Tchernobyl : pour quelles raisons les plantes ne sont-elles pas décimées par les radiations ?


La catastrophe nucléaire de Tchernobyl a été un désastre pour les habitants ainsi que les pays avoisinant. Les animaux n’ont pas échappé aux radiations non plus. Pour la végétation, ce fut une autre histoire. Les plantes ont su s’adapter et ramener la vie dans la zone d’exclusion qui est toujours dangereuse pour l’homme.
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Tchernobyl : pour quelles raisons les plantes ne sont-elles pas décimées par les radiations ?

tchernobyl plantes

| Kirill Voloshin

Thomas Boisson

En 1986, la fusion du cœur de la centrale nucléaire de Tchernobyl déclenche un accident radioactif de grande ampleur, entraînant une zone d’exclusion de plus de 2500 km². Si l’Homme a totalement déserté l’endroit, ce n’est pas le cas pour la faune et la flore, qui ont vite reconquis les forêts entourant la centrale. Les plantes les plus exposées et vulnérables aux radiations n’ont pas été décimées lors de la catastrophe ; en seulement trois ans, la végétation a recommencé à envahir les zones les plus irradiées.

Les humains ainsi que d’autres mammifères et oiseaux auraient été tués à maintes reprises par les radiations reçues par les plantes dans les zones les plus contaminées. Alors, pour quelles raisons ces plantes sont-elles si résistantes aux radiations et aux catastrophes nucléaires ?

Pour répondre à cette question, il faut d’abord comprendre comment les radiations des réacteurs nucléaires affectent les cellules vivantes. Les éléments radioactifs libérés par Tchernobyl sont instables car ils émettent en permanence des particules et des ondes de haute énergie, qui brisent des structures cellulaires ou produisent des substances chimiques réactives (radicaux libres) qui attaquent la machinerie cellulaire.

La plupart des parties de la cellule sont remplaçables si elles sont endommagées, mais l’ADN constitue une exception cruciale. À des doses de rayonnement plus élevées, l’ADN se brise irrémédiablement et les cellules meurent rapidement. Des doses plus faibles peuvent causer des dommages plus subtils, sous la forme de mutations qui altèrent le fonctionnement des cellules. Par exemple, elle devient cancéreuses, se multiplient de manière incontrôlable et se propagent à d’autres parties du corps.

Une structure végétale plus flexible que chez les animaux

Chez les animaux, cela est souvent fatal, car leurs cellules et leurs systèmes sont hautement spécialisés et inflexibles. Cependant, les plantes se développent de manière beaucoup plus flexible et organique. Parce qu’elles ne peuvent pas bouger, elles n’ont d’autre choix que de s’adapter aux circonstances dans lesquelles elles se trouvent. Plutôt que d’avoir une structure définie comme celle d’un animal, les plantes l’adaptent au fur et à mesure.

Qu’elles fassent pousser des racines plus profondes ou une tige plus haute, cela dépend de l’équilibre des signaux chimiques provenant d’autres parties de la plante, ainsi que de la lumière, de la température, de l’eau et des éléments nutritifs. De manière critique, contrairement aux cellules animales, presque toutes les cellules végétales sont capables de créer de nouvelles cellules, quel que soit le type dont la plante a besoin.

C’est pourquoi un jardinier peut faire pousser de nouvelles plantes à partir de boutures, avec des racines poussant à partir de ce qui était autrefois une tige ou une feuille. Tout cela signifie que les plantes peuvent remplacer les cellules ou tissus morts beaucoup plus facilement que les animaux, que les dommages soient dus à l’attaque d’un animal ou aux radiations.

Et tandis que les radiations et autres types de dommages à l’ADN peuvent provoquer des tumeurs chez les plantes, les cellules mutées ne peuvent généralement pas se propager d’une partie de la plante à une autre, comme le font les cancers chez les animaux, grâce aux parois rigides et interconnectées des cellules végétales. De telles tumeurs ne sont pas non plus mortelles dans la grande majorité des cas, car la plante peut trouver des moyens de contourner le tissu dysfonctionnel.

L’adaptation du génome végétal aux radiations

Il est intéressant de noter qu’en plus de cette résilience innée aux radiations, certaines plantes de la zone d’exclusion de Tchernobyl semblent utiliser des mécanismes supplémentaires pour protéger leur ADN, en modifiant leur composition chimique pour devenir plus résistantes aux dommages et en mettant en place des systèmes pour le réparer.

La vie est maintenant florissante autour de Tchernobyl. Les populations de nombreuses espèces de plantes et d’animaux sont en réalité plus grandes qu’avant la catastrophe. Cet écosystème, qui est aujourd’hui l’une des plus grandes réserves naturelles d’Europe, soutient plus de vies qu’avant, même si chaque cycle de cette vie dure un peu moins longtemps.

Cette vidéo en haute définition prise par un drone montre la reconquête de la ville abandonnée de Pripyat (zone d’exclusion) par la végétation :

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Le Saviez-Vous ► Qu’est-il arrivé aux chiens après la catastrophe de Tchernobyl ? La vérité est plus triste que dans la série


Je n’ai pas encore vu la série de Chernobyl, j’attends d’avoir toute la série soit toute enregistrée.. Comme on le sait, le film et la série sont basé sur la catastrophe de la centrale nucléaire à Tchernobyl. 120 000 personnes ont été évacuées laissant derrière eux leurs animaux domestiques. Il est triste de constater que l’armée a reçu l’ordre de les tués. Ceux qui ont survécu sont devenus sauvages dans un environnement hostile pour eux. Une organisation américaine s’occupe d’eux pour les faire adopter. C’est un bel, je ne peux m’empêcher quand même, qu’on est plus solidaires aux animaux en difficultés que pour les humains en difficultés.
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Qu’est-il arrivé aux chiens après la catastrophe de Tchernobyl ? La vérité est plus triste que dans la série


Qu'est-il arrivé aux chiens après la catastrophe de Tchernobyl ? La vérité est plus triste que dans la série

Après la catastrophe de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986, environ 120 000 personnes ont été évacuées. Malheureusement, les résidents ne pouvaient pas emmener leurs animaux avec eux. Alors qu’est-ce qui leur est arrivé?

Une séparation tragique

Après l’évacuation des habitants de la centrale nucléaire de Tchernobyl, des soldats de l’armée soviétique ont été envoyés pour tuer des animaux laissés par leurs habitants. Il est difficile d’imaginer la douleur qu’ils ont ressenti en voyant les yeux tristes de leurs animaux lorsque les soldats les ont éloignés d’eux. Il a été soutenu que les animaux étaient définitivement irradiés car ils constituaient une menace.

Apparemment, certains propriétaires de chiens ont laissé des notes sur la porte avant d’évacuer la ville avec un plaidoyer pour que le gouvernement sauve la vie de leurs animaux. Il n’y avait pas de pitié.

La vie dans le lieu le plus étrange de la planète

On dit que Tchernobyl est une ville fantôme, mais dans la ville et dans les environs, il y a plusieurs centaines de chiens sans abri , réellement sauvages, car ils se comportent très différemment des chiens qui coexistent avec des gens.

Tchernobyl n’est pas un endroit où il fait bon vivre et contrairement aux apparences, il ne s’agit pas que de radiations. Les chiens, en effet, ont souvent un niveau de radiation élevé, mais la plus grande menace pour leur vie est le manque de nourriture et de rudes hivers . La plupart des chiens gèlent ou ne peuvent tout simplement pas rivaliser avec d’autres animaux plus puissants, tels que les loups. 

Adoptez un chien de Tchernobyl !

L’organisation à but non lucratif américaine Clean Futures Fund s’occupe, entre autres, d’une assistance vétérinaire pour les chiens vivant dans la zone d’exclusion . Depuis plusieurs années, elle est également impliquée dans des activités d’adoption. Quelques chiots nés dans cet endroit atroce ont déjà trouvé un foyer à l’étranger.

Avant que les chiens ne soient adoptés, leur fourrure est nettoyée de la poussière radioactive puis elle est soigneusement examinée.

« Ils ne constituent certainement pas une menace sérieuse pour quiconque les traite », a déclaré Tom Mousseau, un biologiste traitant des effets de l’irradiation sur la nature sauvage.

Nous sommes heureux que quelqu’un se soit occupé de ces animaux habitant un endroit où personne ne voudrait vivre.

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Pour les autres espèces, les humains sont cancérogènes avance une étude


C’est clair, l’être humain se comporte comme un virus face aux animaux et ils en sont malades que ce soit la pollution en général, la pollution lumineuse, la diversité génétique diminué, produit chimique, la nourriture qui n’est pas adapté aux animaux, les catastrophes nucléaires, produits chimiques.
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Pour les autres espèces, les humains sont cancérogènes avance une étude

 

Tortue

Tortue marine souffrant de plusieurs tumeurs sur la face.

© ERIC GAY/AP/SIPA

Par Anne-Sophie Tassart

Une équipe internationale de chercheurs est persuadée que l’espèce humaine augmente, par différents processus, le nombre de cancers chez les autres espèces animales. Ils réclament plus d’études sur ce sujet.

« L’espèce humaine peut être définie comme une espèce oncogène modulant l’environnement de manière à causer des cancers chez les autres populations animales », assure une équipe internationale de chercheurs dans une étude parue le 21 mai 2018 dans la prestigieuse revue Nature Ecology & Evolution.

Selon eux, il est fort probable que les activités humaines peuvent augmenter le nombre de cancers dans les populations animales « à travers de nombreux processus ». Et dans leur étude, les scientifiques affirment également que l’impact des cancers dans les populations d’animaux sauvages est largement sous-estimé.

Pollution, lumière, nourrissage et diversité génétique

Première responsable évoquée dans l’étude : la pollution et pas seulement celle causée par les pesticides et les herbicides. Les différents contaminants trouvés aussi bien sur la terre ferme que dans l’eau sont capables de favoriser la formation de tumeurs de différentes façons : par mutations somatiques, à cause de portions ADN devenues impossibles à réparer mais aussi à cause d’effets sur le système immunitaire ou encore sur la sécrétion d’hormones. Les chercheurs n’oublient pas non plus les conséquences considérables qu’ont pu avoir les catastrophes nucléaires de Tchernobyl ou encore de Fukushima sur les espèces animales. D’ailleurs, une étude a démontré une hausse du nombre de tumeurs chez les oiseaux évoluant à proximité de la centrale nucléaire ukrainienne. Les biologistes notent également l’incidence des micro-plastiques ingérés par de nombreuses espèces animales. Si leur effet sur la santé reste méconnus (également chez l’humain), les chercheurs n’excluent pas une probable influence sur la formation de tumeurs.

Les chercheurs pointent du doigt une autre pollution : la pollution lumineuse.

« La mélatonine est une hormone possédant des propriétés anti-tumorales présente chez tous les vertébrés, expliquent-ils dans l’étude. Elle est sécrétée rythmiquement par l’épiphyse avec un pic durant la nuit pour ensuite être supprimée par la lumière et elle est impliquée dans la régulation du rythme circadien. Même une contamination lumineuse minimale est connue pour perturber la production circadienne de mélatonine et promouvoir la croissance de tumeurs chez des rats élevés en captivité ».

En outre, cet éclairage entraîne une perturbation du sommeil alors que celui-ci est lié au bon fonctionnement du système immunitaire.

L’homme agit aussi – volontairement ou non – sur le régime alimentaire des animaux en évitant de jeter ses ordures ou alors en appâtant volontairement les animaux avec de la nourriture bien souvent non adaptée.

« Des études menées sur des espèces sauvages indiquent que les effets anthropogéniques peuvent modifier le microbiote des animaux sauvages en changeant notamment la composition de leur flore intestinale par exemple en réponse à l’urbanisation chez les oiseaux », note l’étude.

Or, chez l’homme, un déséquilibre du microbiote intestinal peut favoriser l’apparition de cancers. Les chercheurs soupçonnent donc un processus identique chez les autres espèces animales.

© Simon MALFATTO, Sophie RAMIS / AFP

Dernier facteur abordé par l’étude : la diminution de la diversité génétique chez certaines espèces  notamment à cause de la fragmentation de l’habitat ou encore du braconnage. La réduction de la population et donc la baisse de la diversité génétique ne permet pas d’éliminer les gènes délétères. Ceux-ci perdurent donc, favorisant différentes pathologies dont le cancer.

« Par exemple, bien que les chiens et les chats montrent une diversité phénotypique exceptionnelle, ils ont une diversité génétique significativement plus faibles que leurs ancêtres sauvages et cela a été relié à la prévalence relativement élevée de cancer chez nos animaux de compagnie », expliquent les chercheurs.

Dans ce cas, l’homme se comporte comme un virus

Pour ces derniers, il est urgent de débuter des recherches concernant l’effet des activités humaines sur le nombre de cancers chez les autres espèces animales.

« Le cancer chez les animaux sauvages est un sujet totalement ignoré et nous voulons stimuler les recherches dessus, explique dans un communiqué Mathieu Giraudeau, auteur principal de l’étude. Nous avons récemment publié plusieurs articles théoriques à ce sujet mais maintenant, nous voulons mettre en lumière le fait que notre espèce influence grandement la prévalence de cancers chez plusieurs autres espèces animales ».

Pour Tuul Sepp, autre auteur de l’étude, l’humain est dans ce cas comparable à un virus, modifiant son environnement afin de le rendre plus adapté à lui-même favorisant parallèlement l’apparition de tumeurs.

« Concrètement, nous sommes en train de faire la même chose. Nous changeons l’environnement pour qu’il nous convienne même si ces modifications ont un effet négatif sur plusieurs espèces à différentes échelles, incluant la probabilité de développer un cancer », déplore le chercheur.

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La transformation de Tchernobyl en centrale solaire géante est achevée


L’Ukraine veut être moins dépendante du gaz naturel que la Russie leur fournie. Pour se faire, ils ont construit une immense centrale solaire dans la zone inhabitée de Tchernobyl pouvant alimenter un village moyen
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La transformation de Tchernobyl en centrale solaire géante est achevée

 

Crédits : AFP

par Mehdi Karam

22 ans après le plus gros désastre nucléaire – et écologique – de l’Histoire, Tchernobyl renaît de ses cendres pour devenir une gigantesque centrale solaire.

Comme le Guardian l’écrivait le 12 janvier, le site ukrainien affiche désormais une fresque de panneaux noirs, afin de raviver ce territoire abandonné et ériger la première centrale solaire du pays.

L’installation, qui devrait être inaugurée dans quelques semaines, sera capable de produire un mégawatt, soit de « couvrir les besoins d’un village de taille moyenne » d’environ 2 000 appartements, a confié à l’AFP Yevgen Varyagin, le chef de la compagnie ukraino-allemande Solar Tchernobyl, qui a réalisé le projet.

Ce groupe a investi près d’un million d’euros dans la structure massive, qui compte un arsenal de 3 800 panneaux photovoltaïques dispatchés sur 1,6 hectare.

Selon Varyagin, cet investissement devrait être rentabilisé d’ici sept ans. Outre la symbolique écologique forte, cette centrale solaire s’inscrit dans l’entreprise de l’Ukraine, qui a cessé il y a deux ans d’acheter du gaz naturel à la Russie pour tenter d’exploiter ses ressources locales – dont la zone inhabitée qui entoure Tchernobyl.

Source : The Guardian

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Ce danger situé dans les entrailles de Tchernobyl


La catastrophe nucléaire à Tchernobyl est toujours un lieu dangereux, surtout avec le pied d’éléphant qui est une masse d’un mélange de combustible nucléaire radioactif, de métal fondu issu des équipements et d’autres éléments associés au combustible est la chose la plus dangereuse au monde qui a été photographié par un photographe téméraire il y a quelques années. Aujourd’hui, même si la zone a risque semble diminuer, cela prendra des années pour rétablir la région
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Ce danger situé dans les entrailles de Tchernobyl

 

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Le «pied d’éléphant»: une masse radiactive dangereuse…Photo Gentside

 

Survenue le 26 avril 1986, la catastrophe nucléaire de la centrale de Tchernobyl reste à  ce jour la plus grave de l’Histoire, classée au niveau 7, le plus élevé, sur l’échelle internationale des événements nucléaires (INES). Une catastrophe qui a entrainé des conséquences considérables tant sur le plan humain qu’environnemental. Et plus de trente ans après, Tchernobyl continue de hanter les esprits.

En novembre dernier, la centrale nucléaire s’est vu poser un nouveau sarcophage. Une structure de confinement haute de 108 mètres et longue de 162 mètres pour un poids de 32 000 tonnes censée assurer la sécurité du site pour les cent prochaines années. Car si la situation est désormais sous contrôle, c’est encore l’Enfer qui se cache dans les entrailles de Tchernobyl et de son réacteur numéro 4.

UNE MONSTRUEUSE MASSE DE CORIUM

C’est à cet endroit que se trouve ce que l’on surnomme le «pied d’éléphant». Cet énorme amas nommé en référence à son aspect, est considéré comme l’une des choses les plus dangereuses au monde. Il s’agit en réalité d’une masse composée de «corium», un mélange de combustible nucléaire radioactif, de métal fondu issu des équipements et d’autres éléments associés au combustible.

Cette structure se trouve dans la partie inférieure du réacteur et s’est formée durant l’accident, lorsque la chaleur a atteint plus de 3000°C faisant fondre tout ce qui se trouvait dans l’enceinte. Ceci a créé de monstrueuses langues de magma fondu qui se sont répandues jusqu’à se solidifier, en formant une masse de plus de deux mètres de diamètre et de centaines de tonnes selon les estimations.

C’est à l’aide d’une caméra contrôlée à distance que le pied d’éléphant a été découvert. Et pour cause, quiconque s’y serait exposée sans protection aurait mis sa vie sérieusement en danger. En 1986, le niveau d’exposition aux radiations en présence de l’amas était évaluée à  10 000 röntgens (R) par heure. À titre de comparaison, on estime qu’une exposition de 500 R durant cinq heures est généralement létale pour un humain.

EXPOSITION FATALE

Après l’accident, s’approcher du pied d’éléphant pouvait donc être synonyme de mort très rapide. Deux minutes d’exposition auraient suffi à affecter les cellules du corps, causant des hémorragies. Quelques minutes supplémentaires auraient fait apparaitre vomissements, diarrhée et fièvre. Au bout de cinq minutes, la personne exposée n’aurait plus eu que quelques jours à vivre.

Il a fallu plusieurs années et beaucoup de courage pour que les ingénieurs trouvent un moyen de s’en approcher et d’en prélever des échantillons afin de savoir exactement ce que ce pied contient. Et ce n’est qu’en 1996 qu’un photographe a osé s’en approcher et les clichés témoignent bien de la dangerosité de la structure. Toutes sont granuleuses, d’une qualité médiocre, l’une d’entre elles montre même un individu apparaitre comme un fantôme.

Ces défauts ne sont pas liés aux performances de l’appareil mais à la radioactivité intense. Selon Motherboard, le photographe en question, Artur Korneyev, spécialiste des radiations a passé plus de temps que quiconque dans la zone contaminée. Malgré une cataracte et de lourds problèmes de santé liés à ses trois ans d’irradiation, il est encore en vie. Il n’a cependant plus le droit d’accéder au site.

TCHERNOBYL AUJOURD’HUI 

Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, les niveaux de radiations ont diminué dans la zone d’exclusion situé dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres autour de la centrale. La nature semble même y avoir repris ses droits mais la majeure partie de la région reste largement abandonnée.

Après la construction de la nouvelle arche de confinement, c’est un défi encore plus grand qui attend l’Ukraine. Celui de démanteler la centrale nucléaire et d’évacuer les combustibles et divers déchets radioactifs qui s’y trouvent toujours. Particulièrement délicat, complexe et coûteux, le projet devrait s’étaler sur de nombreuses années voire plusieurs décennies.

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30 ans après la catastrophe nucléaire, la faune sauvage est plus florissante que jamais à Tchernobyl


C’est quand même triste de voir qu’à cause d’un accident nucléaire, les animaux peuvent reprendre un territoire qui leur était interdit.
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30 ans après la catastrophe nucléaire, la faune sauvage est plus florissante que jamais à Tchernobyl

 

Les loups sont 7 fois plus nombreux à Tchernobyl que dans les parcs environnants. ©ARDEA/MARY EVANS/SIPA

Les loups sont 7 fois plus nombreux à Tchernobyl que dans les parcs environnants. ©ARDEA/MARY EVANS/SIPA

30 ans après l’accident nucléaire, les grands mammifères se portent bien. Mieux même que du temps où l’homme habitait la région. C’est le cas en particulier du loup.

RÉSILIENCE. Trente ans après l’accident nucléaire de Tchernobyl en Ukraine, la faune est florissante dans la zone d’exclusion désertée par les humains où élans, cerfs, chevreuils, sangliers et loups sont de nouveau abondants. C’est ce qu’a récemment indiqué une étude internationale montrant que ces mammifères sont au moins aussi nombreux à l’intérieur du périmètre de 4.200 km2 autour de la centrale, que dans les réserves naturelles environnantes non contaminées par la radioactivité. Ce recensement, dont les résultats ont été publiés dans la revueCurrent Biology, a été effectué par observations aériennes sur la vaste zone dévastée par un incendie suivi d’une explosion d’un des réacteurs en avril 1986.

Les activités humaines pires que la radioactivité

Il montre ainsi que les loups y sont sept fois plus nombreux que dans les parcs proches de la région.

« Il est très probable que les populations de ces animaux à Tchernobyl soient beaucoup plus nombreuses aujourd’hui qu’elles ne l’étaient avant l’accident », estime Jim Smith de l’université de Portsmouth au Royaume-Uni, un des co-auteurs de ces travaux.

« Cela ne signifie pas que la radioactivité est bonne pour la faune sauvage mais seulement que les effets des activités humaines comme l’agriculture, la chasse et l’exploitation forestière sont nettement pires », ajoute-t-il. 

Les premières études après l’accident nucléaire avaient révélé des effets importants de l’irradiation dans la zone d’exclusion, dont une forte réduction des populations animales. Cette dernière observation pourrait aussi fournir des éclairages importants pour mieux comprendre l’impact potentiel à long terme de la catastrophe de Fukushima au Japon en 2011. Les observations par hélicoptère ont révélé un regain des élans, des chevreuils et des sangliers à Tchernobyl dans une période allant de un à dix ans après l’accident et ce au moment où les populations de ces mammifères déclinaient ailleurs dans l’ex-Union Soviétique, précisent les chercheurs. La catastrophe de Tchernobyl qui a forcé tous les habitants à évacuer la zone pour ne jamais y revenir, avait aussi contaminé une bonne partie de l’Europe, mais surtout l’Ukraine, la Russie et le Belarus, alors des républiques soviétiques.

 

 

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Tchernobyl : « les gens nous surnomment les lucioles »


C’est gens n’avait pourtant pas chercher à être contaminé et doivent supporter d’être exclus des autres en plus de ne pas avoir plus d’aide gouvernementale pour éviter la nourriture contaminée qui vient de leur environnement
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Tchernobyl : « les gens nous surnomment les lucioles »

 

Des résidentes du village de Novozybkok, contaminé par les radiations de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

Des résidentes du village de Novozybkok, contaminé par les radiations de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.   PHOTO : ICI RADIO-CANADA/ALEXEY SERGEYEV

Les résidents de villages russes contaminés lors de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, il y a 30 ans, continuent d’être exposés aux radiations.

  Un texte de Raymond Saint-Pierre

Le 26 avril 1986, un réacteur de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, explosait, provoquant la pire catastrophe nucléaire de l’histoire. Une zone d’environ 150 000 kilomètres carrés a été contaminée dans le nord de l’Ukraine, l’ouest de la Russie et le sud-est du Bélarus.

Le nuage radioactif s’est abattu, 160 kilomètres plus loin, sur le village de Novozybkov, dans la région de Briansk, en Russie, affectant la santé de trois générations de villageois.

Nous y avons été accueillis par un groupe de femmes en colère. Le gouvernement a récemment réduit ou éliminé les subventions qui les aidaient à se procurer des aliments sains, venus de l’extérieur, et à protéger leur santé.

Plusieurs ont tenté de quitter le village pour aller dans la grande ville de Briansk, mais ils se disent ostracisés, raconte Natasha Spiridonova.

Natasha Spiridonova, résidente du village de Novozybkok, contaminé par les radiations de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl

Natasha Spiridonova, résidente du village de Novozybkok, contaminé par les radiations de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl   PHOTO : ICI RADIO-CANADA/ALEXEY SERGEYEV

Où est-ce qu’on peut aller? On a essayé d’aller à Briansk, mais personne ne veut de nous. Ce n’est pas seulement une question d’argent. Les gens ont peur de nous, ils nous surnomment les lucioles, les mouches à feu. Natasha Spiridonova, résidente de Novozybkov

« Ils se méfient aussi de nos enfants, parce qu’ils sont de la zone », affirme-t-elle. « On est tous revenus ici, on n’a pas le choix. »

Le village a été décontaminé dans les années 90, mais il reste encore des zones où le taux de radiation demeure très élevé, par exemple devant l’école et tout autour, dans les champs et la forêt.

Malgré tout, Paulina Kotchevnikova s’est résignée à rester ici.

Paulina Kotchevnikova

Paulina Kotchevnikova, résidente du village de Novozybkok   PHOTO : ICI RADIO-CANADA/ALEXEY SERGEYEV

Dans ma famille, il y a plein de gens qui sont morts après cette tragédie. J’ai perdu six proches. Le dernier, c’était mon mari. Il a eu le cancer, comme ma mère, qui a eu un cancer du foie. Paulina Kotchevnikova

Elle doit s’occuper de ses trois petits-enfants devenus orphelins. Elle reçoit une maigre pension de vieillesse et compte donc sur son jardin pour se nourrir.

« La radioactivité est partout dans le sol, mais qu’est-ce qu’on peut y faire? » dit-elle. « Mes petits enfants préfèrent mes pommes de terre, alors j’en plante. »

Un taux élevé de cancers

À l’hôpital du village, on note un taux élevé de cancers. Le Dr Victor Khanayev estime qu’un patient sur trois a une maladie causée ou aggravée par les radiations. Il note un taux élevé de cancers de la thyroïde.

Le Dr Victor Khanayev, médecin à NovozybkovLe Dr Victor Khanayev, médecin à Novozybkov   PHOTO : ICI RADIO-CANADA/ALEXEY SERGEYEV

On connaît ça depuis longtemps, ici. Mon collègue oncologue m’a dit qu’en deux mois, on a relevé huit cancers de la glande thyroïde.Victor Khanayev

Il croit que la population a encore grand besoin qu’on l’aide à bien s’alimenter.

« Nous, les gens du coin, vivons les effets des radiations et nous savons que ça va durer encore longtemps », pense-t-il. « Pour se protéger, il faut manger des aliments d’ailleurs. C’est pour ça qu’on espérait conserver l’aide financière de l’État. »

Des aliments contaminés

Bien des gens continuent d’aller en forêt, notamment pour cueillir des champignons, qui entrent dans la cuisine traditionnelle. On en vend même au marché.

Les champignons sont les aliments qui accumulent le plus de radiations et qui sont les plus dangereux pour la santé. Les gens le savent, mais ils les mangent quand même.

Ces femmes vendent des produits de la ferme et de la forêt au marché local. Les champignons, comme on en voit dans ces bocaux, sont les aliments qui accumulent le plus de radiations.

Ces femmes vendent des produits de la ferme et de la forêt au marché local. Les champignons, comme on en voit dans ces bocaux, sont les aliments qui accumulent le plus de radiations.   PHOTO : ICI RADIO-CANADA/RAYMOND ST-PIERRE

Trente ans, c’est long et les vieilles habitudes ont tôt fait de reprendre le dessus. Après tout, les radiations, on ne les voit pas. C’est d’autant plus facile de les oublier, de faire comme si elles n’existaient pas.

Tenter d’alerter la population

Le groupe environnementaliste Greenpeace s’est donné comme mission d’alerter les populations et les autorités au danger toujours bien présent des radiations.

Alexei Kiselyev est expert en protection contre les radiations pour Greenpeace. Il a emmené un groupe de journalistes là où se trouvait le village de Svyats. À plusieurs endroits, le taux de radiation demeure très élevé, mais rien n’empêche les chasseurs ou les cueilleurs de venir à cet endroit.

Alexei Kiselyev, expert en protection contre les radiations pour Greenpeace.

Alexei Kiselyev, expert en protection contre les radiations pour Greenpeace.   PHOTO : ICI RADIO-CANADA/ALEXEY SERGEYEV

Ici, en Russie, on a laissé cette contamination sans contrôle. On a essayé de déplacer des habitants, d’interdire la zone, puis c’est tout. N’importe qui peut venir ici. Alexei Kiselyev, expert en protection contre les radiations pour Greenpeace

À cause du degré de radiation, personne ne devrait rester ici plus de quatre heures. Pourtant, on y a retrouvé Victor Strelkov. Il a construit un site de culte, où reviennent plusieurs fois par année des centaines d’anciens résidents du village membres d’un groupe appelé Les vieux croyants. Il fait peu de cas des radiations.

Victor Strelkov

Victor Strelkov   PHOTO : ICI RADIO-CANADA/ALEXEY SERGEYEV

Si c’est dangereux? Oui, mais il y a plein de choses dangereuses dans la vie. Que peux-tu faire? Les gens sont tous attirés par leur terre natale. Viktor Strelkov

Il reste encore beaucoup de travail à faire auprès des populations. À Verishiky, nous avons vu une vieille dame qui avait perdu le contrôle du feu de broussaille qu’elle avait allumé, une pratique très courante, mais interdite. Une équipe de pompiers de Greenpeace est allée aider les sapeurs locaux à l’éteindre. Ce genre de feux peut causer une catastrophe.

C’est pour ça que cette équipe de Greenpeace va chaque jour sur le terrain voir s’il n’y a pas de feux de tourbe, un type de sol où se concentrent les particules radioactives. Anton Binislavsky dirige ce groupe de pompiers.

Anton Binislavsky dirige un groupe de pompiers

Anton Binislavsky dirige un groupe de pompiers dans la région de Briansk.   PHOTO : ICI RADIO-CANADA/ALEXEY SERGEYEV

Si la tourbe brûle ici, cela peut causer une contamination secondaire, une recontamination, parce que les particules radioactives enfouies dans la tourbe sont extraites par le feu et transportées dans la fumée. Anton Binilavsky, pompier

L’autre crainte, c’est que le feu se répande dans la forêt, où les arbres sont aussi contaminés.

Le problème, dans la région de Briansk, c’est que la plupart des communautés qui se trouvent dans des zones dites « d’évacuation » n’ont pas été évacuées. Les autorités n’ont pas interdit l’accès à ces territoires, comme on l’a fait en Ukraine et au Bélarus.

Il s’agit de 120 000 à 200 000 personnes qui n’avaient pas les moyens d’aller ailleurs ou qui sont rentrées vivre dans leur village, toujours hanté par Tchernobyl, 30 ans plus tard et qui se sentent abandonnées par leur gouvernement.

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