Atteinte d’un rare syndrome, elle rit frénétiquement quand quelqu’un d’autre est chatouillé


Cela peut être drôle, mais à la longue, c’est sûrement difficile à vivre. Cette dame rit quand elle voit quelqu’un se faire chatouiller La synesthésie est curieuse, c’est un trouble de la perception des sensations et il en existe au moins au moins 150 formes différentes.
Nuage

 

Atteinte d’un rare syndrome, elle rit frénétiquement quand quelqu’un d’autre est chatouillé

 

Crédits : pixabay

par  Mehdi Karam

Racontée par le New Scientist le 16 mai, l’histoire invraisemblable d’une femme qui a souhaité conserver l’anonymat a fait l’objet d’une étude par les chercheurs de l’université de Californie à San Diego. Elle se met à rire de manière incontrôlable (et flippante) lorsqu’une personne située à proximité se fait chatouiller. Là où certains y voient de l’amusement par procuration (au point d’être frénétiquement hilare, tout de même), les scientifiques voient un rare cas de synesthésie – un phénomène neurologique de déformation et d’association de plusieurs sens, ici la vue et le toucher.

Derrière cette situation à priori cocasse se cache une réelle souffrance. Le dysfonctionnement extrêmement rare dans des cellules cérébrales dont souffre cette femme l’a poussée à chercher de l’aide.Elle explique que lorsqu’elle observe une autre personne se faire chatouiller, elle ressent la même sensation sur sa propre peau. Au point, donc, de rire de façon incontrôlable jusqu’à ce que l’autre personne ne soit plus chatouillée.

Après l’avoir pris sous leur aile, les chercheurs ont découvert que la femme ne faisait pas seulement une fixette sur les chatouilles. Lorsqu’elle regarde une autre personne toucher quoi que ce soit, elle ressent leur sensation par procuration. Quand quelqu’un trempe sa main dans un seau d’eau, elle ressent l’humidité – mais pas le froid. C’est ce qui a poussé les scientifiques à lui diagnostiquer une rare forme de synesthésie, au même titre que la jeune Népalaise qui est capable de reconnaître les couleurs en les reniflant.

La forme de dysfonctionnement dont souffre la patiente s’appelle « tactile-miroir », car causée par des neurones miroirs, connecteurs cérébraux qui réagissent de la même manière lorsqu’un événement est vécu ou juste observé. Chaque humain en possède, au sein de son cortex prémoteur, notamment. Simplement, certains sont plus prononcés que d’autres. Quand une personne se dit que « ça doit faire mal » en voyant une personne se cogner le petit doigt de pied contre un pied de table, d’autres (entre 1,6 % et 2,5 % des êtres humains) ont la sensation de s’être eux-mêmes détruit l’orteil. Mieux vaut les chatouilles.

Source : New Scientist

http://www.ulyces.co/

Neurosciences : le mystère des surdoués… par accident


Le cerveau est imprévisible, il peut lors d’une agression, d’une commotion cérébrale ou autre devenir tout bonnement un génie dans divers domaine
Nuage

 

Neurosciences : le mystère des surdoués… par accident

 

Une petite trentaine de « génies » accidentels ont été recensés dans le monde. Ces personnes victimes de commotion cérébrale se retrouvent soudainement dotés de talents extra-ordinaires. ©Nils Jorgensen/REX/REX/SIPA

 

Une petite trentaine de « génies » accidentels ont été recensés dans le monde. Ces personnes victimes de commotion cérébrale se retrouvent soudainement dotés de talents extra-ordinaires.

SYNESTHÉSIE. La vie de Jason Padgett, un ancien vendeur de meubles de Tacoma (État de Washington, États-Unis), a pris une étrange tournure un soir de 2002, alors qu’il sortait d’un bar à karaoké.  Violemment agressé dans la rue, il est victime d’une sévère commotion cérébrale dont il garde des séquelles : un syndrome de stress post-traumatique, une anxiété sociale et… un talent nouveau pour le dessin ! Le jeune homme se met en effet à représenter des figures géométriques complexes et affirme vivre une expérience de synesthésie (mélange des sens) inexpliquée : il « voit » les équations mathématiques prendre forme dans son esprit.

Le mystère du « syndrome savant acquis »

En fait, Jason Padgett développe ce que les spécialistes appellent un « syndrome savant acquis ». Et il n’est pas le seul. En 1994, un chirurgien américain de 42 ans, Tony Cicoria, est foudroyé près d’une cabine téléphonique. Il en garde des problèmes de mémoire mais aussi une envie irrépressible d’écouter et jouer du piano. Il compose ses premiers morceaux en 2007 et ne cesse depuis de donner des récitals.

Une petite trentaine de « génies » accidentels ont été ainsi recensés dans le monde. D’où ces dons émergent-ils ? Berit Brogaard, neuroscientifique à l’université du Missouri (Saint Louis, États-Unis), a scanné le cerveau de Jason Padgett en IRM fonctionnelle. Selon son étude, publiée dans Neurocase en 2013, ce dernier présente des lésions du cortex visuel, et, à proximité, une activation anormalement élevée du cortex pariétal de l’hémisphère gauche : celui-ci est connu pour être associé aux nouvelles images visuelles, aux mathématiques et à la planification des actions.

Selon la chercheuse, les cellules nerveuses agressées libéreraient en mourant une forte concentration de neurotransmetteurs qui entraînerait une réorganisation des neurones voisins. Des connexions nerveuses inédites se formeraient alors dans les circuits neuronaux, pouvant faire jaillir de nouvelles capacités.

NUMÉRIQUE. Cet article est extrait de Sciences et Avenir n°815, actuellement en vente.

http://www.sciencesetavenir.fr/