les émissions de CO2 de près de 50% d’ici à 2030 par rapport à 2010.

«Le mal absolu»

Pour aider les pays en développement à réduire leurs propres émissions et à s’adapter aux impacts du réchauffement, les pays du Nord ont promis de porter d’ici 2020 leurs financements à 100G$ par an. Mais cet objectif, loin des besoins colossaux, n’est pas encore atteint.

Dans un contexte géopolitique peu propice aux engagements, et alors qu’aucun des pays du G20 n’était représenté au plus haut niveau à Katowice, la Banque mondiale a fait sensation, annonçant sous les applaudissements une mobilisation de 200 milliards de dollars pour 2021-2025.

«Cela dépend de chacun de faire tout ce qu’il peut contre le changement climatique, sinon, nos enfants et nos petits-enfants ne nous le pardonneront pas», a plaidé sa directrice générale Kristalina Georgieva.

«Les leaders politiques doivent commencer à remettre en cause les intérêts qui perpétuent la crise climatique», a de son côté plaidé Baron Divavesi Waqa, président de l’île de Nauru, en référence aux énergies fossiles. «Les puissants ont toujours joué avec d’autres règles, mais ils ne peuvent échapper aux lois de la physique.»

Invité surprise du sommet, l’ancien gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger a lui aussi pris pour cible les énergies fossiles.

«J’aimerais être Terminator dans la vraie vie pour voyager dans le temps et arrêter les énergies fossiles quand elles ont été découvertes», a déclaré l’ancien acteur. «Le mal absolu, ce sont les énergies fossiles, le charbon, l’essence, le gaz», a-t-il insisté devant le président polonais de la COP24 Michal Kurtyka dont le pays continue à défendre son industrie du charbon.

La Pologne a d’ailleurs ouvert à la signature des États la «déclaration de Silésie» pour une «transition juste», que certains observateurs voient comme une excuse pour ralentir le passage à une économie bas-carbone. Ce texte, signé notamment par l’UE, met en avant les risques pour les travailleurs dont les emplois pourraient disparaître en cas de sortie des énergies fossiles.

«Nous ne pouvons pas mettre en œuvre des politiques climatiques contraires à la volonté de la société et au détriment des conditions de vie», a insisté le président polonais Andrzej Duda, en référence à la crise des «gilets jaunes» qui secoue la France.

Un mouvement parti de revendications contre la hausse de la fiscalité écologique sur les carburants.

http://journalmetro.com

Se trahir soi-même


La trahison est douloureuse pour ceux qui la subit, mais honnêtement, celui qui trahit se trahit lui-même. Sa parole ne vaut plus rien, et la confiance disparait
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Se trahir soi-même

 

 

 

Il existe tant de façons de trahir quelqu’un. On peut chuchoter dans son dos. Le tromper volontairement. Le livrer à l’ennemi, alors qu’il vous fait confiance. Ne pas tenir une promesse. La question est: se trahit-on soi-même en agissant ainsi?

Jodi Picoult

Ce qui sépare les gens


On peut avoir des gens près de nous avec qui nous communiquons plus. Les raisons sont parfois ridicules ou d’autres peut-être plus importantes, mais nous ne devrions jamais couper les ponts avec notre famille, nos amis …
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Ce qui sépare les gens

 

Ce n’est pas la distance qui sépare les gens
C’est le silence, la méchanceté, la trahison, l’hypocrisie, la jalousie, la rancune, l’orgeuil, les mensonges …. La liste est longues

Inconnu

Le Saviez-Vous ►Les plus grandes espionnes des deux guerres mondiales


Pendant les deux guerres mondiales, des femmes ont joué des rôles importants dans l’espionnage. Qu’elles soient du bon ou du mauvais côtés, elles ont eu beaucoup de courage pour participer en secret en recueillant des informations. Certaines sont mortes tragiquement alors que d’autres ont passé au travers
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Les plus grandes espionnes des deux guerres mondiales

 

Mata Hari, la « Madonna » de l’époque, devenue espionne et contre-espionne, a été exécutée le 15 octobre 1917 par l’armée française pour haute trahison. © photo news.

Loïc STRUYS

De nombreuses femmes ont marqué l’histoire des conflits mondiaux pour leur rôle secret et discret, exercé au contact de l’ennemi au péril de leur vie. Loin de l’image glamour des espionnes magnifiées par les grandes fictions du 7e art, toutes ont laissé une trace dans l’Histoire, à l’image de Mata Hari, dont on célèbre ce 15 octobre 2017 le 100e anniversaire de la mort. Retour non-exhaustif sur les grandes figures féminines de la résistance, de l’espionnage et du contre-espionnage des conflits de 14-18 et 40-45.

Mata Hari, l’ensorceleuse devenue espionne

Danseuse, aventurière et espionne, Matha Hari tombait il y a cent ans jour pour jour sous les balles de l’armée française, condamnée à mort pour espionnage et haute trahison. Jusqu’à cette fin tragique à 41 ans, celle qui est née aux Pays-Bas sous le nom de Margaretha Geertruida Zelle, avait réuni autour de sa personne une fascination jusqu’alors encore inconnue.

Considérée comme la « Madonna » de l’époque, Mata Hari est la première à jouer avec l’imaginaire des hommes du Paris libertin de la Belle-Epoque en exécutant des numéros de danses inspirées de sa vie aux Indes Néerlandaises et qui firent sa renommée.  

Courtisane, prostituée, elle côtoie les riches et les puissants d’un monde au bord de l’implosion. Engagée par la France pour espionner le Haut commandement allemand en Belgique, elle est arrêtée par les services secrets français qui l’accuse de collaborer avec l’ennemi sous le code H-21, un nom utilisé pour tenter de séduire un militaire germanique en janvier 1917.

H-21

L’interception par l’armée française d’un message radio du militaire allemand à Berlin décrivant les activités de H-21, conduit à son arrestation le 13 février 1917. Malgré une enquête sommaire, un bref procès et ses piètres performances d’indic’, l’ancienne idole des Folies Bergère est exécutée le 15 octobre 1917 sans que les doutes sur sa culpabilité ne soient levés.

Depuis lors, certains estiment que l’armée française, engluée dans une guerre statique et victime d’importantes mutineries, a fait de Mata Hari un bouc émissaire. Un siècle plus tard, le mystère demeure. Un siècle plus tard, elle incarne toujours le symbole dramatico-romantique de l’espionnage en temps de guerre.

Gabrielle Petit envoyait des renseignements aux alliés au nez et à la barbe de l’Occupant. © photo news.

Gabrielle Petit, la patriote belge

Il s’agit sans doute de la plus célèbre espionne belge. Gabrielle Petit, née à Tournai le 20 février 1893, a 21 ans lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Après un bref passage par la Croix-Rouge, celle qui fut confiée par son père à des religieuses est recrutée par les services secrets anglais.

Son rôle est de récolter des renseignements sur les positions et mouvements des troupes allemandes dans sa région natale et le nord de la France et de les transmettre à Londres. D’après des documents retrouvés à sa mort, Gabrielle Petit écrivait ses précieuses informations sur un papier aussi fin qu’une feuille de cigarette qu’elle glissait ensuite dans des cartes postales dont elle avait au préalable décapé la surface illustrée. Après avoir recollé le tout, elle expédiait son courrier vers Londres, au nez et à la barbe des Allemands.

Soupçons et zeppelin

Soupçonnée une première fois par la police secrète allemande d’activités illégales, elle est relâchée et adopte le nom d’emprunt de Mademoiselle Legrand. Son dernier message à destination des alliés date du 31 janvier 1916. Elle y mentionne le crash d’un zeppelin allemand à Mainvault (Ath), sans pouvoir l’expédier: elle est arrêtée le jour-même. Emprisonnée à Saint-Gilles, Gabrielle Petit résiste aux interrogatoires musclés, refuse de demander grâce à l’ennemi et est finalement condamnée à mort. Elle est fusillée par les Allemands au Tir National de Schaerbeek, le 1er avril 1916.

Symbole de la résistance en territoire occupé, Gabriel Petit a droit à des funérailles nationales en 1919 auxquelles assiste la Reine Elisabeth qui dépose la croix de l’ordre de Léopold sur son cercueil. De nombreuses statues à son effigie et des rues ou squares à son nom lui rendent encore aujourd’hui hommage dans plusieurs villes du pays.

Sa mort eut une onde de choc similaire à l’exécution de l’infirmière anglaise Edith Cavell, le 12 octobre 1915 à Bruxelles, pour avoir aidé des soldats alliés à fuir la Belgique.

Elsbeth Schragmüller a emporté son secret dans la tombe. L’identité de celle qui était surnommée « Mademoiselle Docteur » ou « la sirène blonde d’Anvers » n’a été révélée qu’en 1945, soit plus de 25 ans après la fin de la Première Guerre mondiale. © photo news.

Elsbeth Schragmüller, Mademoiselle Docteur

Elsbeth Schragmüller est considérée à son époque comme l’une des femmes les plus intelligentes de son pays, l’Allemagne. Un titre mérité pour avoir été l’une des premières à obtenir un diplôme universitaire et le titre de docteur en Sciences politiques à Fribourg.

En 1914, au lendemain du déclenchement de la guerre, elle rejoint Bruxelles à l’âge de 26 ans et se rend à l’hôtel où séjourne « Goltz Pacha », le baron Colmar von der Goltz, fraîchement nommé gouverneur militaire de Belgique et connu pour sa violente répression de la résistance belge. Celui qui suscitera plus tard l’admiration d’Adolf Hitler confie à Elsbeth le contrôle et l’évaluation des lettres envoyées par les soldats belges à leur famille pour espérer y trouver une tentative d’invasion britannique sur nos côtes.

Recruteuse de Mata Hari

Son travail remarquable la propulse à la tête de l’antenne anversoise du Geheimer Nachrichtendienst (Service de Renseignements secrets de l’Allemagne), le plus important centre de renseignement allemand sur le front ouest. Eduquée en français par sa grand-mère, celle que l’on surnomme « Mademoiselle Docteur » gère la section « France » et est chargée du recrutement et de la formation des espionnes.

Assistée d’une certaine Clara Benedix ou agent AF05, elle enrôle de nombreuses espionnes connues dont Mata Hari. Considérée comme la reine de l’espionnage, ses ennemis ne la connaissent que sous les noms de « Mademoiselle Docteur » ou « la sirène blonde d’Anvers », suscitant de nombreuses légendes autour de sa personnalité et de son parcours.

Beaucoup la soupçonnent d’être accro à la morphine, de fricoter avec le camp des alliés ou d’être décédée dans un asile au terme de la guerre. Là encore, « Fräulein Doktor » parvient à conserver une forme de mysticisme; en 1918, elle reprend sa carrière académique et de conférencière à l’université de Fribourg. Elle publie le contenu de ses travaux scientifiques dans de nombreuses revues spécialisées avant de déménager à Munich, où elle décède (probablement) d’une tuberculose à 52 ans.

Ce n’est qu’en 1945 que l’identité de « Mademoiselle Docteur » est révélée, lorsqu’un vieux dossier des renseignements allemands passent entre des mains américaines. Elle est la seule femme gradée à avoir occupé un rôle militaire dans l’armée allemande durant la guerre de 14-18.

Athlète de haut niveau, Violette Morris, ci-dessous au volant de son véhicule inscrit au Bol d’Or, a bousculé les moeurs en adoptant une attitude Garçonne et en se déclarant ouvertement bisexuelle. À l’étroit dans cette France bien-pensante, « La Morris » a préféré collaborer avec l’ennemi et intégrer sa police secrète, ce qui lui vaudra le surnom de « Hyène de la Gestapo ». © photo news.

Violette Morris, sportive et collabo

Violette Morris n’est pas faite pour la vie parisienne bourgeoise que ses origines lui prédestinent. Cette fille d’un baron capitaine de cavalerie rompt son mariage acté en 1913 pour rejoindre  le front, par patriotisme et goût de l’action.

Tour à tour infirmière et estafette, elle vit au milieu des champs de bataille les plus meurtiers (Verdun, la Somme) dont elle revient avec un langage fleuri, une affection pour les vêtements masculins et des convictions arrêtées sur la place de la femme dans la société de l’époque. Au terme de la Grande guerre, Violette adopte le look Garçonne et s’adonne à de nombreux sports: football, athlétisme, courses automobiles, équitation, tennis, haltérophilie, boxe.

Baptisée « La Morris », elle accumule les titres pendant de nombreuses années, bien aidée par un physique d’athlète (166 cm pour 68 kg). Pourtant, la jeune femme vit et s’habille comme un homme, vide trois paquets de cigarettes par jour et bouscule les moeurs en se déclarant bisexuelle. Ce style de vie lui coûte sa place aux JO de 1928, les premiers à accueillir des épreuves féminines.

Sa licence lui est retirée pour « atteinte aux bonnes moeurs » et le port de la culotte en rue, tenue contraire à une ordonnance de 1800 qui invite les femmes à se vêtir d’un pantalon. Obligée de cesser toute activité sportive, « La Morris » rate sa reconversion dans le commerce d’accessoires pour automobiles et vélos, échec qu’elle attribue à son propriétaire d’origine juive ce qui contribuera à nourrir son antisémitisme naissant. 

« Hyène de la Gestapo »

1936, JO de Berlin. Violette Morris est l’invitée d’honneur du IIIe Reich. Adepte de la pensée nazi, elle est remarquée par les services secrets allemands séduits par ses relations dans le milieu sportif et du tout-Paris. Un an plus tard, elle est enrôlée et confie de nombreux renseignements sur les plans de défense des villes françaises, dont une partie des plans de la ligne Maginot, ou sur les équipements de l’armée. 

Sous l’Occupation, son rôle s’intensifie auprès de la Gestapo et des renseignements SS qui lui confient le recrutement d’espions et l’infiltration des premiers réseaux de la résistance. De 1942 à 1944, Violette Morris gagne son nom de « Hyène de la Gestapo » pour sa participation aux séances de torture de l’antenne française de la police politique hitlérienne. Sa réputation alerte les services anglais et françaises qui ordonnent aux services gaullistes de l’abattre.

Le 26 avril 1944, des maquisards l’attendent sur une route de campagne et canardent le véhicule qu’elle occupe avec une famille de collabos notoires. Après avoir réchappé par chance à plusieurs opérations, « La Morris » s’est définitivement tue.

Joséphine Baker se servait de ses partitions musicales pour dissimuler des renseignements soutirés aux officiels rencontrés au cours de voyages à travers l’Afrique et le Moyen-Orient. © photo news.

Joséphine Baker, des cabarets à la Résistance

À jamais associée au music hall, aux années folles, à une image de « négresse sauvage » volontairement caricaturale pour répondre à l’attente du public parisien de la deuxième moitié des années 20, Joséphine Baker s’est engagée auprès de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.

La reine du Charleston, originaire d’un bidonville de Saint-Louis, domestique débarquée en 1924 à 19 ans à Paris, devient agent du contre-espionnage dès 1939, se mobilise pour la Croix-Rouge, donne des concerts pour l’effort de guerre et transforme le domaine du château des Milandes (Périgord) pour héberger les déplacés et résistants.

Des partitions comme camouflage

En novembre 1940, « Capitaine Joséphine » s’engage dans les services secrets de la France libre (« Ce pays qui m’a tout donné ») et lutte pour la victoire des Alliés depuis le Maroc, où elle séjourne de 1941 à 1944. Sa célébrité lui sert de couverture et durant sa tournée, en Jeep, où elle chante pour les troupes et porte la voix de la France libre de Marrakech à Damas en passant par Le Caire, elle dissimule dans ses partitions musicales les nombreuses informations soutirées aux officiers qu’elle rencontre.

En Egypte, elle convainc le Roi Farouk de rejoindre le camp allié. Alors que la grande offensive des alliés est proche, elle devient officiellement militaire le 30 mai 1944 en tant que rédactrice de première classe et rédactrice de propagande. Le 6 juin 1944, elle survit à un accident d’avion, obligé d’amerrir au large de l’Italie, et doit la vie sauve à une unité de l’armée sénégalaise. En octobre 44, elle débarque à Marseille et poursuit sa lutte contre une Allemagne nazie au bord de la capitulation.

Décorée de la Médaille de la résistance, des insignes de chevalier de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre, elle restera gaulliste jusqu’à sa mort, en 1975.

Noreen Riols, soixante ans de silence

1943. Noreen, 17 ans, étudiante au lycée français de Londres, se trouve confrontée au même dilemme que ses congénères qui ne faisaient pas médecine: intégrer l’armée ou travailler dans une usine d’armement. Le choix est vite faite: issue d’une famille de marins, fan du « chapeau » de la Navy, Noreen opte pour une carrière militaire.

Mais sa maîtrise des langues étrangères la conduit vers une autre adresse et un autre destin: elle débarque au 64 Baker Street, QG des services secrets de Winston Churchill, et devient l’agent Baxter. Son rôle: espionne au sein de la « section F » (pour France) pour soutenir et organiser la résistance intérieure, en transmettant notamment les fameux messages codés diffusés sur les ondes de la BBC.

Alcool et jolies filles

Chargée d’évaluer les aptitudes des agents secrets à garder le silence, sous l’influence de l’alcool ou en présence de jolies femmes, l’agent Baxter, spécialisée en sabotage, voit son rêve d’être parachutée en territoire ennemi s’envoler. Le jour du débarquement, il lui revient d’acheminer à la BBC la célèbre phrase « les carottes sont cuites », annonçant le départ des navires vers les côtes normandes.

À la fin de la guerre, le gouvernement dénigre subitement les agents de l’ombre.

« On était censé ne jamais avoir existé », expliquera-t-elle plus tard. « J’avais signé un document qui m’interdisait d’en parler pendant soixante ans ».

En 2000, le secret est enfin levé, mais l’ancienne espionne devra attendre plus de dix ans pour recevoir les honneurs qu’elle mérite. Décorée de la médaille des volontaires de la Libération et de la Légion d’honneur, Noreen Riols, née à Malte en 1926, est toujours en vie.

L’une des missions de Noreen Riols était d’acheminer les messages transmis par la BBC. © ap.

Noreen Riols a été contrainte de garder le silence sur son rôle d’agent secret durant soixante ans. © ap.

 

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