Que j’aimerais


L’ami en peine tranquillement s’en remettait avec quelques rechutes de temps a autre quand il la voyait celle qu’il aimait passer devant lui indifférente .. Son coeur ne faisait qu’un bond
Nuage

Que j’aimerais

 

Que j’aimerais tant supplier le vent
Pour changer ses rafles en une douce brise
Bercer ton cœur meurtri par le temps
Et l’extirper de toutes sortes de crises
Chasser la haine qui déploie ses dents
Rechercher l’amour contre toutes hantises

Ah que j’aimerais être cette douceur
Devenir une lumière dans le noir
Te donner de mon âme de mon coeur
Pour te voir danser avec espoir
Accompagner de l’oiseau chanteur
Mais ce grand défi n’est qu’illusoire

Être ton sommeil de tes longues nuits
Chasser tous les ombres de tes cauchemars
Te guider vers l’étoile de minuit
Puis couvrir ton corps de nénuphar
De partout les anges seront séduits
De ta beauté, une pureté de l’art

Être sous tes pieds un sol humide
Frôler tes chevilles de sable givré
Reverdir ma terre longtemps  aride
Oindre l’arôme des fleurs pour t’enivrer
Sur les sentiers, je serais ton guide
Afin de trouver gîte en soirée

Je voudrais être la larme de tes yeux
Glisser tendrement sur ton visage
M’attarder sur ta joue juste un peu
Puis, échouer sur tes lèvres sages
Pour entendre tes soupirs et tes vœux
Dans ta bouche, je serais ton otage

Je serais pour toi un thaumaturge
Même si tes sens paraissent déjà morts
De ma magie, tu seras seul juge
Pour apprécier ou non tous mes sorts
A expulser le mal qui te gruge
Dégorger ton âme de tes remords

Comme David, venu d’un autre monde
Psalmodier au profond de tes ruines
Chercher la flamme au centre de ta ronde
Découvrir ce que cache ta poitrine
Aucun miracle ne peut être féconde
Si la mort de tes sens te domine

Alors laisse moi guider sur cette route
Permet que je sois une simple chandelle
Tendrement, je serais à l’écoute
A tes douleurs, je serais rebelle
Ne m’abandonne pas dans le grand doute
Donne moi ta main, je serais fidèle

Rachel Hubert (Nuage)
7 Novembre 2003