Plus de psychoses causées par les amphétamines


Les drogues quel qu’elles soient sont nuisibles autant pour le consommateurs que ceux qu’ils les entourent. Certaines drogues provoquent des psychoses et des risques plus grands pour des actions criminelles et irréversibles
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Plus de psychoses causées par les amphétamines

 

Plus de psychoses causées par les amphétamines

© Shutterstock

Le nombre de patients admis dans les hôpitaux psychiatriques à la suite d’une ordonnance d’un tribunal est en forte progression au Québec. L’abus d’amphétamine est pointé du doigt.

 

À l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ), l’augmentation du nombre de patients judiciarisés a fait un bond vertigineux en passant de 11,4%, en 2010, à 20,7%, en 2011.

«Il est clair qu’il y a un lien à faire avec l’augmentation des drogues de rue qui agissent comme psychostimulants et qui amènent les jeunes à poser des gestes criminels», a indiqué Pierre Laliberté, directeur des services professionnels à l’IUSMQ.

Ces personnes sont envoyées en institution psychiatrique, soit parce qu’elles représentent un danger pour la société, soit pour subir une évaluation qui déterminera si elles sont aptes à comparaître devant un juge.

Dans les deux cas, l’admission par obligation légale échappe au contrôle des psychiatres qui sont placés devant le fait accompli.

«Ce n’est pas nous qui décidons si le patient doit rester à l’hôpital. C’est le tribunal», a affirmé Pierre Rouillard, psychiatre.

Près de 15% des patients hospitalisés à la demande d’un tribunal le sont pour des troubles psychotiques. Après analyse des dossiers, on s’aperçoit que près de 40% d’entre eux éprouvent aussi des problèmes de dépendances de drogue et/ou l’alcool.

Trafic à l’hôpital

Comme les comprimés d’amphétamine sont peu chers, faciles à cacher et que leur effet dure longtemps, les problèmes de consommation en milieu hospitalier ont quintuplé, a ajouté M. Rouillard.

«Ça aggrave beaucoup les symptômes psychotiques. C’est pire que la cocaïne. Pour nous, c’est notre plus gros problème.»

Il y a deux ans, l’IUSMQ a adopté une politique de tolérance zéro. Au cours de la première année, 119 interventions ont été effectuées pour débusquer les consommateurs et les trafiquants. De ce nombre, 76 dossiers ont été transférés au Service de police de la Ville de Québec.

«On ne peut pas tolérer ça. Lorsqu’on trouve de la drogue, il y a des conséquences», a dit Julie Lesage, directrice adjointe des services professionnels.

L’IUSMQ travaille actuellement à mettre en place une unité de lits dédiés au traitement des troubles concomitants. Le projet qui comprend une douzaine de lits devrait voir le jour au cours de l’automne prochain.

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