Le piment le plus fort du monde pour des migraines d’anthologie


Ce n’est pas moi qui vais oser essayer juste pour voir le piment le plus fort au monde. Je ne sais pas si ma fille qui mange très épicée serait capable, mais pas moi ! En plus, le Carolina Reaper est reconnu pour donner des problèmes cardiaques et dernièrement un homme a eu une migraine qu’il appelle la migraine d’anthologie (syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible) Heureusement, l’homme a pu guérir. Cela ne vaut pas la peine de courir les concours pour prouver quelque chose
Nuage

 

Le piment le plus fort du monde pour des migraines d’anthologie

 

Le piment le plus fort du monde pour des migraines d'anthologie

Le piment le plus fort du monde pour des migraines d’anthologie © AFP/Archives / SAEED KHAN

Des médecins ont averti mardi des effets dévastateurs du piment le plus puissant du monde, qui a provoqué des migraines d’anthologie chez un Américain qui l’avait mangé à l’occasion d’un concours.

Le cas, rapporté par la revue BMJ Case Reports, est celui d’un homme de 34 ans « après sa participation à un concours de piment où il a ingéré un Carolina Reaper » en 2016.

Ce piment dont le nom signifie Faucheuse de la Caroline, spécialement sélectionné pour être le plus agressif possible, est reconnu par le Guinness des records comme le plus haut sur l' »échelle de Scoville ».

L’homme a d’abord fait des convulsions pour vomir. Puis « dans les jours suivants », il a ressenti des douleurs à la tête et au cou, en particulier des épisodes de migraine fulgurante, extrêmement douloureuse de quelques secondes.

S’étant rendu aux urgences, il a subi des tests neurologiques qui n’ont montré aucune pathologie. Pas d’anévrisme notamment.

Plus tard a été diagnostiqué un syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible, consistant en un rétrécissement temporaire des vaisseaux sanguins de la tête.

C’est la première fois qu’un piment a eu cet effet, d’après les auteurs. Ce syndrome, souvent à l’origine de migraines terribles, survient d’habitude après la prise de certains médicaments ou de drogues.

« Ç’a été une grande surprise pour tout le monde », a commenté l’un des auteurs de l’article, Kulothungan Gunasekaran médecin à l’hôpital Henry Ford de Détroit.

Les symptômes se sont résorbés d’eux-mêmes, et une radio de contrôle cinq semaines après le concours a montré que les artères avaient repris leur taille normale.

Un Carolina Reaper atteint en moyenne plus de 1,6 million sur l’échelle de Scoville, selon des tests réalisés par l’université de Winthrop en Caroline du Sud (États-Unis). Le piment d’Espelette par exemple n’est qu’aux alentours de 2.000.

Le record du monde, réalisé à l’Arizona Sauce Expo de 2016, est de 120 grammes de Carolina Reaper en une minute. Le BMJ Case Reports ne précise pas si c’est son détenteur qui a eu ces problèmes.

Un effet connu jusque-là des piments forts était le risque d’attaque cardiaque, ont rappelé les auteurs.

http://www.lepoint.fr/

Publicités

Le Saviez-Vous ► 10 Anomalies physiques RARES


Il y a plusieurs maladies génétiques qui sont extrêmement rares, qui ont été recensé. Plusieurs d’entre eux ont survécu quelque temps avec leur malformation hors du commun.
Nuage

 
10 Anomalies physiques RARES

 

La différence en plein visage


Jono Lancaster est venu donner des conférences au Québec sur le syndrome de Treacher Collins. Cet homme a commencé sa vie par le rejet de ses parents, puis les moqueries des autres. Puis il a suffi d’une conversation avec un client pour la perception de lui-même change du tout au tout. Même si aujourd’hui, certains disent qu’il aurait dû être tué à la naissance, il passe par-dessus de ces personnes ignorantes. Dans le fond, on dit tout le temps que ce n’est pas le physique qui compte, mais l’intérieur d’une personne, on voit que la réalité est souvent différente
Nuage

 

La différence en plein visage

 

Jono Lancaster, un Britannique, est atteint du syndrome... (Photo Olivier PontBriand, La Presse)

Jono Lancaster, un Britannique, est atteint du syndrome de Treacher Collins.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

 

ISABELLE AUDET
La Presse

Le mois dernier, Jono Lancaster, un Britannique atteint du syndrome de Treacher Collins, a donné une vingtaine de conférences au Québec. Sans filtre, l’homme de 33 ans raconte son parcours marqué par ce visage dont tout le monde parle depuis le tout premier jour.

Jono Lancaster est né avec le syndrome de Treacher Collins, une maladie congénitale qui touche notamment le développement des os du visage. S’il accepte aujourd’hui sa différence, il a toutefois connu des heures plus sombres. Voici un extrait de la conférence qu’il a donnée il y a deux semaines au Québec.Tout d’abord, permettez-moi de vous lire ce qu’il y a sur deux morceaux de papier.

Sur le premier, il y a ce qui a été écrit par les médecins à mon sujet quand je suis né. Ces lignes qui m’ont suivi toute ma vie…

«Jonathan Lancaster est né le 31 octobre 1984. Les deux parents sont horrifiés par l’apparence de leur enfant. Aucun d’entre eux n’a éprouvé un lien affectif parental pour ce bébé. Les deux parents ont quitté l’hôpital 36 heures plus tard, abandonnant l’enfant derrière eux.»

Sur le deuxième morceau de papier, il y a des mots que j’ai retranscrits avant de prendre l’avion pour le Québec. Ce sont des commentaires qui m’ont été adressés après que j’ai publié un égoportrait sur les réseaux sociaux.

«Il devrait avoir une chirurgie plastique.»

«J’aimerais lui démolir le visage, pour ne plus avoir à voir ce monstre de nouveau.»

«Il aurait dû être tué à la naissance.»

Depuis le premier jour de ma vie, jusqu’à aujourd’hui, les gens ont sans arrêt parlé de mon visage. On m’a jugé. On s’est moqué de moi.

Quand je suis né, les services sociaux ont dû trouver quelqu’un pour s’occuper de moi. Ils ont discuté avec une femme qui s’appelle Jean. Et encore une fois, ils ne parlaient que de mon visage. Elle ne comprenait pas. Pour elle, tous les bébés sont mignons. Pourquoi parlaient-ils toujours de mon visage? J’avais 2 semaines quand Jean s’est présentée à l’hôpital.

Quand elle a fait ma connaissance, elle a souri, elle m’a pris dans ses bras et, immédiatement, elle a ressenti que quelque chose nous liait tous les deux. Elle s’est tournée vers les infirmières et elle a demandé:

«Quand puis-je l’emmener à la maison?»

Au cours des cinq années suivantes, Jean s’est occupée de moi tout en cherchant à rétablir le contact avec mes parents biologiques. Elle n’a jamais réussi. Ses lettres revenaient sans avoir été ouvertes. Quand j’ai eu 5 ans, elle est donc officiellement devenue ma mère.

J’ai subi plusieurs interventions chirurgicales. Jean m’a accompagné à travers chacune des opérations. Elle m’a donné un foyer, elle m’a aimé. Elle me disait que j’étais beau, et j’étais heureux! Puis je suis allé à l’école. C’est à ce moment que j’ai compris à quel point j’étais différent.

Les enfants me montraient du doigt. Tout le monde me regardait. Tout le monde riait. Les enfants tiraient leurs yeux vers le bas et ils jouaient à des jeux du genre:

«Sauve-toi de Jono et ne lui touche surtout pas, tu vas attraper le Treacher Collins!»

Ça m’a brisé le coeur. Je ne savais pas quoi faire!

À la fin des classes, je pouvais enfin retourner à la maison, auprès de ma mère. Un jour, je lui ai demandé pourquoi les autres tiraient leurs yeux vers le bas quand ils me voyaient. Ma mère m’a répondu que j’étais beau, puis elle s’est mise à pleurer. Je me suis senti si coupable de l’avoir fait pleurer. Je me suis dit que jamais plus je n’allais lui en parler.

En ne parlant à personne, je n’ai fait qu’empirer les choses. J’étais en colère. Quand je me regardais dans le miroir, je me disais:

«Pourquoi moi? Qu’est-ce que j’ai fait pour avoir l’air de ça?»

[…]

Heureusement, j’ai toujours été entouré. Parmi tous les gens qui m’aimaient, il y avait Ben. Quand il était jeune, il me traitait de tous les noms, mais en vieillissant, il est devenu mon meilleur ami. […] Les gens autour de moi avaient l’habitude de me dire que tout allait s’arranger, mais Ben avait une approche différente. Il m’a dit:

«Arrête de te morfondre tout seul dans ta chambre: tu viens avec moi, parce que je t’ai trouvé du boulot. Tu vas travailler au bar avec moi.»

Je détestais les bars! Je me souviens de ces soirées où mes amis avaient du plaisir, et où je ne voulais que me cacher. Je me revois marcher vers la maison, à 3 h, en me disant qu’il n’y avait pas de place pour moi dans ce monde. Je marchais au milieu de la route en attendant qu’une voiture me frappe. Chaque fois qu’une voiture m’évitait, la colère montait un peu plus…

Et là, Ben voudrait que je travaille dans un bar? Absolument pas!

Malgré tout, le jeudi suivant, j’ai mis mon uniforme et je suis allé derrière le comptoir de ce bar. Au début de la soirée, ça allait, mais plus le bar se remplissait, plus j’entendais les gens rire. Je présumais qu’ils riaient de moi, et tout ce que je pouvais faire, c’était regarder le plancher. Une heure et demie plus tard, j’ai pris un taxi et je suis rentré.

À la maison, ma mère m’attendait:

«Alors, comment ça s’est passé?»

J’ai affiché mon plus beau sourire forcé et je lui ai dit que ce n’était tout simplement pas pour moi.

Pendant toute la fin de semaine, je ne me suis pas lavé. Je ne suis pas sorti de ma chambre. Je n’ai rien mangé. Et là, Ben est revenu! On s’est engueulés, mais il m’a convaincu d’y retourner la semaine suivante.

Ce soir-là, un gars immense avec des tatouages et des muscles gros comme ça est entré dans le bar. Il s’est assis en me fixant. J’espérais que quelqu’un d’autre le serve… en vain. […] Rendu à lui, je lui ai demandé ce qu’il voulait boire. Il m’a répondu:

«Avant que je commande, dis-moi ce qui t’est arrivé. Tu as eu un accident? On t’a échappé quand tu étais bébé? Tes parents ont pris de la drogue? Qu’est-ce qui est arrivé?»

Je voulais disparaître. Je lui ai dit:

«Je suis né comme ça.

 – Ah, d’accord. Mais qu’est-ce qu’il y a sur le côté de ta tête?»

Je voulais qu’il parte. Je me disais qu’il allait rire de moi. La soirée allait se transformer en cauchemar. Je lui ai demandé de nouveau ce qu’il voulait boire, mais il a continué à me poser des questions sur mes appareils auditifs:

«Est-ce que tu peux entendre si tu enlèves ton appareil?

– Non, je n’entendrais rien.

– Mais si je crie très fort, pourrais-tu m’entendre?

– Non, vraiment, je n’entendrais rien.

– Tu es tellement chanceux!

– Hein? Pourquoi?

– Ma femme, à la maison, tout ce qu’elle fait, c’est crier toute la journée, sept jours sur sept. Je ferais n’importe quoi pour un moment de tranquillité!»

C’est tout! Il m’a demandé mon nom. Il a payé son verre, il m’a serré la main, puis il est parti. Il n’a rien dit de méchant. Il ne m’a pas insulté. Ce gars-là ne se souvient probablement pas de moi, mais 13 ans plus tard, je parle encore de lui. Les soirées suivantes, quand j’entendais les gens rire, je voyais les choses autrement. Je me disais:

«J’aimerais peut-être être le centre de l’univers, mais je ne le suis pas. Ces gens qui rient et qui discutent dans le bar, ils ne se moquent sûrement pas de moi. Ils s’amusent et ils parlent de choses extraordinaires qu’ils viennent de faire… Tout n’est pas tourné vers moi.»

Je suis retourné travailler et ensuite, il y a eu un changement en moi. Parce que, ce soir-là, ce gars a changé ma vie.

– Propos recueillis par Isabelle Audet

Jono Lancaster a rencontré des élèves de l’école secondaire Saint-Joseph, à Saint-Hyacinthe. Il y a été question de la différence sous toutes ses formes.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Voir au-delà du visage

Jono Lancaster avait donc 20 ans lorsqu’il a compris, au hasard d’une conversation avec un client dans un bar, que le syndrome de Treacher Collins ne le définissait pas. Qu’on ait beau le dévisager, ce n’était qu’un élément parmi d’autres chez lui. Et que les autres aussi avaient leurs soucis.

Aujourd’hui, le Britannique parcourt le monde pour raconter son histoire au grand public. Sa mission: expliquer comment se vit la différence de l’intérieur et, surtout, outiller ceux qui éprouvent un malaise lorsqu’ils y font face.

«Jusqu’à mes 20 ans, mon visage était un élément très négatif dans ma vie. Désormais, il ne l’est plus! nous explique-t-il après une rencontre avec des professionnels et des parents au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, à Montréal. Je suis qui je suis, c’est tout. Dans le fond, nous sommes tous différents.»

Grande tournée au Québec

Au cours du mois dernier, Jono a donné une vingtaine de conférences au Québec. À son arrivée à l’école secondaire Saint-Joseph, à Saint-Hyacinthe, il a été accueilli par un groupe de jeunes.

«C’est sûr que l’on remarque son visage, mais je trouve qu’au bout d’un moment, on ne voit plus tellement qu’il est différent », assure une adolescente.

C’est justement l’objectif de Jono.

«Au bout d’un moment, les enfants ne voient plus uniquement un gars qui a le Treacher Collins. Ils voient un gars qui aime le soccer, la poutine, et qui peut courir vraiment très vite!»

«J’espère alors que la prochaine fois qu’ils vont rencontrer quelqu’un avec une différence craniofaciale, ils vont voir, oui, quelqu’un avec une différence, mais ils vont pouvoir aller plus loin et savoir ce qu’il aime et ce qu’il peut faire. N’est-ce pas ce que l’on souhaite pour nos enfants? Qu’ils puissent rencontrer des gens différents?»

Incessantes moqueries

N’empêche. Partout où il va, Jono sait qu’il s’expose aux remarques blessantes.

«Parfois, quand je fais des conférences dans les écoles, je vois que des jeunes rient de moi, raconte Jono. Ça ne me rend que plus déterminé à faire connaître mon histoire. J’espère au fond de moi qu’ils comprendront que ces moqueries peuvent avoir un impact désastreux. J’ai 33 ans et je lis encore des commentaires de gens qui écrivent que je devrais être mort. Si j’avais lu la même chose quand j’avais 16 ans, j’aurais été démoli. Aujourd’hui, je peux y faire face.»

Son message touche tout particulièrement Jannie-Karina Gagné, mère d’une fillette de 4 ans atteinte du syndrome de Nager, condition semblable à celle de Jono. C’est d’ailleurs à son invitation que celui-ci est venu au Québec pour la deuxième fois depuis 2016.

«J’ai toujours trouvé ma fille absolument splendide, dit Jannie-Karina, émue. Je lui dis chaque jour que je la trouve belle. Par contre, je ne veux pas qu’un jour elle me dise: « Qu’est-ce que tu en sais, tu n’as pas ma face. » Je me suis dit que mon travail, c’est de la mettre en contact avec des gens qui ont un visage semblable au sien, mais qui sont porteurs d’un message positif et qui vont lui dire que ça se peut, avoir une belle vie.»

L’inquiétude des proches

Ces inquiétudes de Jannie-Karina sont légitimes, soulignent plusieurs spécialistes de l’équipe de la Clinique de chirurgie craniofaciale de l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal.

«Les parents se projettent dans l’avenir. Ils se demandent: « Est-ce que mon enfant va trouver l’amour? » ou « Est-ce qu’il va être intimidé? »», évoque Marie Roberge, travailleuse sociale.

Elle indique dans la foulée que ces enfants ne sont pas leur différence. Ils ont une différence. Cette nuance est cruciale, souligne-t-elle.

Pour un parent, les regards intrigués qui se posent sur leur enfant sont toutefois difficiles à gérer au quotidien.

«On se demande souvent ce que l’on peut faire, comme parent, explique Jannie-Karina. Quand j’entends Jono dire que de voir sa mère pleurer, ç’a été terrible, moi, ça m’a dit qu’il faut que je gère mes affaires. Il faut que j’aille chercher l’aide dont j’ai besoin. Moi, je vais être capable d’entendre ce qu’elle va me dire. C’est mon travail de parent, parce qu’il va y en avoir, des moqueries… Je dois déjà penser à ma façon d’y réagir…»

Le passage de Jono a un impact particulier auprès des jeunes. Tout juste avant notre rencontre, la semaine dernière, il a discuté avec des enfants dans une école primaire que fréquente un garçon atteint d’une différence craniofaciale. L’échange est rapidement passé du visage de Jono à ce qui l’intéresse: le sport, les amis, bien manger…

«Comme tout le monde, quoi!», souligne Jannie-Karina. Les élèves se sont ensuite dirigés spontanément vers la mère de leur camarade différent: «On voulait vous dire que votre fils est magnifique, madame.»

 

Jono Lancaster a donné une conférence à l’école secondaire Saint-Joseph, à Saint-Hyacinthe.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Comment réagir?

Comment doit-on réagir lorsqu’on rencontre une personne avec une différence aussi manifeste que celle de Jono? Poser des questions? Passer son chemin? Voici quelques conseils pour dissiper tout malaise.

Poser des questions

Jono Lancaster avait 20 ans lorsqu’il a compris que lorsqu’on lui posait des questions sur sa condition, on souhaitait bien souvent mieux le connaître… tout simplement.

«Vous savez quoi? C’est tout à fait correct de poser des questions quand c’est fait de la bonne façon, avec respect, explique-t-il. Je crois qu’on peut en parler comme on parle de soccer ou d’autres choses. C’est acceptable de parler de moi, tout comme on peut parler de vous.»

Respecter le silence

S’il est acceptable de s’interroger ouvertement sur la différence d’une personne, il est tout aussi acceptable qu’elle refuse d’en parler si elle n’en a pas envie.

«C’est correct aussi! La communication, c’est la clé», ajoute Jono. Jannie-Karina Gagné abonde dans le même sens.

Elle compte outiller sa fille pour qu’elle puisse répondre aux questions des gens qu’elle croise, mais pas question de l’obliger à raconter son histoire de long en large chaque fois. Au quotidien, surtout pour un enfant, les interrogations peuvent être lassantes.

«Je veux que ma fille puisse avoir le choix. Elle a le droit d’avoir des journées où ça ne lui tente pas de répondre», précise Jannie-Karina, qui ajoute que le silence, parfois, «c’est reposant».

Créer des liens

On a tout avantage à côtoyer la différence sous toutes ses formes, et ce, dès le plus jeune âge, souligne Dominique Duchesne, psychologue à la Clinique de chirurgie craniofaciale de l’hôpital Sainte-Justine.

«En parlant, les enfants réalisent que la personne devant eux n’est pas que sa différence. Que c’est une personne à part entière avec des joies et des peines. C’est ça, l’acceptation de la différence», explique-t-elle. Jono acquiesce: «Quand je suis à l’épicerie, il arrive qu’un enfant s’exclame: « Maman, le visage de ce monsieur me fait peur! » Je n’en fais pas de cas. Je lui souris et je lui demande quelle est son équipe de soccer préférée, ou s’il aime Harry Potter. Ça renverse la situation et quand on se quitte, il me salue en souriant.»

Des phrases à éviter

Par gentillesse, on a souvent tendance à vouloir normaliser la différence, souligne Dominique Duchesne. Or, les phrases comme «ce n’est pas grave» ou «ça ne paraît presque pas» ont l’effet inverse: elles ne permettent pas à la personne visée et à ses proches d’apprendre à vivre avec la différence. Ils ont, au contraire, besoin que cette différence soit reconnue.

«Il y a des gens qui veulent nous encourager en minimisant les choses. Ils nous disent: « Ah, ça va bien aller. Elle est forte! Tu es forte! » Mais je me disais: « Attends une minute! Je ne le sais pas si je suis capable de prendre ça, moi! » Et d’un autre côté, il y a les autres qui pleurent plus que toi en te disant: « Ah, mon Dieu, je ne sais pas comment tu fais! » Et là, on doit les réconforter, eux. C’est difficile…»

Des maladresses, «ça arrive»!

«Il y a beaucoup plus de gens maladroits que de gens méchants», explique Marie Roberge, travailleuse sociale.

Un parent d’un enfant différent peut préparer des phrases-clés pour expliquer la situation et pour réagir lorsque des commentaires peuvent être blessants. L’enfant visé par ces commentaires apprendra ainsi comment réagir lorsque l’on évoquera sa différence.

«Si le parent est fâché contre des commentaires, l’enfant sera fâché lui aussi, souligne Marie Roberge. Malgré tout ce que l’on peut faire, on ne peut pas empêcher les réactions des gens. Par contre, on peut outiller les enfants et les aider à trouver les mots.»

Et si on a dit une énormité sans le vouloir?

«On le sait que c’est rarement méchant, souligne Jannie-Karina. Le respect est la base de tout. Quand on sent qu’il y a du respect, peu importe la suite, c’est sûr que ça passe.»

http://www.lapresse.ca/

Le Saviez-Vous ► Le syndrome de Noé : qu’est-ce que cette maladie mentale qui consiste à accumuler trop d’animaux ?


Une maladie mentale qu’on a sans doute déjà eue connaissance et mal juger ces personnes qui accumulent des animaux dans des conditions épouvantables. En fait, c’est une maladie mentale appelé syndrome de Noé. Ces gens ont comme une obligation de sauver des animaux et plus il y a d’animaux, plus ils perdent le contrôle et n’arrivent plus a donner les soins appropriés et cela tourne à la maltraitance animale. Des recherches doivent être faites pour donner de meilleurs traitements, car la récidive est presque à 100 % ou ces personnes, surtout des femmes seules vont choisir le suicide
Nuage

 

Le syndrome de Noé : qu’est-ce que cette maladie mentale qui consiste à accumuler trop d’animaux ?

syndrome de noé

Il existe une forme de maltraitance animale largement sous-estimée : elle consiste à accumuler des animaux sans se rendre compte qu’on ne peut subvenir à leurs besoins. Souvent, les associations de protection animale doivent saisir les animaux détenus dans de mauvaises conditions chez des personnes souffrant de ce syndrome de Noé

Le Dr Sarah Jeannin, psychologue clinicienne et Docteur en éthologie, nous explique ce qu’est cette maladie psychiatrique.

Ce terme métaphorique tire son origine d’un récit biblique que l’on trouve dans le livre de la Genèse : Dieu ordonne à Noé de recueillir dans son arche un couple de chaque espèce animale, afin de repeupler la planète après le Déluge.

Les personnes souffrant du syndrome de Noé croient sauver des animaux

Les personnes souffrant du syndrome de Noé sont investies d’une mission de sauvetage : elles ont un besoin irrépressible d’obtenir et de contrôler toujours plus d’animaux (de toutes sortes) sans avoir les moyens de les accueillir dans des conditions décentes.

Ce besoin est associé à un déni de leur souffrance. Après avoir sorti les animaux de la « misère », elles ne cessent d’en recueillir de nouveaux au point de ne plus pouvoir les assumer.

Ces individus, aussi appelées des « collectionneurs » (en anglais, « animal hoarders ») se considèrent comme des bienfaiteurs ; le déni est l’un des principaux symptômes ! Le comble de ce trouble est donc que la personne se transforme petit à petit en ce qu’elle détestait au départ : une personne maltraitant les animaux !

Syndrome de Noé : quelles conséquences pour les animaux victimes ? 

Découverts affamés et malades, de nombreux animaux doivent être euthanasiés à chaque intervention des associations. Dans d’autres situations moins « dramatiques », les animaux ont beaucoup de mal à supporter cette « promiscuité » et bien que leur santé physique ne soit pas mise en péril, ces conditions d’hébergement portent néanmoins atteinte à leur bien-être. Ils ne sont plus libres d’éviter les interactions avec leurs congénères, ce qui est problématique pour une espèce comme le chat par exemple, qui est moins sociale que le chien ! Ils ne peuvent pas explorer librement leur environnement etc. Il y a une réelle contrainte de l’humain qui souhaite paradoxalement les protéger.

syndrome de noe

Saisie chez des particuliers qui vivaient dans 10 m² avec 60 animaux – © Fondation 30 Millions d’amis

Comment prendre en charge les malades souffrant du syndrome de Noé ? 

C’est un problème très répandu, qui cause plus de souffrance animale que tous les actes de cruauté intentionnels réunis et qui est nettement sous-estimé. Il est donc essentiel d’éduquer et de sensibiliser les gens à cette pathologie pour arrêter les dérives et éviter les situations de maltraitance. Le syndrome de Noé peut se retrouver à tous les âges, quel que soit le sexe ou la condition socio-économique de la personne, mais des études récentes montrent qu’il touche majoritairement les femmes, les personnes seules et en particulier les personnes âgées (Ferreira et al, 2017).

On trouve une brève description de ce syndrome dans la dernière édition du DSM V, manuel qui répertorie les différents troubles mentaux (American Psychiatric Association, 2014), incluse dans la section « trouble obsessionnel compulsif et troubles apparentés ». Néanmoins, il reste plusieurs points à élucider : le syndrome de Noé est-il une pathologie à part entière ? La manifestation délirante d’un trouble psychotique ? Quelles sont les causes, les origines de ce syndrome (carence affective, abus, traumatismes) ? De nouvelles recherches sont nécessaires pour mieux comprendre son trouble et le soigner. D’une part parce que sans soins adaptés après l’intervention, la récidive des malades s’élève à près de 100% ! Et d’autre part, parce que les malades, privés de leurs animaux, peuvent tenter de mettre fin à leurs jours.

Ainsi, les personnes souffrant du syndrome de Noé présentent un besoin frénétique d’aider les bêtes et oublient la réalité au détriment des besoins vitaux des animaux qu’elles sauvent. Ce trouble nous rappelle une fois de plus que « l’amour de suffit pas » ! Pour respecter le bien-être de l’animal, il est nécessaire de répondre à ses besoins éthologiques (physiques et psychiques). L’animal doit être considéré pour ce qu’il est et pas uniquement pour ce qu’il apporte (combler une carence affective, réparer un traumatisme etc.).

Dr. Sarah Jeannin

Psychologue clinicienne, Docteur en Ethologie.

Responsable scientifique et formatrice au centre de formation Animal University.

Consultante en médecine vétérinaire du comportement à la clinique vétérinaire du Pont de Neuilly, aux côtés du Dr Thierry Bedossa.

Chercheuse associés au LECD de l’Université Paris Nanterre

https://wamiz.com/chats/

Les écrans modifient notre perception de la réalité


 

Le syndrome de vision informatique, vous connaissez ? Enfin, l’auteur l’explique avec une certaine philosophie comment nous sommes rendus à ne plus voir grand vers l’horizon à cause des écrans numérique qui cause des symptôme tel que sécheresse oculaire, yeux irrité, maux de dos, cou et tête
Nuage

 

Les écrans modifient notre perception de la réalité

 

/

Zoomer sur nos écrans pour mieux les voir | Lazurite via Flickr CC License by

Repéré sur Wired

Repéré par Léa Polverini

Le «syndrome de vision informatique» désigne les maux oculaires liés aux écrans numériques, mais il ne dit rien de la façon dont les écrans transforment notre façon d’appréhender les objets qui nous entourent.

«Les yeux ne vont pas bien. Leur souplesse d’enfance est perdue. Les lentilles, à mesure que nous passons des heures sur cette terre, s’épaississent, se raidissent, se calcifient même. Les yeux ne sont plus les fenêtres de l’âme. Ils sont plus proche des dents», écrit Virginia Heffernan, journaliste à Wired.

L’image, surréaliste à souhait, se veut frappante car elle évoque notre soustraction croissante au réel, à mesure que nous plongeons notre regard sur nos écrans, «renonçant à la troisième dimension de la vie et aux teintes naturelles.»

S’adapter aux écrans plutôt qu’adapter les écrans

Heffernan pointe la nouvelle gestuelle que nous sommes amenés à développer pour palier le flou qui nous entoure progressivement: étirer un peu plus le bras qui tient le téléphone, se rapprocher de l’écran d’ordinateur, plisser les yeux, augmenter la luminosité des écrans, zoomer ce qui s’y affiche: cercle vicieux, dans lequel nous adaptons notre vue au principal objet qui la corrompt.

Cette condition des yeux de l’homme moderne a été appelée le «syndrome de vision informatique», qui désigne les problèmes oculaires liés à une attention «prolongée» sur des écrans: sécheresse oculaire, yeux irrités, maux de tête, vision troublée, mais aussi douleurs au dos et au cou…

«Le nom n’est pas satisfaisant car, comme beaucoup de syndromes, il décrit un ensemble de phénomènes sans les situer dans un récit cohérent, médical ou autre», écrit Heffernan.

Des yeux qui ne savent plus voir

Toute pratique sur le long terme peut avoir des conséquences sur la vue: les pêcheurs sur glace peuvent être atteints de cécité des neiges à cause de leur exposition aux rayons ultraviolets, les vigies avoir des hallucinations, les universitaires devenir myopes quand les nomades mongols développeront une vision grand angle, le regard toujours porté vers l’horizon…

Mais pour les victimes du numérique, on désignera moins la lumière bleue et les sollicitations intempestives qui essaiment sur nos écrans que la nécessité de faire des pauses régulières, de rompre cette attention «prolongée» sur les écrans: le remède prend bientôt la place des causes.

«Nommer un syndrome nous libère des dernières angoisses à propos des écrans, qui ont toujours été source de soupçon social. Les gens qui sont collés aux écrans jusqu’à en exclure les autres sont considérés avec dédain, écrit Heffernan. Si le syndrome de vision informatique a été inventé comme un fourre-tout pour exprimer toute une série de peurs, ces peurs pourraient ne pas se limiter à ce que la lumière bleue ou trop de textos écrits les yeux collés à l’écran font à la vue. Peut-être que le syndrome est un aveuglement plus large –celui d’yeux qui ne savent pas voir et d’esprits qui savent de moins en moins reconnaître des objets non numériques, en particulier ceux de la nature.»

http://www.slate.fr/

Le syndrome de résignation qui affecte des enfants migrants


Il y a des maladies étranges que peuvent éprouver des personnes face à la fatalité. Des enfants immigrants qui avec leur famille demande l’asile sont face à l’humiliation, le racisme, voir des attaques dans un pays d’accueil finissent par déconnecter le corps et le cerveau et sont dans un état catatonique. Ils peuvent rester des mois, des années dans cet état. Le remède est l’espoir, une vie meilleur.
Nuage

 

Le syndrome de résignation qui affecte des enfants migrants

 

Le reportage d’Alexandra Szacka

C’est un mal étrange, présent surtout en Suède. Il frappe les enfants des demandeurs d’asile, principalement ceux venus des pays de l’ex-URSS et de l’ancienne Yougoslavie.

Un texte d’Alexandra Szacka

On l’appelle le syndrome de résignation. L’enfant est dans un état semi-comateux, une sorte de catatonie. Il a les yeux fermés, les dents serrées, il ne bouge pas, ses muscles n’ont aucun tonus et il doit être nourri à l’aide d’une sonde gastrique.

Cet état peut durer jusqu’à trois ans, dans certains cas.

On a commencé à diagnostiquer le syndrome en Suède à la fin des années 90. Entre 2003 et 2005, plus de 400 enfants de migrants en ont été frappés. Aujourd’hui encore, on diagnostique le syndrome chez plusieurs dizaines d’enfants chaque année.

À trois heures de route au nord de la capitale suédoise, Stockholm, Radio-Canada est allé voir l’une de ces familles de demandeurs d’asile, un couple d’Arméniens originaires de Moscou, avec trois enfants.

Les deux plus vieux, Kostan, 18 ans, et Miléna, 13 ans, souffrent du syndrome de résignation.

Couchés côte à côte dans une chambre vide aux murs tristes, le frère et la sœur donnent l’impression d’adolescents tout ce qu’il y a de plus normal, juste endormis. Pourtant, ils sont couchés là depuis deux ans et demi pour Kostan et presque deux ans pour sa sœur.

Elisabeth Hultcrantz, une docteure qui consacre aujourd’hui tout son temps à soigner bénévolement une cinquantaine de ces jeunes, les a examinés devant nous.

« Je n’arrive pas à obtenir de contact visuel », se plaint-elle en soulevant tour à tour les paupières de l’un et de l’autre. Et c’est comme ça depuis le début.

Toute une série d’examens simples lui permet de constater, encore une fois, qu’il n’y a pas de dommages neurologiques. Ces enfants se sont simplement retirés de la vie.

« Ils ont tous subi un traumatisme, une situation où leur vie était menacée. Et en général, ce traumatisme date d’avant leur venue en Suède », explique la Dre Hultcrantz, qui était spécialisée en oto-rhino-laryngologie avant de prendre sa retraite et de se consacrer à ces enfants.

C’est un syndrome de dissociation. Le cerveau se dissocie du corps. La docteure Elisabeth Hultcrantz

Elisabeth Hultcrantz ajoute que ces enfants appartiennent pratiquement tous à des minorités ethniques, souvent persécutées dans leur pays d’origine.

Sonia Lupien, spécialiste en neurosciences et fondatrice du Centre d’études sur le stress humain (CESH) de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, abonde dans le même sens. « [C’est] une très, très grande peur, un très grand stress qui va faire en sorte que toute la mobilisation du corps, qui devrait être là pour vous aider à survivre, va tout simplement tomber et on va faire le mort. »

Généralement, les symptômes commencent par un état dépressif et petit à petit, il y a une perte de conscience suivie d’un état catatonique.

Malades imaginaires ou réels?

Pendant des années, des gens ont avancé qu’il s’agissait de simulation pour faciliter l’obtention d’une résidence permanente en sol suédois. D’autres ont évoqué une maladie contagieuse. Toutes ces théories ont finalement été écartées.

« Ils ne réagissent pas à la douleur, la douleur ce n’est pas quelque chose à quoi on peut simuler de ne pas réagir, c’est impossible », indique Sonia Lupien.

Les parents des deux jeunes, qui préfèrent témoigner anonymement, tellement ils ont peur d’être expulsés, confirment qu’ils ont été témoins de toutes les étapes de la maladie.

Ils sont désespérés. Arrivés en Suède à la suite d’humiliations et d’attaques racistes dont ils ont été victimes en Russie, ils pensaient trouver un havre de paix pour eux-mêmes et pour leurs enfants.

Aujourd’hui, leur vie est rythmée par les soins à donner à leurs deux enfants atteints du syndrome. La toilette, la gymnastique, la prise d’aliments cinq fois par jour, toujours à travers le tube gastrique, les promenades en fauteuil roulant.

Mes enfants étaient tous joyeux, ils avaient de bons résultats à l’école. Ils n’étaient pas du tout fermés. La mère de Kostan et de Miléna

La mère raconte qu’au début, quand son fils s’est effondré, inconscient, ils ont appelé l’ambulance en pensant que cela allait se résorber rapidement. Mais à l’hôpital, on ne leur a pas donné beaucoup d’espoir : Kostan allait demeurer dans cet état pour longtemps.

L’angoisse liée à leur situation précaire en Suède est l’un des éléments-clés pour comprendre la source du mal qui afflige les deux enfants du couple. À l’origine toutefois, les enfants ont d’abord été traumatisés par des attaques racistes violentes contre leur père.

Kostan et Miléna ont vu ces attaques de leurs propres yeux.

Un stress constant

Aujourd’hui, au sein de la famille, la tension est à son comble. Les autorités suédoises leur ont refusé l’asile l’automne dernier.

Ils ont porté leur cause en appel, mais gardent peu d’espoir. Les autorités suédoises ont été catégoriques : l’état de leurs enfants n’empêchera pas leur expulsion.

La Dre Hultcrantz est pourtant formelle. Voyager en avion constitue un très grand danger pour ces enfants. Ils peuvent en mourir.

Malgré cela, les autorités suédoises se montrent inflexibles. Il y a quelques jours, une famille arménienne de cinq personnes, dont la fille aînée souffre du syndrome depuis près d’un an, a été expulsée vers la Pologne.

Mais il existe un espoir de guérison pour ces enfants.

Dans pratiquement tous les cas, aussitôt que les parents ont obtenu un permis de séjour, les enfants ont commencé à aller mieux. Le retour à la vie normale peut prendre jusqu’à un an, mais le sentiment de sécurité est pratiquement le seul remède.

Il n’y a qu’un médicament possible pour ces enfants et c’est la restauration de l’espoir. Sonia Lupien, spécialiste en neurosciences

Même son de cloche du côté de la Dre Hultcrantz, qui a elle-même vu plusieurs de ces enfants revenir à une vie normale après que leurs familles ont obtenu le droit d’asile.

« J’étais comme dans une bulle. Je ne comprenais pas ce qu’on disait, mais j’entendais des voix joyeuses », lui aurait confié une de ses jeunes patientes. « Tout à coup, la bulle a éclaté et j’ai commencé à entendre ce qu’on disait », a-t-elle relaté.

Il a ensuite fallu plusieurs mois pour que cette jeune fille revienne complètement à la vie normale.

http://ici.radio-canada.ca

Ne plus dormir, c’est possible


Si on ne dort pas pendant plusieurs jours, le corps faibli, la mémoire ne fonctionne plus vraiment et des hallucinations se présentent et la mort survient dans à peu près 10 jours. Il existe un syndrome : le syndrome de Morvan que les personnes atteintes ne dors pendant des semaines, voir des mois et le corps réagit aux troubles énumérés plus haut. Pourtant, il existe deux personnes qui la médecine à confirmer, une aux États-Unis, l’autre au Viêt Nam qui n’ont pas dormi depuis 10 ans sans pourtant avoir les conséquences d’un manque de sommeil. Les chercheurs voudraient bien percer le secret pour qu’on profite plus du 1/3 de vie que nous dormons. Personnellement, je trouve qu’il y aurait trop de moments ennuyeux sans sommeil
Nuage

 

Ne plus dormir, c’est possible

 

Pourrait-on arriver un jour à supprimer le besoin de sommeil? | PDPics via Piwabay CO License byP

Pourrait-on arriver un jour à supprimer le besoin de sommeil? | PDPics via Piwabay CO License byP

Claude Touzet

Le sommeil est essentiel à la vie. Mais certaines personnes sont mystérieusement capables de peu, voire de ne pas dormir du tout pendant des mois… et même des années.

 

Toutes les espèces animales roupillent, y compris les méduses et les vers de terre. C’est parfois compliqué. Les martinets, qui ne se posent pas pendant plusieurs années, dorment en vol, mais un hémisphère cérébral à la fois. Idem pour les dauphins qui doivent remonter volontairement à la surface pour respirer: leur électroencéphalogramme montre une heure de sommeil dans un hémisphère, suivie d’une heure de sommeil dans l’autre hémisphère, puis d’une heure d’éveil complet.

Chez (presque) tous les hommes, la privation de sommeil tue en une dizaine de jours

Chez nous, les humains, une privation de sommeil de quelques heures se traduira par des performances cognitives diminuées, tandis qu’une privation totale de sommeil vous tuera aussi rapidement qu’une suppression totale d’eau, c’est-à-dire en une dizaine de jours. Le sommeil est donc indispensable à la vie. Pourtant, il existe des personnes qui ne dorment pas et ne souffrent d’aucun symptôme cognitif!

L’un des premiers cas décrits nous est rapporté par Michel Jouvet, passé à la postérité pour sa découverte du sommeil paradoxal. Sous surveillance 24 heures sur 24 à l’hôpital, un patient de 27 ans n’a pas dormi durant 4 mois –sans que ses fonctions cognitives (mémoire, attention) n’en soient affectées. Le professeur Jouvet rapporte notamment avoir joué régulièrement aux cartes avec lui et avoir constaté que ce dernier jouait de mieux en mieux! Que se passait-il donc? Une étrange maladie était à l’œuvre: le «syndrome de Morvan».

Le syndrome de Morvan

Il s’agit d’une affection rarissime, qui frappe quelques personnes dans le monde chaque année. Une trentaine de cas en tout sont rapportés dans la littérature médicale. En plus d’une agrypnie totale caractérisée par une absence de sommeil, les patients souffrent, selon les cas, de tremblements des membres, d’activités neuromusculaires continues, d’hallucinations, confusion, délire, etc.

On sait aujourd’hui que cette maladie est auto-immune et que l’on peut la guérir. Auparavant, le taux de décès était de 10%, et ceux qui guérissaient spontanément (au bout de quelques semaines ou mois), retrouvaient le sommeil.

Que se passe-t-il dans le cerveau en cas de syndrome de Morvan? Cette maladie affecte le fonctionnement des synapses, lieux de jonction entre les neurones, et également entre les neurones et les fibres musculaires. Pour comprendre, entrons dans les détails des mécanismes qui permettent aux neurones de faire leur travail, c’est-à-dire de transmettre l’influx nerveux porteur d’informations. Pour cela, ces cellules doivent entretenir en permanence une différence de potentiel électrique importante (-60 mV) entre l’intérieur de la cellule et le milieu extérieur. On parle de différence de potentiel «au repos». Au cours de ce processus, la membrane des neurones devient plus ou moins perméable grâce à l’action de ce que l’on appelle les pompes à ions qui doivent en permanence capter des ions sodium (Na+) dans le milieu intérieur pour les envoyer à l’extérieur, tandis que d’autres pompes font l’inverse avec les ions potassium (K+).

Lorsqu’un neurone transmet une information, une décharge électrique circule tout au long de son axone, sa fibre nerveuse, jusqu’aux synapses. Un événement court, appelé potentiel d’action, survient: il est engendré par l’ouverture de canaux sodium qui permettent le passage de ces ions Na+ à travers la membrane. Dès cet instant, les Na+ en surplus se précipitent à l’intérieur. Une milliseconde plus tard, ces canaux se referment tandis que s’ouvrent les canaux potassium. Dès que les canaux ioniques se referment, les pompes se remettent à fonctionner et la repolarisation du neurone s’effectue en quelques millisecondes.

Si les canaux potassium sont moins nombreux (ou bloqués), alors le retour au potentiel de repos du neurone est plus lent que la normale. Ceci empêche l’habituelle diminution d’efficacité des synapses inhibitrices (la «dépression à long terme» ou LTD). Si la synapse n’est pas modifiée, alors elle n’a pas besoin d’être remise à niveau –ce qui est la fonction du sommeil profond. Si le sommeil profond n’est plus nécessaire, alors le sommeil paradoxal devient lui aussi inutile puisque son action est de contrecarrer les «effets négatifs» du sommeil profond (effacement des éléments appris durant la journée).

Nous avons là un mécanisme explicatif de la possibilité d’une agrypnie totale sans effet cognitif néfaste dans le cadre d’un syndrome de Morvan. On peut peut-être aller encore plus loin. Il existe des personnes –deux ont été identifiées au cours du XXe siècle: l’une américaine, l’autre au Viêt Nam–, qui affirment ne pas dormir du tout depuis des dizaines années, et qui semblent disposer d’une cognition tout à fait normale. L’agrypnie totale de ces personnes a été confirmée par le corps médical. Est-on en présence d’un syndrome de Morvan avec un unique symptôme? Si l’hypothèse était avérée, cela ouvrirait d’incroyables perspectives! Plutôt que de tenter d’augmenter l’espérance de vie, ne serait-il pas plus judicieux d’augmenter la durée d’éveil en supprimant le sommeilSoit un tiers de notre vie?

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

http://www.slate.fr