Les chemins de la pensée suicidaire dans le cerveau


Quand on pense que le suicide est la 2e cause de décès dans le monde, cela touche des jeunes de 15 à 29 ans, il est important de mieux comprendre le processus. Il semble qu’avec l’aide de l’imagerie cérébrale, les scientifiques ont réussi a identifier deux réseaux cérébraux qui semblent avoir un impact sur les idées suicidaires.
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Les chemins de la pensée suicidaire dans le cerveau

Illustration artistique montrant le cerveau dans la tête d'un jeune homme.

Deux réseaux dans le cerveau ont été associés aux pensées suicidaires et au désir de s’enlever la vie.

PHOTO : ISTOCK

Radio-Canada

Publié à 14 h 58

Des interactions entre certains réseaux neuronaux du cerveau augmentent le risque qu’une personne ait des pensées suicidaires et tente même de se suicider, affirme une équipe internationale de psychiatres et de neuroscientifiques.

Pour arriver à ce constat, la Dre Anne-Laura Van Harmelen de l’université britannique de Cambridge et ses collègues ont analysé la littérature scientifique des deux dernières décennies au sujet du suicide. Cet exercice leur a aussi permis de constater le peu de recherches menées sur le sujet.

Repères

  • Pas moins de 800 000 humains meurent chaque année par suicide;

  • Environ 4000 Canadiens meurent à la suite d’un suicide chaque année;

  • Le suicide est la deuxième cause de décès dans le monde chez les 15-29 ans;

  • Plus d’adolescents meurent par suicide que du cancer, des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, de la pneumonie, de la grippe et des maladies pulmonaires chroniques réunis.

  • Jusqu’à un adolescent sur trois pense à mettre fin à ses jours, et un sur trois d’entre eux fera une tentative de suicide.

Il est difficile d’imaginer que nous ne puissions pas comprendre, encore de nos jours, pourquoi certaines personnes sont plus vulnérables au phénomène qui tue près d’un million de personnes par année, dont un quart avant l’âge de trente ans, explique la Dre Van Harmelen.

Nous en savons très peu sur ce qui se passe dans le cerveau. Pourquoi il y a tant de différences entre les sexes? Qu’est-ce qui rend les jeunes particulièrement vulnérables au suicide? Dre Anne-Laura Van Harmelen

Si vous, ou un de vos proches, êtes en détresse, téléphonez au 1 866 APPELLE (277-3553). (Québec)

Le cerveau suicidaire

L’équipe de recherche s’est particulièrement intéressée aux travaux réalisés à l’aide d’imagerie cérébrale. Au total, elle a analysé 131 études portant sur plus de 12 000 personnes.

L’objectif était de détecter des preuves d’altérations structurelles, fonctionnelles et moléculaires dans le cerveau susceptibles d’accroître le risque de suicide.

C’est donc en combinant les résultats de ces études d’imagerie cérébrale que les chercheurs ont réussi à identifier deux réseaux cérébraux – et les connexions entre eux – qui joueraient un rôle important dans l’apparition de la pensée suicidaire.

Le premier réseau associe des zones situées à l’avant du cerveau dans le cortex préfrontal avec d’autres régions du cerveau impliquées dans les émotions. Les altérations de ce réseau peuvent entraîner des pensées négatives et des difficultés à réguler les émotions, ce qui stimule les pensées suicidaires.

Le deuxième réseau associe d’autres régions du cortex préfrontal avec le gyrus frontal inférieur situé dans le cortex. Des modifications apportées à ce réseau pourraient mener aux tentatives de suicide, en partie en raison de son rôle dans la prise de décisions, dans la recherche de solutions aux problèmes et dans le contrôle du comportement.

Les chercheurs pensent que si ces deux réseaux connaissent des modifications dans leur structure, leur fonction ou leur biochimie, cela peut influencer négativement les pensées d’une personne et la rendre incapable de les contrôler. Cette personne a ainsi plus de risques de présenter des comportements suicidaires.

Notre travail d’analyse des études existantes pourrait mener à l’élaboration de nouvelles stratégies de prévention du suicide plus efficaces. Hilary Blumberg, Université Yale

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Le quotidien difficile des «transporteurs de cadavres»


Il y a des professions qui sont plus difficiles que d’autres, qu’il est impossible pour la santé mentale de faire toute une vie. Ces personnes qui transportent à la morgue, les corps de gens qui sont décédé de cause naturelle, de suicide, de meurtre. Des corps entiers ou en morceaux, morts dans l’indifférence ou dans des atrocités sans nom, des enfants, des personnes âgées. Un métier qui dérange la vie de ceux qui sont là pour les morts
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Le quotidien difficile des «transporteurs de cadavres»

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Deux enfants ont été tués par leur père en octobre dernier à Tétreaultville.

Un ancien technicien s’ouvre à propos d’un métier méconnu

MAYSSA FERAH

LA PRESSE

Pendant plus de 10 ans, Éric Chartrand a transporté des cadavres jusqu’à la morgue, de jour comme de nuit. Ce métier hors du commun pratiqué dans l’ombre a laissé dans son esprit des séquelles indélébiles.

Éric Chartrand a vu la mort de près, plusieurs milliers de fois. Entre 2007 et 2018, il a occupé l’emploi de transporteur de cadavres. Morts naturelles, accidents, suicides, meurtres : ceux qui déplacent les dépouilles jusqu’à la morgue interviennent dans toutes les situations.

« Les coroners nous appellent les transporteurs. Nous, on se décrit plutôt comme techniciens », explique-t-il à La Presse.

Ils sont une vingtaine à faire ce métier sur l’île de Montréal.

« Les gens ignorent qui nous sommes. Ils pensent sûrement qu’on transporte des fleurs dans nos camions remplis de civières », dit-il en haussant les ép4aules.

L’homme de 47 ans comprend mieux que quiconque ce que les premiers répondants ressentent lorsqu’ils font face à des scènes difficiles.

Il n’a jamais voulu s’adresser aux médias auparavant. Les deux enfants en bas âge qui ont violemment perdu la vie à Tétreaultville le 22 octobre dernier ont fait réfléchir Éric Chartrand. Récemment, il a senti le besoin de parler des séquelles laissées par les images choquantes qui ont fait partie de son quotidien pendant plus d’une décennie.

Scènes marquantes

Il a vu des personnes âgées mortes dans des CHSLD dans l’indifférence la plus totale. De nombreux cas de suicides vraisemblablement causés par la maladie mentale. Des scènes de meurtres violents où lui incombait la difficile tâche de ramasser des dépouilles mutilées. Il s’est occupé de débarrasser des centaines de périmètres sécurisés où se trouvaient des corps inanimés d’enfants et de bébés.

Des enfants tués violemment, oui, ça te choque. Même dans le contexte d’une mort dite naturelle, [la mort] des enfants, ça choque. J’étais écœuré de faire ça. Éric Chartrand

Le corps parcouru de frissons, il raconte avec grande difficulté un souvenir qui le hante : celui du corps d’une fillette de 7 ans emportée par le cancer qu’il a dû arracher des bras de sa mère pour l’amener à la morgue. Jamais il n’oubliera son nom. 

« C’était lourd. Épouvantable, laisse-t-il tomber. Je suis resté longtemps. C’est rare dans ce milieu », ajoute-t-il au sujet de son ancienne profession.

Des employés qui n’ont duré qu’une journée, il en a vu à la tonne. Nombre de collègues ont plié bagage, quelques-uns ont nécessité des soins psychiatriques, et la plupart vivent avec un syndrome de stress post-traumatique.

Vivre avec la mort

Éric Chartrand a fait beaucoup de « cas de coroner », comme on dit dans le métier. Il a traversé ces 10 années en se gardant occupé et en dormant très peu.

« Tu mets ça de côté. Tu t’endurcis. On s’en parle entre nous comme si de rien n’était. C’est comme un mécanisme de défense. »

Il a consulté un psychologue, le temps d’une journée.

« Ça n’a pas fonctionné. J’ai géré ça tout seul », raconte-t-il distraitement, entre deux gorgées de café filtre.

Mais, jusqu’à ce jour, il a de la difficulté à dormir et fait des cauchemars impliquant des cadavres.

En septembre 2018, il a tout arrêté. Son impatience s’était exacerbée. Il se sentait agressif.

Ensuite sont venus le manque de sommeil, les multiples cauchemars, les réveils en sursaut au milieu de la nuit, les sautes d’humeur et l’isolement.

« C’était physiquement et mentalement trop dur », se remémore-t-il.

M. Chartrand travaille actuellement comme aide-cuisinier et plongeur dans un établissement de restauration rapide. Un endroit beaucoup plus calme qu’une scène de crime, mais une réadaptation à « la vie normale » qui n’est pas de tout repos.

« C’est un choc de travailler avec du vrai monde. Je les écoute parler de leur vie, de leurs petits problèmes anodins, alors que j’ai vu pire. »

Son ancien emploi est chose du passé, assure- t-il, mais il lui arrive de marcher des kilomètres en pensant à tout ce qu’il a vu.

« J’ai n’ai jamais été du genre à sortir la boîte de Kleenex, mais depuis un an, on dirait que tout me revient d’un coup. »

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Il y a 25 ans avait lieu la tragédie de l’Ordre du temple solaire


Cela fait 25 ans déjà ! Plusieurs vont sans doute s’en souvenir les meurtres et suicides de la secte de l’Ordre du temple solaire. Cela a bouleversé le monde, surtout que ces morts se sont répété 2 fois au Québec, une fois en Suisse et en France.
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Il y a 25 ans avait lieu la tragédie de l’Ordre du temple solaire

Plusieurs corps sont au sol et recouverts de draps blancs.

Des victimes de l’Ordre du Temple solaire reposent devant le repère de la secte à Fribourg, en Suisse, le 5 octobre 1994.

PHOTO : GETTY IMAGES / AFP / DAMIEN MEYER

25 ans se sont écoulés depuis les premiers meurtres et suicides au sein de la secte de l’Ordre du temple solaire au Québec, en Suisse et en France. De l’automne 1994 jusqu’au printemps 1997, 74 personnes liées à la secte sont mortes dans des circonstances troublantes.

Fin septembre 1994, cinq cadavres sont découverts dans un chalet à Morin-Heights, au Québec, à la suite d’un incendie criminel. Quelques jours plus tard, ce sont 48 personnes qui sont retrouvées mortes dans deux résidences en Suisse.

Les victimes ont toutes un point en commun : elles sont liées à la secte de l’Ordre du temple solaire (OTS) qui regroupe en tout 600 adeptes.

Un peu plus d’un an plus tard, le 16 décembre 1995, les cadavres disposés en cercles et calcinés de 13 adultes et trois enfants toujours liés à la secte sont découverts dans une clairière isolée dans le Vercors, en France.

Puis en 1997, encore une fois au Québec, cinq membres de l’OTS sont retrouvés morts dans une maison de Saint-Casimir-de-Portneuf.

On réalise que c’était une grande erreur de ne pas avoir détecté à temps toutes ces choses-là. Paul-André Auclair, ex-membre de l’OTS

L’homme a évidemment été profondément marqué par les événements et tient à mettre en garde la population contre les marchands de rêves semblables à ceux qui l’ont convaincu d’adhérer au mouvement.

Ceux qui ont créé le mouvement avaient pensé à leur affaire pour en profiter. Ça a été beaucoup plus une affaire commerciale pour eux que d’amener tout ce qu’ils nous mettaient comme principe de vie. Paul-André Auclair

Pour le sociologue des religions et coordonnateur du Centre de ressources et d’observation de l’innovation religieuse Alain Bouchard, la tragédie de l’OTS a modifié la perception générale de la religion au Québec.

Alors là, tout à coup, pour les gens, il y a des gens qui pouvaient mourir pour leurs convictions religieuses. Et ça, je pense, c’est ce qui a changé en termes de perception.  Alain Bouchard

Mais rien n’empêcherait, 25 ans plus tard, la répétition d’un drame et l’émergence de groupes semblables

Souvent le phénomène religieux, il est comme l’amour: lorsque quelqu’un a un coup de foudre, il n’y a plus rien d’autre qui compte et les gens perdent un peu leur sens critique, ajoute le sociologue des religions.

L’ex-adepte Paul-André Auclair espère que le drame de l’OTS restera ancré dans la mémoire collective pour éviter qu’il ne se répète un jour.

Aujourd’hui pour beaucoup de gens, il n’y a qu’une chose qui compte, c’est l’argent. Le reste, les humains […] ne valent plus grand-chose […] j’espère que ça n’arrivera plus… Paul-André Auclair

Éric Plouffe

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Un suicide toutes les 40 secondes dans le monde


Dans le monde, il y a un suicide aux 40 secondes. C’est beaucoup trop. C’est semble-t-il surtout les hommes que les femmes qui choisissent le suicide comme solution surtout dans les pays à revenu élevé. Il est donc important que ces personnes en détresses puissent trouver de l’aide.

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Au Québec, il y a une ligne sans frais 24h/24.
1-866-277-3553
(1-866-APPELLE)
Liste des ressources régionales en prévention du suicide
https://www.aqps.info/besoin-aide-urgente/#liste-cpsregionaux


Un suicide toutes les 40 secondes dans le monde

Piotr Marcinski/shutterstock

Chaque année dans le monde, plus de 800 000 personnes mettent fin à leurs jours et le nombre des tentatives est encore beaucoup plus élevé. 

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, si « les mesures de prévention sont en progrès dans certains pays, il faudrait faire beaucoup plus. »

En 5 ans, le nombre de pays disposant de stratégies de prévention du suicide a progressé, passant à 38. Toutefois, ces résultats restent encore trop faibles.

« On compte toujours un décès par suicide toutes les 40 secondes », rappelle le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Chacun de ces décès est une tragédie pour la famille, les amis et les collègues. Or, on peut éviter les suicides. Nous appelons tous les pays à intégrer, de manière durable, les stratégies de prévention du suicide qui ont fait leurs preuves dans leurs programmes nationaux de santé et d’éducation. »

En quoi consistent ces stratégies ?

« L’intervention qui a dans l’immédiat le plus fort potentiel de réduction du nombre de suicides est la limitation de l’accès aux pesticides qui sont utilisés délibérément pour s’empoisonner », souligne l’OMS.

Des pays ont déjà montré l’exemple, comme le Sri Lanka, « où une série d’interdictions a entraîné une baisse de 70% du nombre de suicides et, d’après les estimations, a permis de sauver 93 000 personnes entre 1995 et 2015 ».

Les autres méthodes de suicide – comme la pendaison et les armes à feu notamment – doivent également faire l’objet de stratégies de prévention0

« Parmi les interventions clés, on trouve la limitation de l’accès aux moyens de suicide (armes à feu…), la mise en œuvre de programmes destinés aux jeunes pour leur permettre d’acquérir les capacités d’affronter les difficultés de la vie », poursuit l’organisation.

Des efforts d’autant plus nécessaires que « le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, après les traumatismes dus aux accidents de la route ».

Et en France ?

Près de 9 000 décès par suicide sont enregistrés chaque année en France métropolitaine, soit près de 24 décès par jour ou un toutes les heures. Ce fléau touche davantage les hommes que les femmes. Cette surmortalité des hommes par suicide touche tous les pays mais, dans une proportion plus forte, les pays à revenu élevé, dont la France.

A noter : Dans l’Hexagone, les modes de suicide les plus fréquents sont les pendaisons (57%), l’utilisation d’armes à feu (12%), les prises de médicaments et autres substances (11%) et les sauts d’un lieu élevé (7%).

  • Source : OMS, 9 septembre 2019 – Observatoire national du Suicide, France, février 2018

  • Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : Vincent Roche

https://destinationsante.com/

L’idée du «suicide rationnel» pour les personnes âgées émerge aux États-Unis


Je suis contre l’euthanasie assistée,alors que penser des personnes aux États-Unis qui veulent avoir l’opportunité d’un suicide rationnel. C’est-à-dire, choisir de mourir avant une dégradation physique et mentale d’une personne qui avance en âge. Jusqu’où cela peut être acceptable. Qui dit que ces personnes ne sentent pas obligé de faire ce choix de peur d’être un fardeau pour la famille, ou même la société.
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L’idée du «suicide rationnel» pour les personnes âgées émerge aux États-Unis

Un suicide qualifié de «rationnel» parce qu'il ne résulte pas d'une souffrance mentale motivant un acte impulsif guidé par les affects. | Justin Natividad / Unsplash

Un suicide qualifié de «rationnel» parce qu’il ne résulte pas d’une souffrance mentale motivant un acte impulsif guidé par les affects. | Justin Natividad / Unsplash


Repéré par Ines Clivio

Repéré sur Washington Post


Elles y pensent de plus en plus.

Doit-on légaliser la mort voulue par un être humain? Le débat avance plus vite aux États-Unis qu’en France, puisque depuis le 13 juin dernier, le Maine est le huitième État à avoir fait entrer le suicide médicalement assisté dans sa législation. Les seniors américain·es vont encore plus loin. Ces générations avancent l’idée que la mort pourrait être encadrée médicalement avant même qu’un individu se trouve en phase terminale, comme l’exige la loi pour le moment. Il s’agirait alors d’un «suicide rationnel».

Dena Devis, professeure de bioéthique à l’université Lehigh de Pennsylvanie, défend ce terme dans une interview accordée au Washington Post. Opposée à l’idée communément admise sur le sujet, Davis évoque un suicide «rationnel» parce qu’il ne résulte pas d’une souffrance mentale motivant un acte impulsif guidé par les affects. À l‘image de la conception des stoïciens, il est ici considéré comme une décision relevant du libre arbitre, qui manifeste et sauvegarde à la fois la dignité humaine. La question est évoquée avec le plus grand sérieux par des personnes qui évoluent dans le milieu médical.

Maître de sa vie comme de sa mort

Dena Devis a rencontré un groupe de dix personnes retraitées de Philadelphie, qui ont décidé de se réunir secrètement hors de l’établissement dans lequel elles séjournent pour discuter de leur souhait de mettre fin à leur jour. Toutes préfèrent choisir de mourir plutôt que de subir une dégradation de leur état physique et/ou mental. Ces personnes ne mettent pas en avant l’argument du confort, de la quantité des soins ou de l’adaptation des infrastructures. Même une belle maison de retraite ne pourra pas les empêcher de perdre le contrôle sur leur santé.

«Nous disons “merci c’est gentil”, mais ce n’est pas ce que nous désirons», explique Lois, une des résidentes.

En avril, un sondage de la fondation américaine KHN a montré que quelque 364 suicides en 2017 étaient liés à une présence de longue durée en établissement spécialisé. De nombreuses personnes souffraient de dépression ou d’une autre maladie mentale. Reste à déterminer combien de passages à l’acte résultent d’une décision rationnelle. D’après Dena Davis, il serait temps d’ouvrir le débat.

Un tabou à briser

Les personnes interrogées ont conscience de la portée subversive d’un tel sujet. Il va à l’encontre de nombreuses normes sociétales, de convictions religieuses et morales et des efforts des intervenant·es en prévention du suicide qui prétendent que chaque vie vaut la peine d’être sauvée.

«En tant que membres de la société, nous avons la responsabilité de prendre soin des gens à mesure qu’ils vieillissent, explique Yeates Conwell, psychiatre à l’université de Rochester. La promotion du “suicide rationnel” risque de créer un sentiment d’obligation de recourir à cette méthode plutôt que de préconiser de meilleurs soins qui répondent à leurs préoccupations.»

Il serait pourtant vital de lancer le débat dans la mesure où, à partir d’un certain âge, «le souhait de mourir ou de vivre évolue fréquemment», ajoute Yeates Conwell.

http://www.slate.fr/

Une ado se suicide après avoir publié un sondage sur Instagram


C’est pitoyable, même inquiétant de voir comment les réseaux sociaux peuvent influencer des jeunes enfants et adolescents. Cette adolescente a fait un sondage si elle devait mourir ou vivre. Vous imaginez 69 % on voter pour la mort. J’espère qu’ils se sentent coupables d’avoir participé à son suicide.
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Une ado se suicide après avoir publié un sondage sur Instagram


Un écran de téléphone affichant le logo d'Instagram.

Le logo d’Instagram Photo: iStock / alexsl


  • Agence France-Presse

Une adolescente malaisienne, qui avait publié un sondage sur son compte Instagram demandant si elle devait vivre ou mettre fin à ses jours, s’est donné la mort après avoir vu que la majorité de ses abonnés avaient voté pour qu’elle meure.

La jeune fille, âgée de 16 ans et habitant à Kuching dans l’État malaisien de Sarawak, est subitement morte après avoir publié ce sondage sur le réseau social lundi, a déclaré la police aux médias locaux.

Très important, aidez-moi à choisir entre D/L, a-t-elle écrit sur son compte, selon ce que rapporte le site Internet d’informations Astro Awani. Les lettres D et L feraient apparemment référence à la mort [death en anglais] et à la vie [life en anglais].

La police a indiqué que 69 % des internautes ont voté pour sa mort et que 31 % souhaitaient qu’elle continue à vivre.

La réaction d’Instagram

Ce suicide a déclenché de multiples réactions en Malaisie.

Le député Ramkarpal Singh a appelé à l’ouverture d’une enquête pour éviter d’autres abus sur les réseaux sociaux dans de semblables circonstances à l’avenir.

Ching Yee Wong, la responsable des communications d’Instagram pour l’Asie-Pacifique, a transmis ses condoléances à la famille.

Elle a reconnu que le réseau social détenu par le groupe Facebook avait l’importante responsabilité de s’assurer que les gens qui utilisent Instagram se sentent en sécurité et soutenus.

Elle a appelé ceux qui y recourent à utiliser les outils de signalement et à contacter les services d’urgence s’ils voient que la sécurité de quelqu’un est menacée.

Instagram impliqué dans un autre cas de suicide

Cette affaire rappelle la polémique suscitée par la mort de Molly Russell, une adolescente britannique qui s’était suicidée en 2017 à l’âge de 14 ans après avoir regardé des contenus liés à l’automutilation et au suicide sur Instagram.

Cette tragédie avait mené à un vaste débat sur l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants et sur la régulation des contenus.

En février, Instagram, qui interdisait déjà toute publication encourageant ou promouvant suicide ou automutilation, a décidé de bannir les photos montrant des blessures infligées à soi-même.

Besoin d’aide pour vous ou un proche?

Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (277-3553).

Ce service est accessible partout au Québec, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.

Ailleurs au Canada : 1 833 456-4566

https://ici.radio-canada.ca/

É.-U.: les suicides des mineurs en hausse après la série 13 Reasons Why


Certains professionnels croient que la série 13 Reasons Why aurait un impact néfaste chez les jeunes aux États-Unis. Il semble en effet qu’il y ait une hausse de suicide (entre 10 et 17 ans) dès la diffusion de cette série et surtout chez les garçons Quoiqu’ils n’ont pas prouvé un lien direct entre cette augmentation et la série
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É.-U.: les suicides des mineurs en hausse après la série 13 Reasons Why

 

 

Lorsque la série 13 Reasons Why, qui retrace l’histoire d’une adolescente mettant fin à ses jours, a été diffusée en 2017, beaucoup se sont inquiétés de l’impact sur les spectateurs : une étude vient de montrer une hausse « significative » des suicides chez les mineurs aux États-Unis dans les mois qui ont suivi.

Jeffrey Bridge et son équipe du Nationwide Children’s Hospital de l’Ohio ont analysé les statistiques officielles des suicides entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2017 (180 655 morts au total).

Selon leurs calculs, un pic de suicides a été enregistré chez les Américains âgés de 10 à 17 ans dès la diffusion de la série par Netflix en mars 2017. 

Le mois d’avril 2017 a même connu le plus fort taux de suicides dans cette catégorie de la population sur les cinq années prises en compte par l’étude, publiée dans le Journal de l’Académie américaine de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.

Au total, les auteurs de l’étude estiment à « 195 le nombre de morts supplémentaires par suicide chez les jeunes âgés de 10 à 17 ans entre le 1er avril et le 31 décembre 2017, dans la foulée de la diffusion de la série », soit une hausse de près de 29 %.

Contrairement à leur hypothèse de départ, cette surmortalité a essentiellement touché les garçons.

Les chercheurs ne sont toutefois pas en mesure d’établir un lien de causalité entre le visionnage de la série télévisée et cette recrudescence de suicides, qu’ils n’ont d’ailleurs pas constatée dans les autres segments de la population (18-64 ans).

Et d’autres facteurs ont pu jouer un rôle dans cette augmentation, reconnaissent-ils.

Mais pour le Dr Bridge, « le suicide dépeint dans 13 Reasons Why est raconté de manière irréaliste et sensationnaliste » et la méthode employée par la victime, Hannah, est montrée de manière explicite avec des détails macabres, a-t-il déploré lors d’un entretien avec l’AFP.

« Cela peut être traumatisant pour ceux dont un proche s’est suicidé ou qui ont commis une tentative de suicide, et cela peut aussi dans certains cas fournir un exemple », a ajouté le chercheur, qui enseigne la pédiatrie et la psychiatrie à l’Université d’État de l’Ohio.

Une autre étude avait déjà mis en évidence un accroissement de 19 % des recherches sur l’internet concernant le suicide et les moyens de se suicider dans les 19 jours qui avaient suivi la diffusion de la série controversée. 

De nombreux professionnels de santé ou de l’éducation s’étaient émus de la diffusion de 13 Reasons Why, la jugeant potentiellement néfaste pour des populations vulnérables, comme les adolescents. 

Netflix, qui a reconduit la série pour une troisième saison, a indiqué à l’AFP être « en train d’analyser l’étude » du Nationwide Children’s Hospital pour être sûr de traiter le sujet « de manière responsable ».

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Ligne de prévention du suicide, partout au Québec : 1 866 APPELLE (277-3553)

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