Les éléphants d’Afrique deviennent nocturnes pour éviter les braconniers


Les éléphants sont vraiment intelligents. Voyant le danger du braconnage, ils peuvent s’adapter à devenir des animaux diurne. Malheureusement, cela peut avoir des conséquences considérables sur leur mode de vie
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Les éléphants d’Afrique deviennent nocturnes pour éviter les braconniers

 

Elephants

Pour échapper aux braconniers, les éléphants peuvent choisir de se déplacer davantage la nuit que le jour.

© CATERS NEWS AGENCY/SIPA

Par Sciences et Avenir avec AFP le 16.09.2017 à 08h00

Des chercheurs ont découvert que les éléphants, des animaux diurnes, peuvent changer de comportement et vivre la nuit afin d’éviter les braconniers.

Les éléphants de savane d’Afrique (Loxodonta africana) sont des animaux diurnes. Pourtant, une étude parue en septembre 2017 dans la revue Ecological Indicators et menées par des chercheurs néerlandais, britanniques et par l’ONG Save The Elephants, affirme que ces pachydermes ont appris à se déplacer et à se nourrir la nuit. Ce changement de comportement viserait à éviter les braconniers dans les zones où ceux-ci sévissent tout particulièrement.

« Notre hypothèse est que le braconnage représente clairement un risque diurne »

En 2016, un éléphant nommé Morgan avait adopté ce comportement. Equipé d’un collier GPS, la progression de l’animal était suivie à distance.

Selon un communiqué de l’Université de Twente (Pays-Bas), ce mâle solitaire avait quitté la région côtière du sud-est du Kenya pour se diriger vers « l’un des pays les plus déchirés par la guerre, la Somalie ».

Mais alors qu’il se rapprochait de la frontière, il ne marchait plus que la nuit et se cachait derrière des arbustes le jour.

Alors pour mieux étudier la modification du comportement des éléphants face au danger représenté par les braconniers qui convoitent leurs défenses en ivoire, les scientifiques ont établi un ratio permettant de mesurer l’activité de l’animal la nuit par rapport à celle de jour.

« Notre hypothèse est que le braconnage représente clairement un risque diurne », expliquent-ils dans l’article scientifique.

S’adapter pour rester en vie

L’équipe menée par le chercheur Festus Ihwagi, à la fois membre de Save The Elephants et doctorant à l’Université de Twente, s’est appuyée sur des données recueillies sur des éléphants – 28 femelles et 32 mâles – équipés de colliers GPS entre 2002 et 2012 dans le Nord du Kenya. Les chercheurs se sont focalisés sur deux périodes : la première, de 2002 à 2009 et la seconde, de 2010 à 2012. Si pendant la première période, le nombre d’actes de braconnage était « modéré », lors de la seconde, un pic a été observé dans le nord du Kenya.

Selon les résultats de l’étude, durant la période 2010-2012, « les éléphants bougeaient plus la nuit que le jour », ont remarqué les chercheurs. 

Et cette attitude était encore plus marquée chez les femelles que chez les mâles. Entourées d’éléphanteaux, ces dernières sont souvent plus prudentes

« Cette étude montre la capacité de l’éléphant, le plus grand mammifère terrestre, à adapter son comportement pour sa sécurité », souligne le fondateur de Save The Elephants Ian Douglas-Hamilton, co-auteur de l’étude.

Des changements qui peuvent avoir des conséquences néfastes

Mais ces changements sont susceptibles « d’avoir des conséquences sur sa stratégie pour se nourrir, sur sa reproduction et sa survie, qui ne sont pas encore totalement comprises », ajoute-il. « Pour les éléphanteaux, le risque d’être attrapés par des lions ou des hyènes la nuit pourrait être plus grand », indique à l’AFP Festus Ihwagi. « Et pour les éléphants adultes, cela implique une altération de leur vie sociale » et cela peut avoir un impact sur leur activité sexuelle, ajoute-t-il.

Les chercheurs suggèrent d’utiliser leur ratio « comme un indicateur du niveau de braconnage quasiment en temps réel » afin de le contrer. 

Environ 30.000 éléphants sont encore tués chaque année en Afrique pour alimenter le trafic mondial d’ivoire, à destination principalement de la Chine et de l’Asie du Sud-Est.

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Le massacre des éléphants d’Afrique «hors de contrôle»


Les éléphants d’Afrique sont menacés et leur survie dépend d’un autre pays et bien entendu par la demande des riches, même si des trafiquants sont arrêté, la demande est toujours présente. Les riches vont-ils en prison pour leur goût de luxe qui extermine les espèces menacées ?
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Le massacre des éléphants d’Afrique «hors de contrôle»

 

Les autorités chinoises ont fait fermer 10 magasins... (PHOTO VINCENT YU, ARCHIVES AP)

Les autorités chinoises ont fait fermer 10 magasins et usines, «emprisonné des centaines de revendeurs et condamné à la prison à vie 37 trafiquants», jugulant les ventes aux enchères d’ivoire de près de 97 %, selon le rapport.

PHOTO VINCENT YU, ARCHIVES AP

Peter MARTELL
Agence France-Presse
NAIROBI

Le massacre des éléphants d’Afrique et le commerce de leur ivoire en Chine sont «hors de contrôle» et pourraient provoquer l’extinction des pachydermes vivant en liberté d’ici une génération, selon l’enquête de deux ONG de défense de l’environnement.

Plus de 100 000 éléphants d’Afrique ont été tués en 2010 et 2012, et des quantités de plus en plus importantes d’ivoire sont vendues dans un nombre croissant de boutiques en Chine, dénoncent dans un rapport conjoint les associations Save The Elephants et The Aspinall Foundation.

Elles appellent Pékin à réagir vigoureusement:

«La Chine détient la clé de l’avenir des éléphants», a expliqué Iain Douglas-Hamilton, fondateur de Save the Elephants. «Si la Chine n’est pas en pointe pour mettre fin à la demande d’ivoire, les éléphants d’Afrique pourraient disparaître de la nature d’ici une génération».

«L’envolée de la demande d’ivoire en Chine – où le prix de gros pour les défenses brutes d’éléphants a triplé en quatre ans depuis 2010 – a déclenché une expansion du commerce de l’ivoire de contrebande, entraînant le massacre des éléphants d’Afrique», expliquent les ONG dans leur rapport, rendu public mardi à Nairobi.

Le braconnage des éléphants, mais aussi des rhinocéros, a explosé ces dernières années en Afrique, alimenté par la forte demande d’ivoire et de corne en Asie, où ils sont recherchés respectivement pour leur aspect décoratif et leurs prétendues vertus médicinales. Les prix sont devenus astronomiques, faisant saliver gangs criminels internationaux et groupes armés.

Des enquêteurs des deux ONG ont visité plusieurs dizaines de magasins et d’usines en Chine, principal centre mondial de transformation et premier importateur illégal d’ivoire.

«Tous les chiffres concernant le commerce de l’ivoire ont explosé ces dernières années. Les prix de l’ivoire brut ou travaillé en Chine, le nombre d’usines autorisées de taille de l’ivoire, celui des boutiques de vente de détail, tant légales qu’illégales, celui des objets à la vente, tous se sont envolés», s’alarment-ils.

Selon eux, entre 2004 et 2013, le nombre de commerces d’ivoire patentés est passé de 31 à 145 et le nombre d’usines de transformation de 9 à 37. La vente illégale dans des commerces sans licence a progressé au même rythme.

«Parallèlement, les quantités d’ivoire saisies et le nombre d’éléphants tués en Afrique ont également augmenté», poursuivent Save The Elephants et The Aspinall Foundation.

Triplement des prix

Le prix de l’ivoire brut en Chine est passé de 750 $ le kilo en 2010 à 2100 $ en 2014.

Après l’interdiction en 1989 du commerce international d’ivoire, l’industrie chinoise de transformation était moribonde. La vente – avec l’imprimatur de la CITES, l’organisation internationale de protection des espèces menacées – de 62 tonnes d’ivoire d’Afrique australe à la Chine en 2008 et l’enrichissement de la population chinoise ont fait exploser la demande et ressuscité le secteur.

Les Chinois sont désormais les principaux acquéreurs de l’ivoire travaillé en Chine, pour la première fois depuis le XIXe siècle, selon les auteurs du rapport.

La vente de défenses anciennes de mammouth est légale et libre en Chine, tandis que le commerce de défenses d’éléphant est soumis à licence et l’ivoire interdit d’exportation.

Mais d’après le rapport, le commerce des défenses de mammouth est utilisé «comme couverture pour vendre de l’ivoire d’éléphant» et «le négoce légal d’ivoire sert à dissimuler des activités illégales».

«La Chine fait face à des défis énormes en matière de police pour contrôler le trafic d’ivoire, alors que le nombre de riches, intéressés par l’achat d’ivoire, continue de progresser» et qu’«un nombre croissant de travailleurs chinois en Afrique (…) achètent des quantités de plus en plus importantes d’ivoire pour les faire sortir en fraude», indique le document.

La Chine fait des efforts pour mettre fin au trafic, mais ses mesures sont insuffisantes, estiment les auteurs du rapport.

Les autorités chinoises ont fait fermer 10 magasins et usines, «emprisonné des centaines de revendeurs et condamné à la prison à vie 37 trafiquants», jugulant les ventes aux enchères d’ivoire de près de 97 %, selon le rapport.

Mais «malgré ces efforts, les inspections officielles se sont avérées à l’évidence incapables de suivre le rythme de l’inflation du marché illégal».

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