Découverte de traces de pas vieilles de 800 000 ans


On rêve tous de laisser sa trace dans l’histoire, et ces gens, il y a plus de 800 000 mille ont laisser leur trace pour qu’ils puissent être redécouverts à notre époque et ainsi rajouter quelques hypothèses sur la présence humaine a cette époque
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Découverte de traces de pas vieilles de 800 000 ans

 

Les traces humaines trouvées sur la côte est de la Grande-Bretagne

Les traces humaines trouvées sur la côte est de la Grande-Bretagne Photo :  AP/British Museum

Des scientifiques britanniques ont découvert des traces de pas humains en Angleterre datant d’au moins 800 000 ans, faisant d’elles les plus anciennes empreintes trouvées hors d’Afrique et la première preuve d’une présence humaine dans le nord de l’Europe à l’époque.

Une équipe de chercheurs du British Museum, du National History Museum et de l’Université de Londres a découvert des empreintes de cinq personnes en bord de mer dans de la boue d’un ancien estuaire à Happisburg, sur la côte est du pays.

Il existe seulement deux sites plus anciens et ils sont situés tous les deux en Afrique : à Laetoli en Tanzanie, où on a retrouvé des traces datées de 3,5 millions d’années, et à Koobi Fora au Kenya (1,5 million d’années).

L’archéologue du British Museum, Nick Ashton, a qualifié la découverte – annoncée vendredi et publiée dans la revue scientifique PLoS ONE – « d’exceptionnelle » et de « lien tangible avec nos premiers parents humains ».

Conservées dans des couches de limon et de sable pendant des millénaires avant d’être exposées par la marée basse l’année dernière, les traces ont été rapidement photographiées et analysées, notamment à l’aide d’un balayage 3D.

Ces traces proviennent d’un groupe comprenant au moins deux enfants et un adulte de sexe masculin. Les individus pourraient être une famille se nourrissant sur les rives d’une rivière que les scientifiques croient être l’ancienne Tamise, à côté de prairies où vivaient bisons, mammouths, hippopotames et rhinocéros.

Les chercheurs pensent que les humains qui ont laissé les empreintes pourraient s’apparenter à l’Homo antecessor, dont les restes fossilisés ont été trouvés en Espagne et qui a disparu il y a environ 800 000 ans.

M. Ashton estime que les empreintes datent d’il y a 800 000 ans à 1 million d’années. Elles seraient ainsi au moins 100 000 ans plus anciennes que les premières preuves de vie humaine précédemment découvertes en Grande-Bretagne.

Il s’agit d’une découverte importante, car il y a 700 000 années, la Grande-Bretagne avait un climat chaud de style méditerranéen. La période antérieure était beaucoup plus froide, semblable à la Scandinavie moderne.

« Cela nous fait reconsidérer la capacité de ces premiers peuples à faire face à des conditions un peu plus froides qu’aujourd’hui », affirme l’archéologue du Natural History Museum, Chris Stringer.

« Peut-être qu’ils avaient des adaptations culturelles au froid il y a 900 000 ans que nous n’avions même pas jugées possibles. Portaient-ils des vêtements? Avaient-ils fait des abris, des brise-vent et ainsi de suite? Utilisaient-ils le feu à l’époque? », poursuit-il.

Cette découverte arrive à point pour le British Museum, dont la nouvelle exposition intituléeGrande-Bretagne: un million d’années d’histoire humaine doit débuter la semaine prochaine.

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Archéologie des petits trous dans les gravures sur bois


On ne regardera plus les vieilles gravures de la même manière car en plus d’avoir été beaucoup utilisé sur des supports de bois pendant quelques siècles en Europe pour être utilisé pour la réimpression … Beaucoup ont étudier ces planches mais un seul l’a étudier d’une façon tout à fait unique
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Archéologie des petits trous dans les gravures sur bois

 

«L'Homme riche». Cette gravure de Cornelis Anthonisz (1541) est ponctuée de nombreux petits trous, dont certains ont été marqués en rouge. (Rijksmuseum, Amsterdam)
«L’Homme riche». Cette gravure de Cornelis Anthonisz (1541) est ponctuée de nombreux petits trous, dont certains ont été marqués en rouge. (Rijksmuseum, Amsterdam)

Les trous d’insectes visibles sur les planches de gravure permettent de dater et de cartographier les illustrations mises sous presse en Europe du XV au XIXe siècle.

Stephen Blair Hedges, de l’université de Pennsylvanie, porte une attention toute particulière aux illustrations faites à partir des gravures sur bois. Au lieu d’analyser les motifs ou la facture de ces images très courantes par le passé, il s’intéresse aux petits trous qui les constellent comme des crottes de mouche à l’encre sympathique.

De fil en aiguille, il s’est lancé dans une véritable enquête archéologique sur ces «traces fossiles» comme il les appelle. Il a réussi à identifier les insectes qui les ont produites et a pu reconstituer les zones qu’ils colonisaient du XVe au XIXe siècle. En fonction de leurs dimensions et de leurs formes il date les tirages des planches et est capable de dire dans quelles villes européennes elles ont été mises sous presse. Son étude est publiée en ligne dans la revue Biology Letters .

En Europe, la gravure sur bois a été pendant longtemps le seul moyen avec la gravure sur cuivre de reproduire des illustrations dans les livres. On estime que, du début du XVe siècle au début du XIXe siècle, des millions de gravures ont ainsi été imprimées. Les artistes utilisaient des planches de pommier, de poirier et de buis car leurs bois sont très lisses et denses, ce qui donne un trait d’une grande finesse.

Après être passées une première fois sous la presse, les planches étaient stockées en attendant une éventuelle réimpression. C’est à partir de ce moment-là qu’elles commençaient à être grignotées par les insectes. Au cours des réimpressions successives, on voit en effet que les tirages portent de plus en plus de petits trous, ce qui permet de les dater. C’est très net sur les imageries populaires et les almanachs qui ont connu de très nombreuses éditions.

Contrairement à ce qu’on imagine volontiers, les petits trous ronds ne sont pas produits par des larves mais par des coléoptères adultes.

«Ce sont leur trou d’envol», explique Stephen Blair Hedges.

Le cycle est facile à deviner. Une fois la planche gravée et rangée dans un placard ou dans un coin de grenier, les coléoptères viennent pondre dans les fissures ou les anfractuosités du bois. Après l’éclosion, les larves creusent pendant plusieurs années des tunnels dans la matière végétale, se nourrissant de cellulose jusqu’à la nymphose.

Au nord de l'Europe, la vrillette domestique. Au sud, la vrillette brune. Crédit: S. Blair Hedges.
Au nord de l’Europe, la vrillette domestique. Au sud, la vrillette brune. Crédit: S. Blair Hedges.

Des coléoptères de taille différente

Le chercheur américain a observé que du XVème au début du XIXe, les trous d’envol qui apparaissent sur les gravures sont plus petits sur les tirages effectués dans les villes du nord que dans les villes du sud de l’Europe et ils n’ont pas la même forme. A cette époque, les ateliers de gravure étaient concentrés dans les grandes villes régionales. Il y en avait à Amiens, Angers, Lorient, Rouen, Laval, Épinal, Foix, Le Mans, Strasbourg et beaucoup à Paris.

Au nord de l’Europe, selon toute vraisemblance, le coléoptère dominant devait être une espèce qui sévit aujourd’hui encore dans nos contrées: la vrillette domestique (Anobium punctatum). Au sud d’une ligne allant de Nantes à Trieste en passant par Paris il s’agissait de la vrillette brune (Oligomerus ptilidoines). La ligne de démarcation est liée sans doute à des conditions climatiques, avance Stephen Blair Hedges. Il insiste sur le fait qu’elle est restée étonnamment stable jusqu’au début du XIXe siècle. À partir de cette époque, les deux espèces se sont déplacées et on a commencé à les retrouver sur l’ensemble du continent ouest européen. Au début du XXe siècle, la vrillette domestique avait déjà colonisé la péninsule ibérique.

Stephen Blair Hedges collectionne à la fois les tirages et les planches de gravure. Pour son étude, il a analysé plus de 3200 trous d’envol. Afin de différencier les deux espèces, il aussi analysé plus de 450 galeries creusées à l’intérieur de planches de gravures.

«Je suis probablement le seul à étudier de manière scientifique les trous faits par les insectes dans les planches de gravure, confie Stephen Blair Hedges au Figaro. Je n’ai jamais trouvé aucune autre étude sur le sujet. J’espère que les historiens vont s’y intéresser».

Il invite les chercheurs asiatiques à étudier le phénomène car, là-bas, la gravure sur bois a commencé à être pratiquée dès le VIIIème siècle.

http://www.lefigaro.fr