La dépression peut être dissimulée derrière un sourire


La dépression est un sujet tabou pour certains alors parler de dépression atypique connu aussi sous le nom de dépression souriante, cela semble plus difficile à se rendre compte qu’une personne est vraiment malade. Ce genre de dépression ne parait pas, la personne sourit, continu sa routine et peut même apprécier les bons moments et les choses positives. Pourtant, ces personnes vivent leurs à l’intérieur et seule et pouvant aller jusqu’au suicide.
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La dépression peut être dissimulée derrière un sourire

Afficher un sourire, mais fermer les yeux sur sa souffrance. | Sam Manns via Unsplash

Afficher un sourire, mais fermer les yeux sur sa souffrance. | Sam Manns via Unsplash

Olivia Remes

Près de la moitié des personnes souffrant de dépression n’ont pas l’air aussi triste que l’on pourrait s’y attendre. Pourtant, elles courent un risque particulièrement élevé de suicide.

L’expression «dépression souriante» –qui définit le fait d’avoir l’air heureux tout en souffrant intérieurement de symptômes dépressifs– est de plus en plus répandue. Le nombre d’articles sur ce sujet augmente dans la littérature populaire, et les requêtes Google qui lui sont consacrées ont considérablement crû cette année. On est toutefois en droit de se demander si la dépression souriante est réellement un état pathologique.

Bien que cette expression ne figure pas dans le lexique des termes techniques utilisés par les psychologues, il correspond certainement à une réalité. Il est possible d’être déprimé et de réussir à en masquer les symptômes. L’appellation scientifique la plus proche pour décrire cette condition est «dépression atypique».

Dans les faits, une proportion importante de personnes déprimées, auxquelles leurs activités ne procurent plus de plaisir, parviennent à cacher leur état en souriant. Or ces personnes pourraient être particulièrement vulnérables aux tentations suicidaires.

Masque de bonheur

Il peut s’avérer très difficile de repérer les personnes souffrant de dépression souriante. Elles semblent en effet n’avoir aucune raison d’être tristes –elles ont un emploi, un appartement, voire peut-être des enfants, un ou une partenaire. Elles sourient quand vous les saluez et peuvent converser agréablement. Bref, face au monde extérieur, elles revêtent un masque et mènent une vie apparemment normale et active.

À l’intérieur, cependant, ces personnes se sentent désespérées et déprimées. Elles pensent même parfois à mettre un terme à tout cela. Paradoxalement, la force dont elles font preuve pour continuer à mener leur vie quotidienne peut les rendre particulièrement vulnérables à ces projets de suicide. En cela, la dépression souriante contraste avec d’autres formes de dépression, dans lesquelles les gens peuvent avoir des idées suicidaires mais manquer d’énergie pour les mettre en œuvre.

Malgré le masque de bonheur qu’elles portent vis-à-vis du monde extérieur, les personnes souffrant de dépression souriante sont parfois véritablement –et bénéfiquement– touchées par les événements positifs qui leur arrivent. Ceux-ci sont capables d’améliorer leur moral. Le fait de recevoir un SMS d’une personne dont elles attendaient des nouvelles ou d’être félicitées dans le cadre de leur travail peut ainsi les aider à se sentir mieux pendant quelques instants –avant de se sentir de nouveau déprimées.

Parmi les autres symptômes de cette affection, mentionnons la suralimentation, les sensations de lourdeur dans les bras et les jambes ou le fait d’être aisément blessé par la critique ou par le rejet. Les personnes souffrant de dépression souriante sont également plus susceptibles de se sentir déprimées le soir et d’avoir besoin de davantage d’heures de sommeil. Dans le cas des autres formes de dépression, l’humeur peut être plus mauvaise le matin, et le besoin d’heures de sommeil moindre que d’habitude.

Cette forme de dépression souriante semble plus fréquente chez les personnes ayant certains tempéraments. Elle est en particulier liée au fait d’être plus enclin à anticiper l’échec, à éprouver des difficultés à surmonter les situations embarrassantes ou humiliantes et à avoir tendance à ruminer ou à trop se focaliser sur les situations négatives qui se sont produites.

Le magazine Women’s Health a saisi l’essence même de la dépression souriante –la façade– lorsqu’il a demandé à des femmes de partager les photos qu’elles avaient diffusées sur leurs réseaux sociaux, en indiquant ce qu’elles avaient réellement ressenti au moment où elles avaient initialement pris ces images.

Dangereuse rationalisation

Il est difficile de déterminer exactement ce qui cause la dépression souriante. La dépression peut découler d’un certain nombre de facteurs, comme les problèmes professionnels, la rupture d’une relation ou le sentiment que la vie n’a pas de sens, ni de but.

La dépression est une affection très courante: une personne sur dix environ en est affectée. Parmi elles, 15% à 40% souffrent d’une forme atypique de dépressionas similable à une dépression souriante. Une telle dépression commence souvent tôt dans la vie, et peut durer longtemps.

Si vous souffrez de dépression souriante, il est particulièrement important d’obtenir de l’aide. Malheureusement, les personnes qui en sont affectées ne le font généralement pas, en premier lieu parce qu’elles ne réalisent pas qu’elles ont un problème –c’est en particulier le cas si elles parviennent à accomplir leurs tâches et à poursuivre leur routine quotidienne comme avant.

Ces personnes peuvent aussi se sentir coupables et rationaliser le fait qu’elles n’ont aucune raison d’être tristes. Conséquence: elles ne parlent pas de leurs problèmes, et finissent par avoir honte de leurs sentiments.

Comment briser ce cercle vicieux? Le point de départ est de prendre conscience que cette affection existe réellement, et qu’elle est grave. Ce n’est que lorsque nous cesserons de rationaliser nos problèmes parce que nous considérons qu’ils ne sont pas suffisamment graves que nous pourrons commencer à améliorer la situation.

Cette compréhension peut parfois suffire à changer les choses, car les personnes concernées vont alors rechercher de l’aide –ce qui va briser les chaînes de la dépression qui les entravaient jusqu’alors.

Sens de la vie

Il a aussi été démontré que la méditation et l’activité physique peuvent être source d’énormes bienfaits en matière de santé mentale. Une étude réalisée par l’Université Rutgers, aux États-Unis, a montré que les personnes pratiquant la méditation et le sport deux fois par semaine ont vu leur niveau de dépression baisser de près de 40% au bout de huit semaines seulement.

La thérapie cognitivo-comportementale, qui consiste à apprendre à modifier ses schémas de pensée et son comportement, est une autre option à envisager pour les personnes affectées par cette maladie.

Trouver un sens à sa vie s’avère également de la plus haute importance. Le neurologue autrichien Viktor Frankla écrit que la pierre angulaire d’une bonne santé mentale est d’avoir un but dans la vie.

 Selon lui, nous ne devrions pas viser un «état sans tension», dénué de responsabilité et de défi, mais plutôt nous efforcer d’atteindre un objectif.

Avoir un but permet de détourner l’attention de nous-mêmes, en la déplaçant sur quelque chose d’autre. Trouvez-vous un objectif valable et essayez de progresser vers lui régulièrement, même si ce n’est que pas à pas, chaque jour, car cette attitude peut avoir un impact positif.

Ce but peut aussi consister à prendre soin de quelqu’un d’autre. Lorsque nous cessons d’être sous les feux de la rampe et que nous pensons aux besoins et aux désirs d’autrui, nous sentons que notre vie a de l’importance. Il est possible d’y parvenir en faisant du bénévolat, en s’occupant d’un membre de notre famille voire, pourquoi pas, d’un animal.

Sentir que notre vie compte, qu’elle a de l’importance, c’est au final ce qui lui donne un but et un sens –ce qui peut faire une différence significative pour notre santé mentale et notre bien-être.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

http://www.slate.fr/

Instagram interdit les photos d’automutilation


Doit-on laisser libre à la liberté d’expression qu’importe le sujet sur les réseaux sociaux ? Je pense qu’il faut mettre des limites, sachant qu’il y peut avoir des effets domino. Instagram comme d’autres veulent mettre fin à des comportements d’automutilation et suicidaire qui peuvent être véhiculé par des photos et commentaires
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Instagram interdit les photos d’automutilation

 

getty.

Instagram, très populaire chez les jeunes, a décidé de bannir les photos montrant des blessures infligées à soi-même, pour aider à lutter contre l’automutilation et le suicide, a annoncé jeudi la plateforme possédée par Facebook.

Très récemment, « nous avons relevé que, concernant les questions d’automutilation et de suicide, nous ne sommes pas au point et que nous devrions en faire davantage afin d’assurer la sécurité des utilisateurs d’Instagram », a indiqué le réseau social dans un texte publié sur son blog officiel.

Le site, qui interdisait déjà toute publication encourageant ou promouvant suicide ou automutilation, va désormais aussi interdire et retirer les « images violemment explicites d’automutilation, comme les coupures » infligées à soi-même.

Refus de stigmatiser

Quant aux photos moins directement dures mais liées à l’automutilation – comme des cicatrices par exemple -, elles n’apparaîtront pas dans les résultats de recherche et ne seront pas recommandées par les algorithmes d’Instagram, qui dit travailler avec des experts en santé mentale.

Ce type de contenu moins directement explicite ne sera « pas complètement supprimé car nous ne voulons pas stigmatiser ou isoler des gens pouvant être dans la détresse et publiant des contenus liés à des actes d’automutilation pour appeler à l’aide », ajoute la filiale de Facebook.

Comme sa maison-mère, Instagram mais aussi Twitter ou Google tentent en permanence de limiter les contenus problématiques sur leurs plateformes tout en cherchant à éviter toute accusation de censure.

La plateforme de partage de photos, qui revendique plus d’un milliard d’usagers dans le monde, réfléchit aussi à d’autres mesures, comme le floutage de certaines images.

Accusations

Selon la BBC, cette décision intervient après que le père d’une jeune Britannique de 14 ans qui s’est suicidée en 2017 eut accusé Instagram d’avoir sa part de responsabilité dans le drame. Elle avait selon son père consulté beaucoup de contenus liés au suicide ou à l’automutilation.

Née comme simple plateforme de partage de photos, Instagram a été rachetée par Facebook en 2012 et est devenue au fil du temps un réseau social à part entière où les usagers dialoguent via les commentaires placés sous les photos.

https://www.7sur7.be/

Elle se suicide après une opération des yeux au laser


Toutes opérations chirurgicales peuvent avoir des effets secondaires. Certaines chirurgies sont coordonnées généralement de succès, mais, les risques même rares existent. Une chirurgie au laser aux yeux fait partie des actes médicaux qu’il peut y avoir des risques.
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Elle se suicide après une opération des yeux au laser

 

© Photo publique Facebook.

Par: Deborah Laurent

Jessica Starr, météorologue sur une chaîne de télévision locale à Détroit, a subi une opération des yeux en octobre dernier.

Elle aurait dû reprendre le travail le 13 novembre mais ses yeux étaient secs en permanence et elle voyait toujours flou. Son retour au travail a été repoussé.

Dans une vidéo postée sur Facebook, elle se plaignait des suites de son opération au laser. Elle expliquait que son rétablissement était difficile. Dans un ultime tweet, elle confiait qu’elle « luttait ». « Pensez à moi en cette période difficile. » Quelques heures plus tard, Jessica Starr mettait fin ses jours par pendaison.Le suicide de la présentatrice météo doit-il être lié à l’opération au laser qu’elle a subie? Le Journal of Cataract and Refractive Surgery rapporte que 96% des patients sont satisfaits du résultat de leur chirurgie au Lasik. Plus de 9,5 millions d’Américains ont déjà été opérés avec cette méthode. C’est le cas de Tiger Woods, Courteney Cox et Brad Pitt. Une fois opérés, huit patients sur dix peuvent laisser tomber leurs lunettes.

L’ancien président de la Société américaine de la cataracte et de la chirurgie réfractive confie au Times que si le risque est faible, il existe bel et bien. Et pour la minorité de patients concernés, les résultats sont dévastateurs. Ils souffrent de douleurs chroniques et de pensées suicidaires.

En octobre dernier, un Canadien de 54 ans se suicidait vingt ans après une opération au laser ratée.

« Je ne ressens plus aucun plaisir », a écrit Paul Fitzgerald dans sa note de suicide. « Juste la douleur brûlante aux yeux et dans ma tête. »

Il souffrait de migraines et de sécheresse oculaire depuis la chirurgie en 1996.

Max Cronin, un ancien combattant américain, a, lui, subi deux interventions chirurgicales des yeux.

« Il avait l’impression d’avoir des aiguilles dans les yeux », se souvient sa mère.

Il s’est suicidé en 2016.

La complication rare mais grave de l’opération au laser est une névralgie cornéenne. On la confond avec de la sécheresse oculaire. En réalité, elle provoque une douleur intense causée par des nerfs endommagés dans la cornée

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À 11 ans, il refuse de ranger sa chambre, abat sa grand-mère puis se suicide


Oui encore aux États-Unis ! L’enfant aurait probablement explosé un jour ou l’autre, mais avec une arme accessible, il a été impossible de concevoir qu’un enfant de 11 ans aurait tuer sa grand-mère à bout portant et se suicider par la suite.
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À 11 ans, il refuse de ranger sa chambre, abat sa grand-mère puis se suicide

 

Archives Métro

Un garçon de onze ans, qui refusait de ranger sa chambre comme on le lui demandait, s’est saisi d’une arme appartenant à son grand-père, a tué sa grand-mère d’une balle dans la tête puis s’est suicidé, selon des médias locaux en Arizona.

Yvonne Woodard, 65 ans, a été abattue alors qu’elle regardait la télévision avec son époux à leur domicile de Litchfield Park, au nord-ouest de Phoenix.

Le couple, qui avait la garde exclusive de l’enfant, avait passé la journée à lui demander de ranger sa chambre, ce qu’il avait obstinément refusé, a expliqué le grand-père à la police.

Selon un porte-parole du shérif du comté de Maricopa, le couple était assis dans son canapé lorsque le garçon a surgi par derrière, tirant une balle dans la tête de sa grand-mère à l’aide d’une arme de poing appartenant à son grand-père.

Le premier réflexe de ce dernier a été de poursuivre l’enfant mais il s’est ravisé pour porter secours à son épouse. Son petit-fils en a profité pour se suicider avec l’arme.

«Rien ne laissait penser que le petit-fils pouvait être un danger pour lui-même ou autrui», a précisé le porte-parole du shérif.

Une enquête a été ouverte pour préciser les circonstances du drame.

http://journalmetro.com

Au Pérou, une école fermée une semaine à cause d’une planche de Ouija


Je considère que ce jeu est plus susceptible d’atteindre des gens qui donnent un certain pouvoir. Dans le sens, qu’ils sont plus susceptibles d’être influencés ce côté mystérieux. Je pense donc que ces jeunes ont eu une réaction en chaîne. Ok, je n’ai jamais essayé cette planche, faut dire qu’une seule fois, je voulais l’essayer avec mon petit frère, mais mon père nous a surpris a eu une réaction qui m’a vraiment surprise. Il a pris le jeu, a donner un coup de hache et l’a mit dans le feu
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Au Pérou, une école fermée une semaine à cause d’une planche de Ouija

 

par  Laura Boudoux

Convulsions, hurlements gutturaux et spasmes les clouant au sol : 27 élèves ont été retrouvés dans un état second, dans l’une des classes de leur collège de San José, au Pérou. Ce qui a été prononcé comme étant un « phénomène d’hystérie collective » a été déclenché par une séance de Ouija organisée le 17 septembre 2018, rapporte le média local RPP.

La planche aurait été apportée au collège par la fille d’une professeure, qui possédait également un livre de magie noire. Ce sont les cris et les pleurs des élèves qui ont alerté les enseignants, contraints de fermer l’établissement jusqu’au 24 septembre.

Venus récupérer leurs enfants, dont les paroles étaient encore incompréhensibles, les parents d’élèves ont eu deux types de réactions. Certains les ont ainsi emmenés dans différentes églises évangéliques, persuadés que les ados étaient possédés par des forces maléfiques. D’autres ont préféré se diriger vers l’hôpital le plus proche, croyant plutôt à un phénomène d’hystérie collective. Une vidéo troublante de l’une des étudiantes a depuis été publiée. Prise de spasmes, en pleurs, la jeune fille crie et articule difficilement ces quelques mots : « Tout est de ta faute ! »

En 2009, le ministère de la Santé péruvien alertait déjà les parents sur les potentiels effets nocifs des jeux autour du Ouija. Hystérie, schizophrénie, ou encore troubles psychotiques pourraient ainsi toucher 

« le public le plus sensible à ce jeu : les adolescents », comme l’assurait Freddy Vásquez, alors directeur du centre national de prévention contre le suicide.

Les mineurs seraient plus facilement sujets aux transes, qui peuvent les faire entrer dans une distorsion de la réalité, les conduisant même parfois à des comportements suicidaires, expliquait le site La República. Au collège de San José, la vie a repris son cours et tous les élèves touchés par l’affaire ont repris le chemin de l’école.

Sources : RPP / La República

https://www.ulyces.co/

Le «Momo Challenge», un défi dangereux


Momo challenge continu à se multiplier et se faire connaître. La cybersécurité policière, ne sait toujours pas qui se cache sous ce jeu qui propse des défis de plus en plus malveillants sous peine de malédictions et de menaces. Ce jeu utilise WhatsApp pour clavarder avec les joueurs, cette application appartient à Facebook. N’aurait-il pas intérêt à débusquer le ou les auteurs de WhatsApp et d’informer la police ?
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Le «Momo Challenge», un défi dangereux

 

 

JEAN SIAG
La Presse

L’affaire, nébuleuse, prend de l’ampleur. Depuis quelques semaines, de jeunes utilisateurs des réseaux sociaux sont pris pour cible par un mystérieux personnage appelé Momo, qui les incite à faire des gestes violents sous peine de menaces. Le phénomène, mondial, est devenu viral

Explications.

Il est représenté par une poupée à la peau diaphane, aux longs cheveux noirs, aux yeux exorbités et au sourire diabolique – apparemment inspirée d’une sculpture créée par l’entreprise japonaise d’effets spéciaux Link Factory. Et il répond au nom de Momo.

Son modus operandi? Un message est envoyé sur les réseaux sociaux avec un numéro privé à ajouter sur l’application de messagerie WhatsApp. Il s’agit d’une invitation à participer au «Momo Challenge». Une fois ajouté à leurs contacts, les jeunes utilisateurs peuvent communiquer avec ledit Momo pour «jouer le jeu».

Selon Jean-Philippe Décarie-Mathieu, spécialiste en cybersécurité aux Commissionnaires du Québec, c’est à ce moment que le processus est mis en branle. Le «challenge» en question serait une série de défis malveillants à relever sous peine de menaces et de malédictions.

«Le but de Momo n’est pas clair, analyse-t-il. C’est une forme d’exercice de domination où un ou des individus font chanter leurs victimes en les menaçant de dévoiler leurs informations personnelles, qui existent souvent déjà sur les réseaux sociaux. Ce sont des informations relativement faciles à obtenir.»

Un scénario qui rappelle le «Blue Whale Challenge» à l’origine d’une centaine de suicides en Russie il y a deux ans. La série de fiction dystopique Black Mirror et le film Nerve sorti en 2016 abordaient également ce thème.

Selon The Daily Mail et la chaîne publique BBC, trois numéros de compte WhatsApp partagés en ligne seraient liés à Momo. Ils proviendraient du Japon, de la Colombie et du Mexique. Le «Momo Challenge» a mené la semaine dernière au suicide d’une jeune fille de 12 ans, en Argentine, qui relevait le défi…

Multiplication de Momo

«On ne sait pas qui se cache derrière le personnage de Momo, mais on soupçonne un groupe d’intimidateurs, nous dit Nellie Brière, spécialiste des réseaux sociaux et du « trollage ». Le problème, c’est que comme c’est un phénomène internet, il y a plein de nouveaux Momo qui sont nés du fait qu’on en parle…»

L’effet copycat, qui entraîne la multiplication des Momo, complique évidemment la tâche des policiers, qui doivent départager le vrai des faux. Plus il y a de Momo, plus les pistes sont brouillées.

«S’ils sont habiles, on pourrait ne jamais les retrouver, croit Jean-Philippe Décarie-Mathieu. En termes de maîtrise de la technologie, les services policiers ont de 10 à 15 ans de retard sur les cybercriminels.»

Il y a un effet boule de neige, croit Nellie Brière.

 «Les gens vont monter en épingle leur histoire avec Momo, qui est peut-être fausse, mais qui va générer des like. Ces histoires sont ensuite reprises par des youtubeurs qui voient augmenter leur nombre d’abonnés et leur visibilité. Allez savoir après ce qui est vrai et ce qui est faux…»

On sait peu de choses sur le déroulement de ces séances de clavardage avec Momo, mais les témoignages relayés dans les médias par des ados qui ont joué le jeu parlent d’incitation à la violence et d’échanges de contenus violents.

«C’est basé sur le principe de la rumeur et de la légende. Au début, Momo est sympathique, mais petit à petit, il instaure des règles qu’il faut respecter sous peine de malédictions.»

«Par la suite, il lance des défis aux jeunes. Dans certains cas, il y a de l’extorsion et du piratage. Grâce à certaines techniques, ils ont la capacité de prendre possession de votre téléphone», poursuit Mme Brière.

Une fois hameçonnés, la plupart des jeunes prennent peur.

«Les ados ont peut-être consommé de la porno, échangé des sextos, ils ont peut-être fait des choses qu’ils ne veulent pas voir dévoiler, poursuit Nellie Brière. Ils auront donc tendance à obtempérer et à faire ce qu’on leur demande. C’est du chantage.»

Une escalade d’actions

Que sait-on de ces défis malveillants?

«C’est une escalade d’actions périlleuses et violentes, avance Nellie Brière. Mais là encore, ça relève de la légende, on ne sait pas ce qui est vrai… Il y a aussi un exercice de désensibilisation parce que certains défis consistent à regarder une photo ou une vidéo hyperviolente…»

Les services policiers sont au courant du phénomène. Des jeunes de Longueuil auraient d’ailleurs été pris pour cible. Aucun cas n’a toutefois été rapporté à la Sûreté du Québec (SQ), qui suit la situation de près.

«Nous sommes bien au fait de ce phénomène et on prend ça au sérieux, nous dit le sergent Daniel Thibodeau, porte-parole de la SQ, mais nous n’avons reçu aucune plainte jusqu’à présent.»

Le sergent Thibodeau invite les jeunes à la vigilance.

«Il faut s’abstenir de communiquer avec des inconnus sur les réseaux sociaux, rappelle-t-il. Ceux qui ont été en contact avec Momo devraient alerter une personne de confiance ou la police. Ils peuvent aussi faire des captures d’écran de leurs conversations et nous les envoyer.»

Jean-Philippe Décarie-Mathieu croit que les autorités ont raison d’appeler la population à la vigilance, mais il ne s’inquiète pas outre mesure de la portée de Momo.

«Ils créent un mouvement de panique, ils jouent sur la peur de la technologie, mais malgré le décès en lien avec le Momo Challenge, leur portée est limitée. D’autant plus que la plateforme WhatsApp est encore peu utilisée ici.»

Des jeunes vulnérables

Pour Nellie Brière, cette histoire illustre bien à quel point les jeunes ne sont pas bien outillés pour détecter les pièges sur les réseaux sociaux.

 «Ils ne sont pas conscients non plus de ce que leur téléphone contient», déplore-t-elle.

«On laisse les jeunes à eux-mêmes, malheureusement. Ce genre de légende fonctionne bien auprès d’eux. Le fait que la police en parle incite probablement certains d’entre eux à embarquer. Évidemment, il ne faut jamais divulguer ses informations personnelles. Il faut aussi vérifier ce qu’on a dans nos comptes, dans nos photos, tout ce qui pourrait être utilisé contre eux.»

Nellie Brière croit que Facebook, qui détient la plateforme WhatsApp, ne peut pas rester les bras croisés.

«Si le phénomène est viral, c’est que les réseaux le permettent. Est-ce que Facebook collabore avec la police? Est-ce qu’ils font quelque chose pour éviter que ça se propage encore plus ? S’ils ne font rien, ce genre de situation va se reproduire, c’est sûr. Il ne s’agit pas juste de trouver qui se cache derrière Momo, mais de mettre fin à cette coulée-là.»

http://www.lapresse.ca/

La mort avance à deux millimètres à l’heure


Une observation assez étonnante pour savoir comment la mort survient sur les cellules et a quelle vitesse, car je présume que pendant toute une vie que la mort avance à pas feutré jusqu’à la date de péremption d’une personne.
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La mort avance à deux millimètres à l’heure

 

Vetta

JOSHBLAKE VIA GETTY IMAGES

Vetta

Ils ont vu la mort avancer, et elle ne ressemblait pas à une vieille dame habillée de noir.

Agence Science-Presse

Ils ont vu la mort avancer, et elle ne ressemblait pas à une vieille dame habillée de noir, portant une faux. C’était plutôt une « vague » microscopique, se déplaçant à l’intérieur d’une cellule : la destruction de chaque composant de la cellule entraînant la destruction de la suivante.

Plus exactement, il s’agit d’auto-destruction : le mécanisme que décrivent deux chercheurs de l’Université Stanford dans la revue Science, c’est ce qu’on appelle littéralement le « suicide » d’une cellule (ou apoptose), souvent déclenché dans le but de protéger le reste de l’être vivant. Ces deux biologistes expliquent avoir observé ce « signal » d’auto-destruction en train de se « diffuser », à une vitesse moyenne d’environ 30 micromètres à la minute, ou l’équivalent de deux millimètres à l’heure.

Ce type de « vague de déclenchement » (trigger wave) est probablement, écrivent-ils, un élément courant des signaux chimiques par lesquels communiquent les cellules — c’était juste trop petit et trop rapide pour avoir été observé jusqu’ici.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Le Momo Challenge, un défi sordide qui vise les enfants sur WhatsApp


Cela fait plusieurs fois que je vois cette horrible image sans porter attention, mais sur ce site très fiable, j’ai fini par y porter attention. Mais quelle imbécilité de créer un jeu dédié aux enfants qui est un réel danger pour eux. Momo Challenger a pour but de traumatiser un enfant et de leur donner des ordres et des règles stricts tout en les menaçants de dévoiler tout ce qu’ils savent sur eux. Momo peut même inciter au suicide. De plus, le ou les concepteurs ont réussi a s’infiltré dans le jeu populaire Minecraft, et les enfants peuvent voir des annonces sur You Tube.
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Le Momo Challenge, un défi sordide qui vise les enfants sur WhatsApp

 

 

Un nouveau défi gagne en popularité sur les médias sociaux: le Momo Challenge. Visant les enfants, ce jeu les pousse à faire des actions violentes et dangereuses.

Il y a des défis plus anodins que d’autres sur les médias sociaux. Si par exemple le Ice bucket Challenge nous a refroidi la tête il y a quelques années, le Momo Challenge, lui, risque de nous glacer le sang.

Devenu viral à travers le monde, ce nouveau défi n’est pas sans inquiéter les autorités, alors qu’une petite fille de 12 ans se serait suicidée en Argentine après avoir joué au jeu.

Une poupée maléfique qui donne des ordres aux enfants

Le Momo Challenge est apparu à la fin du mois de juillet et a vite gagné en popularité auprès des jeunes sur Facebook et WhatsApp.

Le défi commence sur Facebook quand des groupes invitent les jeunes à communiquer avec Momo à un numéro de téléphone inconnu sur WhatsApp. Une fois que l’on compose le numéro, le compte Momo s’affiche avec une face pas très invitante et où l’on nous dit : « Salut, je suis Momo. Je sais tout de toi ».

Ce fameux Momo communique alors des informations privées sur la personne qui le contacte, comme son adresse, ce qui renforce sa  »crédibilité » auprès des jeunes qui peuvent ensuite tomber dans une série d’actes sordides.

En effet, le défi prend alors une tournure sombre, alors que Momo ordonne aux jeunes de faire des actes violents sous peine d’avoir des représailles de sa part. Ce dernier implante des règles strictes et entend à ce que ses ordres soient remplis dans un délai spécifique.

Momo peut également envoyer des images à caractères violentes, menacer de dévoiler des informations personnelles et même inciter la personne à se suicider.

Un défi qui préoccupe les autorités du monde entier

Gagnant en popularité, le Momo Challenge a de quoi inquiéter les autorités de partout dans le monde, alors qu’une petite fille se serait pendue en Argentine après avoir joué au jeu. Les autorités argentines enquêtent toujours sur la provenance de ce fameux compte maléfique.

Avertissement Momo Challenge

Pour l’heure, le compte a été relié à trois numéros de téléphone, soit au Japon, en Colombie et au Mexique.

Les responsables du compte sont donc toujours actifs et pourraient continuer d’inciter des jeunes à jouer au jeu.

Il est donc essentiel de prendre du temps avec ses enfants et de leur parler des risques que comporte ce défi ridicule, afin de réduire les risques de dérape.

MAJ : Momo débarque sur Minecraft et YouTube

 

La popularité grandissante du phénomène Momo a de quoi nous préoccuper davantage quand on sait que l’affreuse face est maintenant présente sur l’un des jeux les plus populaires au monde et la plateforme de visionnement la plus consultée au monde.

L’affreux Momo a ainsi commencé à apparaître sur le populaire jeu vidéo Minecraft, alors qu’un avatar à son image se promène pour tenter de tuer les joueurs à l’aide d’un téléphone cellulaire.

Momo Challenge Minecraft

Si les petits comiques derrière cette blague grotesque se trouvent surement très drôles, il n’en demeure pas moins que cela ne fait qu’amplifier la popularité de Momo et donc de piquer davantage la curiosité des jeunes.

C’est sans compter que Momo se retrouve à présent aussi sur YouTube, alors que des usagers de la fameuse plateforme de visionnement ont aperçu de la publicité à l’image de Momo lorsqu’ils regardaient une vidéo.

https://www.francoischarron.com/

Des vétérinaires en détresse


Si on croit que la profession vétérinaire est un boulot rêver, vous allez être déçu. L’étude s’est faite au Québec, 15 suicides en 15 ans, mais c’est comparable ailleurs aussi comme aux États-Unis, en Australie et en Norvège. Il semble qu’être vétérinaire, c’est de grosses émotions qui pèsent sur les épaules et ce qui les touches le plus est l’euthanasie, que ce soit pour abandon, maladie ou vieillesse.
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Des vétérinaires en détresse

 

Au Québec, pas moins de 15 suicides ont... (PHOTO THINKSTOCK)

Au Québec, pas moins de 15 suicides ont été relevés en 15 ans par l’Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ).

SARA CHAMPAGNE
La Presse

Syndrome du sauveur, amour des animaux, paradoxe de l’euthanasie; le suicide chez les médecins vétérinaires est près de trois fois plus fréquent que dans la population québécoise, révèlent des données compilées par une chercheuse au doctorat de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Anne-Sophie Cardinal.

Il ne se passe pas une année sans qu’un vétérinaire se donne la mort, soutiennent plusieurs professionnels rencontrés par La Presse. Il y a les clients à satisfaire à tout prix. Comme ce propriétaire prêt à tout pour sauver son animal de compagnie, quitte à réclamer l’acharnement. Ou l’autre qui demande l’euthanasie parce que chaton n’est plus la boule de poils rêvée.

Au Québec, pas moins de 15 suicides ont été relevés en 15 ans par l’Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ). Dans tous les cas, la profession a joué un rôle de premier plan. Preuve que le sujet est tabou, les avis de décès de l’ordre vétérinaire provincial ont dû être épluchés par l’association pour en arriver à ce chiffre.

«On ne va pas se le cacher, le suicide est un réel problème», affirme le Dr Michel Carrier, doyen sortant de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

Anne-Sophie Cardinal, du département de psychologie communautaire de l’UQAM, consacre ses travaux de doctorat à la santé mentale des travailleurs du monde animal. Selon elle, l’euthanasie pèse lourd dans la balance. Elle a comparé le taux de suicide dans la population en général avec les données chez les quelque 2500 vétérinaires du Québec, entre 1987 et 2007, pour découvrir que la proportion était 2,9 fois plus élevée.

La chercheuse explique qu’il y a très peu d’études au Québec et au Canada, mais que le phénomène est bien documenté au Royaume-Uni, avec un taux de suicide quatre fois plus élevé que dans la population. Des études ont aussi été réalisées en Australie, en Norvège, aux États-Unis, avec des idéations suicidaires rapportées chez un vétérinaire sur six.

«La vocation, le stress et le syndrome du sauveur comptent pour beaucoup, mais je crois que l’euthanasie, la mise à mort, ce qu’on appelle le « caring-killing paradox », est un élément central», avance Mme Cardinal. Dans le domaine, l’expression renvoie à des professionnels formés pour guérir, et non pour mettre un terme à la vie.

Des clients mécontents

Au Canada, le plus récent sondage mené par l’Association canadienne des médecins vétérinaires a révélé que 12% (769 vétérinaires répondants sur 3879 sondés par courriel) ont déjà reçu un diagnostic médical d’épuisement. Plus sombre encore : près d’un répondant sur cinq (19%) a confié avoir déjà pensé sérieusement au suicide, tandis que 9% ont fait une tentative de suicide. Finalement, 90% des personnes vulnérables ont indiqué que la profession contribuait largement à leur état d’épuisement.

Partant de ce constat, l’AMVQ a décidé d’en savoir plus sur le «bien-être et la détresse psychologique» en questionnant ses vétérinaires l’an dernier. La démarche, menée par la gestionnaire et vétérinaire retraitée Johanne Hamel, a permis de recueillir un questionnaire complet auprès d’un vétérinaire québécois sur quatre.

Mme Hamel a d’abord cherché à savoir s’il est vrai que les vétérinaires sont en général plus épuisés que dans les autres professions. Plus d’une femme sur dix interrogée (10,8%) et 5,6% des hommes ont affirmé souffrir sérieusement de détresse. À noter que la majorité des répondants, soit 58%, pratique auprès des animaux de compagnie.

«Notre patient, c’est l’animal, mais on a aussi un client qui est le propriétaire du patient. Ça peut mener à des conflits, explique-t-elle. Si on parle des petits animaux, la facture peut être chère. C’est donc économique, émotif, et il y a le danger de l’erreur médicale», affirme Mme Hamel.

Au Québec, 300 000 euthanasies sont effectuées chaque année, selon l’AMVQ. Les causes principales : abandon, maladie, vieillesse.

La Dre Kim Langlois a obtenu son doctorat en médecine vétérinaire il y a sept ans. Elle soigne chats, chiens et oiseaux exotiques à la Clinique vétérinaire Laval, un centre où des services d’urgence sont offerts sept jours sur sept. Elle a la vocation depuis son tout jeune âge. Elle est membre bénévole du conseil d’administration de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal. La jeune médecin venait d’euthanasier un chien quand La Presse l’a rencontrée entre deux consultations. Elle ne s’en cache pas, elle venait de pleurer avec sa cliente.

«Dans le temps, on procédait à des euthanasies à la chaîne dans les refuges. Il y a encore des euthanasies tous les jours, on ne s’habitue pas, mais on se forge une carapace. Au moins, il est possible de refuser les euthanasies de convenance. On a des mécanismes pour essayer de trouver des solutions de rechange, on a un comité d’adoption. On travaille fort avec l’équipe pour diminuer les euthanasies.»

Comme la plupart de ses collègues, la Dre Langlois a déjà sauvé un animal de la piqûre fatale. Un client s’était présenté avec un chien husky malamute dans la force de l’âge, doux avec les enfants. L’homme réclamait l’euthanasie. Le chien avait eu le museau plein d’épines de porc-épic. Au lieu de le tuer, la médecin a choisi de l’adopter.

«Les clients jouent souvent avec nos sentiments pour les animaux, affirme-t-elle. Au début, je pleurais souvent. Il y a aussi ceux qui insinuent qu’on est là juste pour l’argent.»

La Dre Langlois relève les demandes de faveurs, les demandes de traitements gratuits. Les possibilités de poursuite.

«On doit aussi gérer les cas de maltraitance. On en voit de toutes les couleurs, par exemple des chiots lancés sur des murs, des chats avec juste la peau sur les os, on a même des cas de sodomie. On doit vivre avec le paradoxe de soigner à travers ça, le don de soi, l’épuisement par compassion. On est tellement impliqués, une niaiserie peut faire sauter notre presto.»

« On culpabilise beaucoup »

 

Le chien Nico souffrait le martyre. À cause d’une mauvaise blessure à la patte, il était confiné la plupart du temps à son enclos. Prolonger sa vie aurait nécessité beaucoup de ressources. La médication ne suffisait plus. Il ne restait que l’euthanasie.

À contrecoeur, la directrice du bien-être animal de la SPCA Montréal, Amélie Martel, a dû informer son équipe qu’il était temps de lui dire adieu. Dans un message aux employés transmis à La Presse par la direction du refuge, on comprend l’impact de la décision sur le personnel.

« Vous pouvez passer du temps avec lui aujourd’hui afin qu’il sorte au maximum, explique Mme Martel aux employés. Toutefois, je ne veux pas que vous alliez pleurer dans son enclos. Comprenez qu’il ne connaît pas le futur, il vit uniquement dans le moment présent. Par conséquent, nous désirons qu’il passe vraiment du bon temps, avec ses copains canins et ses humains préférés (vous !) pour sa dernière journée. »

Le nombre d’euthanasies a chuté de moitié depuis cinq ans à la SPCA Montréal. N’empêche, selon le dernier rapport rendu public, on a effectué 2528 euthanasies en 2015, en majorité des chats. Jusqu’à 16 000 animaux sont accueillis chaque année ; des bêtes abandonnées, maltraitées, négligées, perdues ou blessées.

« C’est partout pareil »

Vétérinaire et membre de la direction de l’Association médicale vétérinaire du Québec (AMVQ), le Dr Michel Pepin a mis sur pied un « comité santé et mieux-être » après avoir dénombré 15 suicides en 15 ans dans les avis de décès. Une portion du colloque annuel de l’association des vétérinaires a porté sur la détresse. En 10 ans, une centaine de vétérinaires ont utilisé le service de soutien téléphonique. La majorité du temps, les appels à l’aide concernent la dépression, l’épuisement professionnel ou le suicide, explique-t-on.

L’euthanasie n’est évidemment pas le seul facteur de détresse, mais le Dr Pepin reconnaît qu’elle pèse dans la balance. 

« Le nombre de suicides chez nos vétérinaires serait anecdotique si c’était juste au Québec, mais c’est partout pareil. On a un grand privilège de pouvoir mettre fin à des souffrances, mais on culpabilise beaucoup », explique le Dr Pepin.

Dans certaines cliniques, comme celle où pratique la docteure Kim Langlois, une salle vouée à l’euthanasie avec éclairage tamisé a été aménagée. Les clients ont l’espace pour passer un dernier moment avec leur animal. Les vétérinaires ont la possibilité de confier la procédure à un collègue.

14$ l’heure

Stéphanie Aubry pensait « donner un coup de volant » afin d’en finir avec sa vie quand elle s’est traînée chez le médecin. Elle a obtenu trois mois pour épuisement professionnel. La technicienne en santé animale a accepté de dévoiler son identité, contrairement à des vétérinaires joints par La Presse qui ont réclamé l’anonymat pour préserver leur réputation. Mme Aubry a démissionné. Elle est en congé de maternité et travaille pour une autre clinique.

« Je ne prendrai pas une retraite de technicienne en santé animale. Je vais bien, mais je n’ai pas retrouvé ma fougue. Je n’ai plus envie de gérer le réveil agressif d’un chien après une anesthésie, et les risques de morsure », raconte la jeune maman dont la carrière a commencé avec passion, dans un refuge, comme bénévole.

La technicienne d’expérience se rappelle avoir pleuré après une 11e euthanasie en 12 heures en refuge. Mais ce n’est pas ça qui lui a coûté la santé, enchaîne-t-elle. Elle parle plutôt de son ancienneté qu’on ne pouvait plus lui garantir, du jour de l’instauration d’un système « d’employé du mois », de ce nouveau vétérinaire. De ce salaire « minable » de 14 $ l’heure.

Mme Aubry fait une pause en caressant Roméo, l’un de ses chats, un autre rescapé de l’euthanasie.

« Je n’arrêtais pas de dire que ça n’allait pas bien, je cherchais de l’écoute, des solutions. Je faisais de l’insomnie, je pleurais dans l’auto, je prenais des Gravol pour dormir. J’avais des idées morbides, comme celle de me casser une jambe en glissant sur le plancher. »

Au Québec, le salaire moyen d’un médecin vétérinaire après 15 ans de pratique chez les petits animaux de compagnie est de 76 500 $, et de 130 000 $ chez les grands animaux.

« Un changement de culture à effectuer » dès l’université

Les toilettes de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal sont placardées d’affiches en couleur avec une main tendue pour prévenir le suicide. C’est nouveau. L’installation découle d’une consultation avec les étudiants et du déploiement, à terminer, d’un plan stratégique qui s’articule autour de 12 actions concrètes.

« Le bien-être de nos étudiants est un souci constant chez nous », a assuré le doyen sortant de la faculté, le Dr Michel Carrier, lors d’un entretien avec La Presse.

À partir de juin, la professeure titulaire Christine Theoret sera la première femme à diriger, pour un mandat de cinq ans, les cohortes constituées en majorité d’étudiantes.

« C’est vrai que plusieurs d’entre nous ont en mémoire le suicide d’un membre de la profession. Je me rappelle un confrère de classe qui s’est enlevé la vie quelques années après la fin de nos études. Je me souviens aussi d’un étudiant d’une autre classe, c’était dans les années 80. »

À l’instar des facultés de médecine humaine, celles vouées à la santé animale ont pour tradition de retenir les candidats les plus performants sur le plan scolaire. Chaque année, environ 1000 personnes font une demande d’admission. De ce nombre, à peine 96 ont été admis cette année, soit un candidat sur dix.

« À la base, ils veulent tous performer, ce sont des performants. Par définition, ce sont donc des perfectionnistes anxieux. C’est à nous d’y voir. Personnellement, je leur dis au début de chaque année qu’ils ont traversé le goulot d’étranglement, qu’ils n’ont plus à se faire compétition. Mais, vous savez, plusieurs pensent déjà à aller chercher des spécialités aux États-Unis. » – Le Dr Michel Carrier, doyen sortant de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

Afin d’équilibrer les classes, les facultés du domaine de la santé de l’Université de Montréal vont maintenant soumettre les candidats à des tests psychométriques. Un moyen qui permettra de ne pas miser seulement sur l’acquisition de connaissances, mais aussi sur la gestion des compétences, espère-t-on.

Encore récemment, le doyen de la faculté a été interpellé par une nouvelle publication du Journal of the American Veterinary Medical Association (JAVMA) décortiquant le taux de suicide chez 11 620 vétérinaires morts aux États-Unis de 1979 à 2014. Les chercheurs ont conclu que le suicide était en moyenne près de trois fois plus élevé que dans la population en général.

GESTION DU STRESS

« L’idéal, ce serait d’avoir un psychologue, comme dans certaines écoles, qui effectue des rondes dans les couloirs. Un professionnel qui aurait un bureau sur place, mais un peu à l’écart afin que les étudiants puissent le consulter sans se faire remarquer », estime M. Carrier.

À l’heure actuelle, les futurs vétérinaires ont droit à un cours sur la gestion du stress et à une série d’ateliers dépassant le cadre des actes sur l’animal, comme les relations avec les clients, comment parler d’argent, l’aspect émotif de l’euthanasie et la méditation.

La majorité des étudiants de la faculté n’ont pas connu l’échec, fait remarquer M. Carrier.

 « Il faut leur apprendre à relativiser, ajoute-t-il. Avoir de l’empathie, c’est une chose, prendre un fardeau sur ses épaules, c’est autre chose. Il y a un changement de culture à effectuer. Nous en sommes conscients. »

http://www.lapresse.ca/

Infanticide dans les tribus amazoniennes: jusqu’où faut-il respecter les cultures autochtones?


Je suis d’accord de respecter les usages et coutumes des indigènes qui veulent vivre à l’écart du monde moderne pour vivre selon leurs ancêtres, comme certains indigènes au Brésil. Ce qui me perturbe, c’est qu’à cause des traditions, ils peuvent tuer des bébés d’une mère célibataire, des enfants handicapés ou encore des jumeaux.. Des parents peuvent se suicider pour éviter de tuer leurs enfants, alors les enfants sont enterrés vivants. Des anthropologues s’objectent à ce que le gouvernement puisse porter une loi qui condamne les infanticides. Nulle religion, ou tradition n’a le droit morale de tuer des enfants qu’importe leur condition, leur différence
Nuage

 

Infanticide dans les tribus amazoniennes: jusqu’où faut-il respecter les cultures autochtones?

 

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Txoutlaka, de la tribu des Fulni-o, pose pour une photo à l’occasion du «jour des Indiens», fête annuelle brésilienne qui chaque 19 avril célèbre la culture autochtone. | Carl De Souza/AFP

Cleuci de Oliveira — Traduit par Peggy Sastre

Tuer les enfants les plus fragiles pour garantir la survie collective: c’est contre cette tradition qui perdure dans certaines tribus amazonienne qu’une loi devrait bientôt être votée au Brésil. Des anthropologues s’élèvent contre ce qu’ils jugent être une normalisation forcée.

Voici plus de dix ans, Kanhu quittait la terre des Kamayurás, une tribu indigène comptant à peu près 600 membres et peuplant l’extrémité sud de l’Amazonie brésilienne. Elle avait 7 ans et n’y est jamais retournée depuis. «Si j’étais restée», expliquait l’an dernier Kanhu, atteinte d’une dystrophie musculaire progressive, à des députés brésiliens, «je serais certainement morte à l’heure qu’il est».

Pourquoi? Parce que sa communauté l’aurait probablement tuée, comme elle le fait depuis des générations avec les enfants handicapés.

Au Brésil, les Kamayurás font partie des peuples indigènes connus pour pratiquer l’infanticide de nouveaux nés et le meurtre sélectif d’enfants plus âgés. Parmi leurs cibles, les handicapés, la progéniture de mères célibataires et les jumeaux –que certaines tribus, dont les Kamayurás, estiment porter malheur. Le père de Kanhu, Makau, m’a ainsi raconté l’histoire d’un adolescent de 12 ans, de la génération de son père, qui fut enterré vivant parce qu’il «voulait devenir une femme». (Kanhu et Makau, à l’instar de beaucoup de Kamayurás, n’ont qu’un prénom et pas de nom de famille).

Kanhu et sa famille ont pu s’installer à Brasília, la capitale du Brésil, grâce à des missionnaires évangéliques. Depuis plusieurs années, les religieux alertent les médias et mènent une campagne de lobbying pour mettre fin aux meurtres d’enfants. Des efforts qui se sont soldés par un projet de loi controversé visant à éradiquer la pratique, ratifié en 2015 par une large majorité à la Chambre des députés, la chambre basse du Congrès national brésilien. Le texte est aujourd’hui en cours d’examen par le Sénat fédéral, sa chambre haute.

Degré de sauvagerie

Mais si cette législation pourrait sembler juste et depuis longtemps nécessaire, elle aura en réalité suscité l’indignation de bon nombre d’universitaires et d’associations défendant les droits des peuples indigènes. C’est le cas de l’Association brésilienne d’anthropologie qui, dans une lettre ouverte publiée sur son site internet, assimilera le projet de loi à une volonté de placer les peuples indigènes «dans la situation permanente d’accusés d’un tribunal chargé de déterminer leur degré de sauvagerie».

Cette controverse sur les meurtres d’enfants soulève une question fondamentale pour le Brésil, un vaste pays abritant des centaines de tribus protégées qui, pour beaucoup, vivent dans un état d’isolement relatif: l’État a-t-il le droit d’interférer dans des traditions semblant inhumaines au monde extérieur, mais qui ont permis, depuis le fond des âges, la survie collective dans un environnement hostile?

En 1973, le Brésil adoptait le Statut de l’Indien, regroupant les communautés indigènes en trois catégories: celles vivant dans un état d’isolement total, celles entretenant des contacts limités avec le monde extérieur et celles intégrées complètement à la société moderne. Le texte stipule que les tribus comme celle de Kanhu ne sont soumises aux lois fédérales qu’en proportion de leur assimilation à la vie brésilienne. C’est cette législation qui évite aux peuples autochtones d’être poursuivis en justice pour infanticide.

«Droit inviolable à la vie»

Le projet législatif visant à mettre fin à cette pratique est surnommé «la loi de Muwaji», du nom d’une femme indigène qui, en 2005, avait refusé de suivre les us et coutumes de son clan en ne tuant pas sa fille handicapée. Si le texte passe au Sénat, il constituera un amendement au Statut de l’Indien et obligera les agences gouvernementales en charge des communautés autochtones à prendre une série de mesures proactives. L’une d’entre elles créera un registre de femmes enceintes à risque (mères célibataires, grossesses gémellaires) pour permettre au gouvernement de garder un œil sur les nouveaux-nés les plus susceptibles d’être tués par leurs tribus. Une autre mesure exigera que le ministère public soit immédiatement informé des cas de violations des droits de l’homme commises à l’encontre de nouveaux-nés ou de tout autre membre marginalisé des communautés autochtones, y compris les personnes âgées. L’amendement stipule également que quiconque apprendra que la vie ou la sécurité d’un autochtone est menacée sans le signaler aux autorités sera «sanctionné en vertu des lois en vigueur».

En 2007, le projet de loi fut présenté par Henrique Afonso, alors membre du Congrès, de la congrégation évangélique du Brésil et du Parti des Travailleurs, au pouvoir à l’époque. Immédiatement, le texte allait susciter des tensions entre les partisans de droits de l’homme universels, se focalisant sur l’individu, et les défenseurs du relativisme culturel, privilégiant la liberté des communautés à s’organiser selon leurs propres codes moraux.

Une dichotomie intégrée de fait dans la Constitution de 1988, qui étend «le droit inviolable à la vie» à tous les Brésiliens, tout en protégeant les structures sociales, les coutumes, les langues, les croyances et les traditions des «peuples indigènes». Après des décennies de dictature, la ratification de la Constitution fut un moment décisif pour le Brésil et attestera d’un changement d’attitude de l’État vis-à-vis des peuples autochtones. (En revanche, le Statut de l’Indien, ratifié sous le régime militaire, spécifie dès son ouverture son intention de «les intégrer, progressivement et pacifiquement, dans le giron national»). Aujourd’hui, les multiples tribus ne seraient plus obligées de se conformer à des valeurs extérieures. La protection des cultures tribales et de leurs différentes visions du monde a été garantie et valorisée comme telle. Sauf que la non-résolution de cette contradiction constitutionnelle aura placé les générations ultérieures de législateurs devant une gageure: que faire des pratiques indigènes considérées comme inhumaines par les étrangers?

Pas de données sur les infanticides

L’ampleur des meurtres d’enfants commis au sein des groupes autochtones est difficile à mesurer. La Fondation nationale indienne, plus connue sous son acronyme portugais Funai, ne collecte pas de données sur les infanticides et refuse de reconnaître publiquement le phénomène. Lorsqu’on insiste, la Fondation affirme que la pratique ne concerne qu’une proportion négligeable de la population indigène totale. Selon l’Association brésilienne d’anthropologie, les infanticides seraient sur le déclin. Dans un communiqué de presse de 2016, Funai déclarait que la simple mention du problème relevait «dans bien des cas d’une tentative de stigmatiser les peuples autochtones et d’exprimer des préjugés à leur encontre».

«Une tentative de stigmatiser les peuples autochtones et d’exprimer des préjugés à leur encontre»

La Fondation nationale indienne

Une association missionnaire consignant les meurtres d’enfants estime qu’une vingtaine de groupes, sur plus de 300 peuples indigènes que compte le Brésil, se livrent à cette pratique. Selon le recensement le plus récent, réalisé en 2010, le nombre d’indigènes brésiliens s’élevait à 897.000 personnes –0,5% d’une population totale atteignant les 191 millions d’individus.

La sous-déclaration explique peut-être la rareté des données. En 2014, lorsque l’Institut latino-américain des sciences sociales avait publié une «Carte de la violence» au Brésil, la ville arrivant en tête de liste était Caracaraí, une municipalité amazonienne de 19.000 habitants appartenant pour beaucoup à la tribu des Yanomami. Ce classement inattendu reflétait la toute première prise en compte des infanticides autochtones, avait alors déclaré aux journalistes Amadeu Soares, secrétaire d’État à la Sécurité publique.

«C’est dans la culture des peuples indigènes de sacrifier les enfants nés avec un problème, une infirmité», avait-il expliqué.

Reste que Soares allait aussi exiger que les auteurs du rapport retirent Caracaraí de la première place car, selon lui, les taux d’homicides avaient été gonflés par des décès survenus en dehors de sa juridiction. (Les auteurs de l’étude ne se plieront pas à ses desiderata)

Environnement extraordinairement hostile

Les voix critiques affirment que ce débat national sur les droits des Brésiliens indigènes, lancé par des missionnaires évangéliques, possède de sinistres points communs avec l’histoire coloniale du pays et la violence subie par les indigènes de la part des étrangers –une violence perdurant à ce jour. Dans une condamnation publique de la loi de Muwaji, l’Association brésilienne d’anthropologie la comparait aux «actions les plus répressives et meurtrières jamais perpétrées contre les peuples indigènes des Amériques, invariablement justifiées par de nobles causes, des valeurs humanitaires et des principes universels».

Un anthropologue de Funai, ayant demandé à rester anonyme parce qu’il n’est pas autorisé à parler au nom de la fondation, affirme que l’infanticide au sein des peuples autochtones doit être compris dans le contexte de l’environnement extraordinairement hostile de l’Amazonie. L’anthropologue, qui travaille depuis des années à la frontière entre le Brésil et le Venezuela, me dit avoir entendu des histoires de meurtres d’enfants, aussi difficiles que tragiques. Mais il explique aussi que le contexte est essentiel.

«À nos yeux, une jambe déformée ce n’est pas grand-chose», dit-il, «mais ce n’est pas si simple pour eux».

Pour ces enfants, survivre dans la jungle pourrait relever d’un obstacle insurmontable et ils seraient «condamnés d’avance», selon les mots de l’anthropologue.

«À nos yeux, une jambe déformée ce n’est pas grand-chose, mais ce n’est pas si simple pour eux.»

Un anthropologue ayant demandé à rester anonyme

Mais aux yeux de nombreux Brésiliens, il est inacceptable que le gouvernement permette aux tribus de tuer des enfants handicapés au nom de la préservation culturelle, plutôt que de laisser l’État leur fournir un traitement médical.

«Sur le sujet, le Brésil est libre de mener un débat académique dans les universités», déclare Maíra Barreto, une avocate spécialiste des droits de l’homme et dont la thèse de doctorat porte sur les questions juridiques et bioéthiques soulevées par les meurtres d’enfants autochtones.

Si la Constitution de 1988 marque un conflit entre le droit à la vie de l’individu et le droit à l’autodétermination des peuples autochtones, souligne Barreto, le pays a depuis ratifié des traités internationaux visant à combler le fossé entre approches relatives et absolues des droits des indigènes.

Incompatibilité avec les droits de l’homme

Elle cite notamment la Convention relative aux peuples indigènes et tribaux, ratifiée par le Brésil en 2002, stipulant que les peuples indigènes «doivent avoir le droit de conserver leurs coutumes et institutions dès lors qu’elles ne sont pas incompatibles avec les droits fondamentaux définis par le système juridique national et avec les droits de l’homme reconnus au niveau international».

Selon Barreto, en droit international, la voie à suivre est évidente.

«Certaines pratiques culturelles sont ici incompatibles avec les droits de l’homme», dit-elle. «Il faut les contrecarrer, il n’y a pas de compromis possible».

Barreto siège au conseil d’administration d’Atini, une association évangélique qui, sur son site Internet, se décrit comme «internationalement reconnue pour son travail précurseur dans la défense des droits des enfants autochtones». Fondée en 2006 par Márcia Suzuki et son mari Edson, des missionnaires ayant vécu des dizaines d’années au sein de groupes indigènes isolés, l’organisation gère un foyer à Brasília destinés aux parents indigènes ayant fui leurs communautés pour préserver la vie de leurs enfants, qui auraient autrement été condamnés à mort. L’organisation mène également une campagne de sensibilisation sur la question des infanticides autochtones. Ses membres ont été consultés par les rédacteurs de loi de Muwaji.

Les Suruwaha, coutumiers du suicide comme de l’infanticide

Selon Suzuki, le plaidoyer de son association en faveur des enfants autochtones a débuté par hasard. À la fin des années 1990, avec son mari, elle vivait parmi les Suruwaha –une tribu de moins de 200 membres ayant pris contact avec le monde extérieur pour la première fois dans les années 1970– afin d’étudier leur langage. (Atini, selon les Suzuki, signifie «voix» dans la langue Suruwaha). Pour certains de leurs détracteurs, le couple était aussi là pour faire du prosélytisme.

Depuis longtemps, la tribu est coutumière du suicide comme de l’infanticide. Le premier constitue une partie essentielle de sa tradition culturelle, tant il est considéré comme une mort spirituellement désirable, tandis que le second est utilisé comme une forme de contrôle de la population.

Durant le séjour des Suzuki chez les Suruwaha, la tribu aurait décidé que deux enfants qui ne semblaient pas se développer correctement devaient mourir. Plutôt que de les tuer, les parents préférèrent se suicider. Selon les dires des Suzuki, la tribu enterrera alors les enfants vivants, comme le voulait la coutume. L’une d’entre eux, une petite fille nommée Hakani, survivra à l’épreuve, mais sera condamnée à mourir de faim. Son frère aîné la gardera en vie des années durant en lui passant clandestinement de la nourriture, avant de la déposer aux pieds des Suzuki.

«Soit elle perd sa culture soit elle meurt»

«Nous avons pris contact avec Funasa par radio», explique Suzuki, mentionnant l’agence gouvernementale supervisant à l’époque les soins de santé dans les territoires indigènes.

«Nous leur avons dit: “Il y a une gamine ici qui est en train de mourir”».

 Un mois s’écoulera sans que les services ne viennent récupérer la petite fille

«Ils disaient: “C’est vraiment très compliqué. Enlever l’enfant lui ferait perdre sa culture», se souvient Suzuki. «Et je leur répondais, “Soit elle perd sa culture soit elle meurt”.»

En 2000, les Suzuki décident de prendre Hakani, alors âgée de 5 ans, et de la soigner par leurs propres moyens. Après une longue traversée en bateau, ils embarquent sur un vol pour Porto Velho, la capitale de l’État de Rondônia, au nord du Brésil. Là, des médecins lui diagnostiquent une hypothyroïdie, soit une maladie traitable. Les Suzuki la soignent et tentent de la ramener dans sa tribu.

«Nous voulions leur montrer qu’elle n’était pas maudite, explique Suzuki. Mais personne n’en voulait.» Les parents de Hakani étant décédés, «personne ne voulait prendre soin d’elle».

Les Suzuki choisissent alors de l’adopter.

Pour les Suzuki, leurs actions étaient sans doute commandées par l’altruisme, sauf qu’elles seront à l’origine, en 2003, d’une ordonnance du bureau du procureur de l’État d’Amazonas, stipulant que toute personne non indigène soit bannie des terres habitées par les Suruwaha. Le procureur faisait également remarquer que les Suzuki n’avaient jamais demandé l’autorisation requise pour vivre avec la tribu.

Dommages irréversibles au mode de vie

Un rapport rédigé par l’anthropologue Marcos Farias de Almeida et soutenant l’injonction du procureur général, accusait les Suzuki de vouloir défendre des valeurs occidentales au détriment de celles dispensées par les Suruwaha.

En enlevant Hakani, les Suzukis «ont fait obstacle à la réalisation d’une pratique culturelle pleine de sens», écrit Almeida. Et la ramener une fois en bonne santé relevait d’une «énorme erreur», car cela équivalait à «introduire dans l’univers symbolique de Suruwaha une solution possible à un problème, dans leur vie, par des moyens autres que ceux sous contrôle de leurs pratiques traditionnelles».

En d’autres termes, selon le rapport d’Almeida, les Suzuki avaient causé des dommages irréversibles au mode de vie des Suruwaha en montrant que certaines incapacités physiques n’exigeaient pas la mort. (Dans un autre passage de son rapport, Almeida regrette que les Suzuki aient encouragé un Suruwaha à consulter un médecin pour sa douleur chronique, ce qui l’empêchera de résoudre le problème comme il l’avait prévu à l’origine, c’est-à-dire en se suicidant).

Suzuki admet qu’avoir ramené Hakani un an plus tard dans la tribu a pu bouleverser la vision du monde des Suruwaha –un développement qu’elle estime cependant positif. En voyant ce qui était arrivé à Hakani, explique Suzuki, d’autres parents ont voulu chercher de l’aide. En 2005, deux familles Suruwaha demandèrent une assistance médicale pour leurs enfants. Ils sortirent d’Amazonie par avion pour rejoindre São Paulo, la plus grande ville du Brésil, où les enfants furent soignés. En décembre 2005, les missionnaires seront convoqués devant le Congrès pour expliquer leur rôle dans cette affaire. Les Suzuki témoigneront que Funasa leur avait fourni l’autorisation nécessaire pour quitter l’État. (Ce que l’agence gouvernementale n’a jamais explicitement confirmé).

Des enfants qui ont grandi et peuvent débattre

Le débat sur les infanticides dans les tribus indigènes dure aujourd’hui depuis si longtemps qu’il est possible d’en discuter avec certains des enfants concernés.

Il y a une dizaine d’années, Kanhu et sa famille quittaient leur tribu avec l’aide des Suzuki. Aujourd’hui, la famille vit dans un modeste pavillon de la périphérie de Brasília. S’adapter à leur nouvelle réalité n’a pas toujours été chose facile.

«J’étais avec des gens qui n’étaient pas de mon peuple. J’étais terrifiée. Je ne savais même pas comment parler.»

Kanhu, qui a quitté sa tribu, atteinte d’une dystrophie musculaire progressive

«J’étais avec des gens qui n’étaient pas de mon peuple. J’étais terrifiée. Je ne savais même pas comment parler», explique Kanhu, en se souvenant de ses premières semaines loin de l’Amazonie. «La nourriture était bizarre, comme les vêtements, comme tout.»

Les parents de Kanhu sont tristes d’avoir dû abandonner leur mode de vie.

«Ici, tout le monde est enfermé dans des endroits séparés», déclare Makau, son père, en désignant les différentes pièces de la maison.

En dernière année de lycée, Kanhu s’est coupé les cheveux au carré et arbore un piercing dans le nez. Elle espère poursuivre des études supérieures et se déplace à l’aide d’un fauteuil roulant.

En mai 2017, lors d’une audition devant le Congrès, Kanhu prononcera un discours enflammé sur les droits des personnes handicapées.

«Quand on aborde le sujet des infanticides, il y a des gens qui disent: “Oh, mais c’est leur culture. Nous devons la respecter”.

Mais pour l’amour de Dieu! Une culture qui implique la mort d’innocents doit cesser», a-t-elle déclaré. «C’est triste de voir comment nous sommes ignorés. Vous nous abandonnez, vous faites comme si nous étions invisibles parce que nous vivons au beau milieu de la jungle. Vous prétendez que nous ne sommes rien et vous prenez la culture comme excuse. Une fois de plus, je vous demande d’y réfléchir. Nous sommes là (…) Nous demandons de l’aide. Nous hurlons pour obtenir des droits.»

http://www.slate.fr/