Le projet Caca d’or propose de chauffer les maisons avec la toilette sèche


Les toilettes pourront-elles devenir une façon très écologique de gérer nos déchets organiques, tout en les transformant en chauffage partiel d’un appartement ou de l’eau chaude et en économisant l’eau potable ?
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Le projet Caca d’or propose de chauffer les maisons avec la toilette sèche

 

PC  |  Par Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne

MONTRÉAL _ Québec analyse présentement la possibilité d’ouvrir la règlementation à un usage plus large des toilettes sans eau, ce qui pourrait permettre l’introduction de nouvelles technologies offrant un chauffage partiel des résidences au compost.

La firme Aliksir, de Deschambault-Grondines dans la MRC de Portneuf, a en effet mis au point un système de traitement des déchets humains et autres solides organiques qui les récupère et transforme le tout en compost avec une série d’équipements qui sont aussi capables de produire une chaleur utilisable pour la résidence avec ce compost.

L’installation domestique permet de récupérer également les déchets organiques de cuisine, les papiers et cartons déchiquetés, le gazon et autres résidus végétaux, tout en réduisant considérablement l’utilisation et le gaspillage d’eau potable.

Le projet d’Aliksir, affublé du nom évocateur de « Projet Caca d’or », se heurte toutefois au Règlement sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées, qui interdit l’usage des toilettes sèches à moins qu’aucune autre solution _ généralement une fosse septique et un champ d’épuration _ ne soit disponible.

« Combien de temps encore allons-nous accepter de jeter nos excréments dans nos cours d’eau », s’est interrogée la présidente et directrice générale de l’entreprise, Lucie Mainguy, auprès de La Presse Canadienne.

« Les toilettes sèches sont une solution écologique et économique », a-t-elle fait valoir en invitant Québec à prioriser l’utilisation des toilettes sèches dans les campagnes.

Révision de la réglementation

Or, la réglementation à cet effet est justement en processus de révision.

« Le ministère analyse actuellement la faisabilité technique d’étendre le champ d’application des toilettes à compost à d’autres situations que celles prévues au règlement en vigueur », a indiqué à La Presse Canadienne le porte-parole du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Clément Falardeau, par voie de courriel.

« Les normes relatives aux cabinets à terreaux sont désuètes et l’encadrement pour traiter et évacuer les eaux ménagères est très minimaliste », a reconnu M. Falardeau.

Cependant, il a précisé que « les exigences techniques pour les toilettes à compost devront être précisées et les exigences pour le traitement et l’évacuation des eaux ménagères revues avant d’ouvrir la possibilité d’utiliser les toilettes à compost à d’autres situations. »

Litière et vis sans fin

L’installation proposée par Aliksir consiste en un réservoir en amont de la toilette rempli de « litière », soit un mélange de matière organique, de charbon de bois et de bactéries actives et thermophiles.

Lorsque la toilette est utilisée, une vis sans fin remplace la chasse d’eau et mélange la litière aux déchets humains et autres, transportant le tout dans un « digesteur/composteur ».

La technique utilisée est celle du compostage à chaud, qui est assuré par des bactéries thermophiles et qui assainit rapidement les déchets humains. Une installation servant à la récupération de la chaleur permet, selon les volumes en compostage, soit de fournir l’eau chaude domestique, soit de fournir de la chaleur pour le chauffage d’une habitation.

Les essais n’ont pas encore permis d’assurer le chauffage complet d’une habitation durant les mois d’hiver, mais on a réussi à maintenir l’air ambiant à plus de 6 degrés Celsius durant les mois de janvier et de février sans aucune autre source de chauffage, ce qui laisse entrevoir, à défaut d’un chauffage complet, une source de chauffage partielle qui aurait pour effet de réduire considérablement la demande d’énergie d’une résidence.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Des vers de terre français révolutionnent les toilettes sèches québécoises


Aller dans un milieu récréatif ou un effort est fait pour préservé l’environnement .. est souvent décevant quand il faut aller aux toilettes et des odeurs désagréables émanent dans l’air … Il semble qu’il y ai une solution simple et qui en même temps pourrait etre utile au compostage tout  cela grâce a des vers de terre
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Des vers de terre français révolutionnent les toilettes sèches québécoises

 

Il s'agit de la première installation en Amérique... (Photo Michel Viatteau, Agence France-Presse)

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Il s’agit de la première installation en Amérique du Nord de ces toilettes innovantes, construites près de Nyons en Drôme provençale par la société Écosphère Technologies, explique son responsable international Frédéric Neau.

PHOTO MICHEL VIATTEAU, AGENCE FRANCE-PRESSE

MICHEL VIATTEAU
Agence France-Presse
Saint-Hyacinthe

Si quelqu’un s’amuse à chercher, en se fiant à son seul nez, les nouvelles toilettes du golf La Providence, à Saint-Hyacinthe, au Québec, il ne les trouvera pas: elles ne dégagent aucune odeur.

Car, au fond d’un coquet petit bâtiment en bois tout neuf, une petite armée de vers de terre venus de France transforme à la vitesse grand V tout ce qui leur tombe dessus en terreau inodore.

Il s’agit de la première installation en Amérique du Nord de ces toilettes innovantes, construites près de Nyons en Drôme provençale (sud-est de la France) par la société Écosphère Technologies, explique son responsable international Frédéric Neau.

Un demi-kilo de vers de terre Aesenia Foetida, entourés d’une couche de fumier et de paille, est versé dans le local technique de la cabine en bois par une agronome québécoise, Hélène Beaumont, qui en fait l’élevage après en avoir importé de France pour développer son entreprise de lombricompostage.

«Un ver mange par jour presque autant qu’il pèse, explique la jeune femme. Et plus il y aura de matière et plus ils vont se reproduire».

La voracité des lombrics – qui transforment les matières fécales en terreau utilisable comme engrais – permettra à cette installation n’ayant besoin ni d’eau ni d’électricité d’accueillir jusqu’à 10 000 visiteurs sans nécessiter aucune intervention extérieure.

Le secret de ces performances surprenantes réside dans la technologie mise au point par Écosphère: un tapis roulant incliné passant au fond de la cuvette sépare immédiatement l’urine des matières fécales, le liquide s’écoule vers le devant et un filtre de sable, le reste part vers l’arrière lorsqu’on appuie sur une pédale fixée sur la partie basse de la cuvette.

 

PHOTO MICHEL VIATTEAU, AGENCE FRANCE-PRESSE

Aucune odeur

Or, c’est le mélange des deux qui est à l’origine des odeurs pénétrantes qui envahissaient les anciennes toilettes sèches, relève Frédéric Neau.

Et leur souvenir est encore assez tenace pour que la première question posée par les clients potentiels porte immanquablement sur le problème des senteurs éventuelles.

La cabine d’Écosphère offre une autre garantie anti-odeurs: elle est conçue de manière à créer un courant d’air permanent à sens unique, l’air froid étant aspiré par la cuvette pour aller vers le local technique. Ainsi, aucune odeur ne risque de s’élever dans le cabinet même.

Le représentant du fabricant cite des dizaines d’implantations, en France, en Espagne, en Suisse et en Italie, preuve s’il en est que le système est au point.

Beaucoup fonctionnent là où l’on manque d’eau, d’égouts et d’électricité : près de refuges de haute montagne, dans les parcs naturels. Ce qui fait que le Canada est un marché futur idéal, avec ses grands espaces parcourus par des milliers de touristes à la fibre écologique.

Pourquoi, alors, en avoir installé le premier exemplaire sur un terrain de golf dans une ville ?

D’une part, le patron de ce dernier, Pierre Deslandes, grand partisan du développement durable, a manifesté un vif intérêt pour le procédé écologique. D’autre part, à 60 km de Montréal, c’est une vitrine facile à montrer à des clients potentiels.

A priori, le Québec en regorge: municipalités, clubs de golf, stations de ski, campings, sentiers de quad, sentiers de motoneige, camps de chasseurs, cabanes à sucre… Et, avantage non négligeable, la norme locale concernant ce genre d’installation ressemble beaucoup à la norme européenne.

Frédéric Neau est optimiste, y compris sur la fabrication de ses bâtiments au Québec, ce qui pourrait contribuer à baisser le prix, aujourd’hui relativement élevé: 40 000 dollars. En revanche, les frais d’exploitation sont quasiment nuls, avec une seule visite de contrôle par an.

http://www.lapresse.ca