Le sida en 2019 : où en est la lutte?


1 décembre, c’est la Journée mondiale de la lutte contre le sida. Cela fait des lustres que je n’avais pas entendu parler du sida pourtant, le sida existe toujours et les risques sont les mêmes qu’avant. Ce qui est assez inquiétant dans un rapport canadien est qu’il a un 42 % des jeunes de 18 à 22 ans n’ont jamais entendu parler du sida
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Le sida en 2019 : où en est la lutte?

Un ruban rouge, symbole de la lutte contre le sida et le VIH, épinglé sur une veste.

Le ruban rouge, symbole international de la lutte contre le sida et le VIH.

PHOTO : ISTOCK

Radio-Canada

Le premier décembre marque la Journée mondiale de la lutte contre le sida et malgré les années, le combat n’est toujours pas gagné, selon le docteur Réjean Thomas.

Les années 1980 auront certainement été marquées par la progression fulgurante de cette maladie transmissible sexuellement. Le sida causait une grande peur chez les Canadiens, car il  n’avait de pitié pour personne et emportait avec lui ceux qui en étaient atteints.

Le New York Times publie un premier article concernant le sida, parlant d'un rare cancer diagnostiqué chez 41 homosexuels.

Le New York Times publie un premier article concernant le sida, parlant d’un rare cancer diagnostiqué chez 41 homosexuels.

PHOTO : NEW YORK TIMES

En 2019, on entend moins parler du sida, mais pourtant, cette maladie est toujours bien présente chez les Canadiens. Selon Statistique Canada, il y avait en 2016 plus de 63 110 personnes atteintes du sida au pays.

« Au Canada, chaque premier décembre il y avait une campagne publicitaire. Ça fait combien d’années qu’il n’y en a plus? Si on a plus de campagnes de sensibilisation [on manque à] l’éducation », souligne le docteur acadien Réjean Thomas, fondateur et président de la clinique médicale L’actuel.

Réjean Thomas est catégorique : le manque de sensibilisation ces dernières années se fait fortement ressentir en clinique depuis les derniers 5 à 10 ans. 

La majorité des nouveaux cas de VIH sont des jeunes, ces jeunes arrivent dans un tableau où ils n’ont à peu près jamais entendu parler du sida Dr. Réjean Thomas

Le docteur Thomas rapporte que 42% de la génération Z (les jeunes âgés de 18 à 22 ans) disent ne rien connaître au sujet du sida.

« Je pense aux jeunes gais qui ne connaissent pas du tout l’histoire du sida, c’est quand même intéressant. Une partie de leur population a été complètement détruite de façon catastrophique », soutient Réjean Thomas.

Un problème de société selon le médecin qui voudrait que davantage de campagnes de sensibilisation soient organisées au sujet de cette maladie et de toutes les infections transmissibles sexuellement.

« Au Québec par exemple, on n’a plus d’éducation sexuelle depuis je ne sais combien d’années. On ressent ça, on le ressent en clinique. Il y a une explosion de toutes les maladies transmissibles sexuellement présentement au Canada », rapporte le docteur Thomas.

Il raconte que des maladies comme la syphilis, qui avait presque été radiée du territoire canadien, refont surface à un rythme fulgurant.

« On a des enfants qui naissent avec la syphilis aujourd’hui », dit-il.

Une maladie stigmatisée

Même si les Canadiens ont fait bien du chemin depuis les années 1980 au sujet du sida, les gens atteints de la maladie ne sont toujours pas acceptés dans la société.

Selon Réjean Thomas, un trop grand nombre de personnes se cachent, car elles ne veulent pas être rejetées par ceux qu’elles aiment.

Nos patients vivent la solitude, ils ont peur d’en parler, ils ont peur de perdre leur travail, de perdre leurs amis Dr. Réjean Thomas

Cette stigmatisation pourrait être expliquée par la désinformation qui circule au sujet de la maladie.

Dans un sondage américain publié la semaine dernière par la Société pharmaceutique MERCK, on peut voir que 90 % des répondants croient qu’il est possible pour une personne atteinte du sida de refuser de l’admettre, par peur d’être la cible de violence.

Dans la même étude, on constate que 28 % des milléniaux non porteurs du VIH affirment avoir évité de donner un câlin, de devenir ami ou même de discuter avec une personne infectée.

« Ce que tout ça démontre, c’est que c’est fragile. Qu’il faut toujours continuer de lutter. »

Quelques statistiques 

Selon les estimations de Statistique Canada, 14 % des personnes qui vivent avec le sida ne savent pas qu’elles en sont atteintes.

L’Agence de la Santé publique du Canada rapportait en 2016 que 32 762 personnes atteintes étaient des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, tandis que 20 543 malades avaient contracté le sida lors d’une relation hétérosexuelle.

Toujours selon l’Agence, 10 986 personnes atteintes cette année-là l’ont contracté parce qu’elles utilisaient des drogues injectables.

Une aiguille dans un pot de fleurs à Winnipeg.

Une aiguille ayant servi à l’injection de drogue retrouvée dans un pot de fleurs

PHOTO : RADIO-CANADA / BERT SAVARD

Dans le même rapport, on apprend que 601 personnes n’avaient contracté le sida ni par l’entremise de relations sexuelles ni par une injection. Ces patients ont probablement contracté le VIH par une transfusion sanguine ou par la mère lors de la grossesse.

Les Autochtones quant à eux représentent 9,6 % de la population atteinte par le sida au Canada.

Avec des renseignements de l’émission Michel le Samedi et de la journaliste Jessica Savoie

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Le Saviez-Vous ► Décembre 1888, Vincent Van Gogh offre son oreille


Je n’aime pas le terme fou pour désigner une personne ayant des troubles psychiatriques. Enfin, Van Gogh souffrait de ces troubles, on croit qu’il était atteint de la schizophrénie ainsi que des troubles bipolaires et autres. Il est clair que couper son oreille et de l’offrir à une personne, il était gravement malade.
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Décembre 1888, Vincent Van Gogh offre son oreille

 

van gogh

L’histoire est bien connue, le peintre Vincent Van Gogh, atteint de divers troubles psychiatriques se coupe l’oreille et peint un des autoportraits les plus célèbres de l’histoire de l’art. Mais ce que la plupart des gens ignore, c’est que l’artiste fou a offert son oreille à une jeune fille… qui a crié d’épouvante avant de tomber dans les pommes. Normal.

 Vincent Van Gogh, un artiste torturé

Ce n’est un secret pour personne, Van Gogh était fou. Difficile d’établir un diagnostic mais on vise sur la schizophrénie avec troubles bipolaires, sans parler de la syphilis, du saturnisme et d’une épilepsie du lobe temporal… Bref. En 1888, Vincent Van Gogh vit à Arles, il partage un atelier avec Gauguin. Les deux artistes sont fauchés, ils passent leur temps à se disputer et à se menacer. Pour autant, ils ne peuvent se séparer et continuent leur vie commune. Mais le 23 décembre, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour Paul Gauguin.

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Vincent, qui vit aux dépens de son plus jeune frère Théo, vient d’apprendre que celui-ci s’est fiancé. Il va épouser une jeune fille et va nécessairement devoir répondre aux besoins financiers du ménage et de la future famille. Pour le peintre c’est certain, son frère l’abandonne ! Se sentant seul, il est pris d’une crise de panique, ou de folie. Une furieuse dispute éclate entre Van Gogh et son coloc. C’est la dispute de trop, il renonce à sa vie dans l’atelier du midi avec Van Gogh. Gauguin part dormir à l’hôtel et annonce qu’il prendra le train le lendemain matin.

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Impossible de savoir ce qu’il se passe réellement dans la tête de l’artiste néerlandais ce soir-là, mais à l’aide d’une lame de rasoir, il se tranche l’oreille, éponge le sang avec des draps et décide d’aller offrir son morceau de chair à une jeune fille, Gabrielle.

Qui est Gabrielle ?

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On a cru pendant longtemps que Gabrielle (parfois appelée Rachel) était une prostituée, mais les archives ont prouvé le contraire. A cette époque-là, la prostitution est réglementée par l’état et toutes les filles sont obligatoirement inscrites sur des registres afin d’être suivies médicalement et surtout contrôlées. Gabrielle ne figure nulle part. En réalité, Gabrielle a 19 ans et elle fait le ménage dans différentes maisons de passes arlésiennes, notamment « la maison de tolérance n°1 », c’est ici que Van Gogh la retrouve le 23 décembre, au milieu de la nuit, avec un paquet de papier journal. Le peintre, qui fréquentait régulièrement les bordels avait rencontré Gabrielle et avait pu voir une cicatrice sur son bras. Elle s’est faite mordre pas un chien quelques années plus tôt et il lui reste une belle marque. Vincent Van Gogh a voulu lui offrir sa chair après s’être coupé l’oreille…

Ne dit-on pas que c’est l’intention qui compte ?

http://www.racontemoilhistoire.com/

Le Saviez-Vous ► Ces laboratoires secrets qui mènent leurs expériences sur des humains


Dans le passé, il y a eu beaucoup d’expériences faites sur des cobayes à leur insu. Certaines de ces expériences étaient d’une barbarie vraiment effrayantes. Beaucoup des cobayes sont resté avec des séquelles physiques et psychologiques. D’autres sont mort suites aux expériences ou encore se sont suicidé. On a essayé de cacher les faits ou défendre les auteurs de ces recherches.
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Ces laboratoires secrets qui mènent leurs expériences sur des humains

 

Des laboratoires top-secrets mènent depuis des années leurs expériences sur des cobayes humains. Une pratique aussi confidentielle qu’effrayante. Découvrez une séléction des expériences les plus choquants.

Quand la CIA efface la mémoire 

CIA

© REUTERS / LARRY DOWNING

Quand la CIA utilise du LSD pour des expériences sur la conscience

La CIA américaine a mené plusieurs projets pour effacer l’identité: Bluebird (ou Artichoke, 1951-1953) et МК ULTRA (MKSEARCH, année 1950-1960). Les principaux cobayes étaient des patients inertes des cliniques neurologiques, dont la plupart ignoraient tout des expériences menées sur eux. Bluebird avait pour but de créer un sérum de vérité infaillible. En utilisant des substances psychotropes et les électrochocs, les chercheurs provoquaient chez les sujets une amnésie artificielle, leur inculquaient de faux souvenirs et « multipliaient » leur identité.

Le projet MK ULTRA était incomparablement plus coûteux et global. Il étudiait toute la diversité des moyens d’impacter la raison (y compris des enfants): de la biologie à la radiologie. Par exemple, dans le cadre d’un des 149 sous-projets, plus de 1 500 soldats américains recevaient avec leur nourriture des produits psychotropes pour évaluer leur opérationnalité « sous l’emprise des substances ». L’information obtenue dans le cadre de MK ULTRA est utilisée aujourd’hui dans le travail des renseignements, même si en 1972 le projet a été fermé après un scandale et qu’une partie de sa documentation a disparu.

Pour une poignée de shekels 

Le Groenland du sud

© AP PHOTO / NORDFOTO

Un glacier révèle le secret de la base nucléaire secrète US au Groenland

L’armée israélienne a également mené des expériences sur ses soldats: on a appris en 2007 qu’entre 1998 et 2006, dans le cadre des projets secrets Omer-1 et Omer-2, des médecins militaires israéliens cherchaient un vaccin « contre une arme bactériologique similaire à l’anthrax ». Les 716 soldats participant aux expériences n’ont pas été informés des risques, des éventuelles conséquences et il leur était interdit d’évoquer les détails des recherches avec leurs proches.

En 2007, un groupe d’anciens sujets souffrant des conséquences de cette expérience – tumeurs, ulcères, bronchite, épilepsie – s’est adressé au ministère de la Défense pour se plaindre de leur mauvais état de santé. Ils ont été soutenus par le syndicat des médecins et l’organisation Médecins pour les droits de l’homme qui sont allés jusqu’à la Cour suprême pour exiger une enquête. Mais ils ont obtenu l’effet inverse: le tribunal n’a pas seulement décliné la requête mais il a interdit de publier une partie des informations sur l’expérience.

L’armée hésitait entre réagir en disant que rien ne s’était produit et mettre en avant que les soldats avaient accepté eux-mêmes. Il a été déclaré à la presse que les participants aux projets Omer étaient uniquement des volontaires qui savaient dans quoi ils s’engageaient et pouvaient quitter la partie à tout moment. Il a été suggéré aux victimes de s’adresser aux établissements médicaux où leur guérison promettait d’être longue, car les victimes ne disposaient pas de la moindre information sur les effets subis.

Le principal concepteur de l’expérience, le docteur Avigdor Sheferman (ancien directeur de l’Institut israélien de biologie), est parti ensuite au Canada pour mener des recherches identiques dans une compagnie médicale. Les résultats des projets Omer ont été remis à l’armée américaine pour plusieurs centaines de milliers de shekels.

Une véritable ségrégation médicale

Les États-Unis sont leaders de ce genre d’expériences. C’est dans ce pays qu’entre 1932 et 1972 se déroulait une expérience qu’on pourrait considérer à la fois comme un symbole de ségrégation raciale et de barbarie médicale. A Tuskegee, Alabama, le groupe médical sous la direction du docteur Clark Taliaferro avait pour objectif d’étudier tous les stades de la syphilis.

L’étude consistait à suivre un groupe de Noirs déjà contaminés. Pourquoi? Car à cette époque ils étaient encore considérés comme moins instruits et plus influençables. La plupart ignoraient leur maladie – c’était une condition de l’expérience. Toutes les manipulations étaient présentées comme des « soins du mauvais sang ». 76 des 399 participants sont restés en vie à l’issue de l’expérience. 128 personnes sont décédées de la syphilis et de ses complications. 40 hommes ont infecté leur femme et 19 enfants sont nés avec la syphilis.

En 1946 l’expérience a été élargie: une partie des médecins a été envoyée au Guatemala où pendant deux ans ils infectaient sciemment des soldats, des prostituées, des prisonniers, des mendiants ou des malades mentaux – jusqu’à 5 000 personnes au total.

C’est seulement en 1972 après la tribune d’un médecin dans le Washington Star qu’une commission spéciale s’est penchée sur les recherches à Tuskegee pour reconnaître leur illégitimité. Le gouvernement américain a alloué 9 millions de dollars pour aider les survivants, et 25 ans plus tard leurs proches ont entendu les excuses du président Bill Clinton. La trace latino-américaine n’a été découverte qu’en 2010 grâce à la publication des notes du docteur Cutler – l’un de ceux qui travaillaient pour ce programme au Guatemala. 750 victimes guatémaltèques ont porté plainte contre l’université Jones Hopkins, et Barack Obama a présenté ses excuses au peuple du Guatemala en la personne du président Alvaro Colom.

Des épidémies artificielles introduites dans le métro

Les chercheurs américains ne ménageaient pas vraiment leur grande nation. Des chimistes testaient sur les recrues l’effet toxique de l’ypérite (pour améliorer les masques à gaz), ou encore pulvérisaient des composants toxiques sur plusieurs villes canadiennes et américaines. Dans les années 1950, des épidémies artificielles ont été provoquées en Floride et en Géorgie. A la fin des années 1960, on a testé dans le métro de New York et de Chicago la vulnérabilité des passagers aux attaques biochimiques cachées en envoyant sous terre la bactérie Bacillus subtilis. En 1963-1969, le Pentagone a lancé sans avertissement sur les navires de sa marine plusieurs types d’armes chimiques et bactériologiques.

Les analystes de la radiation soignaient à différentes époques les adénoïdes avec des barres de radium et le cancer de l’estomac (les diagnostics étaient faux) avec des injections de plutonium, nourrissaient des futures mères avec des sels de fer radioactif sous la forme d’une boisson de vitamines, faisaient exploser des bombes atomiques dans le Nevada et sur les îles Marshall, testaient l’iode radioactif sur les femmes enceintes et en nourrissaient les nouveau-nés.

Des orphelins-cobayes

Les enfants ont toujours été les sujets les plus convoités par les chercheurs.

« L’étude de l’effet des jugements de valeur sur la fluidité verbale des enfants » réalisée en 1939 à l’université de l’Iowa, connue comme « Monster study », est une expérience horrible même si elle n’a pas provoqué de nombreuses morts ni d’invalidités et impliquait seulement une influence verbale.

Le psychologue Wendell Johnson et son aspirante Mary Tudor ont sélectionné dans un orphelinat 22 enfants de différents âges, et dans les cinq mois qui ont suivi Tudor rendait régulièrement visite à chacun d’entre eux pour une conversation de 45 minutes. Certains appréciaient ces échanges car Mary les félicitait pour leur capacité de lecture et leur élocution. Mais d’autres enfants, après quelques visites, ont commencé à éprouver des problèmes d’élocution, de comportement et de réussite à l’école parce que Tudor se moquait d’eux et leur reprochait de faire des fautes verbales.

Il faut dire que Johnson était guidé par un intérêt tout à fait scientifique: les véritables causes du bégaiement n’ont toujours pas été établies. Il supposait qu’il était possible de provoquer un bégaiement même en l’absence de prédispositions physiologiques.

Les successeurs de Johnson et de Tudor jugent que les travaux de ces derniers sont les plus exhaustifs sur le bégaiement, y compris les premières informations qu’ils ont pu recueillir sur le rôle des sentiments et des pensées du bégayant. Par contre, les enfants traumatisés ont vécu avec leurs complexes toute leur vie.

A l’issue de l’expérience, Mary Tudor est revenue plusieurs fois à l’orphelinat pour se repentir, espérant redonner aux enfants leur estime de soi. L’université, pour sa part, a tenu secrètes ces recherches jusqu’en 2001, date à laquelle la presse en a pris connaissance: l’établissement a alors présenté des excuses officielles aux victimes. En 2003, six d’entre elles ont saisi le parquet de l’État pour exiger de les indemniser pour préjudice moral. Quatre ans plus tard, ils ont obtenu 925 000 dollars pour tous les plaignants.

Une expérimentation pour éradiquer l’homosexualité dans un pays

Les victimes des expériences homophobes d’Aubrey Levin pourront difficilement compter sur une indemnité ou même une enquête officielle. Entre 1970 et 1989, l’armée sud-africaine faisait l’objet d’un « nettoyage » des recrues homosexuels. Les données officielles parlent de milliers de victimes mais nul ne connaît le chiffre réel. L’information sur ce programme a été révélée en 1995 dans le journal sud-africain Daily Mail and Guardian. Dans une interview le responsable du projet, ex-psychiatre en chef d’un hôpital militaire Aubrey Levin, affirmait:

« Nous ne considérions pas les gens comme des cobayes. Nous avions seulement des patients qui voulaient guérir et venaient de leur plein gré ». Il disait également pratiquer une « thérapie d’aversion sur les soldats homosexuels, sans pour autant recourir au choc électrique ».

Alors que s’est-il passé en Afrique du Sud à cette époque?

Près de 900 opérations de « réorientation sexuelle » ont eu lieu dans des hôpitaux sud-africains dans les années 1970-1980 dans le cadre de programmes pour éradiquer l’homosexualité. Certains patients étaient « soignés » à l’aide de drogues et d’hormones, d’autres ont subi des méthodes radicales – un traitement d’aversion. Dans le cadre de ce dernier on reproduisait une forme « inadmissible » de conduite (par exemple, l’excitation de l’homosexuel avec des images pornographiques) tout en provoquant des sentiments désagréables (par exemple, un électrochoc), avant de montrer une image positive (photo d’une femme nue) sans électrochoc.

La pratique traditionnelle admet le traitement d’aversion uniquement en dernier recours, et même dans ce cas le sentiment désagréable doit être équivalent à la piqûre d’une aiguille, et non faire voler en l’air les chaussures de l’individu, comme ce fut le cas dans les expériences de Levin. La mesure extrême du projet Aversion était la castration ou un changement forcé de sexe, et beaucoup de ceux qui l’ont subi ont choisi le suicide plutôt que de vivre dans un corps étranger. Finalement, la partie « scientifique » du projet fut un fiasco mais les seuls ennuis que ses instigateurs ont connu étaient avec leur propre conscience.

La conscience par intraveineuse

Certains ignorent que les exploits des chercheurs soviétiques dans l’élaboration de poisons ont même dépassé le niveau atteint par les expériences des nazis. Le « Cabinet spécial » (Laboratoire 1, Laboratoire X, Cellule), laboratoire toxicologique créé en 1921 par la direction du NKVD dirigé par le professeur Grigori Maïranovski, procédait à la recherche de poisons impossibles à identifier. Les expériences étaient menées sur des détenus condamnés à la peine capitale: 10 personnes pour chaque produit (sans compter les expériences sur les animaux).

L’agonie de ceux qui ne mourraient pas immédiatement était suivie pendant 10-14 jours avant de les achever. Le poison recherché a été finalement trouvé: le carbylamine-choline-chloride ou K-2, qui tuait en 15 minutes et sans traces (les médecins légistes indépendants diagnostiquait un décès pour insuffisance cardiaque). Grigori Maïranovski travaillait également sur le « problème de sincérité » pendant les interrogatoires avec des produits médicaux et élaborait des poisons en poussière qui tuaient quand on les respirait…

Au total, le Laboratoire 1 a fait entre 150 et 300 victimes (des criminels mais également des prisonniers de guerre), parmi lesquelles on peut également compter les médecins de la Cellule: des années plus tard Maïranovski, finalement condamné, écrivait que deux de ses collègues avaient mis fin à leur vie, que deux autres avaient perdu la capacité de travailler et que trois étaient devenus alcooliques.

Les testicules de jeunesse éternelle

La création d’un poison idéal sera probablement toujours d’actualité, tout comme la recherche de la pierre philosophale et de la fontaine de jeunesse. Par exemple, le professeur Preobrajenski du Cœur de chien écrit par Mikhaïl Boulgakov, pratiquait une méthode de rajeunissement assez répandue pour les années 1920: son homologue vivant aurait pu être le docteur américain Leo Stanley – à l’exception de leur mentalité. Ce médecin en chef d’une prison de San Quentin (Californie) était un adepte de l’eugénisme et testait différentes méthodes de purification de la race humaine: la chirurgie plastique (car la laideur extérieure provoque la laideur intérieure et inversement), les manipulations des glandes génitales et, pour finir, la stérilisation.

Il a commencé à mener des expériences sur le rajeunissement en 1918 en transplantant aux détenus âgés les testicules de jeunes criminels exécutés. La « matière première » a rapidement commencé à manquer et le docteur s’est alors orienté vers les animaux en utilisant des testicules de boucs, de sangliers et de cerfs. D’après ses rapports, les sujets éprouvaient un « gain de forces et se sentaient mieux » – on ignore s’il s’agissait d’un effet placebo ou d’un véritable rajeunissement mais le docteur promettait la seconde variante.

Un autre but de l’étude était de confirmer l’hypothèse selon laquelle le comportement criminel dépendait des problèmes hormonaux. Pour régler les deux problèmes, il fallait donc stériliser le sujet — 600 détenus ont subi ce traitement jusqu’en 1940. Certains d’entre eux ne voulaient pas avoir d’enfants, d’autres voulaient rajeunir: le docteur Stanley présentait la stérilisation comme un moyen permettant de rajeunir et de guérir, il avait promis à certains un régime de détention plus souple. Cependant, son véritable objectif était de pacifier les gènes « criminels » et l’instinct sexuel qui poussait selon lui le criminel à récidiver. Il a poursuivi ses recherches jusqu’en 1951, et compte tenu de sa contribution à la réforme des établissements médicaux cette activité ne paraît pas absolument insensée.

L’hôpital du docteur Cotton

Contrairement aux recherches d’Henry Cotton, l’élève d’Alzheimer en personne à 30 ans déjà (à partir de 1907) dirigeait un hôpital psychiatrique à Trenton (New Jersey). Le poste de médecin en chef lui accordait de vastes opportunités pour tester en pratique son hypothèse sur l’origine des troubles psychiques. Il estimait que les gens devenaient fous par infection et que le foyer de cette dernière se trouvait avant tout dans les dents malades — très proches du cerveau. Par conséquent, la première procédure subie par les patients de Cotton était l’arrachage de dents.

Si cela ne fonctionnait pas, on continuait de chercher l’infection au hasard (ou par ablation): dans les amygdales, la vésicule biliaire, l’intestin, l’estomac, les testicules, les ovaires… Même la famille de Cotton n’a pas échappé à cette « chirurgie bactériologique » (nom donné par l’auteur de la méthode): il a arraché les dents de son épouse, de ses deux fils et même les siennes. Ce dernier acte avait été précédé par une dépression nerveuse suite à l’ouverture d’une enquête dans sa clinique par une commission du sénat local.

Malgré les données reflétant une efficacité élevée de sa méthode (85% de guérison) diffusées activement par le docteur dans ses discours et ses articles, ainsi que la forte popularité de l’hôpital de Trenton (même les hommes aisés et les célébrités y envoyaient leurs proches pour une grande somme d’argent), en 1924 le conseil de tutelle a senti que quelque chose ne tournait pas rond et a consulté l’université Jones Hopkins. La docteure Phyllis Greenacre envoyée à l’hôpital pour vérifier les statistiques a découvert que seulement 8% des patients de Cotton guérissaient, 41,9% ne ressentaient aucune amélioration et 43,4% mourraient. Sachant que les 8% n’avaient pas subi de soins et que les 43,4% décédés avaient fait les frais de la pratique de Cotton.

L’enquête de la commission créée par le sénat local avait précisément pour but de découvrir les causes de cet état de fait mais elle a à peine eu le temps d’entamer son travail: des collègues de renommée et même des hommes politiques ont pris la défense de Cotton, qui a tranquillement repris son travail pour prendre sa retraite cinq ans plus tard. Personne n’a voulu poursuivre ses recherches.

Les bonnes nouvelles

Virus Zika

© REUTERS / IVAN ALVARADO

Des expériences scientifiques auraient provoqué la recrudescence de Zika

Au courant de l’été 2014, les utilisateurs anglophones de Facebook ont été surpris d’apprendre que 689 003 d’entre eux avaient joué le rôle de cobayes contre leur gré dans une expérience conjointe des chercheurs américains et du réseau social. Les résultats parus dans le magazine Proceedings of the National Academy of Sciences stipulaient:

« Les états émotionnels peuvent être transmis à d’autres individus à travers une infection émotionnelle, après quoi, sans en être conscients, ils peuvent éprouver les mêmes émotions ».

Cela signifie que la bonne et la mauvaise humeur sont contagieuses de la même manière que l’absence d’un contact direct n’empêche pas cette infection. L’expérience était simple: un groupe de sujets recevait dans son fil d’actualité des positifs, l’autre des messages négatifs. Les utilisateurs ont immédiatement réagi: les « heureux » ont commencé à publier des commentaires optimistes et le groupe attaqué par des posts négatifs a commencé à écrire des choses négatives.

Les militants ont critiqué les méthodes des chercheurs et ont même supposé que pour certains, le contenu négatif avait pu être « la dernière goutte » — mais avec autant de probabilité le contenu positif a aussi pu redonner espoir à quelqu’un. Dans l’ensemble, les deux manipulations peuvent être perçues comme un petit pas vers la sophistication des méthodes pour influencer le public. Par conséquent, il faut remettre en question et analyser tout ce qui tombe dans le champ de votre attention, sans oublier la probabilité qu’à chaque instant vous faites peut-être partie d’une expérience.

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Les six dégoûts essentiels aux humains


Le dégout que ce soit une mauvaise hygiène, de certains animaux, de lésion, d’insecte sert à diminuer les risques de maladies. Probablement une intuition en rapport à leur environnement et l’évolution des maladies
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Les six dégoûts essentiels aux humains

 

Deux pommes pourries.

Le dégoût est une réponse innée pour éviter, ou du moins diminuer, les risques d’infection et de transmission de maladies. Photo : iStock

Le dégoût est reconnu depuis longtemps comme une émotion dont l’évolution au cours des siècles a permis à nos ancêtres d’éviter les infections de toutes sortes. Des chercheurs britanniques montrent aujourd’hui qu’il se structure autour de six thèmes différents liés à l’évitement d’animaux ou de personnes, et à des habitudes.

Un texte d’Alain Labelle

C’est la première fois que des chercheurs utilisent la perspective de la maladie pour analyser la nature du dégoût, ce qui leur a permis d’établir six catégories qui le déclenchent :

  • De la nourriture pourrie;
  • Une mauvaise hygiène;
  • Des animaux et des insectes;
  • La sexualité;
  • Les difformités physiques;
  • Les lésions et blessures.

Le dégoût est ainsi une réponse du corps pour éviter, ou du moins diminuer, les risques d’infection et de transmission de maladies.

Les chercheurs de l’École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres (LSHTM) affirment que l’établissement de ces catégories peut aider à mieux cibler les messages de santé publique, par exemple pour encourager le lavage des mains ou contrer la stigmatisation associée à certaines maladies.

Des rats fouillent dans des sacs de poubelle.

Les animaux et insectes inspirent le dégoût. Photo : iStock/Chanawat Phadwichit

Ce type de comportement d’évitement de la maladie est très répandu chez les animaux, ce qui nous porte à croire qu’il est très ancien du point de vue de l’évolution. Le professeur Val Curtis, LSHTM

Le professeur Val Curtis et son équipe ont interrogé plus de 2500 personnes sur Internet, énumérant 75 scénarios potentiellement dégoûtants auxquels elles pourraient devoir faire face, comme des personnes présentant des signes évidents d’infection, des lésions cutanées purulentes, ou encore des objets grouillant d’insectes.

Les participants devaient évaluer la force de leur réaction de dégoût pour chaque scénario sur une échelle allant de « pas de dégoût » à « dégoût extrême ».

Parmi tous les scénarios présentés, les plaies purulentes ont été jugées les plus dégoûtantes. Le manquement aux normes d’hygiène de base, comme le fait d’avoir une mauvaise odeur corporelle, a également été jugé particulièrement dégoûtant.

Une plaie ouverte avec du pus.

Les infections purulentes inspirent aussi le dégoût. Photo : iStock

Le dégoût d’hier à aujourd’hui

C’est en analysant les réponses des participants que les chercheurs ont été en mesure de déterminer les six catégories communes de dégoût. Elles se rapportent toutes à divers types de menaces de maladies infectieuses rencontrées chez nos ancêtres.

Par exemple, le fait de manger de la nourriture pourrie menait à des maladies comme le choléra. Un contact intime avec des personnes malpropres risquait de transmettre la lèpre, des pratiques sexuelles exposaient un individu à la syphilis et le contact avec des plaies ouvertes pouvait conduire à la peste ou à l’infection par la variole.

Éviter les parasites

Ces résultats confirment la « théorie de l’évitement parasitaire », selon laquelle la notion du dégoût a évolué chez les animaux, ce qui les encourage à adopter des comportements visant à réduire le risque d’infection.

Un comportement qui est reproduit par l’humain, le dégoût incitant celui-ci à agir de manière particulière, ce qui minimise chez lui le risque d’être exposé aux maladies.

Une meilleure compréhension du dégoût nous permet de mieux comprendre les mécanismes du comportement d’évitement des maladies et nous aidera à mettre au point de nouvelles méthodes pour garder notre environnement, les animaux et nous-mêmes en bonne santé. Le professeur Val Curtis, LSHTM

Différences entre hommes et femmes

Ces travaux montrent qu’il existe des différences entre les sexes dans leurs réactions aux différents scénarios dégoûtants qui leur ont été présentés. Par exemple, les femmes évaluent les scénarios plus intensément que les hommes.

Une réalité qui concorde avec le fait que les hommes sont connus pour se livrer à des comportements plus risqués que les femmes.

Les catégories les plus dégoûtantes pour les participantes étaient liées aux comportements sexuels à risque et aux animaux porteurs de maladies.

Avant cette étude, l’équipe avait prédit que les types de dégoût correspondraient directement aux catégories de menaces potentielles de maladies.

Cependant, ce travail a permis de constater que les types de dégoût étaient plus étroitement liés aux mesures que les gens doivent prendre pour éviter les maladies, par exemple en ne touchant pas les lésions cutanées ou en ne s’approchant pas des personnes ayant une mauvaise odeur corporelle.

Il est certain, d’après ces résultats, que les gens ont un sens intuitif de ce qu’ils doivent éviter dans leur environnement, et notre coévolution avec les maladies n’y serait pas étrangère.

Micheal de Barra, Université Brunel de Londres

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Biological Sciences.

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Le Saviez-Vous ► Top 10 des EXPÉRIENCES scientifiques les plus FLIPPANTES !


Au nom de la science, des gens ont fait n’importe quoi aux êtres humains, mais aussi aux animaux. Des tortures prétextant faire une découverte majeure, qui ont fini par des suicides ou des gens sont devenus des criminels. Peut-on croire que ce genre de pseudo-science est une époque révolue ? Probablement que non !!! Seulement, les expériences sont plus discrètes fait par des savants fous
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Top 10 des expériences  scientifiques les plus flippantes !

 

Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: la gonorrhée et la méthode du bon docteur Oselbiah


Les ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang) qu’il y a quelques années, nous les appelons MTS ont toujours fait de grands ravages, et les thérapies d’autrefois étaient assez drastiques enfin pour les hommes. Aujourd’hui, nous avons les antibiotiques, mais ces infections deviennent plus résistantes. Alors que l’éducation sexuelle ne semble pas toucher les jeunes, comment réduire ces infections ? Sûrement pas le traitement du Dr Oselbiah au XIIIe siècle
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Il était une fois la maladie: la gonorrhée et la méthode du bon docteur Oselbiah

 

Jacques Beaulieu

La gonorrhée ou les malheurs de Pantagruel

«Peu de temps après, le bon Pantagruel tomba malade, et feut tant prins de l’estomach qu’il ne pouvoyt boyre ni manger; et, parce qu’un malheur ne vient jamais seul, lui vint une pisse chaulde, qui le tourmenta plus que ne penseriez. Mais les medicins le secoururent tres bien; et avecques force drogues lenitives et diurecticques, le feirent pisser son malheur.» (Œuvre de Rabelais, François Rabelais, Charles Esmangart, Éloi Johanneau, Tome 4, Chez Dalibon, Libraire, Paris, 1873, p.144-145)

Ce bon Pantagruel, un gourmand, gourmet et fêtard invétéré, était donc bien puni, mais il ne fut ni le premier, ni le dernier dans l’histoire humaine à avoir subi la blenhorragie, la gonorrhée ou, plus familièrement nommée la pisse-chaude ou encore : la chtouille, altération de jetouille, signifiant rejeter des humeurs, les écoulements étant un des symptômes de la maladie.

L’antiquité

Il est difficile de dater avec précision les premières observations de cette maladie. Des papyrus égyptiens écrits vers 1350 avant Jésus-Christ, font état d’une maladie provoquant l’érection du pénis que les médecins traitaient avec des injections dans l’urètre. On retrouve aussi plusieurs passages bibliques qui citent une maladie avec érection et écoulement purulent. Vers 1200 avant Jésus-Christ, les textes citent une maladie qui se répandit alors que des Juifs, avant l’entrée dans la terre promise, avaient eu des relations sexuelles avec d’autres peuplades sémitiques. La maladie provoquait des écoulements génitaux et il ne faisait pas l’ombre d’un doute pour les médecins de l’époque qu’elle était hautement contagieuse. Une mesure fut alors décidée et appliquée : l’éradication de tous ceux qui en étaient atteints. Dans le livre du Lévitique, on retrouve cette description :

Tout homme qui a une gonorrhée est par là même impur. C’est à cause de sa gonorrhée qu’il est impur : que sa chair laisse couler son flux, ou qu’elle le retienne, il est impur. (Lévitique 15 : 2,3).

D’ailleurs, toujours dans le courant biblique, le terme gonorrhée aurait été souvent écrit : gomorrhée en relation avec les villes pécheresses Sodome et Gomorrhe.

Le terme gonorrhée viendrait du grec antique : gonos (signifiant semence séminale) et rhéon signifiant couler. Hippocrate croyait avoir trouvé le remède idéal pour guérir la maladie. Selon l’illustre médecin, la maladie était le fait des camosités (terme imprécis s’il en est un pour désigner tout autant des granulomes inflammatoires, des polypes, des tumeurs ou encore des rétrécissements). Et pour la guérir, il écrivit :

«ceux qui ont des tubercules ou des camosités dans l’urètre en guériront par la suppuration et l’écoulement du pus.» (HIPPOCRATE: Œuvres complètes d’Hippocrate. Commentées et recueillies par E. Littré, 10 vol. Paris, J.B. Baillière et Fils, (1836-1861) Epid., III, 7; Morb., II, 51; Aph., IV, 82.).

Le remède ne devait pas être tellement efficace.

Quelques siècles plus tard, ce sera le médecin grec Arétée de Cappadoce qui décrivit ainsi la maladie :

« Cette maladie parce qu’elle est honteuse en elle-même, qu’elle est dangereuse en ce qu’elle conduit au marasme, nuisible à la société en ce qu’elle s’oppose à la propagation de l’espèce humaine, et qu’elle est sous tous ces rapports la source d’une infinité de maux, exige de prompts secours. »

D’ailleurs à ce dernier sujet, Arétée suggérait comme remèdes des astringents, un refroidissement des lombes tout en réchauffant les parties génitales en les enveloppant de laines surges (laines non lavées avant ou après la tonte). On pourra aussi verser de l’huile de rose ou d’aneth sur les parties génitales ou encore les recouvrir de cataplasmes de farine d’orge, de semence d’erysinum officinal (une plante) ajouté à du nitre et du miel. Et pour conclure, Arétée écrivait :

« Si le malade veut s’abstenir des plaisirs vénériens et faire un fréquent usage des bains froids, il y a tout lieu d’espérer qu’il recouvrera sa virilité. »

La gonorrhée au Moyen-âge

Les médecins Rhazès, un illustre médecin Perse dont les diagnostics rigoureux étaient fondés sur l’interrogatoire du patient, et Avicennes écrivirent de nombreux textes sur la gonorrhée au Xe siècle de notre ère. Plusieurs hypothèses circulèrent quant aux causes de la maladie.

«Le docteur Abu Oselbiah attribue la maladie à des rapports sexuels impurs avec un animal. Il citait aussi son traitement de prédilection pour guérir la maladie. Il s’agissait d’un coup de poing vigoureux sur le pénis posé sur une pierre.»

La médecine du docteur Oselbiah

Un autre médecin arabe du XIIIe siècle, le docteur Abu Oselbiah attribue la maladie à des rapports sexuels impurs avec un animal. Il citait aussi son traitement de prédilection pour guérir la maladie. Il s’agissait d’un coup de poing vigoureux sur le pénis posé sur une pierre. L’histoire ne commente pas à savoir quelle était l’étendue de sa clientèle mâle… (Androutsos G., Vladimiros L., De la gonorrhée à la blennorragie : Les grandes étapes historiques, Andrologie 2007, 17, No2 143-151)

Puis, paradoxalement pendant plus de six siècles, s’établit un débat où la confusion entre gonorrhée et syphilis fut maître. Les historiens ne s’entendent pas sur l’origine de cet imbroglio. Mais il n’empêche qu’alors plusieurs savants croyaient qu’il ne s’agissait que d’une seule et même maladie tandis que d’autres affirmaient qu’il s’agissait plutôt de deux maladies distinctes. Si plusieurs clamaient haut et fort que syphilis, vérole et gonorrhée n’étaient que des manifestations différentes d’une seule et même maladie, d’autres tentaient des explications tout autant dénuées de fondement réussissant même à en ajouter à la confusion existante. Ainsi le médecin italien Antonio Musa Brassavola, le premier chirurgien connu dans l’histoire pour avoir pratiqué une trachéotomie avec succès et médecin personnel du roi, écrivit que la gonorrhée était la première phase de la syphilis tout en reconnaissant qu’il existait une forme non syphilitique de la gonorrhée. De quoi en perdre son latin même s’il l’avait écrit dans son livre intitulé : Examen simplicium medicamentorum…

Quant au terme blennorragie, il vient du médecin autrichien François-Xavier Swediaur qui publia au début du XIXe siècle : Traité des maladies syphilitiques vénériennes.

Et la vérité s’imposa

C’est un jeune médecin chercheur allemand, à peine âgé de 24 ans qui identifia enfin le coupable qu’il nomma : micrococcus. Albert Neisser avait alors pu l’observer grâce au nouveau microscope de Carl Zeiss. C’est un confrère, non moins connu : Paul Ehrlich qui donna le nom de gonocoque à la bactérie découverte par Neisser.

L’arrivée de la pénicilline allait enfin apporter une thérapie efficace contre la gonorrhée. Mais le gonocoque a plus d’un tour dans son sac. Et son incidence dans la population varie un peu à la façon d’un yoyo. Ainsi après une hausse marquée à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, une lente baisse s’effectue au cours des 15 années qui suivirent. Puis avec les années 1960 et la remontée de l’amour libre, une nouvelle hausse se dessine. L’arrivée du SIDA et les mesures d’informations sur ce qu’on appelait alors les MTS (aujourd’hui les ITSS) la fin de la récréation était sonnée engendrant une nouvelle réduction de cas. La fin des années 1990 voit se propager une nouvelle augmentation due cette fois à l’émergence de plus en plus fréquente de gonocoques résistants aux antibiotiques. Entre 1997 et 2007 au Québec, les cas ont grimpé de 485 à 2 460; une augmentation de plus de 400%. La gonorrhée touche surtout les jeunes de 20 à 29 ans. Il faudra peut-être investir dans la recherche sur de nouveaux antibiotiques ou souhaiter qu’on ne soit pas forcés de revenir aux méthodes du bon docteur Oselbiah!


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Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: La quinine et Zima la traitresse


Tout a commencé quand une comtesse espagnole au Pérou a été atteinte de paludisme fut guéri grâce à sa servante qui avait utilisé une plante médicinale de son pays. Malheureusement, la servante fut tuée par son peuple pour avoir aidé les colonisateurs Pourtant, elle fut l’origine de la quinine qui plus tard des dérivés sont apparus pour soigné le paludisme qui fait encore des victimes aujourd’hui
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Il était une fois la maladie: La quinine et Zima la traitresse

 

Jacques Beaulieu
Chroniqueur et communicateur scientifique

Qu’ont en commun la boisson gazeuse Schweppes, les Jésuites et la naissance de l’industrie pharmaceutique? Mais avant de répondre directement à la question, voici une belle et cruelle histoire qui se passe au Pérou au temps des colonies espagnoles. L’épouse du vice-roi, la comtesse Anna del Chinchon, est atteinte du paludisme. Zima, sa dévouée servante péruvienne lui fait boire une décoction qui guérit la comtesse. La servante sera exécutée par les autochtones parce qu’elle a dévoilé à l’ennemi l’unique moyen de se prémunir contre la malaria. Et cette maladie constituait alors leur seule chance d’espérer voir un jour les conquistadors quitter leur pays. Comme les victimes de l’histoire sont habituellement oubliées, les botanistes ne devaient retenir que le nom de Chinchona pour baptiser l’arbre sauveur. L’écorce de l’arbre quinquina allait faire le tour du monde. Les Jésuites de Lima en rapportèrent à Rome pour lutter contre les fièvres qui faisaient alors rage chaque été en Italie; d’où son nom Herbe ou Poudre des Jésuites.

Pierre Pelletier et Joseph Caventou

Deux pharmaciens français, collaborateurs de longue date, allaient isoler le principe actif de l’écorce de cet arbre. Pierre Pelletier et Joseph Caventou travaillent ensemble à l’Hôpital de Saint-Antoine à Paris. Dès 1826, ils ouvrirent un atelier de fabrication et traitèrent plus de 160 tonnes d’écorce de quinquina pour fabriquer quelque 1 800 kilogrammes de sulfate de quinine. Cette production marque le début du remplacement des plantes médicinales par des principes actifs. Ceux-ci offraient l’avantage d’être bien dosée par rapport aux plantes médicinales dont le contenu était variable, incertain et parfois même frelaté.

La malariathérapie

Docteur Julius Wagner-Jauregg

Au début du vingtième siècle, un médecin neurologue autrichien, le docteur Julius Wagner-Jauregg, trouva une utilisation originale de la quinine, ce qui lui valut le prix Nobel de médecine et de physiologie en 1927 pour sa technique appelée «malariathérapie». Wagner-Jauregg avait remarqué que lors de forts accès de fièvre, les patients atteints de syphilis voyaient leur condition s’améliorer temporairement. Il lui vint donc l’idée d’injecter à ces patients le paludisme. Une fois infectés, trois ou quatre grands accès de fièvre étaient souvent suffisants pour les guérir de la syphilis en tuant la bactérie responsable de l’infection. Par la suite, il ne restait qu’à traiter ces patients avec la quinine pour les guérir de la malaria. Il valait mieux risquer quelques morts dus à la malaria que de garder une syphilis qui allait tuer à coup sûr. Mais l’arrivée des antibiotiques allait rendre désuète la malariathérapie du récipiendaire de ce prix Nobel.

À votre santé

La quinine connut d’autres applications hétéroclites. Ainsi la légende veut qu’à cause de son goût amer, elle soit à l’origine du gin-tonic. Le célèbre cocktail aurait été inventé par les Britanniques en Inde. Il fut aussi introduit dans diverses eaux gazeuses dont le Schweppes, le Canada Dry et diverses autres eaux toniques (Tonic Water). Mais la quinine apporte aussi son lot d’effets secondaires, c’est pourquoi la proportion maximale admise de nos jours dans ces breuvages doit être en dessous de 100 parties par million (PPM).

À fortes doses, plusieurs effets secondaires peuvent se manifester chez les personnes qui prennent de la quinine comme médicament. Il faut s’en méfier dans les cas de diabète, de problèmes cardiaques, de grossesse (elle peut causer des malformations, ou même la mort du fœtus), et durant l’allaitement. La quinine présente une forte toxicité pour le système nerveux. C’est pourquoi on lui chercha des remplaçants contre le paludisme.

En 1926, les laboratoires Bayer mirent au point la plasmoquine. En 1932, ce fut l’arrivée de la rhodoquine, dont les effets ressemblaient à ceux de la plasmoquine mais qui jaunissait la peau des patients. En 1934, la Chloroquine est synthétisée. C’est le premier médicament antimalarique de synthèse de la classe des amino-4-quinoléines. La recherche d’autres médicaments pour lutter au paludisme n’est pas seulement en vue de trouver des médicaments de synthèse plus faciles à produire ou encore pour trouver des médicaments avec moins d’effets secondaires ou avec effets secondaires moins forts. Il faut chercher d’autres médicaments, car le paludisme développe avec le temps des résistances à ces médicaments. Ainsi en 1960 apparaissent les premiers cas de résistance à la chloroquine. Il fallait chercher autre chose.

Les Chinois à la rescousse

Lors de la guerre du Vietnam, l’armée nord vietnamienne avait fait creuser un réseau de souterrains. Ceux-ci comportaient de vastes étendues d’eaux stagnantes (excellents réservoirs pour l’anophèle, le moustique qui peut transporter la malaria), ce qui fit en sorte que durant cette guerre, plus de soldats nord-vietnamiens moururent de paludisme qu’au combat. Les généraux firent appel aux Chinois pour venir à bout de l’infestation. Une région de la Chine était alors très peu touchée par la malaria. Les chercheurs chinois remarquèrent que les habitants de cette région buvaient une décoction d’armoise annuelle, une plante indigène de l’endroit, dès les premiers signes du paludisme, ce qui les en guérissait. On eut alors tôt fait d’en extraire le principe actif: l’artémisine.

l’artémisine

En 1990, les cas de résistance à la chloroquine ayant sensiblement augmenté, on se rabattit donc sur l’artémisine. Comme le souligne Santé Canada, l’artémisine est un lactone sesquiterpénique contenant un radical peroxyde qui n’a aucune parenté structurale avec un antipaludéen connu. Le Qinghaosu, dérivé de la plante cultivée Artemisia annua, est offert sous plusieurs formes: la molécule mère artémisine (préparations orales, parentérales et suppositoires) ou trois dérivés semi-synthétiques, soit un hémisuccinate hydrosoluble (artésunate) pour administration parentérale ou orale et deux composés liposolubles, artemether et arteether, pour injection intramusculaire. Toutes les préparations ont été étudiées et utilisées seulement à des fins thérapeutiques. Leur emploi est recommandé uniquement dans le cadre d’un traitement curatif et non pour la chimiosuppression.

Un autre dérivé

En 2001 l’Organisation mondiale de la santé (OMS) proclame l’artémisine comme étant le plus grand espoir mondial contre le paludisme. Mais elle doit adoucir ses propos dès 2006 et ne plus encourager l’artémisine en monothérapie de crainte que certaines résistances s’installent. L’artémisine ne tue pas le parasite, elle ne fait que l’affaiblir. De fait, des études ont révélé la présence de foyers de résistances dès 2009.

Malgré la quinine, la chloroquine, l’artémisine et tout le reste de l’arsenal thérapeutique à notre disposition, le paludisme demeure une maladie grave. Ainsi en 2008, à l’échelle mondiale, 247 millions de personnes en étaient atteintes dont pas moins d’un million de personnes sont mortes. Toujours selon Santé Canada, il s’agit de la principale infection pouvant mettre en danger la vie des Canadiens qui voyagent dans des régions où cette maladie est endémique. Le taux de mortalité parmi les cas graves d’infection à Plasmodium falciparum peut atteindre les 20 % et plus. Les patients doivent être hospitalisés sur-le-champ et recevoir un traitement médical urgent et intensif, dont un antipaludéen par voie parentérale. Le paludisme grave n’est pas fréquent au Canada, en moyenne 14 cas étant enregistrés par année (de 8 à 20 cas chaque année entre 2001 et 2008).

La quinine a donné naissance à l’industrie pharmaceutique et nous rappelle tout au long de son histoire l’importance de continuer à investir dans la recherche de nouveaux médicaments. La guerre entre l’homme et les divers agents infectieux n’est jamais gagnée et sans nouveaux médicaments disponibles en cas opportun, les pathogènes gagnent du terrain.

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