Internet a-t-il créé de nouvelles maladies mentales?


Internet est-il responsables de nouvelles maladies mentales ? Les psychiatres ne sont pas tous d’accord. Ceux qui sont contre croit plutôt qu’Internet est un nouveau moyen pour les maladies mentales connues. On donne l’exemple une femme qui souffrait su syndrome Münchhausen par procuration envers son enfant qu’elle l’a rendu malade tout en tenant un journal de la vie de son fils qui a 5 ans est mort par sa faute. On parle aussi des jeux en ligne ceux qui en souffre utilise internet pour l’accessibilité plus facilement. Alors qu’un nouveau trouble comme ceux qui disait espionné par la CIA est dû à l’invention des puces informatiques implantées. Quoi qu’il en soit ces maladies nouvelles ou pas, doivent être être plus étudiées
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Internet a-t-il créé de nouvelles maladies mentales?

 

Amanda Hess  traduit par Catherine Rüttimann

Les psychiatres américains sont divisés sur la question.

Garnett Spears a passé une grande partie de sa courte vie dans les hôpitaux. Lacey, sa mère, l’a trimballé de ville en ville et de docteur en docteur à mesure que la mystérieuse maladie dont il était atteint s’aggravait. L’année dernière, il est mort à l’âge de 5 ans. Au début du mois, Lacey a été condamnée pour meurtre au second degré pour sa mort. Les procureurs ont établi qu’elle avait empoisonné son fils avec de hautes doses de sodium inoculées par le biais d’un tube intestinal, l’emmenant ensuite à l’hôpital pour s’attirer la sympathie des médecins et des amis.

«Münchhausen par procuration par Internet»

En 1951, un médecin britannique du nom de Richard Alan John Asher a inventé le terme de «syndrome de Münchhausen» pour évoquer les patients qui feignent une maladie ou qui se rendent eux-mêmes malades sans raison apparente (à distinguer de la «sinistrose», où une personne feint une maladie ou l’induit chez autrui dans un but tangible, comme celui de convaincre un médecin de leur prescrire un certain médicament ou de s’attirer un verdict favorable dans un procès). En 1977, des chercheurs avaient identifié une nouvelle permutation du syndrome –«Münchhausen par procuration»– le fait pour un sujet de feindre une maladie chez quelqu’un d’autre; l’un des premiers cas enregistrés impliquaient une mère qui, comme Lacey Spears, avait empoisonné son bébé avec du sodium. Mais Lacey Spears n’a pas juste empoisonné Garnett; elle a aussi tweeté et bloggé à ce propos Garnett’s Journey»), documentant le tout avec des photos postées sur MySpace.

Certains estiment que Lacey Spears manifestait une forme encore plus nouvelle du syndrome de Münchhausen que ce qui avait été identifié jusqu’ici: «Münchhausen par procuration par Internet».

Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) –le guide publié par l’Association américaine des psychiatres (AMA)– reconnaît les syndromes qui s’apparentent à Münchhausen sous le nom de «trouble factice imposé à soi-même» et de «trouble factice imposé à autrui», mais il ne comporte aucune mention spécifique pour les cas qui nécessitent le concours d’Internet. A vrai dire, parmi les centaines de troubles définis par le DSM, aucun ne fait référence à des troubles spécifiquement liés à Internet; l’AMA ne reconnaît ni «dépendance à Internet», ni «trouble lié aux jeux d’argent en ligne», ni «trouble lié aux jeux en ligne». 

Le psychiatre Marc Feldman, l’un des principaux spécialistes du syndrome de Münchhausen, a inventé le terme de «Münchhausen par Internet» en 2000 en référence aux cas qui impliquent l’utilisation d’Internet. Depuis lors, le terme a été popularisé par les utilisateurs de Wikipédia et par les journalistes, donnant lieu à des développements en long et en large dans Village Voice , The Stranger, Gawker et Wired.

Mais dans la communauté des psychiatres, l’idée de mettre à jour la littérature en utilisant des diagnostics spécifiques à Internet est controversée. Alors que certains médecins estiment que les classements psychiatriques doivent rester en phase avec les nouvelles technologies afin de diagnostiquer les patients modernes de façon adéquate, d’autres font valoir l’argument selon lequel l’«inflation diagnostique» risque de stigmatiser de nouveaux comportements humains –comme le fait de passer beaucoup de temps en ligne– plutôt que de se concentrer sur la racine psychiatrique du problème.

En d’autres termes, le conflit existe entre ceux qui pensent qu’Internet a le pouvoir d’inspirer de nouveaux comportements problématiques affectant le cerveau humain et ceux qui estiment qu’il s’agit simplement d’un nouveau véhicule pour exprimer des maladies mentales connues.

«Internet influence tout dans la société et ça a changé tellement vite que le domaine de la médecine, y compris celui de la psychiatrie, peine à rattraper son retard», dit Jeffrey Lieberman, qui dirige le département de psychiatrie au Centre médical de l’Université de Colombia et qui a été président de l’AMA. Mais en même temps, «nous ne voulons pas donner à chaque nouvelle mode ou à chaque changement culturel le nom de maladie, car pathologiser la grande diversité du comportement humain normal recèle peu de valeur».

La psychiatrie et les nouveaux usages

En 1840, le recensement américain reconnaissait seulement deux catégories de maladies mentales: les «fous» et les «idiots». A mesure que la science médicale a progressé, les médecins ont été en mesure de faire la distinction entre les maladies avec plus de précision. Et alors que les facteurs environnementaux changeaient, de nouvelles complications ont émergé: certains troubles approuvés par le DSM, tels que «l’utilisation maladive de tabac» et «le manque dû à la caféine», n’existaient pas avant que les humains ne se mettent à fumer des cigarettes et à boire du café.

Dans le DSM-5 de 2013, l’AMA a écrit que le «trouble lié aux jeux en ligne» était une condition qui méritait plus de recherche, mais n’a pas accepté de l’inclure en tant que diagnostique officiel (les symptômes proposés incluent une «préoccupation pour les jeux en ligne», des expériences d’«irritabilité, d’anxiété ou de tristesse» quand les jeux en ligne sont confisqués et la mise en danger «d’une relation significative, d’un emploi, d’une opportunité éducative ou de carrière à cause de la participation à des jeux en ligne»).

L’AMA a signalé sa volonté d’incorporer des symptômes liés à Internet dans sa description de maladies existantes. L’article concernant le «trouble d’anxiété vis-à-vis de la maladie» dans le DSM actuel, par exemple, note que les gens qui en souffrent font quelquefois «des recherches excessives sur le trouble soupçonné (par le biais d’Internet par exemple)». Et l’article qui parle du trouble du déficit d’attention encourage les praticiens à relever comment un patient réagit à une «stimulation externe constante», notamment à du contenu absorbé «via des écrans électroniques».

Lorsqu’une nouvelle permutation du comportement humain fait son apparition –comme le fait de fixer un écran électronique pendant des heures et des heures, ou de faire des recherches en ligne sur une maladie de façon obsessionnelle– cela ouvre la voie à un débat scientifique: s’agit-il d’une activité parfaitement normale, d’un symptôme d’une quelconque maladie existante, ou d’un signe de trouble nouveau qui mérite sa propre classification? La question de savoir si l’on peut ou non être «accro» à Internet, par exemple, est une bataille qui a été menée par publications psychiatriques interposées depuis des années.

La difficulté à analyser la distinction vient en partie du fait que la plupart des troubles mentaux sont diagnostiqués exclusivement sur la base des symptômes du patient plutôt qu’à partir de tests réalisés en laboratoire ou d’imagerie cérébrale

. Comme le dit Jeffrey Lieberman, «nous n’avons jamais été en mesure de dépasser les symptômes pour établir un diagnostic de maladie mentale».

Puisqu’il n’est pas possible de simplement faire faire un test sanguin à un patient pour déterminer de quel trouble psychiatrique il souffre, les médecins sont obligés d’analyser les symptômes afin de déterminer quel est le cadre psychiatrique le plus adéquat.

Le trouble lié aux jeux en ligne est-il si différent du trouble lié aux jeux?

Et à l’heure actuelle, les comportements problématiques liés à Internet sont tellement nouveaux que le consensus scientifique est ténu quand il s’agit de déterminer à quels troubles sous-jacents établis ils appartiennent, ou de dire si ces patients auraient intérêt à recevoir des traitements nouveaux et différents.

Dans certains cas, il est assez évident qu’un symptôme lié à Internet constitue simplement une nouvelle expression d’un trouble existant:

«Les gens ont des troubles psychotiques depuis des centaines, sinon des milliers d’années, mais certaines formes communes de délires paranoïaques –tels que “la CIA me traque” ou “les gens écoutent mes pensées par le biais d’une puce informatique implantée dans mon cerveau”– n’auraient pas existé il y a quelques centaines d’années, parce que nous n’avions pas de puces informatiques et qu’il n’y avait pas de CIA», dit Jeffrey Lieberman.

Mais dans d’autres cas, les nouveaux symptômes suggèrent un changement possible de la façon dont le trouble touche effectivement le cerveau.

Dans le cadre d’un examen précoce de l’idée de dépendance à Internet, publié dans le Social Science Computer Review en 2005, Janet Morahan-Martin, psychologue auprès de l’Université de Bryant, notait par exemple que l’obsession pour les jeux d’argent en ligne «est une variante nouvelle d’un comportement ancien, mais le schéma du trouble lié aux jeux d’argent en ligne peut être différent en ligne et hors ligne». Dans de nombreux cas par exemple, «le schéma pathologique des jeux d’argent peut être accéléré en ligne parce que les jeux d’argent en ligne sont toujours accessibles et fournissent un feedback instantané».

Dans le cas de Münchhausen et de Müunchhausen par procuration, Marc Feldman argumente que la manifestation en ligne de la maladie est tellement distincte de la version traditionnelle qu’elle nécessite sa propre classification:

«On avait tendance à penser que la seule finalité de ce comportement était d’induire les professionnels médicaux en erreur, de s’attirer la sympathie et l’intérêt des infirmières, des assistants sociaux et des médecins.»

Les fraudeurs les plus investis, qui ont été affublés du titre de «hospital hobos» (littéralement clochards d’hôpital, NDT) dans les années 1990, allaient jusqu’à subir ou à faire subir à autrui des procédures qui n’étaient pas nécessaires, puis à passer au médecin ou à l’hôpital suivant pour entretenir la supercherie.

Mais désormais «Internet a étendu la base des gens qui se lancent dans ce type de comportement», dit Marc Feldman.

Ce que le web facilite

Quelqu’un peut feindre une maladie de façon convaincante en fouillant sur Wikipédia ou sur WebMD (site web américain destiné au grand public qui contient des informations sur la santé et sur les soins de santé, un équivalent de Doctissimo, NDT), ou en téléchargeant de faux dossiers médicaux ou de fausses radiographies et en les présentant à un médecin.

Une malade moderne n’a même pas forcément besoin de passer par un médecin ou d’altérer son apparence physique pour mettre en œuvre le stratagème. Elle peut simplement démarrer un blog ou rejoindre un groupe de soutien en ligne, et la voilà avec un «cancer des ovaires à un stade avancé» ou un «enfant très malade». J’ai demandé à Marc Feldman ce que les «vagabonds d’hôpital» penseraient de ce nouveau type de personnes qui font semblant sur Internet et il m’a dit:

«J’imagine qu’ils auraient du mépris pour leur amateurisme.»

En 2012, une équipe de professeurs de l’Université de Bournemouth a publié un rapport sur les études existantes au sujet du syndrome de Münchhausen par Internet dans le Journal of Medical Internet Research. Leur recommandation était que Münchhausen par Internet soit formellement reconnu par le DSM comme un trouble discret. Marc Feldman m’a dit que les professionnels de la santé mentale devaient être attentifs à la façon dont les syndromes tels que celui de Münchhausen se manifestaient en ligne, afin de pouvoir diagnostiquer les patients de manière efficace et de leur venir en aide.

Donner une codification officielle à l’expression en ligne du trouble pourrait alerter les médecins quant au fait que leurs patients propagent peut-être de fausses informations médicales en ligne ou qu’ils font appel à leurs réseaux sociaux pour faire du mal à d’autres gens. Cela pourrait aussi leur permettre de considérer certains comportements comme des signes potentiels de maladie. Lacey Spears, par exemple, est passée de médecin en médecin pour essayer de brouiller les pistes, mais elle tweetait tout au long du processus.

Cela ne veut pas dire que le système de santé mentale doit forcément reconnaître deux versions distinctes, l’une en ligne et l’autre analogique, pour chaque trouble connu par la science, mais il doit au moins inclure de plus vastes références à Internet dans la description des symptômes.

«En faculté de médecine on apprend tous à être attentifs à l’état “biopsychocial”, dit Marc Feldman. Cela devrait inclure l’utilisation d’Internet.»

http://www.slate.fr

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5 choses à savoir sur le syndrome du choc toxique


C’est surtout des femmes qui peuvent souffrir du syndrome du choc toxique, mais les hommes aussi sont visés. Le fait d’avoir un corps étranger dans le corps tel que tampon hygiénique, coupes menstruelles, éponges cervicales, diaphragmes et capes peut avoir des conséquences graves, quoique rares. Cependant un syndrome du choc toxique peut aller jusqu’à l’amputation et peut-être mortelle
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5 choses à savoir sur le syndrome du choc toxique

5 choses à savoir sur le syndrome du choc toxique

5 choses à savoir sur le syndrome du choc toxique

La mannequin américaine Lauren Wasser, qui interpelle le grand public depuis 2012, risque de perdre sa deuxième jambe. En cause, l’utilisation d’un tampon hygiénique.

Malgré une hausse du nombre de cas au cours des années 1970, le syndrome du choc toxique était passé aux oubliettes ces dernières décennies. Jusqu’au jour où la mannequin américaine Lauren Wasser, en octobre 2012, découvre être atteinte de ce syndrome et devoir subir une amputation de la jambe droite. En cause, un tampon hygiénique.

Depuis, elle interpelle le grand public afin de sensibiliser les consommatrices au sujet de la composition toxique des tampons. Aujourd’hui, elle annonce que sa jambe gauche va probablement être amputée aussi. Son combat devrait se concrétiser en une nouvelle loi aux Etats-Unis, qui sera examinée en mai 2018. Mais en quoi consiste exactement cette maladie ? Voici quelques informations à retenir à ce sujet :

La cause

Le syndrome du choc toxique est une complication liée à une infection bactérienne. Le plus souvent, il s’agit d’un type de staphylocoque qui peut fabriquer des toxines et déclencher ainsi une réaction excessive du système immunitaire, qui essaye de venir à bout de l’infection. Le problème ne vient donc pas du tampon hygiénique en lui-même, qui n’est qu’un vecteur. Des cas de choc toxique ont également été observés après l’utilisation de coupes menstruelles, éponges cervicales, diaphragmes et capes. Il suffit qu’un corps étranger infecté entre dans le corps pour le déclencher. D’ailleurs, les hommes peuvent aussi en souffrir.

Les symptômes

Les premiers signes peuvent se manifester par des petits boutons ou une sensation d’évanouissement. Mais lorsque l’inflammation se propage, l’organisme réagit. La fièvre monte d’un coup, et la hausse des cellules immunitaires peut provoquer un choc. Résultat : les organes lâchent un par un.

La prévalence

Dans la plupart des cas les bactéries staphylocoques qui rentrent en contact avec l’organisme humain n’ont aucune conséquence. C’est pourquoi le syndrome du choc toxique reste une complication très rare. En 2016, les autorités sanitaires américaines ont compté un total de 323 cas, dont 26 décès, rapporte le site Popular Science.

Le traitement

En temps normal, les antibiotiques sont très efficaces pour soigner les personnes souffrant d’un syndrome du choc toxique. Mais la résistance des bactéries à ce type de traitement commence à poser problème : le nombre de décès provoqués par le syndrome du choc toxique est en constante augmentation. Si le diagnostic est confirmé, les chances de survie dépendent donc de la rapidité de la prise du traitement, ainsi que de son éventuelle efficacité en cas de résistance du microbe.

La prévention

Peu importe le type de tampon que vous utilisez, pensez à le changer toutes les 4 à 6 heures, et optez pour la capacité d’absorption la plus faible. Pensez à bien vous laver les mains à chaque fois que vous insérez une protection périodique interne. La nuit, une serviette hygiénique sera plus adaptée.

Auteur:  Elena Bizzotto

http://www.santemagazine.fr/

Le syndrome de la tête qui explose, un trouble méconnu


Un trouble du sommeil, assez déstabilisant quand cela arrive. Cela m’arrive de temps à autre depuis 2 ans environs. Un réveil brutal qui donne l’effroi surtout quand on est seul
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Le syndrome de la tête qui explose, un trouble méconnu

Marie-Céline Ray

Journaliste

Ce syndrome au nom effrayant est peu connu et pourtant courant : il consiste à se réveiller en sursaut dans la nuit en ayant entendu un bruit fort, comme un objet tombant brutalement par terre, ou parfois en ayant vu un éclair de lumière.

Connaissez-vous le syndrome de la tête qui explose ? Rassurez-vous, même s’il peut donner lieu à une belle peur, il n’a rien à voir avec une scène de film d’horreur. Ce trouble du sommeil se manifeste lorsqu’une personne s’endort ou se réveille et qu’elle entend un bruit fort. Dans une étude parue dans Cephalalgia, Brian Sharpless, de l’université Argosy en Virginie, a voulu en savoir plus à ce sujet. Comme le rapporte Live Science, il avait déjà trouvé dans des travaux précédents que 13,5 % des gens en faisaient l’expérience au moins une fois dans leur vie.

Dans cette étude, 49 étudiants touchés par ce syndrome ont raconté leurs symptômes. Les expériences des patients étaient diverses, certains n’avaient connu qu’un épisode tandis qu’une personne en aurait connu 150. Mais il y avait des points communs. Par exemple, le bruit le plus souvent entendu était celui d’un objet qu’on laisserait tomber de haut. Ce pouvait être aussi une détonation, un bruit d’explosion ou de porte qui claque.

Peur, tachycardie et éclairs de lumière

Les patients ressentaient aussi souvent des symptômes comme de la peur, une tachycardie et des secousses musculaires. Un quart d’entre eux voyait un éclair de lumière. Seulement 10 % en auraient parlé à un médecin. Les épisodes avaient plutôt lieu lors d’une transition veille-sommeil et en dormant sur le dos.

Les scientifiques ne savent pas quelle est la cause de ce phénomène. L’une des hypothèses les plus couramment envisagées est qu’il est lié à une partie du cerveau appelée formation réticulée, qui aide l’individu à s’endormir. La formation réticulée jouerait aussi un rôle dans un autre phénomène curieux, la paralysie du sommeil, au cours de laquelle l’individu se réveille en étant incapable de bouger.

Pour Brian Sharpless, « s’endormir, c’est comme arrêter un ordinateur ».

Le cerveau passe par plusieurs étapes dont l’une nécessite d’éteindre les neurones qui servent à entendre. Un patient souffrant du syndrome de la tête qui explose, au lieu d’éteindre ces cellules, les mettrait en marche ce qui fait qu’il entendrait un bruit puissant.

https://www.futura-sciences.com

Atteint d’une pathologie rare, cet homme se souvient de chaque jour de sa vie


Avoir le syndrome hyperthymésique est peut-être extraordinaire mais peut aussi être difficile a vivre. C’est un syndrome très rare, la personne se souvient de tout ce qui s’est passé dans sa vie et ce qu’il a vue et entendue avec beaucoup de détails, autant les bons et les mauvais que les mauvais souvenirs.
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Atteint d’une pathologie rare, cet homme se souvient de chaque jour de sa vie

 

Joey DeGrandis | Via Instagram @joeysjam

Joey DeGrandis | Via Instagram @joeysjam

Repéré par Léa Marie

Repéré sur The Independent

Joey DeGrandis est capable de se remémorer instantanément le moindre détail autobiographique.

Un rêve pour certains, un cauchemar pour d’autres. Les oublis, Joey DeGrandis ne sait pas ce que c’est. Sa mémoire est (pratiquement) sans faille et lui permet de se souvenir précisément des moindres détails de chaque jour de sa vie.

Il a 10 ans lorsque ses parents se rendent compte que quelque chose ne tourne pas rond. Leur fils accumule une quantité incroyable de données et ses capacités mémorielles semblent démesurées. De son côté, Joey ne paraît pas affecté par ce don: il s’en sert au contraire, raconte The Independent, pour épater ses camarades.

«Quand quelqu’un faisait référence à un évènement remontant à plusieurs années, j’étais capable de dire, sans aucun effort: “Ah oui, c’était un lundi” ou “C’était le 20 juin”.»

Diagnostiqué hyperthymésique à 26 ans

Tout bascule pour lui en 2010. Alors âgé de 26 ans, Joey tombe sur un reportage de l’émission américaine 60 minutes, dédié aux individus souffrant d’hyperthymésie. Du grec huper, «avec excès», et thymesis, «se souvenir», le terme désigne une condition psychologique extrêmement rare induisant une «capacité exceptionnellement supérieure à accéder à des souvenirs autobiographiques». 

Le jeune Américain se reconnaît immédiatement dans les témoignages des patients.

«J’étais en Californie car je faisais un road trip avec un ami et j’ai décidé d’aller consulter le médecin qui traitait tous ces gens qui me ressemblaient», explique-t-il à Time Health.

Professeur en neurobiologie à l’Université de Californie à Irvine, James McGaugh diagnostique le premier cas d’hyperthymésie au début des années 2000, lorsqu’une femme nommée Jill Price le contacte pour un «problème de mémoire».

À 48 ans, explique Ann Kato, professeure en neurosciences à l’Université de Genève, elle «peut se rappeler tous les jours de sa vie depuis qu’elle a 14 ans. Elle se souvient littéralement de tout ce qui lui est arrivé, tout ce qui était à la télévision et les grands événements mondiaux».

À l’heure actuelle, il y aurait environ 30 cas similaires connus dans le monde.

Pas des ordinateurs vivants

Devenu spécialiste du syndrome hyperthymésique, James McGaugh confirme à Joey deGrandis qu’il en est atteint. Si avoir une excellente mémoire constitue un indéniable atout, cela ne va pas sans contreparties, souligne The Independent:

«Souffrir d’hyperthymésie ne se limite pas à avoir une inégalable capacité à se souvenir de toutes sortes de détails. Cela suppose aussi que lorsqu’un événement négatif survient, il est bien plus difficile de tourner la page.»

Un problème que balaie Joey d’un revers de main en affirmant:

«Je me considère chanceux, j’ai jusqu’à présent eu une vie plutôt heureuse donc j’ai surtout des souvenirs agréables.» 

Pas sûr que ce soit le cas de tout le monde.

Le Dr James McGaugh tient toutefois à préciser que les gens à la mémoire autobiographique surdéveloppée ne sont pas pour autant des ordinateurs vivants.

«Leurs souvenirs sont bien plus détaillés que les nôtres et s’étendent sur une plus longue période, mais ne sont pas non plus des enregistrements vidéo.»

Devenu un véritable cas d’étude, Joey DeGrandis se dit en tout cas ravi de «prêter» son cerveau à la science et espère qu’il contribuera ainsi à développer la recherche en la matière.

http://www.slate.fr

Des fourmis, des hommes et leurs jambes


Le syndrome des jambes sans repos est un malaise qui peut-être léger, mais aussi difficile à vivre. Le premier peut se résoudre plus facilement alors que l’autre peut demander une médication pour en être soulagé. Cependant, il n’existe pas de traitement définitif
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Des fourmis, des hommes et leurs jambes

 

SCYTHER5 VIA GETTY IMAGES

Le syndrome des jambes sans repos serait dû à une anomalie génétique du métabolisme de la dopamine dans le cerveau.

 

  • Jacques Beaulieu Communicateur scientifique

Il arrive que vous vous sentiez comme si vous aviez des fourmis dans les jambes et vous avez l’impression que vos jambes ne veulent pas s’arrêter de marcher, de taper du pied, etc. Vous souffrez peut-être du syndrome des jambes sans repos mieux connu sous son acronyme : SJSR ou en anglais RLS (restless-legs-syndrome). Fort heureusement, dans la grande majorité des cas, le problème est d’intensité légère. Mais dans d’autres cas, il pourrait entraîner des troubles d’insomnies graves. Les symptômes internationalement reconnus du SJSR sont :

  1. Fort besoin de bouger les membres, besoin souvent associé à des paresthésies (sensation de picotement ou de fourmillement) ou dysesthésies (autres sensations sensorielles anormales).
  2. Agitation motrice.
  3. Ces problèmes s’aggravent au repos, mais sont passagèrement soulagés en bougeant.
  4. Ces problèmes sont plus graves le soir ou la nuit.
  5. Insomnies.
  6. Mouvements périodiques des extrémités durant le sommeil. Ou mouvements involontaires des extrémités (pieds ou mains) durant l’éveil ou au repos.
  7. Pas d’atteintes neurologiques.
  8. Tendance à s’aggraver avec l’âge.
  9. Cas semblables dans la famille.

Les quatre premiers symptômes sont obligatoires pour identifier un SJSR, les autres sont facultatifs. Le SJSR toucherait globalement 5% de la population mondiale. Les Canadiens (13%) et les Québécois (20%) en seraient plus souvent victimes (Réf. : Calado P.F., Le syndrome des jambes sans repos, Pharmactuel, Vol. 34 No. 3, Mai-Juin 2001 p.65). Les femmes en sont plus souvent atteintes que les hommes. La maladie est héréditaire dans la moitié des cas. Ainsi chez douze paires de jumeaux identiques, dix présentaient une symptomatologie de SJSR ( Réf. : Mathis J., Grandjean Ph., Le Restless-Legs-Syndrome en pratique, Forum Médical Suisse, No 4, 23 janvier 2002 p.68). La paresthésie se ferait surtout sentir dans les membres inférieurs (80%), mais elle peut aussi atteindre les membres supérieurs. Les personnes atteintes se plaignent de fourmillements et de picotements. Chez les vieillards, principalement chez ceux qui ne peuvent pas bouger les jambes, le tout peut être accompagné de douleurs. Si ces sensations disparaissent ou s’atténuent fortement quand la personne bouge, il est alors quasiment certain qu’il s’agit du SJSR.

Dans la plupart des cas, la personne atteinte du SJSR aura aussi des mouvements périodiques des jambes durant le sommeil (PLMS : periodic legs movement syndrome). On peut s’en rendre compte en passant une polysomnographie (enregistrement sur un polygraphe des mouvements en état de sommeil), mais dans bien des cas, c’est le conjoint qui remarque ces mouvements qui peuvent aller d’un discret mouvement du gros orteil jusqu’à des coups de pieds violents. Il peut aussi ne s’agir que d’un balancement rythmé d’un pied. Mais une personne peut avoir un PLMS sans souffrir du SJSR et vice versa. La fréquence du SJSR augmente chez les personnes souffrant d’urémie (taux d’urée anormalement élevé dans le sang), de diabète ou d’arthrite rhumatoïde.

Il est important de consulter pour savoir si une cause neurologique sous jacente peut exister surtout quand aucun autre membre de la famille n’en est atteint, si le SJSR provoque des insomnies graves, quand les premiers symptômes sont apparus après la quarantaine ou encore si le SJSR est douloureux ou s’il n’est pas contrôlé par les traitements prescrits. Une polysomnographie est réalisée pour vérifier si nous ne sommes pas en présence d’apnées du sommeil (arrêts involontaires de la respiration durant le sommeil).

Le syndrome des jambes sans repos serait dû à une anomalie génétique du métabolisme de la dopamine dans le cerveau.

Le syndrome des jambes sans repos serait dû à une anomalie génétique du métabolisme de la dopamine dans le cerveau. Cette substance est un neurotransmetteur fortement impliqué dans les fonctions sommeil-éveil du cerveau. Une déficience en fer dans le cerveau pourrait aussi jouer un rôle important dans l’émergence du syndrome.

Le SJSR ne se guérit pas, mais un bon traitement améliore de beaucoup la situation. Quand les symptômes sont légers, des massages des jambes ou des endroits où sont ressentis les malaises, des bains chauds ou au contraire des douches froides peuvent s’avérer efficaces. Marcher ou faire des exercices stationnaires sont aussi des alternatives bénéfiques. Il est aussi recommandé alors d’éviter la caféine, la nicotine et les abus d’alcool. Toutes ces substances sont en effet susceptibles d’exacerber le SJSR. Certains médicaments peuvent aussi en favoriser l’apparition ou l’intensité. Parmi ces médicaments se retrouvent les neuroleptiques, le lithium, les béta-bloqueurs, les antidépresseurs tricycliques, les anticonvulsivants, les anti-H2 (un antihistaminique) et la paroxétine.

Lorsque les symptômes sont plus sévères ou encore s’ils provoquent des insomnies incontrôlables, il convient d’intervenir avec des médicaments.

Lorsque les symptômes sont plus sévères ou encore s’ils provoquent des insomnies incontrôlables, il convient d’intervenir avec des médicaments. Dans un premier temps, on vérifiera par une prise de sang le taux de fer dans le sang. Si celui-ci est plus bas que 50 µg/l, un supplément en fer sera prescrit. Finalement, certains médicaments pourront être utilisés. La personne souffrant de SJSR doit savoir qu’en général plusieurs visites chez son médecin sont à prévoir dans le but de trouver spécifiquement quel médicament lui convient le mieux et dans quel dosage. Chez 50% à 80% des individus, le problème semblera se déplacer. Alors qu’il survenait avant le sommeil, en fin de soirée, avant le traitement, il se produit maintenant en fin d’après-midi ou en début de soirée. Un changement de médicaments ou un ajustement incluant d’autres médicaments règle habituellement ce problème.

Plusieurs types ou classes de médicaments peuvent être utiles incluant :

  • 1) les agents dopaminergiques (influant sur la synthèse ou l’utilisation de la dopamine; ex. le lévodopa);
  • 2) les benzodiazépines (ex : le clonazépam);
  • 3) les opiacés (ex. : les narcotiques) et
  • 4) les anticonvulsivants (ex : carbamazépine).

Habituellement, les traitements commenceront par les agents dopaminergiques, si ceux-ci ne procurent pas les résultats escomptés ou encore s’ils provoquent des effets secondaires trop dérangeants, ils seront remplacés par les benzodiazépines, puis, si ceux-ci n’apportent pas d’améliorations, on se rabattra sur les opiacés et finalement les anticonvulsivants. Habituellement, on teste le médicament pour une période de 30 jours. S’il n’a pas bien répondu, on passe à un autre dosage ou à un autre médicament de la même famille ou carrément à un médicament de la famille suivante comme nous l’avons expliqué.

Pour bien des personnes, le syndrome des jambes sans repos n’est qu’un malaise bénin qu’ils peuvent corriger par des mesures simples comme éliminer la nicotine de leur vie, diminuer la caféine et la consommation d’alcool ou faire un peu d’exercice avant d’aller au lit. À l’autre bout du spectre, existent malheureusement des gens chez qui le RLS est synonyme d’insomnies sévères qui vont favoriser des dépressions majeures. Quelques très rares cas de suicide sont même survenus.

Pour tous ceux qui se situent entre ces deux limites, il existe des traitements pharmacologiques adaptés à leur situation. Mais il leur faudra peut-être user d’un peu de patience avant de trouver le meilleur agent avec la meilleure dose. Chaque individu est différent, on ne doit jamais l’oublier en médecine. Dans le cas du SJSR, cette règle est tout particulièrement indiquée.

http://quebec.huffingtonpost.ca

Syndrome de glissement : ces vieux se laissent mourir


Syndrome du glissement, est un syndrome qui atteint les personnes âgées qui ont perdu le goût de vivre suite a un décès, secrets de familles, et autres, ils sont souvent en état de dépression. Alors que d’autres non et veulent avoir le droit de mourir sans avoir d’aide médicale pour survivre
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Syndrome de glissement : ces vieux se laissent mourir

 

Une grand-mère ( César.Gutiérrez (Flickr))

A la suite d’un traumatisme, des personnes âgées se laissent glisser vers la mort.

En médecine, les syndromes racontent des histoires. Leurs noms, quand ils ne sont pas ceux de leurs découvreurs, révèlent souvent des métaphores, des tentatives quasi poétiques de dompter une réalité rarement réjouissante.

Ainsi, quand une personne âgée se laisse mourir après un événement qui l’a bouleversée, on parle en psychiatrie et en gériatrie d’un « syndrome de glissement » dépressif ou réactionnel.

« Les vieux ne bougent plus »

Le concept – franco-français – a été décrit pour la première fois en 1956 par le gériatre Jean Carrié et cerné ensuite par plusieurs médecins, les docteurs Graux et Delomier en tête. Le premier insistant particulièrement sur le caractère « brutal et rapidement évolutif » du syndrome.

Le décès de la personne âgée survenant en général dans les quatre semaines qui suivent l’événement traumatique.

Hervé Merveille est psychiatre des personnes âgées à Limoges, au Centre hospitalier Esquirol. Il détaille :

« Le syndrome de glissement touche les personnes de plus de 65 ans. Parmi les facteurs de risque, on trouve en tête la perte du conjoint ou la perte d’un proche, qui se conjugue à une baisse de l’estime de soi. »

Il existe aussi d’autres éléments déclencheurs comme l’annonce d’un diagnostic, la vente d’un bien immobilier précieux pour l’histoire familiale du patient ou encore une intervention chirurgicale dont les suites sont mal vécues. Hervé Merveille poursuit :

« Ces pertes s’accumulent et entraînent divers symptômes parmi lesquels l’apathie, l’anhédonie [l’incapacité à ressentir des émotions positives, NDLR], l’aboulie (perte de l’envie), la baisse de la conation [de la volonté d’agir, NDLR], la clinophilie (le fait de rester au lit), l’anorexie et la bradyphémie (lenteur de l’expression).

C’est un homme paternaliste et autoritaire qui se décharne de ses qualités masculines, une épouse qui perd de son autorité au foyer. »

Comme dans la chanson de Jacques Brel :

« Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit. Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit. »

Secrets de famille

Pour ce médecin, qui se rend régulièrement aux domiciles de ses patients ou au sein des Ehpad, c’est un lourd travail de recherche qui commence.

« Pour identifier l’origine du problème et l’élément déclencheur, il faut mener une enquête presque policière sur la biographie du patient. Prendre le temps de créer un lien de confiance, discuter avec sa famille, faire attention aux mots employés. »

Le syndrome de glissement s’installe dans le passé, les secrets de famille, les décès ou les deuils douloureux.

« On fait face parfois à des troubles de déambulation nocturne, des patients qui se lèvent la nuit pour chercher des choses dans des placards. Puis on se rend compte qu’un cousin éloigné de la famille vient de mourir, que personne de l’entourage du patient ne s’y est intéressé, mais que le patient a bien connu ce cousin.

C’est le moment où les gros secrets de famille explosent. Des événements très lourds, éteints ou mis de côté pendant des années, refont surface alors que la chaudière de la maison tombe en panne. »

La prise en charge du syndrome de glissement est aussi bien médicale que cognitive (kiné, aide à domicile), explique Hervé Merveille. La conséquence directe de cette souffrance, c’est le suicide.

« Contrairement aux jeunes, les personnes âgées ne se ratent pas. Il faut être vigilant et évaluer le potentiel suicidaire en se posant des questions : est-ce qu’il y a une arme à portée de main ? L’isolement du patient est-il critique ?, etc. »

La maison de retraite

Pour les personnes âgées hospitalisées ou qui vivent en maison de retraite, Hervé Merveille est plus pessimiste :

« Pour les personnes en Ehpad, le pronostic est très sombre. Le corps et l’esprit ne font qu’un et malheureusement, le corps réagit très mal à la dépression. Souvent, il y a une pathologie qui se déclenche à ce moment-là. Quand on n’a pas envie de vivre, le corps ne suit plus, d’où l’importance de faire venir les psychiatres et les psychologues dans les établissements de soins. »

Dans cet article où nous parlions de la culpabilité liée au placement d’un proche en maison de retraite, Marika évoquait « le glissement » de sa grand-mère Elise, arrivée en Ehpad à l’âge de 96 ans.

Elle était décédée un an et demi plus tard, après s’être rapidement enfermée dans la démence.

Cette ancienne infirmière, qui a régulièrement côtoyé des situations de fin de vie, analyse :

« Le glissement, c’est le moment où la personne lâche la vie. C’est une forme de résilience absolue et d’acceptation de la mort. »

« C’est leur moment »

Et dans le meilleur des cas, le « glissement » arrive sans événement traumatique, au moment où le sujet semble s’être résigné à la mort.

Natacha Ledjam, psychologue clinicienne qui a travaillé dix ans en Ehpad, explique :

« Il y a des gens qui, à un instant T, se disent que c’est leur moment. Qu’ils sont fatigués. Qu’ils ont fait ce qu’ils avaient à faire. Que ça n’a pas de sens pour eux de continuer à faire des activités, suivre des comportements normatifs soutenus par les institutions. Ils disent qu’ils ont fait leur temps, sans pour autant traverser une dépression. »

Dans « Nous voulons tous mourir dans la dignité », paru en mars 2013, la psychologue Marie de Hennezel cite l’écrivain Michel Landa :

« Le droit de mourir dignement dans la lucidité, la tendresse, sans autres affres que celles inhérentes à la séparation et au glissement hors de cette forme de vie, ce droit devient un impératif évident dès lors que la vie peut être prolongée jusqu’au dernier délabrement – et même au-delà. »

En 2014, lors d’un colloque sur la maladie d’Alzheimer, elle appelait à « respecter le syndrome de glissement chez la personne âgée », tout en expliquant que son propos ne concernait pas le glissement réactionnel :

Natacha Ledjam résume le malaise que les proches, certains soignants et une partie de la société ressentent alors face à cette résignation :

« Voir quelqu’un lâcher, ce n’est pas normal. Et même si les équipes soignantes sont de plus en plus formées aux soins palliatifs, elles ne réagissent pas de la même manière. Il y a des soignants qui – pour des raisons culturelles, religieuses ou de sensibilité – vont être pris d’une forme de panique à vouloir sortir la personne de son état.

D’autres qui vont mettre en place une relation d’écoute, presque tendre. Qui vont instinctivement se positionner dans les soins de confort. L’équipe adapte alors son approche au besoin premier de la personne, à savoir un environnement bienveillant. »

Le rôle de l’équipe médicale consiste alors à « faire la différence entre un syndrome de glissement dépressif et la position de la personne qui demande sereinement à ce qu’on ne la force pas à s’alimenter », comme le prône Marie de Hennezel. Elle cite alors le gériatre François Blanchard :

« Chez les uns, une tristesse affreuse, un désespoir, une souffrance morale. Chez les autres, le sentiment tranquille d’avoir fait son temps. La lampe n’a plus d’huile, on est au bout du rouleau. […] Le vieillard se laisse aller paisiblement. »

Qui conclut :

« Qui sommes-nous pour vouloir absolument trouver des raisons de vivre à la place des autres ? »

Henri Rouillier

https://tempsreel.nouvelobs.com

Science décalée : l’homme qui faisait de la bière dans ses intestins


Un syndrome heureusement rare, mais qu’il est heureusement possible de soigner. La flore intestinale est importante, si elle est endommagée un champignon peut s’y installer
et changer le sucre, pâte, pomme de terre … en alcool et augmenter considérablement le taux d’alcoolémie dans le sang
Nuage

 

Science décalée : l’homme qui faisait de la bière dans ses intestins

 

Par Janlou Chaput, Futura

Publié le 04/11/2017

Un États-Unien de 61 ans se présente aux urgences pour cause de vertiges. L’éthylomètre révèle une alcoolémie de 3,7 g/l. Pourtant, l’individu promet qu’il n’a pas bu une goutte d’alcool. Menteur ou victime d’un syndrome rare ? La deuxième hypothèse, évidemment !

Drôle d’histoire que celle qui est récemment arrivée à un Texan. Ce sexagénaire était ivre alors même qu’il affirmait n’avoir rien bu. D’où venait cet alcool qui lui gâchait la vie ? Les résultats de cette enquête sont parus dans l’International Journal of Clinical Medicine.

Le contexte : ivre sans boire d’alcool

En novembre 2009, un homme se présente aux urgences d’un hôpital texan. En revenant de l’église, il raconte souffrir de vertiges importants. Les symptômes classiques d’une intoxication alcoolique. L’éthylomètre est sans appel : 3,7 g d’alcool par litre de sang, soit 7 fois plus que ce qui est autorisé en France pour conduire (0,5 g/l). Aurait-il abusé du vin de messe ? Le sexagénaire nie les faits, mais le personnel médical doute de sa bonne foi. Pourtant sa femme, infirmière, confirme les propos de son mari.

Un cas étrange qui interpelle Barbara Cordell, du Panola College et Justin McCarthy, gastro-entérologue dans la ville de Lubbock. Et si ce patient disait vrai ? En discutant avec lui, ils apprennent que l’homme a subi une opération du pied qui l’a obligé à prendre par la suite un traitement antibiotique. Depuis, il disait se sentir mal après avoir bu deux bières et ressentait même l’ébriété sans avoir consommé d’alcool.

C’est alors que son épouse, intriguée par la question, a expliqué avoir mené ses propres recherches et suppose que son mari souffre du syndrome de fermentation intestinale, un trouble rare et très peu documenté. Alors, en avril 2010, le protagoniste est invité à revenir pour participer à une petite expérience afin de vérifier l’hypothèse.

L’étude : les levures de la bière dans les intestins

Il est placé dans une chambre et interdit de visite. Ses affaires sont fouillées de manière à s’assurer qu’aucune fiole d’alcool n’y est cachée. Ainsi isolé durant 24 h, le patient reçoit une alimentation riche en sucres, avec notamment des friandises. Toutes les deux heures, l’alcoolémie est évaluée par un éthylomètre. Verdict : son taux d’alcool dans le sang est monté jusqu’à 1,2 g/l. Des prélèvements révèlent la présence dans ses intestins d’une levure :

 Saccharomyces cerevisiae.

La levure Saccharomyces cerevisiae est un champignon unicellulaire circulaire très familier et surtout non pathogène. Sauf dans certains cas... © AJC1, Flickr, cc by nc sa 2.0

La levure Saccharomyces cerevisiae est un champignon unicellulaire circulaire très familier et surtout non pathogène. Sauf dans certains cas… © AJC1, Flickr, cc by nc sa 2.0

Ce champignon unicellulaire est célèbre car il est aussi bien utilisé par les boulangers pour faire lever le pain que par les brasseurs pour alcooliser la bière (d’ailleurs, cerevisiae et cervoise ont la même étymologie). Retrouvée fréquemment, cette levure n’est normalement pas pathogène car elle ne fait que transiter dans le tube digestif. Malheureusement pour cet Américain, les antibiotiques utilisés après son opération ont probablement débarrassé son tube digestif d’une bonne partie de sa flore intestinale. Le champignon a donc profité du vide pour coloniser les lieux.

Ainsi, à chaque fois que cet homme consommait sucré (friandises, pâtes, pommes de terre, soda, etc.), les levures transformaient le glucose en éthanol pour produire l’énergie nécessaire à leur métabolisme. Voilà pourquoi l’alcoolémie montait parfois en flèche. Six semaines de régime sans sucre combiné à un antifongique ont eu raison des levures.

L’œil extérieur : une maladie rare, des conséquences importantes

Dans la littérature scientifique, seules quelques situations similaires ont été rapportées. Dans les années 1970, une bonne douzaine de cas ont été décrits dans deux études. Mais sur les 30 dernières années, on en dénombre moins qu’il n’y a de doigts sur une main. Évidemment, dans un premier temps, les médecins sont un peu stupéfaits, car il est bien plus fréquent d’avoir affaire à des personnes alcoolodépendantes qui se cachent pour boire. Ici, ce n’est pas le cas. Cependant, il peut arriver que le traitement soit le même : certains patients, notamment une adolescente de 13 ans, ont eu droit à une cure de désintoxication pour apprendre à supporter le manque.

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