LOGEMENT | MAGNOTTA Qui s’y aventurera ?


A moins d’avoir peur des fantômes … je ne vois pas pourquoi les gens hésite a louer un appartement .. surtout si les meubles dont le frigo ont été remplacé, et j’espère que de toute façon,  les gens fournissent leur propre matelas … car une pièce,une maison, un logement, les meubles s’ils ont un impact c’est qu’on leur donne un certain pouvoir alors qu’ils n’ont tout simplement pas ..
Nuage

 

LOGEMENT | MAGNOTTA

Qui s’y aventurera ?

 

Qui s’y aventurera ?

PHOTO LE JOURNAL DE MONTRÉAL, MÉLANIE COLLEU

Derek McKinnon et Richard Payette habitaient dans le même immeuble que Luka Rocco Magotta. Comme plusieurs de ses anciens voisins, le premier a déménagé. Incapable de tourner la page, le deuxième cherche également à quitter son logement.

L’ancien logement de Luka Rocco Magnotta n’a toujours pas trouvé preneur

 

L’appartement 208, scène du crime sordide dont est accusé Luka Roco Magnotta surnommé « le démembreur », n’attire pas les foules. Mais d’après les voisins, un couple d’Africains pourrait s’y installer prochainement.

Personne ne se précipite à sa porte. Depuis la découverte du matelas tâché de sang sur lequel Jun Lin a été tué, l’ancien logement du présumé coupable et tristement célèbre Magnotta reste vide.

Personne ne le visite, personne ne s’arrache le prochain bail de location. Excepté peut-être un jeune couple d’Africains fraîchement arrivé au Canada, ignorant tout de ce qui s’est produit quelques semaines plus tôt.

« Le concierge m’a dit que ça pourrait être bientôt reloué à une famille africaine qui ne sait pas ce qui s’est passé ici, confie Richard Payette, ancien voisin de palier de Magnotta. Il m’a demandé de rester discret et de ne pas en parler. »

Le concierge nie

Mihaela Ghitulescu réside dans l’appartement mitoyen au 208. Elle aussi confirme la possible arrivée du nouveau couple.

 « Mais pour l’instant, il n’y a personne, sinon je les aurais entendus », précise-t-elle.

La version d’Éric Schorer, le concierge, diffère totalement.

Il affirme ne pas avoir fait visiter, ne serait-ce qu’une seule fois, l’appartement à d’éventuels locataires depuis le drame.

« Il n’a pas été question de louer le 208 à qui que ce soit pour l’instant. Bien sûr qu’on aimerait, les affaires restent les affaires. Mais personne n’est intéressé, assure-t-il. Ce n’est pas une surprise, ce crime horrible a fait le tour du monde. »

Pourtant, l’appartement a été nettoyé, repeint et remeublé, indique-t-il.

« C’est dommage, c’est le plus beau de l’immeuble, tout a été refait à neuf », ironise-t-il.

M. Schorer reste cependant lucide et estime qu’il aura du mal à trouver de nouveaux locataires.

« Mais bon, ça dépendra peut-être des gens, certains ne sont pas superstitieux », avance-t-il.

« Dire la vérité »

Le concierge a expliqué au Journal qu’il informerait les prochains locataires du 208 de ce qui est arrivé dans l’appartement avant qu’ils ne s’engagent.

« On n’a pas le choix. Il faut dire la vérité. Même si les gens qui arrivent ne sont pas au courant, il ne suffira que de quelques jours pour que le voisinage leur parle. »

Les voisins rencontrés par le Journal demeurent cependant sceptiques.

« Je doute qu’il dise aux gens ce qui s’est passé », pense Richard Payette.

Plusieurs quittent

Ce dernier a d’ailleurs remarqué un début d’exode dans l’immeuble. Plusieurs de ses connaissances ont mis les voiles ces derniers jours.

« Il y a déjà eu un meurtre ici, il y a trois ans, alors avec celui-là, trop c’est trop. Je n’arrive pas à oublier l’odeur », lâche-t-il, avouant qu’il cherche lui même un autre logement.

Quant à Mme Ghitulescu, un mur seulement la séparait du studio de Magnotta. Elle demeure traumatisée et cherche à partir elle aussi.

« Le propriétaire n’est même pas venu nous voir. Quelques jours plus tard, on a reçu une lettre nous demandant de payer les 30 prochains jours. C’est un comble ! »

Le concierge affirme pour sa part que les va-et-vient n’ont rien à voir avec le crime et que quasiment tous les appartements sont loués.

http://www.journaldemontreal.com