L’intelligence artificielle s’invite dans vos toilettes


L’intelligence artificielle s’intéresse à nos étrons, surtout que l’on sait maintenant que notre microbiote intestinal est une mine d’information sur notre état de santé en général. Des chercheurs sont en quête de photos d’excréments humains sur une base volontaire pour les classifier et créer ainsi une base de données qui pourraient être utilisées par tout le monde dont ceux qui souffre de problèmes gastriques.
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L’intelligence artificielle s’invite dans vos toilettes


Fabrice Auclert
Journaliste

C’est parfaitement anonyme et aussi très sérieux. Des chercheurs du MIT et une startup ont créé la première intelligence artificielle capable de diagnostiquer les problèmes intestinaux. Sur la base du volontariat, les internautes peuvent envoyer des photos de leurs selles pour compléter cette immense base de données et entraîner l’IA.

L’intelligence artificielle est de plus en plus présente au quotidien, grâce notamment au développement de l’apprentissage automatique et du deep learning, qui lui permet d’analyser le monde et d’y apporter de nouvelles solutions. Après avoir maîtrisé des jeux vidéo, créé des vidéos réalistes ou encore complété des recherches, l’IA s’attaque désormais aux fèces humaines.

Les excréments sont une véritable mine d’informations médicales. L’aspect visuel permet de renseigner sur l’état de la flore intestinale, le régime alimentaire, et apporte des informations sur les dysfonctionnements et maladies du système digestif. Un groupe de chercheurs souhaite créer un outil capable d’analyser automatiquement les images des selles pour évaluer la santé des patients. Le projet est une collaboration entre des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Auggi, un coach virtuel pour la santé intestinale sous forme d’application, et Seed, une start-up concentrée sur la santé du microbiome.

Les internautes appelés à contribuer pour la science

Pour créer une intelligence artificielle capable de diagnostiquer les problèmes intestinaux, les chercheurs ont d’abord besoin d’une banque d’images conséquente des selles humaines. Ils ont d’abord commencé leurs recherches en créant de fausses selles à partir de pâte à modeler. Ensuite, ils ont parcouru le web à la recherche d’images réelles, et ont trouvé leur bonheur sur des forums en ligne, comme Reddit, où de nombreux utilisateurs discutent de leurs fèces et partagent des photos… Cependant, le matériel disponible était loin d’être suffisant.

Les chercheurs ont donc lancé une nouvelle campagne #GiveAShit qui demande à tous les internautes d’envoyer des photos de leurs matières fécales. Le nom est un jeu de mots sur l’expression anglaise qui signifie « se soucier » ou « faire attention à », et qui se traduit littéralement par « donner une merde ». Concrètement, il faut se rendre sur seed.com/poop/ avec son smartphone, car le site refuse les images en provenance d’un ordinateur. Appuyez sur le bouton « I accept the DARE », puis renseignez votre adresse e-mail, le moment de la journée à laquelle vous déféquez habituellement, et prenez une photo de votre étron, ou demandez un rappel dans la période indiquée.

Un site internet, visible depuis son téléphone mobile, permet d'envoyer les photos de sa grosse commission. © Seed Health

Un site internet, visible depuis son téléphone mobile, permet d’envoyer les photos de sa grosse commission. © Seed Health

    Une base de données de 100.000 images de fèces

    Les images sont anonymisées, puis analysées par une équipe de gastro-entérologues, qui les classifient parmi l’une des sept catégories de l’échelle de Bristol. Les chercheurs espèrent ainsi créer une base de données de 100.000 images qui serviront d’entraînement pour l’intelligence artificielle. L’IA devra apprendre seule à les classifier sur l’échelle de Bristol pour atteindre les mêmes résultats que les médecins.

    Les chercheurs espèrent ainsi créer un outil de diagnostic accessible à tous, et qui pourrait être notamment utilisé par les patients souffrant de problèmes gastriques.

    « Ils s’efforcent chaque jour à prendre des décisions sur quoi manger et la quantité d’exercice physique nécessaire pour maîtriser leurs symptômes. Il est essentiel de construire cette base de données et de développer ces outils de surveillance simples pour permettre à ces patients de le faire de chez eux, » a indiqué David Hachuel, cofondateur d’Auggi.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Nos excréments, par leur forme et leur couleur, en disent beaucoup sur notre santé.

  • Des chercheurs ont décidé de créer une immense base de données pour faciliter le diagnostic.

  • Une IA va apprendre, seule, à classifier la matière fécale pour épauler les médecins.

https://www.futura-sciences.com/

Le tétanos ne s’attrape pas juste avec des clous rouillés


Se blesser avec un clou rouillé, faut-il s’assurer que notre vaccin contre le tétanos soit à jour ? En fait, ce n’est pas le clou rouillé qui est le problème, mais une porte d’entrée pour toutes sortes d’infections. Il semble que la bactérie préfère d’autres choses que les clous … Alors, c’est la fin d’une autre croyance populaire.
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Le tétanos ne s’attrape pas juste avec des clous rouillés

 

Rappelez-vous de renouveler votre vaccin tous les dix ans.

C’est un classique : un clou rouillé sur lequel a marché un enfant ou qui a écorché la main d’un parent en train de réparer la salle de bain, et du coup, toute cette petite famille a des chances de se précipiter à la clinique pour un vaccin contre le tétanos.

Bien qu’on ne soit jamais trop prudent, les clous rouillés sont ici une mauvaise cible, constatent l’Agence Science Presse et l’Organisation pour la science et la société.

Le tétanos est une infection non contagieuse causée par une bactérie appelée Clostridium tetani, un microbe qui peut être mortel dans 10 % des cas et qui, à défaut, peut causer des spasmes musculaires, de la fièvre et des difficultés à avaler.

Or, cette bactérie n’affectionne pas spécialement les clous rouillés. On la trouve plutôt dans les systèmes digestifs des animaux et, de là, dans les sols à travers le monde.

Autrement dit, les humains peuvent être exposés à Clostridiumtetani d’une grande variété de façons, mais qui ont davantage à voir avec la vie sur une ferme ou dans la nature, qu’avec la menuiserie. Par exemple, en nettoyant la cage d’un animal ou en étant mordu par un animal infecté.

Si on commence à travailler sur une ferme, s’assurer d’être à jour dans ses injections pourrait donc être plus important que si on rénove la maison. Au Québec, le ministère de la Santé suggère de renouveler son vaccin tous les 10 ans.

La croyance populaire veut que le tétanos soit associé à la rouille. Ce n’est pas le cas. Une blessure occasionnée par un objet non rouillé peut aussi servir de porte d’entrée au tétanos— en fait, n’importe quelle blessure peut servir de porte d’entrée à la bactérie. Clostridium tetani peut par exemple coloniser une vieille maison ou une grange abandonnée par le biais de la terre, de la poussière ou des excréments des animaux. Cette bactérie n’attend qu’une blessure de votre part pour s’infiltrer ; mais cette blessure n’a pas besoin de provenir d’un clou. Ni d’un clou rouillé !

Ce texte est une adaptation du billet rédigé en anglais par AdaMcVean, publié sur le site de l’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Greffe de matières fécales : toutes les selles ne se valent pas


Il y a des traitements qui ne sont vraiment pas ragoûtants, mais ils semblent efficaces. C’est le cas d’une greffe de matière fécale. Cette technique permet un succès sur certaines maladies de l’intestin et du système digestif. Des études plus poussées, montre que toutes matières fécales ne se valent pas. Il y a des super donneurs et qui dans un avenir rapproché, on croit qu’un traitement plus personnalisé pourrait soigner d’autres problèmes de santé.
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Greffe de matières fécales : toutes les selles ne se valent pas

 

Une micrographie d'une bactérie

La greffe de matière fécale est notamment utilisée pour traiter les infections à la bactérie « C. difficile », représentée sur cette photo. Photo: La Presse canadienne / AP Photo/Centers For Disease Control And Prevention, Lois S. Wiggs, Janice Carr

Renaud Manuguerra-Gagné

La greffe de matière fécale est une technique permettant de transférer des bactéries intestinales d’une personne en santé vers une personne malade. Bien que ce procédé soit prometteur pour traiter de nombreux problèmes liés à l’intestin, des chercheurs se rendent maintenant compte que tous les donneurs ne sont pas égaux, et que les selles de certains ont une valeur beaucoup plus grande que d’autres.

L’augmentation des connaissances sur le microbiote, ces milliards de bactéries qui colonisent notre système digestif et qui jouent un grand rôle dans notre santé, a mené à l’apparition d’une technique pour le moins surprenante : la transplantation de matière fécale.

Cette « greffe » permet de transférer les bactéries présentes dans le système digestif d’une personne en santé à une autre souffrant de certaines maladies digestives, dans le but de restaurer sa flore intestinale.

Or, en passant en revue les études parues sur le sujet dans les dernières années, un groupe de chercheurs néo-zélandais a découvert que tous les dons de matière fécale ne sont pas égaux(Nouvelle fenêtre) et que certaines personnes pourraient même être qualifiées de super-donneurs.

À la suite de leur analyse, ils proposent une liste de critères qui pourraient aider à concevoir de nouveaux traitements beaucoup plus ciblés, qui augmenteraient ainsi l’efficacité de cette technique.

Une migration microscopique

Décrite pour la première fois en 1958, la transplantation de matière fécale a beaucoup progressé au cours des trois dernières décennies. L’un des plus grands succès de la transplantation fécale est le traitement d’infections récurrentes à la bactérie C. difficile.

Ces bactéries sont généralement éliminées à l’aide d’antibiotiques, mais dans les cas d’infections récurrentes, la transplantation fécale est envisagée pour restaurer une flore intestinale normale.

Notre intestin abrite des centaines de milliards de bactéries de plusieurs dizaines de milliers d’espèces différentes. La composition de ces espèces est influencée par l’endroit où l’on se trouve dans le monde, par notre culture, notre alimentation et notre mode de vie.

Ces bonnes bactéries sont donc obtenues à partir d’échantillons de selles provenant de donneurs. Après avoir obtenu confirmation qu’elles ne contenaient pas de source potentielle d’infections, les selles sont suspendues dans des solutions liquides, puis implantées dans l’intestin de la personne malade, par colonoscopie, par endoscopie ou par ingestion de gélules.

On voit une bouteille transparente remplie au quart d'une solution brune, posée sur une surface. En arrière-plan, des contenants gradués de laboratoire.

Une bouteille contenant une solution de matière fécale, dans les laboratoires de OpenBiome, une banque de matière fécale située à Medford, au Massachusetts. Photo : La Presse canadienne / AP/Steven Senne

Dans le cas des infections à C. difficile, le taux de succès de ce type de traitement dépasse les 90 %. Des études ont montré que cette technique peut aussi traiter d’autres affections, telles que la colite ulcéreuse ou la maladie de Crohn, deux graves maladies inflammatoires de l’intestin qui entraînent aussi une baisse de la diversité de la flore intestinale.

Un super-donneur personnalisé

Contrairement au traitement contre C. difficile, le taux de succès des transplantations de matière fécale dans le cas de ces maladies inflammatoires était beaucoup plus bas.

Or, en analysant les données de plusieurs études, les chercheurs ont remarqué que le taux de rémission de patients atteints de colite ulcéreuse était deux fois plus élevé lorsqu’ils recevaient une transplantation d’un donneur bien précis, ce qui a donné naissance au terme « super-donneur ».

Selon les chercheurs, plusieurs facteurs permettent d’identifier un super-donneur, le plus important étant une plus grande diversité bactérienne que la moyenne.

Toutefois, cette diversité doit être combinée à la présence de bactéries spécifiques qui pourraient jouer des rôles dans le traitement de la maladie ciblée, comme la production de certaines molécules. À cela s’ajoutent d’autres facteurs, comme la diète du donneur et la compatibilité immunitaire entre le donneur et le receveur.

D’autres études ont aussi montré que les bactéries n’étaient pas les seuls éléments importants dans un transfert : certains virus ou molécules flottant librement dans l’intestin peuvent aussi avoir une influence majeure sur la rémission de certains patients, en assurant la survie ou le bon développement des bactéries transférées.

En somme, les travaux des chercheurs montrent qu’une approche personnalisée pourrait permettre une plus grande efficacité de ce traitement, et pourrait même étendre son utilisation au traitement de l’obésité, de cancers ou de maladies neurodégénératives.

https://ici.radio-canada.ca/

Ces chercheurs ont fait avaler des têtes de Lego à 6 personnes pour les retrouver dans leurs crottes


Ce n’est pas une expérience sérieuse, mais des professionnels de la santé qui se sont proposé d’être volontaire en avalant des têtes de Lego pour atténuer les inquiétudes des parents dont de jeunes enfants avalent ces petits objets.
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Ces chercheurs ont fait avaler des têtes de Lego à 6 personnes pour les retrouver dans leurs crottes

 

Crédits : Getty

par  Laura Boudoux

On n’arrête pas le progrès ! Souhaitant répondre à la préoccupation de nombreux parents concernant l’ingestion d’objets par leurs enfants, une équipe de scientifiques a fait avaler des têtes de Lego à six personnes, raconte le magazine américain Forbes.

« Notre objectif était de déterminer le temps de transit typique d’un objet couramment avalé : la tête d’une figurine Lego », expliquaient ces pédiatres le 22 novembre 2018 dans le Journal of Paediatrics and Child Health.

Pour trouver des volontaires, l’équipe a posté une annonce sur un forum de discussion et a finalement recruté des professionnels de la santé exerçant en pédiatrie, en milieu hospitalier.

Les trois jours qui ont précédé l’ingestion de la tête de Lego ont été dédiés à analyser les systèmes digestifs des participants, qui devaient pour cela tenir un « journal intime de leurs selles ». Une fois le jouet ingurgité, les volontaires devaient eux-même surveiller et fouiller leurs matières fécales, à la recherche de la dite tête. Grâce à leur participation, les chercheurs ont découvert que le petit élément Lego mettait 1,71 jour à être digéré, soit environ 41 heures avant que la tête ne pointe le bout de son nez.

L’étude a cependant ses limites, puisqu’elle n’a été menée qu’avec un minuscule échantillon de la population. Par ailleurs, le système digestif d’un adulte n’est pas exactement le même que celui d’un enfant. Enfin, le fait que les sujets aient eux-même eu accès aux résultats, en fouillant leurs selles, biaise la crédibilité de la recherche.

« Nous avons estimé qu’il n’était pas juste de chercher dans les excréments de nos partenaires ou de nos collègues », justifient les auteurs.

Pour finir, les pédiatres conseillent aux parents de « ne pas chercher l’objet avalé dans les selles de leurs enfants, car il est difficile à trouver ».

C’est bien noté, merci !

Sources : Forbes / Journal of Paediatrics and Child Health

https://www.ulyces.co/

Pourquoi la fatigue vous surprend après le repas


Ca vous arrive de vous sentir fatiguer après un repas ? Cela est causé par le travail du système digestif et en plus, il y a certains aliments qui appelle plus la somnolence que d’autres.
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Pourquoi la fatigue vous surprend après le repas

 

 

Évitez les plats gras. Ils demanderont plus d’énergie à votre corps pour être digérés © getty.

Jeanne Poma.
Source: Huffington Post

Mieux vaut commencer la journée par un petit-déjeuner copieux que dévorer un repas lourd à midi.

Vous avez dégusté un bon plat de pâtes ou un délicieux burger à midi et maintenant vous piquez du nez sur votre clavier? C’est tout à fait normal. Cette somnolence est due au travail de votre système digestif. Notre corps a besoin d’énergie pour survivre et nous trouvons cette énergie dans la nourriture. Le rôle du système digestif est de décomposer les aliments pour les convertir en glucose, puis en énergie. Tout cela demande beaucoup d’efforts à notre corps, qui ne peut plus se concentrer sur autre chose.

Il est conseillé d’éviter les repas trop gras à midi si vous devez travailler ensuite car le corps aura besoin de plusieurs heures pour décomposer ces aliments.

Les hormones de sommeil

Il arrive aussi que lorsque l’on mange des aliments trop sucrés, le pancréas sécrète une quantité excessive d’insuline. Cela déclenche le passage du tryptophane dans le cerveau, ce qui conduit à une production accrue de mélatonine, un neurotransmetteur qui agit sur le sommeil.

Des aliments qui « fatiguent » plus que d’autres

Les aliments qui contiennent des glucides, comme le riz, le pain, les pâtes ou les pommes de terre, stimulent la production de sérotonine. Ce neurotransmetteur nous rend heureux mais aussi quelque peu somnolent.

Vous aurez également tendance à vous endormir si vous consommez des aliments riches en protéines, comme le soja, le fromage, le tofu, les épinards ou la dinde. Mieux vaut donc vous arrêter de manger dès les premiers signes de satiété.

https://www.7sur7.be/

La vérité sur les régimes sans gluten


Le régime gluten a conquis bien des gens, c’est même devenue une mode alimentaire. Le hic, ceux qui souffrent vraiment à cause du gluten est réellement très peu et ceux-là souffre de la maladie coeliaque ou une intolérance au gluten. Alors les autres qui optent pour cette mode peuvent découler à des troubles alimentaires et de santé. Si les personnes croit dure comme fer que c’est mieux sans gluten, ils ont avantage de bien s’informer pour éviter des carences alimentaires
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La vérité sur les régimes sans gluten

 

 

Une intolérance au gluten peut causer des flatulences.

KATARZYNA WOJTASIK/SHUTTERSTOCK

On a beaucoup entendu parler des bienfaits du régime sans gluten, mais sont-ils faits pour tout le monde? Pas forcément, disent les experts.

PAR SYDNEY LONEY

La mode du «sans gluten»

Dans son livre, Scared Wheatless, Mary Jo Eustace raconte son voyage au pays du sans gluten comme une tentative désespérée de sauver sa fille (alors âgée de huit ans) de l’alopécie, une maladie auto-immune qui entraîne la perte des cheveux. Quand le stress que lui causait la maladie de sa fille l’a rendue malade à son tour, sa nutritionniste lui a suggéré de mettre toute la famille au régime sans gluten afin de combattre l’inflammation.

«À ce stade, se souvient-elle, je me disais simplement : “Si ça aide ma fille à se sentir mieux, je vais essayer!”»

C’était il y a deux ans et, non seulement les cheveux de sa fille ont repoussé, mais Mary Jo Eustace se sent mieux que jamais. Ses recettes sans gluten, dont beaucoup sont présentées dans son livre Scared Wheatless, ont même conquis son fils. Alors, le gluten était-il responsable des problèmes de santé de sa famille?

«Qui peut le dire? demande-t-elle. Je sais simplement que mieux on s’alimente, mieux on se sent. Pour nous, ça valait le coup de laisser tomber le gluten.»

De plus en plus de Canadiens partagent ce sentiment. Nous sommes environ 10 millions à acheter des produits sans gluten alors que seulement 2,5 millions de personnes au pays doivent le faire pour des raisons médicales – ce qui fait que plus de sept millions de personnes le font parce qu’elles ont entendu dire que ces produits sont plus sains et ont suivi la tendance.

«Le succès de l’alimentation sans gluten s’explique en partie par sa simplicité, explique Desiree Nielsen, diététicienne à Vancouver. Si vous partez de l’idée qu’un type d’aliments est mauvais, il vous suffit ensuite de l’éviter. Vous vous dites simplement : “C’est sans gluten, donc je peux le manger.”»

Le gluten est-il dangereux?

Le gluten, une protéine que l’on trouve dans le blé, le seigle et l’orge, agit comme une colle qui permet aux aliments de s’agglomérer et de garder leur forme. À peine 1% de la population est intolérante au gluten – ce sont les gens souffrant de la maladie cœliaque – et environ 6% montrent à son égard une certaine sensibilité.

«Je pense que le plus grand malentendu qui se perpétue au sujet du gluten, c’est la confusion entre la maladie cœliaque et la sensibilité au gluten, observe le Dre Talia Zenlea, gastroentérologue au Women’s College Hospital de Toronto. Nombreux sont ceux qui, parce qu’ils ont des symptômes liés à la consommation de gluten, croient souffrir de la maladie cœliaque, même si biopsies et tests sanguins leur disent le contraire.»

La maladie cœliaque est une maladie auto-immune caractérisée par l’inflammation du petit intestin – inflammation déclenchée par le gluten. Beaucoup de personnes souffrant de la maladie cœliaque n’ont aucun symptôme.

«Viennent ensuite ceux qui souffrent de ballonnements, de maux d’estomac, de confusion ou de problèmes de transit intestinal tels que la diarrhée, et qui se sentent beaucoup mieux quand ils éliminent le gluten de leur alimentation, note la Dre Zenlea. Certaines personnes ont des symptômes qui sont souvent associés à la maladie cœliaque même si leurs tests sanguins, les biopsies du petit intestin et les marqueurs génétiques ne sont pas positifs. On parle alors de “sensibilité non cœliaque liée au gluten”.»

Le sans gluten est-il pour tout le monde?

«Certaines personnes associent le régime sans gluten avec une saine alimentation, dit la Dre Zenlea. Mais même s’il est vrai que certains grains sans gluten sont très sains, beaucoup de gens oublient qu’un cupcake sans gluten reste un cupcake.»

Mais aussi longtemps que vous adoptez une alimentation équilibrée et riche en nutriments, la Dre Zenlea assure que manger avec ou sans gluten ne fera aucune différence si vous n’y êtes pas sensible. Et pour les gens qui mangeaient beaucoup d’aliments transformés avant de passer au régime sans gluten, nul doute que leur nouvelle manière de s’alimenter sera plus saine, surtout s’ils mangent davantage de fruits et de légumes, ajoute Desiree Nielsen. Le problème continue-t-elle, c’est que beaucoup de personnes continuent de manger des aliments transformés en grande quantité, la seule différence étant qu’ils sont sans gluten.

«On ajoute à ces produits beaucoup d’émulsifiants et de gommes afin de lier et fixer les molécules de gras et à les agglomérer en l’absence de gluten, explique Desiree Nielsen. Malheureusement, ces produits peuvent vous faire vous sentir encore plus mal, surtout si vous avez déjà des problèmes digestifs

Et puis éliminer le gluten de son alimentation coûte cher. Des chercheurs de l’université de Dalhousie à Halifax ont calculé que les aliments sans gluten coûtaient 242% de plus que leur contrepartie avec gluten.

Malgré cela, Desiree Nielsen n’observe aucun relâchement dans l’engouement pour les produits sans gluten.

«Ce régime bénéficie encore et toujours d’un énorme a priori favorable en termes de santé», constate-t-elle.

Le plus grand danger, c’est que les gens poussent trop loin leur aversion du gluten, ce qui peut mener à des désordres alimentaires tels que l’orthorexie, un trouble alimentaire caractérisé par la volonté obsessionnelle de n’ingérer que de la nourriture saine et d’éliminer toutes les autres.

«Quand vous commencez à éliminer certaines choses, il est facile de développer une obsession quant aux aliments qui ne font pas partie de votre régime plutôt que ceux qui en font partie, ajoute la diététicienne. Si vous ne faites pas attention, vous pouvez vous retrouver avec un régime alimentaire dont tout a été exclu.»

Ce qui risque le plus de vous manquer si vous optez pour un régime sans gluten, ce sont les fibres, pourtant indispensables au bon fonctionnement de votre système digestif. Vous pourriez aussi développer une carence en vitamine B – indispensable aussi bien pour convertir les aliments en énergie que pour la santé de votre cœur – parce que les pains et les céréales à base de blé sont enrichis en vitamine B.

«Votre corps a besoin d’une certaine quantité de nutriments tous les jours, dit Desiree Nielsen, et vous ne les obtiendrez pas à moins d’avoir une alimentation variée.»

Pour compenser le manque possible de fibres et de vitamine B d’un régime sans gluten, elle recommande de vous régaler de sorgo, de millet, de quinoa et de sarrasin aussi bien que de poisson, de légumineuses et de fruit et légumes, surtout en feuilles.

Quel avenir pour les régimes sans gluten?

Un jour, on finira par trouver un moyen de soigner quiconque réagit mal au gluten, aussi légère cette réaction soit-elle. En juillet, des chercheurs de l’université d’Alberta ont créé un supplément à partir du jaune d’œuf de poulet qui empêcherait l’assimilation de la gliadine, un composé du gluten que les gens souffrant de la maladie cœliaque ont de la difficulté à digérer.

«Les anticorps neutralisent les composés toxiques du gluten dans les intestins, juste avant qu’ils aient été assimilés, explique Hoon Sunwoo, l’auteur principal de l’étude. Ce supplément aidera aussi les gens sensibles au gluten.»

Mais ce supplément doit encore subir des essais cliniques et, pour le moment, le régime sans gluten reste pour de nombreuses personnes la seule solution

 «Pas besoin que ce soit difficile, intimidant ou hors de prix», indique Mary Jo Eustace.

Il lui a fallu six semaines pour réussir à garnir son garde-manger d’aliments santé sans gluten et pour commencer à faire ses propres sauces (beaucoup de sauces soja et de vinaigrettes contiennent du gluten). Son pain de viande à la dinde et au quinoa est devenu un des plats préférés de la famille.

« Sans planification, ça ne fonctionnera pas, dit-elle. Mais d’une certaine manière, ce principe s’applique à toute forme de cuisine.»

Le plus important, ajoute-t-elle, c’est d’obtenir l’aide d’un professionnel de la nutrition afin de vous assurer d’obtenir tous les nutriments dont vous avez besoin.

«Ce qu’il faut retenir, conclut-elle, c’est que si vous n’allez pas bien et que vous vous sentez mieux après avoir éliminé le pain et les pâtes de votre alimentation, alors pourquoi ne pas aller jusqu’au bout?»

http://selection.readersdigest.ca/

Les antibiotiques font dérailler des traitements anticancéreux


En immunothérapie, il est observé que les antibiotiques pouvaient diminuer la réponse aux traitements pour certains cancers. Non pas qu’il faut enrayer les antibiotiques en cas de nécessité, il fallait trouver le pourquoi ! La réponse est que les antibiotiques éliminent certaines bonnes bactéries dont l’une d’elles serait importante pour la réussite du traitement en immunothérapie.
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Les antibiotiques font dérailler des traitements anticancéreux

 

Le docteur Bertrand Routy ouvrira un nouveau laboratoire au Centre de recherche du CHUM afin d’effectuer des tests sur des patients qui reçoivent l’immunothérapie.

PHILIPPE MERCURE
La Presse

L’immunothérapie est la nouvelle arme de prédilection des médecins contre certains cancers. Or, des chercheurs viennent de montrer que son efficacité pouvait être sapée par de simples… antibiotiques.

Et dès janvier, un nouveau laboratoire sera créé au CHUM pour en savoir plus sur cette découverte qui risque de changer les pratiques médicales.

En caractérisant le microbiote intestinal de patients - l'ensemble des... (PHOTO THIERRY MEYLHEUC, FOURNIE PAR L’INRA) - image 1.0

En caractérisant le microbiote intestinal de patients – l’ensemble des microorganismes qui vivent dans nos entrailles -, les chercheurs ont découvert qu’une bactérie en particulier est essentielle au succès de l’immunothérapie.

PHOTO THIERRY MEYLHEUC, FOURNIE PAR L’INRA

Imaginez que vous êtes médecin. Votre patient, atteint d’un cancer et affaibli, a contracté une petite infection urinaire. Avant de lui faire subir un traitement anticancéreux éprouvant, hop ! vous lui prescrivez un antibiotique pour qu’il soit dans la meilleure forme possible pour sa thérapie.

Le raisonnement est logique et abondamment appliqué – pas moins d’un patient sur cinq atteint du cancer consomme des antibiotiques. Or, la stratégie est peut-être à revoir. Selon une étude publiée cette semaine dans la prestigieuse revue Science, les antibiotiques peuvent faire dérailler les traitements d’immunothérapie, technique de pointe utilisée depuis quelques années, qui remplace la chimiothérapie contre certains cancers avancés du poumon, du rein et de la vessie.

« L’idée n’est pas d’être contre les antibiotiques – quand un patient souffre d’une infection bactérienne, il a besoin d’antibiotiques. Mais il faut s’assurer de donner les antibiotiques pour les bonnes raisons et de comprendre les conséquences », explique le docteur Bertrand Routy, médecin hématologue au laboratoire « immunologie des tumeurs et immunothérapie » à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, en France, et à l’Université Paris-Sud – Institut Gustave-Roussy.

La recherche vient expliquer, au moins en partie, pourquoi certains patients ne répondent pas à l’immunothérapie, pourtant considérée comme une révolution dans le traitement du cancer.

Elle s’appelait Akkermansia

C’est d’abord en étudiant les souris que les scientifiques ont découvert que celles qui prenaient des antibiotiques répondaient mal à l’immunothérapie. Voyant cela, le Dr Routy a eu l’idée de vérifier si la même chose se produisait chez les patients humains. En examinant les dossiers de 249 personnes traitées par immunothérapie, il a effectivement découvert que la prise d’antibiotiques avait un effet négatif sur la survie.

Comment un antibiotique peut-il faire dérailler un traitement contre le cancer ? En gros, parce qu’il tue de bonnes bactéries se trouvant dans notre système digestif.

Et pour savoir lesquelles, les chercheurs sont allés fouiller, littéralement, dans les selles des patients.

En caractérisant leur microbiote – l’ensemble des microorganismes qui vivent dans nos entrailles -, ils ont découvert qu’une bactérie en particulier est essentielle au succès de l’immunothérapie. Son nom : Akkermansia muciniphila. Pour prouver leur thèse, les chercheurs ont même créé des souris sans microbiote et leur ont greffé celui de patients qui répondaient mal aux traitements d’immunothérapie. Les souris, elles aussi, répondaient mal à la thérapie. Mais si on leur administrait Akkermansia muciniphila, l’immunothérapie reprenait du mordant contre le cancer.

Un labo à Montréal

La suite ? Bertrand Routy rêve déjà à des tests de selles qu’on ferait passer aux patients Hop ! Une pilule qui en contient, et le problème est réglé !avant leur traitement d’immunothérapie. La fameuse Akkermansia muciniphila ne s’y trouve pas ? Avant d’en arriver là, cependant, il faudra faire plus de tests sur les patients. Et c’est à Montréal qu’ils seront faits. Bertrand Routy, Français d’origine qui a grandi au Québec, mais est retourné en France pour y faire un doctorat, sera de retour en janvier pour ouvrir un nouveau laboratoire au Centre de recherche du CHUM à cet effet.

Le Dr Routy vérifiera si d’autres bactéries, outre Akkermansia muciniphila, sont liées au succès de l’immunothérapie. Et il en administrera à des patients atteints de cancer du poumon, du rein, de la vessie et du foie pour documenter leur effet.

« Ce qui est beau avec cette découverte, c’est qu’elle a le potentiel de changer la pratique médicale très rapidement, souligne le Dr Routy. Ce n’est pas qu’un truc de souris qui n’intéresse pas grand monde ! »

***

Immunothérapie

Administrée depuis quelques années seulement sur certains patients, l’immunothérapie est une toute nouvelle approche contre le cancer. Plutôt que d’utiliser des médicaments puissants pour attaquer le cancer, comme le fait la chimiothérapie, l’immunothérapie vise à stimuler ou renforcer le système immunitaire du corps pour qu’il puisse mieux trouver et attaquer les cellules cancéreuses. Le traitement est pour l’instant utilisé contre le mélanome métastatique et certains cancers du poumon, du rein et de la vessie.

En sachant que 70 % de nos cellules immunitaires se trouvent dans notre système digestif, on comprend mieux l’importance d’avoir un microbiote en santé pour que l’immunothérapie fonctionne. Les chercheurs croient que la bactérie Akkermansia muciniphila « encourage » certaines cellules immunitaires à quitter le tube digestif pour aller attaquer les tumeurs.

http://www.lapresse.ca/